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Le 22 septembre 2010 s’est tenu un séminaire qui a rassemblé la Fondation de France, les premières ONG qu’elle a soutenues à la suite du tremblement de terre intervenu en Haïti le 12 janvier ...

Le 22 septembre 2010 s’est tenu un séminaire qui a rassemblé la Fondation de France, les premières ONG qu’elle a soutenues à la suite du tremblement de terre intervenu en Haïti le 12 janvier 2010 ainsi que François Grünewald du groupe URD (Urgence Reconstruction Développement) et Michèle Oriol, sociologue haïtienne et représentante du CIAT (Comité Interministériel d’Aménagement du Territoire).

Cette journée de présentation de la situation huit mois après le séisme et d’échanges fondés sur les expériences des uns et des autres a permis de dresser un premier état des lieux sans concession ni dramatisation. Elle a mis en lumière quelques pistes d’actions.

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    Urgence haïti-Synthèse Urgence haïti-Synthèse Document Transcript

    • Fondation de France – Séminaire du 22 septembre 2010 Synthèse de la journée de bilan du 22 septembre 2010 Fondation de France / premières ONG financées dans le cadre de la post-urgence et la reconstruction Le 22 septembre 2010 s’est tenu un séminaire qui a rassemblé la Fondation de France, les premières ONG qu’elle a soutenues à la suite du tremblement de terre intervenu en Haïti le 12 janvier 2010, François Grünewald du groupe URD (Urgence Reconstruction Développement) et Michèle Oriol, sociologue haïtienne et représentante du CIAT (Comité Interministériel d’Aménagement du Territoire). Cette journée de présentation de la situation huit mois après le séisme et d’échanges fondés sur les expériences des uns et des autres a permis de dresser un premier état des lieux sans concession ni dramatisation. Elle a mis en lumière quelques pistes d’actions. I - Le contexte dans lequel est survenu le séisme L’État haïtien en difficulté : depuis plus de 15 ans, une force d’intervention des Nations Unies, la Minustah, est présente en Haïti. Cela a contribué au fil des ans à diluer la prise de décision au plus haut niveau de l’État et à affaiblir l’ensemble du gouvernement. À la veille du tremblement de terre, l’État se trouvait donc déjà en difficulté. Une mauvaise opinion de l’aide internationale : depuis plusieurs décennies, des centaines d’ONG internationales travaillent en Haïti. Avec des résultats, pour certaines, mitigés. Selon Michèle Oriol, il y a « une longue tradition d’échec des projets de développement en Haïti ». L’aide internationale était donc attendue avec une certaine suspicion. II - L’aide internationale depuis le 12 janvier Une indéniable efficacité sur le plan médical et dans le domaine de l’urgence : des soins aux personnes blessées sur place ou à l’étranger ont été mis en place et la distribution de kits d’hygiène, denrées alimentaires, tentes et eau potable, s’est organisée. À l’inverse, Le renforcement des difficultés pré-existantes au tremblement de terre et une propension à méconnaître la réalité haïtienne. Ces deux réalités vont engendrer de nouveaux problèmes : - La création d’un gigantesque cluster international où beaucoup de choses se décident sans les Haïtiens et, malheureusement, les grandes pertes infligées au gouvernement et à la Minustah par le séisme, aboutissent au fait que les lieux de décision politique sont encore plus difficiles à situer qu’auparavant. - Les acteurs internationaux arrivés en Haïti après le séisme ont semblé jusqu’à présent très peu capables d’effectuer un diagnostic des ressources humaines et matérielles haïtiennes avec lesquelles ils pouvaient travailler. Ceux-ci ont été majoritairement laissés en dehors des actions de reconstruction.
    • Fondation de France – Séminaire du 22 septembre 2010 - Ce défaut d’identification des partenaires locaux disponibles se traduit notamment par la destruction d’éléments significatifs du tissu économique haïtien qui n’avaient pas été touchés par le tremblement de terre. Par exemple : mise en faillite d’hôpitaux privés en raison de l’arrivée des hôpitaux gratuits de l’aide internationale ; idem pour des petits épiciers en raison de l’aide alimentaire gratuite, pour les paysans venant vendre leurs marchandises... - Cette même incapacité à identifier des acteurs locaux porte préjudice à la classe moyenne qui a tout perdu, mais serait potentiellement en mesure de relancer des actions importantes pour la reconstruction. Par exemple : des enseignants sans habitation, des médecins sans moyens... Elle obère de façon significative les capacités de reconstruction, hors soutien international. L’aide internationale a aussi généré d’autres désordres : - La lenteur du déblaiement. Au début septembre 2010, seuls 2% des terrains ravagés avaient été déblayés, empêchant de fait la reconstruction. Une situation qui s’explique, il est vrai, par d’énormes difficultés à identifier les propriétaires des parcelles sinistrées, par la perte des repères cadastraux et par la nécessité d’établir une carte des risques matériels pour la reconstruction (zones à risque sismique, zones inondables). - Le blocage de l’aéroport de Port-au-Prince. Trois jours après le tremblement de terre, l’aéroport était fermé pour les civils et ce pendant un mois. Les Haïtiens de la diaspora souhaitant venir en aide à leurs familles ne pouvaient pas entrer au pays, et ceux souhaitant partir ne pouvaient pas le faire. Cela a été très mal vécu par la population. - L’incapacité à accompagner l’exode citadin. Dans les jours qui ont suivi le tremblement de terre, un million environ d’habitants ont quitté la capitale et les villes ravagées pour rejoindre de la famille ou des amis dans les petites villes de province, ou à la campagne. L’aide internationale n’a pas su accompagner ce mouvement et apporter des infrastructures – même temporaires – aux communes. Elles ont dû faire face à un afflux de population pour lequel elles n’étaient pas équipées. - La création d’un exode rural, quelques semaines plus tard. En laissant croire de façon inconsidérée que les personnes hébergées dans les camps de réfugiés bénéficieraient de la reconstruction de logements gratuits, certaines très grandes ONG ont généré, en sens inverse du premier exode, un afflux de paysans et familles pauvres vers les camps de la capitale. Dans certaines communes de l’agglomération de Port-au-Prince, il faut désormais compter avec 1 200 nouveaux arrivants par jour !
    • Fondation de France – Séminaire du 22 septembre 2010 III - L’aide de la Fondation de France Au début septembre, 32,8 millions d’euros ont été collectés. 14 projets liés à l’urgence ont été soutenus au cours du premier mois. 29 projets concernant la reconstruction ont été sélectionnés depuis. La moitié des sommes collectées sont engagées au jour d’aujourd’hui. IV - Retour sur l’évaluation réalisée par le groupe URD des projets urgence et post-urgence Le groupe URD a été chargé par la Fondation de France de réaliser une évaluation des premiers projets soutenus par la Fondation, c’est-à-dire ceux qui relevaient de l’urgence et de la post-urgence. François Grünewald a souligné « le travail d’orfèvre des associations aidées par la Fondation de France, qui obtiennent de très bons résultats » et fait plusieurs constats: - Pour répondre à la situation d’extrême urgence qui a suivi le séisme, et par souci d’efficacité, la Fondation de France a privilégié les ONG déjà présentes sur place. Les associations présentes en Haïti avant le séisme ont pu plus facilement nouer des actions en partenariat avec le tissu local et effectuer le relai avec l’administration. - les projets aidés par la Fondation se déroulent quasiment tous dans des zones marginales, à la périphérie de la ville. Des endroits difficiles d’accès, insalubres, présentant des problèmes de sécurité ou de capacités logistiques : bref, des zones qui combinent plusieurs types de difficultés, de ce fait peu quadrillées par l’aide internationale. Sans l’aide de la Fondation de France, il est probable que les populations bénéficiaires seraient restées en grande partie laissées pour compte. - Une ONG a réussi à travailler en zone rurale, pour aider les populations locales à absorber le flux des populations qui fuyaient les villes dévastées. C’est d’autant plus intéressant que l’un des échecs importants – pour l’instant – de l’action internationale se situe à ce niveau, dans cette incapacité à aider les campagnes qui ont accueilli les familles fuyant la ville dévastée. - La plupart des ONG a bien intégré le système de coordination de l’aide internationale. V - Les orientations actuelles de la Fondation de France Contrairement à ses habitudes, devant l’ampleur de la catastrophe, la Fondation de France a d’abord travaillé avec des spécialistes de l’urgence et des ONG françaises d’assez grande taille, en mesure de fournir leur propre logistique. Au fur et à mesure que la phase de reconstruction devient possible, la Fondation va privilégier des associations beaucoup plus petites, autant que possible haïtiennes, ou travaillant en Haïti depuis longtemps. Pour répondre à la nécessité de faciliter la participation des acteurs associatifs et économiques locaux, la Fondation de France participe à la création et au renforcement de deux outils, qu’elle soutient financièrement :
    • Fondation de France – Séminaire du 22 septembre 2010 Le CLIO (Comité de liaison inter-ONG) et son CRI (Centre de Ressources et d’information). Le CLIO regroupe 31 ONG et préexistait au tremblement de terre. Face au cluster où tout se fait et se dit en anglais et qui reste – de ce fait notamment – inaccessible aux associations haïtiennes, le CLIO va se développer et proposer des informations en anglais, français et créole. Lieu d’échanges, de coordination et de partage d’informations, il pourra également devenir un espace de formation : des experts viendront partager leur savoir-faire avec les associations – par exemple dans le domaine des normes anti-sismiques de la construction. Les fonds d’initiative locale : afin d’augmenter encore ses capacités d’adaptation à l’évolution des besoins, la Fondation de France va financer 4 fonds de 500 000 euros chacun, gérés par 4 partenaires présents sur place pour favoriser les initiatives des porteurs de projets haïtiens en milieu urbain, rural, économique et culturel. Reconductibles si la formule fait ses preuves, ils permettront de soutenir rapidement les petites initiatives locales : les initiatives soutenues seront sélectionnées sur place, mais avec les mêmes critères de sérieux que si elles étaient sélectionnées en France. VI - Pour l’avenir proche : des pistes d’actions Au vu de l’évaluation effectuée en Haïti par le groupe URD, des échanges avec des Haïtiens engagés dans la reconstruction et des missions de suivi de la Fondation de France, plusieurs axes de travail se dessinent pour améliorer encore l’efficacité et la pertinence de l’action de la Fondation de France : - Renforcer rapidement les liens avec les acteurs privés et publics travaillant sur un territoire. Établir des partenariats avec les pouvoirs publics locaux (municipalités notamment) et réfléchir au meilleur moyen de soutenir les individus qui pourraient être très utiles, mais sont pour l’instant encore dans l’incapacité de donner toute leur mesure, faute de conditions de vie suffisantes (par exemple, des enseignants, des médecins, des étudiants, etc.). - Privilégier les actions dans les deux secteurs cruciaux de l’enseignement et de l’agriculture. Ce sont les deux domaines qui permettront à Haïti de sortir de son marasme à moyen terme. À l’inverse, ne pas aider le secteur agricole reviendrait à empêcher durablement Haïti d’atteindre une certaine autosuffisance alimentaire et ne pas soutenir l’enseignement poserait une grave hypothèque sur l’avenir du pays. - Participer à l’établissement de règles solides pour la reconstruction des bâtiments. Il peut s’agir notamment de s’intéresser aux questions de propriété et de cadastre, de concevoir des outils d’accès au logement en mixant peut-être des solutions gratuites (dons) et payantes (via le micro-crédit si besoin). - Travailler avec des Haïtiens pour développer des initiatives permettant la reconstruction psychique de la population, durablement ébranlée. De façon générale, il semble tout à fait important d’orienter les actions de reconstruction – dans tous les domaines – de telle sorte qu’elles puissent servir de bases solides pour le développement du pays. L’aide apportée, qui est conséquente, doit représenter une opportunité pour soutenir les Haïtiens dans leur volonté de reconstruire leur pays, ses structures et ses infrastructures.