Nouvelle interprétation - Villa de Treignes
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Nouvelle interprétation - Villa de Treignes Nouvelle interprétation - Villa de Treignes Document Transcript

  • Viroinval / Treignes : la villa gallo-romaine des Bruyères. Nouvelle interprétation chronologique des premières phases doccupation Saskia BOTT et Pierre CATTELAINIl y a un peu plus de deux ans, (BOTT S. ET CATTELAIN P., 1998.Viroinval/Treignes : la villa gallo-romaine des Bruyères, premières phasesdoccupation. Chronique de lArchéologie wallonne. Activités 1997, 6, p. 171-172),nous avons proposé une première interprétation chronologique des premièresphases doccupation gallo-romaine du site de la villa des Bruyères à Treignes, baséesur nos recherches menées de 1994 à 1997, en comparant nos résultats à ceuxpubliés par J.-M. Doyen à la suite des fouilles Amphora, effectuées de 1980 à 1987.La poursuite de nos fouilles en 1998 et lavancement de létude du matérielarchéologique, effectuée secteur par secteur, nous ont mené à modifiersensiblement cette première interprétation : " Errare humanum est, perseverarediabolicum " La phase 1La première phase reconnue par J.-M. Doyen se présentait sous la forme de fosséscreusés dans le schiste en place, montrant un remplissage de blocs et de tuilesprovenant dun bâtiment non encore retrouvé, selon lui dépoque flavienne, commeles fossés (DOYEN J.-M., 1981b. Les thermes romains de Treignes (Campagnes1980 et 1981) : rapport préliminaire. Bull. du Club Archéologique Amphora, 26, p.7-8; DOYEN J.-M., 1987. Villa romaine à Treignes. Archéologie en Wallonie1980-1985. Découvertes des Cercles archéologiques, Namur, FAW, p. 266). Leremplissage de ces fossés, totalement fouillés par Amphora, a livré du matériel (terrarubra, fibule,) qui peut être situé entre la fin du règne dAuguste ou le début du règnede Tibère et la fin du règne de Néron, soit entre 10 et 69 ap. J.-C., ainsi que de lasigillée et une fibule de la fin du Ier ou du début du IIe siècle. A notre sens, lecreusement de ces fossés de drainage est à mettre en rapport avec le bâtiment leplus ancien que nous avons découvert sur le site, sous les pièces P23, P24 et moitiéest de P28 de la pars urbana de la villa des IIe et IIIe siècles (fig. 1). Ce bâtiment 1présente une première assise de blocs assez réguliers, bien équarris sur 5 faces,surmontés par une assise de blocs plus gros, un peu plus frustes, constituant unesorte de sablière basse sur laquelle venaient sélever les murs probablement réalisésen torchis, recouverts par endroits denduits peints, montrant le plus souvent desaplats de couleur jaune ocre, gris noir et rouge, plus rarement verdâtre. Ce bâtiment1 a été détruit par un incendie : à une quarantaine de cm à lextérieur des assises defondation sud, les murs sont longés par une épaisse ligne de tuiles dunequarantaine de cm de large, cassées et brûlées, dont un exemplaire porte la marque"LCS". Quelques tuiles, vestiges probables dun alignement du même type, ont étéretrouvées à quelques dizaines de cm au nord du mur séparant les pièces P27 et
  • P28 de la villa, dans une coupe stratigraphique levée dans une petite zone nontouchée par les anciennes fouilles. Ce mur de la villa, plus tardif, a probablement étécontruit sur les fondations du mur nord du bâtiment 1. Il semble donc que ce dernierétait recouvert dune toiture en tuiles à 2 pans, dont la faîtière était orientée est-ouest.Dans la ligne de tuiles sud, nous avons retrouvé, à la fin de 1996, un aureus deClaude, frappé à Rome entre 50 et 54 de notre ère, en très bon état. Ce type demonnaie devient très rare après la réforme monétaire de Néron en 64, etexceptionnel après le règne de Domitien. Par ailleurs, la fouille de lintérieur dubâtiment 1 nous a livré trois fibules. La première dentre elles appartient au typeFeugère 26b3, qui apparaît à lépoque de Néron; et dont la fabrication ne dépassepas lépoque flavienne. Elle date essentiellement du troisième quart du Ier siècle. Ladeuxième appartient au type Feugère 14c1, et a été découverte à la base de lacouche de scories ayant servi au remblayage du bâtiment. Ce type estparticulièrement bien daté de la fin du règne de Claude jusquau début du IIe siècle,soit entre 60 et 80/110. Il est particulièrement fréquent dans le troisième quart du Iersiècle. La troisième fibule enfin appartient au type Feugère 14b1b, dont lusage selimite principalement aux règnes de Tibère à Néron, avec de rares exemplaires au IIeet même au IIIe siècle. La céramique, quant à elle, constitue un ensemble cohérentdu troisième quart du Ier siècle (50-70 ap. J.-C.). Bien quelle soit peu abondante,elle comporte suffisamment déléments caractéristiques pour étayer cette positionchronologique : terra rubra, céramique vernissée dArgonne et terre sigillée (Drag.15/17 et 33a).Ces divers éléments nous poussent à placer loccupation de ce bâtiment 1 et doncde la phase 1 du site vers le milieu du Ier siècle jusquà la fin du troisième quart duIer siècle, ce qui correspond bien à une partie du matériel découvert dans les fosséspar Amphora. Sa destruction est à situer au plus tard dans le quatrième quart du Iersiècle. Ces dépôts du Ier siècle sont scellés par une épaisse couche de scories defer, vestiges dune activité de forge, bien nivelées. La phase 2Daprès J.-M. Doyen, la deuxième phase de construction sur le site se caractérisepar lédification dune série (?) de petits bâtiments en torchis au début du IIe siècle,sous le règne de Trajan (DOYEN J.-M., 1981b, p. 8). Le seul bâtiment décrit et dontun plan a été publié (IBID., pl. 3, 1 et DOYEN J.-M., 1987, p. 266-267) est très étroitet fort allongé (23,4 x 3,9 m), situé sous laile ouest de la villa proprement dite (courouverte, P6, extrémité ouest de P28 et 27, moitié ouest de P7-8). Ce bâtiment("bâtiment A" - DOYEN J.-M., 1981a, Treignes (Viroinval) : rapport préliminaire de lacampagne 1980. Bull. du Club Archéologique Amphora, 23, p. 36 et DOYEN J.-M.,1981b, pl. 3) est construit en torchis sur un soubassement de pierres sèches, detaille assez soignée. Il possède une seule pièce montrant un sol en chaux lissée etune toiture en tuiles portant souvent la marque "LCS" (DOYEN J.-M., 1987, p. 266).Ce bâtiment a probablement servi de forge, ou, de toute manière, a été lié à desactivités métallurgiques (présence dun bas-fourneau : "structure A"). Ces activitésont provoqué sa destruction par le feu (éléments de charpente calcinée dans toute lazone fouillée) dans le courant du IIe siècle (IBID., p. 267), ou avant la fin de celui-ci
  • (DOYEN J.-M., 1981a, p. 36). Il est à signaler que dans un article intermédiaire(DOYEN J.-M., 1981b, p. 8), J.-M. Doyen nous dit que cet ensemble fut démoli, maisquaucune trace de destruction na été relevée...Lors de la reprise des travaux par nos soins, les vestiges de ce bâtiment 2 avaientpresque complètement disparu. Nous nen avons retrouvé que deux tronçons du murouest, ainsi que quelques blocs épars du mur est, en P7-8 et au nord de celle-ci (fig.2). Un tronçon du mur nord était établi sur le remplissage dun des fossés de laphase 1, ce qui le rend de manière évidente postérieur à celle-ci. Aucun autreélément ne nous permet de confirmer ou dinfirmer la datation proposée pour sonédification, en labsence de tout matériel publié. En revanche, en fonction delanalyse provenant des données de la phase 3, la date de sa destruction noussemble à situer dans la première moitié du IIe siècle. La phase 3Selon J.-M. Doyen, le "bâtiment A" de la phase 2, fut, après sa destruction,rapidement reconstruit sur le même plan, quoique légèrement décalé vers lest, avecladjonction dun important massif à langle nord-ouest (DOYEN J.-M., 1987, p. 267).Les blocs de fondations apparaissaient beaucoup moins équarris que ceux de laphase précédente (IBID., p. 268). Dans un premier temps (DOYEN J.-M., 1981a, p.38), J.-M. Doyen considère que ce nouveau bâtiment a été démonté à la fin du IIesiècle. Dans la publication suivante (DOYEN J.-M., 1981b, p. 8-9), il parle dunedestruction par le feu, avec vestiges dune toiture effondrée (tuiles souvent marquées"LCS") mélangée aux fragments calcinés de la charpente, au plus tôt sous le règnedHadrien. Enfin, dans la publication la plus récente (DOYEN J.-M., 1987, p. 266), ilen revient à la première interprétation, cest-à-dire que la villa proprement dite a étéédifiée après que le bâtiment de la phase 3 a été soigneusement démonté et arasé àla fin du IIe ou au tout début du IIIe siècle en vue de la construction de la phase 4.Ces divergences dinterprétation sont probablement dues à une confusion temporairedes vestiges des phases 2 et 3.Nos propres recherches et découvertes nous poussent à corriger une partie de cetteinterprétation.Tout dabord, elles nous permettent daffirmer que le bâtiment 3 ne possède pas unplan semblable à celui du bâtiment 2 décrit par J.-M. Doyen, dont les vestigesretrouvés lors de nos propres recherches confirment le plan général.En effet, nous avons retrouvé, en toute certitude, plusieurs tronçons du mur ouest dece bâtiment 3, déjà partiellement dégagés par Amphora, mais surtout, une grandepartie des murs sud et est et un petit tronçon du mur nord, non encore dégagésauparavant. Loin dêtre allongé et étroit, le bâtiment 3, mesure 16,50 m de large surpresque 25 m de long (fig. 3).Ensuite, loin de présenter une assise de blocs de fondation moins bien équarris queceux de la phase 2, le bâtiment 3 présente une première assise de blocs assezréguliers, bien équarris sur 5 faces, surmontés par une assise de blocs plus gros, unpeu plus frustes, sur lesquels venaient sélever les murs en torchis (dont des
  • éléments ont été retrouvés en place), recouverts par endroits denduits peints(essentiellement blancs avec des lignes rouges, noires ou jaune orange).Enfin, nous confirmons la deuxième interprétation de J.-M. Doyen. Le bâtiment 3 a,de toute évidence, été détruit par un incendie violent : à lextérieur du bâtiment,comme cétait le cas pour le bâtiment 1, à une quarantaine de cm des assises defondation, les murs sont longés, à lest et à louest, par une épaisse ligne de tuilesdune quarantaine de cm de large, cassées et brûlées. De très nombreuses tuilesportent la marque datelier "LCS", et seulement celle-ci. Ceci suggère également unetoiture à deux pans, comme pour le bâtiment 1, mais cette fois-ci orientée nord-sud.Enfin, la date proposée en 1987 pour la destruction du bâtiment 3, vers la fin du IIeou le début du IIIe siècle, nous semble un peu trop récente et nous en revenons à lachronologie proposée en 1981 (DOYEN J.-M., 1981b, p. 9). En effet, à notre sens, siles ruines du bâtiment 3 ont été soigneusement arasées, cest, après sa destructionaccidentelle, pour préparer lédification de la villa. Le nivellement a été partiellementréalisé à laide des scories résultant des activités antérieures, qui viennent sappuyersur, et parfois recouvrir les maçonneries résiduelles, notamment celles de la phase3. Or, cette couche de scories, bien individualisée, a notamment livré au contact desa surface plusieurs fragments de terre sigillée Drag. 27 (formes du Ier et du IIesiècles), dont lutilisation ne semble pas dépasser la fin du règne dAntonin le Pieux(160 ap. J.-C.). J.-M. Doyen signale par ailleurs, dans cette même couche descories, un tesson dArgonne qui pourrait également remonter au règne dHadrien(117-138 ap. J.-C.) (DOYEN J.-M., 1981b, p. 9). Enfin, une partie du matérielcontemporain de la construction de la villa proprement dite (phase 4) semble assezclairement dater de la deuxième moitié du IIe siècle ou en tout cas du dernier quart.Il nous reste à signaler, sous les pièces P11-P12, un tronçon de mur de fondationest-ouest (bâtiment X), tout à fait semblable aux murs déjà décrits pour les phases 1à 3 (fig. 4). Labsence de tout contexte pour cette fondation ne nous permet pas de larattacher plus précisément à une de ces phases.