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Adieu la vie, adieu l'amour - Dossier de presse du documentaire

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  • 1. « CETTE GUERRE, ON NE SAVAIT PAS POURQUOI ON LA FAISAIT, ON SE BATTAITCONTRE DES GENS COMME NOUS... TOUTE DÉSOBÉISSANCE MENAIT DE VERDUN ÀCAYENNE... AU PIRE, AU PELOTON D’EXÉCUTION. »Lazare PONTICELLI, dernier poilu de la Grande Guerre (1897-2008).
  • 2. « Adieu la vie, adieu lamour, adieu toutes les femmes,cest bien fini, cest pour toujours,cest à Craonne sur le plateau quon doit laisser sa peau… »La chanson de Craonne dont lauteur demeure inconnu fut interdite jusquen 1972 pour atteinte aumoral des armées. Elle oppose les « vivelots » (civils protégés) aux « purotins » (fantassins exposés).Il ny est pas question de mutinerie mais de lassitude.Au printemps de 1917, elle exprime le sentiment général dêtre sacrifié inutilement. Les soldats nenpeuvent plus. Ce ne sont pas des pacifistes ou des politiques, pas plus que des objecteurs deconscience dont le statut nexiste pas encore. Ils souhaitent simplement de meilleures conditions devie dans les tranchées et ne plus mourir vainement.
  • 3. S OMMAIRESynopsis ........................................................................................................................ 5Note d’intention des auteurs-réalisateurs ..................................................................... 8Note de réalisation...................................................................................................... 11Note d’intention du producteur délégué .................................................................... 13Les personnages du film ............................................................................................. 15Le Film........................................................................................................................ 16Fiche technique .......................................................................................................... 25Biographie de Michel Brunet ..................................................................................... 26Biographie de Dominique Hennequin ....................................................................... 27Biographie de Nomades TV....................................................................................... 28Annexes ...................................................................................................................... 29 Pistes d’archives....................................................................................................... 29 Les réhabilitations en France .................................................................................. 29 Les réhabilitations dans d’autres pays ..................................................................... 29 Proposition de loi .................................................................................................... 30 Courrier du Secrétariat d’État à la Défense et aux Anciens Combattants ............. 31Devis ........................................................................................................................... 32Plan de financement ................................................................................................... 33Contacts...................................................................................................................... 34
  • 4. !S YNOPSISLe 11 novembre 1998 lors des cérémonies du 80ème anniversaire de larmistice à Craonne (Aisne),Lionel JOSPIN alors Premier Ministre avait souhaité que « les soldats fusillés pour lexemple,victimes dune discipline dont la rigueur navait dégale que la dureté des combats, réintègrent notremémoire collective nationale ». En pleine cohabitation, linitiative avait déplu au Président JacquesCHIRAC. Il faudra attendre dix ans pour que laréhabilitation des 675 fusillés pour lexemple sousluniforme français soit à nouveau évoquée et cettefois au plus haut niveau de lÉtat. Le 11 novembre2008 à lOssuaire de Douaumont, le PrésidentSARKOZY fixe une orientation forte : « Le temps estvenu dhonorer tous les morts du conflit sansexception ».Certains ont été fusillés pour « refus d’obéissance devant l’ennemi » ou « abandon de poste »,d’autres se sont mutilés volontairement. Parmi les fusillés, il y avait aussi des « droits communs » etdes « déserteurs ».Qui étaient ces soldats envoyés au peloton dexécution pour délit de lâcheté ou pourmutinerie ? Quelle est leur histoire ?Nous partageons l’espoir des familles de soldats fusillés, dont le deuil reste insupportable près decent ans après la fin du conflit. Leur grand-père s’appelait Joseph DAUPHIN ou Jean-JulienCHAPELANT. Nous suivons leur combat pour une réhabilitation. Nous rencontrons ces familles dans le village natal de leur aïeul. Nous tentons, à travers les journaux de marche de leurs régiments et les lettres de poilus à leurs familles, de faire revivre le quotidien de ces fusillés. A l’aide de mots ou de dessins, les poilus racontent le froid, la boue, la fatigue physique et psychologique, les ordres contradictoires, l’horreur des combats... Autant d’éléments qui peuvent justifier la lassitude ou le renoncement.Réalisation : Michel Brunet et Dominique Hennequin - Production : Nomades TV - avril 2011 5 ! page
  • 5.  Avec le Général André BACH, qui a consacré une partie de sa vie à l’étude des dossiers des fusillés,nous consultons les archives du Service Historique de lArmée de Terre au Fort de Vincennes. Nousdécryptons les comptes-rendus des Tribunaux de Guerre longtemps tenus secrets. Nous découvronsla rigueur d’une justice militaire qui ne laisse pas de place aux circonstances atténuantes etcondamne à mort des poilus, privés d’avocats et incapables de se défendre, pour des raisons parfoisfutiles.Au Ministère de la Défense, nous rencontrons les membres de la commission chargée détudier lesdossiers des fusillés de la Grande Guerre en vue dune réintégration dans la mémoire nationale.Comment travaille cette commission ? De quels moyens dispose-t-elle pour faire la lumière sur desexécutions que le Général JOFFRE jugeait « absolument indispensables pour renforcer lardeur destroupes » ? Pourquoi tarde-t-elle à rendre justice aux fusillés ? Est-elle réellement indépendante etn’est-elle pas liée au bon vouloir des pouvoirs publics ?En contrepoint, nous donnons la parole à des experts historiens et chercheurs. Quel est le point devue du Général André BACH, de Nicolas OFFENSTADT et de Rémy CAZALS ? Spécialistes decette période, ils resituent le destin des fusillés dans le contexte sociologique et historique del’époque et nous aident à faire la part entre les excès de l’armée et la réalité des combats.Dans une enquête de terrain, nous partons à la recherche de fusillés oubliés, inhumés à la hâte dansun coin de cimetière. Sans pierre tombale, la sépulture est parfois cachée par un buisson. Passionnépar la Grande Guerre, Jean-Claude FLAMENT recherche activement les familles, reconstituel’histoire de leur aïeul et tente d’organiser le retour des corps dans les villages d’origine en attendantleur réhabilitation.Pourquoi le sujet est-il toujours aussi sensible aujourd’hui ? Y aura-t-il une réhabilitationcollective par voie législative comme en Grande-Bretagne en 2006 ou plutôt des réhabilitations « aucas par cas » comme cela était envisagé par Jean-Marie BOCKEL, SecrétairedÉtat aux Anciens Combattants en 2008 ?Lors de l’inauguration du monument de Vingré en 1925, le père de Paul-Henri FLOCH (condamné à mort et fusillé pour abandon de poste puisréhabilité avec six autres fusillés) confesse : « Notre famille a vécu dans uneatmosphère affreuse, de suspicion et de honte injustifiée ».Réalisation : Michel Brunet et Dominique Hennequin - Production : Nomades TV - avril 2011 6 ⏐ page
  • 6.  Malgré les promesses politiques et à trois ans du centenaire du début de la Grande Guerre (2 août1914), le combat pour la réhabilitation des « fusillés pour lexemple » continue.Avec l’aide de plusieurs associations, les familles ne cesseront la lutte qu’à l’inscription du nom deleur aïeul sur le monument aux morts avec la mention « Mort pour France ».Réalisation : Michel Brunet et Dominique Hennequin - Production : Nomades TV - avril 2011 7 ⏐ page
  • 7.  N OTE D ’ INTENTION DES AUTEURS - RÉALISATEURSA quelques mois de la commémoration du centenaire de la Grande Guerre, la France et tous lesparticipants du conflit se préparent à rappeler l’inimaginable. Rien qu’en France, cette guerreindustrielle a mobilisé 8 millions de soldats, tué 1 3000 000 d’entre eux et fait 3 millions de blessés.Pourquoi alors mettre en exergue le cas de 2 500 condamnés à mort et de 675 fusillés ? Faut-ils’apitoyer sur le sort de ces condamnés désignés par l’armée française comme lâches, automutilés,déserteurs, insoumis ? Cette histoire dans l’Histoire vaut-elle un film ?Aujourd’hui, certains documents darchives, comptes-rendus de conseils de guerre enfin révélés oudes images dépoque confinées durant un siècle dans le secret défense permettent de mieuxappréhender la réalité du terrain. Dans les tranchées et sous les bombes (jusqu à 500 obus parminute durant loffensive du Chemin des Dames), les poilus ont vécu, c’est peu de l’écrire, unvéritable enfer. Il suffit de lire ces lettres de poilus à leur famille pour s’en convaincre. Commentaccepter cette politique de la chair à canon (130 000 victimes au Chemin des Dames en dix jours) ?Comment accepter ces destins tragiques, ces vies gâchées pour quelques mètres de terre gagnés ?En sintéressant à ces soldats perdus, pour la plupart issus de la paysannerie (quelques mois plus tôtils étaient encore aux champs), nous reconstituons le vécu du front. Nous comprenons que le froid,la lassitude, la mort omniprésente et le « shell schock », cette fatigue du combattant traumatisépsychologiquement par les combats, peuvent expliquer bien des comportements dinsoumission.« Se battre daccord, tenir des positions daccord mais se faire massacrer pour rien, pas daccord ! »diront les mutinés après l’offensive Nivelle qui fit 100 000 morts en dix jours.Pour mener les troupes à la bataille, le commandement instaure une justice de terreur instrumentéepar les généraux. Une effroyable machine de guerre qui anéantit « pour lexemple » des centainesde poilus. Cette réalité froide et inhumaine donne lieu à des exécutions immédiates sans jugementséquitables. On est pris d’un sentiment d’injustice et d’effroi devantces pelotons qui exécutent des poilus tirés au sort ou condamnéssans raison et, parfois, sans avoir pu se défendre car ne parlant quele breton ou le basque. Ce film doit donc rendre justice àces fusillés injustement sacrifiés et apporter, à quelquesmois du centenaire, sa contribution au dossier de la réhabilitation.Réalisation : Michel Brunet et Dominique Hennequin - Production : Nomades TV - avril 2011 8 ⏐ page
  • 8.  Ce combat, mené dès la fin des hostilités par la Ligue Française des Droits de lHomme a permisquelques réhabilitations au cas par cas : les fusillés de Vingré dans l’Aisne en 1921, les caporaux deSouain dans l’Aisne en 1934, etc.Mais le cas de 675 fusillés, des poilus qui ont refusé de sortir des tranchées durant loffensive Nivelle,et dont les familles attendent toujours une réhabilitation, na jamais été traité (en particulier lesfusillés des mutineries de mai et juin 1917).Nous laisserons aussi la parole à ceux qui sont hostiles à leur réhabilitation et qui ne considèrent pasces « fusillés pour l’exemple » comme des victimes.Aujourdhui lidée de réhabiliter les « fusillés de 14-18 » est défendue tant par les historiens que parle monde politique. Ainsi, le livre du Général André BACH, ancien chef du SHAT (ServiceHistorique de lArmée de Terre), Fusillés pour lexemple 14-15 (Éditions Tallandier) ainsi que l’ouvragedun autre historien, Nicolas OFFENSTADT (Les fusillés de la Grande Guerre et la mémoire collective,Éditions Odile Jacob) constituent-t-ils des témoignages dune grande richesse sur ce dossier.« Le temps est venu dhonorer tous les morts du conflit, sans exception » affirme dans son discoursdu 11 novembre 2008 à Douaumont, le président Nicolas SARKOZY. Cette déclaration incite lesfamilles des fusillés à réactiver leurs recherches. Elle les autorise à consulter les archives des conseilsde guerre auparavant tenues secrètes. Elle stimule les associations qui relancent leur lobbying deréhabilitation. Lespoir est revenu, la honte a disparu mais la frustration est toujourslà. Il y a donc un réel intérêt contemporain à réaliser ce film. Le combat desfamilles, le travail récent des historiens, la mise en place de la commission deréhabilitation sont autant d’éléments forts qui affirment la pertinence de cedocumentaire.Journaliste indépendant, passionné par l’histoire, Michel BRUNET rassemble livres et documentssur la Grande Guerre depuis de nombreuses années.Il s’intéresse aux « fusillés pour lexemple » alors qu’il lit, plus jeune, les cartes postales envoyées dufront par son grand-père pendant la bataille de Verdun. Ce dernier se voulait rassurant à chaqueligne, mais la peur y était omniprésente. Effectuer la corvée de soupe sous le feu de lennemi, onavait, au plus fort des combats, que très peu de chances de sen sortir... Néanmoins il la fait et il enest revenu. Il a été décoré. Il nen a jamais parlé. Sil avait refusé les corvées il aurait sans doute étéRéalisation : Michel Brunet et Dominique Hennequin - Production : Nomades TV - avril 2011 9 ⏐ page
  • 9.  sanctionné... Un jour d’été en rentrant de Lorraine vers Paris, Michel BRUNET s’est arrêté près deVerdun, à Fleury devant Douaumont où deux sous-lieutenants ont été fusillés pour sêtre repliésaprès avoir perdu 165 hommes sur les 200 que comptaient leurs bataillons. Et lidée de retracer dansun documentaire la destinée des ces soldats qui avaient reculé sans se déshonorer sest imposée unpeu plus.D’origine lorraine, Dominique HENNEQUIN ressent toujours une émotion particulière en visitantles villages détruits de Verdun ou l’Ossuaire de Douaumont. Il a souvent évoqué les épisodes de laGrande Guerre dans des reportages réalisés lorsqu’il était correspondant d’une grande chaînenationale dans la région.Les deux réalisateurs s’associent pour réaliser un véritable documentaire d’enquête. Ils souhaitentfaire un film vivant, incarné et apporter de nouvelles pièces au dossier de la réhabilitation des poiluscondamnés à mort.Réalisation : Michel Brunet et Dominique Hennequin - Production : Nomades TV - avril 2011 10 ⏐ page
  • 10.  N OTE DE RÉALISATIONLa guerre de 1914-1918 a nourri un important fonds documentaire. Tous les épisodes de la GrandeGuerre ont été racontés sous des formes le plus souvent historiques, alternant images d’archives ettémoignages de spécialistes.Malgré les centaines de documentaires réalisés, tout n’a pas été dit sur la Première guerre mondialeet le combat pour la réhabilitation des fusillés est toujours d’actualité. Nous ne souhaitons donc pas réaliser un « film d’archives » de plus. Nous allons partir de la réalité contemporaine : le combat des familles, les investigations des historiens dans les caves du Fort de Vincennes ou dans les cimetières de l’Oise et de la Somme, le travail concret de la commission de réhabilitation. Nous éviterons donc les entretiens posés, privilégiant les questions dans l’action (le Général BACH consultant descartons d’archives, Jean-Claude FLAMENT visitant les cimetières de la Somme…). Dans un filmincarné, nous montrerons que 14-18 est plus que jamais un sujet d’actualité.Nous allons mener une enquête et rechercher dans les sites des champs de bataille, les cimetières, lesarchives du Fort de Vincennes, les traces de ce passé finalement assez proche à l’échelle del’Histoire.Traitement des images d’archiveDes archives cependant, il y en aura. Elles seront animées ou photographiques.Nous espérons pouvoir bénéficier du fonds déposé au Centre Image Lorraine (ancien CRI) deNancy. Ce fonds bénéficie d’une aide du Ministère de la Culture pour être numérisé en 2011. Ilcomprend notamment un reportage photographique complet et inédit sur une exécution. Noussouhaitons utiliser l’infographie (cinéma 4D, After Effect) pour faire vivre ces photos et leur donnerun aspect dynamique et en relief en décomposant l’image.Les images animées (Fonds d’archives américaines NARA - ERE production, ECPAD…)pourraient être numérisées et bénéficier d’une nouvelle technologie (Flashscan) permettant d’éviterle défilement à perforation en offrant une qualité nouvelle. L’image ne saute plus et offre lapossibilité de revisiter les archives d’une façon originale donnant l’impression d’un premiervisionnage. Une fraîcheur inédite qui nous rapprochera plus facilement de la réalité.Réalisation : Michel Brunet et Dominique Hennequin - Production : Nomades TV - avril 2011 11 ⏐ page
  • 11.  Les carnets de Louis BARTHAS apporteront un témoignage exceptionnel du front. Ses cartespostales notamment, envoyées à sa famille, témoignent avec une précision rare de l’humeur destranchées. Nous les traiterons selon la technique utilisée pour les photos de façon à les rendrevivantes.MusiqueLa musique jouera un rôle important. La « chanson de Craonne » en sera la mélodie « fil rouge », lerefrain décliné du film.Interprétée par un groupe contemporain et adaptée dans différentes versions, cette chanson qui amarqué son époque et reste longtemps en mémoire lorsqu’on l’écoute, fera le lien entre 14-18 etnotre enquête contemporaine.Réalisation : Michel Brunet et Dominique Hennequin - Production : Nomades TV - avril 2011 12 ⏐ page
  • 12.  N OTE D ’ INTENTION DU PRODUCTEUR DÉLÉGUÉL’histoire des « fusillés pour l’exemple » touche, au plus profond de nous. En effet, commentimaginer l’horreur suprême : un commandement qui fait tirer contre son camps... Ce n’estmalheureusement pas un cas unique de contradiction pour la lutte de pouvoir ou de territoire, notrehistoire mondiale est pleine de guerres civiles, dictatures sanguinaires ou autres conflits insensés.Cette histoire nous touche aussi car elle trouve un écho aujourd’hui encore. Comment ne pas êtresensible à la démarche de ces familles ou de ces bénévoles qui tentent de redonner de la dignité àdes hommes morts il y a quasiment un siècle ? Comment ne pas plaindre ces lignées familiales quisubissent la sournoiserie de la honte et du tabou, alors que leur aïeul a été la victime d’une injusticefatale ? Comment ne pas avoir une pensée compatissante pour celles, moins informées, qui sontdans l’incertitude et qui portent ce fardeau déshonorant ?Faut-il simplement accepter le fait que la guerre est sale ou doit-on, cent ans après, encore élever lavoix ?L’objectif du film se trouve là : rappeler le contexte pour mieux comprendre lesenjeux qui se jouent aujourd’hui, au niveau de la cellule familiale, des communes qui abritentles monuments aux morts, mais aussi à l’échelon le plus élevé, celui de la Nation, qui devrademander pardon si elle décide de réhabiliter ces fusillés-là.L’approche que proposent Michel BRUNET et Dominique HENNEQUIN est vivante, ancréedans le réel d’aujourd’hui. En réalisant ce documentaire d’enquête ils entraînent le spectateur dansles méandres de son histoire, mais aussi dans les tourments de l’âme humaine.Et puisqu’ils évoquent des histoires familiales, souvent tenues secrètes, toujours vécuesdouloureusement, ils souhaitent rendre un film sensible, traité avec tact.Ce documentaire énonce un point de vue sur un fait historique encore lourd deconséquences. Nous espérons qu’il contribuera à susciter le débat.Nous sommes heureux de prolonger notre collaboration avec Michel BRUNET. Nous apprécionssa rigueur et sa ténacité de réalisateur de reportages, nous pensons qu’il apporte beaucoup à cedocumentaire. Avec Dominique HENNEQUIN, lui aussi amateur d’histoire, ils croisent leur regardet leur sensibilité.Réalisation : Michel Brunet et Dominique Hennequin - Production : Nomades TV - avril 2011 13 ⏐ page
  • 13.  Le film qu’ils proposent s’inscrit parfaitement dans notre ligne éditoriale quiconsiste à (s’)interroger pour mieux comprendre les grands enjeux de société et,quand cela est nécessaire, dénoncer les injustices.France Télévisions, par le biais de France 3 Picardie et France 3 Languedoc-Roussilon, aimmédiatement adhéré à notre projet et nous en sommes très heureux.Le film sera tourné en grande partie dans ces deux régions, mais il devra trouver un écho au niveaunational. Notre vœu est qu’il soit diffusé le plus largement afin qu’il réponde à sa vocationd’information et prolongateur de débat.Étant lorrains, nous saurons aussi exploiter et mettre en valeur toutes les - nombreuses - ressourcesde notre territoire. Qu’il s’agisse de l’utilisation de fonds documentaires ou de production et depostproduction, et au moment où en Lorraine se dessine la création prochaine d’un Pôle image,nous mettrons tout en œuvre pour continuer à développer l’activité audiovisuelle dans notre région. Alexandra CRAVOTTA Directrice de productionRéalisation : Michel Brunet et Dominique Hennequin - Production : Nomades TV - avril 2011 14 ⏐ page
  • 14.  L ES PERSONNAGES DU FILM Général André BACH Jean-Jacques BECKER Ancien chef du Service Président du Mémorial de Historique de lArmée de Péronne, Professeur et Terre. Auteur de « Fusillés historien. Chargé de la pour lexemple 14-15 » Mission Commémoration du (Éditions Tallandier, 2003). 90ème anniversaire de lArmistice de 1918. Rémy CAZALS Professeur d’histoire Marc BLONDEL contemporaine à Président de la Fédération l’Université de Toulouse, Française de la Libre Pensée. membre du collectif de recherche international et de débat sur la guerre de 14-18 L’un des Sénateurs ayant proposé un projet de loi pour la réhabilitation des fusillés pour Nicolas OFFENSTADT l’exemple. Professeur et Historien. Auteur de « Les fusillés de la Georges BARTHAS, petit-fils de Louis Grande Guerre et la mémoire BARTHAS, auteur des carnets, témoignage collective » (O. Jacob, 2002). essentiel de la vie des tranchées. Jean-Claude FLAMENT Célestin DAUPHIN petit-neveu de Joseph Retraité, historien amateur. DAUPHIN, habitant la commune de Tauves dans Enquête dans les cimetières le Puy de Dôme. de l’Oise pour retrouver la trace des fusillés. Fernand URLANDE, Maire de Tauves. La petite-fille de Jean-Michel SURAUD, fusillé à Verderonne dans l’Oise.Réalisation : Michel Brunet et Dominique Hennequin - Production : Nomades TV - avril 2011 15 ⏐ page
  • 15.  L E F ILMFort de Vincennes, Archives du Service Historique des ArméesUne introduction évoque le contexte historique, point de départ du film.Travelling avant. La caméra avance lentement au milieu des rayonnages du Fort de Vincennes. Depart et d’autres, des étagères chargées de cartons d’archivages. Fondu en surexposition. Le travellingavance au milieu de la tranchée. Toujours de part et d’autres, des poilus attendent de monter aucombat.Le commentaire raconte : Septembre 1914. Dès le début de loffensiveallemande le Général JOFFRE obtient du gouvernement une justice dexception.La rapidité de lattaque a surpris ses troupes et JOFFRE craint un nouveaurecul. Le Général juge les exécutions « absolument indispensables » pour renforcerlardeur des poilus et faire régner un climat de terreur au sein des régiments.(Images des champs de bataille de la Somme aujourd’hui).Retour en fondu dans les rayonnages du Fort de Vincennes. La caméra avance jusqu’à un hommequi approche d’une étagère. Cet homme est le Général André BACH, ancien chef du Service Historique de lArmée de Terre (SHAT). Il consulte des dossiers. On peut y lire une sentence : « Condamné à mort ». Au nom de la justice militaire, les soldats convaincus de manque de combativité sont passés par les armes à lissue des délibérations des conseils de guerre. Dès les premiers jours de la guerre, le Ministre de la Défense fait abolir les possibilités de recours en grâce et en révision. Il institue ensuite les conseils de guerre spéciaux (le Général du régiment assisté de deux officiers constituent le Tribunal). En cas de condamnation à mort, la sentence est exécutée dans les 24 heures, la plupart du temps, le lendemain matin. (Photos d’exécutions - CIL Lorraine).Le peloton dexécution est composé de six soldats issus du même régiment que le condamné. Certains soldats refusent detirer. Ils sont à leur tour condamnés et envoyés au bagne dans les colonies.Qui étaient ces condamnés et quelle est leur histoire ? Étaient-ils tous des insoumisou des lâches ou simplement des soldats épuisés par la guerre, victimes d’un systèmeinjuste qui condamnait parfois des innocents tirés au sort au peloton d’exécution ?Réalisation : Michel Brunet et Dominique Hennequin - Production : Nomades TV - avril 2011 16 ⏐ page
  • 16.   En illustration la stèle de Vingré (Aisne) en hommage aux six soldats fusillés du 298ème RI le 4 décembre 1914 pour abandon de poste en présence de lennemi. On peut y lire linscription suivante : « Hommage des anciens combattants du 298ème RI à la mémoire de leurs camarades morts innocents, victimes de lexemple ».Sur fond de paysage de l’Aisne, un groupe de musiciens entame la chanson de Craonne :« Adieu la vie, adieu lamour, adieu toutes les femmes, cest bien fini, cest pour toujours, cest à Craonne sur le plateauquon doit laisser sa peau… »TITRE du filmFort de Vincennes, Archives du Service Historique des ArméesLe Général BACH ouvre un nouveau carton. Il situe le lieu : « Ici, vous trouvez 10 300 cartons. Danstoute ma carrière, j’en ai consulté 95%. Ces archives ont été ouvertes exceptionnellement à loccasion du 80èmeanniversaire de lArmistice de 1918 ». Il emporte le carton qu’il vient d’ouvrir. Dans la salle des archives,il l’ouvre et consulte un dossier, celui de Jean-Julien CHAPELANT, un cas célèbre de fusillé. Il nousexplique : « On assiste rapidement à des procès pour refus dobéissance devant lennemi etabandon de poste (désertion). Ici, vous avez le dossier de Jean-Julien CHAPELANT. Sonhistoire a été évoquée dans le film de Stanley Kubrick « Les sentiers de la gloire ». Ce film aété interdit en France jusquen 1972 pour atteinte au moral des armées. »Court extrait du film : on prépare l’exécution. On apporte un brancard puison l’installe verticalement contre un arbre.Secteur du bois des Loges au Nord de Roye (Somme), à laubePaysage et fondu vers des photos sépias qui se décomposent en relief.Nicolas OFFENSTADT, historien, raconte le 7 octobre 1914 : « Les soldats français sont épuisés aprèssept jours et sept nuits de combats et de bombardements ininterrompus. La 3ème compagnie du 98ème RI est encerclée parles Allemands, qui ne sont plus quà trente mètres des positions françaises. Le commandant de la compagnie est tué. Ilny a plus de munitions. Des hommes se rendent. Un mitrailleur parti chercher des renforts est abattu. Le sous-lieutenant Jean-Julien CHAPELANT, Chef de la section de mitrailleuses prend en charge les survivants. Avec quatresoldats, il rejoint les lignes allemandes (selon certains témoins entendus 20 ans plus tard par la Cour spéciale de justicemilitaire il aurait été capturé et ne se serait pas rendu). Mais un officier allemand lui ordonne de retourner vers lespositions françaises pour convaincre les poilus de se constituer prisonniers. Agitant un mouchoir blanc, il fait quelquesRéalisation : Michel Brunet et Dominique Hennequin - Production : Nomades TV - avril 2011 17 ⏐ page
  • 17.  pas et tombe entre les lignes, la jambe traversée par un tir français. Pendant deux jours et deux nuits, le sous-lieutenantChapelant va rester sans secours sur le champ de bataille. Les Allemands ne vont pas le chercher. »Le Général BACH au fort de Vincennes complète : « Le 9 octobre, il est ramené difficilement dans les lignes françaises. Le 10 octobre, Jean-Julien CHAPELANT est traduit devant le conseil de guerre spécial du 98ème RI qui le condamne à mort pour « capitulation en rase campagne ». Son chef de corps lui propose un revolver « pour se tuer lui-même et éviter la honte du peloton dexécution ». Il refuse. « Je ne suis pas un lâche, on le saura plus tard ». On attache son brancard dressé contre un pommier pour le fusiller. Court extrait des « Sentiers de la gloire ».Le père de Jean-Julien CHAPELANT a passé toute sa vie à tenter de le réhabiliter. Aidé de la Liguedes Droits de lHomme, il espère vainement casser le jugement. Le 6 juillet 1933, la Cour spécialede justice militaire confirme la décision du conseil de guerre doctobre 1914 en ces termes : « Il étaitdu devoir des chefs de tenir jusquau bout, même à larme blanche ». Le nom de CHAPELANT estgravé sur le monument aux morts de son village à Ampuis (Rhône) mais le sous-lieutenant demeurecondamné devant lhistoire.Paris Vème arrondissementMarc BLONDEL, Président de la Fédération Française de la Libre Pensée témoigne. Il constateque malgré les combats menés depuis des décennies, lesréhabilitations sont exceptionnelles. Pour se souvenir des fusillés,les libre penseurs se réunissent chaque 11 novembre (Images infosFrance 3). Le rassemblement le plus important a lieu devant lemonument aux morts de Gentioux (Creuse). Dans ce village demoins de 300 habitants, 54 hommes sont morts à la guerre lors dela mobilisation. Au pied du monument, un écolier désigne, lepoing serré, linscription « maudite soit la guerre ».Un libre penseur prend la parole parmi le groupe et entame la lecture de la lettre de MarcelGARRIGUES à sa famille. Ce poilu, tué au combat en 1915 évoque dans son courrier uneexécution à laquelle il a participé : « Le crime était accompli… Puis à vous pauvres, on vous dit que le moral estexcellent mais on ne vous dit pas que chaque jour et presque dans chaque division y en a plus de vingt qui passent leconseil de guerre… ».Peyriac-Minervois dans l’AudeDans le cimetière, au milieu des vignes, Rémy CAZALS, historien, cherche la tombe de LouisBARTHAS. Le poilu enterré là n’a pas été fusillé mais il a bien failli l’être. Il nous expliqueRéalisation : Michel Brunet et Dominique Hennequin - Production : Nomades TV - avril 2011 18 ⏐ page
  • 18.  pourquoi : « Au printemps de 1916, son colonel lui ordonne de faire effectuer une corvée en plein jour à la vue desmitrailleurs allemands mais Barthas ne veut pas exposer ses hommes de « lescouade minervoise » inutilement. Il est« cassé » de son grade de caporal pour « refus dobéissance » et se voit déjà tomber sous les balles du peloton dexécution.Ce ne sera pas le cas et plus tard, il retrouve ses gallons et participe à la bataille de Verdun. »Rémy CAZALS nous rappelle le contexte de l’époque : « En 1914,il sagit surtout de comportements individuels. La majorité des condamnés àmort se sont volontairement mutilés un pied ou une main : laisser traîner samain au-dessus de la tranchée était passible du conseil de guerre. En 1915 et1916, on assiste à des procès pour « refus dobéissance devant lennemi » et« abandon de poste » (désertion). Les condamnations concernent à cet instant dela guerre des comportements collectifs et les exécutions reprennent en nombre en1917 avec la répression des mutineries (554 condamnations à mort et 49 exécutions). Citons pour exemple lesmutineries du Chemin des Dames en réaction à loffensive Nivelle au cours de laquelle 130 000 soldats sont tués endix jours. C’est aussi à cette époque qu’on assiste à des scènes de fraternisations avec l’ennemi. »Non loin du cimetière, la famille BARTHAS est réunie ce dimanche autour de la table familiale.Elle consulte les carnets de guerre de son arrière-grand-père Louis. Ces 19 carnets racontent laGrande Guerre et ses excès. Simple tonnelier, Louis BARTHAS a écrit de façon simple et directe saguerre dans les tranchées. Ce reportage sur le vif comme le faisait Albert Londres est exceptionnel.Il est illustré par des dessins. On revit du point de vue du simple poilu les offensives de 1915 sanspréparation d’artillerie, les fraternisations entre Français et Allemands et les mutineries de 1917. Louis BARTHAS note tout et révèle ce quon ne lit jamais dans les autres témoignages de la guerre de 14. Son petit-fils Georges BARTHAS témoigne : « Ce sont 19 cahiers décolier écrits à la plume et illustrés de cartes postales envoyées du front à ma famille. Le témoignage est remarquable, simple, direct, bien écrit. Mon aïeul a été ouvrier agricole puis tonnelier. Il était militant syndical, pacifiste et antimilitariste. Il fut mobilisé pendant quatre ans et demi comme caporal dans le 280ème RI de Narbonne surnommée « lescouade minervoise ». »Il ouvre les carnets et lit quelques extraits au fil des pages : « Attaquer coûte que coûte sans tenir compte des pertes. »« Si ta section navance pas on va lui tirer dessus. »« Souffrir stoïquement ou être broyé à la moindre tentative de révolte. »« Français et Allemands se regardèrent, virent quils étaient des hommes tous pareils, ils se sourirent, des proposRéalisation : Michel Brunet et Dominique Hennequin - Production : Nomades TV - avril 2011 19 ⏐ page
  • 19.  s’échangèrent, des mains se tendirent et sétreignirent, on se partagea le tabac, le jus et le pinard. »« Je vous y prend, vous serez fusillé demain, quon arrête cet homme ! »« Le 30 mai 1917 à midi il y eut une réunion pour constituer un « soviet » à lexemple des Russes. »A partir du reportage photographique complet d’une exécution conservée au CIL de Nancy, nousévoquons les condamnations à mort en série. Tous les poilus n’auront pas en effet la chance deLouis BARTHAS. Certains seront mêmes tirés au sort pour passer devant le peloton d’exécution.Comme nous l’explique Nicolas OFFENSTADT, les motifs de condamnation à mort sont parfoisridicules : François-Marie LAURENT, accusé de sêtre coupé une phalange pour échapper auxcombats alors quil avait été blessé, ne peut se défendre devant le conseil de guerre. Il ne parle que lebreton. Il est fusillé le 19 octobre 1914 à Châlons-sur-Marne. Augustin SANTERRE avait froid auxpieds. Pour se réchauffer, il frappe ses galoches lune contre lautre. Son lieutenant lui ordonnedarrêter. Comme il refuse, il le tue dune balle dans la tête (30 septembre 1914 à Neuville dansl’Aisne).Verneuil en Halatte dans l’OiseJean-Claude FLAMENT, 70 ans, est à sa table de travail. De nombreux documents (journaux demarche des régiments, comptes-rendus des conseils de guerre) sont installés sur le bureau.Cet historien est amateur de la Première guerre mondiale. Il vit sur le site des grandes batailles de1916 et visite systématiquement tous les cimetières, en repérant les tombes suspectes, en se rendant aux archives municipales, départementales, ou de la Défense pour y rechercher la trace des fusillés. « Il y a eu un nombre indéterminé dexécutions pour des raisons futiles. Signalons aussi de nombreuses exécutions sommaires notamment dans les troupes coloniales, rappelle-t-il. Le 15 décembre 1914 par exemple, un ordre écrit autorise les officiers à faire fusiller dix tirailleurs d’Afrique du Nord tirés au sort en cas dindiscipline du régiment (Front de lYser). Il existe très peu de documents darchives connus sur les exécutions sommaires au sein des troupes coloniales ».Il nous rappelle la réalité des exécutions : « Il y a eu 675 soldatsfusillés sous luniforme français dont 620 soldats français ; 2 500condamnations à mort ont été prononcées par les conseils de guerre ; 60%des exécutions ont eu lieu en 14 et 15. La répression des mutineries duChemin des Dames sest traduite par 554 condamnations à mort dont 49furent exécutées en 1917.Réalisation : Michel Brunet et Dominique Hennequin - Production : Nomades TV - avril 2011 20 ⏐ page
  • 20.  1 800 condamnations à mort ont été commuées en peines de travaux forcés (déportations vers les bagnes et chantierscoloniaux) à Cayenne, au Maroc, en Algérie, à Madagascar. La plupart des poilus déportés sont morts au bagne dansdes conditions que leurs familles ignorent encore. Les tribunaux militaires ont prononcé 140 000 décisions. »Jean-Claude FLAMENT sest fixé comme objectif de faire entrer dans les mémoires lareconnaissance des mutins en tant que soldats morts pour la France. « Toutes les familles ont le droit desavoir où repose leur soldat, cest un devoir de mémoire», affirme-t-il.Ce retraité mène de véritables investigations. Récemment il sest « mis » sur la piste de trois soldatsfusillés après une mutinerie au mois daoût 1916. Il vient de recevoir un document du GénéralBACH et l’appelle pour le remercier. Dans l’échange, le Général précise qu’il faut chercher du côtéde Verderonne où sest tenu un conseil de guerre. Jean-Claude FLAMENT lit consciencieusement les documents. Ce sont des rapports du conseil de guerre. Il nous explique le contexte : « Il s’agit de la 2ème Division dInfanterie Coloniale. C’est l’été. Après plusieurs jours et nuits doffensive ininterrompue, 47 hommes quittent leur tranchée, épuisés et vont se rafraîchir dans le canal de la Somme tout proche. Ils passent en conseil de guerre pour abandon de poste. Ilfaut faire des exemples. Le 7 juillet, trois soldats du 8ème RIC (CHEVESTRIER, LORHO et SURAUD) sont jugéset fusillés à Verderonne sur la place du village. »Verderonne dans l’OiseL’historien pénètre dans la mairie de Verderonne. Il demande le cadastre et souhaite étudier le plandu cimetière. Le plan est précis. Dans un coin, on a ajouté une mention au crayon de papiersignalant la sépulture de trois fusillés.Au cimetière, il retrouve le lieu de la sépulture mais il n’y a aucune tombe, pas même une plaque.Les fusillés ont été mis en terre puis oubliés par le temps. La honte et l’oubli, une nouvelle fois.Dépêché sur les lieux, le Maire du village ne savait même pas quil y avait là des poilus passés par lesarmes. Il s’engage à demander au Conseil municipal d’édifier une tombe et d’organiser une céré-monie.Tauves, Puy de DômeNous nous rendons chez Célestin DAUPHIN. L’homme apporte un important dossieradministratif. Des pièces officielles, des lettres aux Ministres et aux Présidents de la RépubliqueRéalisation : Michel Brunet et Dominique Hennequin - Production : Nomades TV - avril 2011 21 ⏐ page
  • 21.  successifs ont été soigneusement classées dans des pochettes en plastique.Petit-neveu de Joseph DAUPHIN, Célestin mène depuis des années lecombat de sa famille pour la réhabilitation de son aïeul, fusillé en 1917. Ilnous dit pourquoi ce combat a un sens, près de cent ans après sonexécution.En partant des documents de Célestin et de la photo de son aïeul, nousévoquons le destin tragique de ce poilu. Comme nous l’explique son petit-neveu, Joseph DAUPHIN était soldat du 70ème bataillon de chasseurs à Hommage à Joseph  Dauphin  pied. Il a été condamné et exécuté pour « propos séditieux » à Ventelaydans l’Aisne en 1917. Ivre, il avait chanté trop fort « jai deux grands bœufs dans mon étable » puisil avait tiré deux coups de fusil en l’air. Pourtant, Joseph DAUPHIN n’était pas un mauvais soldat.Il avait été décoré à plusieurs reprises pour conduite héroïque au combat. François BRUGIERE,son camarade de régiment, refuse de faire partie du peloton dexécution : « Si on moblige à tirer, la ballene sera pas pour Dauphin mais pour le commandant du peloton ». Condamné pour désobéissance etinsubordination, il est déporté en Algérie où il mourra dans un pénitencier des suites de mauvaistraitements comme 2 000 autres soldats.Aidé de Fernand URLANDE, le Maire de Tauves qui a fait inscrire ce fils du village sur lemonument aux morts, Célestin DAUPHIN mène le combat pour la réhabilitation. Mais en vain. À la différence de la Grande-Bretagne qui réhabilite en 2008 par voie législative 306 fusillés. « Les fusillés nétaient pas des lâches mais des combattants rendus fous par la souffrance », écrira le rapporteur de la loi sur la réhabilitation des fusillés de la Grande Guerre au Parlement britannique.Le 11 novembre 1998, Lionel JOSPIN, alors Premier Ministre déclare à Craonne (Aisne), lors du80ème anniversaire de lArmistice : « Il est temps de réintégrer pleinement ces fusillés pour lexemple dans notremémoire nationale ». (images d’archives France 3)Lionel JOSPIN évoquait alors la mémoire des fusillés du Chemin des Dames (454 condamnations àmort, 49 poilus fusillés pour lâcheté ou indiscipline). Ces propos sont vivement critiqués par JacquesCHIRAC et Phillipe SEGUIN, alors Président du RPR.Nicolas SARKOZY relance le débat le 11 novembre 2008 à Douaumont en fixant une orientationforte : « Le temps est venu dhonorer tous les morts du conflit sans exception ». (images d’archives France 3)Le 16 Avril 2008 le Conseil Général de lAisne se prononce solennellement pour que les autoritésRéalisation : Michel Brunet et Dominique Hennequin - Production : Nomades TV - avril 2011 22 ⏐ page
  • 22.  françaises reconnaissent les soldats fusillés comme des soldats à part entière afin que leurs nomssoient inscrits sur les monuments aux morts.Le Département de lAisne a fait des fusillés de Vingré des citoyens dhonneur du département.(images de paysages de l’Aisne et Monument de Vingré)Sénat, Palais du Luxembourg, ParisEn décembre 2008, 24 sénateurs ont élaboré un projet de loi relative à la réhabilitation collectivedes fusillés pour l’exemple de 1914-1918 (annexe au procès verbal de la séance du 19 décembre2008). Comme nous l’explique un Sénateur qui a participé à ce projet, larticle unique de la cetteproposition était le suivant : « Les « fusillés pour lexemple » de la Première guerre mondiale font lobjet duneréhabilitation générale et collective et en conséquence la Nation exprime officiellement sa demande de pardon à leursfamilles et à la population du pays tout entier. Leurs noms sont portés sur les monuments aux morts de la guerre de 14-18 et la mention « mort pour la France » leur est accordée ». Le projet de loi na jamais abouti.Dans le même temps le Secrétaire dÉtat à la Défense, Jean Marie BOCKEL nomme unecommission pilotée par le service historique de la Défense, chargée détudier les dossiers « au cas parcas »...Ministère de la Défense, ParisCette commission se réunit régulièrement pour évoquer les différents dossiers en cours. Nousassistons à l’une de ses séances. Le Président nous en explique le principe : « Il appartient à cettecommission composée dhistoriens, de juristes, dassociations et de représentants du Service Historique de la Défense deproposer lannulation des condamnations à la Cour de Cassation, au cas par cas en recommandant que les fusilléssoient reconnus « morts pour la France » afin que leurs noms puissent être gravés sur les plaquesdes monuments aux morts pour le centenaire de la Guerre de 14-18 ».Nous interrogeons la commission. Pourquoi Joseph DAUPHIN, poilu médailléet condamné pour une raison futile n’a-t-il pas encore été réhabilité ? Quand yaura-t-il une décision pour l’ensemble des condamnés pour l’exemple ?Parmi les historiens, la réhabilitation collective ne fait pas lunanimité.Ainsi, Jean-Jacques BECKER, Président dhonneur du Centre International de Recherche delHistorial de la Grande Guerre de Péronne napprouve pas cette idée. Selon lui, il y a eu parmi lesfusillés des « droits communs » et il estime que lexpression « pour lexemple » est inappropriée dansla mesure où les jugements ont été prononcés en fonction du code militaire.Réalisation : Michel Brunet et Dominique Hennequin - Production : Nomades TV - avril 2011 23 ⏐ page
  • 23.  Un exemple récent montre que le dossier est toujours « brûlant ». Ainsi, le 4 novembre 2009, unestèle rendant hommage à deux sous-lieutenants fusillés sans jugement le 11 juin 1916 est inauguréeà Fleury devant Douaumont. Réhabilités en 1926, Pierre MILLANT et Henri HERDUIN étaientaccusés davoir quitté le champ de bataille sans ordre.Pour Serge BARCELLINI, Contrôleur général des armées et Directeur de la mission Histoire auConseil Général de la Meuse, « leur dossier est inattaquable, ce ne sont ni des mutins ni des déserteurs et ilsnauraient jamais dû être fusillés ». Le Conseil Général décide de leur rendre hommage en édifiant unestèle à leur mémoire. Mais le Secrétaire dÉtat aux Anciens Combattants, Hubert FALCO, nassistepas à la cérémonie, pas plus que le Maire de Verdun, Arsène LUX qui déclare : « Ce genre dinitiativerisque daffecter le moral des Armées actuellement engagées en Afghanistan ». Et dajouter : « De nombreuxcombattants de 14 ont été tués en partant à lassaut et nont jamais été mis en avant, quelles vont être les réactions deleurs familles ? » (Images France 3 et tournage sur le site de la stèle).Verderonne dans l’OiseJean-Claude FLAMENT a retrouvé lune des familles enterrées à Verderonne. La petite-fille deJean-Michel SURAUD, âgée aujourdhui de 70 ans découvre les documents recensés par l’historien.Elle ne connaissait pas l’histoire de son aïeul. Elle imagine que ce secret de famille embarrassant n’apas franchi les générations.Le Maire de la commune a fait couler une dalle pour offrir une tombe aux fusillés. Des ouvriersmunicipaux posent la plaque qui porte les trois noms : Louis CHEVESTRIER, Justin LORHO etJean-Michel SURAUD, l’arrière grand-père que découvre aujourd’hui, avec beaucoup d’émotionsa petite-fille.Une petite cérémonie officielle est organisée. Le Maire, puis la petite-fille, Jean-Claude FLAMENTprennent la parole et rendent hommage aux poilus fusillés.En alternance avec la cérémonie, Célestin DAUPHIN, le Général BACH, Georges BARTHASconcluent le film.La cérémonie est terminée, la délégation quitte le cimetière. La petite-fille de Jean-MichelSURAUD reste seule. Elle dépose un petit bouquet de fleurs bleues, blanches et rouges sur la tombede son aïeul. Un employé municipal referme la porte du cimetière la laissant dans son recueillementet ses prières.Réalisation : Michel Brunet et Dominique Hennequin - Production : Nomades TV - avril 2011 24 ⏐ page
  • 24.  F ICHE TECHNIQUEType de film DocumentaireDurée 52 minutesFormat 16/9Support de tournage XDCam HDPLANNINGDéveloppement printemps 2011Tournage mai à juillet 2011Post-production septembre 2011Livraison octobre 2011PRINCIPAUX COLLABORATEURSÉcriture et Réalisation Michel BRUNET, Dominique HENNEQUINTournage France 3Monteur Alain RIESMonteur son et mixeur Yvon KRUPPProducteur délégué Nomades TVDirectrice de production Alexandra CRAVOTTAAssistante de production Anaïs KLEINPRINTZAdministration de production Charlotte HENNEQUINSITES DE TOURNAGECraonne (Aisne) - Chemin des DamesFontenoy (Aisne)Vingré (Aisne)Ventelay (Aisne)Souain (Aisne)Verderonne (Oise)Verneuil en Halatte (Oise)Historial de la Grande Guerre de Péronne (Somme)Beauvraignes (Somme)Château des Loges (Somme)Verdun (Meuse) - Fleury devant DouaumontTauves (Puy de Dôme)Cimetière de Peyriac-Minervois dans l’AudeFort de Vincennes (Archives du Service Historique de lArmée de Terre)Sénat, Palais du Luxembourg - ParisMinistère de la Défense- ParisRéalisation : Michel Brunet et Dominique Hennequin - Production : Nomades TV - avril 2011 25 ⏐ page
  • 25.  B IOGRAPHIE DE M ICHEL B RUNET 2009-2010 : Journaliste indépendant 1991-2008 : Chef de Service - Rédacteur en Chef,TF1 1988-1991 : Reporter Correspondant - Toulouse, TF1 1973-1988 : Reporter et présentateur à Sud Radio, Europe 1, Radio France, RMCRéalisation de magazines : Lenfer du "périph" (Nomades / TF1, 2010 - Reportages) Mayotte, lîle aux 8000 bébés (Nomades / TF1, 2009 - Reportages) Aveyron connection (TF1, 2005 - Reportages) Le chèque de la haine (TF1, 2002 - Reportages) Un si joli stade (TF1, 1998) Les motards de la loi (TF1, 1997 - Droit de savoir)Réalisation : Michel Brunet et Dominique Hennequin - Production : Nomades TV - avril 2011 26 ⏐ page
  • 26.  B IOGRAPHIE DE D OMINIQUE H ENNEQUINRéalisateur et producteur, Dominique Hennequin a été correspondantrégional de TF1 pendant une dizaine d’années. Attiré par les formatslongs, il réalise des reportages pour les magazines d’information et desfilms documentaires diffusés sur les grands médias français (TF1, M6,France 2, France 3, ARTE, TV5 Monde…).Irak, Afrique, Corée du Nord, Dominique Hennequin a voyagé dans lemonde entier, privilégiant toujours dans son traitement l’aspect humain. Passionné par la nature et les ques-tions d’environnement, il réalise plusieurs documentaires primés dans des festivals.Dominique Hennequin a par ailleurs produit plusieurs documentaires touchant aux domaines de l’actualité,de l’histoire, du patrimoine, de l’art et de la nature. Dominique Hennequin est marié et père de trois enfants.Parmi sa filmographie récente 2011 Irak, la paix ou le chaos Documentaire 52’ pour Public sénat, Reportage 26’ pour ARTE 2010 URANIUM , l’héritage empoisonné Documentaire, PUBLIC Sénat-52’ 2009 ISLAY, dans le secret du whisky Documentaire, ARTE 52’ et 43’ 2008 Mon bout de Loire Documentaire, ARTE GEO- 52’ et 43’ 2007 L’Animal dans la ville Documentaire, Production Vidéoscop, Diffusion : Université de Nancy 2 / France 5 43’ L’homme qui aimait les requins Documentaire réalisé par Dominique Hennequin et Pascal Lorent Coproduction : Medienkontor/ARTEG.E.I.E/Nomades TV Primé au Festival de l’Oiseau et de la Nature-2007 2005 Corée du Nord : de l’autre côté du monde Documentaire, Coproduction Nomades/HIKARI/avec la participation de TV5 Monde DiffusionTV5 Monde, 52’ Bonobos, le dernier refuge Documentaire, Coproduction : Medienkontor/ARTE G.E.I.E /Nomades Diffusion ARTE 52’ Primé au Festival de l’oiseau et de la Nature/2006Réalisation : Michel Brunet et Dominique Hennequin - Production : Nomades TV - avril 2011 27 ⏐ page
  • 27.  B IOGRAPHIE DE N OMADES TVNOMADES TV a une vocation généraliste ouverte sur le monde.NOMADES TV part à la découverte des autres et raconte des histoires d’hommes au plus près de leur quo- tidien.NOMADES TV interpelle et enquête sur les grands enjeux de société, dénonce les dérives et les injustices, révèle la face cachée du monde.NOMADES TV filme la beauté de la planète, met en avant les initiatives citoyennes et accompagne les aventures humaines novatrices.NOMADES TV s’appuie sur une équipe de professionnels confirmés qui adhèrent au projet éditorial et par- tagent une volonté commune de contenu et de qualité.NOMADES TV produit et réalise des films documentaires pour les principaux diffuseurs français, européens et internationaux. Plusieurs de ses productions ont été primées dans des festivals reconnus.En production : Les Bleus de la mine Documentaire réalisé par Alain Chrétien Coproduction NOMADES TV/France Télévisions Pour un peu d’éternité Documentaire réalisé par Bruno Cohen Coproduction NOMADES TV/France TélévisionsParmi les productions récentes :2011 Irak, la paix ou le chaos ? Documentaire réalisé par Dominique Hennequin Coproduction NOMADES TV/PUBLIC SENAT/Arte GEIE 52’ et 26’2010 Uranium : l’héritage empoisonné Documentaire réalisé par Dominique Hennequin Coproduction NOMADES TV/PUBLIC SENAT 52’2009 ISLAY, dans le secret du whisky Documentaire réalisé par Dominique Hennequin ARTE - 52’ et 43’2007 L’homme qui aimait les requins Documentaire réalisé par Dominique Hennequin et Pascal Lorent Coproduction Medienkontor/ARTE G.E.I.E /Contrechamp/Nomades TV 52’ Primé au Festival de l’oiseau et de la Nature/20072006 Les deux Corées Documentaire réalisé par Dominique Hennequin Coproduction Nomades TV/HIKARI/avec la participation de TV5-Monde. 52’Réalisation : Michel Brunet et Dominique Hennequin - Production : Nomades TV - avril 2011 28 ⏐ page
  • 28.  A NNEXESPistes d’archivesReportage photographique d’une exécution : CIL Lorraine.Fonds d’images de 1914-1918 : NARA, Ere Production, ECPAD...Carnets de Louis BARTHAS (Famille BARTHAS).Monuments aux morts pacifiste dAniane, dOuveillan et de Clermont lHérault (Hérault).Monument aux morts de Vingré (Aisne) à la mémoire des six fusillés du 298ème RI.Monument aux morts de Royère de Vassivière (Creuse), à la mémoire du soldat Félix BAUDY(fusillé à Flirey- Meurthe et Moselle - avec quatre autres soldats du 63ème RI) et réhabilités par laCour spéciale de justice militaire en juin 1934. Sur le monument figure linscription suivante :« Maudite soit la guerre, maudits soient les bourreaux, Baudy nest pas un lâche mais un martyr ».Les réhabilitations en FranceLes six fusillés de Vingré (298ème RI), condamnés et exécutés pour « insoumission » dans l’Aisne en1914. Le caporal FLOCH, les soldats BLANCHARD, DURANTET, GAY, PETTELET,QUINAULT ont été réhabilités en 1921 par la Cour de Cassation.Les caporaux de Souain (336ème RI), condamnés et exécutés pour refus de bondir hors des tranchées(Marne - 1915). Les caporaux MAUPAS, LEFOULON, LECHAT et GIRARD ont été réhabilitéspar une Cour spéciale de justice en 1934.Appuyée par la Ligue des Droits de lHomme, la veuve de MAUPAS, institutrice, va faire de laréhabilitation des fusillés son combat. Elle y parviendra, non sans avoir subi de fortes pressions,notamment de son inspecteur dacadémie qui loblige à quitter son école. Lhistoire des caporaux deSouain a été traitée dans le téléfilm « La veuve Maupas » (Alain Moreau, France 2 - 2009).Les réhabilitations dans d’autres paysLItalie reconnaît 750 fusillés pour lexemple. La France 675. LAllemagne 48. Le Canada 25. LeRoyaume-Uni 306. La Nouvelle Zélande 5.En 2006, la Grande-Bretagne a réhabilité par voie législative ses 306 fusillés. La Nouvelle-Zélandeavait fait de même en 2000 et le Canada en 2001.Réalisation : Michel Brunet et Dominique Hennequin - Production : Nomades TV - avril 2011 29 ⏐ page
  • 29.   N° 148 SÉNAT SESSION ORDINAIRE DE 2008-2009 Annexe au procès-verbal de la séance du 19 décembre 2008Proposition de loirelative à la réhabilitation collective des fusillés pour lexemple de la guerre de 1914-1918,PRÉSENTÉEPar M. Guy FISCHER, Mmes Michelle DEMESSINE, Éliane ASSASSI, Marie-France BEAUFILS, M. MichelBILLOUT, Mmes Nicole BORVO COHEN-SEAT, Annie DAVID, M. Jean-Claude DANGLOT, Mme ÉvelyneDIDIER, M. Thierry FOUCAUD, Mmes Brigitte GONTHIER-MAURIN, Gélita HOARAU, MM. Robert HUE,Gérard LE CAM, Mmes Josiane MATHON-POINAT, Isabelle PASQUET, MM. Ivan RENAR, Jack RALITE,Mmes Mireille SCHURCH, Odette TERRADE, MM. Bernard VERA, Jean-François VOGUET, FrançoisAUTAIN et Jean-Luc MÉLENCHON,Sénateurs(Renvoyée à la commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées, sous réserve de laconstitution éventuelle dune commission spéciale dans les conditions prévues par le Règlement.)EXPOSÉ DES MOTIFSAu cours dun conflit dont tous les historiens saccordent à démontrer la sauvagerie, des soldats, plus tarddénommés les «fusillés pour lexemple», furent passés par les armes après des conseils de guerre improvi-sés et sommaires et sous des prétextes divers : sentinelle endormie, insulte à officier, battue en retraite sansautorisation, mutinerie, désertion...Selon les travaux les plus récents, le nombre des fusillés pour lexemple est évalué à plus de 600 pour plusde 2 500 condamnations à mort prononcées sur 140 000 jugements.Et ces études nintègrent pas, faute de documents archivés, les exécutions sommaires, impossibles à re-censer du fait de leur nature-même.Il est important de replacer ces faits dans le contexte dune guerre qui a marqué lentrée dans le massacrede masse : mobilisation de 70 millions dhommes dans le monde, 10 millions de morts, 20 millions de bles-sés, 640 000 veuves, 760 000 orphelins, 740 000 mutilés... ces chiffres ne traduisant pas, bien sûr, un trau-matisme à grande échelle dont les stigmates se voyaient déjà dans les tranchées.Sur un front qui nétait quun immense charnier, sous les obus et la mitraille, des hommes ont souffert, douté,ont eu peur ; daucuns ont refusé de partir à lassaut, de tuer à lépoque où le statut dobjecteur de conscien-ce nexistait pas, ou encore dobéir à des ordres donnés par des officiers incapables de protéger leurs hom-mes.Malgré les conditions exceptionnelles dans lesquelles ont agi - ou refusé dagir - ces hommes, souvent trèsjeunes, labsence de toute disposition de réhabilitation persiste à les faire considérer comme des lâches oudes traîtres, flétrissant ainsi leur mémoire et jetant lopprobre sur leurs descendants.Malgré un mouvement pour leur réhabilitation qui débuta dès la fin de la première guerre mondiale, seulesquelques réhabilitations isolées furent obtenues.Depuis maintenant quatre-vingt-dix ans, des associations poursuivent et prolongent les actions diversementengagées sur le plan individuel par les familles.Avec elles, les auteurs de cette proposition de loi estiment quil est plus que temps de mettre un terme à untel déni et de réunir enfin en une seule et même mémoire apaisée tous ceux qui, durant cette guerre, sontmorts pour la France.Le 11 novembre 2008, les paroles prononcées par le Président de la République à la Nécropole Nationalede Douaumont ont traduit lexacte vérité de ce qui sest passé dans lhorreur des tranchées et que plus au-cun historien sérieux ne conteste.Aujourdhui, pour concrétiser ces propos, il ne sagit pas de rouvrir les procès individuellement, pas plus depardonner, de gracier ou damnistier, mais de réhabiliter pleinement, publiquement, collectivement, cest-à-dire accorder réparation dun déni de justice majeur dont ont été victimes des innocents, victimes dun sys-tème qui les a broyés.Ce nest quen accédant à cette demande que le Président de la République rendrait justice à tous ceux,frères de combat, qui ont payé de leur personne et permettrait enfin que lensemble des morts de la GrandeGuerre réintègre la mémoire nationale.PROPOSITION DE LOIArticle uniqueLes « fusillés pour lexemple » de la première guerre mondiale font lobjet dune réhabilitationgénérale et collective et en conséquence la Nation exprime officiellement sa demande de pardon àleurs familles et à la population du pays tout entier. Leurs noms sont portés sur les monuments auxmorts de la guerre de 14-18 et la mention « mort pour la France » leur est accordée.Réalisation : Michel Brunet et Dominique Hennequin - Production : Nomades TV - avril 2011 30 ⏐ page
  • 30.  Courrier du Secrétariat d’État à la Défense et aux Anciens CombattantsRéalisation : Michel Brunet et Dominique Hennequin - Production : Nomades TV - avril 2011 31 ⏐ page
  • 31. DEVIS PREVISIONNELTitre (provisoire) du film : Adieu la vie, adieu lamourProduction : NOMADES TVCo-Ecriture et co-réalisation Michel Brunet, Dominique HennequinVersion originale : FrançaiseDurée en minutes: 52 mnTournage 20 joursMontage + mixage 20 + 5 jours DEVIS DETAILLE EN EUROSLégende : Quantité UnitaireF = forfait, J = jour, hr = heure, H = honoraires, SB = Unité Coût Type TOTAUX %salaire brut, DA = droits dauteur, Fa = FactureDROITS ARTISTIQUES 29 450,00 20%SUJETŒuvre originale : idée et écriture 2 F DA 1 000,00 2 000,00DROITS DAUTEURSDroits dauteurs Réalisation 2 F DA 5 600,00 11 200,00Droits musicaux : œuvre originale 1 F DA 1 000,00 1 000,00Droits musicaux : recréation chanson populaire 1 F DA 250,00 250,00Droits images darchives 15 mn Fa 1 000,00 15 000,00PERSONNEL 49 765,00 34%Réalisateurs 2 F SB 8 400,00 16 800,00France 3 : OPV - cadreur & lumière 20 J SB 255,00 5 100,00France 3 : Ingénieur son 20 J SB 265,00 5 300,00France 3 : Directeur photo 3 J SB 360,00 1 080,00France 3 : Machiniste 2 J SB 180,00 360,00Musiciens : enregistrement Chanson du Craonne 4 F SB 200,00 800,00Monteur 20 J SB 257,00 5 140,00Mixeur 5 J SB 275,00 1 375,00Vidéographiste 4 J SB 235,00 940,00Experts scientifiques 2 F SB 500,00 1 000,00Voix-off 2 F SB 700,00 1 400,00Directeur de production 25 J SB 230,00 5 750,00France 3 : Chargé de production 8 J SB 340,00 2 720,00Administrateur comptable 1 F H 2 000,00 2 000,00CHARGES SOCIALES 28 241,89 19%Charges sociales sur auteurs 1% de 14 450,00 144,50Charges sociales sur artistes 56% de 2 200,00 1 232,00Charges sociales sur techniciens (hors tournage) 63% de 31 005,00 19 533,15France 3 : Charges sociales sur techniciens tournage 63% de 14 560,00 7 332,24TRANSPORTS - DEFRAIEMENTS - REGIE 13 980,00 9%DEPLACEMENTS AVANT TOURNAGEAuteurs - réalisateur 10 F Fa 150,00 1 500,00Production 6 F Fa 150,00 900,00DEPLACEMENTS TOURNAGEFrance 3 : Véhicule pour tournage + essence + péage 20 F Fa 85,00 1 700,00SNCF réalisateurs : Lorraine <-> Paris 3 F Fa 150,00 450,00SNCF réalisateurs : Picardie <-> Lorraine 2 F Fa 180,00 360,00SNCF réalisateurs : Lorraine/Paris <-> Aude 2 F Fa 200,00 400,00SNCF réalisateurs : Lorraine/Paris <-> Puy de Dôme 2 F Fa 200,00 400,00Production 2 F Fa 150,00 300,00DEPLACEMENTS APRES TOURNAGERéalisateur 5 F Fa 150,00 750,00Production 4 F Fa 150,00 600,00DEFRAIEMENTSIndemnités de repas avant tournage 10 F Fa 20,00 200,00Indemnités de repas pendant tournage 80 F Fa 20,00 1 600,00France 3 : Indemnités de repas pendant tournage 46 F Fa 20,00 920,00Indemnités de repas après tournage 10 F Fa 20,00 200,00Indemnités de repas production 10 F Fa 20,00 200,00Indemnités dhébergement 40 U Fa 80,00 3 200,00REGIE ET DIVERSRégie 1 F Fa 150,00 150,00Documentation 1 F Fa 150,00 150,00MOYENS TECHNIQUES 20 210,00 14%MATERIEL PRISES DE VUEFrance 3 : Camera complète 20 J Fa 250,00 5 000,00France 3 : Moniteur 20 J Fa 100,00 2 000,00Consommables matériel prises de vue (disques durs) 2 F Fa 100,00 200,00MATERIEL PRISES DE SONFrance 3 : Matériel de prise de son 20 F Fa 150,00 3 000,00MATERIEL ECLAIRAGEFrance 3 : Matériel déclairage 20 J Fa 150,00 3 000,00MACHINERIE ET MATERIELS SPECIAUXFrance 3 : traveling + chariot 1 J Fa 250,00 250,00MONTAGE IMAGEBox montage image complet 20 J Fa 250,00 5 000,00Export fichiers son (OMF) 1 F Fa 10,00 10,00Flashscan pour images darchive animées 1 F Fa 500,00 500,00STUDIO SON ET AUDOTORIUMBox de montage son complet 5 J Fa 250,00 1 250,00SUPPORTS - LABORATOIRES 4 579,00 3%LABORATOIRE VIDEOFrance 3 : Etalonnage HD 3 J Fa 700,00 2 100,00France 3 : Reports son et vidéo 1 F 1 952,00 1 952,00France 3 : Bandes vidéo 1 F 227,00 227,00Copies DVD 100 F Fa 3,00 300,00PUBLICITE 1 100,00 0,7%Publicité : avant-première 1 F Fa 500,00 500,00France 3 : Publicité : avant-première 1 F Fa 500,00 500,00France 3 : Frais de communication post-production 1 F 100,00 100,00SOUS-TOTAL 147 325,89 100%IMPREVUS 8% 11 786,07FRAIS FINANCIERS 3% 4 419,78FRAIS GENERAUX et ASSURANCE 7% 10 312,81TOTAL HT 173 844,55
  • 32. PLAN DE FINANCEMENTTitre (provisoire) du film : Adieu à la vie, adieu à lamourProduction : NOMADES TVCo-Ecriture et co-réalisation Michel Brunet, Dominique HennequinVersion originale : FrançaiseDurée en minutes: 52 mnTournage 20 joursMontage + mixage 20 + 5 jours PLAN DE FINANCEMENT EN EUROS en euros % statutCoproduction France 3 Picardie et Languedoc Roussillon : numéraire 16 000,00 9,20% acquisCoproduction France 3 Picardie et Languedoc Roussillon : industrie 42 641,24 24,53% acquisPré-achat chaîne nationale 10 000,00 5,75%Pré-achat chaîne spécialisée 6 000,00 3,45% en demandeCNC (compte de soutien sélectif) 25 000,00 14,38% en demandeRégion Lorraine : aide à la production 25 000,00 14,38% en demandeProcirep 8 000,00 4,60% en demandeAngoa 2 000,00 1,15% en demandeApport Nomades TV : industrie 5 000,00 2,88% acquisApport Nomades TV : numéraire 1 203,31 0,69% acquisApport en industrie collecteurs darchives 5 000,00 2,88% en demandeMémorial du Chemin des dames (Vingré) 10 000,00 5,75% en demandeOffices de tourisme : apport en industrie 1 000,00 0,58% en demandeRégions, Conseils généraux, Communautés de communes 17 000,00 9,78% en demandeTOTAL HT 173 844,55 100,00%
  • 33.  C ONTACTSNOMADES TV8 rue Clovis 57000 MetzTél : 03 87 37 28 37Fax : 03 87 32 90 94Dominique Hennequin, Producteur-réalisateur06 60 10 30 50tvnomades@gmail.comAlexandra Cravotta, Directrice de production06 86 40 81 50prod.nomades.tv@gmail.comRéalisation : Michel Brunet et Dominique Hennequin - Production : Nomades TV - avril 2011 34 ⏐ page

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