Questionnaire Communication Interculturelle - Campagne de communication - Expertise culturelle

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Questionnaire datant de 2012 établit dans le cadre du Magistère Communication Interculturelle et Langues du Monde à l'INALCO. Cours de Peter Stockinger, communication interculturelle, expertise culturelle.

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Questionnaire Communication Interculturelle - Campagne de communication - Expertise culturelle

  1. 1. INALCO 1MAGISTERE COMMUNICATION INTERCULTURELLE Année 2011-2012 Peter Stockinger Questionnaire pour valider le cours ICL4A02a A rendre pour le 14 décembre 2011 Elsa COUTEILLER Habi DIOP Andréa PEREZ 14/12/2011
  2. 2. 2 Question 1 : Vous soumettez un projet de communication qui vise laréalisation d’une exposition consacrée à la culture matérielle d’une régiongéographique donnée : 1. EXPOSITION « L’HABITAT DES HERITIERS DES INCAS » 1-1 L’Inalco présente : « L’HABITAT DES HERITIERS DES INCAS » une exposition qui permettrad’avoir un grand aperçu sur la vie et le développement des communautés quechuas etaymaras au cœur du Pérou et de la Bolivie, population héritière du grand empire Inca. Cen’est pas seulement une exposition de photos ou de films, dans lesquelles le regard del’artiste encadre et découpe une réalité généralement étrangère, c’est avant tout uneexposition de leurs propres visions, formées par leurs propres expériences, de leurs mains,de leurs bouches, de leurs attentes, qui donnent une image différente d’un monde perdudans le temps. L’ensemble des photographies est accompagné d’une description faite par l’artiste. Quelques traditions incas subsistent encore de nos jours, particulièrement dans lesmontagnes. Aujourdhui, le peuple autochtone est composé par 45% de la population totaleau Pérou, 55% en Bolivie, et 25% en Equateur. Le quechua était encore parlé par lesindigenes. Chaque région a ses particularités. Les pratiques agricoles, lirrigation, les lamas etles troupeaux dalpagas demeurent également de nos jours et représentent les traditions delEmpire Inca.
  3. 3. 3 1.2 LES OBJECTIFS DU PROJET : Créer un espace dinteraction entre le public, les personnes intéressées par la diversitéculturelle - spécialement par les cultures représentant une époque très importante danslhistoire de l’Amérique Latine - et les artistes qui veulent montrer leurs expériences au seinde cette population. En parallèle, créer un canal de communication direct entre le public et l’Inalco, tel uneinstitution faisant la promotion de la valeur de la diversité culturelle.
  4. 4. 4 1.3 LE DESTINATAIRE DU PROJET : Etudiants de l’Inalco du département de l’Amérique, enseignants, chercheurs, et publicen général intéressé ou qui ont un lien proche à cette civilisation, « les héritiers des Incas ». Un public censé avoir un niveau culturel riche, cherchant un approfondissement desconnaissances grâce à l’art, s’intéressant à l’actualité dans la société, leurs modes de vie etleur développement. Les visiteurs de cet événement désirant ouvrir les yeux au monde, pour reconnaître lesmerveilles que des civilisations lointaines et étrangères ont à dévoiler.
  5. 5. 5 1.4 PERIMETRE DU PROJET : L’exposition se déroulera du 9 décembre 2011 au 15 février 2012 dans les installationsde l’Inalco, au deuxième étage (65 rue des Grands Moulins 75013 Paris). Ouvert du lundi au vendredi, de 9h à 18h. Tarif : Gratuit
  6. 6. 6 1.5 VALEUR DU PROJET : Ce projet dispose de lappui de l’institution spécialisée en culture latino-américaine qui,comme les artistes et les créateurs de lexposition « L’HABITAT DES HERITIERS DES INCAS »,cherche à valoriser le développement culturel de ce continent, son histoire, sondéveloppement et son actualité. « L’HABITAT DES HERITIERS DES INCAS » est le fruit de travaux dartistes qui ont décidéde vivre pendant un an proches de la population de ce groupe ethnique et de cette façon depouvoir montrer une réalité fidèle et naturelle, et non le cliché typique que peut avoir unévènement comme celui-ci. De plus, ce projet est sous la direction dun institut tel que l’Inalco, qui est spécialisé danslétude de différentes langues et civilisations, ainsi que pour son intérêt et travail dans ledomaine interculturel. 1.6 VALEUR AJOUTEE AU PROJET : Grâce à lexpérience acquise pendant un an par les artistes dans le cœur du Pérou et dela Bolivie, à proximité de la population héritière des Incas, lexposition « L’HABITAT DESHERITIERS DES INCAS » développe un point de vue aussi proche que possible à la situationde cette communauté, en montrant des habitats naturels, leurs mœurs ou coutumes, etenfin, sa richesse. Chacun de ces objectifs saccomplit après avoir obtenu une participation importante - cenest pas un sujet qui attire l’attention dun grand public - mais il peut être le précurseurd’un nouveau format de communication culturelle. Avec la réalisation de ce projet, nous attendons la possibilité de créer un espace culturelpermanent dans les installations de lInalco qui lui permettrait de renforcer son image et sonpositionnement au centre de lenseignement de la diversité culturelle et de l’interculturel.Ouvrir les portes de cet institut à un public plus large, en créant ainsi, un lieu important derencontres pour les intéressés.
  7. 7. 7 Question 2 : La communication sociale (cf. critère 4 du schéma de ladescription générale d’une communication) est un des principaux domainesoù la dimension interculturelle (de la médiation interculturelle, du dialogueinterculturel) joue un rôle capital. Trouvez des informations et produisez : 1. Une description/explication du domaine lui-même de la communication sociale. Par opposition aux moyens de communication de masse, la communication socialeapparaît souvent comme le système dinformation ou de diffusion qui utilisedes petits médias (ou plutôt des médias de petite diffusion) : affiches militantes, tracts,bouche-à-oreille, réunions, manifestations, défilés, radioamateur, télématique ou téléphonieconviviale (messageries), et Internet. Le terme de communication sociale sapplique à unemanière particulière dutiliser les médias dits traditionnels. Foisonnante, la communicationsociale met en œuvre des formes dexpression spontanées et quelquefois non-conformistes. La communication sociale peut être définie comme « un système de pensée et dactionqui cherche à promouvoir la personne humaine prise individuellement ou collectivement, entant que sujet, autant quobjet, de communication. » (source : article sur la communicationsociale sur le site http://colisee.org/article.php?id_article=2280). 2. Une explication des enjeux de la communication sociale ;La communication sociale soulève plusieurs enjeux :  Informer sur des problèmes sociaux, afin de faire prendre conscience, de redonner du pouvoir aux individus.  Transférer des valeurs pour renforcer les réseaux de solidarité  Modifier des idées ou des comportements à risque pour les personnes ou pour la collectivité.La communication sociale vise des objectifs déclarés d’intérêt général. Par exemple, laréduction des inégalités, la sécurité, la sensibilisation citoyenne, la gestion de situations decrise… 3. Une présentation critique de deux exemples concrets relevant de ce domaine ; Premier exemple : Campagne officielle et gouvernementale pour la promotion physique« Bouger au quotidien » dans le cadre du Programme National Nutrition – Santé géré par
  8. 8. 8l’Institut National de prévention et d’éducation pour la santé et le Ministère chargé de lasanté.http://www.mangerbouger.fr/ Inciter les consommateurs à lutter contre les problèmes de santé liés à l’alimentationet à l’activité physique constitue aujourd’hui un enjeu majeur. L’objectif de cette communication sociale est de modifier des comportements àrisque comme l’obésité ici pour les personnes. Deuxième exemple : 27ème campagne d’hiver des restos du cœur lancée fin novembre 2011. Elle s’inscrit dans un enjeu lié à la transmission de valeurs afin de renforcer les liens sociaux. Ici on est dans l’exemple d’un renforcement de liens sociaux entre les plus favorisés et les plus démunis autour de don ou de participation à la vie de l’association.
  9. 9. 9 4. Une présentation d’au moins deux sociétés ou instituts qui travaillent dans ce secteur ;  La ligue contre le cancer : Créée en 1918, la Ligue nationale contre le cancer est une association loi 1901 à but nonlucratif et reconnue d’utilité publique. Premier financeur privé et indépendant dela recherche contre le cancer, la Ligue repose sur la générosité du public et sur l’engagementde ses militants. Elle lutte dans trois directions complémentaires : la recherche ; l’information, laprévention et la promotion des dépistages ; et les actions pour les malades et leurs proches.Par le biais de ses missions parfaitement imbriquées, la Ligue contre le cancer est le seulacteur indépendant dans le paysage français de la lutte contre le cancer à avoir uneapproche globale de la maladie.  Ondes-vertes du site Ecolo.info :http://www.ecoloinfo.com/ondes-vertes/
  10. 10. 10La rubrique Ondes Vertes sur le site Ecolo.info propose une sélection hebdomadaire desémissions audiovisuelles que l’équipe du site internet a trouvées intéressantes oupertinentes. Elle dresse donc une liste par jour mettant les liens pour accéder aux vidéosdirectement ou les dates de rediffusion des émissions. Un texte accompagne toujours lesliens et permet d’expliquer à l’internaute le choix, le contexte et le type de contenu. Le siteinternet ecolo.info s’inscrit dans une communication sociale à visée éducative mais aussi decréation de lien social au travers d’une communauté. 5. Une description des compétences clé pour pouvoir travailler dans ce domaine ;  Une expérience préalable en communication politique, relations publiques, relations de presse ou lobbying.  Habilité en animation, en coopération entre équipe et transfert de connaissance.  Capacité à travailler sous pression - résistance au stress  Tolérance à l’ambigüité  Engagement pour travailler dans une perspective de promotion du développement durable  Connaissances liées au terrain des campagnes de communication.
  11. 11. 11 Question 3 : La communication systémique constitue sans aucun doute undes paradigmes de référence pour analyser et comprendre la communication.Essayez de produire une présentation rapide mais argumentée de ceparadigme. 1. Ses postulats ; La communication systémique vise la maîtrise des opportunités et contraintes externespar une approche prospective et stratégique de linformation et des relations. Cest le levier de lintelligence collective : bien au-delà de la communication classique,elle ne vise plus simplement à "informer ou influencer autrui", mais à maîtriser desprocessus décisionnels et coopératifs de plus en plus diversifiés. Ainsi, le fait d’avoir plus de moyens n’engendre pas automatiquement de meilleuresconditions de vie. Autrement dit, il ne suffit pas de faciliter laccès à la technologie médicaleet aux soins de santé par exemple pour que la situation dans les pays défavorisés s’améliore.Il faut un accompagnement et un apprentissage « factitif ». Là réside le postulat de lacommunication systémique. 2. Son apport théorique ; La communication systémique met en valeur l’importance de la communication dans uncontexte global dans le processus de changement. Il est nécessaire d’adopter une stratégiecommunicationnelle « large » qui va au-delà de l’information et de l’influence, il fautégalement introduire la dimension du changement comportemental et du faire faire. Importance d’une bonne définition du destinataire et de sa culture ainsi qu’uneimplication de tous les acteurs concernés dans l’élaboration d’une campagne, sa réalisationet sa participation. 3. Sa spécificité par rapport à d’autres approches de la communication ; La communication systémique n’a pas seulement pour objectif « d’informer » ledestinataire mais plutôt de modifier le comportement, de faire accepter des valeurs et desnormes et de rendre actif le destinataire. Elle s’engage davantage dans des objectifs dits factitifs. La dernière phase duchangement a pour objectif de faire devenir le destinataire acteur de la communicationsystémique à son tour en s’engageant dans le processus de soutien du nouveaucomportement.
  12. 12. 12 4. Les domaines où il est utilisé ; La communication systémique est avant tout une dimension des sciences humainesutilisées dans le domaine d’élaboration de campagne par les collectivités territoriales, lesassociations et les ONG.
  13. 13. 13 Question 4 : L’expertise culturelle essaie d’expliciter une quinzaine detypes de référence contribuant très fortement à l’identité culturelle (sentie,vécue, représentée, …) d’un groupe social, d’une personne ou encore d’unerégion. Essayez d’expliciter ces 15 types de référence à l’aide de deuxexemples (tirés, dans la mesure du possible, d’une zone géolinguistique« orientale »). 4. L’EXPERTISE CULTURELLE L’expertise culturelle suppose qu’on définisse les deux entités qui la composent. L’expertise est l’analyse, l’étude d’une situation donnée par différents moyens que nousverrons plus en détails. « Culture » est un mot qui revêt plusieurs sens et qui est trèsconnoté. Quand on parle de culture, on sous-entend aussi « civilisation ». D’après ledictionnaire Robert la culture est « l’ensemble des aspects d’une civilisation » c’est-à-direl’art et le Patrimoine (Eglises/ vieux et récents monument)/ Musée (Festival), apprentissagedes savoirs, l’éducation, la langue, les pratiques religieuses, pratiques alimentaires, lagastronomie, la pratique vestimentaire (mode) et le patrimoine politique. Cette liste est nonexhaustive et colle bien à l’aspect occidental du mot « culture ». Dans d’autres parties dumonde, le mot « culture » a un sens différent (si on suit cette logique) comme par exemple,la tradition orale qui est un aspect important de la civilisation dans les sociétés africaines. En communication, la culture est un cadre cognitif de références qui confère à unindividu ou à un groupe d’individus, une identité. La référence culturelle est comme unmodèle, qu’une personne ou un groupe suit car il est considéré comme « bon », « vrai »,« évident » et « allant de soi ». Par ailleurs, le modèle peut-être un savoir, un événementhistorique, une façon de comporter, une façon de faire ou d’interagir avec l’autre. Par conséquent, l’expertise culturelle consiste en la collecte d’information (faite par uneveille d’information) puis en la documentation, description et explication du cadre deréférences (des références culturelles) propre à une personne, un groupe, un mouvement(social) ou à un territoire et enfin en la publication des résultats de cette expertise culturelle. EXEMPLE D’UNE EXPERTISE CULTURELLE D’UN GROUPE : LES MOURIDES DU SÉNÉGAL La diffusion de l’islam en Afrique s’est faite à partir du VII ème par les Almoravides (sectemusulmane et dynastie du Nord-Ouest de l’Afrique). Au début, l’islam était une religiond’élite : les rois se convertissaient sous l’appui des lettrés musulmans, marabouts qui étaient
  14. 14. 14partis en pèlerinage en Orient et qui revenaient diffuser cette religion. Au Sénégal, la religionmusulmane a pris des formes confrériques. En effet, il existe 4 grandes confréries auSénégal et la Mourridiya est l’une d’entre elles. a) Histoire Cheikh Ahmadou Bamba est né en 1850 à Mbacké (Sud du Sénégal). En 1884, il créeDarou Salam (littéralement « terre de paix »), une daara (communauté agricole alliantl’éducation religieuse et les travaux) où il réunit tous ses disciples. Cheikh Ahmadou Bambas’installe à Darou-Marnâne pour se livrer à la méditation et fait construire des maisons poursa famille et disciples. La foule commence à se concentrer autour du Cheikh Amadou Bamba dont certainsCeddos (guerriers) qui ont déserté les rangs et venu montrer leur soumission au Cheikh.L’administration coloniale s’inquiète de l’influence du chef religieux, c’est le début d’unelongue répression. Il est successivement déporté au Gabon (1895-1902), puis placé enrésidence surveillée en Mauritanie (1902-1907) ensuite dans le village sénégalais deThiéyêne (1907 à 1912). Il rentre dans son pays, à Diourbel, en 1912. Cheikh AhmadouBamba meurt en 1927 sans avoir réalisé son rêve de construire une grande mosquée àTouba. Celle-ci sera construite après sa mort par ses descendants et disciples. Touba estaujourd’hui le lieu de pèlerinage de tous les Mourides, ils s’y rendent une fois par an pour ycélébrer le Magal Touba, cest-à-dire la commémoration du départ en exil de CheikhAhmadou Bamba. b) Les valeurs et croyances communes Les Mourides représentent aujourd’hui 38% de la population sénégalaise. Les Mouridessont avant tout des musulmans qui suivent les cinq piliers de la religion : -La Chahada : la profession de foi -Les cinq prières par jour -La Zakat : l’aumône aux pauvres -Le jeûne -Le pèlerinage à la Mecque, ville sainte Cependant, pour les Mourides, d’autres aspects s’ajoutent à ces obligations. En effet,Murîd signifie (en arabe) l’aspirant, le postulant. Les particularités de cette doctrine est lefait d’être initié au wird (oraison préparatoire) et aux dhikr (action de Louer Dieu, au moyende paroles, remémoration de la vie du Prophète). Le Mouridisme prône labdication de lapersonnalité et la quête de lAbsolu divin. Il se caractérise par une rigoureuse disciplinefondée sur les rapports Serigne-taalibé (Chef religieux-disciple). Laffiliation à la voie mourideest marquée par lacte de soumission et dallégeance au cheikh (représentant de Dieu) etchef de la confrérie: le jebbëlu, qui est aussi un engagement à vie à suivre les mots d’ordresndigël du cheikh, et en éviter les interdits. Les règles du disciple consistent à garder secret
  15. 15. 15tout ce qui concerne la tarîqa (confrérie), à avoir une solidarité agissante (économique) avecleurs confrères. La valeur la plus importante est le travail. Pour Cheikh Ahmadou Bamba, le travail estindissociable de la foi : « Travaille comme si tu ne devais jamais mourir, et prie comme si tudevais mourir demain ». Les mourides fondent des dahira (communauté religieuse et detravail bien organisées), un peu partout au Sénégal, en Gambie et aussi à l’étranger. c) Références historiques, légendes Comme tout personnage religieux fort, l’histoire de Cheick Ahmadou Bamba estaccompagnée d’une légende connue par tous les Mourides. Selon eux le Cheikh fut l’objet deplusieurs épreuves parmi lesquelles, celle du lion affamé du jardin zoologique de Sor. " Cejour, il fut enfermé avec un lion qui se montra aussi docile qu’un mouton. " Le Cheikhpaisible et sage, déclarait toujours : " Jamais je ne porterai préjudice à qui que ce soit. "Enfermé dans un cachot, le Cheikh récite les sourates de la vache et de la famille d’Imrane. Le père des historiens et poètes de la confrérie des Mourides Serigne Moussa Karaconte : " Ce jour, le Cheikh eu une vision de sa mère Sokhna Diarra qui l’exhorta àcontinuer à servir Dieu et son Prophète. Une nuit de vendredi, ses ennemis l’enfermèrentdans une cellule obscure où étaient plantés des poignards et des pointes. " Envoyé par sonSeigneur, l’Ange Gabriel protégea Cheikh Ahmadou Bamba qui ne fut pas blessé. Il futconduit dans une ruelle où un taureau dressé à tuer fut lancé contre lui. A sa premièrecharge, il tomba raide, mort devant le Cheikh grâce à l’assistance de l’Ange Gabriel. A borddu navire, au moment de faire ses ablutions pour la prière de midi (Zuhr), une dame seprésente devant lui avec la ferme intention de len empêcher. Cest alors quintervinrent lesanges. Ils portèrent le Cheikh à la surface de leau où il fit, dans la paix et la tranquillité saprière. Au Congo, le Cheikh connut toutes les difficultés. Il fut jeté dans le feu par desmercenaires voulant faire leur propre loi, mais les flammes épargnèrent le serviteur duProphète. " Ce jour il fut précipité dans un feu par ses ennemis enterré à l’image duProphète Abraham, le père du monotéïsme. " Ces légendes contribuent au prestige de la sainteté du chef religieux, elles légitimentaussi sa place de maître spirituel.
  16. 16. 16 d) Les symboles, signes, objets communsLes symboles communs aux Mourides ne sont pas nombreux sauf pour les Baay-Fall. Ils ont pour modèle Cheikh Ibra Fall qui était le plus fervent disciple de Cheikh Ahmadou Bamba. Il a consacré sa vie à le suivre et à diffuser sa pensée. Il est à la base du « mouvement » Baay Faal. Ils sont considérés au Sénégal comme des marginaux, du fait de leur mode de vie. En effet, certains portent des dreadlocks (et sont souvent confondus avec les rastas par les touristes), ils arborent un grand boubou colorés (baay laat) avec des manches très larges, ajusté par une grosse ceinture, une pochette en cuir portée autour du cou (où la photo de leur guide religieux est collée) descendant jusqu’à la ceinture (le makhtoum) et une très longue écharpe (kaala). Par ailleurs, les Baay-Faal pratiquent le majjal. Il consiste à faire la ronde dans le but de mendier, par groupes restreints (Kureel), afin dacquérir et dapprendre lhumilité, la souffrance. Aussi, en faisant le majjal, ces croyants pratiquent le sikar qui est l’évocation de Dieu par des chants religieux. Toutes ces actions se révèlent assez bruyantes car il s’effectue dans la rue et dérangent la population qui les considère souvent comme des extrémistes qui ont une dévotion sans limite à leur guide spirituel et oublient les préceptes fondamentaux de l’islam. e) Lieux et événements communs Les Mourides se retrouvent à la mosquée pour prier où s’ils n’ont pas, (comme biensouvent à l’étranger), se retrouvent dans des Keur Serigne Touba, « la demeure du Maître deTouba » qu’ils improvisent eux-mêmes. C’est un siège pour la communauté qui accueilleréunions et prières tout en servant aussi de résidence provisoire pour de nouveaux arrivants. La ville de Touba est le lieu commun de tous les mourides. C’est là qu’a été construite laMosquée et où est enterré Cheikh Ahmadou Bamba. C’est donc un lieu de pèlerinage pourles croyants. Une fois par an, les Mourides désertent la capitale pour aller célébrer le Magal
  17. 17. 17Touba qui commémore le départ en exil du chef religieux. La ville de Touba est située à 194km à l’Est de Dakar. Durant le Magal Touba, le khalife général des Mourides fait une allocution très attenduedes fidèles. Ils se réunissent tous devant lui et l’écoute avec ferveur. Ces derniers enprofitent pour lui demander des bénédictions. A l’étranger, c’est le chef religieux qui sedéplace, il est accueilli en grande pompe dans des grandes villes où la diaspora sénégalaiseest importante (New York, Paris, Marseille, Naples….etc). f) Les personnalités L’actuel président du Sénégal Abdoulaye Wade est fervent disciple du Mouridisme.D’ailleurs il ne s’en cache pas et a multiplié les allégeances au Khalife des Mourides (SerigneFalilou Mbacké à l’époque). Le président Wade a été sévèrement critiqué pour cela, certainsobservateurs disent même qu’il a gagné les élections de 2007 grâce au soutien des Mourides(promesse de vote contre promesse de grand travaux à Touba). De plus, beaucoup de chanteurs de variétés sénégalaises se disent Mouride dans leurschansons et durant leurs apparitions publiques. L’un des plus connu est sans doute Youssou

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