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Le web sémantique pour mieux anticiper le futur
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Le web sémantique pour mieux anticiper le futur

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Après le web 1.0 et le web 2.0, place au web sémantique. Jusque là encore unilatérale, la relation homme / machine prend une nouvelle dimension avec la sémantisation des contenus : les machines sont désormais capables de comprendre et d’exploiter le contenu. Pour notre plus grand bien ?
Le web sémantique est en marche pour nous préparer au futur. Des courants de pensées, tels que le « Future friendly web », prônent un web propre, structuré, et véhiculant du contenu porteur de sens, prêt à s’adapter et à être diffusé n’importe où, n’importe quand. À la croisée des Sciences Sociales et Humaines et des Sciences de l’Information et de la Communication, le web sémantique est donc sur le point de redéfinir nos relations communicationnelles ainsi que l’organisation de l’écosystème numérique.
Vers de nouveaux métiers ? De nouveaux acteurs ? De nouvelles pratiques ? Une chose est sûre, c’est qu’à partir d’aujourd’hui, la machine entre un peu plus dans notre sphère intime, relationnelle et communicationnelle. Un pas de plus vers l’intelligence artificielle ?

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  • 1. Sylvain GateauLe web sémantique pour mieux anticiper le futur…Préparons dès à présent le contenu web pour les futurs terminaux… UNIVERSITÉ STENDHAL -UFR LLASIC –Département Sciences de l’information et de la communication Master 2 AVMN – 2012-2013 - Mémoire sur les pratiques professionnelles
  • 2. GATEAU Sylvain – Le web sémantique : un pas vers le « future friendly web » - page 1UNIVERSITÉ STENDHAL -UFR LLASIC –Département Sciences de l’information et de la communication -Master 2 AVMN - 2012-2013
  • 3. GATEAU Sylvain – Le web sémantique pour mieux anticiper le futur… - page 2RemerciementsÀ l’issue de ce travail de synthèse, je tiens à remercier très sincèrement :// Philippe Quinton, enseignant à l’Université Stendhal de Grenoble, pour son suivi et sesremises en questions tout au long de ma réflexion.// Valérie Lépine, enseignante à l’Université Stendhal de Grenoble, pour m’avoir aidéequant à l’élaboration de ma problématique.// Viviane Clavier, enseignante à l’Université Stendhal de Grenoble, pour sa disponibilitéet son expertise sur la thématique du web sémantique.// Julien Pierre, enseignant-chercheur à l’Université Stendhal de Grenoble, pour son coursd’enseignement sur le web sémantique.// Et enfin, Antoine Lefeuvre, responsable R&D chez Novius, pour sa disponibilité et sonprécieux témoignage. UNIVERSITÉ STENDHAL -UFR LLASIC –Département Sciences de l’information et de la communication -Master 2 AVMN - 2012-2013 2
  • 4. GATEAU Sylvain – Le web sémantique pour mieux anticiper le futur… - page 3SommaireSur les traces du web sémantique… ................................................................................... 4  1   Un web renovateur........................................................................................................ 6   1.1   Le web de documents ............................................................................................ 6   1.2   Le web social ......................................................................................................... 7   1.3   Le web sémantique ................................................................................................ 8   1.3.1   Coopération homme / machine ...................................................................... 8   1.3.2   Des triplets, des URI*, un graphe .................................................................. 9   1.3.3   Quelques vocabulaires et attributs courants ................................................. 10  2   Bienvenue dans le « Future friendly web » ................................................................ 12   2.1   Le « responsive design » ..................................................................................... 12   2.2   « Future-ready content »...................................................................................... 13   2.3   « COPE : Create Once, Publish Everywhere » ................................................... 14  3   Vers une redéfinition de l’écosystème numérique ..................................................... 15   3.1   Réorganisation du référencement naturel* .......................................................... 15   3.1.1   Le référencement par la sémantisation ......................................................... 15   3.1.2   Les moteurs de recherche sémantique .......................................................... 16   3.1.3   Les impacts sur la pratique du web .............................................................. 16   3.2   Le contenu au cœur du processus ........................................................................ 17   3.3   L’apparition de nouveaux corps de métiers ........................................................ 19   3.3.1   Les architectes et stratèges de contenu ......................................................... 19   3.3.2   Les UI et UX designers ................................................................................ 20  Le début d’un long chantier… .......................................................................................... 21  Lexique ............................................................................................................................. 22  Bibliographie .................................................................................................................... 23  Sitographie ........................................................................................................................ 24  Annexe n°1 : Retranscription d’interview - Antoine Lefeuvre, responsable R&D chezNovius Labs ...................................................................................................................... 26  Annexe 2 : Interface d’administration du CMS COPE Novius OS .................................. 30     UNIVERSITÉ STENDHAL -UFR LLASIC –Département Sciences de l’information et de la communication -Master 2 AVMN - 2012-2013 3
  • 5. GATEAU Sylvain – Le web sémantique : un pas vers le « future friendly web » - page 4Sur les traces du web sémantique…Lorsque j’ai débuté mes études supérieures, je souhaitais couvrir les événements sportifsà la télévision, partir à la rencontre des grands champions et travailler pour la télévision.Un rêve d’enfant, qui ne restera qu’un joli rêve. Puis, je me suis orienté vers laCommunication, un univers vaste, tendance et agréablement prisé par la gente féminine,pour travailler dans l’organisation d’événements sportifs. Et cinq plus tard, je m’apprête àentrer dans la vie active en tant que chef de projets web. Véritablement rien ne meprédisait à me spécialiser vers ce métier, et encore moins dans le domaine du web…Plutôt habitué au grand air et aux espaces blancs, me voilà à l’aube d’une nouvelleexpérience vécue à travers des écrans, petits, grands, tactiles ou non et interconnectésentre eux grâce au web et à l’Internet. Il y a encore trois années de cela, j’apprenais àdévelopper ma première page HTML* sur Dreamweaver, avec beaucoup de texte, peu deCSS* et encore moins d’interactions. Cette année, avec mes collègues de promotion,nous avons pensé, conçu et géré le bon développement du site Internet « Savoir-faire,faire savoir »1 sur le principe du « responsive design »2. Et tout cela en utilisant un seul etmême contenu, adapté aux écrans des différents terminaux.Le contenu est véritablement un paramètre stratégique et incontournable dans les projetsweb d’aujourd’hui et de demain. Lorsque nous allons sur le web via un navigateur ou quenous utilisons une application mobile, nous cherchons des informations textuelles,1 Site consultable sur l’URL suivante : http://www.sffs.clic-et-clap.fr2 Le « responsive design » consiste à adapter le contenu d’un site web aux différentes contraintes de résolution d’écrans UNIVERSITÉ STENDHAL -UFR LLASIC –Département Sciences de l’information et de la communication -Master 2 AVMN - 2012-2013 4
  • 6. GATEAU Sylvain – Le web sémantique pour mieux anticiper le futur… - page 5visuelles, multimédias pertinentes et nous souhaitons les obtenir en l’espace de quelquesclics ou touchers. Les internautes sont de plus en plus exigeants et ont accès aux contenusà travers différents écrans devenus, pour certains, mobiles. À l’heure où l’« Open Data »3se déploie, nous, internautes, sommes submergés par une masse d’informations, qui necesse de croitre d’année en année sur le web. Le contenu est la réponse à nos besoins, ànos recherches, à notre utilisation du web selon moi. Un chef de projets web ne doit doncpas le négliger : il doit être réfléchi, travaillé et mis en valeur.Aujourd’hui, le web connaît une rénovation comme le diraient certains professionnels etuniversitaires. Après le web 1.0 et le web 2.0, nous voici entrés dans l’ère du websémantique. Alors que Google est incontestablement le moteur de recherche le plusutilisé dans le monde, une actualité m’a particulièrement passionnée en cette année2012 : le lancement de « Knowledge Graph »4, un moteur de recherche sémantique (« LeGraphe du Savoir »). Pourquoi Google, acteur majeur du web et habitué à être en positionde leader, présente « seulement en 2012 » un tel projet alors que d’autres s’y sont déjàemployés depuis 2008 comme Wolfram Alpha5 ? Quels enjeux se cachent derrière le websémantique ? Quels impacts sont à prévoir sur l’écosystème numérique et quelles peuventen être les opportunités pour les agences web et les professionnels du secteur ? À lacroisée des sciences humaines et sociales ainsi que des sciences de l’information et de lacommunication, le web sémantique, aussi appelé web de données, « linked data »6 ouencore web 3.0, est sur le point de modifier considérablement le paysage numérique ainsique les enjeux communicationnels.Mon regard de futur professionnel du web s’attarde sur l’émergence du web sémantiqueet me motive à raisonner autour de la problématique suivante :« Le web sémantique comme dispositif socio-technique : vers une redéfinition desenjeux communicationnels et de l’organisation de l’écosystème numérique ? »Au cours de cette synthèse, je ne vais pas décrire le fonctionnement détaillé du websémantique, qui serait bien trop compliqué à expliquer et qui résulterait d’unraisonnement d’informaticien et/ou de documentaliste. Je vais dans un premier tempsrevenir sur les étapes marquantes qu’a vécu le web afin de présenter le contexted’émergence du web sémantique. Je m’intéresserai par la suite aux courants et penséesdans lesquels s’inscrit l’émergence de ce web 3.0. Je terminerai ce travail de synthèse parune observation des enjeux communicationnels et des possibles changements à venirdans l’écosystème numérique avec l’arrivée du web sémantique.3 Ouverture et libre accès des données publiques. URL de la plateforme française d’ouverture des données publiques :http://www.data.gouv.fr/4 URL : http://www.google.com/insidesearch/features/search/knowledge.html5 Moteur de recherche sémantique. URL : http://www.wolframalpha.com/6 Données liées UNIVERSITÉ STENDHAL -UFR LLASIC –Département Sciences de l’information et de la communication -Master 2 AVMN - 2012-2013 5
  • 7. GATEAU Sylvain – Le web sémantique pour mieux anticiper le futur… - page 6 1 Un web renovateur Le web est certes récent, mais il possède déjà sa propre histoire. Que nous soyons « digital natives » 7 ou non, utilisateurs réguliers de ressources documentaires en ligne ou non, nous avons tous côtoyé et suivi directement ou indirectement l’évolution du web : par le biais de notre travail, de nos études, de notre entourage, de notre éducation ou tout simplement par nos propres utilisations personnelles. Le web est ancrée dans la société et est en continuelle mouvance. L’époque où l’utilisateur ne faisait qu’interroger la machine est bien lointaine, mais elle n’a pas totalement disparu pour certains utilisateurs... En l’espace de quelques années, le web est passé d’un simple support de consultation à « un gigantesque livre » dans lequel les internautes peuvent commenter, échanger, produire, partager, converser... Après avoir ajouté une couche sociale et interactive, les acteurs du web tels que W3C*, Google ou autre Facebook, promeuvent aujourd’hui l’enrichissement sémantique des contenus : le web devient petit à petit « une gigantesque base de données ». Pour comprendre ce qu’est le web sémantique, il est important d’observer les différentes étapes qui ont conduit à ce vaste projet de sémantisation des contenus. 1.1 LE WEB DE DOCUMENTS Le web 1.0 , aussi connu sous l’appellation « web de documents », fait référence au milieu des années 1990 lorsque les premiers navigateurs Internet sont apparus (Nescape, Microsoft Explorer, etc.). À cette époque, le web 1.0 permet de diffuser des ressources non structurées telles que des pages HTML*. Celles-ci sont reliées entre elles par l’utilisation de liens hypertextes, l’unique facteur d’interactivité homme / machine (cf. Figure 1). Un utilisateur peut donc consulter une page et se diriger vers une autre en cliquant sur un lien. Selon Bruno Bachimont, « le web 1.0 fait ses traitements à l’aveugle, en ne prenant en compte que le format de codage des contenus, mais non la sémantique de ces derniers »8. Il s’agit là d’un constat important qui marquera l’apparition d’une première problématique : quel est le moyen d’enrichir les traitementsFigure 1 : Les documents HTML* informatiques et d’exploiter le sens des contenus afin de délivrer dessont reliés entre eux par des lienshypertextes non typés. Les réponses précises et qualitatives à notre requête ? Dans un premiermachines ne peuvent pas exploiter temps, la solution a été d’inclure l’utilisateur dans le processus : ille contenu car le contenu n’est passtructuré. Les données contenues s’agit du web social…dans les bases de données ne sontpas interrogeables. 7 Les « digital natives » sont des personnes issues de la génération Y (nées dans les années 1980 et 1990), qui ont grandi et vécu au milieu d’un monde numérique de plus en plus connecté, au contact du web. Selon la journaliste Cécil Dijoux7 du site OWNI, la génération Y est sur-éduquée, sur-informée et post-idéologique, ne croyant ainsi qu’en ce qui marche. 8 Citation tirée de la revue DOCUMENTALISTE SCIENCES DE L’INFORMATION, n°48/4, page 25. UNIVERSITÉ STENDHAL -UFR LLASIC –Département Sciences de l’information et de la communication -Master 2 AVMN - 2012-2013 6
  • 8. GATEAU Sylvain – Le web sémantique pour mieux anticiper le futur… - page 7 1.2 LE WEB SOCIAL Au milieu des années 2000, nous avons vu apparaître des nouveaux concepts de sites web, n’ayant plus pour seul objectif de diffuser des ressources, mais de connecter les internautes entre eux. Il s’agit du web 2.0, que certains appellent aussi « web participatif », « web social » ou encore « web communautaire ». L’interaction sociale est un des facteurs clés de cet espace virtuel. De nombreux outils et réseaux sociaux voient le jour tels que les blogs, les wikis*, les forums, Facebook, Twitter, Flickr, Youtube, Foursquare, etc. Désormais, les internautes ont la possibilité d’ajouter leurs connaissances aux contenus qu’ils consultent à travers leurs propres interprétations et annotations. Ils ne sont plus spectateurs mais contributeurs des ressources publiées sur le web. Ils peuvent s’exprimer, partager, converser, dialoguer, échanger, s’entre-aider, créer du contenu (UGC*) et interagir entre eux, sans avoir besoin des compétences d’un webmestre. Le web 2.0 n’est pas une révolution technique mais un changement des usages du web. Il reflète une mise en scène numérique ainsi qu’une mise en réseau de soi. L’utilisateur s’exprime à travers des profils et lui offre laFigure 2 : Les API (interfaces de possibilité de prendre la parole, « d’extérioriser et deprogrammation) permettent d’exploiter les théâtraliser sa propre identité »9. Selon Bruno Bachimont, leinformations dans les bases de donnéescontenant des informations structurées, à web 2.0 « considère que les utilisateurs font partie dutravers des requêtes. Les « mashup » sont des processus documentaire et qu’on peut s’appuyer sur leurssites Internet qui exploitent les donnéescontenues dans différentes bases grâce aux connaissances et compétences pour enrichir les traitementAPI. Mais les données ne sont toujours pas informatiques des ressources. »10 Cet enrichissement desreliées entre elles : elles ne communiquentpas directement entre elles. contenus passe en partie par les annotations et commentaires laissés par ces utilisateurs toujours plus 11 nombreux . En effet, avec l’arrivée des blogs et des systèmes de gestion de contenu, ces derniers peuvent facilement créer du contenu, les commenter et leur ajouter des mots- clés, aussi appelés « tags ». Le web 2.0 est également marqué par l’émergence des supports mobiles, types Smartphones et tablettes numériques, qui traduisent du pouvoir et du désir de l’ubiquité du web. Autrement dit, la volonté d’être à différents endroits simultanément, ce que permet de réaliser plus ou moins efficacement l’usages de ces supports. D’après le rapport de l’UIT et les chiffres annoncés par le site « Public Data » de Google en 201112, 9 Sources : LA LETTRE EMERIT n°57, « Le web 2.0, un phénomène de société ». 10 Citation tirée de la revue DOCUMENTALISTE SCIENCES DE L’INFORMATION, n°48/4, page 25. 11 Selon un rapport de l’Union Internationale des Télécommunications (UIT) publié en Octobre 201211, nous sommes plus d’un tiers d’utilisateurs à être connectés à Internet dans le monde entier, c’est-à-dire environ 2,3 milliards d’individus, soit 11% de plus qu’en 2011. 600 millions de foyer sur les 1,8 milliards recensés ont accès à une connexion Internet. 12 « Public Data » fournit ses données à travers les informations recueillis par La Banque Mondiale. En 2011, il y avait ainsi 5,9599 milliards d’abonnements à la téléphonie mobile cellulaire. Sources : UNIVERSITÉ STENDHAL -UFR LLASIC –Département Sciences de l’information et de la communication -Master 2 AVMN - 2012-2013 7
  • 9. GATEAU Sylvain – Le web sémantique pour mieux anticiper le futur… - page 8 plus de 6 milliards d’abonnements mobiles sont souscrits dans le monde (certains utilisateurs possèdent plusieurs mobiles). Mobilité, réseautage et prise de parole font que les données publiées sur le web sont conséquentes et sont génératrices de longs débats, notamment sur la protection des données personnelles et de l’identité numérique, dont je ne traiterai pas dans ce dossier. Avec le web 2.0, l’utilisateur est de plus en plus lié à la machine et celle-ci se décline sous différents terminaux permettant un usage quasi-permanent et mobile. Mais au-delà de ce constat, qu’en est t-il de la recherche sémantique ? En effet, la relation homme / machine est en quelque sorte unilatérale car la machine n’est pas encore capable de comprendre le contenu publié sur le web et de l’exploiter. Nous pouvons alors nous questionner quant à la place de la machine dans le processus documentaire… 1.3 LE WEB SEMANTIQUE Comme vu précédemment, le web 2.0 permet facilement de créer, partager, commenter, échanger du contenu. Mais le constat d’un tel système est que l’internaute peut aussi facilement consulter des ressources qui ne répondent en rien à sa requête initiale ou être perdu dans une masse d’informations. Le web sémantique va justement permettre une optimisation des contenus publiés sur le web afin de faire coopérer l’homme et la machine plus efficacement. 1.3.1 Coopération homme / machine Le web sémantique permet aussi bien aux hommes qu’aux machines, ou agents logiciels, de comprendre le sens des données sur le web à travers des standards et normalisations et de l’exploiter pleinement afin d’apporter des réponses pertinentes à nos questions ou requêtes. Nous passons donc d’un contenu orienté vers les hommes à un contenu constitué de données exploitables par les agents logiciels. Le but étant de favoriser la coopération homme / machine. Le contenu n’est plus seulement pensé pour être manipulé par les internautes, mais parFigure 3 : Il s’agit d’un espace documentaire global où les machines (cf. Figure 3). Le web sémantiqueles données circulent indépendamment de leur base de consiste ainsi à enrichir les contenus pardonnées. Les informations extraites sont des ressourceset sont reliées entre elles par des liens typés : cela l’utilisation de descriptions de ressources, aussipermet de décrire les liens entre les ressources. appelées métadonnées. Il ne s’agit pas d’un web nouveau ou d’une nouveauté mais simplement d’une « extension de l’actuel »13. Il intègre en effet les fondamentaux du web dit classique. Le http://www.google.fr/publicdata/explore?ds=d5bncppjof8f9_&ctype=l&met_y=it_net_user_p2#!ctype=l&strail=false&bcs=d&n selm=h&met_y=it_cel_sets&scale_y=lin&ind_y=false&rdim=region&ifdim=region&tdim=true&hl=fr&dl=fr&ind=false 13 Sources : Thèse rédigée par Mouhamed Diouf, Spécification et mise en œuvre d’un formalisme de règles métier, Chapitre 5 « Le web sémantique », page 130 à 141. UNIVERSITÉ STENDHAL -UFR LLASIC –Département Sciences de l’information et de la communication -Master 2 AVMN - 2012-2013 8
  • 10. GATEAU Sylvain – Le web sémantique pour mieux anticiper le futur… - page 9web sémantique est une expression présentée en 2001 par Tim Berners-Lee, membre duW3C*. Aussi appelé web de données ou encore web 3.0, il s’agit d’un projet mené depuisplus de dix ans et toujours en construction. Il offre la possibilité de nommer lesressources documentaires et vise à apporter du sens aux contenus afin de donner une plusgrande importance à l’interprétation des ressources par les machines. Contrairement auweb 2.0, qui place au centre de son processus les internautes et leur interprétation, le websémantique cherche à mobiliser davantage la machine. L’objectif étant, selon BrunoBachimont, de « représenter ces connaissances et interprétations et concevoir les outilspouvant les exploiter. »14Tim Berners Lee, l’un des acteurs principaux du web de données, définit le websémantique comme étant « un vaste espace d’échanges de ressources entre machinespermettant l’exploitation de grands volumes d’informations et de services variés, aidantles utilisateurs en les libérant d’une bonne partie de leur travail de recherche, et decombinaison de ces ressources. »15Cette nouvelle étape du web permet donc d’exploiter au maximum le contenu publié surle web par un enrichissement sémantique normalisé et standardisé. Les limites perçues ily a quelques années sont ainsi repoussées : les utilisateurs sont en mesure d’accéderrapidement à l’information pertinente souhaitée. 1.3.2 Des triplets, des URI*, un grapheLe web sémantique repose essentiellement sur le modèle RDF, « Resource DescriptionFramework » aussi appelé cadre de description des ressources. Il s’agit de la « premièrebrique des standards du web sémantique qui recouvre plusieurs syntaxes pour publier desdonnées à propos de tout sur le web »16. Le modèle utilisé par RDF est simple et reposesur la forme d’un triplet : sujet – prédicat – objet. Ainsi, « Sylvain (sujet) a rédigé(prédicat) cette synthèse (objet) » est un triplet RDF. Il est donc facile de comprendre lesens de la phrase et le lien unissant le sujet et l’objet. Par la suite, un triplet peutégalement être relié à un autre : « Cette synthèse (sujet) s’inscrit dans (prédicat) laformation du master Audiovisuel et Médias Numériques de l’ICM (objet) ». L’objet de lapremière insertion peut ensuite devenir le sujet d’un nouveau triplet et ainsi de suite : ondevine ainsi que la synthèse est un devoir à réaliser dans le cadre des études de Sylvain,réalisées à l’ICM. La description d’une ressource comme celle-ci est un assemblage« d’attributs, de caractéristiques et de relations » avec d’autres ressources. Lorsque nouscréons une ressource, nous élaborons une notice qui contient un certain nombred’informations sur la ressource. RDF va alors séparer ces éléments de la notice pour enfaire des insertions indépendantes. Nous obtenons ainsi une ressource qui est un14 Citation tirée de la revue DOCUMENTALISTE SCIENCES DE L’INFORMATION, n°48/4, page 25.15 Sources : Citation de Tim Berners Lee en 2001 dans Recherche d’informations. État des lieux et perspectives de MohandBoughanem et Jacques Savoy, page 232.16 Citation tirée du livre LE WEB SÉMANTIQUE : Comment lier les données et les schémas sur le web ? , page 28. UNIVERSITÉ STENDHAL -UFR LLASIC –Département Sciences de l’information et de la communication -Master 2 AVMN - 2012-2013 9
  • 11. GATEAU Sylvain – Le web sémantique pour mieux anticiper le futur… - page 10 document universitaire ; cette ressource a pour auteur Sylvain Gateau ; cette ressource s’inscrit dans la formation du master, etc. Pour cela, nous utilisons des URI* : des identifiants propres et uniques à chaque ressource. La notice devient alors un graphe constitué de nœuds organisés et d’arcs orientés reliant ces nœuds ainsi qu’un espace globale et granulaire de l’information grâce à la connexion de triplets RDF. La granularité de l’information est plus fine et chaque insertion possède du sens. Il est alors possible de sélectionner les informations à un niveau beaucoup plus fin qu’auparavant afin de répondre précisément à nos requêtes. 1.3.3 Quelques vocabulaires et attributs courants Afin d’enrichir sémantiquement les contenus web et donc ces triplets précédemment cités, une multitude de vocabulaires et attributs sont à disposition des professionnels. Ces métadonnées en tout genre permettent d’ajouter davantage de sens au contenu. Nous pouvons par exemple citer les microformats17. Il s’agit d’un ensemble de standards permettant de marquer des personnes, des recettes de cuisine, des événements,… et d’ajouter de la sémantique dans le code HTML*. À titre d’exemple, le standard hCard proposé par le générateur microformats permet d’enrichir le profil d’une personnes par l’utilisation d’un balisage sémantique adapté et sémantique (cf. Figure 4). Les micro-données quant à elles apportent du sens au contenu et permettent aux robots des moteurs de recherche d’exploiter le sens des ressources décrites. La bibliothèque de micro-données la plus connue et exhaustive à ce jour est Schema.org18. Créé en 2010 par Google, Bing et Yahoo, cette bibliothèque de micro-données est pourtant contestée du fait de son système fermé.Figure 4 : Voici mon profil enrichi sémantiquement RDFa19 est une syntaxe permettant d’ajouter despar l’ajout de classes sémantiques telles quel’attribut « given-name » pour le prénom, attributs et de décrire les ressources. Ce vocabulaire« addiotional-name » pour le surnom ou encore est conforme au « Resource Description« org » pour l’organisme où j’étudie. Framework » (RDF), précédemment présenté. 20 « Friend Of A Friend » est également un vocabulaire conforme au « Resource Description Framework » (RDF) permettant de créer des profils FOAF et ainsi de décrire les relations entre personnes ainsi que leurs activités. Il s’agit d’un vocabulaire très prometteur puisque l’établissement des relations sociales sur le web en est une 17 URL : http://microformats.org/ 18 URL : http://schema.org/ 19 URL d’un générateur de code RDFa : http://buzzword.org.uk/2011/rdfa-card/ 20 URL : http://www.foaf-project.org/ UNIVERSITÉ STENDHAL -UFR LLASIC –Département Sciences de l’information et de la communication -Master 2 AVMN - 2012-2013 10
  • 12. GATEAU Sylvain – Le web sémantique pour mieux anticiper le futur… - page 11composante majeure, comme le démontre les différents réseaux sociaux types Facebook,Copains d’avant, ou encore les réseaux sociaux professionnels tels que LinkedIn ouViadeo.Il existe d’autres vocabulaires et attributs permettant d’enrichir sémantiquement lecontenu diffusé sur le web, à savoir les Creative Commons21 ou encore les Dublin Core22permettant entre autre d’enrichir les œuvres, les droits d’auteurs, les publications, lesthématiques,…Ainsi, le web sémantique est un travail de l’ombre et de longue haleine, visant à enrichirsémantiquement et intelligemment les contenus diffusés sur le web. Bien que le projet aitété lancé il y a plus de dix ans, nous n’en sommes qu’à ses balbutiements. Lesréfractaires à cette extension du web actuel pensent qu’il serait impossible de mettre enplace un tel mécanisme par le simple fait qu’il serait nécessaire de « ré-analyser ettransformer tous les documents du web existant »23. Certes, le web sémantique n’est pasvisible par l’utilisateur et ne peut donc pas être jugé à sa juste valeur. Mais il nourrit degrands espoirs et a su se doter d’une communauté prête à l’adopter…21 URL : http://creativecommons.org/22 URL : http://dublincore.org/documents/dces/23 Sources : citation tirée du livre LE WEB SÉMANTIQUE : Comment lier les données et les schémas sur le web, page 190. UNIVERSITÉ STENDHAL -UFR LLASIC –Département Sciences de l’information et de la communication -Master 2 AVMN - 2012-2013 11
  • 13. GATEAU Sylvain – Le web sémantique pour mieux anticiper le futur… - page 12 2 Bienvenue dans le « Future friendly web » Le web met à disposition des utilisateurs d’innombrables ressources. Il est également plus fluide, plus mobile et accessible sur plus de terminaux qu’auparavant. Certains diront que « les interfaces s’envolent, et le contenu reste »24. Aujourd’hui, le web est caractérisé par l’ensemble des terminaux qui en sont interconnectés, comme nous pouvons le constater sur la Figure 5. Nous sommes passés d’un écran d’ordinateur unique à une multitude d’écrans, petits, grands, tactiles ou non, mobiles ou non. Et demain, nous aurons en notre possession de nouveaux écrans toujours plus mobiles et inattendus. Se pose alors la question de l’adaptabilité du contenu sur ces écrans… Le « future friendly web » est un courant américain consistant à nous projeter dans l’avenir afin d’imaginer et anticiper le web de demain et la valeur des contenus. Les adeptes de ce mouvement prône un web plus efficace, mieux conçu et à l’heure du temps. Et il semblerait bien que le web sémantique en soi intimement lié… 2.1 LE « RESPONSIVE DESIGN » Le « responsive design » est un principe de conception web consistant à adapter le contenu d’un site web aux différentes contraintes de résolution d’écrans. Le site est développé avec un seul et même code HTML* et est agrémenté de « Media Queries CSS » : il s’agit d’un code CSS* spécifiant les dimensions du contenu en fonction du terminal utilisé pour le consulter. Ainsi, le site comble tout l’espace de l’écran et est adapté pour une lisibilité et une utilisation optimale. Le « responsive design » est une solutionFigure 5 : Représentation imagée de économique, stratégique et efficace : au lieu de développerl’évolution du web il y a 10 ans,aujourd’hui et demain. un site pour ordinateur, un autre site pour tablette tactile et un dernier pour Smartphone, il suffit d’une seule plateforme adaptable sur ces terminaux. Cela réduit ainsi les coups de développement, de maintenance et de mise à jour de ces différents supports. En fonction des terminaux utilisés, le contenu mis en avant ne sera pas forcément identique : il s’adaptera en fonction du contexte d’utilisation, de l’importance d’un 24 Sources : Présentation SlideShare réalisée par l’équipe projet de Novius OS, pages 34 à 40. URL : http://fr.slideshare.net/novius-os/create-once-publish-everywhere-anytime UNIVERSITÉ STENDHAL -UFR LLASIC –Département Sciences de l’information et de la communication -Master 2 AVMN - 2012-2013 12
  • 14. GATEAU Sylvain – Le web sémantique pour mieux anticiper le futur… - page 13 contenu en fonction du terminal utilisé, etc. Encore faut-il que cela ait été réalisé lors de la conception du site « responsive design » et que le contenu ait été hiérarchisé. Selon Antoine Lefeuvre (cf. Annexe 1, pages 26 à 29), le « responsive design » n’est que le commencement de ce courant appelé « future friendly web ». En 2012, cette pratique permet de répondre efficacement aux besoins d’adaptabilité sur différents supports. Comme je le signalais en introduction de cette synthèse, nous avons décidé, avec mes collègues de promotion, de concevoir le site de « Savoir-faire, faire savoir »25 en intégrant la notion d’adaptabilité afin de concevoir un contenu optimisé pour les écrans d’ordinateurs, de tablettes tactiles et de Smartphones. Mais cette technique suffira t-elle en 2015 lorsque nous consulterons le contenu web à travers nos lunettes de soleil, comme le prédit Google dans sa vidéo prospective « Google glass : One day… »26 ? 2.2 « FUTURE-READY CONTENT » Selon Brad Frost, « get your content ready to go anywhere because it’s going to go everywhere »27 (cf. Figure 6). Ce spécialiste en stratégie web mobile affirme que nous devons, dès à présent, préparer notre contenu à aller n’importe où car il sera amené à être diffusé partout. Il s’agit ici de la pensée fondatrice du courant « future-ready »28. Le contenu d’une entreprise vit en moyenne deux à trois ans. Le travail des professionnels du web, et notamment des chefs de projets, consistera donc à préparer le contenu et à le structurer afin qu’il soit mis en place et consultable sur différents canaux toujours plus mobiles et interconnectés. Nous ne pouvons prédire l’avenir car la société évoluera, les technologies se développeront, les normes changeront, etc. Mais nous pouvons dès à présent apprendre à gérer le contenu en cherchant à comprendre son sens, ses valeurs, ses objectifs, ses relations, et ses structures afin de le préparer au mieux aux futurs terminaux. Dans ce monde interconnecté de plus en plus complexe, nous devons nous concentrer sur ce qui importe le plus l’utilisateur : unFigure 6 : « Get your content ready to goanywhere because it’s going to go contenu ayant du sens. En effet, les internautes, mobinautes eteverywhere », Brad Frost autres utilisateurs de terminaux connectés sont ennuyés, fatigués et parfois énervés du bruit d’informations : ils cherchent l’information pertinente dans une masse de contenu en tout genre. La recherche doit être simplifiée, naturelle et intuitive. Si les produits Apple se vendent à petits pains depuis plusieurs années, c’est que leurs produits répondent de manière simplifiée, naturelle et intuitive à nos besoins. 25 Site consultable sur : http://sffs.clic-et-clap.fr/ 26 Vidéo Youtube « Project Glass : One day... » réalisée par Google et diffusée en Avril 2012. URL : http://youtu.be/9c6W4CCU9M4 27 Sources : Article « Future-Ready Content » rédigé par Sara Wachter-Boettcher et publié sur le site Internet « A lista part ».. URL : http://www.alistapart.com/articles/future-ready-content/ 28 « Soyons prêt pour le futur » UNIVERSITÉ STENDHAL -UFR LLASIC –Département Sciences de l’information et de la communication -Master 2 AVMN - 2012-2013 13
  • 15. GATEAU Sylvain – Le web sémantique pour mieux anticiper le futur… - page 14L’intégration de la technologie Siri sur les nouveaux iPhones et iPads en est l’exemple leplus récent : elle cherche à faciliter notre recherche et notre collaboration avec lamachine. Pour cela, nous devons définir le contenu afin qu’il soit accessible sousdifférentes formes, qu’il soit interopérable, qu’il est du sens et qu’il soit consultable à lafois par les utilisateurs et les machines. 2.3 « COPE : CREATE ONCE, PUBLISH EVERYWHERE »« Create Once, Publish Everywhere » est une philosophie rattachée au courant « futurefriendly web » consistant à ne créer le contenu qu’une fois pour ensuite le publier partout.Mis en œuvre par Daniel Jacobsen, directeur de développement d’application chezNational Public Radio (NPR), « COPE » consiste à construire des systèmes de gestion decontenu (CMS29) permettant l’utilisation d’un seul contenu pour une diffusionmulticanale. Cela revient en réalité à séparer le contenu de la forme et d’en assurer samodularité et sa portabilité sur les terminaux interconnectés au web. « COPE » est unecritique ouverte à l’ensemble des systèmes de gestion de contenu qui ne font que publierdes pages web : il faut désormais rassembler l’ensemble des informations afin deprésenter le contenu sur n’importe quel terminal, avec n’importe quelle forme, à toutmoment30.Bien que cette philosophie soit récente, les bénéfices ainsi que le retour surinvestissement semblent fructueux puisqu’il s’agit d’un gain de temps à la fois pour lesdéveloppeurs mais également pour les intégrateurs de contenus et les « communitymanagers »* en charge de diffuser les informations et d’animer la communauté d’uneentreprise par l’utilisation de ce contenu.L’agence web Novius, basée à Lyon et Paris, et dans laquelle je vais effectuer mon stagede fin d’études, à récemment lancé son propre CMS « COPE » nouvelle générationdestiné à une diffusion multicanale par l’utilisation d’un seul et même contenu : NoviusOS. Ce système d’exploitation « open source »31 exploite les données relatives à lacommunication d’une entreprise afin de les diffuser sur différents canaux (cf. Annexe 2,page 30).Ainsi, le web sémantique nourrit de nombreux espoirs pour bon nombre deprofessionnels. Des courants futuristes et intelligents se sont mis en place afin de mettreen avant les bienfaits du web sémantique et de nous préparer à utiliser un web sur desterminaux toujours plus volatiles...29 Content Management System30 Sources : Article « COPE: Create Once, Publish Everywhere » publié sur le site Internet « Programmable Web ». URL :http://blog.programmableweb.com/2009/10/13/cope-create-once-publish-everywhere/31 Libre accès au code source d’un logiciel par son auteur / éditeur. Cela sous-entend une utilisation gratuite du logiciel et lapossibilité de contribuer à l’enrichissement de l’outil. UNIVERSITÉ STENDHAL -UFR LLASIC –Département Sciences de l’information et de la communication -Master 2 AVMN - 2012-2013 14
  • 16. GATEAU Sylvain – Le web sémantique pour mieux anticiper le futur… - page 153 Vers une redéfinition de l’écosystème numériqueNous l’avons vu précédemment, le web sémantique commence dès à présent à modifierla vision de la conception de supports web et du contenu destiné à y être diffusé. Desoutils sont déjà mis en place et sont sur le point d’optimiser nos usages du web. En tantque futur chef de projets web, le web sémantique est une thématique qui m’intrigue carelle va affecter les métiers liés à notre secteur. Comme je l’ai précédemment présenté, lerapport homme / machine a considérablement évolué : l’utilisateur fait sa requête et lamachine analyse le sens des contenu pour l’exploiter de manière pertinente. Pour avoirdavantage de précisions sur les pratiques et les impacts du web sémantique dans le milieuprofessionnel, j’ai eu l’opportunité de contacter Antoine Lefeuvre, responsable R&Dchez Novius (cf. Annexe1 pages 26 à 29). 3.1 REORGANISATION DU REFERENCEMENT NATUREL* 3.1.1 Le référencement par la sémantisationBien que l’agence Novius intègre de plus en plus le web sémantique dans ses projetsweb, je reste sceptique quant à l’implication des professionnels de la communication surcette thématique. En effet, les spécialistes du web 3.0 sont encore rares et les chefs deprojets web ne peuvent pas maitrisés l’ensemble des corps de métiers qu’ils regroupentdans leur équipe. Les agences web, « digitales » ou numériques ainsi que les Société deServices en Ingénierie Informatique (SSII) semblent à l’heure d’aujourd’hui lesprincipaux acteurs de cette mouvance vers la sémantisation des contenus32, du moins lesseuls à en comprendre le fonctionnement et les enjeux.Cependant, la demande semble se faire ressentir. En effet, comme me l’a confié AntoineLefeuvre, les moteurs de recherche comme Google exercent une pression sur certainssecteurs d’activités tels que le transport ou la cuisine. Ils sont, pour la plupart, « capablesde choisir et privilégier des attributs sémantiques et de se les approprier afin d’afficherdes résultats de recettes directement dans leur page de résultat par exemple »33.À l’heure actuelle, les agences web et les professionnels du référencement vendent desprestations liées au web sémantique principalement pour des problématiques deréférencement naturel*. Pour se faire, ils travaillent de plus en plus avec les vocabulaireset attributs d’enrichissement sémantique vus précédemment : microformats,microdonnées, RDFa, FOAF, etc. (cités dans la partie 1.3.3, pages 10 et 11).32 Au cours de cette synthèse, j’ai contacté cinq agences de communication globale dans la région Rhône-Alpes : RégieCOMTOO (Lyon), Brainstorming (Lyon), Omaha Beach (Brignais), INEDITS (Échirolles) et Colocarts (Grenoble). Aucuned’entre elles n’intègre de prestations liées au web sémantique et certaines n’en connaissent pas la signification. Il ne s’agit pasd’une analyse pertinente mais cela montre l’intérêt que portent les agences plus « générales » par-rapport à l’actualité du web.33 Citation tirée de l’entretien téléphonique avec Antoine Lefeuvre, annexe n°1, pages 26 à 29. UNIVERSITÉ STENDHAL -UFR LLASIC –Département Sciences de l’information et de la communication -Master 2 AVMN - 2012-2013 15
  • 17. GATEAU Sylvain – Le web sémantique pour mieux anticiper le futur… - page 16 3.1.2 Les moteurs de recherche sémantique34 Dans le contexte actuel, le web est limité car les contenus sont en partie inaccessibles aux traitements informatiques des machines. Les moteurs de recherche utilisent la recherche plein texte : l’exploitation automatique des contenus est ainsi réduite. En parallèle, les utilisateurs souhaitent accéder à l’information le plus rapidement possible et obtenir des résultats pertinents. Cependant, nous sommes confrontés à une grande diversité de sources d’informations, ce qui nous incite à consulter plusieurs pages et ressources web et à en combiner nous- même les informations qui nous intéressent afin de répondre à nos requêtes. Désormais, certaines compagnies proposent des moteurs de recherche sémantique : « Knowledge Graph »35 (de Google), Wolfram Alpha (cf. Figure 7), etc. Grâce à ces moteurs sémantiques, l’utilisateur n’a plus accès à des listes de résultats mais à des combinaisons d’informations répondant de manière qualitative, immédiate et en partie exhaustive à sa requête. Cela est en parti possible grâce à l’accès des machines aux informations sémantiques des ressources : cela leur permet de raisonner et de comprendre le sens des contenus afin de les exploiter correctement. Ils sont ainsi capables de traduire nos requêtes en langages naturels et d’en combiner des informations précises,Figure 7 : Résultat de recherche dans le moteur granulaires et indépendantes les unes des autres (commeWolfram Alpha pour la requête « Bode Miller » expliqué dans la partie 1.3.1, pages 8 et 9). 3.1.3 Les impacts sur la pratique du web Le web sémantique et l’avènement des moteurs de recherche sémantique sont sur le point d’impacter à la fois notre pratique du web, mais également l’économie « traditionnelle » bâtie jusqu’à ce jour. En effet, nous pouvons imaginer une certaine perdition en terme de diversité d’informations dans les résultats de recherche des moteurs sémantiques, du fait de l’agrégation automatique des ressources. Les contenus enrichis sémantiquement seront, de manière justifiée ou non, mis en valeur par-rapport aux ressources dépourvues de métadonnées. De plus, certains sites Internet vont probablement connaître une perte de trafic puisque leurs contenus seront directement consultables à travers les pages de résultats de ces moteurs de recherche sémantique (cf. Figure 8). 34 Partie inspirée de ma présentation SlideShare « Les moteurs de recehrche sémantique » réalisée en Novembre 2012 dans le cours « Enjeux sociaux et organisationnels de TIC » animé par Caroline Angé, pages 8 à 11. URL : http://fr.slideshare.net/Cerise_sur_le_Gateau/les-moteurs-de-recherche-smantique 35 URL : http://www.google.com/insidesearch/features/search/knowledge.html UNIVERSITÉ STENDHAL -UFR LLASIC –Département Sciences de l’information et de la communication -Master 2 AVMN - 2012-2013 16
  • 18. GATEAU Sylvain – Le web sémantique pour mieux anticiper le futur… - page 17 Cela est déjà le cas en ce qui concerne certains sites de cuisine pour lesquels les recettes sont directement accessibles en page d’accueil du moteur de recherche. Selon Antoine Lefeuvre, il s’agira davantage d’un report de trafic qu’une baisse de trafic car avec l’avènement des réseaux sociaux et notamment de Facebook, les sites Internet des éditeurs ont déjà connu un tel phénomène et ont su s’y adapter. Une chose est certaine : avec le lancement de « Knowledge Graph » par Google en Mai 2012, les utilisateurs vont être confrontés de plus en plus au web sémantique. Nos recherches vont être impactéesFigure 8 : Résultat de recherche dans Google pour la par cette rénovation du web. Selon moi, il s’agit làrequête « Bode Miller ». À droite des résultats derecherche se trouve un emplacement proposant des d’une forme de déterminisme technique36 : Google,combinaisons d’informations correspondant à la requête leader des moteurs de recherche en France avecinitiale. environ 90% de parts de marché37 ainsi qu’aux Etats- Unis avec 66,4%38, va inéluctablement modifier le mécanisme de référencement naturel* réalisé par ses robots d’indexation jusqu’à ce jour. En effet, ces derniers devraient logiquement se concentrer sur les contenus enrichis sémantiquement et ainsi les mettre en valeur, au détriment de ceux dépourvus de métadonnées. En utilisant dès à présent le moteur de recherche Google, l’utilisateur est confronté aux premières esquisses de la recherche sémantique (cf. Figure 8). Selon Antoine Lefeuvre, « l’internaute n’a pas la notion de HTML*, de CSS*,... Ce qui lui importe, c’est uniquement d’accéder à l’information et de trouver des réponses à ses requêtes rapidement. Les sites web ne sont pas une fin en soi à ses yeux ». Il n’aura probablement aucun problème à s’adapter à la recherche sémantique car il s’est très bien adapté aux médias sociaux et notamment à Facebook, qui agrège les contenus comme le font déjà les moteurs de recherche sémantique. 3.2 LE CONTENU AU CŒUR DU PROCESSUS À l’heure où le multicanal est omniprésent dans notre société, le web sémantique prend une dimension stratégique incontournable. Le contenu des clients, des marques et des entreprises est amené à être diffusé sur de nombreux supports différents (mobile, tactile, grand écran, etc.). Il représente donc la valeur principale des marques et il doit être 36 Sources : L’INNOVATION TECHNIQUE : récents développements en sciences sociales. Vers une nouvelles théorie de l’innovation. Chapitre 3 « L’anthropologie de la technique. Penser ensemble le technique et le social ». Pages 75 à 90. 37 Information tirée du « Baromètre des moteurs de recherche » réalisé en Juillet 2012 par AT Internet. URL : http://www.atinternet.fr/documents/barometre-des-moteurs-de-recherche-juillet-2012/ 38 Information tirée du bulletin mensuel de mesure de parts de marché des moteurs de recherche, réalisé en Août 2012 par comScore. URL : http://www.comscore.com/Insights/Press_Releases/2012/9/comScore_Releases_August_2012_U.S._Search_Engine_Rankings UNIVERSITÉ STENDHAL -UFR LLASIC –Département Sciences de l’information et de la communication -Master 2 AVMN - 2012-2013 17
  • 19. GATEAU Sylvain – Le web sémantique pour mieux anticiper le futur… - page 18réfléchie dès aujourd’hui afin d’être adapté sur tous ces supports. Selon l’étude OrangeExposure 2012/2013 réalisée par TNS Sofres pour Orange Advertising, « les mobinautesutilisent les écrans (mobile, tablette, TV et PC) de façon plus interchangeablequ’auparavant, cherchant l’écran le mieux adapté à leurs besoins du moment »39. Mêmeles consoles de jeux et les télévisions connectées permettent d’accéder au web (un tiersdu trafic web américain est généré à partir des consoles de jeux connectés).Le contenu est « tout ce qui véhicule de l’information porteuse de sens pour l’êtrehumain »40. Dans de nombreux projets web, il est parfois délaissé au détriment du designet de l’interactivité de l’interface. Mais il s’agit de l’élément central du web sémantique.C’est à travers ce dernier qu’est véhiculé le sens des ressources. Écrire pour le web nerevient pas à écrire une dissertation. Il y a un certain nombre de fondamentaux àrespecter. Un bon contenu web est avant tout un contenu adapté à l’activité del’entreprise mais également à son contexte d’utilisation : l’utilisateur peut le consulter àtravers une multitude de terminaux. Il convient donc d’adapter et de hiérarchiser cecontenu aux différents écrans. De plus, le contenu web doit être utile afin de ne pas faireperdre le temps aux utilisateurs. Pour cela, il est nécessaire de définir l’objectif d’uncontenu, d’analyser en quoi il soutiendra l’objectif général du site, pour quelle(s)raison(s) l’utilisateur en aura besoin et ce qu’il sera supposé en faire. Chaque type decontenu doit ainsi être pensé avant d’entreprendre des décisions de conception. Identifierles types de contenus revient à déterminer les éléments de base constituants chaquecontenu. Un contenu orienté utilisateur permettra de répondre à ses besoins et desatisfaire ses désirs. Cela requiert de connaître le cadre cognitif et mental de l’utilisateuravant de préparer le contenu. La compréhension de chaque type de contenu est un facteurstratégique car il permet de décider quant à la façon dont il sera agencé, en fonction despriorités et contraintes liées au contexte, aux dimensions de l’écran du terminal utilisé, àla mobilité de l’utilisateur, etc. Chercher la signification d’un contenu revient à évaluer sacontribution dans l’ensemble du contenu et à établir des relations entre les éléments qui leconstituent.La stratégie de contenu demande donc la faculté à anticiper les préférences desutilisateurs et à faire des compromis afin de toujours adapter le contenu au contexte.Selon moi, porter une telle importance au contenu ne sera pas sans conséquence dans lesinterfaces d’utilisateurs futures. Le courant minimaliste étant déjà répandu et apprécié, jesuis persuadé que les plateformes et interfaces vont être de plus en plus épurées afin defocaliser la concentration des utilisateurs sur la matière, le contenu. Je ne dis en aucun casque le graphisme ou le web design* sont amenés à disparaître, mais ces pratiques vont39 Étude consultée sur l’application iPad de TNS Sofres, catégorie « Technologie » et publiée le 4 décembre 2012. Égalementconsultable à cette URL : http://www.tns-sofres.com/points-de-vue/71C211C357D44CB1A21D88B7EEA29197.aspx40 Citation tirée du livre STRATÉGIE DE CONTENU WEB, rédigé par Erin Kissane. Introduction, page 1. UNIVERSITÉ STENDHAL -UFR LLASIC –Département Sciences de l’information et de la communication -Master 2 AVMN - 2012-2013 18
  • 20. GATEAU Sylvain – Le web sémantique pour mieux anticiper le futur… - page 19probablement s’orienter vers de nouveaux courants. Les formes et les couleurs auronttoujours leur importance dans la mise en valeur et la lecture du contenu. 3.3 L’APPARITION DE NOUVEAUX CORPS DE METIERS 3.3.1 Les architectes et stratèges de contenuDe nouveaux métiers venus des États-Unis sont apparus avec l’émergence du websémantique : les stratèges et les architectes de contenu. Ces professionnels, « payés à prixd’or en tant que consultant généralement », sont amenés à devenir de plus en plusprésents et populaires dans le paysage numérique français. Leur travail consiste à penser,réfléchir et gérer le contenu des marques / éditeurs. Les stratèges et architectes decontenu se concentrent dans un premier temps sur la compréhension des besoins decontenu actuel, futur et potentiel de leur client. Ils recensent leur contenu afin de décelerles « content nuggets », aussi appelés les pépites de contenus : il s’agit de l’informationpure qui fait sens auprès de l’utilisateur et de la machine et qui peut-être déclinée surdifférents supports et formes41. Les CMS « COPE », tels que Novius OS (présenté dansla partie 2.3, page 14) fonctionnent de cette manière. Puis, ils créent desrecommandations et des lignes directrices dans lesquelles ils exposent leurs conseils surle contenu pertinent à mettre en valeur, le ton à adopter ainsi que les types de contenugranulaires les plus efficaces pour transmettre leur message à travers les différentsterminaux. Ainsi, les architectes et stratèges de contenu pensent le contenu comme étantla matière principale d’un web aujourd’hui devenu polymorphe et le structurent afin del’adapter aux différents canaux. Le contenu est classé et structuré selon un vocabulaireprécis. On parle également de design de taxonomie. Il s’agit de classer et hiérarchiser unensemble de termes définis par une communauté pour en faire un vocabulaire organisé :les termes sont hiérarchisés entre eux, permettant ainsi d’organiser le vocabulaire et delui apporter du sens par l’ajout de liens entre les termes42.Aux Etats-Unis, The Understanding Group43 est, selon Antoine Lefeuvre, l’une desprincipales agences à proposer des prestations de structuration d’informations dignes dece nom. En effet, cette entreprise propose des offres de « Content strategy »44 etd’ « Information architecture »45 très développées. La vision de cette agence, égalementadoptée par Novius, consiste à penser que chaque « espace dinformation et decommunication possède une architecture de linformation spécifique et nécessite uneoptimisation des structures dinformation et de ces espaces ».41 Sources : Présentation SlideShare réalisée par l’équipe projet de Novius OS, pages 34 à 40. URL :http://fr.slideshare.net/novius-os/create-once-publish-everywhere-anytime42 Sources : Page Internet « Ontologie, thésaurus, taxonomie et Web sémantique ». URL : http://www.la-grange.net/2004/03/19.html#ontologies43 URL de l’agence : www.understandinggroup.com44 Stratégie de contenu45 Architecture de l’information UNIVERSITÉ STENDHAL -UFR LLASIC –Département Sciences de l’information et de la communication -Master 2 AVMN - 2012-2013 19
  • 21. GATEAU Sylvain – Le web sémantique pour mieux anticiper le futur… - page 20En France, une agence est particulièrement connue pour la structuration de contenu :Nealite. Elle est essentiellement composée de UX et UI designers… 3.3.2 Les UI et UX designersLes architectes et stratèges de l’information sont intimement liés à l’émergence desmétiers UI et UX designers46. Il s’agit de professionnels spécialisés dans « l’userinterface » et « l’user experience », autrement dit l’interface utilisateur et l’expérienceutilisateur. Leur travail consiste à designer une solution par-rapport à un problèmeidentifié en se concentrant sur l’expérience utilisateur. Pour cela, ils proposent auxconsommateurs de vivre une expérience et une histoire à part à travers une interfacepensée et réfléchie. Le but étant de maximiser l’expérience utilisateur. Certainsétablissements, tels que le CELSA ou l’École des Gobelins à Paris, proposent desformations pour se former à ces nouveaux métiers. Selon Manuel Diaz, président del’agence Emakina, nous assistons aujourd’hui à une cohabitation de métiers« traditionnels » et émergents dans la mise en place de projets web. Le chef de projetsweb doit désormais composer avec des ergonomes, des sémiologues, des architectes, desstratèges, des développeurs, des webdesigners, des UX/UI designers,... Certains métierssont sur le point de connaître une réelle croissance. La difficulté sera alors de trouver lesmeilleurs professionnels au bon moment afin de composer une équipe efficace etréunissant toutes les compétences requises pour l’accomplissement d’un projet web.L’écosystème numérique est bel et bien impacté par l’émergence du web sémantique. Lespremières pratiques apparaissent, des outils intelligents se mettent en place et denouveaux métiers intègrent le paysage polymorphe du web. Malgré le fait que Google vaimposer petit à petit le web sémantique aux utilisateurs, nous pouvons dire que le web 3.0est un dispositif socio-technique, qui selon moi va permettre une optimisation de nospratiques sur le web.46 Vidéo Youtube réalisée par Mushroom Conseil, cabinet de chasseurs de têtes, et diffusée sur la web TV Mushroom TV.Découverte des nouvelles tendances, des nouveaux métiers et des nouveaux acteurs du secteur de la communication. Épisode 1 :UX DESIGNER. URL : http://youtu.be/KKoayiQbUc0 UNIVERSITÉ STENDHAL -UFR LLASIC –Département Sciences de l’information et de la communication -Master 2 AVMN - 2012-2013 20
  • 22. GATEAU Sylvain – Le web sémantique pour mieux anticiper le futur… - page 21Le début d’un long chantier…L’histoire du web rapportée à l’échelle humaine est quasi-inexistante. Pourtant, depuisson apparition dans la société, dans les années 1990, rares ont été les secteurs commecelui-ci à évoluer autant sur le court terme. Tout d’abord, le web 1.0 a ouvert unenouvelle manière de communiquer avec l’apparition des sites Internet, des campagnesd’e-mailing, des pages HTML*, etc. Puis le web social et mobile s’est imposé au coursdes années 2000, offrant davantage d’interactivité, de contenu, de fonctionnalités etd’usages qu’auparavant. Aujourd’hui, le web sémantique vient compléter ce vasteépouvantail de possibilités qu’offre le web en complexifiant un peu plus les mécanismeset les techniques utilisées pour son bon fonctionnement.Le web sémantique n’en est qu’à ses balbutiements mais ses effets se font déjà ressentirsur l’écosystème numérique ainsi que sur les enjeux communicationnels. La relationhomme / machine n’a jamais été aussi développée dans le web que maintenant, à tel pointque ces agents logiciels peuvent désormais comprendre le sens des contenus et l’exploiterde manière réfléchie et pertinente. Nous sommes passés d’une relation unilatérale àbilatérale : le web sémantique permet l’optimisation de la coopération homme / machine.Les deux entités travaillent simultanément et de manière intelligente et efficace.La mouvance du « future friendly web » ajoute au web 3.0 un aspect futuriste,ergonomique et ubiquitaire. Le contenu est amené à naviguer partout et à être exploité àtout moment par les machines pour répondre à nos désirs et besoins de manièreinstantanée. Les CMS « COPE » sont une première réponse à ce constat et n’ont pas finide se développer et de se complexifier avec l’apparition de terminaux plus petits, mobileset inattendus. Les métiers de stratèges et architectes de contenu vont se répandre etintégrer progressivement le paysage numérique afin de préparer le contenu pour le futur.Les interfaces et expériences utilisateurs vont être amenés à considérablement évoluerjusqu’à en devenir presque volatiles. Le jour où nous porterons des lunettes de vueconnectées est bientôt arrivé. Nous serons alors continuellement connectés à la réalitéaugmenté, au monde virtuel. Les informations viendront à nous naturellement, au bonmoment et au bon endroit afin d’enrichir notre quotidien et faciliter tous nos faits etgestes, et parfois même en les anticipant. Parler d’intelligence artificielle dans une synthèse portant sur le web sémantique peut paraître exagérée mais nous sommes véritablement à l’aube d’une explosion de l’intelligence. Le web sémantique offre des interactions encore jamais rencontrées et permet petit à petit aux machines de s’immiscer dans notre environnement intime, cognitif et communicationnel… UNIVERSITÉ STENDHAL -UFR LLASIC –Département Sciences de l’information et de la communication -Master 2 AVMN - 2012-2013 21
  • 23. GATEAU Sylvain – Le web sémantique pour mieux anticiper le futur… - page 22LexiqueCommunity manager : Terme anglophone pour désigner un gestionnaire de communautésur Internet à travers les médias sociaux.CSS: Abréviation pour « Cascading Style Sheets ». Il s’agit d’un langage Internet, utiliséen parallèle du langage HTML, permettant de mettre en forme les pages d’un siteInternet. Il permet ainsi de paramétrer une couleur de fond, une typographie, et biend’autres éléments.HTML : Abréviation pour « Hyper Text Markup Language ». Il s’agit d’unlangage Internet qui permet de créer des pages et sites Internet. Ce langage est constituéde balises permettant ainsi de structurer les pages et d’organiser le contenu en ligne.Référencement naturel : Ensemble de pratiques qui consiste à rendre un site le plusvisible possible sur les résultats de recherches Internet. Il s’agit d’associer desmétadonnées aux pages du site Internet. De nombreux paramètres sont pris en comptepour favoriser le référencement, à savoir le nom des page HTML, les balises H1, le nomdes images, le contenu textuel des pages, les liens hypertextes,...UGC : Abréviation pour « User Generated Content ». Il s’agit du contenu généré par lesinternautes sur les réseaux sociaux et autres plateformes de partage.URI : Abréviation de « Uniform Resource Identifier ». Identifiant propre et unique àchaque ressource caractérisé par une chaine de caractères. Les URI sont enregistrésauprès de l’organisme IANA (Internet Assigned Numbers Authority) afin de s’assurerqu‘il soit unique.W3C : Abréviation de « World Wide Web Consortium ». Institution en charge dudéveloppement et de la standardisation des langages et technologies du web au niveauinternational.Web design : Conception graphique des différentes pages d’un site Internet, réalisé parun web designer. Il est réalisé en phase de conception puis est intégré par lesdéveloppeurs en phase de dévelppement.Wiki : Plateforme Internet pouvant être modifiée par les internautes. Les wikis reposentsur le principe de la collaboration : ils permettent aux utilisateurs d’apporter leursconnaissances sur des sujets et thématiques précises. Le wiki le plus connu estWikipedia. Ces plateformes sont également développées au sein de certaines entreprises,ce qui permet aux salariés d’accéder et d’apporter des mises à jour sur le contenu. UNIVERSITÉ STENDHAL -UFR LLASIC –Département Sciences de l’information et de la communication -Master 2 AVMN - 2012-2013 22
  • 24. GATEAU Sylvain – Le web sémantique pour mieux anticiper le futur… - page 23BibliographieOUVRAGES • BOUGHANEM Mohand, SAVOY Jacques, AUSSENAC-GILLES Nathalie. Recherche d’informations, état des lieux et perspectives. Lavoisier, 2008, 342 pages. • FAYON David. Web 2.0 et au-delà . Nouveaux internautes : du surfeur à l’acteur. Édition ECONOMICA, 2010, 2ème édition, 190 pages. • GANDON Fabien, CORBY Olivier, FARON-ZUCKER Catherine. Le web sémantique : Comment lier les données et les schémas sur le web ? Éditions Dunod, 2012, 206 pages. • PÉDAUQUE Roger T. La redocumentarisation du monde. Édition Cépaduès, 2007, 212 pages. • PÉDAUQUE Roger T. Le Document à la lumière du numérique :forme, texte, médium : comprendre le rôle du document numérique dans lémergence dune nouvelle modernité. C&F éditions, 2006, 218 pages. • FLICHY Patrice. L’innovation technique. Récents développements en sciences sociales. Vers une nouvelle théorie de l’innovation. Éditions La Découverte, 1995, 256 pages.MAGAZINES // REVUES • DOCUMENTALISTE, SCIENCES DE L’INFORMATION n°48/4. Dossier : Web sémantique, web de données… Quelle nouvelle donne ? Enjeux et technologies. Approches documentaires. ADBS, Décembre 2011, pages 20 à 61. • LA LETTRE ÉMERITE n°57. Le web 2.0, un phénomène de sociét é. FTU Centre de Recherche Travail & Technologies, Premier 2009, 8 pages.THESE • DIOUF, Mouhamed. Spécification et mise en œuvre d’un formalisme de règles métier. Université Bordeaux 1. Soutenance présentée le 10 Décembre 2007. 244 pages. UNIVERSITÉ STENDHAL -UFR LLASIC –Département Sciences de l’information et de la communication -Master 2 AVMN - 2012-2013 23
  • 25. GATEAU Sylvain – Le web sémantique pour mieux anticiper le futur… - page 24SitographieSITES WEB • NOVIUS OS. CMS Open Source nouvelle génération [en ligne]. Disponible sur : < http://www.novius-os.org/ > • FUTURE FRIENDLY. Collectif américain défendant les valeurs du « Future friendly web » [en ligne]. Consultable sur : < http://futurefriend.ly/ > • BRAD FROST WEB. Site de Brad Frost, spécialite de la stratégie web mobile et fondateur du « future friendly web » [en ligne]. Consultable sur : < http://bradfrostweb.com/ > • THE UNDERSTANDING GROUP. Agence américaine spécialisée dans l’architecture de l’information et les prestations numériques [en ligne]. Consultable sur : < http://understandinggroup.com/ > • NEALITE. Agence française de design de services et d’expérience utilisateur [en ligne]. Consultable sur : < http://www.nealite.fr/ > • KNOWLEDGE GRAPH. Moteur de recherche sémantique de Google [en ligne]. Consultable sur : < http://www.google.com/insidesearch/features/search/knowledge.html > • WOLFRAM ALPHA. Moteur de recherche sémantique [en ligne]. Consultable sur : < http://www.wolframalpha.com/ > • SCHEMA.ORG. Bibliothèque de microdonnées établit par Google, Yahoo et Bing [en ligne]. Consultable sur : < http://schema.org/ > • MICROFORMATS. Site, blog et wiki sur les microformats [en ligne]. Consultable sur : < http://microformats.org/ >PAGES INTERNET • PROGRAMMABLE WEB. COPE : Create Once, Publish Everywhere [en ligne]. Octobre 2009. Disponible sur : < http://blog.programmableweb.com/2009/10/13/cope-create-once-publish- everywhere/ > • A LIST APART. Future-ready content [en ligne]. Février 2012. Disponible sur : < http://www.alistapart.com/articles/future-ready-content/ >. • FRED CAVAZZA. L’art de la taxonomie [en ligne]. Mai 2004. Disponible sur : < http://www.fredcavazza.net/2004/05/21/lart-de-la-taxonomie/ > • LA GRANGE. Ontologies, thésaurus, taxonomie et web sémantique [en ligne]. Disponible sur : < http://www.la-grange.net/2004/03/19.html#ontologies > • TNS SOFRES. Mobinautes et tablonautes accélèrent leur percée [en ligne]. Disponible sur :< http://www.tns-sofres.com/points-de- vue/71C211C357D44CB1A21D88B7EEA29197.aspx > UNIVERSITÉ STENDHAL -UFR LLASIC –Département Sciences de l’information et de la communication -Master 2 AVMN - 2012-2013 24
  • 26. GATEAU Sylvain – Le web sémantique pour mieux anticiper le futur… - page 25PRESENTATION SLIDESHARE • CREATE ONCE, PUBLISH EVERYWHERE (version française). Présentation SlideShare réalisée par Novius OS [en ligne]. Octobre 2012. Disponible sur : < http://fr.slideshare.net/novius-os/create-once-publish-everywhere-anytime > • LES MOTEURS DE RECHERCHE SÉMANTIQUE : CONTEXTUALISATION, SÉMANTISATION ET RÉNOVATION. Présentation SlideShare réalisée par Sylvain Gateau [en ligne]. Novembre 2012. Disponible sur : < http://fr.slideshare.net/Cerise_sur_le_Gateau/les-moteurs-de-recherche- smantique > • FOR A FUTURE FRIENDLY WEB. Présentation SlideShare réalisée par Brad Frost [en ligne]. Disponible sur : < http://fr.slideshare.net/bradfrostweb/for-a-futurefriendly-web >VIDEOS YOUTUBE • PROJECT GLASS : ONE DAY… Vidéo prospective réalisée par Google [en ligne]. Avril 2012. Disponible sur : < http://youtu.be/9c6W4CCU9M4 > • MUSHROOM TV : UX DESIGNERS (épisode 1). Vidéo-reportage sur le métier d’UX Designer réalisée par le cabinet de chasseurs de têtes Mushroom [en ligne]. Disponible sur : < http://youtu.be/KKoayiQbUc0 > UNIVERSITÉ STENDHAL -UFR LLASIC –Département Sciences de l’information et de la communication -Master 2 AVMN - 2012-2013 25
  • 27. GATEAU Sylvain – Le web sémantique pour mieux anticiper le futur… - page 26Annexe n°1 : Retranscription d’interview - Antoine Lefeuvre,responsable R&D chez Novius LabsEntretien téléphonique réalisé le Vendredi 7 Décembre 2012 de 17h30 à 19h.Question 1Quelle est la place du web sémantique (WS) dans l’agence Novius à l’heure actuelle ?Réponse d’Antoine LefeuvreChez Novius, il faut tout d’abord discerner l’activité « agence » de l’activité « laboratoire ».Dans l’un comme dans l’autre, le WS est intégré dans la vision de l’agence. Je vais parlerdans un premier temps du WS au sein de l’activité « agence ».Aujourd’hui, nous pouvons voir apparaître la mention de WS dans certains cahiers descharges. Le WS sera intégré aux projets en fonction de la sensibilité des chefs de projets. LeWS est principalement traité pour ses caractéristiques de référencement. Chez Novius, nousn’avons pas de politique de référencement dans nos offres. Nous travaillons donc avec desréférenceurs, sous forme de prestations.Nous avons déjà collaboré sur quelques projets tels que le site de Bjorg, la marqueagroalimentaire. Nous avons élaboré une base de recette, enrichie par des microformats etnotamment l’attribut « hrecepe ». Il faut savoir qu’aujourd’hui des moteurs de recherchecomme Google sont capables de choisir et privilégier des attributs sémantiques et de se lesapproprier afin d’afficher des résultats de recettes directement dans leur page de résultat parexemple. D’où l’intérêt pour ce client d’intégrer des microformats.Question 2Pratiquez-vous une politique de tarification spécifique pour ces prestations liées au WS?Réponse d’Antoine LefeuvreNous n’appliquons pas de tarification spécifique. Les tarifs seront pris en compte dans laprestation d’optimisation de référencement, sans en être séparée. Cependant, il peut nousarriver d’ajouter une phase de référencement pendant ou après la conception du projet. Dansquel cas nous prévoyons un devis à part.Je suis convaincu que le WS sera de plus en plus présent dans les projets web, mais pasuniquement pour des problématiques de référencement. UNIVERSITÉ STENDHAL -UFR LLASIC –Département Sciences de l’information et de la communication -Master 2 AVMN - 2012-2013 26
  • 28. GATEAU Sylvain – Le web sémantique pour mieux anticiper le futur… - page 27Question 3Quelle est la place du contenu dans le WS ? Les produits conçus par Novius Labs sont-ils optimisés pour le WS ?Réponse d’Antoine LefeuvreNous avons la particularité d’avoir ce laboratoire dans lequel nous avons déjà conçu une suited’outils que nous commercialisons auprès de nos clients. Depuis plus d’un an maintenant, jeme suis penché sur le WS pour notre nouveau projet Novius OS, lancé au cours de l’année2012. Novius OS est un CMS nouvelle génération permettant de gérer du contenu multicanal.Notre problématique de départ était la suivante : qu’est ce que gérer du contenu aujourd’hui,à l’heure du multicanal ?Pour répondre à cela, je me suis intéressé à l’apparition de nouveaux métiers aux États-Unis :les architectes de contenu et les stratèges de contenu. Ces professionnels pensent l’Internetcomme étant de plus en plus polymorphe, notamment avec l’avènement des tablettes tactiles,des Smartphones et même des consoles de jeu qui représentent un pourcentage très élevé dutrafic sur Internet aux États-Unis. La nouvelle génération sera les lunettes, comme nous l’aprésenté Google avec son projet « Google Glass ».Tout cela nous indique que le contenu est actuellement présenté sous différentes formes etque cela va s’accroitre dans les années à venir. Le contenu est la valeur principale pour uneentreprise et il doit être structuré. On parle de design de taxonomie : le contenu est classéselon du vocabulaire et il est ainsi structuré.Question 4Quelle est la place du chef de projet dans cette mouvance ? Comment intégrer cesnouveaux métiers dans une équipe ou dans une agence « digitale » ?Réponse d’Antoine LefeuvreLe chef de projet restera selon moi un chef d’orchestre des différents métiers de son équipe. Ildevra composer avec ces nouveaux métiers. Cela sous entend être au courant de ce qu’il sepasse. Mais il ne devra pas en être un spécialiste, car il ne peut pas maitriser toutes lescompétences de son équipe, et cela n’est pas nouveau. Au moment venu, il devra être capablede s’entourer de professionnels (stratèges et architectes). S’il n’en trouve pas, il seracertainement amené à composer par lui-même, avec ses connaissances.Les métiers d’architecture de contenu et de stratège de contenu se font de plus en plusprésents. Leur travail consiste à recenser le contenu dans les entreprises et à en donner unestructure. Pour le moment, ce sont des professionnels qui interviennent à la journée et quisont payés très chers.Le « responsive design » n’est que le commencement de cette mouvance. En 2012, cettepratique permet de répondre efficacement aux besoins d’adaptabilité sur différents supports.Mais il ne suffira plus en 2015. Les contenus d’une entreprise vivent deux à trois ans enmoyenne. Le travail des stratèges est donc de les conseiller dès aujourd’hui afin de les UNIVERSITÉ STENDHAL -UFR LLASIC –Département Sciences de l’information et de la communication -Master 2 AVMN - 2012-2013 27
  • 29. GATEAU Sylvain – Le web sémantique pour mieux anticiper le futur… - page 28préparer à structurer leur contenu. Il s’agit d’un courant nommé le « future-ready »,autrement dit, accepter le fait que le contenu va changer et faire en sorte qu’il soit prêt à êtremis en place sur plusieurs canaux de nature différente.En France, une agence est connue pour la structuration de contenu : Nealite. Mais une desplus connues est sans doute Under Standing Group aux USA. Il y a une émergence de cesnouveaux métiers et ces professionnels seront progressivement intégrés dans des agencesdigitales.Question 5Quelle est la place / l’importance des moteurs de recherche dans ce contexte ?Réponse d’Antoine LefeuvreLes moteurs de recherche vont exiger de plus en plus la sémantisation des contenus car leweb sémantique représente, pour eux, une réelle aubaine : la sémantisation des contenusfacilitent la structuration des données et donc le travail de ces objets.Les moteurs de recherche sont divisés entre 2 forces : • Les utilisateurs, qui demandent à accéder aux informations et qui n’ont pas de réel jugement sur la forme que cela doit prendre. • Les moteurs de recherche eux même, qui vont exiger de plus en plus une meilleure sémantisation des ressources chez les éditeurs s’ils veulent bénéficier d’un bon référencement.Grâce aux moteurs de recherche sémantique, les utilisateurs ont accès à l’informationcorrespondant à leur requête sans même avoir à consulter plusieurs pages. Il s’agit d’un gainde temps et d’une optimisation de la collaboration entre l’homme et sa machine.Question 6Nous pouvons donc imaginer que le trafic sur les sites Internet des éditeurs sera amenéà diminuer considérablement ? On peut parler d’une redéfinition du systèmeéconomique numérique ?Réponse d’Antoine LefeuvreOui, il y aura très certainement une baisse de trafic, mais est-ce une rupture ? Aujourd’hui, unsite comme Facebook s’avère être un agrégateur de flux de données très performants. Lesutilisateurs de ce réseau social, plus d’un milliard à ce jour, publient et consommentquotidiennement du contenu sans forcément se diriger sur les sites Internet des éditeurs. Celaest difficile à maitriser pour les éditeurs mais le phénomène n’est pas nouveau et il faudracomposer de plus en plus avec cela. Il y aura un report du trafic et non une baisse : les médiassociaux n’ont pas fait disparaître les sites Internet. Ce qui est certain, c’est que nous assistonsà un changement du modèle économique. Toute l’offre de référencement va être affectée dansun premier temps. UNIVERSITÉ STENDHAL -UFR LLASIC –Département Sciences de l’information et de la communication -Master 2 AVMN - 2012-2013 28
  • 30. GATEAU Sylvain – Le web sémantique pour mieux anticiper le futur… - page 29Question 7Google a récemment lancé « Knowledge Graph », un moteur de recherche sémantique.Le WS est-il imposé à l’utilisateur ou est-ce une réponse à ses besoins ? Comment voyez-vous l’évolution, à court terme, du WS ?Réponse d’Antoine LefeuvreL’utilisateur n’a pas la notion de HTML*, de CSS*. Ce qu’il lui importe, c’est d’accéder àl’information et de trouver des réponses à ses requêtes. Les sites web ne sont pas une fin ensoi à ses yeux. Il n’aura probablement aucun problème à s’adapter car il s’est très bien adaptéaux médias sociaux et notamment à Facebook, qui agrège les contenus.La notion de web 3.0 a véritablement décollé en 2008 / 2009. Le web sémantique estdésormais très présent, le mouvement est bien enclenché mais peu de gens l’utilisent. Jepense que dans les trois années à venir, le WS va considérablement s’envoler.Question 8Il y a t-il des secteurs d’activité dans lesquels le WS aura une importance considérable ?Réponse d’Antoine LefeuvreIl y a une réelle pression exercée par les moteurs de recherche sur certains domaines tels queles transports, la cuisine, la documentation (très en avance sur ce sujet avec notamment leprojet DITA), ainsi que les réseaux de présentation d’expériences professionnelles (LinkedInse base aujourd’hui sur le microformat « hresume »). Un secteur comme celui de la cuisineest aujourd’hui très normalisé, d’où l’apport de sémantisation dans le projet de Bjorg(précédemment cité). Dans le domaine des transports, il est nécessaire de fournir des flux dedonnées aux moteurs de recherche (quel vol en partance de Paris pour New-Yorkaujourd’hui ? Pour quel prix ? À quelle heure ?). L’utilisateur d’aujourd’hui ne va pasconsulter les sites de chaque compagnie aérienne afin de trouver son billet. Il va plutôtprivilégier les comparateurs de prix. Cela est d’autant plus important que le domaine dutransport sera de plus en plus imposé par l’ouverture de ses données publiques (Open Data).Question 9Une dernière question : qu’entendez-vous par le terme « digitale » ?Réponse d’Antoine LefeuvreIl s’agit en réalité d’un effet de mode. C’est un anglicisme du terme « numérique ».Aujourd’hui, les agences l’utilisent, il faut donc « s’aligner » et utiliser ce terme. Il y aquelques temps, le terme « web agency » ou agence web a disparu car comme je le disais, leweb est polymorphe et sous entend des formes différentes. Or, le terme « web » est souventassimilé aux sites Internet, alors que les applications mobiles et tablettes ne cessent decroitre : c’est réducteur et peu représentatif des prestations proposées en agence. D’oùl’utilisation du mot « digitale ». UNIVERSITÉ STENDHAL -UFR LLASIC –Département Sciences de l’information et de la communication -Master 2 AVMN - 2012-2013 29
  • 31. GATEAU Sylvain – Le web sémantique pour mieux anticiper le futur… - page 30 Annexe 2 : Interface d’administration du CMS COPE Novius OSInterface d’administration du CMS COPE développé par Novius. Sur cette interface, nous avons accès à unseul et même contenu concernant la venue d’un nouveau Gorille. Le contenu est entré selon différentschamps (titre, images, lien hypertexte, Description,…). Il suffit alors de sélectionner l’affichage de contenuen fonction de la diffusion souhaitée (sur Twitter, Facebook, l’application mobile,…) et de publier lecontenu. Ce dernier est alors adapté au terminal / réseau sélectionné. Il peut par la suite être publié surdivers canaux, en utilisant ce même contenu. Ce CMS reflète donc bien le courant « Create Once, PublishEverywhere ». UNIVERSITÉ STENDHAL -UFR LLASIC –Département Sciences de l’information et de la communication -Master 2 AVMN - 2012-2013 30
  • 32. GATEAU Sylvain – Le web sémantique pour mieux anticiper le futur… - page 31 RésuméAprès le web 1.0 et le web 2.0, place au web sémantique. Jusque là encore unilatérale, larelation homme / machine prend une nouvelle dimension avec la sémantisation descontenus : les machines sont désormais capables de comprendre et d’exploiter le contenu.Pour notre plus grand bien ?Le web sémantique est en marche pour nous préparer au futur. Des courants de pensées,tels que le « Future friendly web », prônent un web propre, structuré, et véhiculant ducontenu porteur de sens, prêt à s’adapter et à être diffusé n’importe où, n’importe quand.À la croisée des Sciences Sociales et Humaines et des Sciences de l’Information et de laCommunication, le web sémantique est donc sur le point de redéfinir nos relationscommunicationnelles ainsi que l’organisation de l’écosystème numérique.Vers de nouveaux métiers ? De nouveaux acteurs ? De nouvelles pratiques ? Une choseest sûre, c’est qu’à partir d’aujourd’hui, la machine entre un peu plus dans notre sphèreintime, relationnelle et communicationnelle. Un pas de plus vers l’intelligenceartificielle ? Mots-clés Web sémantique Graphe de triplets Sémantisation des contenus « Responsive design » « Future friendly web » « Future-ready content » « COPE » Stratège de contenu Architecte de contenu UI / UX design UNIVERSITÉ STENDHAL -UFR LLASIC –Département Sciences de l’information et de la communication -Master 2 AVMN - 2012-2013 31