Chedd 2011 synthese conference biodiversité.vf
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La prise en compte de la biodiversité pour les entreprises

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Chedd 2011 synthese conference biodiversité.vf Chedd 2011 synthese conference biodiversité.vf Document Transcript

  • La biodiversité, un actifpour les entreprises !Pourquoi ? Comment ?Synthèse de la conférence-débat du 26 mai 2011organisée par les Auditeurs du Cycle des Hautes Etudes en Développement Durable desPays de la Loire à l’Ecole Supérieure d’Agriculture d’Angers.www.chedd-paysdelaloire.fr
  • LEXIQUE IDH : Indice de Développement Humain COV : Composé Organique Volatils CPIE : Centre Permanent d’Initiatives pour l’Environnement UICN : Union Internationale pour la Conservation de la NatureLa convention de Ramsar est un traité international adopté en 1971 pour la conservation des zones humides ZICO : Zone d’Importance pour la Conservation des Oiseaux ZNIEFF : Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique
  • CHEDD:Cycle des Hautes Etudes en Développement DurableAvant-proposA l’origine : la réflexion du CHEDD des 20 prochaines années. Les conditions de vie sur2010/2011 Terre, dans le futur, dépendent étroitement de la façon dontPendant plusieurs mois, les 20 auditeurs du CHEDD nos sociétés sauront le relever.ont débattu de leur manière de voir ou d’appréhenderle développement durable dans la cité. Les débats se Bien que méconnue, la biodiversité, tissu vivant de notresont nourris des différentes expériences, expertises et planète, rend des services essentiels et gratuits : elle estmanières de voir du groupe. la source unique de notre alimentation, elle fournit des matières premières, maintient la qualité de l’eau, de l’airLa promotion 2011 avait un objectif commun : apporter et du sol, façonne les paysages, agrémente le cadre desa contribution, si modeste soit elle, aux enjeux de la vie…biodiversité sur le territoire des Pays de La Loire. L’entreprise (ou l’agence, l’établissement…), quels quePersuadés qu’il devient essentiel d’intégrer la biodiver- soient sa taille et son domaine d’activité, est aujourd’huisité dans les critères d’évaluation des entreprises, les directement concernée par cette question, à travers sesauditeurs du CHEDD ont pris le parti de s’intéresser à approvisionnements en matières premières, les tech-l’entreprise dans sa diversité de structure, de taille et de nologies qu’elle utilise, les impacts qu’elle génère. Il ensecteur d’activité. va aussi de son image…Convaincus que l’entreprise est un acteur de poids dans Peut-on à la fois mieux protéger la biodiversité et mieuxla préservation de la biodiversité, ils forment le vœu que profiter de ses bienfaits pour le développement harmo-les entreprises pionnières en la matière ne restent pas nieux des activités économiques ? Peut-on se dévelop-une minorité. per avec la Nature ?L’objectif de la conférence du 26 mai La conférence du 26 mai 2011, retranscrite ci-dessous, avait pour objectif d’apporter des éléments de réponse2011 : aborder le lien entre l’entreprise à travers des interventions d’experts et des témoign-et le monde du vivant ages d’entreprises des Pays de la Loire. Le document qui en résulte vise à porter à connaissance la teneur desAutant que le changement climatique, le maintien de la débats. Chacun sera libre d’en apprécier la pertinence etbiodiversité constitue le second grand défi écologique la portée.
  • Bernard Cressens,Conseiller scientifique WWF FranceQu’est que la biodiversité ?La biodiversité, c’est le monde du La biodiversité fournit aussi desvivant, dont l’Homme fait partie. services de régulation (climat, qualité de l’air et de l’eau,…) et des servicesLa biodiversité s’appréhende à 3 culturels (récréatifs, éducatifs,…). Onniveaux : parle de l’assurance-vie de l’Homme.- La biodiversité génétique intra-spécifique (races animales, variétés Les menacesvégétales, adaptations…)- La biodiversité Les causes d’érosion de laspécifique (mammifères, oiseaux, biodiversité sont  multiples :levures, champignons, fleurs…) destruction et fragmentation des milieux (forêts, récifs coralliens, …),- La biodiversité des écosytèmes surexploitation (commerce des(forêt tempérée, récifs coralliens, haie plantes, surpêche,..), invasionsbocagère, désert arctique ...). biologiques (soit du fait des introductions volontaires -Le mot biodiversité date d’à peine 20 aquaculture, l’élevage, chasse,…- ouans. Il a permis d’inclure l’Homme dans accidentelles - ballasts de bateau,la nature. fuites -), pollutions chimiques, biologiques, physiques.Les services écologiquesliés à la biodiversité La biodiversité est également menacée par le réchauffementLe Millenium Assessment propose une climatique. Celui-ci entraîne unetypologie en quatre grands types de modification des conditions physico-services : chimiques, la modification des- la fourniture de ressources (eau, habitats et des proies, l’arrivéepêche, énergie…), d’espèces généralistes plus- les services de régulation (climat, compétitrices, l’apparition depollinisation, épuration d’eau…), maladies.- les services d’appui (grands cyclesgéochimiques, formation des sols, Les scientifiques annoncent la 6èmeproduction d’oxygène…) grande extinction d’espèces depuis- les services culturels (valeurs que la vie est apparue sur Terre ;récréatives et esthétiques…). sachant que lors des 5 premières, on estime que 80 à 98 % des espècesNous sommes 100 % dépendants de la ont disparu. Il n’est pas certain quebiodiversité. Sans biodiversité, pas de l’espèce humaine en réchapperait.photosynthèse, pas d’oxygène (services Lorsque l’on défend la biodiversité,supports), pas de nourriture (services c’est donc l’Humanité dans und’approvisionnement). monde vivant que l’on défend.
  • Les outils pour évaluer l’évolution de la biodiversitéL’indice « Planète Empreinte écologique et biocapacitéVivante » (IPV) : - 30 % L’empreinte écologique est un indicateur de la pression de l’Homme sur ladepuis 1970 planète. Elle mesure la surface nécessaire pour produire nos ressources et absorber nos déchets. L’empreinte écologique permet une comparaison avecL’IPV mesure 8000 populations la biocapacité.d’espèces animales dans le monde. Ilest en déclin (+ 30 % depuis 1970). La biocapacité est la capacité de la planète à nous fournir les services dont nous avons besoin, c’est en quelque sorte la « biodiversité utilitaire ». Celle-Il est étonnement en progression ci est très inégalement répartie. ½ de la biocapacité totale se trouve au seindans les espaces tempérés (+ 29 de 10 pays : Brésil, Chine, USA, Fédération de Russie, Inde, Canada, Australie,%) ; ceci s’explique par le fait que Indonésie, Argentine, France. La biocapacité par personne est également trèsla situation était dégradée dans les contrastée : elle est forte lorsque de vastes espaces accueillent une petiteannées 1970 et que, depuis, des population (exemple : Gabon).efforts de conservation ont été faits. Au niveau mondial, la biocapacité est dépassée de 50%En revanche, il est dramatiquementen chute (- 60 %) dans les espaces Depuis 1980, l’empreinte écologique mondiale a dépassé la biocapacité detropicaux (voir le rapport « Planète la planète. Aujourd’hui, elle excède la biocapacité de 50 %. Ramenée à lavivante » du WWF qui paraît chaque personne, l’empreinte écologique est de 2,7 ha, alors que la biocapacité estannée). de 1,8 ha. Autrement dit, au mois de septembre, nous avons consommé ce que la planète est capable de nous donner ! De septembre à décembre, nous vivons donc à « crédit écologique ». Ceci est possible uniquement parce que l’atmosphère sert de soupape : nous consommons de la biodiversité fossile (pétrole, charbon, gaz naturel). En deux siècles, nous aurons consommé une ressource qui avait mis des millions d’années à se constituer. L’empreinte carbone (surface nécessaire pour absorber le CO2) est le composant majeur de l’empreinte écologique. Les plus fortes empreintes écologiques sont celles des Emirats Arabes Unis, du Qatar, du Danemark, de la Belgique, des USA, de l’Estonie, du Canada, de l’Australie, du Koweit… La France arrive au 28ème rang. Si l’on extrapole les tendances actuelles, l’humanité aura besoin de 2 planètes en 2030 et de 2,8 en 2050.
  • La France, en déficit écologiquePour la France, l’empreinte écologique / personne est de 5 ha (dont 2,5d’empreinte carbone) et la biocapacité, incluant les forêts tropicalesguyanaises, est de 3 ha. Si tout le monde vivait comme les Français, il faudrait3 planètes.Facteur déterminant : la surconsommation des paysriches Biodiversité / Empreinte écologique Indice Planète Vivante Pays à fort revenu +5% Hausse significative Pays à revenu - 28 % Légère hausse moyen Pays à faible revenu - 50 % Baisse !
  • Développement et bien êtrehumain : « graines d’espoir »Changer d’indicateurUn haut niveau de consommation n’est pas nécessaire pour atteindre un hautniveau de développement. Aujourd’hui, les indicateurs doivent changer. Lor-sque l’on croise l’IDH avec l’empreinte écologique, on s’aperçoit que seul lePérou est en équilibre.Agir sur les bons levierL’alimentation et l’énergie sont les principaux leviers pour alléger l’empreinteécologique et préserver la biocapacité.Il faut opter pour :•• une meilleure efficacité énergétique•• un basculement vers les énergies renouvelables (EnR)•• une meilleure répartition alimentaire pour éviter les gaspillages (50 % de la nourriture est jetée aux USA et 26 % en Europe…)•• une production agricole doublée avec une empreinte écologique stable•• un régime alimentaire modifié (moins de viande et de laitages)•• des produits certifiés (FSC, MSC ,…) garantissant le respect de la biodi- versité•• le « zéro déforestation ».Avec 95 % d’EnR et une alimentation comparable à celle de la Malaisie, leniveau d’empreinte écologique en 2050 serait ramené à un peu plus d’uneplanète, contre 2,8 planètes avec le scénario actuel !
  • Véronique DhamDirectrice générale de Gondwana Biodiversity DevelopmentTrès souvent les entreprises ne A l’époque, Gondwana a relevé 20voient pas en quoi elles sont entreprises qui déclaraient avoir Un sondage mené en 2010 par leconcernées par la biodiversité. mené des actions en faveur de la Ministère de l’Ecologie, auprès deLe sujet est encore émergent ; le biodiversité et, parmi elle, 10 qui 3600 entreprises de toute taille,concept récent et complexe. L’enjeu avaient intégré la biodiversité dans révélait qu’un quart d’entre ellesconcernant la biodiversité a été très leur stratégie. seulement menaient des actions enlongtemps occulté par la question du faveur de la biodiversité ; alors quechangement climatique. Un important décalage est apparu les 2/3 reconnaissaient avoir des entre les entreprises françaises et impacts négatifs.En 2007, Gondwana a réalisé la anglo-saxonnes : aux USA, les grandspremière étude concernant la prise groupes ont intégré la biodiversitéen compte de la biodiversité auprès dans leur stratégie depuis 20, 25 ans.des entreprises du CAC 40.Dépendances des entreprises vis-à-vis de la biodiversitéLa dépendance de l’entreprise services culturels. peuvent disparaître. Il faudrait alorsvis-à-vis de la biodiversité renvoi Des études ont montré que les remplacer et ce remplacementà la notion émergente de services l’économie mondiale dépend de la aurait un coût. La disparition desécologiques. biodiversité à hauteur de 40 %. services écologiques remettrait en cause la durabilité de l’entreprise.Cette notion est née d’un rapport Un secteur d’activité sur 4 dépend(Millennium Ecosystem Assessment de la biodiversité à hauteur de 25 % : Consciente de ce risque, la société-MEA-), réalisé par un groupe de tourisme, hygiène-beauté, chimie, L’Oréal a fait l’inventaire de toutesscientifiques réuni sous l’égide de bois, pêche. les plantes dont elle dépendl’ONU. Le MEA distingue plusieurs directement ou indirectement pourtypes de services : les services Or, on estime que 60 % de ces fabriquer ses produits.d’approvisionnement (bois, plantes, services écologiques sont dans unfibres, eau), les services de régulation état de dégradation important et L’inventaire a révélé que les 1200(pollinisation, recyclage,…), les matières premières utilisées sont issues de 230 plantes.
  • Impacts des entreprises sur la biodiversitéDes impacts directs Des impacts indirectsLes activités industrielles C’est souvent sous la pression des Dans le secteur bancaire, lesdégradent les habitats et la biodi- consommateurs et/ou des ONG que banques peuvent être attaquéesversité qu’ils hébergent par : les entreprises prennent conscience sur des projets qu’elles financent et de leurs impacts indirects. dont les impacts sont désastreux sur• la destruction d’habitats la biodiversité  (ports, plateformes (construction de routes, C’est ainsi que Carrefour et Auchan pétrolières,…). d’autoroutes, de bâtiments, …) ont décidé de supprimer la vente de• les pollutions diverses ; thon rouge.• la surexploitation de ressources naturelles (bois, pêche,…)Facteurs d’actions pour l’entrepriseLa réglementation Sans statut réglementaire propre-Le contexte réglementaire évolue. qui n’a pu éviter ou réparer les ment dit, certains référentiels in- dommages causés aux es- tègrent également la biodiversité :Une étude du ministère en charge de pèces et habitats protégés, al’Environnement montre d’ailleurs l’obligation de compenser. • des labels ou certifications :que c’est la réglementation qui incite HQE, par exemple ;l’entreprise à agir en faveur de la Certaines réglementations na- • la norme ISO 26000, qui y consa-biodiversité, avant les questions tionales touchent également cre tout un chapitre.d’image. l’entreprise : La pression des partiesPlusieurs réglementations euro- • la trame verte et bleue, instituée prenantespéennes concernent l’entreprise : par le Grenelle Environnement, qui, à travers les documents Un sondage du WWF a montré• le réseau Natura 2000,  pour d’urbanisme, concerne les en- que 87% des consommateurs celles qui ont une emprise treprises dont l’emprise foncière considéraient que les entreprises foncière (l’activité ne doit pas peut porter atteinte aux continu- avaient des impacts négatifs sur la impacter les espèces ou les ités écologiques ; biodiversité et qu’ils attendaient, de habitats qui font l’objet de cette • l’affichage environnemental sur leur part, des gestes permettant de protection) ; les produits (lois dites Grenelle), démontrer qu’elles la prennent en• le volet « faune/flore » de la auquel il est question d’intégrer compte. directive sur la responsabilité en- un indicateur « biodiversité ». vironnementale des entreprises Les ONG font également pression qui précise que tout exploitant, et ceci aboutit à des décisions (arrêt de la vente de thon rouge chez Carrefour et Auchan, par exemple).
  • Risques et opportunités pourl’entreprise caractéristiques sont semblables à celles des bois exotiques. Le critère financier est également important. Les agences de notation extra-financière estiment qu’une entreprise durable doit avoir pris en compte la biodiversité dans ses activités. Pour lever des capitaux, pour attirer des nouveaux investisseurs, les entreprises doivent donc montrer qu’elles ont intégré la biodiversité dans leur stratégie et qu’elles ont mis en place des plans d’actions.L’entreprise doit considérer les risques de rupture d’approvisionnementdes matières premières indispensables à ses produits. L’opportunité est deprendre les devants et d’assurer ces approvisionnements pour l’avenir.Le risque à ne pas prendre en compte la biodiversité est illustré par l’exemplede la société Ikea. Ikéa a acheté des terrains à Fos-sur-mer pour construireune grande plateforme logistique sur l’emprise de laquelle poussaient 3espèces d’orchidées endémiques. L’entreprise est restée sourde aux alerteslancées par les associations. Il y a eu un procès, une couverture médiatiquedésastreuse, le chantier a été suspendu entrainant de gros problèmes pourl’entreprise.Il existe également des risques et des opportunités sur le plan marketing.Bientôt, certains produits pourront être déréférencés pour ne pas avoirpris en compte la biodiversité ou, à l’inverse, être avantagés car ils l’aurontfait. La société Lapeyre, par exemple, qui a été attaquée sur l’utilisation debois non certifié pour des portes et des fenêtres, a développé un brevetavec l’INRA et décidé d’utiliser des bois de forêts européennes dont les
  • François GuérinDirecteur général de Bel’MBel’m, entreprise spécialisée dans la de l’entreprise basée sur 3 piliers : la Bel’m est titulaire du label délivréfabrication de portes d’entrée pour performance économique, la qualité par l’association Lucie suite à unmaisons individuelles, emploie 700 et l’innovation, le champ social/ audit réalisé par Vigeo.personnes. Son siège social est à sociétal/environnemental. Le process de fabrication consommeMachecoul et son chiffre d’affaires Les décisions se prennent avec ces des matières premières assezs’élève à 100 millions d’euros. Selon trois filtres. diverses : bois, aluminium, acier.ses dirigeants, le développementde la société ne peut se faire L’entreprise a construit un plan C’est pourquoi Bel’m s’est engagéeque s’il est économiquement d’actions RSE comprenant 3 axes : dans un programme qui consisteefficace, socialement équitable et • le produit, à éco-concevoir le produit et àécologiquement responsable. • le process et le bâtiment essayer d’optimiser les matièresBel’m vise une performance durable • le social et le sociétal. utilisées.Pour réduire les impacts sur la biodiversité  de chaleur pour la nouvelle gammeMaîtrise des pollutions de portes).Pour réduire les impacts sur l’eau, lechrome 4 a été éliminé du processus Ce travail d’éco-conception estde thermolaquage et une étude est Elle travaille également, avec important : il a mobilisé 2 ingénieursen cours pour supprimer tous les l’ADEME, à un meilleur recyclage et pendant 3 ans pour réaliser unerejets liquides en 2012 ; une meilleure valorisation de ses analyse de cycle de vie de chaquesur l’air, les finitions sont réalisées déchets produit et en déduire les actions àen phase aqueuse (suppression mener pour diminuer leur impactdes COV) et les flottes de véhicules Amélioration des sources environnemental.sont toutes en dessous des primesmalus CO2 ; sur le sol, tous les sites d’approvisionnement en L’information aude production sont équipés de kit bois.anti-pollution en cas de déversement consommateuraccidentel. L’entreprise a développé les achats de bois certifiés et s’est engagée Bel’m a imaginé un affichage dans les certifications FSC et PEFC. environnemental sans attendre queDiminution de l’impact celui-ci devienne obligatoire (2012).environnemental Bel’m a créé une gamme de portes Par ailleurs, l’entreprise participe à éco-conçues dans laquelle le bois une expérimentation sur l’affichageL’entreprise a travaillé sur noble est utilisé seulement en environnemental qui rassemble 68l’amélioration de la performance surface et remplacé, à l’intérieur, par entreprises.thermique de ses produits un bois de pays dont la performance(diminution de 30 % des déperditions thermique est bien supérieure.
  • Christian LafageDirecteur Développement durable de Remy CointreauPrésentation de Rémy • l’adoption d’une démarche • Contrôle et accompagnementCointreau fondée sur le principe de des fournisseurs, achats précaution en matière responsables ;Avec ses 1500 collaborateurs et un d’environnement ; • Démarche « Qualité, Sécurité,chiffre d’affaires de 800 millions • la promotion d’une plus Environnement »d’euros, Rémy Cointreau est une grande responsabilité • Respect de l’environnementsociété cotée qui vend des vins et environnementale ; (viticulture)des spiritueux dans 150 pays. • le développement et la diffusion • Promotion de la consommation des technologies respectueuses responsableLe marché international représente de l’environnement. • Partage d’expériences avec lesplus de 90 % des ventes, réparties parties prenantescomme suit : Amériques 34 %, Asie Et surtout, la société est amenée • Equité, formationet autres 31 %, Europe 35 %. à fournir des informations sur ses engagements en matière de Parmi ces engagements, laDès 2003, Rémy Cointreau s’est RSE  à la demande des agences de démarche « biodiversité » relèveengagé dans une démarche RSE dans notation extra-financières ou des principalement de l’axe relatif àle cadre d’une réflexion conduite en fonds d’investissement socialement la viticulture et de l’axe relatif à lainterne de façon volontaire. Depuis responsables qui, phénomène démarche globale « qualité, sécurité3 ans, la société est de plus en plus nouveau depuis 4 ans, se sont et environnement ». sollicitée à ce sujet par les parties rapprochés du groupe.prenantes et s’organise de façon très Elle rend dans ce cadre des comptes Actions dans le domaineactive sur le sujet. sur la biodiversité, l’accès à l’énergie, de la viticulture les émissions de carbone ou lesPour exemple de sollicitation, liée risques. Les produits du groupe sont issusau Grenelle de l’environnement, un essentiellement de la viticulture quidossier a été remis à la Commissaire En quelques années, le groupe représente donc une activité trèsgénérale au développement durable a donc basculé de l’engagement importante.pour expliquer le positionnement de éthique volontaire interne à unl’entreprise sur la Stratégie nationale engagement visible, compte tenu de En outre, les agences extra-de développement durable élaborée la sollicitation des parties prenantes financières interrogent le groupepar le Ministère, à la demande de qui se constate aujourd’hui et sur les risques du changementcelui-ci. répond à toutes les questions de climatique pour la viticulture. celles-ci.La société a signé également Le sujet de la viticulture constitueune charte internationale, le Charte et engagements donc un point clé.«Global Compact», qui comporte 4 RSEobjectifs environnementaux : Pour cela, le groupe met en 6 principaux engagements « RSE » avant la notion de qualification• la réduction de la consommation couvrent désormais toute l’activité de l’agriculture « raisonnée » des des ressources naturelles et la du groupe : domaines viticoles et accorde préservation de la biodiversité ; beaucoup d’importance à la
  • sensibilisation des 1400 viticulteurs Cet exemple est une des illustrationspartenaires. Par ailleurs, de nombreux sujets qui montre que l’engagement de traités par l’entreprise au niveau la société se fait en lien avec sonAu-delà de l’activité agricole, le environnemental ont un lien avec activité, afin de faire convergergroupe a mis en place des actions de la biodiversité. Rémy Cointreau a les engagements en matière deprotection de la biodiversité locale notamment mis en œuvre : biodiversité et les objectifs ducomme la protection des abeilles par groupe.la mise en œuvre de 20 hectares de • un plan de mesures (l’empreintejachères apicoles. Carbone) et de réduction des En conclusion, il est constaté que les émissions CO2 (déplacements, actions de recherche engendréesCette action permet, outre la éco-conception des productions, par les questions environnementalesprotection des abeilles, de lutter réduction des consommations amènent à trouver de nouvellescontre les nuisibles présents sur les d’énergies), ainsi que les technologies et façons de faire,vignobles et d’entretenir la fertilité perspectives attendues, et donc de l’innovation, etdes sols sans augmenter l’utilisation • un plan d’optimisation de la s’accompagnent d’une réductionde fertilisants. consommation des ressources de coûts systématiques, même naturelles (eau, papier, carton, si cela nécessite parfois certainsUn boisement expérimental occupe bois). investissements au départ.une partie de 3 hectares sur uneparcelle en exploitation. Par exemple, le groupe souhaite Ces démarches ont montré que s’approvisionner en bois certifié PEFC les objectifs de développementCette parcelle environnementale afin que les fûts qu’il utilise soient économique et de rentabilité d’unejouxte une rivière et est située en issus de forêts gérées durablement. part et les objectifs écologiqueszone Natura 2000. d’autre part se rejoignaient. Cependant, être porteur de bonnesElle permet le suivi d’un travail sur la paroles ne suffit pas et le groupe sebiodiversité alluviale, conduit avec voit confronté à la dépendance auxla LPO (types d’arbres, actions pour fournisseurs qui ne peuvent toujoursfavoriser la faune présente de façon répondre à la demande.naturelle…). Autre exemple : en tant qu’utilisateurLe groupe est également engagé de bois de chêne pour la fabricationdans le défi « Ecophyto 2018 » issu de fûts, la société s’intéresse à ladu Grenelle Environnement, qui conservation des forêts de chêne enprévoit des objectifs de réduction France.de 50 % de l’usage des produitsphytosanitaires, et met en place un Ainsi s’est-elle engagée dans unréseau pour y travailler. projet avec l’ONF qui porte sur la plantation de 50 hectares de chênesAutres actions en faveur dans une forêt d’Eure et Loire.de la biodiversité
  • Eric LescoubletResponsable de Qualité Sécurité Environnement et Développementdurable, TDV IndustriesPrésentation de TDVIndustriesBasée à Laval, TDV Industries, avecun effectif de 170 personnes etun chiffre d’affaires de 30 millionsd’euros, est un acteur majeur dans laconception de produits textiles pourles vêtements professionnels.Son actionnariat familial lui permetde rester indépendante vis-à-vis desbanques.Sans y être contrainte - car nefaisant pas partie des géants duCAC 40 -, elle a initié une démarchede développement durable dès2005/2006 et communique depuispeu à ce sujet.La démarche de développementdurable s’articule autour de 10axes :1. Management de l’environnement selon la norme ISO 140002. Sensibilisation et éducation du personnel au développement durable3. Réduction-tri-valorisation des déchets générés par l’entreprise4. Eco-conception (résolution de la problématique-déchet des vêtements en fin de vie)5. Réduction des consommations d’énergie (gaz-électricité – air comprimé – vapeur- fuel)  et recherche de nouvelles technologies permettant
  • l’utilisation d’énergies une fabrication industrielle. renouvelables6. Réduction de la consommation / Des colorants naturels à récupération l’étude7. Gestion de l’impact écologique dans la filière : empreinte Les colorants naturels posent le écologique du site, modélisation problème de leur tenue. Aujourd’hui, de l’information à destination du il faut encore leur ajouter des marché produits qui ont un impact négatif8. Implication des sous-traitants sur l’environnement. Cela pose la9. Développement des offres question de la pertinence de ce choix « Bio » et « Equitable » à l’échelle industrielle.10. Action de solidarité : ouverture aux jeunes, solidarité nord/sud. De nouvelles finitions La biodiversité sera au centre des préoccupations du prochain pour limiter les lavages Agenda 21 de TDV Industries. La société a mis au point une finition sur les tissus qui permet de limiter leVers l’utilisation de nombre de lavages. Cette approchenouvelles fibres basée sur le bon sens peut devenir un véritable argument commercial.Le prix du coton a beaucoupaugmenté ces deux dernières Le projet « Un arbre de vie, une forêtannées ; ceci pose la question de la solidaire »rentabilité de cette matière premièrequi, de surcroît, nécessite l’emploi de Historiquement, TDV travaillegrandes quantités de pesticides. beaucoup avec le Mali car le cotonDès lors, TDV Industries met l’accent africain présente des qualitéssur l’innovation. Une personne en naturelles de résistance quiinterne est dédiée à la recherche et à conviennent à l’usage professionnel.la veille pour concevoir de nouveauxproduits. Depuis peu, la société soutient financièrement un projet autourDes nouvelles matières premières, d’un arbre, le Carapa Procera, dontà base d’orties ou de ricin, sont les fruits donnent une huile quiactuellement testées. Elles constitue un biopesticide pour lapossèdent les caractéristiques culture du coton.naturelles de résistance à l’abrasionrecherchées pour les vêtements Ce projet est également un moyenprofessionnels et constituent une d’aider les populations locales àalternative économique dans un développer une activité économique.contexte de flambée des matières Il s’agit d’une filière vertueuse depremières historiques (pétrole tout points de vues puisqu’ellenotamment). allie respect de l’environnement,Cependant, les obstacles sont encore développement d’une économienombreux avant de pouvoir lancer locale et innovation.
  • Samuel GaboryPrésident Directeur Général, Laboratoire Alvend - Fleur des MaugesPrésentation du plantes qui rend l’actif efficace. de développer des plantes localesLaboratoire Alvend – contenant de la saponine par Au-delà de la diversité du végétal, le sélection variétale.Fleur des Mauges groupe Alvend – Fleur des Mauges En conclusion, deux pistes de essaye également d’exploiter toute réflexion sont importantes pourCréée en 1985, l’entreprise familiale la diversité des actifs d’une plante l’entreprise. Tout d’abord la taille :Laboratoire Alvend – Fleur des dans ses productions. On trouve quelque que soit les attentionsMauges (Maine et Loire) offre un ainsi souvent 200 composants dans portées à la nature, les activités debel exemple de la capacité de la une huile essentielle. taille importante semblent toujoursbiodiversité à être un moteur de avoir un impact sur la biodiversité.richesse économique. En effet, pourcette entreprise d’une centaine de Une biodiversité traduitesalariés, « c’est la biodiversité qui fait au quotidien dans Ensuite, les labels : ils permettentrichesse ». l’information et le développement l’activité de l’entreprise des produits respectueux de laPour l’entreprise qui commercialise biodiversité. Il faut être prêt à en L’entreprise centre ses recherchestrois gammes de produits - assumer le coût. de matières premières sur desdétergents écologiques, cosmétiques espèces produites localement. Lesnaturels, huiles essentiels et plantes utilisées pour le processuscompléments alimentaires - la de fabrication sont des plantesbiodiversité permet la qualité et produites localement et quil’efficacité des matières premières consomment peu d’eau.utilisées. Sa matière première estvégétale. L’entreprise a ainsi préféré développer une production deLa biodiversité comme mélisse et de calendula avec dessource de richesse producteurs locaux au lieu d’utiliser des matières premières qu’il auraitéconomique fallu importer.Le créneau de l’entreprise sur lemarché est donc lié à la biodiversité : La recherche en matière deil s’agit de la recherche de matières biodiversité a permis de trouver depremières habituellement non nouvelles possibilités techniquescommercialisées et de l’exploitation d’obtenir des saponines, cet agentde leurs vertus. qui augmente l’effet moussant.Les tensio-actifs (agents moussants) Un partenariat conclu avecutilisés sont ainsi issus de la paille et l’association Saponina permet ainsidu son, et non du savon ou de l’huilede palme. Ceci a un réel intérêtéconomique, et c’est la synergie des
  • Thierry RollandResponsable Environnement et R&D, Groupe BrangeonPrésentation du groupe CPIE Loire et Mauges.Brangeon Un travail préalable d’inventaire et d’identification des fonctionnalitésCréée en 1919, le Groupe Brangeon de l’écosystème a été nécessaire.est une PME familiale qui exerceprincipalement ses activités dans L’action mise en œuvre a eu pour but Une expérience utiliséele domaine de l’environnement : de développer un habitat favorable pour plaider la cause degestion déchets, recyclages, pour des espèces migratrices l’activité d’extractioncompostage, extraction de sable et nidifiant généralement sur les grèvesnégoce de matériaux. de Loire. Le site de SDVL est considéré Huit ilots flottants ont été créés comme le premier site artificiel deUne petite filiale de ce groupe, sur un plan d’eau artificiel, lui- nidification de sternes pierregarinla société de Dragage du Val de même restauré du point de vue en Europe. L’expérience démontreLoire (SDVL), montre qu’une activité du paysage, pour permettre à une que des activités impactanteséconomique peut être source de espèce d’oiseau protégé, la sterne pour l’environnement, comme lesbiodiversité si l’entreprise s’engage pierregarin, de venir nicher. carrières, peuvent devenir aussi desdans ce domaine. lieux d’opérations favorables à la Ces équipements ont permis biodiversité.Cette expérience est d’autant plusintéressante que l’activité de cette d’accueillir une importante population de sternes. Sur 650 Pour le Groupe Brangeon, cetentreprise, l’extraction de sable, couples nicheurs recensés en Pays de engagement en faveur de laest considérée comme ayant un la Loire, dont 300 à 350 en Maine et biodiversité permet de promouvoirimpact négatif sur l’environnement Loire, près de 100 ont été recensés l’activité d’extraction auprès des(classement ICPE). sur le site de SDVL, soit près du services de l’État et d’essayer d’enUne sablière en bordure de Loire au tiers de ces oiseaux nicheurs dans la préserver la pérennité.lieu-dit le Seuil de Loire, à Montjean région.sur Loire, proche de sites classésNatura 2000, est ainsi devenue une Cette colonisation a eu lieu alors queréserve de biodiversité. l’activité économique sur le site était importante.Une action de Elle a été permise par lerestauration de la développement de techniquesbiodiversité sur un site adaptées, respectueuses deen activité économique la tranquillité des oiseaux migrateurs : utilisation d’uneAfin de réinstaurer la biodiversité dragueuse électrique, régulationlocale sur un site auparavant des mouvements et des flux duconsacré à l’agriculture intensive, personnel.SDVL a conclu un partenariat avec le
  • Muriel AlamichelChargée de mission du programme « ADEME exemplaire », ADEMEL’ADEME (Agence de est constitué de pelouses, de zones mise en place de stores pour casserl’Environnement et de la Maîtrise boisées, de massifs arbustifs, de la transparence. Ceci fut le point dede l’Energie), établissement public parkings, de voieries et d’un linéaire départ d’une démarche devenuesous tutelle principale du Ministère de haies de plus de 830 m. depuis plus ambitieuse, la LPO ayanten charge de l’environnement, a proposé, par la même occasion,pour objectif de mettre à disposition Malgré le caractère privilégié du site, d’entrer dans une démarche dedes différents acteurs - entreprises, la préoccupation de la biodiversité a « Refuge LPO ».collectivités locales, particuliers - émergé, non par la beauté naturelleune expertise sur tous les sujets liés des lieux, mais par un accident C’est l’origine du projetà l’environnement, à l’exception de malheureux survenu il y a deux ans. « biodiversité » de l’ADEME quil’eau et de la biodiversité (pour en La structure bâtie est composée s’inscrit dans une démarche globalesavoir plus : www.ademe.fr). de deux bâtiments (rénovation d’exemplarité intitulé « ADEME performante sur le plan énergétique exemplaire ».L’action décrite ici est une démarche pour l’un, construction neuve BBCinterne destinée à développer la et HQE pour l’autre), reliés entre euxbiodiversité sur le site de l’ADEME à par une passerelle transparente.Angers et à sensibiliser les salariés. De trop nombreux oiseauxDe la résolution d’un mourraient en heurtant les vitres de cette passerelle.problème ponctuel, àla construction d’un Ce problème n’avait en effetprogramme global pas été pris en compte, malgré l’approche environnementale de laA Angers, le siège de l’ADEME construction. L’ADEME s’est doncest implanté sur un site de 5 ha à tournée vers la LPO qui a proposé laproximité du lac de Maine. Ce terrain
  • Le programme « biodiversité » de l’ADEME :approche scientifique et mobilisation dupersonnelL’approche scientifique,un double appui : La mobilisation du personnel Les enseignements• Avec l’aide de la LPO, l’ADEME a mis en place un inventaire faune- ALe programme GESSOL a été l’occasion de mettre en place une Les enseignements sont de deux flore, puis un plan de gestion et animation auprès du personnel ordres : d’entretien différencié assorti pour expliquer la microfaune et le • la biodiversité n’est pas encore d’actions de communication lien qui peut exister entre la façon assez intégrée aux systèmes de destinées à expliquer les d’entretenir un terrain et la richesse management environnemental ; modifications de l’aspect visuel de sa litière. • le regard porté sur le parc a du parc, changé : ce n’est plus un regard• * L’intégration à un programme Le projet a immédiatement reçu d’ordre strictement esthétique, d’expérimentation et de l’adhésion du personnel qui s’est mais un regard « averti », recherche sur le sol : GESSOL montré volontaire pour y participer. sensible à la richesse biologique du site.L’ADEME est coordinateur duprogramme. L’animateur scientifique Une opération de prélèvementse trouve sur le site d’Angers. C’est a été mise en place avec l’aideainsi que le site est devenu un des du personnel volontaire et dulieux de prélèvement de la micro scientifique responsable dufaune. programme : explication du protocole, distribution de fichesSuite à l’inventaire, le terrain de reconnaissance, tri, classement,s’est révélé relativement pauvre, pesage, observation et notation.autant en faune qu’en flore, car lestechniques d’entretien n’étaient pas Résultats : 38 participants, 2 experts,propices à la biodiversité. 11 points d’échantillonnages, 8 groupes d’animaux recensés et uneUne gestion différenciée a été mise surprise : une importante masse deen place et, à peine un an plus tard, vers de terre (entre 100 kg et 3 t àdes différences évidentes ont été l’ha) !observées : des haies plus larges,des nouvelles variétés d’espèces et Par ailleurs, les jardiniersde plantes (insectes, sauterelles, appartenant à une association degrillons, graminées…). personnes handicapées ont été associés à l’ensemble du programmeUne évaluation sera réalisée sur 5 « biodiversité » et ont été formésans dans le cadre du protocole des aux nouvelles pratiques d’entretien.« niches LPO »
  • Odile ChanterelleConseillère en développement territorial,Chambre d’Agriculture du Maine et LoireL’expérience « L’éleveur et l’oiseau »La Chambre d’Agriculture accompagne l’association « Eleveurs des ValléesAngevines », dont l’objectif est de concilier l’élevage de la viande bovine avecla préservation d’une espèce rare : le râle des genêts.L’habitat du râle des genêts menacé de disparitionLe râle des genêts est un oiseau rare qui vit en Afrique et vient nicher dansles vastes herbages des basses vallées angevines et de la vallée de la Loire.Il fait partie des oiseaux en voie de disparition figurant sur la liste rouge del’UICN .La préservation de son habitat revêt donc une grande importance.Les causes de dégradation de l’habitat du râle desgenêtsEn 1990, une forte déprise agricole, entrainant l’apparition de friches, et laplantation de peupliers ont perturbé cet habitat pourtant reconnu comme unsite exceptionnel bénéficiant d’un classement Ramsar, ZICO ou ZNIEFF .Ces classements permettent de mesurer l’importance de ce site, dont leshabitants de la région n’ont pas toujours conscience.La mise en place de mesures agri-environnementalesFace à la dégradation du site, les agriculteurs et la LPO se sont réunis pourréfléchir au maintien des pratiques agricoles nécessaires à la préservation dusite et à la mise en place de mesures agri-environnementales.Ce travail a été réalisé en associant l’ensemble des autres acteurs intervenantsur ce territoire, popiliculteurs, chasseurs, pêcheurs…Il a abouti en 1993 à un programme agri-environnemental destiné àpermettre de protéger le râle des genets en tant que tel, mais aussi, le râledes genets en tant qu’espèce dite « parapluie ». Les mesures ainsi définiesconsistent à retarder les fauches pour protéger la nidification, à ne pasutiliser de produits phytosanitaires ni d’engrais, à entretenir les fossés…
  • Création d’une marque : « L’éleveur et l’oiseau, lebœuf des vallées »Certains agriculteurs ont adhéré à Un premier essai a dû être arrêté en bouchers ont leurs habitudes. Il estces mesures agri-environnementales 2004-2005 suite à un problème de donc très important de sensibilisersans pour autant connaître les suivi commercial. les directeurs des commerces et lesaspects environnementaux. bouchers pour les convaincre de Un travail a été alors initié pour la l’intérêt de proposer les produits deIls les ont découvert au fur et à recherche d’un nouveau partenaire. la marque. Ce travail est en cours.mesure, puis ont souhaité mettre C’est avec un laboratoire basé enen valeur leur territoire de façon Vendée « Vendée Loire Viande », Un projet de territoire età mieux le préserver, tout en laboratoire qui s’intéresse beaucoup la reconnaissance d’uncontinuant à exploiter leurs prairies. à des niches de production, en Brière, à Belle Ile et dans d’autres service rendu par laIls ont cherché à promouvoir de leur secteurs particuliers, que s’est biodiversité territoire en valorisant les produits conclu le partenariat.qui en sont issus. Aujourd’hui, on peut affirmer Depuis 2010, celui-ci recherche des que l’association a réussi à faireLa marque magasins pour commercialiser la reconnaître le travail des éleveurs marque. Il s’agit plutôt de magasins par rapport à la biodiversité.Après réflexion et enquêtes auprès de proximité, moyennes et petitesdes consommateurs, les agriculteurs surfaces. Le projet est également Désormais, il est entendu que leuront créé la marque « l’Eleveur et construit avec un commerçant en présence est indispensable dansl’oiseau, le bœuf des vallées ». bestiaux du Maine et Loire. ces vallées et que leurs pratiques d’élevage sont fondamentales pourLe cahier des charges s’appuie sur : Suite aux difficultés rencontrées pour la préservation de ce territoire.le fait que les agriculteurs adhèrent la commercialisation, il est en effetaux mesures agri environnementales apparu important que l’organisation En effet, les résultats sont là, puisquequ’ils recourent à des pratiques mise en place regroupe à la fois les les deux tiers de la population dud’élevage spécifiques : alimentation éleveurs, l’abattoir et le commerçant râle des genêts se situent dans cesà base d’herbe essentiellement, en bestiaux. zones herbeuses des basses valléesprésence sur l’exploitation, angevines et de la vallée de la Loire.chargement (nombre d’animaux par Actuellement, 5 magasinshectare) à respecter… commercialisent la viande de la Historiquement, la relation des marque « L’éleveur et l’oiseau, le éleveurs avec les naturalistes n’était bœuf des vallées ». pas facile. Or, aujourd’hui, il estLe montage de la fréquent que les éleveurs signalentcommercialisation aux naturalistes la présence du râle La sensibilisation et la et les accompagnent dans les suivisLa question de la commercialisation communication des de l’oiseau.ne s’est pas faite sans mal, et n’est commerçantspas encore complètement résolue Une vraie coopération s’estaujourd’hui. Il n’est pas facile, pour un nouveau instaurée. L’évaluation et la re- produit, de faire sa place, car les discussion des mesures à prendre
  • sont effectuées avec les éleveurs,ce qui est très important puisquece sont eux qui sont amenés à lesappliquer.Ce travail est conduit égalementavec les élus qui apportent unfort soutien à la démarche, que cesoit au niveau du Conseil Général,de l’agglomération d’Angers, descommunautés de communes ou descommunes.L’idée est maintenant de présenterce projet de territoire au grandpublic pour faire prendre consciencede la présence des éleveurs sur lesite et de leur rôle pour la protectiondu râle des genêts.Il s’agit bien là de faire connaître unservice rendu par la biodiversité.
  • Véronique DhamFondatrice et directrice générale de Gondwana regard expert et d’une mise enLa mission de Gondwana experts produisent des référentiels cohérence de ses actions que l’outil et étudient les impacts subis par la de Gondwana a été fondé.Gondwana est la première agence biodiversité.française de conseil en stratégie et En effet, la pertinence de laen partenariat, spécialisée dans la Trois types d’outils existent démarche « biodiversité » pourprotection de la biodiversité. aujourd’hui : une entreprise ne repose que sur la qualité du diagnostic. Celui-ci et leSon rôle est d’aider les entreprises àdéfinir leur politique dans cet univers • un outil développé par des plan d’actions qui en découle doivent entreprises anglo-saxonnes ; être réalisés avec des professionnels,et à nouer des partenariats durablesavec les acteurs de la protection de • un outil développé par des associations ou des scientifiques l’association l’OREE (une compétents.l’environnement (ONG, associations association qui regroupe desde protection de la nature, parcs entreprises, des collectives Enfin, Gondwana déplore queet réserves naturels, programmes locales et des associations) ; la biodiversité soit quasimentet expéditions scientifiques, parcszoologiques). • un outil proposé par le Ministère absente de tous les outils de de l’Ecologie dans le cadre de management environnemental l’Année internationale de la ainsi que des études d’impact. Or,Les outils d’auto- Biodiversité (2010). ces oublis peuvent avoir de gravesévaluation pour les conséquences pour la survie deentreprises L’objectif de ces outils est bien certaines ressources naturelles. d’inciter les entreprises à s’auto-En matière de biodiversité, les outils évaluer sur leur dépendance vis-à-vis Aussi, lors de ses interventions,ne sont pas aussi standardisés que le de la biodiversité. l’agence Gondwana recommandesont le Bilan Carbone et l’Analyse du systématiquement de faire un audit.Cycle de Vie. Celles-ci prennent alors conscience qu’elles sont dépendantes et ontDès lors que l’objet est le monde des impacts sur les écosystèmes, etdu vivant, l’approche consistant donc une responsabilité vis-à-vis duà concevoir un outil standard est vivant.délicate à mettre en place. Les limites des outilsEn effet, avec des critères multiplescomme les espèces, les saisons ou existantsla localisation, il est très difficiled’isoler la biodiversité dans un Sur un sujet que les entreprisesindicateur unique. connaissent encore très mal, il leur est difficile de faire une auto-En revanche, il existe des outils évaluation et de s’appuyer sur uned’évaluation qualitative qui démarche interne pour définirs’appuient sur des données un plan d’actions. C’est sur l’idéescientifiques. Depuis des années, des qu’une entreprise a besoin d’un
  • Conclusion de Bernard CressensConseiller scientifique, WWF FranceL’ensemble des interventions de Or, on a épuisé la richesse des solscette conférence confirme que la avec l’agriculture intensive.biodiversité ne se résume pas à Il est donc nécessaire de développerl’environnement. le génie écologique, c’est-à-dire une agriculture compatible avecEn effet, la biodiversité englobe la biodiversité. Il est égalementla totalité du vivant. Au-delà du possible de travailler à la valorisationbilan carbone, il faut s’intéresser économique de la biodiversité avecau vivant, ce que fait notamment les agriculteurs (voir l’exemplel’empreinte écologique développée « L’éleveur et l’oiseau »).par le WWF. En réponse à une question surLes entreprises qui se sont exprimées les risques d’une approcheont réalisé un travail important sur trop culpabilisante del’approvisionnement, même s’il l’environnement que pourrait induireexiste une problématique sur les l’empreinte écologique, il est rappelélabels. Elles ont également travaillé que le rôle du WWF est de montersur l’éco-conception, la proximité et des programmes et d’envisager desl’innovation. scenarii possibles.Autre élément marquant à retenir : Selon le WWF, il faut notammentl’affichage environnemental., à que le consommateur, servilel’image de l’électroménager où dans une société de consolation,les classes peu performantes se transforme en citoyenécologiquement ont quasiment « consom’acteur », tout en gardantdisparu. de la place pour la Nature, qui est aussi une source de spiritualité.L’affichage environnemental montreque si on donne un signal fort aux Les entreprises qui s’engagent pourentreprises via le consommateur, la biodiversité développent unecelles-ci ont une capacité à s’adapter. relation basée sur la confiance, la sincérité, et l’authenticité avec leursLe véritable problème actuel est le clients.peu d’attention porté à la terre, à labiodiversité du sol. Un hectare de En référence à Saint Exupéry quiterre comprend pourtant 4 tonnes disait : « Tu n’as pas à prévoirde micro organismes avec 1 millard l’avenir, mais juste à le permettre »,d’individus au gramme. il faut préparer le changement culturel.
  • Conclusion de Gilles MahéVice-Président de Angers Loire Métropole et Adjoint à l’environnement de laVille d’AngersLa biodiversité, c’est lesquels il faut imprimer une gestion Des explications sont importantesl’affaire de tous qui soit complètement en rupture pour aller vers une plus grande avec la gestion antérieure exercée acceptabilité des changementsLe développement durable et sur ces espaces. et une appropriation par l’actionnotamment la biodiversité, c’est Chaque collectivité le fait à son individuelle.bien l’affaire de tous : l’affaire des rythme. Angers Loire Métropole, parcollectivités locales, l’affaire des exemple, s’est fixé l’objectif « zéro Au-delà des espaces emblématiquesentreprises, (vous en avez été ici phytosanitaire » à la fin du mandat. sur lesquels la collectivitél’expression et en avez traduit communique, l’action de lala détermination) et l’affaire de Au-delà du slogan, il s’agit de collectivité locale doit pouvoirl’ensemble des concitoyens… permettre aux services techniques motiver les habitants pour qu’ils de répondre à cette commande agissent sur les espaces privés,La collectivité locale a (techniques de gestion différenciée, nombreux sur le territoire (jardins types de végétaux à utiliser…) privatifs...).une responsabilité surla biodiversité par ses Pour y arriver, la collectivité est La collectivité localecompétences en matière obligée de travailler avec d’autres comme animateur desd’aménagement du acteurs tels que les jardineries par acteurs du territoire sur les exemple.territoire questions de biodiversité La collectivité, en plus des réponsesCompétente en matière La collectivité locale doit également techniques qu’elle apporte, a ainsid’aménagement du territoire, la prendre en compte la nécessité de ce rôle d’animateur des différentscollectivité locale se doit d’inscrire la compréhension de ces nouvelles acteurs du territoire.dans les documents d’urbanisme dimensions par le public.des enjeux de son territoire (SCOT, En effet, l’aspect visuel des espaces La collectivité locale et saPLU…). change et la perception d’un espace responsabilité vis-à-vis public « soigné » ne peut plus être laAujourd’hui la biodiversité doit donc de la biodiversité en tant même.être complètement intégrée dans qu’acheteur publicces démarches avec des diagnostics Parallèlement à ses choix politiques,le plus exhaustifs possible, la collectivité locale se dote En tant qu’acheteur public, à traversl’intégration de la trame verte et d’outils pour déployer un ensemble la dynamique de la mise en œuvrebleue, l’intégration des corridors d’accompagnement (sensibilisation, de sa politique d’achat, la collectivitéécologiques… information... ), tel que, à Angers, locale peut agir en faveur de la le Muséum d’Histoire Naturelle, biodiversité.Les collectivités locales gèrent la Maison de l’Environnement,également un certain nombre des réunions organisées dans les Le code des marchés publics quid’espaces urbains végétalisés sur quartiers… permet, en effet d’intégrer, dans
  • les appels d’offre, des critères qui Quelques mots des sur leur environnement immédiat,ne sont plus « le moins disant », elles sont plusieurs, quelque soit leur auditeurs du CHEDDmais des critères qualitatifs (article taille, a avoir décidé de s’impliquer53 pour la dimension sociale et a avoir mis en œuvre des actions Afin de produire suffisamment sanset article 14 pour la dimension concrètes, comme le montrent les prélever dans la nature plus que ceenvironnementale). témoignages présentés lors de la qu’elle est capable de produire et de conférence. recycler, il est devenu nécessaire deLes fournisseurs doivent être au synchroniser les cycles économiquesfait de cela et comprendre que la et écologiques.commande se modifie avec desexigences en matière d’impact des Le travail d’exploration conduit parproduits, mais aussi des exigences les auditeurs du CHEDD pour lasur la manière dont l’entreprise préparation de cette conférence leurs’organise… a permis de découvrir l’urgence de ce sujet, les approches possibles etLes critères RSE sont des critères l’engagement existant d’ores et déjàqui vont être intégrés. Dans le par plusieurs entreprises.Grand Ouest, une association a étéconstituée pour définir les besoins Que ce soit par une gestiondes collectivités et travailler avec responsable de leursles fournisseurs pour aller vers approvisionnements, par uneune adéquation entre l’offre et la réduction de l’impact de leursdemande. activités ou par une action délibérée
  • Remerciements Les auditeurs du CHEDD tiennent à remercier tous les intervenants qui ont accepté de consacrer du temps à partager leurs connaissances et témoigner de leurs expériences lors de cette conférence, ainsi que les 4 écoles – Ecole Supérieure d’Angers, Ecole des Mines de Nantes, Ecole Centrale de Nantes, Audencia – et leurs enseignants qui les ont accompagnés tout au long de la préparation.Réalisation : Pascale Robinet, Hugo Ponce, Jérôme Jumel, Florence Albert