Une question de bon sens

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  • 1. Une question de bon sensPartie 1 : estime de soi, confiance en soi. La culture française est une culture plutôt pessimiste qui peut être un frein audéveloppement de lestime de soi. En effet, nous accordons trop dimportance à ce qui nefonctionne pas. Lestime de soi nait des choses positives que nous faisons. Si vous faites unbref retour sur la manière dont vous corrigez vos jeunes athlètes, alors vous observerez quenotre tendance est de corriger en premier ce qui ne va pas sans sattarder sur les choses quifonctionnent bien. Travailler sur ce quil y a de bien. Cela doit être le point de départ, le point de référence pour lathlète ainsi que pour lentraîneur. Cela ne signifie pas que le négatif doit être occulté ou laissé de côté. Il doit êtreabordé dans un deuxième temps mais sans y mettre de lémotionnel. Cela signifie que dansnotre manière de communiquer nous accorderons moins de place au négatif au profit dunpositif que lon cherchera le plus constructif possible. Enfin, lorsque les points négatifs serontabordés, il faudra mettre un point dhonneur à leurs donner un sens.Concrètement et pour illustrer ce principe, le discours dun entraîneur dont léquipe aurait desdifficultés au bloc lors dun match pourrait être le suivant : « Nous devons réussir à rendre notre bloc homogène car cela va nous permettredaffirmer encore plus notre point fort qui est la phase de contre-attaque ». Ainsi léquipe na pas limpression dêtre en échec. Elle peut se projeter sur une action aveccomme support la possibilité dimposer de manière plus prégnante un secteur de jeu danslequel elle se sent ou se reconnait comme forte et compétente. Le sentiment de compétenceest exacerbé. Cest à force de victoire sur soi-même que la confiance en soi se forge.Pour James LOEHR (psychologue américain) : Il faut chercher à ancrer les réussites pourque lathlète puisse se fabriquer un répertoire dattitudes, de gestes, de pensées, de mots quideviennent des ancres ressources à utiliser dans les moments difficiles. Ceci permet derenforcer le niveau de confiance de lathlète.Victoire et défaite, quels sont leurs rôles dans la confiance et la motivation ? Chacune dentre elles peut avoir un rôle positif ou négatif sur la confiance. Tout estquestion déquilibre. Une équipe qui survole son championnat, qui va de victoire en victoirerisque de vivre cette situation comme étant une situation de confort. Ce confort apparentpeut amener léquipe à perdre son niveau dexigence qui l’a conduite à la réussite. Sans s’enrendre compte, les individus puis léquipe mettront en danger leur projet sportif. Le rôle delentraîneur est alors déterminant. Lobjectif pour lui est de maintenir voir relancer lamotivation de son groupe. Pour cela, il peut chercher à faire évoluer le jeu de son équipe(mis en place dun jeu plus rapide, de nouvelles combinaisons). Une autre possibilité, qui a
  • 2. bien fonctionné quand jentraînais en club, avait été de faire un match amical contre uneéquipe haut de tableau de la division supérieure. A la suite de ce match, nous avons décidéensemble quel secteur de jeu il serait intéressant de développer et d’acquérir avant la fin duchampionnat. Ceci sest avéré très efficace à court terme (relance de la motivation de monéquipe). À moyen terme, cette expérience leur a permis darriver dans la division supérieureen ayant déjà certains secteurs de jeu du niveau de la division. A contrario, une équipe qui ne fait que perdre a de fortes chances de rentrer dans ce quonappelle la notion dimpuissance apprise. Notion qui renforce l’individu et l’équipe dans uneidée de fatalité. Les défaites se succédant, la joueuse devient passive devant lesévénements car elle ne croit plus pouvoir être un actrice décisive sur le terrain. Le saviez-vous ? SELIGMAN (1975) a décrit cette notion comme étant un comportement acquis suite à des expériences répétées. Elle aura pour conséquence : 1. Une difficulté progressive à faire le lien entre les actions posées et leurs conséquences : « de toute façon, ce que je fais na pas deffet sur mon environnement ou les situations dans lesquelles je me trouve ». 2. Une forte baisse de motivation : « je nai plus de comportement puisque cela ne sert à rien ».Quand on tombe dans ce type de scénario, les choses se compliquent sérieusement car ladéfaite semble valider le fait que léquipe nest pas au niveau et la victoire est bien souventattribuée à une cause extérieure voir dans le pire des cas à la chance. Fort heureusement, lemécanisme nest pas irréversible. Le rôle de lentraîneur sera important dans le changementdétat desprit de son groupe. Par son optimisme et sa persévérance, il ouvrira de nouveau lechamp du possible. La communication sera au centre de toute évolution positive. La citation(Riedrich. Y) qui suit parle delle-même sur la conduite à adopter. Il est important de conférer à nos réussites une grande valeur et à nos échecs une raison de persévérer.Dans une idée de championnat, denchaînement de match, il faut accorder un rôle et donnerun sens à la victoire ou à la défaite vécue. La victoire doit permettre au groupe de valider lesorientations ainsi que le travail fourni. Quelque part, cest une récompense aux effortsfournis. Elle renforce l’idée que l’équipe est sur la bonne voix. La défaite quant à elle doitpermettre de pointer du doigt le travail quil reste à fournir. Elle a un rôle de projection. Le saviez-vous ? Back et Weiss (1992) ont montré que délivrer des informations positives à lissue dune performance et des remarques constructives favorisant la persévérance à lissue dune contre-performance génèrent un sentiment defficacité, une perception de compétence et de plaisir chez les jeunes sportifs.
  • 3. Jour J : l’athlète face à ses représentations Lathlète reconnu comme faible mentalement est victime (dans son quotidien, le jourdu match, le jour de la compétition) de ses représentations. Lorsque nous commençons àtravailler avec une nouvelle génération, nous sommes régulièrement confrontés à desjoueuses qui abordent les matchs en mettant en avant toutes les qualités « présumées,ressenties » de leurs adversaires. En opposition à cela, elles y mettent leurs propres défauts.Bien entendu, ce type de fonctionnement ne peut être propice à la performance car lesreprésentations de lathlète ne pourront la placer quen position dinfériorité. Difficile dêtreconfiante dans ce cas. Lidéal serait de sappuyer sur ses qualités, ses points forts, tout encherchant à mettre en difficulté ladversaire par ses points faibles. Dans le cadre du pôle,nous nous sommes amusés à demander à chacune des joueuses de nous mettre sur unpapier leurs points forts ainsi que leurs points faibles. La majorité des joueuses nous ontrépondu en mettant en avant en moyenne trois points faibles pour seulement un point fort etcertaines dentre elles étaient incapables de nous citer plus de deux de leurs points forts.Essayez donc cela avec vos joueuses vous serez surpris.Côté pratique : Afin de renforcer les représentations positives et la confiance en soi de vos joueuses, ilest possible de faire un petit jeu lors de léchauffement. Faites courir les joueuses sur undemi-terrain, à votre top les joueuses sarrêteront de courir et se placeront face à la joueusequelles croisent. Donnez-leur 45 secondes pour échanger sur les points forts de leurpartenaire. Puis reprendre léchauffement. Faites le quatre à cinq fois avec obligation detoujours se retrouver avec une joueuse différente. À la fin de léchauffement, demander àchacune de vous énoncer les deux à trois points forts dictés par leurs partenaires. Cetexercice permettra à chacune dentre elles de se voir à travers les yeux de lautre et decomprendre quelle importance, quel rôle, quelle utilité elle a au sein du groupe. Sentraîner à réussir, jouer pour gagner.Ce principe est fondamental dans lapproche de lentraînement. Il est important pourlentraîneur dinsister sur ce dernier en fonction du type de travail réalisé à lentraînement.Travail technique, de type analytique : je mentraîne pour changer, évoluer, réussir lescritères qui mont été fixés (et uniquement ceux qui m’ont été fixés). Forme jouée, opposition : je joue pour gagner et je place le duel au centre de tout. Ce mêmeduel peut être individuel (moi contre mon vis-à-vis), interindividuelle (moi contre un système,un collectif), ou enfin collectif (mon système offensif face à leur système défensif,…). Tousces aspects doivent être pris en compte et intégrés dans lentraînement ainsi que dans laculture de la joueuse. Cela signifie aussi quil ne peut y avoir dopposition à lentraînementsans quil ny ait comptage de points. Une évidence qui nest pas si simple à percevoir pourde jeunes joueuses qui à ladolescence cherchent plus le partage et la convivialité plutôt quelopposition et ladversité.Côté pratique :Voici 2 systèmes de points que nous utilisons à lentraînement. 1. Duel service-réception : chaque bon service S++ (ace ou zip) donne -1 à la réception. Chaque mauvais service S— (faute ou réception parfaite) donne +1 à la réception. La réception moyenne ne compte pas de point. Afin de remporter le duel, le service cherchera à amener le score à -5 alors que la réception cherchera à obtenir +5. Ce
  • 4. système de point permet aux joueuses de concevoir le duel service-réception dans une notion de durée. Les qualités de patience et persévérance sont mises en avant. 2. Duel de passeuses : placer 1 passeuse, 2 réceptionneuses + 2 serveuses de chaque côté dun terrain. Lobjectif nest pas un travail de réception mais bien un travail de régularité et de précision des passeuses. La première passeuse qui réussit à mettre 10 passes dans une cible (4, 2, 3m au choix), en sachant que les 2 ou 3 dernières passes doivent être consécutives pour pouvoir remporter le duel. Cette dernière contrainte renforce la notion defficacité immédiate ainsi que lidée dêtre présent et efficace au bon moment.Bibliographie :Le Mental dans tous ses états : Y. Riedrich.Laisser moi jouer : Y. Riedrich.150 petites expériences de psychologie du sport : Y. Parquet.S’entrainer à perdre, Guide pas pratique : O. Guidi.Entraînement Mental du sportif : H. Le Deuff.