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  • 1. Projets en marche VOISINAGE SUD La coopération régionale vue par les journalistes Société Environnement Energie Transport CE PROJET EST F I N A N C É PA R L’UNION EUROPÉENNE
  • 2. AvAnt-proposRegards sur lacoopération ausein du voisinage Mais qu’est-ce que vous faites exactement avec tout cet ar- gent » ? C’est toujours cette même question qui revient lors- que nous évoquons la coopération lors d’événements publics. Fournir des explications sur des projets en les resituant dans leur contexte spécifique est déjà quelque chose d’assez diffi- cile. Mais il est encore plus difficile de montrer la valeur ajoutée concrète de la coopération régionale de l’UE. Les médias restent notre meilleur lien avec le public ; ils peu- vent en effet comprendre et analyser une situation et ensuite raconter une histoire. Je suis donc fier de vous présenter ce premier magazine de reportages écrit par le biais de l’ENPI Info Centre au titre du programme d’information et de communication régional. « A travers les yeux de journalistes », le partenariat entend ren- dre compte aux lecteurs de notre coopération dans les 16 pays bénéficiant de l’Instrument européen de voisinage et de parte- nariat. Et nous espérons qu’il aidera à répondre à cette éternel- le question : « Que faites-vous exactement avec cet argent ? » Marcus Cornaro Directeur Europe, Méditerranée du Sud, Proche-Orient et Politique du voisinage Direction générale du développement et de la coopération EuropeAid
  • 3. IndexRegards sur la coopération au sein du voisinage 3La coopération régionale vue par les journalistes 6Notre réseau de journalistes 8 Société Éduquer pour réduire le nombre d’accidents domestiques mortels en Jordanie par Mohammad Ben Hussein – Jordanie 11 Un pont de la connaissance de part et d’autre de la Méditerranée par Maurice Aaek – Syrie 14 Briser le mur du silence par Elias Zananiri – Territoire palestinien occupé 17 L’échange d’expérience au service de l’égalité des chances par Yair Quedar – Israël 20 Familiariser les fonctionnaires des pays partenaires aux affaires européennes entretien avec Stéphanie Horel 23 Lutter contre les discriminations et les violences à l’égard des femmes par ENPI Info Centre/ANSA – Liban, Israël, Territoire palestinien occupé 24 Une expérience d’avantgarde qui a transformé la médina par Lotfi Touati – Tunisie 27 Redonner au hammam une place centrale dans la communauté Entretien avec Andreas Oberenzer 30 Pour battre le plus ancien des maux un réseau de recherche et d’éducation par Lofti Touati – Tunisie 31 Les autorités locales un pont entre les pays du voisinage Entretien avec Frank Samol 34 Le « Prix Samir Kassir pour la liberté de la presse », financé par l’UE, améliore la vie des journalistes par ENPI Info Centre/ANSA 35
  • 4. Environnement Gardiens de l’eau par ENPI Info Centre – Maroc et Tunisie 39 Priorité contre la pollution en mer Méditerranée Entretien avec Michael Scoullos 42 L’eau, un lien pour l’identité méditerranéenne par ENPI Info Centre – Algérie 43 Un partenariat transfrontalier visant à rapprocher les peuples Entretien avec Bodil Person 46 Energie Tourné au soleil par Dalia Chams – Egypte 49 Une bonne énergie à partager! par ENPI Info Centre 52 Une coopération méditerranéenne dans le domaine de l’énergie Entretien avec Alessandro Ortis 55 Construire pour l’avenir par Maurice Aaek – Syrie 56TransportLes routes de l’espoirpar Hicham Houdaïfa – Maroc 61Combiner prêts et subventions pour financer les investissementsen faveur des pays du voisinage Entretien avec Richard Weber 64Une nouvelle vision du transport de marchandisespar Yair Qedar – Israël 66Sécurité maritime : réduire les écarts autour d’une mer communeEntretien avec Albert Bergonzo 69En construisant les autoroutes de la merpar ENPI Info Centre – Maroc/Tunisie 70L’espace aérien euro-méditerranéen commun : un stimulantpour l’économie Entretien avec Olivier Turcas 73Démonstration au Maroc du système de sécurité aéroportuaireEGNOS par ANSA/ENPI Info Centre – Maroc 74Un impact direct sur le terrainEntretien avec Dalila Achour Limam 77Pour en savoir plus 78
  • 5. La coopérationrégionale vuepar les journalistes La coopération entre l’Union européenne et les pays couverts par la Politique européenne de voisinage (PEV) et soutenus au titre de l’Instrument euro- péen de voisinage et de partenariat (IEVP) se situe à deux niveaux. Tout d’abord à l’échelon politique, lors des réunions au cours desquelles des chefs d’État et de gouvernement décident des domaines stratégiques prioritaires. Au second niveau, il s’agit de concrétiser ces décisions en mettant en œuvre des actions sur le terrain, en finançant des projets qui soutiennent concrètement les efforts de changement et de modernisation des partenaires. Ce soutien est octroyé aux partenaires essentiellement sur une base bilatérale. Il existe cependant aussi une dimension régionale, lorsque des fonds sont oc- troyés à des projets associant plusieurs pays du voisinage. Ce programme de coopération régionale est géré par EuropeAid. Il réunit des pays partenaires autour d’une table, et leur permet d’examiner des questions d’intérêt commun – économiques, politiques ou culturelles – et de prendre ensuite des décisions. Plus de 80 programmes et projets – dans les pays de l’Est du Voisinage mais aussi du Sud du Voisinage – bénéficient ainsi de son soutien. Tous ces programmes ont un impact direct ou indirect sur la vie des citoyens ordinaires. Les projets ainsi financés permettent de promouvoir de nouvelles politiques et de nouvelles mesures dans les pays, de maintenir un dialogue permanent et de créer des relations et des réseaux. Cette coopération régionale est véritablement un «canal du changement » qui relie les 16 pays suivants : l’Algérie, l’Arménie, l’Azerbaïdjan, le Belarus, l’Égypte, la Géorgie, Israël, la Jordanie, le Liban, la Libye, la Moldavie, le Maroc, le Territoire palestinien occupé, la Syrie, la Tunisie, l’Ukraine. 6 Projets en marche — Voisinage Sud
  • 6. Raconter une histoireL’ENPI Info Centre, en coopération avec des journalistes et des photo-graphes des pays partenaires, a suivi, décrit et photographié quelques- Ces reportages sont disponibles à la sectionuns des projets financés. Les journalistes ont analysé leurs activités et «Reportages » du site internet de l’ENPI Infoont interrogé des bénéficiaires de projets sur leurs expériences, sur ce Centre - www.enpi-info.eu - en anglais,qu’ils avaient appris et sur la façon dont ils envisageaient leur avenir. français, russe et/arabe, selon le pays.De leur côté, les photographes ont saisi l’âme du projet à travers leur Des informations détaillées et l’actualité desobjectif. projets régionaux financés sont également disponibles sur ce site internet.Ce magazine réunit des reportages réalisés en 2010 et donne ainsi uneidée de la coopération de voisinage sur le terrain. Les reportages sontdivisés en quatre grandes catégories : les citoyens, l’énergie, l’environ-nement et les transports.Ensemble, ils racontent l’histoire d’un partenariat. Projets en marche — Voisinage Sud 7
  • 7. Notre réseaude journalistes Tarik HAFID – AlgérieJournalistes collaborant à l’ENPI Info Centre. Lauréat du Prix du Journalisme EuromedAgence de presse partenaire : ANSA/ANSAMED. Heritage en 2007, avec son article « Si la Grande Poste nous était contée », M. Hafid écrit depuis 2002 pour l’un des principaux quotidiens algériens en langue française, « Le Soir d’Algérie ». Il a également participé au précédent projet euro- méditerranéen Euromed Info Centre, avec des reportages et des articles. Hicham HOUDAIFA – Maroc Journaliste indépendant à Casablanca, il a travaillé à l’ « Hebdomadaire » ou Il Lotfi TOUATI – Tunisie écrivait des articles et des reportages Après avoir travaillé comme journaliste sur les droits de l’homme et des faits et reporter pour les quotidiens tunisiens de société. Entre 1999 et 2003, M. francophones « L’Action », rebaptisé « Le Houdaifa a été correspondant à New Renouveau », M. Touati est aujourd’hui York pour le magazine international rédacteur en chef du Quotidien. Sa francophone « Jeune Afrique ». Il carrière professionnelle l’a amené collabore actuellement à une série de à participer à plusieurs ateliers sur magazines, sites internet et chaînes les affaires européennes. Il enseigne télévisées actuellement à ainsi qu’à des l’Université arabe des projets de sciences, à Tunis. communication financés par l’UE. 8 Projets en marche — Voisinage Sud
  • 8. Dalia CHAMS – ÉgypteMme Chams a débuté comme reporter et présentatrice Maurice AAEK – Syrieà la télévision. Elle travaille depuis de nombreuses M. Aaek possède une vaste expérience dans le domaineannées à l’hebdomadaire égyptien de langue française du journalisme. Il a travaillé pour de nombreux médias« Al-Ahram Hebdo », pages Arts, d’information, notamment des agences de presse, desportrait et Culture ; ainsi qu’à la sites internet et des magazines. Aujourd’hui, il rédige desrubrique sociale du quotidien comptes rendus et des reportagesarabophone Al-Chourouq. Elle a pour un magazine pour les jeunesreçu le prix du journalisme Euromed basé à Damas. Il a participé à deHeritage en 2005. nombreux ateliers nationaux et internationaux sur les médias, le journalisme et la communication. Yair QEDAR - Israël Ecrivain et réalisateur freelance, M. Qedar collabore actuellement à plusieurs quotidiens israéliens, parmi Mohammad BEN HUSSEIN – Jordanie lesquels Ha’aretz et Yediot Aharonot. M. Ben Hussein est correspondant de l’agence de Il produit également des documentaires. presse italienne ANSA et ANSAmed en Jordanie, où Il a aussi écrit des scénarios et il travaille également comme producteur tv pour réalisé plusieurs productions Thomson Reuters. Il écrit également pour le « Jordan audiovisuelles et a reçu une Times » et rédige des analyses mention spéciale du jury politiques pour le « Lang pour l’édition 2005 du Prix du Institute ». En 2007, M. Ben Hussein journalisme Euromed Heritage a remporté le prix Lorenzo Natali pour la liberté d’expression dans le monde arabe, en Israël et en Iran. Elias ZANANIRI – Territoire palestinien occupé M. Zananiri a déjà 31 années d’expérience dans le monde des médias du Proche-Orient en qualité de reporter, de journaliste, de rédacteur, Antoine B. AJOURY - Liban d’enseignant/formateur, de producteur de M. Ajoury est journaliste à « l’Orient Le Jour », programmes radio- et télédiffusés et de conseiller quotidien libanais de langue française, depuis en relations publiques. Il 2003. Depuis 2008, il y est directeur de la rubrique est actuellement PDG de « Actualités internationales ». Il a contribué au MAHARAT PR et Media Talents projet euro-méditerranéen Empowerment, une agence Eurojar en rédigeant plusieurs de conseils en relations articles sur la coopération entre publiques et de formation l’Union européenne et ses média créée dans le Territoire pays partenaires du Sud de la palestinien en 2005. Méditerranée. Projets en marche — Voisinage Sud 9
  • 9. SociétéEnvironnementEnergieTransport 10 Projets en marche — Voisinage Sud
  • 10. JorDAnIEÉduquer pour réduirele nombre d’accidentsdomestiques mortelsen JordanieEn Jordanie, les accidents domestiques font de plus en plus de victimes parmi lesenfants des quartiers pauvres et surpeuplés. Pour la Protection civile jordanienne,garantir aux enfants un environnement sûr est une priorité absolue. Conscientede l’importance cruciale de l’éducation à cet égard, elle dirige à cet effet un projetfinancé par le programme européen PPRD Sud (Programme euro-méditerranéen deprévention, de préparation et de réponse aux catastrophes naturelles et d’originehumaine).Texte et photos par Mohammad Ben Hussein AMMAN – Située dans une région politiquement instable en proie à une pénurie d’eau et soumise aux aléas d’un processus de paix imprévisible, la Jordanie fait, selon certains responsables, l’objet d’une menace quotidienne plus importante « Comme les encore : les accidents domestiques mortels. Sameera, qui habite dans le quartier enfants aiment Sweileh dans le nord-ouest d’Amman, a perdu son fils de sept ans après l’avoir jouer, les prix laissé sans surveillance dans la cuisine. « J’ai mis la nourriture à cuire sur le réchaud iront à ceux qui et je suis partie pendre le linge. J’ai laissé mon fils veiller sur la nourriture pour éviter qu’elle ne brûle. Tout à coup, je l’ai entendu hurler et quand je suis arrivée, proposeront son corps était couvert de flammes », explique cette mère de 23 ans. « Je n’aurais les meilleurs jamais dû le laisser seul », reconnaît-elle. Laisser les enfants sans surveillance est idées pour une chose très habituelle dans le quartier de Sameera, ainsi que dans de nombreu- stimuler le ses régions de Jordanie où les taux de natalité élevés et le manque de place peu- processusen- vent rapidement se transformer en mélange mortel. Dans le camp de réfugiés de tissage » Baqaa, des enfants jouent à proximité de feux de fortune sur lesquels ils préparent du thé. Ahmed, 12 ans, nous confie que ses parents ne lui disent jamais ce à quoi il doit faire attention quand il joue. « Je passe la plus grande partie de la journée à jouer avec des amis. J’ai six frères, et ma mère est trop occupée avec la maison et mes jeunes frères », explique-t-il. La solution passe par l’éducation Selon la Protection civile jordanienne, l’éducation est un élément clé de la lutte contre la multiplication de tels accidents. Pour Waleed Al-Soub, Directeur général Projets en marche — Voisinage Sud 11
  • 11. de la Protection civile jordanienne, le prin- cipal problème est que les gens ne sont pas suffisamment conscients des risques domes- tiques, surtout dans les quartiers pauvres. Selon lui, le programme PPRD Sud, financé par l’UE à hauteur de 5 millions d’euros, peut jouer un rôle clé pour sensibiliser les femmes aux risques qu’elles courent lorsqu’elles tra- vaillent chez elles et pour prévenir les acci- dents. Ce programme, qui vise à renforcer les capacités de protection civile des pays par- tenaires méditerranéens, contribue au déve- loppement d’une culture de protection civile axée sur la gestion et la prévention des ris- ques plutôt que sur la réaction. Les autoritésN Des enfants du camp de jordaniennes compétentes en matière de protection civile participent au projet,refugiés Baqaa. qui couvre une durée de trois ans et est géré par un consortium regroupant les services de Protection civile d’Italie, de France, d’Égypte et d’Algérie, ainsi que la Stratégie internationale de prévention des catastrophes, des Nations Unies. Dans le cadre de cette initiative, chaque pays partenaire doit définir ses propres priori- tés. Pour la Jordanie, la première priorité était, selon Waleed Al-Soub, de garantir aux enfants un environnement sûr : « La Protection civile commencera bientôt à distribuer des dépliants à travers tout le pays afin d’initier les ménagères aux prin- cipes fondamentaux qu’elles doivent respecter pour protéger leurs enfants et pré- venir les dangers de la vie quotidienne liés notamment à l’électricité, aux fuites de gaz et au feu ». Ce projet, qui bénéficie, dans le cadre du PPRD Sud, d’un budget de 40 000 euros, est l’une des cinq initiatives régionales mises en oeuvre en Jordanie, au Liban, en Égypte, dans le Territoire palestinien occupé et au Monténégro. Wa- leed Al-Soub : « La population jordanienne a connu un boom considérable, et les« Pour que les programmes que nous proposons sont destinés aux ménages. Notre volonté estgens soient de venir à bout de certaines mauvaises pratiques, comme, par exemple, les erreursinformés, il faut de manipulation des bonbonnes de gaz et des appareils électriques ». Selon Soub,organiser des la Protection civile essaie également de toucher directement les mères et prévoitcampagnes de notamment d’organiser au mois d’août, dans tout le pays, des séminaires destinés à des centaines de femmes de toutes conditions. « Des experts leur expliquerontsensibilisation, comment gérer leur ménage en toute sécurité et leur indiqueront quelles sont leset c’est meilleures pratiques en la matière ». Parallèlement à cela, près de 1 000 enfantsprécisément ce feront également l’objet d’un travail de sensibilisation par le biais de dépliants ex-que le PPRD Sud pliquant les dangers de la vie quotidienne, tandis que des experts organiseront àessaie de faire » leur intention des concours centrés sur le thème de la sécurité. Waleed Al-Soub : « Comme les enfants aiment jouer, les prix iront à ceux qui proposeront les meilleurs idées pour stimuler le processus d’apprentissage ». N Ali, un garçon de dix ans qui a perdu quatre doigts en jouant avec des objets tranchants. 12 Projets en marche — Voisinage Sud
  • 12. Accent sur la prévention Des responsables du PPRD Sud ont souligné l’importance de tels pro- grammes pour aider les pays partenaires à réduire les risques en renforçant les capacités des mem- bres de la protection civile et en les aidant à of- frir un meilleur service à la communauté. Selon Milojka Saule, consultante en communications EuroMed pour le PPRD Sud, c’est la première fois« Mes quatre que la Jordanie met en oeuvre un projet axé nonautres fils restent, seulement sur la réaction, mais aussi et surtout sureux aussi, la prévention et la préparation, ce qui impliquevulnérables, de sensibiliser les gens aux risques qu’ils côtoientde même que dans leur vie quotidienne, et de leur apprendremes neveux et comment réagir en cas de catastrophe naturelle,ma nièce. C’est comme des inondations ou un séisme. « Pour que les gens soient informés, il faut N Mariam, 56 ans et mère de dix enfants.notre devoir organiser des campagnes de sensibilisation, et c’est précisément ce que le PPRDde les protéger Sud essaie de faire », explique-t-elle. Un projet similaire est d’ailleurs en cours ded’euxmêmes et du réalisation au Liban, où une entreprise locale s’apprête à distribuer 125 000 CD-monde extérieur ». ROM comportant des jeux pour ordinateur via lesquels les enfants apprennent à éviter les accidents, que ce soit à la maison ou ailleurs, y compris dans la rue. Le lancement de cette initiative sera soutenu par une campagne dans les médias. Pendant ce temps, un projet ambitieux, financé par l’UE, est en cours de réalisation en Cisjordanie. Ce projet vise à inciter les jeunes à s’engager dans le bénévolat afin de compenser le manque cruel de personnel affecté à la protection civile dans les territoires occupés. Enfin, l’Égypte, qui est le pays le plus peuplé du Moyen-Orient, a désigné les enfants et les ménages comme les cibles prioritaires de ses mesures visant à prévenir les accidents domestiques. Pour Sameera, même si elle a perdu un fils, il n’est pas trop tard pour sauver les vies de milliers d’autres enfants en par- ticipant à de tels programmes de sensibilisation. Sameera : « Mes quatre autres fils restent, eux aussi, vulnérables, de même que mes neveux et ma nièce. C’est notre devoir de les protéger d’eux-mêmes et du monde extérieur ». Protection civile (PPRD Sud) Programme de prévention, de préparation et de réaction aux catastrophes naturelles et d’origine humaine (PPRD Sud) www.euromedcp.eu Pays participants Objectifs Algérie, Égypte, Israël, Le « Programme de prévention, de préparation et de réaction aux catastrophes Jordanie, Liban, Maroc, naturelles et d’origine humaine » (PPRD Sud) contribue à l’amélioration des capacités Territoire palestinien occupé, des pays partenaires méditerranéens en matière de protection civile au niveau Syrie, Tunisie, Albanie, international, national et local. Fort des résultats obtenus dans le cadre de deux Bosnie-Herzégovine, Croatie, programmes précédents, ce programme participe au développement d’une culture Monténégro et Turquie. La de la protection civile reposant sur la prévention plutôt que sur la réaction. Il travaille Libye et la Mauritanie ont un en coopération avec les autorités de la protection civile des pays partenaires, et statut d’observateur. sa gestion a été confiée à un consortium regroupant les autorités de la protection civile d’Italie, de France, d’Égypte et d’Algérie, ainsi que la Stratégie internationale de Durée prévention des catastrophes, des Nations unies (SIPC). 2009-2011 Pour en savoir plus Budget Fiche PPRD Sud> www.enpi-info.eu/mainmed.php?id=245&id_type=10 5 millions d’euros (ENPI/IPA) Portail thématique « Société civile & Autorités locales » de l’Info Centre ENPI> www.enpi-info.eu/thememed.php?subject=14 Projets en marche — Voisinage Sud 13
  • 13. sYrIE Un pont de la connaissance de part et d’autre de la Méditerranée En Syrie, le programme Tempus a financé 35 projets de mobilité qui ont permis à quelque 300 universitaires syriens d’étudier dans des universités européennes. Le programme Tempus (Trans-European Mobility Program for the University Studies) se base sur le transfert d’expériences entre établissements d’enseignement européens et établissements équivalents des pays du voisinage. Erasmus Mundus s’inspire du programme Erasmus, un programme européen qui soutient la coopération et la mobilité entre établissements européens d’enseignement supérieur avec de très bons résultats. Il offre un précieux cadre d’échanges et de dialogue entre les cultures et donnent à de nombreux étudiants syriens l’occasion d’achever leurs études dans des universités européennes. Texte et photos de Maurice Aaek DAMAS – Nombre d’étudiants syriens rêvent d’étudier en Europe. De l’autre côté « Voyager en de la Méditerranée, on nourrit un autre rêve : celui de partager l’enseignement supérieur de l’UE avec ses voisins – un rêve de dialogue interculturel entre les Europe m’a étudiants qui mènerait à terme à un monde meilleur. Lors de la journée « Étu- permis de mieux dier en Europe », organisée par la délégation européenne en Syrie, les étudiants aborder les sont venus partager leurs rêves mais également leurs craintes et préoccupations autres cultures. – sur le plan financier, linguistique et culturel. En même temps qu’ils s’emploient à J’y ai vu un autre identifier des solutions pour surmonter les difficultés financières des étudiants, les style de vie etN En Syrie, Tempus a financéenviron 35 projets en huit ans, programmes d’échange d’étudiants financés par l’UE s’efforcent également d’at- des méthodespermettant à des universitaires ténuer les craintes suscitées par l’adaptation à la vie à l’étranger Le renforcement de recherchesyriens de participer à deprécieux échanges avec les de la mobilité des étudiants entre pays est donc particulièrement importante. Se- différentes ... C’estuniversités européennes. lon Pascal Restel, administrateur de la section culturelle de l’ambassade de Suède une expérience à Damas, « Les Syriens qui n’ont jamais été en Suède vont se créer inoubliable » une image qui ne se base pas sur leur expérience personnelle. Cette image ne reflètera pas la réalité, comme ce serait le cas également pour un étudiant suédois qui n’est jamais venu en Syrie.» Selon Pas- cal Restel, l’expérience d’un ou deux étudiants fera peu de différence, tandis que la mobilité de milliers d’étudiants mènera à une meilleure compréhension et intégration dans les cultures. C’est exactement le genre d’expérience que Ziad Naser a eu la chance d’acquérir. Ziad, un étudiant en informatique, a passé neuf mois à l’Université de Brigh- ton au Royaume-Uni dans le cadre du programme d’échange Erasmus Mundus. 14 Projets en marche — Voisinage Sud
  • 14. N La journée « Étudier en Europe », organisée par la délégation européenne en Syrie.Le rêve d’étudier en Europe Ziad n’avait jamais pensé aller au Royame-Uni,surtout vu le climat politique international actuel – « Comment les Arabes pour-raient-ils être acceptés en Europe ? », se demandait-il. Mais son expérience lui a « Sur la baseouvert les yeux. « Voyager en Europe m’a permis de mieux aborder les autres cultu- des résultatsres. J’y ai vu un autre style de vie et des méthodes de recherche différentes ... C’est positifs obtenus,une expérience inoubliable. » Tempus et Erasmus Mundus sont des programmes de nombreuxfinancés par l’UE qui encouragent l’échange d’étudiants et d’expertise universitaire accords ont étéentre l’Europe et les pays du voisinage, dont la Syrie. Tempus promeut l’enseigne- conclus entrement supérieur dans les pays participants tandis qu’Erasmus Mundus finance des les universitésbourses pour encourager les échanges d’étudiants entre les universités participan- syriennes ettes en Europe et ses voisins. Tempus se base sur le transfert d’expertise entre les européennes »établissements d’enseignement européens et ceux des pays partenaires. En Syrie,Tempus a financé environ 35 projets en huit ans. La plupart de ces projets ont étémis en oeuvre dans les universités de Damas et d’Alep et ont permis à des universi-taires syriens de participer à de précieux échanges avec les universités européen-nes. Pour le Dr Rami Ayoubi, coordinateur du programme en Syrie, il s’agit d’uneopportunité importante pour développer le dialogue et stimuler le travail en ré-seau des universités. « Même s’il s’agit au final d’un programme qui implique untransfert de connaissances de pays plus avancés vers la Syrie, nous ne serons pas àmême de le mesurer rapidement. C’est un processus cumulatif qui prend du temps... Tempus s’attache à financer ce processus. » Le programme a octroyé environ 10millions d’euros à la Syrie pour la période 2002-2006. Il a été prolongé jusqu’en2013. En Syrie, Tempus réoriente ses objectifs, expliquer le Dr Ayoubi. L’objectif ini-tial était de développer des programmes d’études, mais aujourd’hui, il entend deplus en plus accorder un soutien plus important aux projets d’évolution sectorielleet structurelle, au bénéfice de l’enseignement supérieur en général.Stimuler le dialogue universitaire Erasmus, quant à lui, offre aux étudiantsl’occasion d’aller étudier quelque temps dans des universités européennes en of-frant des bourses aux étudiants du deuxième et troisième cycle. Selon Dr Ayman N Rami AyoubiHemada, coordinateur du projet à l’université d’Alep, Erasmus vise à combler le coordinateur du programme Tempus en Syrie.fossé culturel, linguistique et social tout en rapprochant les étudiants du Proche-Orient et de l’UE grâce à un programme de mobilité entre 11 universités européen-nes et neuf universités en Jordanie, en Syrie et au Liban. Selon le Dr Hemada, lesbourses couvrent toutes les dépenses : des billets d’avion aux frais d’inscription età l’assurance soins de santé. Le programme prévoit également une bourse men-suelle allant de 1000 euros pour les étudiants du deuxième cycle à 2.500 eurospour les membres de la faculté. Au cours de ces trois dernières années, le projeta accordé 35 bourses par an, 20 à des étudiants Syriens souhaitant étudier en Eu-rope et 15 à des étudiants européens souhaitant étudier en Syrie. Dr Rand Quwatli,coordinateur du programme Erasmus Mundus à l’université de Damas, fait part deson enthousiasme : « Nous avons pu envoyer des étudiants syriens de toutes lesdisciplines dans des universités européennes et ils s’avère avoir un très bon niveau.Parallèlement, nous avons également accueilli des étudiants venant des universi- Projets en marche — Voisinage Sud 15
  • 15. tés européennes. Sur la base des résultats positifs obtenus, de nombreux accords ont été conclus entre les universités syriennes et européennes. » Lors de son dis-« La plupart cours à la Journée « Étudier en Europe », le Dr Maher Kabakibi, le vice-ministre dedes étudiants l’Éducation, a souligné l’importance de la coopération avec l’Europe et a expliquédes universités que l’objectif du gouvernement était de mettre sur pied une collaboration officiellesyriennes avec des institutions de recherche étrangères avant la fin 2010. Une nouvelle loi arêvent été adoptée dans ce sens, a-t-il ajouté. Cette loi permet la création de programmesd’étudier en conjoints avec des universités européennes, ce qui permettra aux étudiants d’ob-Europe » tenir des diplômes dans les deux universités. Selon les statistiques officielles, 62 % des étudiants syriens à l’étranger étudient dans des universités européennes et plus de 75 % des universitaires ont été formés en Europe. La plupart des étudiants des universités syriennes rêvent d’étudier en Europe. Les programmes Tempus et Erasmus constituent un pas de plus vers la concrétisation de ce rêve. N En Syrie, Tempus a financé environ 35 projets en huit ans, permettant à des universitaires syriens de participer à de précieux échanges avec les universités européennes.Erasmus Mundus II – Action 2: PartenariatsPromotion de la coopération entre établissements d’enseignement supérieur en facilitant lespartenariats, la mobilité et les échanges d’étudiants, de chercheurs et de personnel universitairehttp://eacea.ec.europa.eu/extcoop/call/index.htmPays participants ObjectifsArménie, Azerbaïdjan, Belarus, Géorgie, L’Action 2 – Partenariats du programme Erasmus Mundus II a vocation à favoriserMoldova, Russie, Ukraine (Région Est) Algérie, une meilleure compréhension et l’enrichissement mutuel entre les pays de l’UEÉgypte, Israël, Jordanie, Liban, Maroc, Territoire et les pays tiers et, dans une perspective à moyen terme, à renforcer leurs lienspalestinien occupé, Syrie, Tunisie (Région Sud) politiques, culturels, éducatifs et économiques.Durée Budget Pour en savoir plus2009-2010 €29 millions d’euros Fiche du programme Erasmus Mundus> www.enpi-info.eu/mainmed.php?id=256&id_type=10&lang_id=469TEMPUS IV pour l’enseignement supérieurAppui à la modernisation de l’enseignement supérieur, création d’opportunités decoopération entre les acteurs de terrain et renforcement de la compréhensionhttp://eacea.ec.europa.eu/tempus/index_en.phpPays participants ObjectifsArménie, Azerbaïdjan, Belarus, Géorgie, Le programme de mobilité transeuropéenne pour l’enseignement supérieur (Tempus) soutientMoldova, Russie, Ukraine (Région Est) ; les initiatives des pays partenaires visant à moderniser leur système d’enseignement supérieur etAlgérie, Égypte, Israël, Jordanie, Liban, crée des opportunités de coopération entre les acteurs de l’enseignement supérieur de l’UnionMaroc, Territoire palestinien occupé, Syrie, européenne et des pays participants, au travers de projets communs. Il renforce égalementTunisie (Région Sud) la compréhension entre les cultures dans la mesure où il favorise le rapprochement entre les peuples et la convergence avec l’évolution de l’enseignement supérieur dans l’Union européenneDurée Budget entre 35 et 39 pour mener à la création d’emplois et à la croissance.2008-2013 millions d’euros par an (IEVP) Pour en savoir plus Fiche du programme Tempus> www.enpi-info.eu/mainmed.php?id=254&id_type=10&lang_id=469 ENPI Info Centre – Portail thématique éducation et formation > 16 www.enpi-info.eu/thememed.php?subject=11&lang_id=469 Projets en marche — Voisinage Sud
  • 16. tErrItoIrE pAlEstInIEn occupéBriser le murdu silenceDans le Territoire palestinien occupé, les femmes vivent depuislongtemps dans l’ombre des hommes de leur famille et sontfréquemment victimes d’abus passés sous silence. « Masarat »,un projet cinématographique financé par l’UE, a fait entendre lavoix de ces femmes et brisé des tabous de façon spectaculaire.Texte Elias ZananiriPhotos Elias Zananiri, MasaratJÉRUSALEM-EST – quand la station de télévision locale Al Fajr Al Jadid de Tulk-arem a diffusé Graines de grenade dorées, un court-métrage réalisé par GhadaTerawi dans le cadre d’un projet financé par l’UE visant à promouvoir le travaildes réalisatrices palestiniennes, l’effet a été immédiat. Dès les premières minutesdu film, des téléspectateurs furieux ont commencé à appeler en affirmant que «le film avait dépassé les bornes », commente Raja Nafee, cadre de la station detélévision. « J’ai dit à mon personnel de nepas réagir à ces appels mais de simplementdemander à leurs auteurs d’attendre la findu film pour s’exprimer. » À la fin du film,un quart d’heure après, l’ambiance avaitchangé. « Les gens se sentaient encouragéset beaucoup demandaient à ce qu’on fasseplus de films de ce type à l’avenir. » « Je croisque nous avons brisé le mur du silence. »Graines de grenade dorées juxtapose unconte oral traditionnel où une jeune fillegarde le silence sur des choses qu’elle a vueset qui la hanteront à jamais, à des histoiresvraies de femmes qui osent parler tout hautdes abus sexuels subis dans le cadre familial.Le message de ces femmes est direct : « Si tute tais une fois, tu te tairas pour toujours.»Un tabou a été brisé, déclare Nafee : quelques jours après la diffusion du film, un N Ghada Terawi sur le tournage de Graines deofficier de police lui a appris qu’en moins de 24 heures, 14 cas d’abus sexuels fami- grenade doréesliaux avaient été dénoncés par des jeunes filles au poste de police local.Effet boule de neige Ce qui s’est passé à Tulkarem s’est répété un peu partoutdans le Territoire palestinien occupé, où le film a été projeté dans des centres com-munautaires et sur des chaînes locales. Farha Abu Alheija, de Farah TV à Jénine, aexpliqué que des spectateurs l’avaient appelée après le film en demandant à ce Projets en marche — Voisinage Sud 17
  • 17. « Les gens se sentaient encouragés et beaucoup demandaient à ce qu’on fasse plus de films de ce type à l’avenir. Je crois que nous avons brisé le mur du silence” N Le projet Masarat a financé non seulement la production de quatre court-métrages, mais aussi 58 projections, comme celle-ci à Beit Fajjar. que davantage de cas semblables soient traités à l’avenir. Les écoles secondaires ne sont pas en reste car elles ont demandé à pouvoir montrer le film à leurs élèves. Quant à l’Office de secours et de travaux des Nations unies (UNRWA) et au minis- tère palestinien de la Santé, ils souhaitent utiliser le film dans leurs programmes de contact et de conseil pour l’égalité entre les hommes et les femmes. Graines de grenade dorées est l’un des quatre films réalisés par des Palestiniennes dans le cadre du projet « Masarat », entièrement financé (120 000 euros) par le programme régional d’information et de communication de l’UE. Ce projet a valu un succès «Dès le départ, spectaculaire à Shashat, une ONG cinématographique palestinienne qui s’attache je me suis dit à renforcer les capacités des réalisateurs palestiniens, en particulier les femmes. Sans toucher nécessairement une corde aussi sensible, tous les films propulsent les que le festival femmes sur le devant de la scène dans une société patriarcale extrêmement conser- ne devait pas vatrice. Dans Loin de la solitude, Sawsan Qaoud part d’une rencontre fortuite pour s’adresser suivre trois femmes de la campagne durant le dur périple qu’elles effectuent avant exclusivement l’aube entre leurs champs et le marché. Mahasen Nasser-Eldin raconte l’histoire à l’élite de Samia, une femme de 71 ans toujours fringante, active et engagée dont la vie intellectuelle… personnelle et professionnelle est marquée par sa lutte pour rester à Jérusalem et mais toucher promouvoir l’éducation des jeunes filles. Le quatrième film, Premier amour, réalisé un public aussiN L’affiche du festival Masarat. par Dima Abu Ghoush, raconte l’histoire de l’éclosion de l’amour romantique dans large que la vie de jeunes filles qui témoignent du rôle important joué possible.» par leurs parents dans la gestion de leurs émotions et de leurs dilemmes. Selon le Dr Alia Arasoughly, directrice générale de Shashat et directrice du projet Masarat, les enfants devraient avoir la possibilité non seulement de consommer mais aussi de créer de la culture. La culture, explique-t-elle, va bien au-delà des connaissances. Elle laisse une empreinte profonde dans les émotions et les sentiments. Pour cette raison, les femmes peu- vent et doivent assumer un rôle majeur dans la sensibilisation à la culture. Le financement apporté par l’UE au projet Masa- rat couvrait non seulement la production de quatre films mais également 58 projections et 25 présentations dans des centres communautaires et culturels de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza ainsi que 168 diffusions par des stations de télévision communautaires locales suivies de débats en direct. Après chaque présentation, une feuille de commentaires était distri- buée au public. Sur les 7 790 réponses, 7 285 étaient positives (2 139 jugeaient la présentation excellente, 2 934 très bonne et 2 212 bonne). Avec de tels résultats, l’ONG Shashat estime que le projet mérite d’être réalisé chaque année. 18 Projets en marche — Voisinage Sud
  • 18. Toucher un large public « Dès le départ, explique Mme Arasoughly, je me suis « Ces films ont dit que le festival ne devait pas s’adresser exclusivement à l’élite intellectuelle de la encouragé société ni concentrer ses activités sur le centre de la Cisjordanie, mais toucher un l’ouverture d’un public aussi large que possible. » Elle voulait créer une vaste plate-forme en orga- débat sur le rôle nisant, dans des lieux multiples et socialement diversifiés, des projections suivies des femmes. de débats. Pour l’UE, le projet a « dépassé toutes les attentes en touchant le coeur du public et en générant des débats sur des sujets difficiles, voire tabous », com- Nous avons mente Alix de Mauny qui, en sa qualité de responsable presse et information du beaucoup à bureau d’assistance technique de la Commission européenne pour la Cisjordanie apprendre de laN Alia Arasoughly directrice et la Bande de Gaza, a été associée de près à Masarat. « Comme les réalisatrices façon si positivegénérale de Shashat etdirectrice du projet Masarat. ont trouvé elles-mêmes leurs sujets et décidé elles-mêmes de la manière de les et constructive traiter, elles ont pu puiser dans les préoccupations réelles des Palestiniennes et ont avec laquelle réussi à poser des questions brûlantes sans jamais faire mine de sermonner le pu- ils ont réussi blic.» Masarat a permis aux femmes de faire entendre leur voix : « Nous avons res- à aborder des senti vivement tout ce que nous n’osons jamais exprimer, et cela nous a donné la sujets à ce point confiance de penser que quelque chose peut être fait ! », a commenté une femme difficiles » de Bethléem après une projection de Graines de grenade dorées. « Il faut parler de ce genre de choses. » Alix De Mauny est en effet frappée de voir à quel point les sujets soulevés ont trouvé des échos dans d’autres parties du monde, y compris en Europe. « Ces films ont encouragé l’ouverture d’un débat sur le rôle des femmes. Nous avons beaucoup à apprendre de la façon si positive et constructive avec laquelle ils ont réussi à abor- der des sujets à ce point difficiles. » N Une scène du film Graines de grenade dorées. Programme régional d’information et de communication Ce programme vise à sensibiliser l’opinion publique en vue d’une meilleure compréhension de l’Union européenne et de ses relations avec les pays de l’IEVP, par un soutien des journalistes et des médias dans la production d’information, et par la formation Pays participants Objectifs Arménie, Azerbaïdjan, Le programme se propose de sensibiliser l’opinion publique en vue d’une meilleure Belarus, Géorgie, Moldavie, connaissance de l’Union européenne et de ses relations avec les pays de la politique de Russie, Ukraine (Est), voisinage, et de susciter localement une volonté d’implication et d’appropriation commune. Algérie, Égypte, Israël, Il explique les politiques menées et met également en relief l’aide au développement Jordanie, Liban, Maroc, déployée par l’Union dans la région. Il facilite la coopération entres les journalistes et Territoire palestinien les médias, aide à construire des réseaux de communication durables et soutient le occupé, Syrie, Tunisie (Sud) développement permanent de la liberté d’opinion et d’expression, dans l’espoir de contribuer à l’émergence d’un environnement propice au dialogue et à la compréhension Durée mutuelle. 2008-2011 Pour en savoir plus Budget Site Internet de Shashat > www.shashat.org/ 19 millions d’euros (12 Fiche sur le programme régional d’information et de communication > millions d’euros au titre www.enpi-info.eu/mainmed.php?id=247&id_type=10 de l’IEVP Sud et 7 millions Bureau d’assistance technique de la Commission européenne pour la Cisjordanie et la Bande d’euros de l’IEVP Est) de Gaza > www.delwbg.ec.europa.eu/ Projets en marche — Voisinage Sud 19
  • 19. IsrAël L’échange d’expérience au service de l’égalité des chances Dès les deux premières années qui ont suivi sa mise en place, la Commission israélienne pour l’égalité des chances dans l’emploi (EEOC) a renforcé la lutte contre la discrimination à l’emploi. Aujourd’hui, la Commission continue d’accumuler une précieuse expérience en travaillant en partenariat avec un expert britannique détaché en Israël dans le cadre d’une initiative de jumelage financée par l’UE. Texte et photos Yair Qedar Tel Aviv – Un jour de septembre 2009 – on aurait pu entendre une mouche voler dans le Tribunal du travail de Tel Aviv. Un Abdelkarim Kadi très nerveux se tenait devant le juge qui se mit lentement à lire le verdict. Dans le procès opposant M. Kadi aux Chemins de fer israéliens pour discrimination… l’État reconnaît finale- ment la culpabilité de la société israélienne. La lecture du verdict marque la fin d’une longue procédure, intentée dans des circonstances tragiques. Un train avait causé la mort de cinq personnes à un passage à niveau. Suite à cet accident, la société des chemins de fer israéliens prit la décision de modifier la procédure de recrutement des gardiens chargés de la surveillance des passages à niveau... et d’exclure tous ceux qui n’avaient pas fait leur service militaire. Or M. Kadi est unN Bob Niven Israélien arabe. N’ayant pas servi dans l’armée israélienne, il ne pouvait pas deve-Conseiller résident à la nir gardien de passage à niveau. Mais il ne s’est pas laissé faire. Avec l’aide de laCommission pour l’égalitédes chances dans l’emploi, Commission israélienne pour l’égalité des chances dans l’emploi, il a intenté uneJérusalem, Israël action en discrimination contre les chemins de fer israéliens. « Une affaire très in- téressante – et qui s’est très bien terminée selon nous », explique Tziona Koening Yair, commissaire nationale de l’EEOC. « Nous avons fini par gagner le procès. Le tribunal a en effet décidé que le fait d’avoir servi dans l’armée ne constituait pas un critère d’embauche pertinent et qu’il y avait dès lors discrimination. Un verdict qui va permettre à M. Kadi de décrocher ce poste. » La discrimination en matière d’emploi C’est Mme Koenig-Yair qui a mis en place cette Commission il y a de cela moins de deux ans. L’organisme se concentre sur la lutte contre la discrimination à l’emploi 20 Projets en marche — Voisinage Sud
  • 20. fondée sur le genre, une grossesse, l’âge, la religion, l’origine ethnique, la natio- nalité, l’orientation sexuelle, l’état civil, les convictions, une affiliation à un parti et le statut de réserviste dans les forces armées. « Actuellement, l’EEOC défend prioritairement les femmes, les communautés arabes, les juifs orthodoxes et les aînés », explique Mme Koening- Yair, qui souligne le fait qu’Israël s’est dotée d’une« Israël s’est « législation abondante et progressiste dans le domaine de la discrimination et dedotée d’une l’égalité, en particulier dans le domaine de l’emploi, mais que son respect n’est paslégislation suffisamment assuré ». « Désireux d’améliorer notre travail, nous avons introduit N Tziona Koenig-Yairabondante et une demande de soutien dans le cadre du projet de jumelage – et notre candida- Commissaire nationale àprogressiste ture a été retenue. » Il s’agit d’une initiative euro-méditerranéenne visant à jumeler la Commission de l’égalité un pays du voisinage avec un État membre de l’UE. L’expérience et les connaissan- des chances dans l’emploidans le (EEOC). ces du pays de l’UE peuvent être mises en pratique dans le pays partenaire pardomaine de la le biais d’un conseiller (« mentor ») détaché dans ce pays. En juillet 2009, la Com-discrimination mission européenne et l’EEOC ont accepté une offre conjointe du Northern Ire-et de l’égalité, land Equality Commission (NIEC) et du Northern Ireland Public Sector Enterprisesen particulier (NICO), un organisme disposant d’une précieuse expérience dans l’administrationdans le domaine de projets de jumelage. Bob Niven a ainsi été détaché en qualité de conseiller. Dede l’emploi, 1993 à 2000, M. Niven a été directeur du département « législation et politique demais son l’égalité des chances » de la fonction publique britannique. De ce fait, il a été enrespect n’est pas charge de tous les domaines en rapport avec le genre et le handicap, mais aussi lasuffisamment discrimination raciale dans le domaine de l’emploi et de l’enseignement, ainsi que « Travaillerassuré » de la stratégie nationale d’accueil des enfants au Royaume-Uni. avec l’UE dans le cadre d’un Sensibilisation à l’égalité sur le lieu de travail projet de « Ce programme est spécifiquement axé sur la promotion des bonnes pratiques de jumelage est, travail et d’emploi auprès des employeurs », explique M. Niven. « Il entend égale- ment concevoir et mettre en oeuvre une campagne à long terme visant à sensibili- selon moi, une ser le public à l’égalité au travail ; développer des bases de données accessibles et occasion en or actualisées en permanence ainsi que des rapports sur l’égalité en Israël et sur les de promouvoir grandes affaires de discrimination dont les tribunaux d’Israël et d’ailleurs ont été nos objectifs » saisis. Enfin, il se propose d’aider l’EEOC à élaborer une stratégie à long terme qui sera mise en oeuvre dès janvier 2012. » M. Niven explique également que même si l’arsenal législatif est impressionnant sur papier, il faut consentir davantage d’ef- forts pour faire appliquer la législation. « On observe d’importantes différences en termes de taux d’emploi – et de revenus – entre les différents groupes vivant en Israël, notamment les femmes, les arabes, les aînés et les juifs orthodoxes. » M. Niven reconnaît toutefois qu’on ne pourra pas changer du jour au lendemain la situation en Israël dans le domaine de l’égalité : « Nous allons devoir faire évoluer N Un centre commercial à Jérusalem, Israël – La nouvelle Commission pour l’égalité des chances a pour mission d’assurer l’égalité afin de refléter la diversité de la société israélienne. Projets en marche — Voisinage Sud 21
  • 21. N La diversité dansla vie quotidienne : la les mentalités et les attitudes en sensibilisant les employeurs aux avantages de la « Nous allonsCommission pour l’égalité diversité ; montrer aux employeurs et aux citoyens qu’ils peuvent aussi contribuer devoir fairedes chances entendprotéger les intérêts de au changement ; améliorer l’information directe sur l’application de la législation évoluer lestous les groupes de la et des bonnes pratiques, et, si nécessaire, montrer que la législation sera appli- mentalités etsociété israélienne. quée. L’EEOC peut jouer un rôle clé à ces différents niveaux en travaillant en coopé- les attitudes en ration avec les employeurs, les ONG et le gouvernement. Et comme je l’ai dit, des sensibilisant progrès sont déjà perceptibles. » Mme Koenig-Yair partage-t-elle cet avis ? « Il ne fait aucun doute qu’Israël peut et doit apprendre beaucoup des États membres de les employeurs l’UE. Même si ce pays s’est doté d’une législation progressiste, ses ressources sont aux avantages encore fort limitées. Travailler avec l’UE dans le cadre d’un projet de jumelage est, de la diversité selon moi, une occasion en or de promouvoir les objectifs de la Commission. Cette ; montrer aux initiative va nous permettre de développer la coopération avec les employeurs et employeurs de mieux sensibiliser le grand public israélien. et aux » Une telle expérience peut être particulière- citoyens qu’ils ment précieuse, notamment dans des cas de peuvent aussi discrimination comme celle dont K, une jeune contribuer au femme du Sud a été victime. K. travaillait dans changement.» une usine. Quand elle est tombée enceinte, ses employeurs ont tout fait pour qu’elle s’en aille : elle ne pouvait plus utiliser l’ordinateur ni parler aux autres travailleurs, et elle a été transférée dans une zone où elle était exposée à un environnement toxique. K, qui s’expri- mait sous le couvert de l’anonymat, a contacté l’EEOC. Ses employeurs ont fini par la licencier et la Commission la représentera bientôt lors du procès. Elle espère bien avoir gain de cause et retrouver son emploi. Avoir à gérer de telles affaires a beaucoup apporté à Mme Koenig- Yair. « J’ai appris qu’un réel changement social n’est possible que si tous les acteurs concer- nés – les employeurs, le personnel, la société civile et le gouvernement – sont associés. Se- lon moi, la Commission a pour mission d’ini- tier ces processus et de les concrétiser. » JUMELAGE Dans un premier temps, le jumelage a été mis en oeuvre sur l’initiative de la Commission européenne pour aider les pays candidats à l’adhésion à acquérir les compétences et l’expérience indispensables pour adopter et mettre en application l’acquis communautaire. Depuis 2004, ce dispositif s’étend aux pays de la région de l’IEVP. Conçus pour répondre aux besoins, les projets de jumelage rassemblent les compétences du secteur public des États membres de l’Union européenne et des pays partenaires dans le but d’améliorer les activités de coopération. Les projets de jumelage sont des projets conjoints, du ressort des deux administrations partenaires. Le pays partenaire en assure l’entière gestion. www.enpi-info.eu/mainmed.php?id=173&id_type=10&lang_id=469 Pour en savoir plus… Fiche jumelage > http://www.enpi-info.eu/mainmed.php?id=173&id_type=10&lang_id=469 Instruments de coopération internationale > http://www.enpi-info.eu/mainmed.php?id=339&id_type=10 22 Projets en marche — Voisinage Sud
  • 22. entretien avec Stéphanie HorelFamiliariser lesfonctionnairesdes pays Le Programme EuroMed Formation des administrations publiques a pour mission de développer la capacitépartenaires de gestion des administrations publiques des pays partenaires méditerranéens et de former leurs fonctionnaires aux affaires européennes. L’objectif est iciaux affaires de faciliter la mise en oeuvre des accords d’association. Dans une interview, la coordinatrice du programme,européennes Stéphanie Horel, a expliqué à l’ENPI Info Centre qu’une des principales réalisations du programme était l’organisation d’une soixantaine d’activités de formation et de mise en réseau, qui ont permis à plus de 1500 fonctionnaires et experts des pays partenaires et des États membres de l’UE d’échanger des idées et des bonnes pratiques sur des aspects de l’administration publique intéressant les deux entités.Q: Quelle est l’ambition du projet? commun. Cela doit permettre d’améliorer la compréhension et laStéphanie Horel: Le Programme EuroMed Formation des admi- confiance mutuelles dans le contexte de notre avenir commun.nistrations publiques s’emploie à promouvoir le partenariat médi- Vous attendez-vous à un impact à long terme ou à un effet de chaî-terranéen en soutenant la mise en oeuvre des accords d’associa- ne?tion. Les principaux acteurs du processus étant les administrations Nous pouvons déjà observer un tel effet de chaîne avec la créationpubliques, le programme vise à aider les fonctionnaires à se fami- de l’association MEDPAN d’écoles euro-méditerranéennes d’admi-liariser avec les principaux aspects des affaires européennes et à nistration publique. Elle a pour objectif d’officialiser le réseau créérenforcer la coopération entre les administrations publiques des dans le cadre du programme et d’assurer la durabilité de ses acti-deux rives de la Méditerranée. Il a pour premier objectif de former vités.des fonctionnaires des pays méditerranéens et de créer ensuite Quelle est à vos yeux la principale réalisation du programme ?- et c’est là son second objectif - un réseau euro-méditerranéen Assurément l’organisation d’une soixantaine d’activités de for-d’écoles d’administration publique afin d’améliorer la coopération mation et de réseau qui ont permis à plus de 1500 fonctionnairesà l’échelon régional, national et local. et experts des dix pays méditerranéens partenaires et des ÉtatsComment le programme réalise-t-il ses objectifs ? membres de discuter et d’échanger leurs idées et leurs bonnesDurant sa première phase, le programme s’est concentré sur les pratiques sur des questions concernant les administrations pu-activités de formation aux affaires européennes. Au total, 49 sé- bliques des deux entités. Nous avons également réussi à établirminaires de formation ont ainsi été organisés, autour de 5 modu- des relations et des pratiques de travail durables tant au niveau deles : « Le BA-BA de l’UE » axé sur le fonctionnement de l’UE, « l’UE l’approche sud-nord que de l’approche sud-sud, lesquelles conti--Perfectionnement », la mise en oeuvre des accords d’association, nueront à se développer.les « Programmes de l’UE » traitant de la gestion du financement Quel a été le plus grand défi, en termes de mise en oeuvre ?européen, la « Politique européenne de voisinage » expliquant La mise en oeuvre du programme s’est déroulée sans heurt, tou-les possibilités de formation, l’accent étant à chaque fois mis sur tefois, comme c’est d’ailleurs le cas pour tout programme de dé-les trois instruments s’adressant aux administrations publiques, à veloppement des capacités, le principal défi est de pérennisersavoir : SIGMA, TAIEX et Twinning, et le module de formation de les résultats obtenus et de renforcer encore la coopération et lesformateurs. Au cours de la deuxième phase, nous nous sommes échanges entre les administrations publiques euroméditerranéen-davantage concentrés sur les activités de mise en réseau. Nous nes, en particulier dans le cadre de l’Union pour la Méditerranée.avons ainsi organisé des conférences et des activités pour les éco-les euro-méditerranéennes d’administration publique, en mettantl’accent sur deux thèmes: La gouvernance territoriale et la qualité Une bonne soixantaine d’activités de formationde la formation des fonctionnaires. et de travail en réseau ont été organisées, etQuel est l’impact attendu du programme pour les citoyens des payspartenaires ? plus de 1500 fonctionnaires et experts ont ainsiNous attendons entre autres du programme le renforcement des pu échanger idées et bonnes pratiques surcapacités de gestion des administrations publiques et la créa- des questions intéressant les administrationstion de pratiques de travail durables autour de thèmes d’intérêt publiques des deux entités. Projets en marche — Voisinage Sud 23
  • 23. lIbAn, IsrAël, tErrItoIrE pAlEstInIEn occupé Lutter contre les discriminations et les violences à l’égard des femmes L’égalité entre les hommes et les femmes et la lutte contre les violences à l’égard des femmes comptent parmi les priorités du programme EGEP « Promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes dans la région euro-méditerranéenne », qui évalue actuellement la situation dans 9 pays méditerranéens partenaires. Mettre fin aux violences à l’encontre des femmes est une priorité, a déclaré Judith Neiss, directrice du programme, avant d’ajouter que la représentation des femmes était un autre volet clé. Le projet prépare à ce sujet un rapport général et 9 rapports nationaux, dans le but de définir des priorités et de mettre en oeuvre des activités régionales répondant aux besoins identifiés. Texte ENPI Info Centre/ANSA Photos Cawtar/ EPEG/ Euromed Heritage II BRUXELLES – « Le droit de la famille ne permet souvent pas d’inculper les maris “A top priority se rendant coupables d’actes de violence. On parle de disputes ou de tensions for women in familiales, et le phénomène est quelque peu banalisé, » explique Mme Neisse. Le Israël is programme EGEP entend soutenir la réalisation d’une étude nationale en Jordanie to challenge et au Liban. Un autre grande problématique est celle du rôle des femmes dans le existing processus de prise de décision, tant dans la sphère publique que privée. « Dans restrictions on plusieurs pays, les femmes souffrent d’un statut inférieur étant donné que la légis- lation, le droit privé et le droit de la famille sont toujours influencés par la religion. marriage and D’où, souvent, une approche archaïque, notamment en ce qui concerne le mariage divorce still ou le divorce, » ajoute-elle. Intégrer le droit familial dans la législation est ainsi l’un handled in des objectifs de l’EGEP. Ce programme se propose de créer à l’échelon régional des religious sous-groupes de pays partenaires, chargés d’élaborer des formations à l’échelon courts”N Yael Slater sous-régional. « Une fois les données recueillies et les priorités identifiées, nous Yael Slaterchercheuse au Centre Adva ; Israël. organiserons, en 2010-2011, des formations autour d’une série de thèmes priori- taires pour les différents groupes de pays », explique la directrice du programme. 24 Projets en marche — Voisinage Sud
  • 24. La situation dans les pays méditerranéens partenaires a aussi été examinée lors d’une réunion organisée à Bruxel- les, en mars 2010, au cours de laquelle des journalistes de«Au Liban, les l’agence de presse ANSA se sont entretenus avec certainsfemmes souffrent participants.d’une doublediscrimination. Les Libanaises victimes d’une doubleÀ la discriminationdiscrimination Au Liban, les femmes souffrent d’une double discrimina-religieuse tion. À la discrimination religieuse s’ajoutent les diver-s’ajoutent ses discriminations entretenues par la communauté (18 au total) à laquelle elles appartiennent. Ghada Jabbour,les diverses de l’ONG locale « Kafa (Stop) à la violence et à l’exploi-discriminations tation » explique que les femmes libanaises sont soumi-entretenues par ses à la maison, et qu’elles ne peuvent dès lors jouer unla communauté rôle clé dans la société. Le système actuel, qui se reflète(18 au total) à encore dans le code pénal, reste de type patriarcal. » Etlaquelle elles elle poursuit: « Les associations de femmes s’emploientappartiennent » à améliorer le statut de la femme au sein des différentesGhada Jabbour communautés ou demandent l’introduction d’un code civil fondé sur l’égalité ». La violence, notamment la vio- lence domestique « n’est heureusement plus une ques- tion taboue. Et un projet de loi est en préparation au sein du gouvernement » ajoute-elle. Ce que l’on sait moins, précise-t-elle, c’est que « N Ghada Jabbour ONG locale « Kafa (Stop) à la environ 200.000 travailleuses domestiques d’origine immigrée sont victimes de violence et à l’exploitation », discriminations et d’exploitation à des fins sexuelles. » L’industrie du sexe génère Liban. par ailleurs un phénomène de traite des femmes. La religion fait encore la loi en Israël Pour les Israéliennes, une des priorités fondamentales est la levée des restrictions relatives au mariage et au divorce, qui relèvent encore des tribunaux religieux, explique Yael Slater, chercheuse au Centre Adva, à Tel Aviv. « Les juifs ne peuvent pas épouser des non-juifs, par exemple, et les trois religions sont très strictes sur la question du divorce, les hommes étant par ailleurs toujours favorisés. » Les affaires de divorce doivent être examinées par des tribunaux religieux. Pour Janet Shalom, membre de la commission gouvernementale sur l’égalité entre les hommes et les femmes, le divorce surtout reste problèmatique dans les trois religions. Pour Slater, «Le droit de la les Israéliennes sont aussi confrontées à une application insuffisante de la législa- famille ne permet tion relative à l’emploi, à une détérioration générale des conditions d’emploi, à des souvent pas restrictions à leur entrée à l’armée et à des restrictions en matière d’avortement. d’inculper les Elles sont par ailleurs peu représentées en politique. maris se rendant N Judith Neisse directrice du programme coupables d’actes EGEP de violence. On parle de disputes familiales, de tensions» Judith Neisse Projets en marche — Voisinage Sud 25
  • 25. La culture palestinienne, source de discriminations La culture qui prévaut dans la société palestinienne est de nature à maintenir la discrimination à l’encontre des femmes et elle légitime la violence domestique. Selon Hanan Abu Goush, du Centre d’aide et de conseils juridiques pour les fem- mes de Ramallah, alors que l’égalité est inscrite dans la Constitution, la situation est très différente dans les faits, et le droit familial et le code pénal doivent donc être modifiés pour mettre fin à la discrimination. « Les crimes d’honneur restent monnaie courante, autorisant pour ainsi dire les hommes à tuer en toute impu- nité des femmes de leur propre famille, » explique-t-elle. Pour pouvoir se marier,« Même si la poursuit Mme Goush, « une femme doit demander l’autorisation du chef de familleConstitution masculin. Faute d’accord, elle devra faire appel au juge. Cet accord n’est pas requis si la femme est divorcée et qu’elle a plus de dix-huit ans. « Le divorce et la garde despalestinienne enfants avantagent toujours le mari », déplore-t-elle, ajoutant que les femmes fontreconnaît également l’objet de discriminations en matière d’héritage, une question régie parl’égalité, dans la Sharia, même si cette loi n’est jamais appliquée.“les faits, lasituation est très N Hanan Abu Goush Centre d’aide et de conseilsdifférente, et le juridiques pour les femmes,droit familial et Territoire palestinien occupé.le code pénaldoivent doncêtre modifiés »Hanan Abu Goush Promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes dans la région euro-méditerranéenne Soutien à l’égalité entre les hommes et les femmes et à la mise en oeuvre de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW), renforcement des connaissances sur le phénomène de la violence à l’égard des femmes et soutien au suivi de la conférence ministérielle d’Istanbul sur les femmes. www.euromedgenderequality.org/index.php Pays participants Objectifs Algérie, Égypte, Israël, Vise à promouvoir trois grandes priorités : Appui à la dynamique actuelle en faveur de l’égalité entre Jordanie, Liban, Maroc, les sexes et des droits des femmes ainsi qu’à l’application, dans son intégralité, de la CEDAW et des Territoire palestinien instruments juridiques apparentés, contribution à une meilleure connaissance des violences à caractère occupé, Syrie, Tunisie sexiste et appui au suivi des conclusions et du cadre d’action de la conférence ministérielle d’Istanbul sur le « Renforcement du rôle de la femme dans la société ». Calendrier 2008–2011 Pour en savoir plus Fiche de l’EGEP > www.enpi-info.eu/mainmed.php?id=250&id_type=10&lang_id=469 Budget Dossier de presse ENPI Info Centre sur l’égalité entre les hommes et les femmes > 4,5 millions d’euros www.enpi-info.eu/mainmed.php?id=71&id_type=3&lang_id=469 26 Projets en marche — Voisinage Sud
  • 26. tunIsIEUne expérienced’avantgarde qui atransformé la médinaPendant des années, la médina de Mahdia souffrait de l’absencede collecte régulière des déchets ménagers. Aujourd’hui, grâce àune succession de programmes de coopération urbaine financéspar l’Union européenne, le dépôt des ordures est devenu unréflexe pour les habitants, et le quartier s’est transformé.Texte et photos par Lotfi Touati MAHDIA – C’est devenu un réflexe pour les habitants de cette coquette médina ancestrale de la ville tunisienne de Mahdia. Tous les soirs, depuis près de deux ans, ils ont pris l’habitude de déposer d’une manière régulière les déchets ménagers devant leur domicile dans des sachets en prévision du passage des agents de la municipalité chargés de la collecte. Un geste ordinaire voire anodin de prime abord, mais qui a nécessité une action d’envergure et un budget de taille, dont la plus grande partie – 120 000 euros – financée par l’Union européenne. En fait ce quartier de la ville arabe de Mahdia a durant des années souffert de l’absence de collecte régulière des déchets ménagers en l’absence de matériel roulant adéquat. N Samir Gandoura En effet, l’architecture des ruelles érigées à l’époque des Fatimides est dotée d’un administrateur à l’association charme certain, mais ne permettait pas d’accueillir les véhicules utilisé par les de sauvegarde de la médina de Mahdia. services municipaux pour la collecte des déchets ménagers. L’histoire de la ville remonte au Xè siècle. Elle a été construite par le calife Fatimide, Obeid Allah El Mehdi, d’où le nom de la ville qui connut une période florissante sous son règne, époque à laquelle remonte la grande mosquée, qui fait la fierté des habitants de la ville. Toujours est-il que le quartier a été construit en forteresse, ce qui explique l’exiguïté des rues et la difficulté de répondre aux exigences de la vie moderne. Un travail de longue haleine M. Samir Gandoura, administrateur à l’association de sauvegarde de la médina de Mahdia, explique que cette action a nécessité un travail de longue haleine, entrepris en partenariat avec l’Union européenne depuis 2004 dans le cadre d’une succession de programmes de coopération urbaine, axés sur le développement durable. La première étape a été franchie par le programme MED’ACT (2004-2006), avec un financement global de l’Union européenne s’élevant à 567 530 euros : « Nous étions confronté à un problème d’enlèvement des déchets ménagers en Projets en marche — Voisinage Sud 27
  • 27. N L’architecture des rues étroites à Mahdia« Les habitants de a sans doute un certain charme, mais elles nela médina vivent peuvent pas accueillirle résultat au les véhicules utilisés par les autoritésquotidien » municipales pour la collecte des déchets ménagers raison de l’inadaptation du matériel disponible avec la configuration de la médina. En partenariat avec l’Union européenne, nous avons commencé par une étude pour diagnostiquer le contenu du couffin de la ménagère et également de la poubelle des habitants de la médina pour pouvoir entreprendre une action conforme à leurs besoins. » « Les résultats ont démontré que 65% des déchets sont organiques, un chiffre élevé comparé aux déchets ménagers d’un européen moyen. Nous avons donc acquis un matériel roulant spécifique, en mesure d’évoluer confortablement à travers les dédales de la médina et d’enlever régulièrement les ordures ménagères. » Il a fallu sensibiliser les résidents afin qu’ils déposent à des heures fixes leurs déchets dans des sacs poubelles juste avant le passage de l’équipe de ramassage afin d’éviter que leurs contenu ne soit déversé dans la rue – une action pertinente, selon les responsables, qui mérite d’être actuellement consolidée. Quatre ans « L’expérience sur après la conclusion de cette phase du projet, c’est un bel exemple de la pérennité le plan technique de l’action de l’Union européenne, se situant dans une vision de coopération de constitue une longue durée, qui permet par la suite aux administrations locales de s’approprier réussite. Nous les bonnes pratiques. Les habitants de la médina vivent le résultat au quotidien. sommes même Mohamed Turki, employé dans une entreprise de fabrication de savon, est né au en mesure d’offrir coeur de cette médina il y a une cinquantaine d’années. Il habite dans un pavillon notre assistance hérité de ses parents qu’il a retapé avec passion. « Ce quartier fait partie de notre à d’autres villes patrimoine et je suis heureux que l’expérience de la collecte des déchets ménagers dans le cadre de la N Quatre ans après le début du a réussi et a permis d’offrir, à nous et aux visiteurs, un aspect attrayant. Le dépôt du projet de collecte des déchets, coopération » sachet des ordures ménagères est devenu pour nous un réflexe quotidien. » les résidents ainsi que les responsables reconnaissent qu’il est un bel exemple de la continuité de l’action de l’Union Regardez comme c’est propre… européenne. Cet avis est partagé par M. Mohamed Fraj, retraité de 75 ans. « J’ai vécu dans ce quartier que je connais parfaitement. Je peux vous affirmer que ce projet de ramassage des ordures est considéré à juste titre comme concluant et a permis d’embellir la médina. Regardez comme c’est propre » dit-il en pointant du doigt une ruelle. À la suite de ce succès, d’autres projets financés par l’Union européenne ont pris le relais, notamment les projets SHAMS et GODEM, ce dernier dans le cadre du programme interrégional européen CIUDAD, qui vise à aider les administrations locales des pays du Voisinage à s’attaquer durablement aux problèmes de développement urbain, en encourageant la coopération entre les acteurs locaux et leurs homologues de l’UE. Le projet SHAMS – financé à Mahdia d’un montant de 90 000 euros par l’UE dans 28 Projets en marche — Voisinage Sud
  • 28. le cadre du programme MED-PACT (contribution globale de l’UE 600 000 €), le successeur de MED’ACT – se rapporte aux déchets organiques émanant des jardins publics et autres, et leur recyclage en composte. M. Gandoura explique que ce projet est techniquement en bonne voie. Un jeune entrepreneur a créé une unité de compostage qui a donné un produit fiable, certificat d’expertise à l’appui « Quatre ans après émanant d’institutions universitaires. Cependant il se heurte à une réticence des la conclusion de utilisateurs. Il est difficile de convaincre des agriculteurs habitués depuis des cette phase du années à utiliser des engrais traditionnels à opter pour de nouvelles formules. « projet, c’est un L’expérience sur le plan technique constitue une réussite. Nous sommes même en bel exemple de mesure d’offrir notre assistance à d’autres villes dans le cadre de la coopération. la pérennité de Mais je pense qu’une action de sensibilisation des utilisateurs est souhaitable. » Le l’action de l’Union projet GODEM quant à lui évolue dans de bonnes conditions, avec un soutien de européenne » l’UE s’élevant à 492 000 euros. Il se rapporte à l’optimisation des déchets hôteliers de la région de Mahdia, de Sousse et de Djerba. Les conventions sont signées et l’on n’attend plus que le passage à la phase concrète, qui ne va pas tarder. N L’enlèvement des déchets est devenu un réflexe pour les habitants de la médina de Mahdia et le quartier a été transforméCIUDAD – Développement urbain durableCIUDAD vise à aider les gouvernements locaux des pays du Voisinage à s’attaquerdurablement aux problèmes de développement urbain, en encourageant lacoopération entre les acteurs locaux et leurs homologues de l’UEwww.ciudad-programme.eu/index.phpPays participants ObjectifsAlgérie, Égypte, Israël, Le programme CIUDAD (« Cooperation in Urban Development and Dialogue », Coopération en matièreJordanie, Liban Maroc, de développement urbain et dialogue) entend promouvoir la compréhension mutuelle, le dialogueTerritoire palestinien et la coopération entre les acteurs locaux de l’UE d’une part et des pays partenaires du Sud et de l’Estoccupé, Syrie, Tunisie ; du Voisinage (région IEVP) d’autre part. À cet effet, il soutient le renforcement des capacités pour laArménie, Azerbaïdjan, modernisation et le renforcement des gouvernements locaux et régionaux. Il vise également à mettreBelarus, Géorgie, en place de nouveaux partenariats et à renforcer les partenariats existants entre autorités locales etMoldavie, Russie, régionales de la région de l’IEVP (sud-sud, est-est et sud-est) afin de pérenniser les réalisations au-delàUkraine de la durée de vie du programme. CIUDAD profite des travaux des précédentes initiatives comme les programmes MED’ACT et MEDPACT financés au titre de l’instrument MEDA (Sud) et les programmes TCASDurée et IBPP financés par l’instrument TACIS (Est), entre autres.2009–2013 Pour en savoir plusBudget Fiche du projet GODEM > www.ciudad-programme.eu/grant_pdfs/8_BRUSSELS.pdf€ 17 million Fiche du programme CIUDAD > www.enpi-info.eu/mainmed.php?id=336&id_type=10&lang_id=469 Portail thématique Société Civile et Autorités Locales de l’ENPI Info Centre www.enpi-info.eu/thememed.php?subject=14&lang_id=469 Projets en marche — Voisinage Sud 29
  • 29. Entretien avec Andreas OberenzerRedonner au hammamune place centraledans la communautéLe hammam, qui occupait autrefois une place centrale dans toute ville islamique,risque de disparaître en tant qu’espace public vivant. Hammamed, un projet de troisans financé à hauteur de 1,19 million d’euros dans le cadre du programme EuromedHeritage IV, financé par l’UE, se bat pour inverser la tendance. Dans une interviewaccordée à l’ENPI Info Centre, Andreas Oberenzer, coordinateur adjoint du projet,explique comment Hammamed s’efforce, avec la participation des populationslocales, de redonner au hammam une place centrale dans la communauté.Q: Quelle est l’ambition du projet? le cadre de nos actions ciblant ces deux hammams pourront ainsiAndreas Oberenzer : Le hammam est un des éléments clés du être transposées et étendues à toute la région.patrimoine des villes islamiques traditionnelles. Il a de tout temps Quel est l’impact pour les citoyens des pays partenaires ?joué un rôle d’intégration dans la vie publique tout en remplissant Nos ateliers ont pour but de faire redécouvrir le hammam aux ha-diverses fonctions : hygiéniques, sociales et religieuses. Mais le bitants des quartiers et cette activité affiche un très beau taux dehammam risque aujourd’hui de disparaître. Dans toute la région, réponse. A Damas, nous avons réappris l’usage du hammam à deuxl’usage des hammams tombe peu à peu en désuétude et si certains groupes de jeunes : des scouts et des guides âgés de 12 à 17 ans.de ces bains ont été rénovés, ils ne remplissent plus la fonction Ils ont eu droit à une expérience complète. La plupart n’avaientqu’ils avaient autrefois. Nous voulons redonner vie aux hammams jamais été au hammam. Après cette expérin ence, ils nous ont ditet les revitaliser, en les réinscrivant dans leur contexte historique qu’ils seraient ravis d’y retourner, avec leurs parents et leurs amis.et social, nous voulons inciter les habitants, surtout les jeunes, à Lors des journées d’exposition sur le hammam, nous demandonsredécouvrir le hammam, en restituant à ces établissements leur aux participants d’apporter des affaires personnelles en rapportfonction sociale unique au sein de la communauté. avec le hammam, afin de les aider à s’approprier cet espace avecComment le programme réalise-t-il ses objectifs ? des objets personnels porteurs du vécu de plusieurs générations.Le projet met en oeuvre deux actions spécifiques axées sur deux Quelles sont les difficultés posées par la mise en oeuvre de votre pro-hammams que nous avons sélectionnés: le hammam Ammuna jet?à Damas et le hammam Saffarin à Fez. Nous voulons sensibiliser L’évolution sociale et économique est finalement l’un des princi-les communautés à l’importance du hammam en tant qu’élément paux obstacles auxquels nous nous heurtons. Beaucoup assimilentcommun du patrimoine culturel de la Méditerranée en organisant le hammam à des bains collectifs et avec l’arrivée de l’eau courantedes activités, des conférences, des ateliers, des journées portes dans tous les foyers, il a perdu sa raison d’être hygiénique. Un fac-ouvertes et des expositions. Deux événements majeurs auront teur religieux pose également problème : de nombreux imams selieu dans le cadre de la Journée mondiale de l’eau, le 22 mars : un sont en effet élevés contre l’utilisation du hammam par les fem-premier aura lieu cette année à Damas et un second en 2011, à mes. Nous avons donc beaucoup travaillé cette question avec lesFez. Des projections de films et des expositions seront organisées, femmes afin qu’elles parviennent à surmonter ce tabou, en parti-ainsi qu’une journée portes ouvertes qui permettra aux visiteurs culier avec l’aide de femmes plus âgées qui véhiculent la traditionde s’entretenir avec des experts et avec le gérant et le personnel et qui leur ouvrent les yeux en leur faisant redécouvrir des rituels.du hammam. Une visite du quartier est également prévue afin de Par exemple, les cérémonies rituelles au hammam avant le maria-montrer la place du hammam dans la société. Le projet réalise par ge et 40 jours après l’accouchement.ailleurs un guide sur les aspects architecturaux et la réhabilitation Quelle est à vos yeux votre principale réalisation ?des hammams et prépare un plan d’entreprise et de gestion pourles gérants de hammams. Des outils leur permettront d’élaborer Les deux hammams, tant celui de Damas que celui de Fez, étaienten ligne leur plan d’entreprise, ce qui devrait garantir la faisabilité en très mauvais état. En nous appuyant sur les travaux de notredu projet. Nous mettons en commun les connaissances accumu- précédent projet, HAMMAM, nous avons réussi à leur insuffler unelées et pouvons ainsi partager les outils qui garantiront la réussite nouvelle vie et à y faire revenir les habitants, grâce à nos activités.commerciale des hammams. Les bonnes pratiques générées dans A Fez, le hammam Seffarine avait été fermé pendant les travaux de réhabilitation, entre les deux projets. Conscients de la contribu-Nous mettons en commun les connaissances tion que nous pouvions apporter, les autorités ont décidé d’inter-accumulées et pouvons ainsi partager les outils qui rompre les travaux pendant quatre mois, afin que nous puissionsgarantiront la réussite commerciale des hammams. apporter notre expertise. Nous intervenons en fait à trois niveaux : outre la réhabilitation physique de ces lieux, nous nous employonsLes bonnes pratiques générées dans le cadre de nos à promouvoir la durabilité des hammams en tant qu’opérationactions ciblant ces deux hammams pourront ainsi commerciale viable tout en les rétablissant dans leur fonction deêtre transposées et étendues à toute la région. lieu de rencontre dans le quartier. 30 Projets en marche — Voisinage Sud
  • 30. tunIsIEPour battre le plusancien des mauxun réseau de rechercheet d’éducationHichem souffrait d’épilepsie. Au début, il essayait de dissimuler sa maladie au seinde l’entreprise dans laquelle il travaillait comme forgeron. Il prend des médicamentspendant plus de dix ans, mais un jour, ils n’ont plus d’effet sur son organisme.Voici l’histoire de ce jeune tunisien, qui a pu en finir une fois pour toute de lamaladie, et redécouvrir le plaisir de vivre. Et ce, grâce à l’équipe médicale tunisiennequi l’a opéré et au programme EUMEDCONNECT2, établi dans plusieurs pays dela Méditerranée et financé par la Commission Européenne à hauteur de 4 millionsd’euros. Un programme basé sur l’échange d’informations et de données scientifiquesentre 700 institutions à travers l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient et 4000établissements de recherche et d’éducation en Europe.Texte et photos par Lotfi TOUATI N Une technicienne devant l’écran pour électroencéphalographies TUNIS – « Ma vie a complètement changé depuis le jour où je suis passé sur le billard de l’hôpital de Monastir pour subir une délicate opération au cer- veau » confie Hichem Béjaoui, un jeune tunisien de 29 ans qui souffrait d’épilepsie. Il y a près de deux ans, il a accepté de subir une intervention chirur- gicale. Son crâne, finement rasé, laisse paraitre aujourd’hui une longue cicatrice sur la partie droite. Hichem Béjaoui – gérant d’une petite entreprise de fabrication d’articles en fer forgé située à Tunis – a longtemps souffert des désagréments d’une grave épilepsie, qui a constitué un frein à son épanouis- sement dans sa vie sociale mais surtout dans sa vie professionnelle. Projets en marche — Voisinage Sud 31
  • 31. Une maladie complexe appréhendée par beaucoup de patients Ses ennuis ont commencé des l’âge de 11 mois, depuis le jour où il a subi ses premières convulsions à la suite d’une forte fièvre. « L’épilepsie est caractérisée par une répétition de cri- ses engendrées par une décharge due à une activité anor- male et incontrôlées d’une partie du cerveau. La pathologie peut être génétique ou acquise suite à un traumatisme » ex- « Au début plique Dr Héla Khiari, neurologue à l’hôpital Charles Nicolle j’ai essayé de de Tunis. Hichem se souvient encore des terribles moments dissimuler ma vécus durant sa vie professionnelle, des moments émaillés de maladie, mais N Un futur pertes de connaissances au sein de l’entreprise dans laquelle il travaillait comme candidat à un jour les forgeron. « Au début j’ai essayé de dissimuler ma maladie, car je savais qu’aucun l’opération. médicaments patron ne tolèrerait que l’un de ses ouvriers soit atteint d’une maladie chronique, n’ont plus eu d’autant qu’elle gêne la bonne marche de l’activité de son entreprise. J’ai pris les d’effets sur mon médicaments pendant plus d’une dizaine d’années – continue Hichem – jusqu’au organisme : une jour où ils n’ont plus eu d’effets sur mon organisme. Les crises sont devenues de intervention plus en plus fréquentes. La fréquence a augmenté au point ou mon patron décide chirurgicale de suspendre mon activité au sein de l’entreprise ». Le médecin adressa alors le était mon seule dossier d’Hichem au Professeur Amel Mrabet, chef de service à l’hôpital Charles espoir » Nicolle de Tunis. Après avoir consulté le dossier et entrepris les analyses et les élec- troencéphalographies nécessaires, le médecin demanda à Hichem s’il accepterait de subir une intervention chirurgicale. « J’ai signifié sans trop réfléchir mon accord pour deux raisons – raconte Hichem – d’abord je suis fermement croyant, je suis convaincu que mon sort est scellé par Dieu. La deuxième raison est que la maladie devenait de plus en plus contraignante et qu’il me fallait trouver le bon remède une fois pout toutes ». Deux millions d’utilisateurs Hichem ignorait certainement qu’il était chanceux, car depuis l’année 2005, un programme de partenariat avait été établi entre l’hôpital Charles Nicolle de Tunis et le même hôpital de Rouen dans le cadre du programme qui s’intitule « projet EUMEDCONNECT2 ». C’est un projet « Nous avons de partenariat entre les communautés de recherche scientifique des institutions de sept pays de la Méditerranée et des pays de l’Afrique du Nord - dont la Tunisie. entamé À travers un réseau sous terrain de cables reliant les différentes institutions, ces l’expérience pays échangent des données, des documents et des expériences dans tous les do- en 2006, ce qui maines. Le projet EUMEDCONNECT2 permet à environ deux millions d’utilisateurs nous a permis dans près de 700 institutions à travers l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient de col- d’opérer plus laborer avec leurs confrères répartis dans plus de 4000 établissements de recher- d’une vingtaine che et d’éducation en Europe. Le service de neurologie de l’hôpital Charles Nicolle de patients de Tunis a profité de ce réseau pour adresser des tracés d’électroencéphalographie tunisiens à au service de neurologie de l’hôpital Charles Nicolle de Rouen. Le but ? Approfon- l’hôpital de dir l’étude de dossiers de patients souffrant d’épilepsie et décider ensemble si ces Monastir » patients sont en mesure de subir, avec succès, une opération chirurgicale pour enN Un ancien patient opéré avecsuccès. finir une fois pour toutes de cette maladie. Un savoir-faire maîtrisé « C’est un échange qui nous permet de gagner beaucoup de temps et surtout nous aide à identifier les candidats pour l’intervention chirurgicale » explique le professeur Amel Mrabet, chef de service de neurologie de l’hôpital Charles Ni- colle de Tunis et ajoute : « Nous avons entamé l’expérience en 2006, ce qui nous a permis d’opérer plus d’une ving- taine de patients tunisiens à l’hôpital de Monastir. On peut dire aujourd’hui qu’après cette fructueuse collaboration, nous maîtrisons un savoir-faire. Nous sommes redevables à ce programme, 32 Projets en marche — Voisinage Sud
  • 32. qui nous a permis de réaliser une avancée im- portante dans le domaine du traitement des dossiers des candidats à la chirurgie. » Après l’opération 90% des malades sont en mesure de mener une vie normale sans crises après un délai de deux ans. La voie est ainsi ouverte de- vant beaucoup d’épileptiques. Entretemps, Hi- chem est devenu une référence en la matière puisque c’est à lui que s’adressent tous les can- didats à la chirurgie. Ils l’appellent pour se ras-N Hela Khiari surer quant à l’issu de l’opération. Parmi eux, Brahim Bouzidi, un jeune tunisien de 29 ans, un futur candidat à l’opération. Il est en train d’enregistrer un tracé d’électroencéphalogra- phie d’une semaine à l’hôpital Charles Nicolle de Tunis. De tout coeur il espère le plus tôt possible passer à la salle d’opération pour en finir une fois pour toutes avec la maladie et re- venir à une vie normale. « Nous sommes redevables à ce programme, qui nous a permis de réaliser une avancée importante dans le domaine du traitement des dossiers des candidats à la chirurgie. Après l’opération, 90% des malades sont en mesure de mener une vie normale » N L’hôpital de Monastir. EUMEDCONNECT2 Un projet de partenariat entre les communautés de recherche scientifique des institutions de sept pays de la Méditerranée et des pays de l’Afrique du Nord. À travers un réseau de cables reliant les différentes institutions, ces pays échangent des données, des documents et des expériences dans tous les domaines. Le projet EUMEDCONNECT2 permet à environ deux millions d’utilisateurs dans près de 700 institutions à travers l’Afrique du Nord et le Moyen- Orient de collaborer avec leurs confrères répartis dans plus de 4000 établissements de recherche et d’éducation en Europe. www.eumedconnect2.net Pays participants Objectifs Algérie, Égypte, Le projet vise à soutenir et à renforcer la coopération entre l’Europe et les pays partenaires méditerranéens Jordanie, Maroc, dans le domaine de la recherche et de l’éducation. Le projet souhaite assurer la durabilité sur le long terme territoire Palestinien de l’infrastructure Internet mise en place par EUMEDCONNECT 1 à partir de 2004. Il souhaite également occupé, Syrie, Tunisie. mettre en place un réseau durable de soutien capable de réduire la disparité digitale entre les pays et stimuler la coopération. Durée 2008–2010 Pour en savoir plus Site EUMEDCONNECT2 > www.eumedconnect2.net Budget Un nouveau réseau internet à haute capacité pour la recherche et l’éducation > 4 millions d’euros www.enpi-info.eu/mainmed.php?id=21221&id_type=1&lang_id=469 Projets en marche — Voisinage Sud 33
  • 33. Entretien avec Frank SamolLes autorités localesun pont entreles pays du voisinage Le programme CIUDAD (Coopération en matière de développement urbain et dialogue) entend avant tout encourager la coopération et le dialogue entre les autorités locales et régionales de l’UE et des pays partenaires de l’IEVP. Sur le terrain, CIUDAD se propose d’aider les autorités locales de la région de l’IEVP à développer leur capacité à planifier un développement urbain durable, intégré et à long terme, sur la base des principes de bonne gouvernance. « Les projets CIUDAD sont mis en oeuvre à l’échelon local, leurs bénéficiaires finaux sont donc les citoyens des communautés urbaines des pays partenaires, » a expliqué Frank Samol, responsable d’équipe du mécanisme de soutien CIUDAD, dans un entretien accordé à l’ENPI Info Centre. les communautés participantes. Le programme CIUDADQ : Quelle est l’ambition de ce programme ? comprend 10 projets dans le Sud, 6 projets à l’Est et 5 pro-Frank Samol : Le programme CIUDAD (Coopération en ma- jets interrégionaux, c’est-à-dire associant des partenaires dutière de développement urbain et dialogue) entend avant Sud et de l’Est. C’est l’un des premiers programmes à encou-tout encourager la coopération et le dialogue entre les auto- rager des partenariats couvrant les deux régions de l’IEVP.rités locales et régionales de l’UE et des pays partenaires del’IEVP. Il entend stimuler les échanges d’expérience et de Quel est l’impact attendu du programme pour les citoyens dessavoir-faire et renforcer les interactions entre les autorités pays partenaires ?locales et les acteurs de la société civile dans les pays bénéfi- Les projets CIUDAD sont mis en oeuvre à l’échelon local, ilsciaires. Mis en oeuvre et ayant un impact au niveau local (vil- ont donc pour bénéficiaires finaux les citoyens des commu-les), il a pour objectif d’améliorer le niveau de participation nautés urbaines dans les pays partenaires. La plupart de cesdes gouvernements locaux et de promouvoir l’implication projets visent à améliorer la qualité des services urbains dede la société civile. Sur le terrain, CIUDAD se propose d’aider base dans un esprit de développement environnementalles autorités locales de la région de l’IEVP à développer leur durable. Ils apportent donc des avantages aux citoyens descapacité à planifier un développement urbain durable, inté- villes où ils sont mis en oeuvre. Un bon exemple est un pro-gré et à long terme, sur la base des principes de bonne gou- jet mis en oeuvre actuellement en Algérie, en Tunisie et auvernance. En mettant en place de nouveaux partenariats Maroc, qui encourage la mise en place de systèmes efficaceset en renforçant les partenariats existants entre autorités de gestion des déchets solides, en mettant en oeuvre unelocales et régionales de la région de l’IEVP (sud-sud, est-est approche fondée sur la participation à l’échelon de la com-et sud-est), il espère également pérenniser les réalisations munauté. Certains projets s’adressent à des franges spécifi-au-delà de la durée de vie du programme. ques de la population. Ainsi, un projet encourage la gestion innovante et socialement inclusive dans le domaine desQuels sont les domaines d’action prioritaires du programme ? sports et des activités d’extérieur en mettant l’accent sur lesCIUDAD couvre trois thèmes clés du développement urbain femmes et les jeunes comme bénéficiaires finaux.: l’environnement durable et l’efficacité énergétique ; ledéveloppement économique durable et la réduction des Quelles sont les difficultés que vous craignez rencontrer dans ladisparités sociales ; la bonne gouvernance et la planifi- mise en oeuvre du programme ?cation et le développement urbains durables. Au total, Étant donné le champ d’application de CIUDAD et les nom-21 projets travaillent autour de ces thèmes. Chaque projet breux partenaires impliqués, un des principaux défis seraest mis en oeuvre par un consortium d’au moins trois par- d’élaborer une vision commune pour toutes les partiestenaires – autorités locales, réseaux thématiques, instituts prenantes oeuvrant de concert à la réalisation de résultatsuniversitaires et de recherche, et organisations de la société tangibles. La pérennité des projets est un autre défi : un descivile – dans au moins deux pays de l’IEVP. Ces partenaires objectifs de CIUDAD est en effet de mettre en place des par-coopèrent sur des questions spécifiques intéressant toutes tenariats durables qui survivront à la fin du programme. 34 Projets en marche — Voisinage Sud
  • 34. Le « Prix Samir Kassir pourla liberté de la presse »,financé par l’UE,améliore la viedes journalistesTexte ANSA/ENPI Info CentrePhotos Délégation de l’UE au Liban /Prix Samir Kassir « Eh bien, voilà la grande leçon de cette aventure: il est gratifiant de s’adresser à l’intelligence des gens. » Samir Kassir, 12, Νovembre 1996 Remporter le Prix Samir Kassir pour la liberté de la presse, financé par l’UE, lui a permis d’améliorer sa vie de jeune journaliste indépendante, confie la lauréate de l’édition 2009, Carole Kerbage à l’agence de presse ANSA. « Le prix de 12.500 euros m’a permis d’améliorer ma vie. J’ai une plus grande indépendance financière et j’ai N Samir Kassir. désormais plus confiance dans mes capacités», ajoute Kerba- ge, qui a l’intention de poursuivre ses études de journalisme à l’étranger. « J’utiliserai une partie du prix pour poursuivre mes études et m’instruire de manière indépendante, » ajoute- elle avec fierté. La date limite des inscriptions à la cinquième édition du Prix Samir Kassir pour la liberté de la presse, du nom du journaliste, historien et intellectuel libanais assassiné à Beyrouth en juin 2005, a été fixée au 30 mars. Les deux ca- tégories, assorties chacune d’un prix de 12.500 euros offert par l’UE sont celle de la meilleure Enquête-reportage et celle du meilleur Article d’opinion. Carole a remporté le prix pour son reportage sur le milieu de la prostitution au Liban, publié l’année passée dans le supplément pour les jeunes du quo- Projets en marche — Voisinage Sud 35
  • 35. tidien libanais An Nahar. «À mon sens, la Cet article est le résultat de liberté de presse trois années de travail de est essentielle terrain durant lesquelles la à l’avancée jeune femme n’a pas hésité d’un pays non à pénétrer elle-même dans seulement en des maisons closes. Le Prix tant que société vise à promouvoir le droit démocratique à la liberté de presse et et libre mais d’expression en Afrique du également Nord, au Moyen-Orient et en termes de dans le Golfe. L’initiative, développement créée par la délégation dans toutes ses européenne au Liban en dimensions : association avec la Fon- politique, dation Samir Kassir, est économique, ouverte aux articles trai- social et culturel» tant des droits de l’Homme Patrick LaurentN De gauche à droite: Carole ou de l’État de droit. «À mon sens, la liberté de presse est essentielle à l’avancéeKerbage, Patrick Laurent, MonaEltahawy. d’un pays non seulement en tant que société démocratique et libre mais égale- ment en termes de développement dans toutes ses dimensions : politique, éco- nomique, sociale et culturelle », déclare Patrick Laurent, le Chef de la délégation européenne au Liban. Le prix connaît une popularité croissante depuis sa création. « En 2006, 25 participants s’étaient inscrits. Cette année, ils sont plus de 150, soit six fois plus que pour la première édition,» explique Sébastien Brabant, le chef de l’initiative pour la délégation européenne à Beyrouth et membre observateur du jury depuis l’année passée. Initialement, le concours n’était ouvert qu’aux journa- listes des neuf pays méditerranéens (l’Algérie, l’Égypte, Israël, la Jordanie, le Liban, le Maroc, la Syrie, la Tunisie et les territoires palestiniens). Toutefois, depuis 2008, des journalistes d’Irak, du Yémen et des sept pays du Golfe ont été admis. Lors de cette édition, il a également été décidé de limiter le concours à la participation des journalistes, et ce afin de mettre en évidence cette profession, si souvent me- nacée. Le jury sera composé de huit membres, un observateur de la délégation européenne et sept jurés avec droit de vote. Parmi ces derniers se trouvent desN Carole Kerbage. journalistes arabes travaillant dans leur pays ou à l’étranger, deux universitaires, ainsi qu’un membre de la Fondation Samir Kassir. Outre Carole Kerbage qui a remporté le Prix l’année passée dans la catégorie « J’utiliserai une reportage, c’est la journaliste égyptienne Mona Eltahawi qui partie du prix a été récompensée pour le prix du meilleur article d’opinion. pour poursuivre Son article dénonçait diverses formes de racisme non seule- mes études ment en Égypte mais également dans un grand nombre de et m’instruire pays arabes. « Ces articles ont été choisis non seulement parce de manière qu’ils sont bien écrits mais également parce qu’ils traitent de indépendante » thèmes importants qui sont également tabous dans les socié- Carole Kerbage tés arabes, » explique M. Brabant. Le concours est ouvert aux journalistes de la presse écrite (quotidienne, hebdomadaire, mensuelle, en ligne), ressortissants des 18 pays suivants : Al- gérie, Arabie Saoudite, Bahreïn, Égypte, Émirats Arabes-Unis, Irak, Israël, Jordanie, Koweït, Liban, Libye, Maroc, Oman, Qatar, Syrie, Territoire palestinien, Tunisie, et Yémen. Le prix sera dé- cerné lors d’une cérémonie organisée à Beyrouth, le 2 juin, le jour d’anniversaire de la mort de Samir Kassir. 36 Projets en marche — Voisinage Sud
  • 36. RÈGLEMENT DU CONCOURS SAMIR KASSIR Date limite de l’édition 2010 : 30 Mars Deux prix seront décernés : • Meilleur article d’opinion- • Meilleur(e) enquête-reportage Le concours est ouvert à tous les journalistes de la presse écrite (quotidienne, hebdomadaire, mensuelle, en ligne) – quel que soit leur âge – ressortissants des pays suivants : Algérie, Arabie Saoudite, Bahreïn, Égypte, Émirats Arabes- Unis, Irak, Israël, Jordanie, Koweït, Liban, Libye, Maroc, Oman, Qatar, Syrie, Territoire palestinien, Tunisie, et Yémen. Les candidats doivent soumettre un article d’opinion ou un reportage/une enquête sur un sujet traitant de l’État de droit ou des droits de l’Homme (bonne gouvernance, lutte contre la corruption, liberté d’expression, etc.). L’article doit avoir été publié dans un organe de presse d’un des pays cités ci-dessus ou d’un des États membres de l’Union européenne. Les articles soumis ne doivent pas dépasser les 25.000 signes et doivent avoir été publiés entre le 15 mars 2009 et le 15 mars 2010. Les candidats ne peuvent concourir que dans une seule catégorie et à titre individuel (les travaux de groupe ne seront pas acceptés). Le gagnant de chacune des deux catégories remportera un prix d’un montant de 12.500 euros. L’Union européenne peut reproduire et diffuser les articles primés dans ses propres publications (non commerciales) et dans les publications relatives au « Prix Samir Kassir pour la liberté de la presse ». Pour en savoir plus : Pour toute question, une ligne téléphonique et une adresse e-mail sont à la disposition des candidats : Hotline : + 961 70 14 17 19 E-mail : coordination@prixsamirkassir.org www.dellbn.ec.europa.eu/fr/index.htmSamir Kassir, Journaliste et Professeur1960 : Naissance au Liban où il grandit.1980 : Premier article publié dans Le Monde Diplomatique. Début de sa carrière journalistique dans plusieurs journaux et périodiques, dont An-Nahar, principal quotidien libanais, Al- Hayat, panarabe basé à Londres et l’Orient- Le Jour, quotidien libanais francophone.1984 : Obtient deux diplômes en philosophie et philosophie politique à la Sorbonne, Paris.1990 : Obtient un doctorat en Histoire Moderne à la Sorbonne, puis rejoint le Département d’Etudes Politiques de l’Université Saint-Joseph à Beyrouth, en tant que chargé de cours.1992 : Première publication (voire la bibliographie).1995 : Son éditorial hebdomadaire dans l’édition du vendredi du An-Nahar commence à le faire connaître pour ses prises de position politique, en particulier contre l’hégémonie du régime syrien sur le Liban.1995 : Sortie du premier des 27 numéros de l’Orient- Express dont il est le rédacteur en chef.2002 : Nommé professeur à l’Institut des Sciences Politiques de l’université Saint-Joseph, Beyrouth.2004 : Co-fonde le Mouvement de la Gauche Démocratique.2005 : Meurt assassiné le 2 juin. Ce crime porte à 28 le nombre de journalistes victimes d’attentats depuis la pendaison par les Ottomans, en 1918, de plusieurs journalistes et activistes libanais et syriens ayant oeuvré pour l’indépendance de leur pays. Sa mort provoque une profonde indignation et une vaste condamnation aussi bien au Liban que dans le reste du monde.Articles de Samir Kassir prixsamirkassir.org/samirkassir4-ENG.htm Projets en marche — Voisinage Sud 37
  • 37. SociétéEnvironnementEnergieTransport 38 Projets en marche — Voisinage Sud
  • 38. MAroc Et tunIsIEGardiens de l’eauLa gestion de l’eau touche au cœur de la civilisationméditerranéenne, une mémoire vivante du rapport de la sociétéavec son environnement. C’est pourtant un patrimoine en voiede disparition, victime du développement et des pressionséconomique et démographique. Face à cette menace, un projetfinancé par l’Union européenne tente de mobiliser les populationslocales par des actions de sauvetage et de sensibilisation.Texte ENPI Info CentrePhotos REMEE project « Il est important d’intégrer les actions dans le développement local – pas de muséifier, mais plutôt relancer une contribution sociale »C’est un projet dont le titre évoque à la fois la nostalgie d’un souvenir fuyant, etune détermination de s’y accrocher. Il gagnerait à être moins souvent réduit à sonacronyme REMEE, pour nous donner le temps de peser le sentiment qu’il exprime :Redécouvrons ensemble les mémoires de l’eau.Parler des mémoires de l’eau touche au cœur du défi posé à ce projet, financé parl’Union européenne dans le cadre du programme euro méditerranéen Heritage IV.Car non seulement s’agit-il d’un patrimoine vernaculaire, mais d’un patrimoine sou-vent immatériel, lié aux pratiques de la gestion de l’eau à travers les siècles.Menacé de toutes part, sans la protection légale ou la mobilisation réservée au pa-trimoine monumental, il représente pourtant un patrimoine essentiel car constituant« une mémoire vivante des sociétés méditerranéennes et de leur rapport avec l’envi-ronnement », illustrant des bonnes pratiques de gestion « dans un contexte de pénu-rie d’eau croissante », insiste Matthieu Guary, responsable du projet. « Notre objectifest de sensibiliser l’opinion aux enjeux et à la valeur de ce patrimoine, de permettreune réappropriation du patrimoine par les communautés. » Projets en marche — Voisinage Sud 39
  • 39. Car la gestion de l’eau est au cœur de la civilisation méditerranéenne. Dans le milieu rural, le paysage porte la marque des efforts déployés pour développer l’agriculture dans un contexte de pénurie, avec un patrimoine en voie de disparition de terrasses et de puits, de canaux et d’aqueducs. En milieu urbain, fontaines et hammams, jar- dins et lieux sacrés, témoignent des usages individuels et collectifs liés à la domes- tication de l’eau.N Matthieu Guaryresponsable du projet Sensibiliser l’opinionREMEE. Face à l’effritement de cette mémoire de l’eau, le projet tente de mettre en évidence « Notre un rapport de l’homme avec l’eau et ses modes de gestion. En première ligne, il objectif est de travaille à mettre en valeur le patrimoine par des opérations pilotes, impliquant les sensibiliser populations locales dont l’engagement marque la mesure du succès. À travers cette l’opinion aux action, il espère sensibiliser l’opinion aux enjeux plus larges de la gestion de l’eau en enjeux et à la Méditerranée et de la précarité de l’environnement. valeur de ce Pour le projet, explique Matthieu Gaury, « il est important d’intégrer les actions dans patrimoine, de le développement local – pas de muséifier, mais plutôt relancer une contribution permettre sa sociale, par le tourisme et autres moyens… Nous espérons permettre aux habitants réappropriation de retrouver une valeur à ce patrimoine hydrographique, qu’ils considèrent sou- par les vent comme désuet. » C’est d’ailleurs la meilleure garantie d’une pérennisation des communautés » opérations, un gage pour trouver les investissements nécessaires pour en assurer la durée au delà des 30 mois du projet REMEE. Ainsi en Tunisie, une opération pilote se concentre sur la région de Hammamet, où le tourisme de masse porte atteinte au patrimoine des orangeraies, qui d’année en année se replient sous les pressions démographiques et touristiques. Avec une main d’œuvre de jeunes volontaires, et l’appui des agriculteurs, le projet a créé un verger témoin des techniques traditionnelles, accompagné d’un éco- musée, d’un parcours de découverte, d’animations. L’opération reflète les principes du pro- jet : « Il s’agit de reconnaître des savoirs faire par une meilleure valorisation d’un métier traditionnel qui a forgé l’image du territoire, de montrer ce à quoi le patrimoine peut encore servir aujourd’hui. » D’ailleurs, l’Institut agro- nomique de Tunisie compte profiter de l’occasion pour tester les mérites rela- tifs des techniques d’irrigations tradi- tionnelles et modernes. Les fontaines de Marrakech Le projet touche aussi au patrimoine urbain. Au Maroc, à Marrakech, l’opéra- tion vise à une mobilisation de la po- pulation de la Médina dans la préserva- tion des hammams et fontaines, avec N La Fontaine el-Bahia à Marrakech, un patrimoine en danger. 40 Projets en marche — Voisinage Sud
  • 40. un inventaire du patrimoine, des ateliers participa- tifs, des chantiers de réhabilitation, une exposition sur les usages de l’eau dans la Médina. Partout, la participation de jeunes volontaires « sert de vecteur de mobilisation pour leurs communautés ». C’est là aussi l’objectif d’une série de programmes pé-« La dagogiques dans tous les pays participant au projet,mobilisation où des équipes d’animateurs en collaboration avecest le seul des éducateurs locaux travailleront avec des grou-moyen de pes de jeunes autour d’un aspect de la « mémoire desauvegarder l’eau », tels le métier de tradition des porteurs d’eauun tel à Marrakech, ou la mise en évidence du patrimoinepatrimoine » lié au drainage de la plaine en Algérie. « Notre objectif est de mobiliser des groupes de jeu- nes pour redécouvrir le patrimoine sur leur territoi- re », déclare Matthieu Guary, insistant sur l’influence qu’ils peuvent avoir auprès de leurs proches. Ils de- viennent ainsi les gardiens de la mémoire de l’eau. « Nous faisons face au risque inhérent à tout projet qui a trait au petit patrimoine qui n’est pas protégé par la loi. À Marrakech, il y avait cent fontaines il y a cinquante ans ; aujourd’hui la moitié a disparu ou est en voie d’abandon. La mobilisation est le seul moyen de sauvegarder un tel patrimoine. » N Les orangeraies d’Hammamet : la sensibilisation passe par la mobilisation des jeunes. EuroMed Heritage IV Contribution à l’échange d’expériences sur le patrimoine culturel, création de réseaux et promotion de la coopération www.euromedheritage.net Pays participants Objectifs Algérie, Égypte, Israël, Prenant appui sur les objectifs définis dans la Stratégie pour le développement du patrimoine culturel Jordanie, Liban, Maroc, euro-méditerranéen : priorités des pays méditerranéens (2007-2013), le programme a pour objectifs de Territoire palestinien favoriser l’appropriation, par les populations locales, de leur patrimoine culturel et l’accès à l’éducation à occupé, Syrie, Tunisie ce patrimoine et à sa connaissance. Le programme vient à l’appui d’un cadre pour l’échange d’expériences, de canaux de diffusion des bonnes pratiques et de perspectives nouvelles, visant à développer un Délais environnement culturel institutionnel. Une unité régionale de soutien et de gestion (RMSU) apporte son 2008–2012 appui technique à douze projets, REMEE est un de ces projets. Budget Pour en savoir plus € 17 millions Fiche sur EuroMed Heritage IV > www.enpi-info.eu/mainmed.php?id=243&id_type=10 ENPI Info Centre – Portail thématique culture > www.enpi-info.eu/thememed.php?subject=10 Projets en marche — Voisinage Sud 41
  • 41. Entretien avec Michael ScoullosPriorité contrela pollution enmer MéditerranéeL’environnement méditerranéen est l’un des plus riches mais aussi l’un des plus vulnérables au monde.Chiffre stupéfiant, 80 % de sa pollution provient de sources terrestres. L’urbanisation rapide combinéeau développement d’une forme de tourisme côtier non durable entraînent de graves problèmesenvironnementaux et sanitaires. Plus de la moitié des agglomérations urbaines ne disposent pasde stations d’épuration des eaux : la majeure partie de leurs eaux résiduaires sont donc déverséesdirectement dans la mer. En 2006, les ministres euro-méditerranéens de l’environnement réunis au Cairese sont mis d’accord sur un programme de dépollution ciblée de la Méditerranée à mener jusqu’en 2020– Horizon 2020. Ils se sont engagés à apporter des ressources financières et des soutiens techniquessuffisants pour faciliter la mise en oeuvre de ce programme.« H2020 cible les sources de pollution qui représentent environ 80 % de la pollution globale de laMéditerranée : les déchets municipaux, les eaux résiduaires urbaines et la pollution industrielle », expliquele professeur Michael Scoullos, chef d’équipe du programme environnemental méditerranéen et derenforcement des capacités Horizon 2020, dans un entretien accordé à ENPI Info Centre.Q: Comment le programme réalise-t-il ses objectifs ? tivités de renforcement des capacités s’adressant aux parties prenantes,Michael Scoullos : Horizon 2020 comporte trois volets : investissement notamment les administrations nationales et locales, nous soutenons la; revue, suivi et recherche ; et renforcement des capacités. Chaque volet coordination et le fonctionnement des organismes H2020 et veillons à lagère un projet, respectivement le programme d’investissement « zones visibilité et à la communication des activités H2020.sensibles » pour la Méditerranée (MeHSIP), le système méditerranéen Quel est l’impact attendu du programme pour les citoyens des pays parte-commun d’information environnementale (Med SEIS) et le programme naires ?environnemental méditerranéen Horizon 2020 (H2020 MEP), auquel Nous espérons une meilleure connaissance et une utilisation plus effi-je participe. Avec H2020 MEP, nous cherchons à renforcer les capacités cace de certains outils (notamment l’évaluation stratégique environne-de gestion de la pollution au niveau des institutions et de la société. Le mentale et l’évaluation d’impact environnemental) dans les institutionsprogramme entend aussi promouvoir l’intégration des aspects environ- et organisations régionales concernées, un renforcement des capacitésnementaux dans les politiques. Pour ce faire, il vise à remédier aux pro- et ressources consacrées à la protection de l’environnement ainsi qu’uneblèmes suivants : la maigre priorité politique accordée à l’environnement, plus grande sensibilisation et mobilisation de la société civile, afin qu’ellel’intégration insuffisante de l’environnement dans différents domaines puisse contribuer de façon active à la protection de l’environnement etpolitiques et l’insuffisance des capacités et des ressources mobilisées à dispose de capacités accrues pour ce faire. Sur le terrain, cinq projetsl’échelon des institutions et de la société civile. De plus, par le biais de avant-coureurs ont été identifiés en Israël, en Jordanie, au Liban, au Ma-H2020 MEP, un programme d’investissement « zones sensibles » (HSIP) roc et en Tunisie dans le cadre du programme d’investissement « zonespour les Balkans occidentaux et la Turquie, complémentaire au HSIP mé- sensibles » pour la Méditerranée. La décharge El Ekaider en Jordanie, parditerranéen (MeHSIP), est en cours d’élaboration. exemple, est une priorité nationale qui s’inscrit dans les efforts consentisQuels sont les domaines privilégiés par le programme ? par le gouvernement jordanien pour améliorer les pratiques de gestionH2020 cible les sources de pollution qui représentent environ 80 % de des déchets solides dans le pays. Ce projet contribuera à éliminer un dé-la pollution globale de la Méditerranée : les déchets municipaux, les sastre environnemental – une menace pour la santé des populations lo-eaux résiduaires urbaines et la pollution industrielle. De toute évidence, cales – en aménageant une décharge adéquate pour recevoir les déchetsla pollution pourra fortement diminuer par l’installation et l’exploitation solides et industriels. En Israël, le projet de site d’enfouissement et de ré-correcte d’infrastructures majeures (par ex. des usines de traitement des cupération des terres de Netanya améliorera énormément la qualité de laeaux résiduaires), par la mise en place de technologies de réduction de la vie et l’environnement des habitants de la ville : il supprimera la pollutionpollution dans les industries, etc. Toutefois, cet objectif ne pourra être at- atmosphérique par émissions de biogaz et empêchera les déchets soli-teint sans la mobilisation de capacités institutionnelles et individuelles. Et des et les substances nuisibles pour l’environnement d’atteindre la zonec’est à ce niveau que nous voulons agir. Nous partons des institutions déjà côtière. De telles actions concrètes ont un impact direct sur la vie desen place et de leurs résultats, en comblant des lacunes là où nous pou- personnes et sur la santé globale de la Méditerranée. Quant au dévelop-vons apporter une valeur ajoutée. Nous opérons dans le cadre des instru- pement d’outils et de bonnes pratiques, il représente un investissementments politiques existants et en développement, et soutenons la mise en pour l’avenir.oeuvre des engagements pris dans le cadre de la politique européenne Q: Quels sont les plus grands défis en matière de mise en oeuvre ?de voisinage et d’autres accords régionaux, tout en assurant un travail de Deux défis majeurs doivent être relevés : premièrement, déterminer lacoopération, de coordination et de synergie avec tous les programmes meilleure façon d’aborder l’intégration environnementale dans d’autresconcernés, communautaires et autres. Sur cette base, nous cherchons à secteurs en tenant compte des différences qui existent entre les dispo-réaliser nos objectifs essentiellement par des actions de promotion et de sitions institutionnelles et législatives des divers pays ; deuxièmement,sensibilisation. Parallèlement à cela, nous renforçons les institutions en assurer le suivi et la continuité de manière à ce que les personnes forméesce qui concerne l’intégration de l’environnement et les domaines priori- dans le cadre du projet puissent transférer leurs connaissances et en fairetaires du programme H2020. Dans le même temps, nous gérons 140 ac- le meilleure usage au sein de leur pays. 42 Projets en marche — Voisinage Sud
  • 42. AlgérIEL’eau, un lienpour l’identitéméditerranéenneLe patrimoine de l’eau dans la région méditerranéenne reflète la façon dont lespopulations rurales et urbaines ont fait face à la pénurie d’eau et comment elles ontorganisé les structures locales autour de la gestion de l’eau. Aujourd’hui, la plupart dece patrimoine n’est pas protégée et les développements récents, à la fois sociétauxet économiques, menacent sa survie. Un projet de coopération régionale financépar l’UE - REMEE - promeut la préservation de cet héritage historique et intensifie lasensibilisation publique parmi les citoyens. L’eau constitue une mémoire vivante de lasociété méditerranéenne et sa relation avec l’environnement, comme un groupe dejeunes volontaires en Algérie vient de découvrir.Texte ANSAmed et l’ENPI Info CentrePhotos Projet REMEE ALGER – Ils sont venus sur le campus du Nord et du Sud de la Méditerranée: les étudiants et les enseignants, les bénévoles et les professionnels de la Tunisie et la Hongrie et de la Roumanie et l’Algérie. Ils sont venus pour vider les fontaines et les citernes, étudier des légendes et brandir des signes. Il ne s’agissait pas du tout de creuser ou d’épousseter. Une fois l’expérience de terrain terminée, il existe toujours un point à discuter autour de la table: comment pouvons-nous préserver notre héritage de l’eau? Quels sont les poèmes et les rites traditionnellement liés à l’eau? Comment l’eau peut-elle être utilisée pour développer le tourisme? Ces gens sont venus en Algérie en provenance de pays très différents, avec une mis- sion finale et commune: créer un guide pour la redécouverte et la promotion des thermes de Cherchell, l’ancienne Césarée, comme on l’appelle aujourd’hui, un site archéologique romain à 90 km de l’est d’Alger. Le campus de deux semaines, mis en place autour du site de Cherchell, a été organisé par le projet euro-méditerra- néen de coopération régionale REMEE «Redécouvrir ensemble les mémoires de l’eau», en collaboration avec l’association locale AREA-ED. L’initiative a été lancée en 2009 et financée à hauteur d’un million d’euro € par l’Union européenne dans le cadre du programme Euro-Med Héritage IV. Projets en marche — Voisinage Sud 43
  • 43. Creuser au coeur de la civilisation méditerranéenne L’usage de l’eau touche au coeur de la civilisation méditerranéenne et les partici- « Mobiliser les pants au campus algérien avaient un objectif en tête: produire une boite à outils populations pour les écoles et un guide itinéraire pour la redécouverte et la préservation des locales autour canaux, des puits, des aqueducs et des bains construits au fil des siècles dans une du projet est le région riche en sites archéologiques romains. Ce projet régional a organisé sa meilleur moyen composante Algérienne autour des thermes de Cherchell dans la région de Tipaza. de sauver une D’autres activités similaires ont été mises en place par REMEE au Maroc - où un pièce tellement inventaire des fontaines et des hammas de la médina de Marrakech a été établi – il essentielle du en est de même en Tunisie, Grèce et Turquie. «Notre objectif est de rassembler des patrimoine de la groupes de jeunes pour qu’ils redécouvrent le patrimoine de leur région», déclare région » Matthieu Guary, directeur international du projet REMEE. Au coeur du projet se« Nos activités trouve la mémoire de la relation entre l’homme et son environnement, et d’ajoutervisent à la «Notre objectif général est de permettre aux citoyens de la Méditerranée de redé-réappropriation couvrir l’importance de leur patrimoine historique lié à la gestion de l’eau.» Ainsi,de l’eau par le REMEE ne vise pas seulement à reprendre possession du patrimoine archéologi-la population que, architectural et du paysage de la Méditerranée, mais désire également sensi-locale et à la biliser la société à l’importance d’une matière aussi précieuse que l’eau. En fait, etsensibilisation en raison de la pression du développement et des changements démographiques,aux questions le patrimoine de l’eau est en péril d’extinction dans les milieux ruraux et les villes ànécessaires à la la fois. Prenez par exemple l’Algérie. Les canaux, les puits et les drains souterrainspréservation de connus comme «foggare» - le système traditionnel de la vallée du M’Zab à 500cette ressource kilomètres du sud d’Alger – ils sont dans de nombreux cas oubliés et menacés parde plus en plus l’avancée de la société moderne, comme la mécanisation de l’agriculture. Il en estrare » de même pour les fontaines, les hammas, les jardins et les thermes dans les villes, où l’exode rural et l’expansion urbaine incontrôlée menacent ce trésor historique. «Nous faisons face à un risque inhérent à tout projet ayant trait au patrimoine de petite échelle non protégé par la loi», poursuit Guary. «il y avait à Marrakech, au Maroc, il ya cinquante ans, plus d’une centaine de fontaines, dont la moitié a aujourd’hui disparu ou fait face à la négligence.» Les communautés locales peuvent faire la différence Face à cette menace, le REMEE s’emploie à sensibiliser les communautés à travers des activités qui visent à rétablir et à sensibiliser. Mobiliser les populations locales autour du projet est le meilleur moyen de sauver une pièce tellement vitale du pa- trimoine de la région. C’est pourquoi, le dernier jour du campus de Cherchell, uneN Algeria, aqueduc romain. 44 Projets en marche — Voisinage Sud
  • 44. brochure, un plan de visite des thermes et une boîte à outils pour les écoles ont été présentés par les jeunes volontaires au public, appelant ainsi la communauté à « Notre objectif participer activement à la sauvegarde de leur propre patrimoine de l’eau. Toujours est de permettre à Cherchell, l’an dernier, une équipe de volontaires internationaux en collabora- aux citoyens de tion avec des étudiants locaux avait dégagé les vestiges d’une villa romaine appar- la Méditerranée tenant au site. «Ces actions,» explique Guary, - «visent à la réappropriation de l’eau de redécouvrir par la population locale et à la sensibilisation aux questions nécessaires à la préser- l’importance de vation de cette ressource de plus en plus rare.» Un millier de jeunes mobilisés pour leur patrimoine la protection du patrimoine de l’eau Dans une période marquée par des pénuries historique lié à la croissantes d’eau à travers le monde et dans la région, il est nécessaire «de proté- gestion de l’eau » ger ce patrimoine lié à l’eau, une matière qui rassemble les différents pays dans la région méditerranéenne, qui se caractérisent par des conditions climatiques et des paysages communs », ajouta-t-il. «Il s’agit également d’un exemple pour les pratiques modernes de gestion de l’eau et de nouveaux projets de dévelop- pement dans les secteurs agricole et touristique.» Jusqu’à présent, prés d’un millier de jeunes de la Méditerranée ont été mobilisés pour la redécouverte et la protection du patrimoine de l’eau. Une exposition itinérante sera organi- sée lors de l’achèvement des projets qui prendront fin en Juin 2011. Un DVD pédagogique permettra également d’illustrer les travaux menés dans diffé- rents pays. N Algérie, jeunes bénévoles assistant au campus.EuroMed Heritage IVContribution à l’échange d’expériences sur le patrimoine culturel,création de réseaux et promotion de la coopérationwww.euromedheritage.netPays participants ObjectifsAlgérie, Égypte, Israël, Prenant appui sur les objectifs défi nis dans la Stratégie pour le développement du patrimoine culturelJordanie, Liban, Maroc, euro-méditerranéen : priorités des pays méditerranéens (2007-2013), le programme a pour objectifs deTerritoires palestiniens favoriser l’appropriation, par les populations locales, de leur patrimoine culturel et l’accès à l’éducation àoccupés, Syrie, Tunisie ce patrimoine et à sa connaissance. Le programme vient à l’appui d’un cadre pour l’échange d’expériences, de canaux de diff usion des bonnes pratiques et de perspectives nouvelles, visant à développer unDurée environnement culturel institutionnel. Une unité régionale de soutien et de gestion (RMSU) apporte son2008–2012 appui technique à douze projets, REMEE est un de ces projets.Budget Pour en savoir plus€ 17 millions EuroMed Heritage IV – Site du projet REMEE > www.remee.eu EuroMed Heritage IV – Fiche du projet REMEE > www.euromedheritage.net/euroshared/doc/REMEE_fr.pdf Fiche sur EuroMed Heritage IV > www.enpi-info.eu/mainmed.php?id=243&id_type=10 ENPI Info Centre – Portail thématique culture > www.enpi-info.eu/thememed.php?subject=10 Projets en marche — Voisinage Sud 45
  • 45. Entretien avec Bodil PerssonUn partenariattransfrontaliervisant à Q: Quelles sont les ambitions de ces programmes ?rapprocher Bodil Persson : La Coopération transfrontalière au titre de la PEV (appelée également IEVP CTF) est un ensemble de programmes dont l’objectif principal s’inscrit dans le cadreles peuples des élargissements de l’UE en 2004 et 2007. L’adhésion de nouveaux États membres a nécessité le lancement d’une initiative visant à prévenir l’émergence de nouvelles lignes de division en Europe. C’est ainsi que l’IEVP CTF a vu le jour, renforçant de ce fait le modèle de coopération transfron- « La coopération transfrontalière talière Interreg existant au sein même de l’UE. L’idée est de promouvoir la coopération entre des régions définies est la première initiative autour d’une frontière plutôt que délimitées par des fron- impliquant des pays tiers qui tières. repose sur une participation tout Quels sont les champs d’action de l’IEVP CTF ? à fait équilibrée entre les États Nous travaillons avec 13 programmes ciblant les frontières membres et les pays partenaires » extérieures de l’UE. Chaque programme gèrera une cen- taine de projets. L’idée est de financer et soutenir le déve- loppement des régions frontalières. Plus précisément enAfin d’éviter que les nouvelles frontières contribuant au développement économique et social, en aidant les pays partenaires à relever les défis conjoints dansextérieures de l’Union européenne ne des domaines tels que l’environnement, l’enseignementdeviennent des lignes de divisions, l’UE a et la santé ; en les aidant à sécuriser leurs frontières toutmis en place la Politique européenne de en améliorant la communication transfrontalière ; et en- fin, en encourageant les échanges entre les peuples. Notrevoisinage (PEV). Celle-ci comprend une objectif est d’aider les administrations locales des régionsinitiative ambitieuse qui se concentre sur frontalières à développer les compétences et capacités né-la coopération transfrontalière (CTF) cessaires à la concrétisation de ce projet. Ces programmes couvrent des régions tant au Nord qu’au Sud et compren-entre les États membres frontaliers et nent à l’heure actuelle 15 États membres de l’UE, 13 paysleurs voisins. Si la Politique européenne de partenaires voisins, ainsi que la Norvège et la Turquie. Il existe en tout trois sortes de programmes : les programmesvoisinage aborde des relations extérieures transfrontaliers, les programmes transmaritimes et les pro-entretenues avec l’ensemble des pays grammes de bassins maritimes.voisins, les programmes de coopération Comment sont financés des programmes si complexes ?transfrontalière se concentrent, quant à Le budget total alloué à la CTF s’élève à 1 milliard d’euroseux, sur une coopération transfrontalière pour la période 2007-2013 (soit 10 % du budget de la PEV). Ces fonds proviennent de l’Instrument européen de voisi-égalitaire à l’échelon local et régional, nage et de partenariat (IEVP) et du Fond européen de dé-explique Bodil Persson, responsable veloppement régional (FEDER). C’est d’ailleurs la première fois que nous parvenons à regrouper des fonds provenantde la Section CTF à la Commission de deux lignes budgétaires distinctes. Nous recevons éga-européenne, lors d’un entretien accordé à lement des contributions, parfois très importantes, de lal’ENPI Info Centre : « Il s’agit d’un véritable part des pays participants. La Russie, par exemple, a décidé d’accorder 103 millions d’euros à la CTF, ce qui correspondprogramme de partenariat. Les partenaires à presque 40 % des fonds que l’UE octroie aux programmesdécident ensemble de la manière dont ils auxquels elle participe. La Russie diffère des autres pays voi- sins en ce sens qu’elle n’est pas membre de la PEV. Toutefois,vont dépenser leur budget de coopération elle entend considérer les relations qu’elle entretient avecen fonction des priorités qu’ils auront l’UE comme un partenariat stratégique. Sa contribution re-identifiées et sélectionnent conjointement flète tout à fait cette vision. Le budget alloué au programme de l’IEVP CTF financera tout aussi bien des petits projets deles projets qui les intéressent. » mise en réseau que des grands projets visant à investir dans 46 Projets en marche — Voisinage Sud
  • 46. « L’idée est d’aider au développement des régions voisines en relevant ensemble les « Les projets d’investissement défis existant dans des domaines tels que à grande échelle tels que la l’environnement, l’enseignement et la santé, la construction de routes ont un sécurisation des frontières et en encourageant impact direct sur les citoyens » les échanges entre les peuples »l’achat d’équipements techniques, l’amélioration des points à propositions, du budget alloué aux différents types dede passage et la construction de routes, etc. Les projets sont projets, et du financement des projets sélectionnés.sélectionnés par le biais d’appels à propositions lancés dans Quel est l’impact attendu du programme pour les citoyens desle courant de la période 2010 -2012. Les projets à grande pays partenaires ?échelle sont, quant à eux, choisis directement. Toutefois, larépartition du budget et la nature des projets varient d’un Les principaux bénéficiaires de ces projets sont les adminis-programme à l’autre. trations locales et régionales. Cependant, les ONG et les organisations de la société civileLa CTF est-elle gérée uniquement par Bruxelles ? (des groupes de femmes aux chambres de commerce) enPas du tout. Il s’agit d’une gestion partagée entre les pays profitent également. Ce sont d’ailleurs leurs initiatives quepartenaires voisins et les États membres de l’UE sur un l’on retrouve principalement dans les propositions de pro-même pied d’égalité. Ils décident conjointement de la ma- jet. Ces organisations agissent au nom des communautésnière dont ils vont dépenser leur budget de coopération locales, dont le niveau de vie s’améliore lorsqu’un hôpitalen fonction des priorités qu’ils auront identifiées et sélec- est rénové ou lorsque la pollution diminue grâce aux pro-tionnent ensemble les projets qui les intéressent. La Com- jets financés par la CTF. Et naturellement, les projets d’in-mission européenne a, quant à elle, la mission de contrôler vestissement à grande échelle tels que la construction dela mise en oeuvre des programmes. Chaque programme routes ont un impact direct sur les citoyens. Q: Quelles sontdispose d’une Autorité de gestion conjointe (un rôle sou- les difficultés rencontrées par les programmes CTF ? L’unevent endossé par une administration locale ou régionale), des premières difficultés rencontrées est l’ampleur de cesresponsable du lancement des appels à propositions, de la programmes, étant donné le nombre de participants qu’ilssélection des projets, de la signature des contrats, et de la réunissent. Une autre difficulté réside dans le fait que le ré-gestion des projets sélectionnés. Pour l’instant, toutes les gionalisme et la liberté d’initiative jouent un rôle essentielAutorités de gestion conjointe sont basées dans des États dans la réussite des projets CTF et que cette mentalité estmembres car les programmes nécessitent de l’expérience relativement nouvelle dans les pays voisins. L’expérience etet des compétences techniques. Mais pour la prochaine les compétences dans le domaine de la coopération évo-génération des programmes CTF, nous espérons pouvoir luent avec le temps. Par exemple, lorsque nous avons lancéles implanter également dans les pays partenaires voisins. le programme en Moldavie à la fin des années 1990, nous neChaque programme rapporte à un Comité de suivi conjoint, recevions que 3 ou 4 propositions par appel de la part desqui rassemble tous les pays participants. En réalité, les pro- organisations moldaves. Aujourd’hui, elles nous envoientgrammes CTF se basent sur une concertation parfaitement de nombreuses de propositions et de suggestions. Le mêmeéquilibrée entre les États membres de l’UE et les pays parte- scénario se reproduit dans d’autres pays. Accumuler de l’ex-naires. C’est cet organisme qui décide de la date des appels périence prend du temps.Coopération transfrontalière (CTF)La CTF, l’un des domaines prioritaires de l’IEVP, vise à renforcer la coopération entre lesÉtats membres de l’UE et les pays partenaires situés le long des frontières externes de l’UE.http://ec.europa.eu/europeaid/where/neighbourhood/regional-cooperation/enpi-cross-border/index_fr.htmPays IEVP participants ObjectifsArménie, Belarus, Égypte, La coopération transfrontalière vise à promouvoir le développement économique et socialGéorgie, Israël, Jordanie, des régions frontalières. Il entend relever les défis communs, assurer la sécurité et la gestionLiban, Moldavie, Autorité efficace des frontières et enfin encourager la coopération entre les peuples.palestinienne, Russie,Syrie, Tunisie et Ukraine. En savoir plus… Fiche de l’ENPI Info Centre du programme CTF >Délais: www.enpi-info.eu/mainmed.php?id=176&id_type=10&lang_id=4692007-2013 INTERACT IEVP > www.enpi-info.eu/mainmed.php?id=377&id_type=10&lang_id=469 Initiative de renforcement des capacités administratives >Budget www.enpi-info.eu/mainmed.php?id=375&id_type=10&lang_id=4691,1 milliard d’euros www.enpi-info.eu/mainmed.php?id=374&id_type=10 Projets en marche — Voisinage Sud 47
  • 47. SociétéEnvironnementEnergieTransport 48 Projets en marche — Voisinage Sud
  • 48. EgYptETourné au soleilEn plein désert égyptien, plus de 100.000 miroirs suivent le soleil pour capter sonénergie, un chantier géant qui promet d’ouvrir la voie aux énergies renouvelablesdans la région. C’est une initiative suivie de près par l’Union européenne. Celle-ci finance deux projets, MED-EMIP et MEDREG, qui contribuent à intégrer lespolitiques énergétiques euro-méditerranéennes, notamment dans la perspectived’un passage à l’énergie durableTexte Dalia ChamsPhotos Bassam Mounir Abdel-Rahmane Al-Zoghby Un petit champ perdu de tournesols, au sein de nulle part. Celui-ci, comme par hasard, semble prédire l’histoire des lieux. Car à quelques kilomètres de cette plantation se construit, en plein désert, la première centrale solaire d’Egypte, sur la route de “We just lack Béni Séouf, au sud de la capitale. Les 130 000 miroirs mobiles du site de Koraymat awareness. sont rivés au soleil, tout comme ces grosses fleurs en capitules jaunes. En fait, ces The internet capteurs à concentration ne se reposent que le soir, tournant grâce à un système quiz How automatique, pour faire converger les rayons solaires en un même point jusqu’à Big Is Your ce que le liquide visqueux remplissant le tuyau (au foyer du miroir) atteigne une température de 400˚ C. L’énergie générée peut faire tourner la turbine. La centrale, Ecological qui doit produire en tout 140 MW, sera couplée au réseau d’électricité. Ici, à environ Footprint 100 km du Caire, les ingénieurs travaillant pour l’entrepreneur privé, Orascom, font gives us a l’aller-retour sur le site de plus de 600 000 mètres carrés. C’est l’heure de la réunion good reason mensuelle avec les ex- perts allemands de la société Flagsol, leurs partenaires, forts to think” de la même expérience au sud de l’Espagne. Klaas Rühmann, directeur allemand du projet, souligne que le plus dur au départ était d’expliquer aux ouvriers travaillant les structures en fer qu’elles constituent un outil optique, et qu’il fallait respecter le millimètre près. Son homologue égyptien, Mohamed Al-Dessouqui, se dit optimiste quant à ce projet de 250 millions de dollars dont l’inauguration est prévue en 2010. Et d’ajouter fièrement : « C’est le premier du genre en Afrique et au Moyen-Orient. Seuls les tuyaux et miroirs sont importés d’une usine allemande, l’unique sur le marché international. Bientôt, il y aura d’autres fabricants qui mettront fin au monopole. De quoi faire baisser les coûts. Après cette unité-pilote dont on a achevé environ 80 % du travail, on se tournera vers le marché africain ». Projets en marche — Voisinage Sud 49
  • 49. N 130 mille miroirs mobiless’étendent à Koraymat. Renforcer le dialogue et la coopération C’est un projet suivi de près par un deuxième expert allemand, Albrecht Kaupp, chef d’équipe du projet MED-EMIP (projet d’intégration du marché Euro-Méditerranéen de l’energie). Et pour cause : ce projet a pour but de faciliter le dialogue énergétique dans la perspective d’un renforcement de la coopération euro-méditerranéenne, d’une intégration des marchés de l’énergie, et d’un passage à l’énergie durable et propre. Le projet est financé par l’Union européenne par le biais de l’Instrument européen de voisinage et de partenariat (IEVP). Son siège au Caire partage avec un bureau d’expertise international, le RCREEE (‘Centre pour les énergies renouvelables « Le rôle de l’Etat et l’efficacité énergétique’) un bâtiment du ministère de l’électricité et de l’énergie. a changé. Il n’a Pour Albrecht Kaupp, l’Egypte (dépendante du pétrole et du gaz à plus de 94%) est plus à gérer les bien mise sur les rails. L’énergie solaire est à ses balbutiements, l’énergie éolienne installations connaît un essor, le pays cherche à devenir concurrentiel sur le marché de l’énergie, électriques, mais« C’est le premier mais le découplage énergieéconomie n’est pas encore réalisé. « L’Etat subventionne à les surveiller »du genre en l’électricité, ce sont les tarifs les plus bas de la région. Cependant, ces derniers temps,Afrique et au on augmente les tarifs de 7% chaque année. On tente de se rattraper et je crois qu’onMoyen- Orient… va bientôt atteindre 6 euros comme tarifs, au lieu de 2,5 actuellement. Si l’on veutAprès cette produire de l’électricité à partir d’autres sources, les consommateurs le paieront ».unité-pilote Et d’ajouter : « On a mis 60 ans pour mettre sur pied une industrie basée sur le gazdont on a achevé et le pétrole dans cette région et il nous faut encore 60 ans pour exploiter vraimentenviron 80 % l’énergie solaire ».du travail, on setournera vers lemarché africain » N La fin des travaux est prévue en octobre 2010. 50 Projets en marche — Voisinage Sud
  • 50. Un marché intégré de l’énergie Dans un autre bâtiment administratif, dépendant du ministère, se trouve le bureau de l’agence régulatrice (ERA), oeuvrant depuis 2001 et dirigée par Hafez El-Salmawy. L’ERA participe à un deuxième projet régional européen, le MEDREG, ayant pour but de renforcer la coopération entre les régulateurs de l’énergie de l’UE et ceux des pays « L’Egypte veut partenaires méditerranéens en vue d’une création éventuelle d’un marché euro- méditerranéen intégré de l’énergie. Son travail témoigne de la volonté de l’Etat de devenir un centre faire évoluer les choses. « Le rôle de l’Etat a changé, dit El-Salmawy. Il n’a plus à gérer énergétique les installations électriques, mais à les surveiller. C’est à nous alors de lui indiquer régional, un comment varier les ressources d’électricité, attirer les investisseurs, atteindre un corridor électrique partenariat publicprivé, trouver d’autres mécanismes de financement pour l’expansion en Afrique » des projets, éviter le monopole du marché… ». En ratifiant le protocole de Kyoto, le pays s’est engagé à produire 20% de la demande d’élec tricité à partir des énergies renouvelables. De même, en signant le 2 décembre 2008 un mémorandum d’entente avec l’Union européenne, il doit entreprendre des réformes énergétiques cruciales N Mohanad Gaméa, 27 ans, pour la création d’un marché énergétique euro-méditerranéen. Et le 26 janvier 2009, jeune ingénieur du chantier. il a adhéré avec 75 pays au traité fondateur de l’Agence internationale des énergies renouvelables (Irena), ayant pour but de favoriser une transition mondiale rapide vers les énergies renouvelables. Pour El- Salmawy, le pays peut se permettre de viser haut : « l’Egypte veut devenir un centre énergétique régional, un corridor électrique en Afrique ».MED-EMIP – Coopération dans le domainede l’énergieDurée: Plate-forme en faveur du dialogue en matière de politique énergétique2007 - 2010 et d’échange d’expériences, dans la perspective d’un renforcementBudget: de la coopération euro-méditerranéenne, d’une intégration des marchés4,1 millions d’euros de l’énergie, de l’amélioration de la sécurité et de la durabilité.(MEDA) www.medemip.eu/MEDREG II – Régulateurs de l’énergieDurée: MEDREG II soutient l’élaboration d’un cadre de réglementation moderne2010 - 2012 et efficace en matière d’énergie dans les pays partenaires méditerranéens et renforce leur coopération avec les régulateurs de l’énergie de l’UE.Budget:€919,200 www.medreg.ipi.itPays participants Pour en savoir plus :Algérie, Égypte, Israël, Pages des projets www.enpi-info.eu/mainmed.php?id=92&id_type=10&lang_id=469Jordanie, Liban, http://www.enpi-info.eu/mainmed.php?id=329&id_type=10Maroc, Syrie, Territoirepalestinien occupé, Portail Energie sur ENPI Info Centre :Tunisie, Turquie www.enpi-info.eu/thememed.php?subject=5 Projets en marche — Voisinage Sud 51
  • 51. Une bonne énergie à partager! L’apprentissage mutuel basé sur les expériences et les erreurs est toujours bénéfique. Mais lorsqu’un projet réunit des régulateurs nationaux de l’énergie, habilités à introduire des changements de leur propre initiative, ces réunions d’échange prennent encore une dimension supplémentaire. Depuis 2006, MEDREG s’emploie à ouvrir la voie à un marché euro-méditerranéen intégré de l’énergie. Texte de l’ ENPI Info Centre « Si ce projet n’existait pas, nous devrions l’inventer! » affirme Alessandro Ortis, pré- sident de MEDREG. Et plus il évoque ce projet, plus il revient sur un constat qui lui est cher : « Lorsque je constate tout ce que notre Association peut réaliser, je suis convaincu, en tant que contribuable européen, qu’il s’agit là d’un des meilleurs retours sur investissement possibles des deniers communautaires. » Mais quel est donc ce projet? MEDREG – l’association des régulateurs méditerranéens dans le do- « En tant que maine de l’électricité et du gaz – a vu le jour en 2006. Depuis 2008, MEDREG est régulateurs, cofinancé par l’UE en tant que plateforme rassemblant les régulateurs nationaux de nous avons l’énergie de toute la Méditerranée. Pourquoi est-elle si importante? Le plan d’action pour principale 2010-2012 du projet énonce clairement l’objectif : «Promouvoir la mise en place d’un mission deN L’échange cadre réglementaire cohérent, harmonisé et favorable aux investissements, en vue protéger lesd’expériences sur les d’offrir un maximum d’avantages aux consommateurs d’énergie de la région mé-énergies, renouvelables consommateurs »est un objectif clé diterranéenne. » « En tant que régulateurs, nous avons pour principale mission de protéger les consommateurs », explique le prési- dent de MEDREG, qui est également à la tête de l’autorité italienne de réglementation du marché de l’électricité et du gaz. « Notre travail en amont est inspiré par cette nécessité. » Une nécessité qu’est encore venue souligner la récente Assem- blée générale de MEDREG, qui s’est tenue à Chy- pre. Celle-ci a été informée des avancées de la task force du projet sur les consommateurs, qui réalise actuellement une étude sur la protection des consommateurs en Méditerranée. «Dans le domaine de la régulation des marchés, la question de la protection des consommateurs est vraiment primordiale, » explique encore M. Eric Dyèvre, 52 Projets en marche — Voisinage Sud
  • 52. N Interconnections force président du groupe ad hoc de MEDREG sur les questions institutionnelles. « NotreMediterranean partners to worktogether on energy issues. étude aura un important impact politique et médiatique… MEDREG peut en effet permettre la collecte d’informations dans toute la région, offrant ainsi un instantané qui servira de base à l’élaboration de bonnes pratiques en matière de protection des consommateurs. » Un impact immédiat Dans la plupart des projets, un tel « échange de bonnes pratiques » est un investis- sement à long terme qui peut mettre des années à déboucher sur un changement concret. S’agissant de MEDREG, Alessandro Ortis met pourtant en avant un impact immédiat. « Chacun d’entre nous possède ses propres compétences en tant que ré- N Alessandro Ortis« En dépit, gulateur de l’énergie. Nous pouvons donc mettre en oeuvre les changements de Président de MEDREG: « Un impactou plutôt en positif se dégage à chacune de nos notre propre initiative, » explique-t-il, ajoutant: « Chaque régulateur national est un rencontres ».raison de la mer, partenaire volontaire et les participants sont très engagés. » Au-delà des avantagesnous sommes évidents de ces échanges de bonnes pratiques intervient la nécessité pratique d’uneinterconnectés et coopération. « En dépit, ou plutôt en raison de la mer, nous sommes interconnectésdonc condamnés et donc condamnés à examiner ensemble des questions communes », explique M.à examiner Ortis. « Les câbles et les gazoducs nous obligent à coopérer. » Et en fin de comp-ensemble des te, ce type de considérations stratégiques vient encore renforcer la protection desquestions consommateurs, dont l’exigence de base est d’avoir accès à une offre au meilleur prix. La sécurité énergétique étant l’une des grandes priorités politiques de l’Europe,communes » l’importance de MEDREG apparaît de plus en plus clairement: « Notre association« Les câbles réunit des pays consommateurs d’énergie, des producteurs d’énergie (Algérie, Egyp-et les gazoducs te) et des pays de transit essentiels (Turquie), » explique le président de MEDREG.nous obligent Outre la sécurité énergétique, l’efficacité énergétique et l’impact environnementalà coopérer. » sont d’autres grandes priorités. « L’efficacité énergétique est une énergie virtuelle et vertueuse, » affirme Ortis: « Elle est bénéfique pour le portefeuille des consomma- teurs, pour la balance commerciale du pays et pour la protection environnementale. » Il admet toutefois que les énergies renouvelables ont encore du mal à concurren- Projets en marche — Voisinage Sud 53
  • 53. cer les énergies fossiles en raison des coûts d’in- vestissement plus élevés et de la dispersion et du caractère intermittent de certaines sources d’énergie. Échange d’expériences C’est ici que l’échange d’expérience peut s’avérer particulièrement précieux: au fil des ans, les pays de l’UE ont mis au point un large éventail d’ins- truments de soutien aux énergies renouvelables, allant du soutien aux investissements, des sub- ventions et des abattements fiscaux à des mécanismes de soutien, comme les prix subventionnés par exemple. En vue de partager cette expérience, un autre groupe ad hoc MEDREG examine actuellement comment des mécanismes efficaces de pro- motion pourraient être utilisés dans les pays tiers. Selon un document présenté à« Nous nous l’Assemblée générale, « l’expérience de l’UE pourrait servir d’exemple en permettant « En aval, on de sélectionner les mécanismes adaptés à chaque pays, en fonction de la situation dépense parfoisenrichissons grâce économique et sociale particulière des différents membres. » « Le président de l’As- beaucoupà nos expériences sociation cite l’exemple d’une initiative italienne pionnière fondée sur le marché, qui d’argent pour unmutuelles... On vise à améliorer l’efficacité énergétique des fournisseurs par le biais de « certificatspeut vraiment câble. Mais sans blancs » négociables. Une initiative qui a permis de doubler les économies escomp-parler de un ensemble de tées – « voilà une pratique qui peut être transférée presque directement à d’autresfertilisation règles donnant pays, » explique M. Ortis, qui souligne une fois encore l’importance de l’Associationcroisée. » qu’il préside. « Nous nous enrichissons grâce à nos expériences mutuelles... Il s’agit un sens à ces vraiment de fertilisation croisée. » Ce projet est à présent prolongé par la Commis- dépenses, il ne sion européenne pour une nouvelle période de trois ans, pour un coût relativement s’agira jamais modeste de 919.200 euros. Un investissement aux multiples retours. « En aval, on là que d’un dépense parfois beaucoup d’argent pour un câble. Mais sans un ensemble de rè- investissement gles donnant un sens à ces dépenses, il ne s’agira jamais là que d’un investissement ponctuel » ponctuel, » explique Ortis. Au fil des ans, la position institutionnelle des régulateurs s’est selon lui modifiée en ce qui concerne les compétences et le degré d’indépen- dance. Il a également observé un réel processus de convergence vers les niveaux européens. « Chaque réunion que nous organisons offre une valeur ajoutée, » expli- que-t-il. « Un impact positif se dégage à chacune de nos rencontres. » MEDREG II – Régulateurs de l’énergie MED-REG II soutient l’élaboration d’un cadre de réglementation moderne et efficace en matière d’énergie dans les pays partenaires méditerranéens et renforce leur coopération avec les régulateurs de l’énergie de l’UE http://medreg.ipi.it/ Pays participants Objectifs Algérie, Égypte, Israël, Ce projet vise à renforcer la coopération entre les régulateurs de l’énergie de l’UE et ceux des pays Jordanie, Liban, Maroc, partenaires méditerranéens en les aidant à élaborer un cadre de réglementation moderne et efficace. Ce Territoire palestinien processus est important pour la création d’un marché énergétique intégré euro-méditerranéen. Le projet occupé, Syrie, Tunisie, « Soutien à la coopération entre les régulateurs de l’énergie de la région euro-méditerranéenne (MEDREG Turquie II) » s’emploie à faciliter les échanges d’informations et les approches concertées entre les régulateurs de l’UE et ceux des pays partenaires, à aider les pays méditerranéens à mettre en place des régulateurs de Timeframe l’énergie indépendants, à renforcer l’autonomie de ceux qui existent déjà et à développer les capacités 2010-2012 techniques du personnel. Cette deuxième phase poursuit le travail entamé en 2008-2009. Budget Pour en savoir plus €919,200 MEDREG II fiche > www.enpi-info.eu/mainmed.php?id=329&id_type=10&lang_id=469 ENPI Info Centre > www.enpi-info.eu/thememed.php?subject=5 54 Projets en marche — Voisinage Sud
  • 54. Entretien avec Alessandro OrtisUne coopérationméditerranéennedans le MEDREG, l’association des régulateurs méditerranéens dans le domaine de l’électricité et du gaz, rassemble des pays producteurs etdomaine consommateurs d’énergie, qui sont aussi des liens de transit clés. L’association joue ainsi un rôle déterminant dans la mise en place du futurde l’énergie marché euro-méditerranéen de l’énergie. Dans un entretien accordé à l’ENPI Info Centre, le président de MEDREG, Alessandro Ortis, souligne l’importance capitale de ce projet financé par« Si MEDREG n’existait pas, nous devrions l’inventer.Ce projet est l’un des investissements les plus l’UE, et insiste en particulier sur son impact directrentables des fonds communautaires » sur les consommateurs de la région.Q: Quelle est l’ambition du projet? Un impact à long terme est-il attendu ?Alessandro Ortis: MEDREG réunit des régulateurs natio- Assurément. En aval, on a beau dépenser beaucoup d’ar-naux de l’énergie en vue de promouvoir un cadre réglemen- gent pour un câble, il ne s’agira jamais là que d’un investis-taire stable, harmonisé et favorable aux investissements. sement ponctuel s’il n’existe pas – en amont - un ensembleL’idée est d’offrir un maximum d’avantages aux consomma- de règles donnant un sens à ces dépenses. Nos échangesteurs et d’ouvrir en fin de compte la voie à un marché euro- d’expériences préparent l’avenir du marché euro-méditer-méditerranéen de l’énergie. ranéen de l’énergie. Chacune de nos réunions produit unComment le programme réalise-t-il ses objectifs ? impact positif, grâce à sa valeur ajoutée. Le terrain est fertileNotre association encourage la coopération, l’échange d’in- et propice à la fertilisation croisée. Il n’empêche que nousformations et l’assistance mutuelle entre nos membres en obtenons également un impact immédiat : chacun d’entreleur offrant une plateforme de discussion. Il s’agit là d’une nous possède en effet des compétences qui lui sont proprescoopération volontaire, mais nous formulons aussi des et nous sommes habilités à mettre en oeuvre des change-recommandations clés. Nous préparons de manière très ments de notre propre initiative. Nos échanges sont ainsiproactive la future communauté euro-méditerranéenne de très précieux: les bonnes pratiques, les expériences réussies,l’énergie. Nous oeuvrons à l’harmonisation de ces marchés les projets innovants menés dans un pays peuvent ainsi êtrepar le biais d’échanges d’expériences et d’apprentissages adaptés et transférés à d’autres pays.mutuels, fondés sur nos erreurs et nos meilleures pratiques. Quelle est à vos yeux votre principale réalisation ?Nous organisons également des activités de formation plus Depuis que nous coopérons, nous avons observé une évolu-formelles. La formation du personnel des régulateurs de tion au niveau de la position institutionnelle des régulateurs,l’énergie est ainsi assurée par la Florence School of Regula- de leurs compétences et de leur degré d’indépendance Ettion. Le transfert de connaissances est essentiellement réali- cette évolution finit par faire une réelle différence au niveausé au travers de l’Assemblée générale et des quatre groupes de chaque ménage. Nos échanges nous ont également per-de travail ad hoc - sur les questions institutionnelles, l’élec- mis d’observer en même temps un processus manifeste detricité/le gaz/l’environnement, sur les sources d’énergie re- convergence vers les niveaux européens. Les réalisations denouvelables et sur l’efficacité énergétique. notre Association ont assuré notre reconnaissance à l’éche-Quel est l’impact pour les citoyens des pays partenaires ? lon international. En octobre 2009, à Athènes, nous avonsL’orientation consommateurs est pour nous une véritable mis en place la Confédération internationale des régula-priorité. En tant que régulateurs, notre principale mission teurs de l’énergie, au sein de laquelle MEDREG est considé-est en effet de protéger les consommateurs. Notre travail rée comme l’une des associations régionales clés. En outre,en amont est inspiré par cette nécessité. Lorsque nous col- notre participation à la réunion des régulateurs de l’énergielaborons sur des questions stratégiques comme la sécurité du G8+ est venue confirmer cette reconnaissance interna-d’approvisionnement et l’accès, l’idée est en fin de compte tionale. Si MEDREG n’existait pas, nous devrions l’inventer.d’oeuvrer en faveur des consommateurs. Il en va de même Ce projet est l’un des investissements les plus rentables despour l’efficacité énergétique, bénéfique pour la protec- fonds communautaires.tion environnementale mais aussi pour le portefeuille desclients. Un régulateur indépendant contrôle l’offre, les prix, « Lorsque nous collaborons sur desla qualité, la protection environnementale, le droit de chan- questions stratégiques comme la sécuritéger de fournisseur, la clarté de la facturation – autant d’as- d’approvisionnement et l’accès, l’idée est en finpects vraiment essentiels pour le consommateur. de compte d’oeuvrer pour les consommateurs » Projets en marche — Voisinage Sud 55
  • 55. sYrIE Construire pour l’avenir La réduction de la consommation d’énergie est un objectif crucial dans la lutte contre le changement climatique. En Syrie, le projet MED-ENEC, financé par l’UE, a marié des inspirations tirées du passé avec des technologies de pointe pour concevoir un projet immobilier pionnier qui promet d’énormes économies d’énergie à ses futurs résidents. Texte Maurice Aaek Photos Omar Sanadiki DAMAS – « Que pourrait-on souhaiter de mieux que faire des économies sur ses factures de chauffage, de climatisation et d’eau chaude ? On a presque du mal à y croire tellement cela semble avantageux en comparaison avec ce qu’on a l’habitude de payer, surtout si on tient compte du coût de la vie aujourd’hui. » Tout en faisant ce commentaire, Yara Abdo lève le regard en direction d’un nou- vel immeuble construit dans la banlieue de Damas par le Projet de logement pour jeunes, qui bénéficie d’un soutien de l’UE. Jeune ingénieur, Yara espère faire partie des quelques chanceux qui seront désignés pour vivre dans un des nouveaux appartements. « Nous avons plus que jamais besoin d’immeubles de ce type. Ces appartements sont spécialement conçus pour réduire notre consommation d’énergie et partant, les factures qui y sont associées. » Yara a fait sa demande pour emménager dans l’un des appartements des im-N Jean-Marie Frentz. meubles construits dans le cadre du Projet de logement pour jeunes, tout comme quel- ques 1 200 autres jeunes Syriens à faible revenu. « Les appartements n’ont pas encore été distribués mais, chaque fois que je passe devant ce bâtiment unique en son genre, j’espère que la chance me sourira ». Seuls 30 jeunes Syriens à faible revenu pourront s’installer dans cet immeuble modèle qui a été construit par un projet pilote soutenu par l’Union européenne sous l’égide du projet MED-ENEC. Ce dernier est mené dans dix pays méditerranéens dans le but d’aug- menter l’efficacité énergétique dans le secteur de la construction et d’encourager l’utili- sation de l’énergie solaire. 56 Projets en marche — Voisinage Sud
  • 56. Réduire les factures d’énergie Les bénéfices directs du projet seront des économies de 80 % sur l’éner- Ces appartements gie utilisée pour chauffer l’eau, et de 50 % sur celle consommée pour les sont spécialement systèmes de chauffage et de climatisation. Yara pourra en bénéficier si elle conçus pour obtient un appartement dans ce nouvel immeuble. réduire notre « La diminution de la consommation d’énergie est un bénéfice économi- consommation que considérable pour notre pays, outre le fait qu’elle permet de réduire d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre dues aux appareils de chauffage ou de climatisation », explique le Dr Safwan Al Assaf, directeur général de la partant, les General Company for Engineering Studies and Consulting (GCEC), qui a factures qui y sont réalisé l’étude du projet et remporté la subvention offerte par l’Union euro- associées. péenne.N Maya Abdo. Le Dr Assaf rajoute : « Le projet soumis à l’UE était fondé sur des études comparant le confort des vieilles maisons de Damas à celui de maisons ordinaires modernes. Les résul- tats de ces études comparatives ont convaincu l’équipe de la nécessité de promouvoir les avantages des méthodes de construction traditionnelles du vieux Damas et de redé-Les États couvrir des principes de conception du passé. Le concept énergétique général reposemembres sur des principes de construction passive alliés à de nouvelles technologies efficaces peu gourmandes en énergie et à l’utilisation des énergies renouvelables. »de l’Union N Safwan Al-Assaf. L’ingénieur Omayma Habash, directrice du service d’ingénierie mécanique chez GCEC eteuropéenne et coresponsable de la supervision et de la mise en œuvre de l’étude, liste avecleurs partenaires fierté les technologies et principes intégrés au projet : doubles vitrages,méditerranéens volets en PVC, protection du bâtiment et des fenêtres grâce à l’ombre desdépendent les arbres environnants, cages d’escalier vitrées pour améliorer la ventilationuns des autres transversale naturelle, chauffage solaire de l’eau et de l’espace, et éclairage à basse consommation.pour garantir Selon les explications de Mme Habash, les économies attendues grâce àla sécurité l’usage de ces technologies pourraient permettre de récupérer les coûtsénergétique. de construction additionnels d’ici cinq à huit ans, après l’investissement initial. Des études complémentaires assureront le suivi du bâtiment pen- dant une année complète afin de chiffrer les bénéfices réels de l’efficacité énergétique.N Efficacité énergétiquedans la construction. Projets en marche — Voisinage Sud 57
  • 57. « Dans le même bateau » N Les immeubles du projet de « On est tous dans le même bateau. C’est pourquoi nous devons poursuivre logement pour jeunes financé nos efforts pour économiser l’énergie et réduire l’inefficience énergétique », par la EU à Damas. a déclaré Jean-Marie Frentz, directeur de programme à la délégation de la Commission européenne à Damas, en expliquant en quoi consiste l’appui de l’UE à ce projet. « Les États membres de l’Union européenne et leurs par- tenaires méditerranéens dépendent les uns des autres pour garantir la sé- curité énergétique, la prospérité et un environnement sain tout en luttant ensemble contre le changement climatique. » Le projet apportera également des bénéfices indirects, a ajouté M. Frentz : « Outre la réduction de la consommation énergétique, le projet aura aussi pour effet de diminuer la pollution et d’encourager la création de nouveaux emplois et les investissements dans les secteurs qui interviennent dans ceN Omema Habach. type de construction. » De son propre aveu, le projet a rencontré certaines difficultés : « Il n’est pas facile de laisser les gens prendre la décision de concevoir leur maison dans cet esprit, surtout quand les prix de l’énergie sont généralement subventionnés et moins élevés que sur les marchés internationaux. Par contre, quand les coûts énergétiques augmentent, les gens prennent au sérieux la possibilité d’utiliser des technologies propres pour réduire leurs factures d’énergie. » La date de réception des travaux approchant, les visiteurs autour du chantier se font plus nombreux et tous rêvent d’habiter là. Toutefois, les étudiants et ingénieurs vien- nent aussi pour simplement admirer le concept mis en œuvre. Comme le fait remarquer Mme Habash, « Le projet a suscité beaucoup d’admiration dans les foires d’ingénierie et d’environnement. Avant même le début des travaux, les plans du chantier avaient acquis une grande notoriété dans le secteur de la construction. » Et d’ajouter : « Si ce bâtiment attire tant l’attention, c’est peut-être en raison de la hausse des prix de l’énergie en Syrie. Tant que le prix du mazout était subventionné par le gou- vernement syrien, les gens ne voyaient pas l’intérêt de passer aux énergies alternatives. 58 Projets en marche — Voisinage Sud
  • 58. Maintenant que Par contre, maintenant que le prix du ma-le prix du mazout zout a augmenté, les habitants s’intéres- sent davantage aux nouvelles applicationsa augmenté, technologiques qui leur permettraient deles habitants diminuer leurs factures. »s’intéressent « Le soutien financier n’est pas le seul béné-davantage fice que le projet a reçu de l’UE », expliqueaux nouvelles Mme Habbash : « Nous avons égalementapplications bénéficié d’une assistance technique et d’ingénierie offerte par l’UE au traverstechnologiques d’ateliers organisés avec d’autres pays.qui leur Nous avons de la sorte acquis beaucouppermettraient de d’expériences techniques grâce à des rap-diminuer leurs ports d’audit ainsi qu’une expérience trèsfactures. utile au niveau de la commercialisation et de la promotion du projet. Il est im- portant que nous puissions partager nos expériences avec les autres pays méditer- ranéens qui participent au projet : quand un projet est mis en œuvre dans dix pays, comme c’est le cas ici, ses bénéfices ne se limitent pas au cadre du projet mais ils se perpétuent. » N Le projet MED-ENEC encourage l’utilisation de l’énergie solaire. MED-ENEC II – Efficacité énergétique dans le secteur de la construction MED-ENEC II encourage l’efficacité énergétique et l’utilisation de l’énergie solaire dans le secteur de la construction, par le biais d’un renforcement des capacités, d’instruments fiscaux et économiques et de projets-pilotes. www.med-enec.com Pays participants Objectifs Algérie, Égypte, Israël, Ce projet encourage l’efficacité énergétique et l’utilisation de l’énergie solaire dans le secteur Jordanie, Liban, Maroc, de la construction et joue un rôle majeur dans la conception et la mise en œuvre de mesures de Territoire palestinien coopération entre l’UE et ses occupé, Syrie, Tunisie partenaires méditerranéens et entre les partenaires eux-mêmes. Le projet Efficacité énergétique dans le secteur de la construction II (MED-ENEC), qui constitue la Délais suite du projet MED-ENEC I réalisé entre 2005 et 2009, s’efforce aussi de sensibiliser le grand public 2009-2013 et d’impliquer la société civile dans les techniques de construction axées sur le climat, l’efficacité énergétique et l’utilisation des énergies renouvelables dans la construction de bâtiments. Budget € 5 millions Pour en savoir plus Fiche sur MEDENEC II > www.enpi-info.eu/no_translation_med.php?lang_id=469 Fiche sur MEDENEC I > www.enpi-info.eu/mainmed.php?id=91&id_type=10 ENPI Info Centre – Portail thématique Énergie > www.enpi-info.eu/thememed.php?subject=5 Projets en marche — Voisinage Sud 59
  • 59. SociétéEnvironnementEnergieTransport 60 Projets en marche — Voisinage Sud
  • 60. MArocLes routesde l’espoirIl n’y a pas longtemps, les habitants de Tislit n’avaient presque pas accès aux centresde santé a cause des montagnes qui clôturent le village. Aujourd’hui, une populationdésenclavée peut s’ouvrir aux services et améliorer la productivité économique.La Facilité d’investissement du voisinage (FIV) est un mécanisme financier visant –entre autres - à réduire les disparités entre mondes rural et urbain. L’aménagement dela route menant au village de Tislit en est un exemple concret.Texte et photos par : Hicham Houdaïfa RABAT – « Pendant l’hiver, cette route est impraticable. Les taxis refusent de rentrer ici. Moi, je viens de la ville d’Azilal pour enseigner au village. Maintenant au moins, la route est aménagée ». Nadia, enseignante à l’école primaire de Tislit, fait l’aller et retour au quotidien. Auparavant, les 37 kilomètres reliant ce petit village à la route régionale, étaient un cauchemar. Il fallait trois heures pour parcourir un chemin qu’aujourd’hui on fait en une demi-heure. « Aujourd’hui, après avoir terminé le travail de terrasse- ment, nous sommes arrivés à la dernière étape, celle de la finition et du déglaisage. Cela permettra de désenclaver toute cette population », se félicite Jawad Faghloumi, directeur des équipements et des transports à la Direction provinciale à Azilal. N Abderahmane Ennaji membre de l’Association de Un enclavement aux graves conséquences Azilal. Nous sommes dans une des la rencontre des jeunes pour provinces les plus pauvres du Maroc. Les plus enclavées aussi. Un peu plus d’un de- l’appui à l’initiative et au mi-million d’habitants y vivent, dont 14% résident dans les villes et 86% en milieu développement. rural. La province est entièrement montagneuse, d’où l’importan- ce du désenclavement. Dans plusieurs parties de la province, les habitants n’ont pas accès aux centres de santé, en particulier en hiver. Des enfants sont déscolarisés à un âge précoce parce qu’ils sont coupés des écoles. Des mères meurent en couches à cause de l’absence de connexion à un réseau routier principal. Cette si- tuation se décline en chiffres : Azilal, une des provinces les plus re- tranchées du pays, présente un des taux les plus élevés en termes d’analphabétisme, surtout chez les femmes. Plusieurs pratiques ancestrales, telles que celle du mariage coutumier, sont aussi favo- risées par l’enclavement. Ces pratiques plombent la région, puis- que, dans des communes rurales, les fillettes sont mariées à 14 et Projets en marche — Voisinage Sud 61
  • 61. « La desserte des zones rurales permettra deN Les habitants des douarséloignés utilisent encore des mettre fin àpistes étroites gravées sur la l’isolementmontagne. de régions 15 ans, et donc privées de leurs droits à l’éducation et à une vie digne. Le ministère entières, de l’Equipement et des Transports est en train de mettre les bouchées doubles afin avec en de construire un maximum de routes dans cette région. C’est au sein de la Direction conséquence, provinciale de l’Equipement et des Transports d’Azilal que tout se fait. Une jeune un meilleur équipe est en charge de l’application du Programme national des routes rurales II accès à la (PNRR II), qui prévoit une enveloppe globale de 770 millions de dirhams (environs 65,8 millions d’euros) pour la construction de 402 km de routes et l’aménagement scolarisation de 160 autres kilomètres. Son impact socio-économique est important, puisque et aux soins cela permettra de relier les communes rurales de la province au réseau principal, de santé, et d’améliorer le taux d’accessibilité de 50 à 80% à l’horizon 2012. C’est la Caisse de ainsi qu’une financement routier (CFR) qui s’occupe de la gestion des fonds. L’Europe a mis à la réduction disposition de la Caisse une contribution de 9,8 millions d’euros dans le cadre de des coûts de la Facilité d’investissement pour le voisinage (FIV). « La desserte des zones rurales transports » permettra de mettre fin à l’isolement de régions entières » affirme Eneko Landaburu,« Cette route, Ambassadeur et Chef de la Délégation de l’Union européenne à Rabat « avec, ensi elle est conséquence, un meilleur accès à la scolarisation et aux soins de santé, ainsi qu’unegoudronnée, réduction des coûts de transports et une amélioration de la productivité économi-permettra à que ». La Facilité d’investissement pour le voisinage a été créée en juin 2008 par lacette belle Commission européenne, dans le but d’aider ses voisins du Sud et de l’Est à financerrégion de des investissements infrastructurels majeurs qui ne peuvent être directement prisbénéficier en charge par le secteur privé. Ces investissements concernent essentiellement lesde ses atouts services publics offerts aux citoyens, qui nécessitent des financements considéra-naturels, le bles que chaque pays peut avoir du mal à obtenir sur le marché sous forme de prêts,tourisme de notamment dans le contexte difficile de l’actuelle crise financière. Le type de sub-montagne, ventions offertes par la FIV peut dès lors s’avérer très utile. « Le programme nationalnotre de routes rurales – continue l’ambassadeur Eneko Landaburu - est un exemple par-production fait du type d’initiatives considérées comme prioritaires pour la FIV, à savoir le finan- cement de projets réduisant les disparités régionales, améliorant le développementd’amandes... » local et l’accès aux services, et augmentant le rendement social des biens public ». N Aménagement de la route entre Azilat et Tislit. 62 Projets en marche — Voisinage Sud
  • 62. NEnfants sortant de l’école La mission n’est pas facileprimaire. Toutefois, l’opération d’aménagement ou de construction de routes à Azilal n’est pas « Avant, quand une mission facile. « Il faut refaire les conduits de l’eau potable et trouver un com- les femmes promis avec la population locale pour élargir la route. C’est ce qu’on qualifie dans enceintes notre jargon de contraintes. En plus, à Azilal, il a fallu utiliser des explosifs à plusieurs avaient un reprises, à cause des rochers », raconte Jawad Faghloumi, l’ingénieur en charge de la route. Ce travail permet toutefois au village de Tislit de sortir la tête de l’eau. Ab- problème derahmane Ennaji, 27 ans, membre de l’Association de la rencontre des jeunes pour sérieux, elles l’appui à l’initiative et au développement, raconte que « avant, quand les femmes avaient une enceintes avaient un problème sérieux, elles avaient une chance sur deux de s’en chance sur deux sortir, à cause de l’impraticabilité de la route ». Et il continue : « Cette route, si elle est de s’en sortir, goudronnée, permettra à cette belle région de bénéficier de ses atouts naturels : le à cause de tourisme de montagne notamment au col de Bouhrajen Amghizin, notre produc- l’impraticabilité tion d’amandes... ». de la route » Facilité d’investissement du voisinage (FIV) La FIV est un instrument novateur de la Politique Européenne de voisinage visant à mobiliser des fonds supplémentaires en faveur de projets d’infrastructure dans les pays voisins, rassemblant des subventions de la Commission européenne et des États membres, ainsi que des prêts des institutions financières publiques européennes. www.enpi-info.eu/mainmed.php?id=338&id_type=10 Pays participants Objectifs Algérie, Égypte, La Facilité d’investissement du voisinage vise à mobiliser des fonds supplémentaires en faveur de Israël, Jordanie, Liban projets d’infrastructure dans les pays voisins. La FIV met essentiellement l’accent sur le secteur Maroc, Territoire de l’énergie, des transports et de l’environnement, mais un soutien financier peut également palestinien occupé, être octroyé à des projets axés sur le développement des PME ou des infrastructures du secteur Syrie, Tunisie ; social. En encourageant les actions européennes conjointes, la FIV ouvre la voie à la coordination Arménie, Azerbaïdjan, concrète des donneurs, au partage des tâches et à l’harmonisation des procédures. Belarus, Géorgie, Moldavie, Russie, Pour en savoir plus Ukraine Fiche de la FIV > www.enpi-info.eu/mainmed.php?id=338&id_type=10 Durée Les personnes derrière les projets > 2007-2013 www.enpi-info.eu/medportal/features/318/Les-personnes-derri%C3%A8re-les-projets-:- entretien-avec-Richard-Weber---FIV Budget 700 millions d’euros Instruments de coopération internationale > www.enpi-info.eu/mainmed.php?id=339&id_type=10&lang_id=469 Projets en marche — Voisinage Sud 63
  • 63. Entretien avec Richard WeberCombiner prêts etsubventions pour financerles investissements enfaveur des pays du voisinageLa Facilité d’investissement pour le Quelle est l’ambition de la FIV ?voisinage (FIV) est un instrument financier Richard Weber : La Facilité d’investissement pour le voisinage est un instrument récent. Elle a été créée en juin 2008 par lainnovant de la politique européenne de Commission européenne, dans le but d’aider nos voisins duvoisinage (PEV). Son principal objectif est de Sud et de l’Est à financer des investissements infrastructurels majeurs qui ne peuvent être directement pris en charge par lemettre rapidement sur les rails des projets secteur privé. Ces investissements concernent essentiellementinfrastructurels clés qui nécessitent des les services publics offerts aux citoyens. Ces infrastructures etressources financières considérables tout services publics nécessitent des financements considérables que chaque pays peut avoir du mal à obtenir sur le marchéen soutenant le développement du secteur sous forme de prêts, notamment dans le contexte difficile deprivé dans ces deux régions. La FIV entend l’actuelle crise financière. Le type de subventions offertes par la FIV peut dès lors s’avérer très utile.mettre en place un partenariat en regroupantles ressources (sous forme de subventions) Quelles sont les priorités de cette nouvelle facilité ? Pourriez-vous nous donner quelques exemples ?de la Commission européenne et des États L’environnement, le traitement des eaux ou l’eau potable, lemembres et en les utilisant pour optimiser les transport – notamment les grandes installations portuaires etprêts des institutions financières européennes, aéroportuaires, l’interconnexion des réseaux d’électricité, les économies d’énergie, les énergies renouvelables. Le secteurces ressources étant complétées par des social figure lui aussi en bonne place. Je songe par exemplecontributions des pays partenaires. à la construction d’hôpitaux et d’écoles. Les PME bénéficient également d’un soutien, par le biais d’enveloppes de « capital-Et de fait, les contributions de la FIV ont un risque », lorsque le secteur privé estime trop élevé le risque deréel effet de levier : en 2009, les 99,7 millions leur consentir des prêts ; enfin, la FIV peut également promou-d’euros de subventions au titre de la FIV ont voir l’innovation dans nos pays partenaires.généré, au total, une contribution d’environ Quelles sont les difficultés que pose la mise en oeuvre de la FIV ?2,5 milliards d’euros des institutions financières La principale difficulté consiste à « apparier » les fonds de la FIV et les besoins des pays. Au cours des 18 premiers mois qui onteuropéennes. En d’autres termes, près de suivi sa création, la facilité a pu s’appuyer sur +/- 150 millions25 euros pour chaque euro dégagé au titre d’euros sous forme de subventions. Ce montant est nettement insuffisant pour subventionner toutes les demandes de pro-de la FIV ! Le montant total des investissements jets d’investissement dans les pays du voisinage. Il est doncconcernés a ainsi dépassé les 5 milliards indispensable de procéder à une sélection rigoureuse, avecd’euros. Les projets sélectionnés - toutes les difficultés que cela comporte.du traitement des eaux aux hôpitaux – Quel est l’impact direct des projets financés par le biais de la FIV sur les citoyens des pays partenaires ?« ont un impact direct sur la vie des gens », Un projet qui finance une usine de traitement des eaux per-explique Richard Weber, directeur général met de bien illustrer cet impact. Les communautés concernéesadjoint d’EuropeAid dans un entretien se rendent immédiatement compte que la qualité de leur eauaccordé à l’ENPI Info Centre. 64 Projets en marche — Voisinage Sud
  • 64. « L’environnement, le traitement des eaux ou l’eau potable, le transport – notamment les grandes installations portuaires et aéroportuaires, l’interconnexion « Nous disposons d’un portefeuille des réseaux d’électricité, les d’environ 9 milliards d’euros répartis économies d’énergie, les énergies sur 18 mois, ce qui correspond au renouvelables figurent parmi les montant total des investissements priorités de la FIV » potentiels »s’est améliorée ou qu’elles bénéficient d’un accès direct à l’eau consortiums constitués par ces institutions, ainsi que les contri-potable. De tels projets permettent en effet d’améliorer la qua- butions des pays partenaires eux-mêmes. Sur ces 9 milliardslité de vie. En Égypte, au Sud, ou en Moldavie, à l’Est, la FIV d’euros, 5 milliards ont été prévus pour le Sud et 4 milliardsest précisément mise à contribution pour améliorer la qualité pour l’Est. Sur ce montant toujours, 4 milliards d’euros sont fi-de l’eau. Autre exemple : la FIV finance en coopération avec nancés par les prêts des IFI, tandis que les subventions de l’UEla Banque de développement du Conseil de l’Europe la réno- représentent 170 millions d’euros. Comme vous le voyez, nosvation et la modernisation de l’hôpital central de Chisinau, la subventions sont parfaitement op timalisées. Ces quelque 200principale infrastructure médicale du pays. Parallèlement, la millions d’euros permettent de générer des investissements àFIV finance, en Ukraine, les réseaux et les installations électri- hauteur d’environ 9 milliards d’euros.ques. Tous ces projets Ces instruments sont-ils assortis de conditions ?améliorent eux aussi directement la vie des citoyens. Bien sûr ! Les sommes en jeu sont considérables ; nous devonsComment les fonds sont-ils répartis entre l’Est et le Sud ? donc négocier avec les pays partenaires le cadre de la coopé-À l’heure actuelle, nous disposons d’un portefeuille d’environ ration. Nous nous mettons d’accord sur les objectifs et les ré-9 milliards d’euros répartis sur 18 mois, ce qui correspond au sultats escomptés. Mais au final, ce sont nos partenaires quimontant total des investissements potentiels. Sont ici com- doivent mettre en oeuvre les réformes qui assureront à leurspris les subventions et les prêts des IFI et des partenaires des citoyens une vie décente.Facilité d’investissement du voisinage (FIV)Calendrier 2007-2013La Facilité d’Investissement du voisinage (FIV) est un instrument novateur de la PEV visant à mobiliserdes fonds supplémentaires en faveur de projets d’infrastructure dans les pays voisins. Il rassembledes subventions de la Commission européenne et des États membres de l’UE ainsi que des prêts desinstitutions financières publiques européennes.La Facilité d’investissement du voisinage met essentiellement l’accent sur le secteur de l’énergie,des transports et de l’environnement, mais un soutien financier peut également être octroyé à desprojets axés sur le développement des PME ou des infrastructures du secteur social.La Facilité d’investissement du voisinage est un levier concret à la disposition des pays qui sesont dotés d’un plan d’action conclu avec l’UE au titre de la PEV. D’autres pays de la PEV peuventégalement prétendre, au cas par cas, à un financement au titre de la FIV si leur projet est de naturetransnationale ou régionale et présente un intérêt particulier pour l’UE et ses partenaires.http://ec.europa.eu/europeaid/where/neighbourhood/ regional-cooperation/irc/investment_fr.htm Projets en marche — Voisinage Sud 65
  • 65. IsrAël Une nouvelle vision du transport de marchandises Imaginez que l’on puisse débarrasser le réseau routier du transport de conteneurs et que ceux-ci soient acheminés par bateaux ou via le rail… Imaginez que l’on puisse supprimer la bureaucratie des douanes et créer des ports « sans papier »… C’est ce que le projet EuroMed « Autoroutes de la Mer », financé par l’UE, essaie de réaliser par le biais de deux projets pilotes en Israël, qui visent à transformer l’approche du transport de marchandises dans l’intérêt des utilisateurs, des consommateurs et de l’environnement. Texte et photos par Yair Qedar HAIFA – « Les autoroutes constituent l’un des plus gros problèmes », explique le professeur Yehuda Hayuth, assis à une table de café sur les hauteurs de Haïfa, avec, d’un côté, le soleil couchant sur la Méditerranée et, de l’autre, la vallée de Jezréel. « En Europe, les autoroutes sont saturées. Cela engendre énormément de pollution, d’embouteillages et de dépendance à l’essence. Nous aimerions résoudre cette« Ce système peut problématique ou, du moins, essayer. La solution passe par la mer et par le rail.générer plus de Dès l’Antiquité, la Méditerranée a été un lieu d’échanges entre l’Europe, l’Afrique et l’Asie. À notre époque, nous devons trouver le moyen d’en faire bon usage et de60 millions de dégager une solution avantageuse pour tous. » Hayuth est le consultant européenmessages par de la partie israélienne du projet MEDA-MoS « Autoroutes de la Mer ». Il s’agit d’unan, beaucoup projet international unique qui vise à améliorer les échanges entre pays européensplus rapidement et méditerranéens, et ce, en développant le volet maritime du futur Réseau trans-et efficacement méditerranéen de transport (RTM-T). Le projet a démarré lorsque la Commissionqu’actuellement. européenne a demandé à plusieurs pays de la Méditerranée de présenter des pro-Imaginez un peu jets de transport intermodal maritime, durable et sûr, qui seraient susceptibles de: une économie favoriser les échanges entre l’UE et ses voisins méridionaux. Le projet pilote israé-d’au moins 60 lien est dirigé par un consortium composé du Ministère israélien des transportsmillions de feuilles et de la sécurité routière, de la Compagnie des ports d’Israël (Israël Ports Com-de papier ! » pany), de Zim (société israélienne de transport de containers, une des plus grandes au monde), d’Agrexco (premier exportateur israélien de produits agricoles) et de Trieste Marine Terminal et Alpe Adria en Italie. Le projet inclut notamment l’utili- sation de techniques informatiques appliquées aux activités portuaires, le passage du transport routier au transport ferroviaire des conteneurs, et l’introduction de conteneurs réfrigérés de grande capacité innovants et efficients. 66 Projets en marche — Voisinage Sud
  • 66. Réduire le nombre de poids lourdscirculant sur le réseau routierOù le projet en est-il, concrètement parlant, à l’heure actuelleen Israël ? « Pour simplifier : nous transportons le fret agricolede la région d’Arava, dans le sud, vers le port d’Haïfa, et, delà, vers le port de Trieste. Nous chargeons 200 conteneurs ré-frigérés sur un bateau de la société Zim, qui se rend à Triesteet de là, le train prend le relais. Au final, nous réduisons lenombre de poids lourds circulant sur les routes européen-nes, ainsi que les émissions de gaz à effet de serre. Certainscamions parcourent 900 km de Rotterdam à Trieste, pour serendre ensuite en cargo à Munich. Si vous multipliez ça par200 camions par semaine, vous imaginez un peu la quantitéd’émissions que cette solution permet d’éviter ». L’étape suivante du projet est déjà N Yehuda Hayuth projet ‘Autoroutes de la mer’.en cours de réalisation : il s’agit d’une autre expérience pilote basée sur l’informa-tique, dont le nom officiel est MAINSYS – Mediterranean Sea Commerce Converter(MSCC) –, mais que l’on appelle le plus souvent « port sans papier » (PaperlessPort). L’idée qui sous-tend ce projet est que le trafic maritime est entravé par unequantité excessive de formalités administratives, tant pour les autorités que pourles sociétés ou les consommateurs. Cette situation se traduit pas un excès de bu-reaucratie, des frais et, au bout du compte, une augmentation des prix. MAINSYSconstitue une tentative de créer un système qui permettrait aux ports de travailleravec des solutions informatisées plutôt qu’avec des papiers. Le projet vise égale- « Au final, nousment à permettre à différents ports et à différents pays d’interagir en utilisant la réduisons lemême plateforme. nombre de poids lourds circulantDes coûts réduits pour les utilisateurs finaux sur les routes« Un tel système permettrait de transmettre plus aisément des informations rela- européennes, ainsitives aux transports de marchandises d’un pays et d’un système à l’autre dans le que les émissionsbassin méditerranéen », explique Amiram Heidecker, directeur IT à la Compagnie de gaz à effet dedes ports d’Israël. « Ce processus multi-plateforme et intersectoriel serait bénéfi- serre »que à de nombreux intervenants : importateurs, exportateurs, ainsi que tous lesintermédiaires tels que les agents maritimes et les accompagnateurs de fret. Et, aubout du compte, il entraînerait une diminution du coût des produits. » Ce systèmea-t-il déjà été lancé ? « Oui. Il a démarré en Israël, et nos partenaires sont les troisports maritimes du pays, tous les agents maritimes israéliens, les douanes israé-liennes, les principales sociétés de transports routiers, les chemins de fer israéliens,ainsi que des gestionnaires d’entrepôts et de dépôts. Nous allons également lan- « Nous aimerions que ce projet nous permette de développer des liens commerciaux et professionnels durables avec les pays de l’UE et leurs voisins » Projets en marche — Voisinage Sud 67
  • 67. cer bientôt un projet pilote similaire en Europe, d’abord avec la société française Gyptis, et avec la collaboration des douanes françaises et israéliennes. » « Dans ce projet, nous sommes les représentants de l’État », explique Zvika Shapira, de l’ad ministration des ports et des transports maritimes au sein du Ministère israélien des transports et de la sécurité routière. « Nous aimerions que ce projet nous per- mette de développer des liens commerciaux et professionnels durables avec les pays de l’UE et leurs voisins, de découvrir quels sont leurs besoins et de mettre en oeuvre les technologies appropriées ici en Israël. » « Le système israélien est déjà assez élaboré », précise Hayuth. « À l’heure du courrier électronique, on ne devrait plus voir des gens faire la file à la douane. Ce système peut traiter plus de 60 millions de messages par an, beaucoup plus rapidement et efficacement qu’ac- tuellement. Imaginez un peu : une économie d’au moins 60 millions de feuilles de papier ! Ce que nous essayons maintenant, c’est de nous connecter à l’Europe.N Un navire de la sociétéisraélienne principale de Nous cherchons le moyen de faire communiquer entre eux les différents systèmestransport de containers, ZIM. nationaux existants. » L’interview avec le professeur Hayuth termi- née, je remonte dans ma voiture et me dirige vers la plage. Le soir tombe. En regardant le soleil se coucher sur la Méditerranée, je ten- te de calculer les avantages de ces projets : la quantité d’émissions de gaz évitées, le nombre d’arbres sauvés grâce aux ports sans papier. Les chiffres, astronomiques, se bous- culent dans ma tête. Songeur, j’essaie de me concentrer sur les dernières lueurs du soleil et m’apprête à prendre congé de cette belle journée au bord de la Méditerranée. Les autoroutes de la mer en Méditerranée – Liaisons de transport maritimes EuroMed promeut le concept d’autoroutes de la mer et l’établissement d’une meilleure intégration des transports maritimes dans l’espace méditerranéen, et ce, en soutenant les ministères, les autorités portuaires, les services de douane et les acteurs concernés du secteur privé. www.euromedtransport.org/14.0.html Pays participants Objectifs Algérie, Égypte, Israël, EuroMed souhaite renforcer l’intégration des transports entre l’UE et ses voisins Jordanie, Liban, Maroc, méditerranéens, promouvoir le concept d’Autoroutes de la Mer (AdM) et aider les pays Territoire palestinien partenaires à continuer à mettre en oeuvre les mesures liées aux transports maritimes et occupé, Syrie, Tunisie, aux opérations portuaires qui ont été adoptées dans le Plan d’action régional du transport Turquie (PART), une feuille de route pour la coopération en matière de transports adoptée en 2007 (et couvrant la période 2007-2013). Agissant comme un catalyseur du développement Durée du projet : économique et social, le projet AdM vise à rendre plus efficaces et plus fiables les liaisons de 2007-2012 transport maritime entre le nord et le sud de la Méditerranée en améliorant et en intégrant les services portuaires et les transports intermodaux. Budget 9 millions d’euros Pour en savoir plus Fiche du projet Autoroutes de la Mer > www.enpi-info.eu/mainmed.php?id=77&id_type=10&lang_id=469 Portail thématique Transport de l’ENPI Info Centre > /www.enpi-info.eu/thememed.php?subject=8 68 Projets en marche — Voisinage Sud
  • 68. Entretien avec Albert Bergonzo Sécurité maritime : Autour d’une mer partagée, la coopération dans le domaine réduire de la sécurité maritime et de la prevention de la pollution revêt une importance primordiale. C’est l’objectif du projet Safemed, qui s’inscrit dans le cadre de l’intérêt que porte les écarts l’UE à développer une coopération Euro-méditerranéenne. Sa mission principale est de soutenir les pays partenaires dans leurs réformes, visant à réduire l’écart entre les pratiques dans autour ce secteur clé. L’importance du secteur maritime réside dans son impact sur les autres secteurs notamment l’économie, le commerce et l’environnent. Les conventions internationales d’une mer veillent à la bonne marche de ce secteur et les obstacles à la convergence aux règles maritimes internationales sont des obstacles au commerce et à l’environnement, explique commune Albert Bergonzo, l’administrateur du projet Safemed II dans une interview recueillie par l’ENPI Info Centre. Q: Quelle est l’ambition du projet ? Quels seront les effets de tout cela sur la vie des citoyens ? Albert Bergonzo : Le projet Safemed s’inscrit dans le ca- Dans le cadre de son objectif d’harmonisation des pratiques, dre de l’intérêt que porte l’UE à développer une coopéra- le projet travaille, entre autre, sur les conventions relatives tion Euroméditerranéenne dans le domaine de la sécurité au travail maritime dont le but est d’offrir aux travailleurs du maritime et la prévention de la pollution par les navires. secteur des meilleures condi- « Nous oeuvrons donc à Dans cette vision, le projet a pour mission principale de tions de travail. Il vise égale- réduire l’écart entre les pays de l’UE et les pays parte- axer les actions du projet ment à mieux armer les pays naires du Sud de la Méditerranée dans l’application des sur les besoins des pays » partenaires pour prévenir et conventions internationales en les assistant à mieux les lutter contre la pollution par mettre en oeuvre. les navires à travers la bonne application de la Convention Quelles actions sont menées pour atteindre cet objectif ? MARPOL, qui lutte contre les pratiques anti-environnemen- En vue d’atteindre une unité des pratiques dans le domaine tales comme le dégazage et prévoit des règles de construc- maritime, le projet poursuit des activités dans cinq volets tion des navires. L’importance du secteur maritime réside majeurs : La performance de l’état du pavillon et le respect dans son impact sur les autres secteurs, notamment l’éco- des obligations internationales, par une évaluation de la nomie, le commerce et l’environnement. Les conventions situation actuelle, l’identification des obstacles à l’applica- internationales veillent à la bonne marche de ce secteur et tion de ses conventions et l’offre d’activités de formations les obstacles à la convergence aux règles maritimes interna- de courte et longue durée ainsi que des activités de soutien tionales sont des obstacles au commerce et à l’environne- et préparation à une audit volontaire ; Le renforcement du ment. Certes, ce projet n’a pas d’effet direct sur le citoyen, contrôle de l’État du port dans le régime méditerranéen, par mais il a certainement des effets indirects qui passent par l’actualisation des procédures du contrôle de l’État du port d’autres secteurs. dans la Méditerranée et la formation des inspecteurs ; La sé- Quel est votre plus grand défi ? curité de la navigation, à travers l’apport d’équipements et Les situations des administrations maritimes des pays avec d’expertise en vue de la mise en place d’un réseau sous-ré- lesquels le projet travaille divergent considérablement. Par gional d’échange d’informations du trafic maritime; La pro- conséquent, Safemed doit adapter ses actions à la situation tection du milieu marin qui se concentre sur le soutien des dans chaque pays. Par exemple, dans le cas de la formation pays partenaires à l’application de la Convention MARPOL des inspecteurs de ports, nous devons tenir compte de plu- (pour la prévention de la pollution par les navires) ; et fina- sieurs facteurs tels que le type de trafic car l’inspection d’un lement la sûreté des navires et des installations portuaires pétrolier s’effectue différemment d’une inspection d’un ba- qui passe par des programmes de formation visant à faire teau de passagers ou d’un navire de conteneurs. La même prendre conscience de l’importance de la sûreté maritime chose s’applique aux équipements fournis par Safemed, qui et à transmettre les pratique nécessaires au bon fonction- dépendent largement des besoins en matériel de chaque nement des institutions. pays. D’autres facteurs rentrent aussi en ligne de compte tel que la longueur de la ligne côtière du pays et donc la den-« Les obstacles à la convergence dans l’application sité de son trafic maritime. Nous oeuvrons donc à axer lesdes règles maritimes internationales sont des actions du projet sur les besoins des pays.obstacles au commerce et à l’environnement » Projets en marche — Voisinage Sud 69
  • 69. MAroc/tunIsIE En construisant les autoroutes de la mer Ouvrir de grandes voies maritimes capables de décupler le commerce entre les rives de la Méditerranée est un des enjeux clé de la coopération entre l’Union européenne et ses partenaires. Mais pour créer les autoroutes de la mer, ce sont les petits détails qui font la grande différence. Texte ENPI Info Centre Photos ENPI Info Centre Les Autoroutes de la mer : c’est un projet dont le nom laisse rêveur, évocateur de grandes voies maritimes tranchant les flots de la Méditerranée, une mer non plus obstacle mais motrice d’avenir d’une circulation d’échange. Marc Abeille a pourtant un souci de pédagogie. Le gérant de cet ambitieux pro- jet, financé depuis 2006 pour un montant de 4,8 millions d’euros par la Commission européenne, s’acharne contre sa fréquente réduction à une seule solution : « trop de camions sur les routes, on les met sur les bateaux ». Plutôt, il insiste sur la nécessité de transférer les marchandises sur les navires, sur le be- soin d’adapter cet objectif, un jeu d’interconnexion de moyens de transport, selon les réalités locales, « un alliage de petites choses tout au long de la chaîne dans une vision au long terme ». De toute façon, les routes entre les deux rives sont forcément mariti- mes : à quelques exceptions, il ne s’agit donc pas de soulager les autoroutes de la terre pour passer à la mer, mais d’améliorer les liaisons maritimes ou d’en créer de nouvelles,N Marc Abeille mieux adaptées aux logiques du commerce entre sud et nord, est et ouest.responsable du projet Autoroutes Cela peut certes se traduire par le transport maritime de camions et remorques, maisde la mer. souvent aussi de containers, ou même par un lien à l’arrivée avec le réseau ferro- viaire. « Nous recherchons des applications de solutions autoroute de la mer sur tous les maillons de la chaîne – identifier les blocages, travailler sur les infrastructures, les équipements, les organisations, faciliter les partenariats, les échanges d’expériences entre métiers, développer et reproduire les bonnes pratiques… », note Marc Abeille, avec à la clé un véritable impact sur l’efficacité des transports et donc le développe- ment des liens économiques. 70 Projets en marche — Voisinage Sud
  • 70. N Les voies maritimes :un enjeu de taille pourla Méditerranée. La première phase du projet, financé par le l’Instrument européen de voisinage et de partenariat (IEVP), et géré par EuropeAid, touche à sa fin en novembre 2009. Marc Abeille est fier des résultats : plusieurs projets-pilotes ont été retenus, offrant une nette illustration des avantages du concept, d’autres sont en cours de finalisation, des solutions intégrées de transport aptes à servir de référence aux futures autorou- tes de la mer. Agadir-Perpignan : éviter 3.000 kilomètres de route Sur le Maroc, le projet est centré sur le port atlantique d’Agadir, dont l’arrière-pays constitue une des zones de production agricole les plus importantes du pays. C’est« Nous d’ailleurs le seul cas qui répond au concept classique de transfert de fret de la terre « C’est un projet-recherchons des à la mer. Au lieu de l’aller-retour de plus de 3.000 kilomètres en camion, remontant pilote très réussi,applications jusqu’à la pointe nord du Maroc au détroit de Gibraltar avant de traverser la pénin- un beau succès ;de solutions sule Ibérique pour arriver à destination au sud de la France, une « autoroute de la la fréquenceautoroute de la mer » Agadir-Perpignan assure désormais une liaison directe. des départs amer sur tous les Marc Abeille est enthousiaste : « C’est un projet-pilote très réussi, un beau succès ; la été doublée lorsmaillons de la fréquence des départs a été doublée lors de la dernière campagne de primeurs ». de la dernièrechaîne » « Récemment à Agadir, un test a été réalisé avec toutes les parties prenantes pour campagne de simuler l’escale optimum, réunissant le port, les manutentionnaires, les contrôles de primeurs » sécurité, de douane, de phytosanitaire, avec un expert dépêché par le projet. Le ré- sultat : nous avons réussi à gagner plusieurs heures sur une escale qui normalement dure une journée. » Déjà, il envisage la suite: « Un des principaux enjeux est de passer à des solutions informatiques, avec zéro papier, signature électronique et une facilitation de l’en- semble des procédures ». Pour en arriver là, un mélange d’assistance technique, de partenariat entre tous les acteurs, d’accompagnement, de formation ; « et puis faire se rencontrer les parties N Les voies maritimes : un enjeu de taille pour la Méditerranée. Projets en marche — Voisinage Sud 71
  • 71. prenantes qui ne se parlent pas toujours, douanes, inspections phytosanitaires, et autres intervenants du transit portuaire. Ça c’est très important », insiste Marc Abeille, citant l’exemple d’un autre projet-pilote, entre Tunis-Radès et le port de« Se faire Gênes : « À travers le projet, les douanes italiennes et tunisiennes se rapprochent,rencontrer les et les résultats continueront après notre assistance. Le dédouanement en Italie separties prenantes fait maintenant en moins de deux heures, et des engagements sur le long termequi ne se parlent ont été pris en ce sens ».pas toujours,douanes, Des rencontres essentielles au dialogueinspections Ce n’est pas toujours facile. Au-delà des lourdeurs administratives et des disparitésphytosanitaires, d’infrastructure, le projet peut se heurter à un paradoxe : alors qu’il s’est fixé pouret autres objectif de faciliter le mouvement du fret, il est confronté aux difficultés du mouve-intervenants ment des personnes entre sud et nord de la Méditerranée – difficultés qui peuvent- ça c’est très gêner les rencontres essentielles au dialogue, qui sont les clés du succès.important » Mais Marc Abeille refuse de baisser les bras, insistant sur la valeur des moindres apports, particulièrement au niveau humain. Il note qu’en Algérie, pays en attente d’améliorations de ses infrastructures portuaires, le projet a rencontré une forte ad- hésion de la part des acteurs réels du commerce extérieur, et les workshops organi- sés ont été un grand succès. Il marque une pause : « Ce que nous faisons n’est pas toujours visible ». C’est sans doute ce travail invisible qui représente la véritable réussite de ce projet, traçant le parcours d’une coopération permettant de rappro- cher à terme les deux rives de la Mé- diterranée. N Les acteurs portuaires ont un rôle essentiel à jouer..Autoroutes de la mer – InterconnexionsCe projet promeut le concept d’autoroutes de la mer et l’amélioration del’interconnexion dans la Méditerranée au travers du financement de projets pilotes,de la sensibilisation, de la modélisation et de la diffusion d’informations.www.euromedtransport.orgPays participants ObjectifsAlgérie, Égypte, Israël, Ce projet a pour but d’améliorer le réseau de transport entre l’UE et ses voisins de la Méditerranée ainsi queJordanie, Liban, l’intermodalité du transport de fret au travers de l’intégration du transport maritime de courte distance dans laMaroc, Syrie, Territoire logistique du transport.palestinien occupé, Le projet des autoroutes de la mer vise à développer le potentiel du transport maritime intermodal pourTunisie et Turquie permettre le développement de marchés durables, sûrs et sécurisés et une plus grand cohésion. Cet objectif passe par la création de services intermodaux novateurs dans la Méditerranée, entre le Sud et l’Est, ainsi qu’entreDélais ces zones et l’UE.2007–2012 Pour en savoir plusBudget Fiche sur Autoroutes de la mer – Interconnexions > www.enpi-info.eu/mainmed.php?id=41&id_type=10€ 9 millions ENPI Info Centre – Portail thématique Transports > www.enpi-info.eu/thememed.php?subject=8 72 Projets en marche — Voisinage Sud
  • 72. Entretien avec Olivier TurcasL’espace aérieneuro-méditerranéencommun : un stimulantpour l’économieLe projet Euromed Aviation a pour principal objectif d’ouvrir la voie à la création d’un espaceaérien euro-méditerranéen commun (EAEM), tel que décidé par les ministres euro-méditerranéensdes transports en 2005 et défini dans le plan d’action régional de transport (RTAP, RegionalTransport Action Plan) pour la région méditerranéenne. Ce projet vise à élaborer une feuille deroute pour la mise en œuvre de l’EAEM.L’EAEM aura un impact très étendu sur les partenaires du projet, avec des bénéfices non seulementpour le secteur de l’aviation mais également pour le tourisme et l’économie, explique OlivierTurcas, le chef du projet, dans une interview accordée à l’ENPI Info Centre.Q : Quelle est l’ambition du projet ? reté et la sécurité aériennes, « Notre missionOlivier Turcas : La mission principale d’Euromed Aviation la protection de l’environne- ment et la gestion du trafic principale consiste àconsiste à élaborer une feuille de route pour la mise en œuvrede l’EAEM, cela en établissant des législations harmonisées en aérien. élaborer une feuille dematière d’aviation et en assurant la convergence des réglemen- Quels seront les effets de tout route pour la mise entations. Le projet ambitionne de mettre en place un marché de cela sur la vie des citoyens ? œuvre de l’espace aérienl’aviation ouvert, sain et compétitif, de promouvoir l’améliora- euro-méditerranéen La création de l’EAEM sup-tion de la sûreté et de la sécurité aériennes ainsi que le respect pose l’adoption de pratiques commun (EAEM) »de l’environnement par les transports aériens. De plus, il s’ef- communes qui se traduirontforce de stimuler la coopération et l’harmonisation régionales sans aucun doute par des améliorations au niveau des servicesen matière de gestion du trafic aérien. de transport aérien et par la modernisation du contrôle du tra-Quelles actions sont menées pour atteindre cet objectif ? fic aérien ainsi que de la sûreté et de la sécurité de l’aviationHuit missions d’étude d’une semaine ont été réalisées dans dans les pays partenaires. Dans toute la région concernée, lahuit pays partenaires dans le but de former une image claire libéralisation du transport aérien promet des bénéfices écono-de la situation de l’aviation civile dans ces pays et d’établir des miques substantiels. Des avantages seront tirés de l’intégrationcomparaisons avec les législations et normes européennes. Les d’un marché régional plus vaste, et de nouvelles possibilités delégislations, réglementations, procédures et pratiques actuel- marché seront créées, de même que des opportunités d’em-les dans leur secteur de l’aviation ont fait l’objet d’un examen ploi. De plus, le secteur de l’aviation bénéficiera d’investisse-et d’une analyse des lacunes. Sur la base des conclusions de ments accrus. Par ailleurs, ces améliorations entraîneront uneces missions, 29 stages de formation et 19 actions d’assistance diminution du prix des voyages aériens.technique ont été définis pour correspondre aux cinq thèmes L’atteinte des objectifs de l’EAEM produira des effets au-delàdu projet ainsi qu’au sujet de l’administration générale de des secteurs des transports et de l’économie : elle amélioreral’aviation civile. Ces formations et actions ont été dispensées les échanges entre les deux rives de la Méditerranée, faciliterarespectivement par des instituts internationaux de formation la compréhension mutuelle des cultures et encouragera lesen aviation et par vingt experts en aviation entre juin 2008 et contacts entre les sociétés civiles. De plus, les initiatives de cet-novembre 2009. te nature ont pour effet de promouvoir la formation spécialiséeUn questionnaire a été envoyé aux pays partenaires pour des ressources humaines.connaître leurs préférences quant au champ d’application de Quel est votre plus grand défi ?l’EAEM et pour évaluer leurs dispositions à entamer des né- Cette phase du projet est facile ; elle consiste à sensibiliser auxgociations sur des accords d’ouverture de l’espace aérien. Plu- avantages de l’EAEM et à élaborer la feuille de route. Le plussieurs ateliers ont été organisés afin de définir les mesures à grand défi sera de mettre en œuvre cette feuille de route uneadopter aux niveaux national et régional pour ce qui concerne fois qu’elle aura été adoptée, et de la faire approuver par leles réformes institutionnelles, la structure du marché de la sû- monde politique. Cette approbation permettra aux pays parte-« L’atteinte des objectifs de l’espace aérien naires d’obtenir les moyens financiers, humains et techniquescommun produira des effets au-delà du secteur requis pour réaliser toutes les actions définies dans la feuille de route.des transports et des secteurs économiques » Projets en marche — Voisinage Sud 73
  • 73. MArocDémonstration au Marocdu système de sécuritéaéroportuaire EGNOSL’amélioration de la sécurité et de l’efficacité de la gestion des véhicules circulantdans la zone aéroportuaire et à proximité de celle-ci est l’un des avantagesescomptés de l’introduction du Système européen de navigationpar recouvrement géostationnaire (EGNOS). Egnos, précurseur de Galileo,est la première contribution de l’UE à la navigation mondiale par satellite.Texte ANSA/ENPI Info CentrePhotos METIS CASABLANCA – En octobre 2009, EGNOS a été présenté à l’aéroport Mohammed V de Casablanca, au Maroc, lors d’une démonstration organisée par le projet régional de transport euro-méditerranéen financé par l’UE appelé METIS (MEdiTerranean In- troduction of European Satellite Navigation System – GNSS – Services, Introduction des services GNSS dans la région méditerranéenne). METIS a pour but de définir un plan régional pour les services GNSS au bénéfice de la politique euro-méditerra- néenne et de préparer l’introduction d’EGNOS et, dans les 5 à 10 prochaines années, N EGNOS renforce la sécurité de Galileo, dans le Sud de la région méditerranéenne. aéroportuaire. 74 Projets en marche — Voisinage Sud
  • 74. © Fabrizio Guerra Le Maroc intéressé Cette démonstration a éveillé l’intérêt des Marocains. « Nous sommes très intéressés par le nouveau système européen, explique Ismail Addarrak, contrôleur aérien à l’aé- roport Mohammed V. Aujourd’hui, nos chauffeurs continuent à circuler sur l’aéroport sans système de navigation ni installation à bord. Ils doivent donc suivre une forma- tion ad hoc et ont toujours besoin d’une autorisation écrite pour pouvoir circuler sur une piste. EGNOS est sans conteste un type de système que nous aimerions ins-« L’utilisation taller à Casablanca même si d’autres démonstrations sont encore nécessaires. Nousd’EGNOS peut aimerions surtout en savoir plus sur l’utilisation de ce système à bord des véhiculesvous permettre lors des décollages et des atterrissages. » EGNOS est un projet conjoint de l’Agencede réaliser spatiale européenne (ASE), de la Commission européenne et d’Eurocontrol (l’organi-des économies sation européenne pour la sécurité aérienne). Il est géré par une équipe composéeconsidérables d’organisations du secteur privé et public, avec pour chef de file Telespazio (Italie).en termes de Son objectif est de garantir une plus grande sécurité pour les véhicules qui circulentmatériel et autour des installations aéroportuaires. Concrètement, cela signifie que tout véhi- cule circulant sur l’aéroport sera équipé d’un récepteur EGNOS et utilisera un réseaud’équipement » sans fil local pour communiquer sa position à un centre de contrôle. Ce système, mis au point par des chercheurs européens, vise à améliorer encore le système GPS qui utilise les satellites géostationnaires via un réseau terrestre d’une quarantaine de stations de localisation. Effort européen « L’utilisation d’EGNOS peut vous permettre de réaliser des économies considéra- bles en termes de matériel et d’équipement », affirme Michel Bosco, chef d’unité adjoint en charge de la navigation par satellite au sein de la DG de l’énergie et des transports. Et d’expliquer : « comme il existe déjà un signal au large des côtes de Casablanca, il suffira d’équiper le véhicule d’un simple dispositif, que ce soit pour le « L’amélioration transport commercial, de passagers ou de conteneurs. » Grâce à EGNOS, les stations de la sécurité terrestres pourront mesurer les signaux GPS, envoyer les données aux centres qui et de l’efficacité les calculeront avant de les renvoyer via les satellites du système européen afin que de la gestion les récepteurs GPS puissent calculer les positions avec une plus grande précision. Et des véhicules de fait, le nouveau service offre une précision avec des facteurs d’erreur de moins de circulant deux mètres contre 15 à 20 mètres pour les signaux GPS. dans la zone METIS soutient EGNOS aéroportuaire et METIS a permis aux pays méditerranéens partenaires de recueillir de précieuses in- à proximité de formations sur les aspects techniques et économiques du service, notamment en ce celle-ci est l’un qui concerne l’efficacité et la sécurité du transport. Ils ont également eu l’occasion de des avantages définir dans les grandes lignes les aspects industriels et réglementaires nécessaires escomptés de pour définir la feuille de route pour l’introduction d’EGNOS, prédécesseur de Galileo, l’introduction dans leur pays. C’est ce qu’a déclaré Antonella Di Fazio, coordinatrice du projet ME- d’EGNOS » TIS à Telespazio. La directrice de projet a précisé qu’EGNOS était disponible en Eu- rope et au Nord de la Méditerranée, et qu’il était actuellement en phase d’extension à toute la région méditerranéenne. « Alors qu’il a été conçu pour des applications dans le domaine de l’aviation civile, EGNOS offre d’intéressantes perspectives d’utili- sation commerciale dans d’autres domaines : domaine maritime, ferroviaire, routier, Projets en marche — Voisinage Sud 75
  • 75. voies navigables intérieures, mobilité du personnel, précision GIS/Haute précision », « METIS a explique-t-elle. Interrogée sur les principales réalisations du projet, elle évoque les permis aux pays activités visant à soutenir la mise en oeuvre des services GNSS (système global de na- partenaires vigation par satellite) en Algérie, en Égypte, en Israël, en Jordanie, au Liban, au Maroc, de recueillir dans le Territoire palestinien, en Syrie, en Tunisie et en Turquie. « Le projet a défini un de précieuses plan régional GNSS et dix plans nationaux pour chacun des pays partenaires en vue de informations l’introduction des services EGNOS au cours de la période 2009-2019, préalablement à Galileo ». Et d’ajouter : « Ils tiennent compte des besoins particuliers de la région sur les aspects dans différents domaines d’utilisation/application et des avantages sociaux et écono- techniques et miques générés par l’utilisation d’EGNOS et de Galileo. » Conçus comme une politique économiques euro-méditerranéenne conjointe pour la mise en oeuvre des services GNSS dans la du service, région méditerranéenne, les plans ont été élaborés avec les parties prenantes et par- notamment en tagés avec les autorités. Le secteur des transports a été identifié comme étant actuelle- ce qui concerne ment le plus prometteur pour l’utilisation d’EGNOS, qui ouvrira la voie au marché pour l’efficacité et Galileo. « Ces dix pays ont tous manifesté clairement leur intérêt pour l’exploitation des la sécurité du services EGNOS dans l’aviation civile et sur les marchés maritimes et des transports », transport » précise Mme Di Fazio. METIS organise des démonstrations visant à expérimenter l’uti- lisation commerciale d’EGNOS dans divers domaines et à utiliser le service EGNOS. Ces démonstrations sont organisées dans différents pays et sont principalement axées sur les applications dans les marchés prioritaires identifiés dans le plan. Un programme de formation a également été réalisé, en association avec la démonstration, afin de permettre aux pays de s’initier à la navigation par satellite, aux technologies utilisées, aux infrastructures, aux services, aux applications, etc.N Tout véhicule circulant sur Texte adapté d’un récit de l’ANSA par l’ENPI Info Centre, projet géré par Action Global Communications.l’aéroport sera équipé d’un ANSA est un partenaire de consortium au projetrécepteur EGNOS.Projet EuroMed de navigation par satellite(GNSS) / METISDéfinit une politique commune et partagée pour implanter les services GNSS dans lespays méditerranéens partenaires conformément aux objectifs généraux du Plan d’actionrégional pour les transports (PART) pour la région méditerranéenne pour 2007-2013.www.metis-project.euPays participants ObjectifsAlgérie, Égypte, Israël, Jordanie, METIS vise à définir une politique euro-méditerranéenne commune pour la mise enLiban, Maroc, Territoire oeuvre des services de GNSS (système satellite mondial de navigation) et à ouvrir la voie àpalestinien occupé, Syrie, l’introduction des services EGNOS et GALILEO dans la région méditerranéenne.Tunisie, TurquieDurée En savoir plus2006-2009 METIS – fiche projet > www.enpi-info.eu/mainmed.php?id=43&id_type=10 ENPI Info Centre – Page Web « Transports » > www.enpi-info.eu/thememed.php?subject=8Budget2,5 millions d’euros 76 Projets en marche — Voisinage Sud
  • 76. Entretien avec Dalila Achour-LimamUn impact directsur le terrain Pour la directrice adjointe du projet, Dalila Achour-Limam, celui-ci aura un impact important sur le quotidien des citoyens: « Non seulement les citoyens des pays du Sud de la Méditerranée bénéficieront d’un système de transport plus moderne, plus confortable et plus sûr, mais l’impact du projet dépasse le secteur du transport, et a des répercussions positives sur le commerce, l’industrie et l’environnement». Elle souligne que le projet se fonde sur le dialogue.. « EuroMed Transport a un impact ultime sur les citoyens… Outre la réalisation d’unQ: Sur quels domaines se concentre ce projet? Comment ce projet système de transportDalila Achour-Limam : L’objectif principal du projet Euro- atteint-il ses objectifs? efficace, il aura desMed Transport est d’aider les pays partenaires à améliorer Le point de départ de répercussions positivesle fonctionnement du système de transport méditerranéen. tout changement ou sur le commerce etPour ce faire, il faut soutenir l’harmonisation des normes amélioration est la po- l’intégration économiqueopérationnelles et réglementations, en encourageant la litique. Le dialogue po- régionale »coordination des politiques de transport. Il est donc néces- litique est un aspectsaire d’encourager les réformes en politiques de transport et essentiel de ce projet dans lequel bénéficiaires et acteursrenforcer le développement des capacités institutionnelles sont étroitement impliqués dans la définition des activités.locales, notamment l’infrastructure et l’équipement, les pro- EuroMed Transport organise régulièrement des conférencescédures douanières, la gestion du réseau, la protection de ministérielles, des réunions avec les équipes de coordina-l’environnement et la formation des ressources humaines. teurs nationaux, des ateliers politiques et des conférencesCe projet concerne tous les modes et secteurs de transport régionales du transport afin d’établir le dialogue nécessaireet vise à faciliter la mise en œuvre des projets qui y sont liés. pour l’avancement du projet. D’autres projets de transport financés par l’UE sont développés sous l’égide du Program-Quel est l’impact direct sur les citoyens? me EuroMed Transport, comme METIS, SAFEMED, EuroMedEuroMed Transport a un impact ultime sur les citoyens. Pre- Aviation et le projet des Autoroutes de la mer Méditerranée.nons par exemple le cas des conducteurs de poids lourds : Tous ces projets sont développés en étroite collaborationils auront accès à une formation, à des permis et des condi- afin de garantir une mise en œuvre cohérente de la politi-tions de travail conformes aux normes européennes, les que de coopération de l’UE dans ce secteur.procédures douanières seront grandement simplifiées etharmonisées aux normes européennes et leurs véhicules Quels sont les plus grands défis auxquels le projet estseront plus sûrs et respectueux de l’environnement. Non confronté?seulement les citoyens des pays du Sud de la Méditerranée L’un des objectifs du projet est l’harmonisation des aspectsbénéficieront d’un système de transport plus moderne, plus institutionnels et réglementaires qui ne peut être obtenueconfortable et plus sûr, mais l’impact du projet dépasse le qu’en amenant les pays bénéficiaires à signer et appliquersecteur du transport, et a des répercussions positives sur le des conventions régionales et internationales. Le niveaucommerce, l’industrie et l’environnement. Le transit de mar- de conformité varie; le projet vise à atteindre un niveau dechandises lui aussi sera plus rapide, évitant des pertes de conformité élevé dans tous les pays partenaires. Le Maroc,marchandises périssables. la Tunisie et la Turquie font actuellement partie des pays qui respectent pleinement les Conventions TIR et CMR.« Améliorer l’efficacité des transports implique untravail de réformes politiques et le renforcementdes capacités locales dans tous les domaines. » Projets en marche — Voisinage Sud 77
  • 77. Pour en savoir plusPolitique européenne de voisinage (PEV)La politique européenne de voisinage (PEV) a été développée après l’élargissement de l’Unioneuropéenne à dix nouveaux pays, en 2004, dans le but d’éviter l’émergence de nouvelles lignesde division en Europe. Dans le cadre de la PEV, l’UE propose à ses voisins une relation privilé-giée, basée sur un engagement mutuel en faveur de valeurs communes (démocratie et droits del’homme, État de droit, bonne gouvernance, principes de l’économie de marché et développe-ment durable). La PEV offre une relation politique et une intégration économique plus pous-sées, par le biais de programmes de réformes qui permettront d’assurer la paix, la stabilité et laprospérité. La PEV s’applique aux pays suivants : Algérie, Arménie, Azerbaïdjan, Belarus, Égypte,Géorgie, Israël, Jordanie, Liban, Libye, Moldavie, Maroc, Territoire palestinien occupé, Syrie, Tu-nisie et Ukraine. Bien que la Russie soit également un voisin de l’UE et qu’elle bénéficie de la PEV,les relations de l’UE avec ce pays sont fondées sur un “Strategic Partnership”.PEV http://ec.europa.eu/world/enp/index_fr.htmInstrument européen de voisinage et de partenariat (IEVP)Opérationnel depuis janvier 2007, l’Instrument européen de voisinage et de partenariat (IEVP)est le principal mécanisme financier de la Politique européenne de voisinage (PEV). Instrumentunique, l’IEVP a remplacé MEDA (Sud), TACIS (Est) et divers autres instruments financiers. L’IEVPvise à aider les pays partenaires dans leur développement durable et dans leur rapprochementavec les politiques et normes de l’UE, sur la base de priorités adoptées d’un commun accord. Uneenveloppe d’environ 12 milliards d’euros a été allouée par la Commission européenne pour lapériode de programmation 2007-2013 pour soutenir les réformes dans les pays voisins.ENPI http://ec.europa.eu/europeaid/where/neighbourhood/overview/index_fr.htmLiens utiles Commissaire Élargissement et PEV http://ec.europa.eu/commission_2010-2014/fule/ PEV http://ec.europa.eu/world/enp/welcome_fr.htm EuropeAid http://ec.europa.eu/europeaid/index_fr.htm Action extérieure (SEAE) http://eeas.europa.eu/index_fr.htmCopyright UE/ENPI Info Centre 2010 78 Projets en marche — Voisinage Sud
  • 78. www.enpi-info.euwww.facebook.com/enpi.eutwitter.com/enpi_info Projets en marche — Voisinage Sud 79
  • 79. www.facebook.com/enpi.eu twitter.com/enpi_info Cette publication ne représente pas l’opinion officielle de la CE ou les institutions de l’UE. La CE n’assume aucune responsabilité quelle qu’elle soit quant à son contenu. L’ENPI Info Centre est financé par l’UE dans le cadre du programme régional d’information et de communication en vue de mettre l’accent sur le partenariat entre l’UE et les pays voisins. Le projet est géré par Action Global Communications. imprimé par Grafiche Veneziane – Venise, ItalieENPI info centre projet graphique Studio Scibilia www.enpi-info.eu

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