Vérité mensonge fins et moyens
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Pour le cours Éthique de la communication

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  • Mensonge de Bush sur les armes de destruction massive

Vérité mensonge fins et moyens Vérité mensonge fins et moyens Presentation Transcript

  • Vérité et propagande, fins et moyens ÉTHIQUE DE LA COMMUNICATION PUBLIQUE
  • Questions à discuter en classeQuelle est la différence entre la vérité et la réalité?Quel est le contraire de la vérité ?
  • Théories de la véritéLa vérité est souvent présentée comme un idéal de correspondanceexacte entre les mots (langage) et les choses (le réel, la réalité) : est-ce possible? Oui pour « positivistes », non pour « constructivistes » • Position positiviste (ambition scientifique classique): trouver un langage qui décrirait le monde tel qu’il est « en lui-même », hors de tout point de vue ancré dans une culture, dans l’histoire. Il y a une vérité qu’on peut « découvrir » à l’aide de la méthode scientifique. • Position constructiviste: les discours qui prétendent décrire la vérité font toujours partie des médiations du langage et de la culture: ils restent une production humaine ancrée dans l’histoire et l’espace. Ce sont des énoncés, au même titre que des vers de poésie ou des paragraphes de romans, qui obéissent à des conventions et à une rhétorique. Ils font partie de la « construction sociale de la réalité ».
  • La sciencePour les positivistes : elle seule permet d’avoir accès à la vérité, car elle ne souffre d’aucun biais. Son langage doit être « épuré » de tout ce qui est local et culturel. Elle est neutre.Pour les constructivistes : La science est un savoir humain parmi bien d’autres, mais qui a des prétentions universelles et qui bénéficie de ressources énormes et d’un prestige social très élevé : l’expertocratie (même si on découvre actuellement les points faibles des scientifiques). Un fait scientifique est un artefact (fabriqué par l’humain) pour rendre compte de manière très précise d’un aspect de la réalité qui intéresse son auteur (le/la chercheur-e).
  • Construction sociale/maquillage de la réalité À la base de la communication, il y a des médiations  entre un humain et ses sensations puis ses idées (les mettre en mots)  entre les humains (échanger)  entre les humains et leur environnement (décrire, analyser) Ces médiations sont comme le positionnement de la caméra lors d’un tournage : la façon dont elles montrent ou décrivent le réel est toujours déjà en même temps une interprétation, un message (Merida). L’effet Rashomon (film de Kurosawa)  L’euthanasie: façon de se débarrasser de bouches inutiles ou sollicitude envers ceux qui veulent mourir dignement  La notion de performance : se dépasser ou écraser les autres Toutes ces médiations, ces énoncés reliés entre eux, ces « discours » « construisent la réalité » qui n’est pas immédiatement accessible en elle- même. La construction sociale de la réalité est le processus langagier ou discursif par lequel les humains recouvrent le monde de leurs mots, de leurs explications, de leurs croyances, de leurs images etc.; c’est la base de la socialisation, ce qu’une personne doit apprendre quand elle voyage ou émigre.
  • Vérité et pouvoir Identifier un discours, un ensemble d’énoncés, comme étant LA vérité unique ou faire croire au public que sa vérité EST la réalité, c’est une forme d’exercice du pouvoir. « Gouverner, c’est faire croire » (Machiavel)… À notre époque, il faut avoir l’air de dire le vrai pour être cru et suivi : le pouvoir de véridiction (Foucault), de dire le vrai. Jean-Jacques Rousseau : « Le premier qui, ayant enclos un terrain, savisa de dire : Ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. Que de crimes, de guerres, de meurtres, que de misères et dhorreurs neût point épargnés au genre humain celui qui, arrachant les pieux ou comblant le fossé, eût crié à ses semblables : Gardez-vous découter cet imposteur ; vous êtes perdus, si vous oubliez que les fruits sont à tous, et que la terre nest à personne" (Discours sur lorigine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, 1754).
  • Vérité et objectivité, exactitude L’objectivité n’est pas la vérité : elle se construit de manière intersubjective, au croisement des regards et des points de vue. Notion de véracité, d’exactitude. Mais on reste toujours dans le langage, dans l’humain, donc dans la communication. Maquiller le réel (constante de la communication) = exprimer un point de vue sur le réel. Défi pour l’éthique journalistique : rendre compte objectivement et équitablement de tous les points de vue et des faits (la réalité). Défi pour les relations publiques et la publicité : travailler sur les « angles » de prise de vue, sans mentir Ça se complique quand la référence est le savoir scientifique ou l’expertise : concept de « maladie mentale » et idée que la dépression est un problème biologique qui nécessite un traitement médicamenté.
  • Mensonge et erreurMensonge = induire autrui en erreur volontairementPuisque c’est un acte conscient et voulu, il doit être soumis à la réflexion morale comme tout acte, toute décision: souci des conséquences, etc.Un réflexe de survie? Daisy et ElsaDes zones d’ombre et de lumière : qui tranche? Quelle vérité s’impose? Pour Foucault, l’aveu et la confession ont pour but de produire une vérité qui sert de base à l’identité. Choisir une vérité parmi celles d’une identité plurielle, c’est ce qui permet de se mentir à soi-même. La question des changements climatiques et du « scepticisme » Le mensonge politique : de la Commission Charbonneau au nazisme et autres régimes totalitaires
  • Nazisme et propagande Fin de la première guerre mondiale, traité de Versailles: les Allemands vaincus sont humiliés et doivent payer un lourd montant de réparations. Crise économique ravageuse en 1930. Désir d’une figure paternante, sécurisante, exaltante qui propose un idéal pour se sortir de l’humiliation et de la crise : Hitler Sa stratégie : identifier un bouc émissaire et le détruire pour « compenser » l’humiliation : nécessité de créer une rhétorique raciste convaincante en mobilisant les médias Théorie du Grand mensonge (Mein Kampf) Singularité de ce génocide: mettre au service de la destruction une organisation solide et efficace, performante: la bureaucratie du génocide (Modernity and the Holocaust, Z. Bauman) EXPOSÉ
  • Mensonge et politique : contre ladémocratie et les libertés Dans le contexte totalitaire, propagande = outil de « relations publiques » et de « publicité » pour fasciner les foules et éteindre leur esprit critique, leur entendement. Tous les moyens de relations publiques et de publicité sont mobilisés, mais pour une fin immorale: discours, slogans, films, art, etc.• Texte de Koyré, 1943 (Le grand mensonge) : le mensonge comme outil politique pour « endormir » les citoyens et leur esprit critique• Exemples récents: les armes de destruction massive en Irak. D’autres exemples?• Les mensonges finissent souvent par se faire démasquer• Importance politique du journalisme pour démasquer les mensonges. • Exemple des radios de paix en Afrique
  • Bilan: La fin et les moyens• La fin (finalité, objectifs, buts) et les moyens: un vieux débat moral, mais typique de la réflexion éthique : la fin justifie-t- elle les moyens? (questionnement de type déontologique)• Inversons la question : des moyens moralement corrects deviennent-ils immoraux s’ils sont destinés à une fin immorale?• Autre perspective (conséquentialiste): Est-il immoral d’ignorer ou de ne pas se soucier des effets produire par les moyens que nous choisissons pour réaliser une finalité « bonne » ?• Encore une fois, la question des limites est posée : quels moyens sont acceptables pour quelle finalité?
  • Quelques repères pour la penséeToujours refuser de séparer la question de la finalité et celle des moyens (par exemple refuser de ne débattre que de la finalité, puis réfléchir aux moyens ensuite). Un moyen n’est qu’un moyen: il prend tout son sens social et moral quand il est associé à une finalité.Analyser très soigneusement la finalité d’une action : qui la définit? Qui définit les critères ou les valeurs à l’origine de la finalité? Quel pourrait être l’impact de cette finalité sur le bien commun? Quels moyens seraient acceptables pour la réaliser?Ajuster les moyens à la finalité, et non l’inverse = ne pas imposer une finalité parce qu’un moyen la rend possibleTuskegee et la syphilis