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  • 1. outes du GothiqueLe gothique, un styleeuropéen L’art gothique est le style qui prédomine enEurope du XIIIe au XVe siècle. Il fait suite au romanet précède la grande éclosion de la Renaissance.Considéré comme originaire d’Île-de-France – onl’appelait opus francigenum avant que Vasari nelui donne le nom qui lui est resté –, il évolue à par-tir des premiers monastères cisterciens et de la ba-silique de Saint-Denis (1144) vers les grandes ca-thédrales du gothique dans sa plénitude(Chartres, Paris, Reims, Cologne, Lyon, etc.) etvers le gothique flamboyant et perpendiculaire del’Angleterre. L’arc en ogive, avec son développement struc-tural, est un des éléments qui le caractérisent, ain-si que la croisée d’ogives, qui permet la construc-tion de structures de plus en plus complexes et enmême temps de plus en plus élancées. L’archi-tecture gothique, beaucoup plus riche que la ro-mane d’un point de vue plastique et expressif, estintéressante non seulement pour les solutions Lleida : le cloître de la Seu Vellaqu’elle apporte – arcs-boutants, contreforts, co-lonnes fasciculées, pinacles, gables, flèches, ro-saces, etc. –, mais aussi parce qu’elle rend pos-sibles de nouvelles conceptions de l’espace. L’art gothique en Catalogne La géographie du gothique Cet art surgit au moment de la consolidation de Le gothique catalan s’inscrit avec originalité dans le gothique méditerra- L’art gothique en Catalogne est représenté par un riche patrimoine quil’autorité royale et d’un certain relâchement des néen, dont l’esprit est sensiblement différent de celui qui inspire les pays plus s’étend sur tout le territoire, bien qu’à des degrés divers suivant les ré- au nord. Les traditionnels liens culturels et politiques de la Catalogne avec gions. D’abord, il y a lieu de distinguer la Catalunya Vella de la Catalunyaliens féodaux qui a pour conséquence la naissance l’Occitanie et quelques secteurs de l’Italie, ainsi que son rayonnement sur les Nova, différemment peuplées. La « Vieille-Catalogne » se trouve au nord,d’une nouvelle classe sociale spécifiquement ur- bords de la Méditerranée, qui atteint son point culminant au XIVe siècle, facili- sur l’itinéraire traditionnel qui mène à Aragon en passant par les plateauxbaine – la bourgeoisie – et le développement des tent les relations avec les principaux centres artistiques italiens et renforcent du centre. Là, la période d’installation sur le territoire coïncide pleinementinstances de gouvernement et d’administration l’identité du gothique catalan dans une aire culturelle où les valeurs du classi- avec l’époque de l’art roman, qui s’y implante avec force, alors que le go-– Parlements, conseils municipaux, corporations. cisme sont encore latentes. Tout à fait explicite en ce sens est l’éloge fait à thique n’y pénètre qu’à la fin du XIIIe siècle avec un style déjà nettementTout cela contribue à la croissance des villes et à l’Acropole d’Athènes en 1380 par le roi Pierre III le Cérémonieux, promoteur défini. En revanche, les grandes constructions de la « Nouvelle-une grande prospérité du commerce, décisives des grandes constructions gothiques (« le plus beau joyau qui soit au monde, Catalogne » commencent après la conquête chrétienne, qui s’achève aupour l’évolution du gothique. Dans le domaine reli- tel que tous les rois des Chrétiens réunis pourraient à peine en faire un de milieu du XIIe siècle ; c’est le moment de transition entre les deux styles,gieux, il coïncide avec les nouvelles formes de piété semblable »). Mais cela n’exclut pas que les rois se sentent attirés par les pendant lequel jouent un grand rôle l’ordre de Cîteaux et les ordres mili-populaire suscitées par les ordres mendiants ; dans fastes artistiques des cours de Paris et de Bourgogne, ni que se fasse sentir, taires.le domaine de la culture, avec la philosophie sco- au XVe siècle surtout, l’influence des Pays-Bas et du monde germanique.lastique et les grandes synthèses encyclopé- Il y a lieu ensuite d’opposer le monde urbain au monde rural. La crois-diques, avec la création des universités et le déve- Le gothique catalan participe donc pleinement des courants européens, sance et la prospérité des villes suscitent des reconstructions comme cel-loppement d’une culture urbaine qui aboutira à mais il le fait d’une façon originale et créative qui atteste la vitalité et l’essor de le de la cathédrale de Barcelone ou celle d’autres églises, et de nouvelles la société catalane en ce moment de plénitude. C’est peut-être dans l’archi-l’humanisme ; avec les écrits de Dante et de Ray- constructions civiles (marchés couverts, chantiers navals, hôtels de ville, tecture que l’originalité du gothique catalan est la plus évidente : sens desmond Lulle ; avec le monde de la cour et de la che- résidences royales) et militaires (murailles). L’arrivée des ordres mendiants proportions et pureté formelle, priorité donnée à l’espace plutôt qu’à la hau-valerie, enfin avec l’art lyrique des troubadours et – dominicains et franciscains – a pour conséquence l’installation de cou- teur, création de volumes compacts et intégration des éléments de structure,l’ars nova musical. vents dans les principales localités, notamment Vilafranca del Penedès, etc. Ce mouvement affecte non seulement la Catalogne proprement dite (en- Montblanc, Tortosa, Balaguer et Puigcerdà. Hors des villes, et à l’excep- globant la ville de Perpignan, qui conserve un beau patrimoine), mais il s’étend Le gothique trouve donc dans les villes le lieu tion de quelques églises mineures, le gothique est présent dans les aussi aux territoires de la couronne d’Aragon qui ont des liens politiques avecidéal pour son épanouissement. Et si la cathédrale grands monastères cisterciens, dans les grandes forteresses des tem- la Maison de Barcelone, et notamment à ceux où l’on parle le catalan comme pliers et des hospitaliers comme Miravet, Ulldecona ou Gardeny, dans lesen est le monument archétypique, cet art est éga- Valence ou les Baléares ; il touche même l’Aragon, la Sardaigne et Naples. châteaux ou les palais comme Vilassar de Dalt, Verdú, La Floresta,lement bien représenté dans les palais royaux, les Peratallada et autres, dans les hospices qui accueillent les voyageurs,châteaux et les résidences seigneuriales, les Pour ce qui est de la chronologie, on assiste, pendant le long passage du ro- dans les grandes demeures seigneuriales.sièges d’institutions et de corporations, les hôpi- man au gothique (XIIe-XIIIe s.) à une série de tentatives visant à surpasser les for-taux, les marchés couverts, les ponts, les mu- mules de l’art roman, tentatives différentes de celles du nord de la France et quirailles ainsi que dans la configuration urbaine. finiront par s’imposer comme modèles. Les premières manifestations du go- Les itinéraires que nous proposons ici suivent les grands axes de communi-Dans le domaine des arts plastiques, le gothique thique en sa plénitude ne font leur apparition que pendant la deuxième moitié du cation du pays et regroupent divers échantillons du vaste répertoire de l’artest, au début, étroitement lié à l’architecture XIIIe siècle, dans les domaines de l’architecture et de l’art plastique. À partir de gothique catalan ; les grands monuments, les visites détaillées dans les 1300 se manifeste une véritable fièvre de construction et de rénovation qui mène grandes villes ou les grands bourgs y alternent avec des constructions plus– sculptures de grandes façades, peintures mu- l’architecture à sa maturité. Dans le domaine des arts plastiques, et notamment modestes dont la valeur est souvent complétée par la beauté du paysage ourales –, mais très tôt commence la recherche de en peinture, le courant italianisant va au-delà du gothique linéaire et reste vivant, autres agréments. Vient ensuite une liste des musées les plus importants dul’expressivité individuelle et de la préciosité. Cette intense et fécond tout au long du XlVe siècle. Vers 1400 s’installe le gothique inter- pays qui contiennent un riche fonds d’art gothique. Seuls les principaux mo-recherche va se retrouver dans les retables peints national, qui s’enrichit, dans sa période finale, d’influences flamandes, germa- numents et les grands musées des villes ont des horaires de visite établis.et sculptés, les sépulcres, l’imagerie de la dévo- niques et italiennes. Profondément ancré en Catalogne, le gothique s’y manifeste Pour des raisons de sécurité, les églises sont souvent fermées hors destion, les chœurs, l’orfèvrerie, etc., qui constituent encore pendant une bonne partie du XVIe siècle par des tendances « gothici- heures de culte ; il faut alors en demander la clé à la mairie ou à quelque habi-un mobilier autonome en grande partie visible au- santes ». L’architecture, quant à elle, fera appel pendant plus longtemps encore à tant du village. C’est avec plaisir que les offices de tourisme vous aideront àjourd’hui dans les grands musées. des formules propres à l’art gothique. programmer vos visites.
  • 2. Barcelone Barcelone, l’une des gran- de la façade latérale du Palau de la Generalitat, siège du gouvernement autonome de des villes de la Méditerranée, Catalogne et bel échantillon du gothique civil catalan. On débouche ensuite sur la devient à partir du Moyen Plaça de Sant Jaume, centre politique de la ville et lieu de convergence des axes du Âge la capitale de la Cata- castrum romain. Avant de visiter l’hôtel de ville, il vaut la peine de faire un petit dé- logne grâce à la suprématie, tour vers le Carrer del Call, qui garde, avec les ruelles voisines, le souvenir du quartier dans l’ensemble des comtés juif médiéval. catalans, du comté qui porte Sur la Plaça de Sant Jaume, en face de la Generalitat, l’ hôtel de ville témoigne son nom. À son rôle poli- de la splendeur médiévale dans son Saló de Cent et sur sa façade latérale du Carrer tique vient s’ajouter un rôle de la Ciutat. Devant cette façade, le Carrer d’Hèrcules, allusion au mythique fon- économique grâce au grand dateur de Barcelone, mène à la petite Plaça de Sant Just toute proche : devant la re- développement de son com- marquable église gothique Sant Just i Pastor, il y a une belle fontaine du même merce, maritime surtout. À style et, à côté, l’ancien palais de la comtesse de Palamós, aujourd’hui siège de partir du XIIIe siècle, c’est le l’académie des belles lettres. Par le Carrer de la Dagueria et le Carrer de Jaume I, L’hôtel de ville lieu de résidence habituel des on arrive à la Plaça de l’Àngel, qui donne sur la Via Laietana, une artère pleine de rois de la confédération cata- vie et de circulation qui rompt un moment le charme de l’atmosphère médiévale. lano-aragonaise, qui s’ap- puient sur une oligarchie En face, le Carrer de la Princesa nous mène au Carrer de Montcada, l’un des en- droits les plus évocateurs de la vieille ville, avec ses palais qui sont de beaux échan- Principaux puissante de patriciens et de marchands pour mener à tillons du gothique catalan en partie réhabilités par la ville, et qui abritent le mu- sée Picasso, le musée du textile et de l’habillement, des boutiques et des galeries monuments bien une politique d’expan- d’art. sion. Au XIVe siècle, la ville Le Carrer de Montcada, avec au bout la plus étroite ruelle de Barcelone, le Casa de la Ciutat (Plaça de Sant est déjà une forte puissance Carrer de les Mosques, débouche devant l’abside de l’église Santa Maria del Mar, Jaume). L’actuel hôtel de ville conser-Le Missel de Sant Cugat (1400) méditerranéenne, et va le qui est peut-être le monument le plus admiré de tout le gothique catalan pour la ve un grand nombre d’éléments du rester tout au long du beauté et l’harmonie de ses proportions. On l’appelle la « cathédrale de La bâtiment construit à partir de 1370, XVe siècle, malgré les grandes Ribera », L’ancien quartier maritime. Par le Carrer de l’Espaseria, on arrive à la auquel se sont ajoutés de nouveauxcrises sociales et politiques. Plaça de Palau, où se trouve une remarquable fontaine dédiée au Génie catalan, corps de bâtiment, en particulier pen- Ce moment d’apogée de Barcelone coïncide avec la période de plénitude de l’art go- devant le port et devant le quartier populaire de La Barceloneta. À droite s’élève la dant les XIXe et XXe siècles. La façadethique, ce qui explique la richesse de son patrimoine gothique. La vitalité de la ville remarquable Llotja, construction gothique recouverte d’une façade néoclassique ; principale d’origine, qui donne sur leprovoque – comme dans le reste de la Catalogne, mais ici avec plus de force – la réno- après avoir fait office de halle, ce bâtiment abrita la Bourse de Barcelone jusqu’à Carrer de la Ciutat, est d’Arnau Bar-vation de la cathédrale romane, de nombreuses églises de quartiers et de faubourgs, récemment. gués (1400-1402) : on y remarque desd’anciens palais, résidences ou hôpitaux, le tracé de nouvelles murailles, la construc- Du côté ouest de la Llotja, se trouve la Plaça d’Antoni López et l’itinéraire conti- vitraux, le grand portail surmontétion de nouveaux bâtiments (hôtel de ville, délégation permanente du Parlement) et nue ensuite par le Passeig de Colom. Cette large avenue longe le port. Elle est bor- d’une archivolte et de belles sculp-celle de nouveaux couvents dont les congrégations sont attirées par la prospérité barce- dée de palmiers du côté de la mer, en suivant l’ancien Moll de la Fusta (« quai du tures décoratives, notamment un ar-lonaise. bois ») ; ce quai délimite la partie du port qui accueille les embarcations de plai- change que l’on attribue à Pere Ce patrimoine est concentré à l’intérieur des anciennes murailles démolies lors d’un sance. Il faut ensuite, à mi-chemin, traverser l’avenue pour pénétrer dans le vieux Sanglada. À l’étage noble, se trouve lanouveau mouvement d’expansion économique et démographique au milieu du quartier jusqu’au Carrer Ample, où se trouve l’église baroque de La Mercè qui pièce la plus ancienne, le Saló deXIXe siècle ; il s’agit de la Ciutat Vella (ou vieille ville) où se trouvent les grands monu- abrite la belle statue gothique de la Vierge de ce nom, patronne de la ville. Cent, réalisé par l’architecte Perements, et qui conserve en partie son caractère médiéval dans le dédale de ses vieilles Le Passeig de Colom donne sur la Plaça de la Porta de la Pau : c’est une véritable Llobet, où se réunissait le Consell de Cent, assemblée générale du gouver-ruelles. Le quartier qui entoure la cathédrale, où se trouvent les principaux bâtiments entrée maritime de Barcelone où se dresse la haute colonne qui soutient la statue de nement municipal. Ce salon rappelleà caractère institutionnel, reçoit précisément le nom de Barri Gòtic (ou quartier go- Christophe Colomb, l’un des monuments marquants de la ville. C’est là aussi celui du Tinell, avec ses arcs en pleinthique) ; toutefois, ce nom n’est pas très approprié car il recouvre en réalité toute l’an- qu’aboutit la Rambla. Sur le côté ouest de la place, on trouve l’imposant bâtiment des cintre surmontés d’un plafond de boiscienne ville romaine, dont on trouve de nombreux vestiges, et les constructions go- Drassanes (anciennement chantiers navals), constitué de vastes et élégantes salles go- à caissons. C’est de l’ancienne cha-thiques ne se limitent pas à ce quartier mais s’étendent au contraire dans toute la vieille thiques qui témoignent de la puissance de la marine catalane au Moyen Âge. Elles pelle que provient le retable dit desville (basilique Santa Maria del Mar, chantiers navals des Drassanes, halles de la renferment aujourd’hui l’intéressant musée maritime. La façade qui donne sur Conseillers, chef-d’œuvre de LluísLlotja, etc.) l’Avinguda del Paral·lel est prolongée par une partie restaurée des murailles du Dalmau (1444-1445), conservé actuel- Le meilleur itinéraire pour visiter les principaux monuments gothiques de XIVe siècle. lement au MNAC.Barcelone pourrait démarrer sur la Rambla, au Pla de l’Ós (ou Pla de la Nous revenons au Pla de l’Ós, d’où nous étions partis, en remontant la Rambla,Boqueria), là où débouchent le Carrer de Sant Pau, le Carrer de l’Hospital, le la promenade la plus fréquentée et la plus célèbre de Barcelone, toujours animée, Cases dels Canonges (Carrer delCarrer de la Boqueria et le Carrer del Cardenal Casañas. Par cette dernière rue en jalonnée de nombreuses curiosités, dont les kiosques de fleurs et d’animaux. Deux Bisbe). Ensemble de maisons go-pente douce, on arrive bientôt à la Plaça del Pi, à l’ombre de l’église d’ El Pi avec sa bâtiments tout proches méritent une visite : l’ensemble magnifique de ce qui fut thiques, restaurées à l’époque moder-grande rosace. De la Plaça de Sant Josep Oriol, où se trouve le monument au dra- l’ hôpital de la Santa Creu, de construction gothique avec des éléments plus ré- ne qui se trouvent derrière la cathé-maturge Àngel Guimerà, on prend l’étroit et sinueux Carrer de la Palla, jalonné de cents, dont les belles salles abritent aujourd’hui la Bibliothèque de Catalogne et, au drale ; c’est là que résidaient lesboutiques d’antiquaires et de bouquinistes, jusqu’à la Plaça Nova. Sur cette place bout de la Rambla, juste avant d’arriver à la Plaça de Catalunya sur la droite, chanoines. Le passage suspendu quis’achève la large Avinguda de la Catedral où l’on peut encore voir l’entrée de l’une l’ancienne église collégiale Santa Anna, œuvre de transition du roman au go- les unit au Palau de la Generalitat estdes principales portes de l’ancienne ville, protégée par deux tours cylindriques mé- thique, située dans un étonnant petit espace clos, calme et surprenant, où se trouve une œuvre néogothique. Aujourd’hui,diévales qui s’élèvent sur une muraille romaine, à côté du Palau del Bisbe et devant une croix monumentale. c’est la résidence officielle du prési-le moderne siège de l’ordre des architectes, dont la façade est ornée d’un sgraffite La visite de la vieille ville est terminée, mais il reste encore quelques monuments dent de la Generalitat de Catalunya, ledessiné par Picasso. à voir qui font partie du gothique de Barcelone. Dans l’Eixample, un quartier gouvernement autonome. Toujours sur cette avenue, qui nous montre d’autres vestiges de murailles ro- construit selon le plan Cerdà après la destruction des murailles, pendant la secondemaines, nous arrivons au parvis, qui donne sur le Pla de la Seu, devant la porte moitié du XIXe siècle, se trouvent deux églises gothiques déplacées pierre à pierre Cathédrale (Pla de la Seu). Cette ca-principale de la cathédrale. Là se trouve la belle construction gothique de la Pia afin de les sauver de la démolition obligatoire pour des raisons d’urbanisme : l’égli- thédrale, dont la construction fut entre-Almoina. La visite approfondie du vaste et majestueux siège épiscopal peut prendre se de la Concepció, Carrer d’Aragó, entre le Carrer de Bruc et le Carrer de Llúria, prise en 1298, a remplacé l’église ro-fin à la porte de Sant Iu, qui donne sur le Carrer dels Comtes de Barcelona ; cette et celle de Montsió, sur la Rambla de Catalunya, qui contrastent avec les im- mane antérieure, elle-même bâtie surrue passe devant le Palau del Lloctinent, qui renferma longtemps les archives de la meubles modernistes (Art nouveau) qui les entourent. l’emplacement de la première cathé-couronne d’Aragon. Elle rejoint, par la Baixada de Santa Clara, la très belle et Plus loin, dans un quartier aujourd’hui résidentiel qui faisait partie de l’ancien- drale, paléochrétienne. On ne connaîtévocatrice Plaça del Rei, délimitée par le Palau Reial Major, au gothique splendi- ne commune de Sarrià avant son rattachement à Barcelone en 1921, se trouve le pas l’auteur du plan initial, mais on saitde, et sa chapelle de Santa Àgata, monument qu’il faut absolument visiter avant monastère de Pedralbes, très bel ensemble architectural entouré de murailles, qui qu’au XIVe siècle, les maîtres maçonsde voir le musée d’histoire dans l’ancienne Casa Padellàs, de style gothique tardif. abrite une communauté de clarisses. Il s’y trouve de remarquables peintures et en furent Jaume Fabré (venu de De nouveau sur la Baixada de Santa Clara mais en sens contraire, on rejoint le sculptures de l’époque. Plus loin encore, en suivant la côte est de Barcelone, on trou- Majorque), Bernat Roca et ArnauCarrer de la Pietat, qui longe l’abside de la cathédrale ; on peut contempler dans cette ve l’importante ville de Badalona avec, en dehors, l’ancien monastère de Sant Bargués. Elle comprend trois nefs, unrue les Cases dels Canonges restaurées, avant d’arriver au Carrer del Bisbe, le long Jeroni de la Murtra, remarquable exemple de gothique tardif qui mérite le détour. déambulatoire, des chapelles séparées par les contreforts, et deux croisillons qui forment un début de transept. À l’extérieur, deux tours octogonales marquent les extrémités du transept. La flèche qui s’élève aux pieds de la nef et la façade principale ont été construites à partir de 1885, sur un dessin de maître Carlí datant de 1408. Sont dignes d’intérêt les portes de Sant Iu, de La Pietat, avec un relief (1483-1490) de Michael Lochner, de Santa Eulàlia (avec une statue d’Antoni Claperós du milieu du XVe s.) et de la chapelle de Santa Llúcia, attenante auLa cathédrale L’église d’El Pi Le monastère de Pedralbes Le Carrer de la Pietat cloître. Ce dernier a été construit en
  • 3. 3L’intérieur de la cathédrale Cathédrale : siège dit Cadira del Rei Martíplusieurs étapes jusqu’au milieu du (1445-1452). Dans la sacristie sont nale, chapelles séparées par les de nouvelles constructions comme le à l’architecte Pere Arvei : une série deXVe siècle ; on y remarque les grilles en conservés, entre autres pièces d’orfè- contreforts, harmonieuses galeries pavillon des convalescents baroque grands arcs en plein cintre sur desfer forgé des chapelles et les clefs de vrerie, un ostensoir processionnel sur dans le cloître, avec des arcades et (XVIIe s.) et le collège de chirurgie néo- colonnes polylobées soutiennent levoûte, notamment celle du lavabo, un siège d’argent dit Cadira del Rei des chapiteaux et colonnes issus des classique (XVIIIe s.), devenu l’académie plafond de bois. Outre les activitésœuvre d’Antoni Claperós (1448) qui re- Martí, deux pièces exceptionnelles ateliers de Gérone, le tout remontant de médecine. Au début du XXe siècle, commerciales auxquelles elle étaitprésente saint Georges. qui remontent à 1400 environ. Parmi au début du XVe siècle. l’hôpital a été transféré dans le bâti- destinée, cette vaste halle a accueilliÀ l’intérieur des nefs, la lumière est les pièces qui sont conservées au pe- ment moderniste de Domènech i Mon- nombre de fêtes et de spectacles. Entamisée grâce à la disposition en re- tit musée capitulaire, on remarque La Les Drassanes (Passeig de Josep taner, dit hôpital de Sant Pau. L’ancien 1971 a été découverte une autre salletrait des vitraux (seuls ceux du chevet Pietat (1490), une peinture de Carner). Chantiers navals du Moyen hôpital abrite aujourd’hui la Biblio- gothique, la Sala dels Cònsols.donnent une lumière directe). Les Bartolomé Bermejo d’un réalisme ex- Âge qui constituent, avec la toute thèque de Catalogne et d’autres insti-stalles du chœur sont en bois (importé traordinaire, faite pour l’archidiacre proche Llotja, un témoignage excep- tutions culturelles et académiques. La La Mercè (Plaça de la Mercè). Églisedes Pays-Bas) sculpté travaillé de fa- Lluís Desplà, qui y figure. Devant le tionnel de l’importance du commerce traditionnelle foire de la Sant Ponç, qui baroque de l’ancien couvent des frèresçon extraordinaire, œuvre en grande cloître se trouve la Casa de l’Ardiaca, maritime et de la marine de Catalogne a lieu dans le Carrer de l’Hospital, est de la Merci (ordre fondé à Barcelone enpartie de Pere Sanglada à partir de construite sur la muraille romaine et pendant cette période. Ce sont les un souvenir vivant des anciens ven- 1218 du temps de Jacques Ier) qui a1394. La crypte de Santa Eulàlia, sous restaurée par l’archidiacre Desplà lui- plus grands arsenaux médiévaux du deurs d’herbes médicinales. remplacé une autre église gothique. Onle maître-autel, contient un magni- même. monde et les seuls à être aussi bien y vénère la Mare de Déu de la Mercè,fique sépulcre d’albâtre sculpté en conservés. Les bâtiments furent re- La Llotja (Plaça d’Antoni López). patronne de Barcelone, une belle1327 par le maître pisan Lupo di La Concepció (Carrer d’Aragó 305). construits au XIVe siècle, à l’apogée Ancienne bourse de commerce des Vierge gothique (1360-1370) en bois,Francesco. D’autres éléments sont Paroisse de l’Eixample, un quartier qui de l’essor maritime de la Catalogne marchands de Barcelone. L’édifice, restaurée, attribuée au sculpteur et or-également dignes d’intérêt : le sépul- s’est formé hors des anciennes mu- sur le pourtour de la Méditerranée. qui se trouve devant le port, remonte fèvre Pere Moragues.cre de saint Raymond de Penyafort railles, à partir de la seconde moitié du L’architecture en est simple et fonc- au XIVe siècle, moment du plus grand(XIVe s.), et celui de l’évêque saint XIXe siècle. L’église et le cloître sont tionnelle : de longues nefs parallèles essor du commerce catalan en Carrer de Montcada. Rue de l’ancienOleguer, œuvre de Pere Sanglada ceux de l’ancien monastère féminin orientées face à la mer, avec des arcs Méditerranée, et on l’a reconstruit à la quartier de La Vilanova de la Mar, ou-(1406) située dans l’ancienne salle ca- de Santa Maria de Jonqueres, situé diaphragme soutenant le toit. Elles fin du XVIIIe siècle, en style néoclas- verte au XIIe siècle, quand un noble depitulaire, œuvre de l’architecte Arnau Carrer de Jonqueres, désaffecté en abritent le musée maritime, où l’on sique, tout en respectant les cons- la famille Montcada obtint l’autorisa-Bargués ; les retables peints de saint 1835, et reconstitué pierre par pierre, peut voir une reproduction, construite tructions gothiques de l’intérieur. Peu tion d’y construire. Son tracé rectiligneGabriel, premier travail de Lluís entre 1871 et 1888, sur son emplace- sur place, de la galère de Jean après 1350 commencent les travaux contraste avec celui des autres rues duBorrassà, celui de saint Ambroise et ment actuel. Hormis quelques petites d’Autriche qui participa à la bataille de sous la direction du maître Pere Llo- quartier. Aux XIVe et XVe siècles, desaint Martin, de Joan Mates (1411- adaptations et modifications, l’en- Lépante (1571). bet, et c’est en 1392 que s’achève la puissantes familles de la noblesse y1414), et celui de la Transfiguration, semble répond à l’œuvre gothique : Adossé à ce monument subsiste grande Sala de Contractacions habitaient dans de beaux palais (cebelle œuvre de Bernat Martorell église à une seule nef, abside polygo- une partie des anciennes murailles de (chambre du commerce) que l’on doit mot ayant ici le sens d’hôtel particulier) Barcelone, avec une tour carrée et la porte de Santa Madrona ou de La Drassana. Ces murailles correspon- dent à la troisième enceinte fortifiée de la ville (la première était romaine, et la seconde, qui remonte au XIIIe siècle, longeait la Rambla) qui entourait les anciens faubourgs, construite sur ordre de Pierre III le Cérémonieux, pendant la seconde moitié du XIVe siècle. Ce sont les seuls vestiges des murailles médiévales, démolies en 1854 pour faciliter l’expansion de la ville. Hôpital de la Santa Creu (Carrer de l’Hospital). Ancien hôpital de Barce- lone, créé en 1401 par le Consell de Cent afin de réunir les hôpitaux exis- tants. Construit selon le schéma habi- tuel, il se compose de plusieurs bâti- ments disposés autour d’une cour centrale dont les arcades rappellent celles d’un cloître. Les étages se com- posent de salles très vastes dont le plafond de bois est soutenu par des arcs diaphragme. Plus tard, s’y sontCathédrale : détail du retable de la Transfiguration, de Bernat Martorell ajoutés des éléments Renaissance et Carrer de Montcada : le Palau Aguilar (musée Picasso)
  • 4. 4Palau Reial Major : le Saló del Tinellqui existent encore et dont certains ont dite Diputació del General ou corps qui donne sur la Plaça de Santété transformés en musées. Ils présen- Generalitat, était devenue un organis- Jaume a été construit à la fin dutent en général la structure caractéris- me fixe et avait besoin d’un siège. À XVIe siècle en style Renaissance.tique du gothique civil catalan : sur la l’origine, c’est l’architecte Marcfaçade, un grand portail à voussoirs, Safont qui dirige les travaux. Il est Palau Reial Major (Plaça del Rei).des fenêtres à meneaux, une tour ou l’auteur de la façade (d’origine) située Ensemble de monuments adossés à lamirador, une cour avec l’escalier qui Carrer del Bisbe, remarquablement muraille romaine, ancienne résidencemonte à l’étage, souvent entourée de décorée en 1418 par le jeune sculp- des rois de la couronne catalano-ara-galeries à arcades. C’est dans le Palau teur Pere Joan, à qui l’on doit le splen- gonaise. Les principaux éléments quiAguilar, bel édifice du XVe siècle, d’où dide médaillon de Sant Jordi (repré- subsistent sont la chapelle de Santaproviennent des peintures antérieures sentant saint Georges), l’escalier Àgata et le Saló del Tinell. C’est en(1280) d’un gothique linéaire sur le thè- d’accès à l’étage avec une galerie de 1302 que l’on commence à construire Drassanes : le musée maritimeme de la conquête de Majorque, colonnes d’une élégance extraordi- la chapelle sur ordre de Jacques II, etconservées au MNAC, et dans le Palau naire et la chapelle de Sant Jordi, dont les travaux sont dirigés par Bertran C’est encore Pierre III qui fit construire Sur la Plaça del Rei se trouvent aussidel Baró de Castellet (XVe s.), contigu, la façade est décorée de subtils entre- Riquer. La structure en est très simple : le Saló del Tinell, la grande salle (1359), la Casa Padellàs, de style gothiqueque se trouvent la plupart des salles du lacs d’un gothique flamboyant (1427- une seule nef avec abside polygonale, sous la direction de Guillem Carbonell. tardif et restaurée plus tard, siège dumusée Picasso. Le Palau dels Mar- 1434). Le palais possède des orne- couverte d’un riche plafond à caissons, Et nous savons que la première pierre musée d’histoire de la ville, et le Palauquesos de Llió (XIIIe -XIVe s., restauré) ments et des trésors remarquables, sur des arcs diaphragme. Les cha- fut posée après consultation des astro- del Lloctinent (XVIe s.), qui abrita long-abrite le musée du textile et de l’ha- tels une statuette de Sant Jordi en ar- pelles latérales remontent au temps de logues par le roi, qui choisit une date temps les archives de la couronnebillement. Le Palau Dalmases, chef- gent (1420-1430) et diverses brode- Pierre III le Cérémonieux et de Martin Ier propice. Cette vaste salle, lieu de fêtes d’Aragon. Par la petite Plaça de Santd’œuvre baroque (XVIIe s.) conserve ries du XVe siècle, notamment le de- l’Humain. Dans cette chapelle est et cérémonies, est formée de six arcs Iu, on entre dans ce qui fut le jardin duune chapelle gothique (XVe s.) qui pré- vant d’autel de Sant Jordi, d’Antoni conservé le retable du Connétable. Ce diaphragmes qui soutiennent la toiture. palais royal, un coin calme et ac-sente une voûte décorée de sculptures Sadurní (vers 1450). Le Pati dels retable (1464-1465), l’une des plus On y conserve des fragments de pein- cueillant d’où l’on accède au muséereprésentant des anges musiciens. Le Tarongers (cour des orangers), entou- belles pièces de Jaume Huguet, fut tures de style gothique linéaire (fin du Marès, qui occupe quelques dépen-Palau dels Cervelló abrite une grande ré d’une impressionnante gale- réalisé pendant la guerre civile contre XIIIe s.) qui représentent des épisodes dances du palais et abrite un richegalerie d’art. rie ornée de gargouilles, date du Jean II, sur commande du connétable de la conquête de Majorque par fonds médiéval. XVIe siècle, où des travaux d’agran- Pierre de Portugal, alors roi de Jacques Ier. La grande tour appelée àMontsió (Rambla de Catalunya, 117). dissement furent réalisés, toujours Catalogne, que l’on a identifié comme tort Mirador del Rei Martí remonte au Pedralbes (Plaça del Monestir). Mo-Église paroissiale de l’Eixample. Com- dans le style gothique. Le nouveau le roi sans barbe du tableau central. XVIe siècle. nastère de Santa Maria de Pedralbes, fondé en 1326 par la reine Elisenda de Montcada, troisième femme de Jac- ques II. Ce monastère a toujours eu une vie communautaire, et il est occu- pé aujourd’hui par les clarisses. La construction de l’église, du cloître et des dépendances fut rapide, le résul- tat étant un ensemble d’une grande unité de style qui constitue l’un des meilleurs exemples de l’essor de l’ar- chitecture gothique catalane sous Jacques II. L’église, d’une grande sim- plicité de lignes, se compose d’une seule nef, avec des chapelles entre les contreforts et un chevet polygonal.Palau de la Generalitat : le Sant Jordi de Pere Joan Dans le sanctuaire, à droite du maître- autel, se trouve le sépulcre d’Elisendame celle de La Concepció, elle corres- de Montcada, retirée au monastère àpond à un monastère de la vieille ville, la mort du roi. C’est une magnifiqueen l’occurrence celui des religieuses sculpture, avec d’un côté la reine dansdominicaines de Santa Maria de ses vêtements royaux et, de l’autreMontsió, situé Carrer de Montsió et côté, qui donne sur le cloître, la reinedéplacé pierre par pierre (entre 1882 gisante dans les habits religieux. Leet 1888) suite à la réhabilitation du cloître est grandiose : les colonnes etquartier, qui exigeait sa démolition. les chapiteaux des deux premiersL’église et le cloître, beaux échan- étages d’arcades proviennent des ate-tillons du gothique des XIVe et liers spécialisés de Gérone. La salleXVe siècles, ont servi de monastère capitulaire forme un bâtiment indépen-jusqu’en 1947, quand la communauté dant, construit en 1416 par Guillems’est installée à Esplugues de Llo- Abiell. S’ouvre également sur le cloîtrebregat, emportant le cloître. L’église la chapelle de Sant Miquel, petit ora-est devenue église paroissiale. toire décoré de peintures de Ferrer Bassa (1343-1346), de style italien, quiPalau de la Generalitat (Plaça de constitue un espace plein de raffine-Sant Jaume). Siège de la principale ment et de beauté. Le monastère estinstitution de gouvernement de la entouré de murailles. Ouvert au publicCatalogne, ensemble de bâtiments lorsqu’une partie de la collection Thys-qui constitue l’un des meilleurs sen-Bornemisza (actuellement auexemples du gothique civil catalan et MNAC) y fut hébergée, ce monastèrequi comporte des éléments Renais- est désormais un musée.sance intéressants. Sa constructionremonte au début du XVe siècle : la El Pi (Plaça del Pi). Il s’agit de l’unedélégation permanente du Parlement, Palau de la Generalitat : la galerie de colonnes des églises les plus anciennes de
  • 5. 5Santa Maria del Mar : l’intérieur de la basilique Santa Anna : le cloîtreBarcelone, aussi appelée Santa Maria Sant Just (Plaça de Sant Just). Église malgré la proximité de la Plaça dedels Reis, et elle constitue, avec son dédiée à saint Juste et à saint Pasteur. Catalunya, elle conserve un certainclocher, une image caractéristique de L’essentiel en fut construit entre 1342 air secret. La partie la plus anciennela ville gothique. Les habitants de ce et 1360, sur l’emplacement d’une date du XIIe siècle, mais le reste dequartier commerçant très vivant en- église antérieure, avec l’intervention l’église remonte au XIIIe siècle, mo-treprirent la construction d’une nou- du maître maçon Bernat Roca, qui tra- ment de transition du roman au go-velle église vers 1305, sous la protec- vailla également à la construction de thique. Sont pleinement gothiquestion du roi, pendant la période la cathédrale. Elle se compose d’une (XIVe et XVe s.) la porte et le cloître,d’euphorie économique et de réamé- seule nef avec une abside polygonale ainsi que la salle capitulaire et di-nagement urbain qui prit fin en 1391. et des chapelles entre les contreforts verses chapelles.Elle se compose d’une seule nef, de suivant le modèle du gothiquechapelles entre les contreforts et d’un catalan ; l’autel, dédié à saint Félix, Santa Maria del Mar (Plaça de Santamagnifique clocher octogonal annexe conserve l’ancien privilège du testa- Maria). Église du quartier de La(fin du XIVe s.). Une grande rosace ment sacramentel. Ce vieux quartier, Ribera. C’est l’un des plus beauxsemblable à celle de Sant Cugat qui était habité par des nobles et des échantillons de l’architecture gothiques’ouvre sur la façade, dont la porte a artisans, conserve une fontaine go- catalane, dont l’apparente simplicitéde nombreux points communs avec thique commandée par les Fiveller en dans la structure est obtenue par l’in-celle de Sant Iu (à la cathédrale). La 1367, et le palais de la comtesse de tégration de tous les éléments et parcorporation des revendeurs (dont le Palamós, avec une belle cour et des la beauté et l’harmonie des propor-siège se trouvait sur la Plaça del Pi) éléments des XIIIe et XIVe siècles, qui tions. C’était le cœur de l’ancien fau-avait commandé en 1455 à Jaume est aujourd’hui le siège de l’académie bourg de La Vilanova de la Mar, unHuguet un retable pour sa chapelle, des belles lettres. quartier proche du port où cohabi-lequel se trouve actuellement au taient gens de la mer, portefaix et por-MNAC. Santa Anna (Carrer de Santa Anna). teurs et marchands, nobles du Carrer Église d’un ancien monastère de de Montcada et artisans (les différentsLa Pia Almoina (Pla de la Seu). l’ordre militaire du Saint-Sépulcre, métiers donnèrent leur nom aux ruesBâtiment datant du XVe siècle, qui fut plus tard église collégiale. Elle était du quartier). Non loin, sur la Plaça delle siège de l’institution de bienfaisan- située à l’extrémité de l’ancienne en- Born avaient lieu des fêtes, des foiresce dite la Pia Almoina, où venaient ceinte fortifiée, mais elle se trouve et des tournois. Les habitants firentmanger tous les jours les pauvres de aujourd’hui en plein centre ville et, construire une nouvelle église surBarcelone. C’est de là que provient le Église de La Mercè : la Vierge de La Mercè l’emplacement de l’antérieure etretable de saint Sébastien, de Joan confièrent les travaux aux architectesMates (1417-1418), aujourd’hui au Berenguer de Montagut et RamonMNAC. Il abrite aujourd’hui le musée Despuig. La première pierre fut poséediocésain de Barcelone. en 1329, et la dernière voûte terminée en 1383. L’église se compose de troisSant Jeroni de la Murtra (Camí de nefs, un déambulatoire et des cha-Sant Jeroni, Badalona). Ancien mo- pelles entre les contreforts. On re-nastère de hiéronymites, situé dans marque à l’extérieur la perspective deune vallée au pied d’une colline, dans l’abside polygonale et un beau portailla commune de Badalona. Fondé en sur la façade flanquée de deux tours1416, il jouissait de la protection roya- octogonales ; la grande rosace, refaitele, notamment de celle de Jean II et de après le tremblement de terre deFerdinand II ; l’empereur Charles- 1428, conserve des restes des vitrauxQuint et le roi Philippe II y firent des gothiques. L’intérieur est un grand es-séjours. Après la sécularisation de pace rendu diaphane par la finesse1835 commence une époque d’aban- des éléments de support (piliers octo-don et de ruine. Il reste un beau cloître gonaux) et par les proportions trèsorné d’un grand myrte (« murtra »). étudiées de tous les éléments : la lar-D’un gothique tardif (maître Jaume geur de la nef centrale est le doubleAlfonso y travaillait vers 1475), il est de celle des nefs latérales, la hauteurformé d’une alternance de gros piliers de celles-ci équivaut à la largeur totaleet de fines colonnes de pierre de de l’église, etc. La sobriété de l’archi-Gérone, et comporte une belle déco- tecture fait ressortir les formes et lesration sculptée (clefs de voûte, volumes compacts et simples de ceconsoles). La fontaine centrale est go- chef-d’œuvre restauré après la guerrethicisante (1573). L’église, très déla- civile de 1936-1939. On y conserve labrée, avait une structure gothique et dalle du sépulcre du connétable Pierredes éléments Renaissance. Monastère de Pedralbes : peintures de Ferrer Bassa de Portugal.
  • 6. Du Maresme aux Pyrénées par la Selva, le Vallès et Osona C’est sans doute le te végétation. Plus loin, à Ripoll, l’imposante présence romane du monastère ne plus long des itiné- peut faire oublier les remarquables galeries gothiques du cloître. Depuis Ripoll, raires que nous pro- deux intéressants prolongements de l’itinéraire sont possibles. La première option posons. Depuis Bar- commence par une visite à Sant Joan de les Abadesses, où l’on peut admirer un celone et les terres cloître exceptionnel et de beaux retables dans le monastère. Par un paysage tout à côtières du Ma- fait pyrénéen, composé de verts spongieux et brillants, nous arrivons à resme, il rejoint la Camprodon, où la silhouette familière du Pont Nou s’accompagne d’autres Cerdagne et l’Urge- échantillons gothiques et de belles villas modernistes. Une promenade s’impose llet, au cœur des alors, par un chemin pittoresque, au petit village caché de Beget, où l’on trouvera Pyrénées. Une partie une exceptionnelle église romane et un retable du XIVe siècle dans un charmant de cet itinéraire peut ensemble fait de balcons, d’auvents et de petits ponts entourés du murmure des être considérée com- eaux. me facultative, bien La deuxième option à partir de Ripoll est celle qui remonte la vallée du Freser, Bellver de Cerdanya que vivement re- par la N-152, et passe par le col de Toses. Une vue panoramique s’offre à nous sur commandée. cette plaine fertile entourée de hautes cimes souvent enneigées qu’est la Cerdagne. Le long de la Au retour, Alp, une belle cité de villégiature, nous offre dans son église une remar- Principaux chaude et lumineuse quable peinture murale gothique. Mais c’est à Puigcerdà, le plus gros bourg deLe Missel de Sant Cugat (1400) façade littorale du Maresme et de la Cerdagne, qui trône dans la vallée, que l’on peut admirer un merveilleux exemple du gothique, l’église Sant Domènec, avec son clocher octogonal, avant monumentssuccession d’agglomérations qui lui donnent vie, on arrive, sur les rives de la d’aller goûter le calme du lac et contempler, depuis le belvédère d’El Mirador, le Alp. Village de la Cerdagne, centreTordera, aux monts couronnés par les imposantes ruines du château de Palafolls. Segre qui coule au milieu des prés et va se perdre au loin par le « Forat de la résidentiel aujourd’hui connu sur-Comme un vaisseau, il fait face à l’active plaine maritime. Sur la côte est de cette Seu ». tout grâce au stations de ski de Laplaine se trouve Blanes, une station balnéaire qui offre de remarquables échan- Il faut aussi visiter, tout près de Puigcerdà, Llívia et ses remarquables monu- Molina et Masella. Dans l’église, ontillons de l’art gothique. Vers l’est encore, on longe l’une des plus belles parties de ments gothiques ; puis continuer à l’ouest, faire une pause à l’église paroissiale de peut voir une fresque représentantla Costa Brava avec Lloret de Mar et les merveilleuses criques de Sant Francesc et Bellver de Cerdanya, avant d’aller à La Seu d’Urgell, qui nous offre divers mo- saint Christophe qui remonte àSanta Cristina. On arrive alors à la pittoresque Tossa de Mar, dont le vieux numents gothiques et où un air médiéval vient se superposer, surtout dans le 1300.quartier est entouré de tours et de murailles médiévales d’où l’on peut contempler Carrer Major, aux bruits multicolores du marché hebdomadaire. On peut com-le bleu infini de la Méditerranée. pléter la visite à la capitale de l’Alt Urgell en faisant un tour à Castellbò, un peu L’Ametlla del Vallès. Localité rési- Puis vers l’intérieur, on remonte la Tordera pour arriver à Hostalric, une ag- plus à l’ouest, pour y voir l’église Santa Maria et d’autres éléments gothiques inté- dentielle, composée de maisons etglomération flanquée de tours, entourée de murailles, qui s’étend sur un sommet ressants. de villas modernistes (ou Art nou-au milieu de la vallée, comme pour surveiller le vaste passage vers le couloir pré- Le retour de Ripoll à Barcelone se fait par la C-17. À Sant Quirze de Besora, veau) ou d’architecture contempo-littoral. Non loin de là, on trouvera encore des vestiges gothiques à Breda (bourg une route sur la droite nous mène au petit village de Lluçà, où le monastère, un raine. Le Mas Draper était l’un desspécialisé dans la poterie et la céramique), près du col de N’Orri, où l’itinéraire joyau de l’art roman, contient de remarquables peintures gothiques. Puis, par plus importants du canton, commeamorce une côte qui aboutit près du sommet sur lequel se trouvent les ruines du un long chemin qui passe par Prats de Lluçanès et Avinyó et se dirige ensuite en témoigne son architecture (enchâteau de Montsoriu. On ne peut qu’arriver à pied à cette forteresse désolée, vers l’est, nous arrivons au monastère roman de L’Estany qui garde d’intéres- grande partie du XVIe siècle, bienmais l’effort est compensé par la beauté du monument et du panorama. sants sépulcres gothiques. Nous continuons par les plateaux de Moià et que de facture gothique) et la grande Par la route d’Arbúcies, par celle, sinueuse et pittoresque, de Viladrau qui lon- Collsuspina et nous redescendons en zigzag vers Centelles, où Sant Martí de tour attenante.ge les contreforts boisés du Montseny, la poétique « montagne des améthystes », Centelles surplombe une puissante proue sur laquelle les ruines d’un châteaupuis par le chemin de Taradell, on arrive à Mont-rodon, belle demeure gothique historique contemplent un beau panorama. Beget. Petite localité pyrénéenne. Saqui fait partie de Tona. Vient ensuite, plus au nord, la capitale de la région, Vic, Une longue route solitaire et sinueuse débouche à Sant Feliu de Codines. Vers très belle église romane conserve uneoù le gothique a une importance considérable, jusque dans le musée épiscopal. À l’est, nous allons trouver plusieurs sites dignes d’intérêt, dont le Mas Draper, à très belle statue, romane également,l’intérêt artistique que présente le centre de Vic, s’ajoute une vie culturelle active, L’Ametlla del Vallès, et l’ensemble monumental de La Doma, près de La dite Majestat de Beget, avec, à sesle tout accompagné de la touche d’imprécision et de mystère qu’apporte un Garriga, non loin de l’autoroute. C’est à partir de là que nous allons retrouver pieds, un petit retable gothique en al-brouillard fréquent. la lumière et la couleur du monde méditerranéen, où le ciel est lumineux et bâtre, issu des ateliers de Sant Joan Au nord-est de la plaine de Vic, sur le plateau de Collsacabra, le village de Taver- l’atmosphère pleine de vie. Autour de Les Franqueses del Vallès, de beaux mas de les Abadesses (XIVe s.). À l’origine,tet conserve une statue gothique de grande valeur. Ce village, auquel on accède par garnis de fenêtres à meneaux sont entourés de champs cultivés parsemés de il était accompagné de la statue de laune route pittoresque qui traverse Roda de Ter et Santa Maria de Corcó, est aussi un quelques pinèdes. Il vaut encore la peine d’aller un peu plus à l’est pour visiter Vierge assise qui se trouve dansextraordinaire balcon qui contemple les eaux bleues du barrage de Sau et les monts l’église gothique de Sant Pere de Vilamajor, ou voir, à Can Bordoi, à Llinars l’église. Signalons aussi une série dedes Guilleries. del Vallès, les vestiges de l’époque gothique mis au jour lors des fouilles du retables baroques. Au nord de Vic, sur la C-17, Montesquiu présente les souvenirs gothiques de Castellvell. Ce serait une bonne conclusion avant d’entreprendre la dernièreson château qui se dresse sur l’autre rive du Ter, presque caché dans une luxurian- partie de l’itinéraire qui clôt le circuit proposé à partir de Barcelone. Bellver de Cerdanya. Cité cerdane baignée par le Segre, au pied de la chaîne du Cadí. L’église, très simple, est dans la lignée de la tradition go- thique catalane. Ce charmant villa- ge, où l’on trouve de nombreuses ré- sidences secondaires, conserve quelques pans de ses murailles des XIIIe et XIVe siècles. Blanes. Belle localité côtière situe à l’extrême sud de la Costa Brava, petit port de pêche et de plaisance. Les Cabrera y avaient aussi un palais au- quel travailla, vers 1400, le célèbre ar- chitecte Arnau Bargués, en même temps qu’il prenait part à la construc- tion du monastère de Poblet (Palau del Rei Martí) et à celle de la cathé- drale de Barcelone. De ce palais, il reste quelques murs et l’église an- nexe, aujourd’hui paroissiale. La fon- taine gothique de Blanes est l’une des mieux conservées de celles qui restent en Catalogne. Breda. Ville située sur le versant est du Montseny, de tradition agricole et industrielle, spécialisée dans la fabri- cation d’objets de céramique et de poteries. Remarquable ensemble monumental dont le centre est l’an- cien monastère bénédictin de SantTossa de Mar Salvador de Breda. Il s’y trouve une
  • 7. 7 BegetBlanes Llíviaéglise gothique, aujourd’hui parois- giale, Santa Maria, qui remonte à la La Garriga. Station thermale situéesiale, dont les premiers travaux re- période de transition du roman au go- aux pieds du Montseny. Le quartiermontent au début du XIVe siècle thique, d’anciennes maisons comme de La Doma, près de l’autoroute, a(avant 1337), et la façade au XVIe siè- Cal Gramunt où se trouvaient les ser- un charme particulier : l’église com-cle. Ajoutons quelques sépultures vices de trésorerie et le secrétariat du prend des éléments architecturauxgothiques et une aile du cloître qui comté, des coins typiques. Elle fait romans et du gothique tardif (XVIe s.)date du XIIIe siècle. Belle cour dans aujourd’hui partie de la commune de et un retable de la fin du XIVe sièclel’ancienne maison abbatiale et ma- Montferrer i Castellbò. dédié à saint Étienne. On y verragnifique clocher à tour romano-lom- aussi des vestiges de villas ro-barde, de 32 m de haut. L’Estany. Ancien monastère canonial maines, une église romane (Santa qui conserve une église et un extraor- Maria del Camí) et de beaux échan-Camprodon. Localité proche des dinaire cloître de l’époque romane. tillons d’architecture moderniste. CamprodonPyrénées, située dans une vallée à la On y trouve aussi quelques sépulcressource du Ter. Grand ensemble mo- gothiques, notamment celui de l’ab- Hostalric. Localité située sur unnumental médiéval et quartier rési- bé Berenguer de Riudeperes, qui fit spectaculaire escarpement basal- mises au jour récemment. On a reti- pent de gracieuses fenêtres diviséesdentiel de style moderniste. Dans la construire plusieurs des dépen- tique au-dessus de la Tordera, sur ré des fouilles d’intéressantes céra- par de longs meneaux. Dans la cha-Vila de Dalt, se trouvent l’église roma- dances du monastère (1316-1329). l’ancienne voie romaine et le tradition- miques (plats et ustensiles) qui sont pelle, se trouve un sarcophage (1338)ne de l’ancien monastère de Sant La statue de la Vierge dite Mare de nel chemin pour la France. De la ville conservées dans le petit musée de de la famille Mont-rodon, dont lesPere et l’église Santa Maria, monu- Déu de l’Estany est une gracieuse médiévale, il reste une grande partie Can Bordoi. L’ancien château fut membres, ecclésiastiques et cheva-ment gothique du XIVe siècle, con- sculpture gothique en albâtre du des murailles qui assuraient la défen- remplacé par le grand palais liers, jouèrent un rôle important danstemporain de l’église de l’ancien cou- XIVe siècle. En fait, certaines parties se de ce lieu stratégique ; les Cabrera Renaissance appelé le Castellnou l’histoire du pays, et une statue go-vent d’El Carme. Quelques maisons à du cloître, bien intégrées dans l’en- en firent la capitale de leur vaste vi- (1558). thique de la Vierge.éléments gothiques comme l’hôtel de semble roman, correspondent aussi comté. Les murailles et les huit toursville ou Can Ribes sont dignes d’inté- à l’époque gothique. rondes que les renforçaient remontent Llívia. Village pyrénéen formant une Montsoriu. Ancienne forteresserêt, mais le plus caractéristique est le essentiellement aux alentours de enclave espagnole au sein du terri- élevée sur une colline au-dessus dePont Nou sur le Ter, refait au XIVe siè- Les Franqueses del Vallès. An- 1400. Sur un côté se trouve un grand toire français depuis le traité des la vallée d’Arbúcies, dans la com-cle, qui présente une grande arcade cienne commune agricole et rurale, château fortifié au XVIIIe siècle à la Pyrénées (1659). D’origine romaine, mune du même nom, aux pieds ducentrale, une tour de défense, et qui aujourd’hui transformée par la pro- manière de Vauban. cette première capitale de la Cer- Montseny. Le château de Montsoriurejoint la porte de la Cerdagne des ximité de la ville de Granollers. On y dagne, remplacée depuis par Puig- appartenait à la grande lignée sei-anciennes murailles. trouve quelques très beaux mas ty- Llinars del Vallès. Ancien centre cerdà, garde des traces de l’époque gneuriale des vicomtes de Cabrera. piquement catalans, comme la Torre d’une importante baronnie dont le médiévale, notamment dans sa Le chroniqueur Bernat Desclot leCastellbò. Localité pyrénéenne pro- de Seva (Marata) ou Can Màrgens cœur était le château nommé Cas- vieille ville : la tour de Bernat de So à considérait, à la fin du XIIIe siècle,che de La Seu d’Urgell, qui fut au (Llerona), avec leurs caractéristiques tellvell ou Castell del Far, grande- base circulaire (XVe s.) et l’église pa- comme un des plus nobles et desMoyen Âge le centre de l’important et fenêtres à meneaux, témoins de la ment modifié au XIVe siècle et dé- roissiale, gothique bien que cons- plus beaux du monde. Les ruines envaste vicomté de Castellbò. On y prospérité de la région à la fin du truit dans le tremblement de terre de truite au XVIe siècle. Dans le musée, sont imposantes : on peut encoretrouve une remarquable église collé- Moyen Âge. 1428 ; on peut en visiter les ruines, on trouve la célèbre « pharmacie de apprécier les trois enceintes de mu- Llívia » avec ses bocaux et autres railles et les restes des dépen- objets, ainsi que d’autres pièces in- dances des XIIIe et XIVe siècles, téressantes comme un Christ du avec des salles garnies d’arcs dia- XIIIe siècle. phragme. Lluçà. Ancien monastère canonial Palafolls. Ancien château situé sur qui conserve une remarquable église une hauteur près de la côte entre le et un cloître de l’époque romane. On Maresme et la Selva, qui appartenait y trouve, en plus de quelques élé- aussi à la lignée des Cabrera. Im- ments architecturaux et de quelques posantes ruines avec trois enceintes sculptures gothiques, un ensemble et des restes de tours et de murs, vi- de peintures murales (actuellement sibles depuis la N-II (XIIIe au XVe s.). fixées sur toile) avec un Christ en Majesté qui correspond à la dernière Puigcerdà. Chef-lieu de la Cer- phase de l’évolution du gothique li- dagne situé au centre de la lumineu- néaire, réalisées pendant le prieuré se vallée traversée par le Segre, ville de Ponç Saserra (1352-1371), dont importante dès le Moyen Âge, et au- on peut voir le blason. jourd’hui centre résidentiel et touris- tique. L’église de l’ancien couvent Montesquiu. Petite localité de la de Sant Domènec, qui remonte à la vallée du Ter qui comprend un châ- fin du XIIIe siècle, est le monument teau, résidence des seigneurs de gothique le plus remarquable de la Besora, grande construction forti- ville. La structure de la façade est fiée, avec des fenêtres à meneaux et composée d’arcades, suivant un des murs crénelés, restauré à l’épo- modèle qui a eu plus tard une certai- que moderne. ne diffusion en Catalogne. La nef est couverte de gables de bois sur arcs Mont-rodon. Ancienne demeure diaphragme. Dans l’une des cha- seigneuriale située dans une enclave pelles latérales se trouvent des pein- de la commune de Tona à l’intérieur tures murales correspondant au sty- de celle de Taradell. Une partie est le dit gothique linéaire – très répandu romane, mais elle fut entièrement ré- dans la région – et remontant au novée au début du XVe siècle ; sur deuxième quart du XIVe siècle ; ellesPuigcerdà : détail de peintures murales du couvent de Sant Domènec cette massive silhouette se décou- représentent l’arbre de vie et des
  • 8. 8La Seu d’Urgell : musée diocésain, retable d’Abella de la Conca Sant Joan de les Abadesses : le cloîtreépisodes de la vie de saint Pierre Sant Martí de Centelles. Petite loca- charme d’antan et ses anciennes fut en son temps une prospère agglo- construction de l’actuelle cathédrale.martyr. Le clocher de l’ancienne égli- lité rurale que surplombe le château maisons de pierre. Dans l’église ro- mération qui a gardé tout son char- On admirera également la grandese démolie, qui se retrouve aujour- de Centelles, possession d’une gran- mane est vénérée une belle statue me. On y trouve des vestiges de l’an- grille gothique de l’ancien maître-au-d’hui isolé, a une structure octogo- de famille de la noblesse catalane. Il d’albâtre de la Vierge assise à cienne église paroissiale, qui date du tel de la cathédrale (1427, œuvre denale qui caractérise les principales en reste des pans de murs crénelés, l’Enfant, réalisée au XVe siècle dans début du XVe siècle. L’ancien palais Joan Puig) et l’exceptionnel retabletours du gothique catalan ; le cou- la chapelle romane et autres éléments le style de celle du grand retable de gothique du gouverneur abrite un in- de Pere Oller, le chef-d’œuvre de ceronnement en est baroque. des deux étages du bâtiment, cons- Vic. téressant musée qui contient des sculpteur de Gérone présidé par les truit en grande partie vers 1466, pen- pièces provenant des fouilles de la représentations de la Vierge et deRipoll. Centre de repeuplement de dant la guerre contre Jean II, pour ser- Tossa de Mar. Belle localité côtière ville romaine toute proche et une col- saint Pierre (1420-1426). Devant, sela Catalunya Vella, cette localité est vir de résidence au connétable Pierre du sud de la Costa Brava dans la- lection de tableaux d’artistes con- trouve aujourd’hui le sépulcre du cha-surtout connue pour son ancien mo- de Portugal, qui ne put y habiter. quelle de modernes lotissements temporains (Chagall, Benet, Sunyer) noine Bernat Despujol (mort ennastère bénédictin, chef-d’œuvre de touristiques jouxtent de beaux témoi- ayant un lien avec la ville. 1434), qui fit faire le retable. Le sé-l’art roman catalan, notamment son Sant Pere de Vilamajor. Localité ru- gnages du passé. Les murailles, avec pulcre est aussi de Pere Oller.célèbre portail et son cloître. Sans rale aux pieds du Montseny, où s’éle- leurs tours, qui en constituent l’image Vic. Ville épiscopale qui possède un Quelques-unes des demeures quirompre l’unité de la construction ro- vait, pendant le haut Moyen Âge, un la plus typique, remontent au XIVe riche patrimoine artistique et monu- donnent sur les belles arcades de lamane, les galeries est, sud et ouest palais des comtes de Barcelone, dont siècle. Dans l’enceinte, la vieille ville mental ; c’est aussi un centre com- Plaça del Mercadal présentent desdu cloître remontent à l’époque go- il reste une belle tour clocher romane. mercial actif où se trouve un marché éléments gothicisants, notammentthique ; le sculpteur Jordi de Déu prit L’église paroissiale (XVIe s.) est un des régional. L’ancienne cathédrale ro- l’hôtel de ville, dont une partie datepart à leur construction (1390). exemples les plus représentatifs d’un mane (dont il reste la crypte et le clo- des XIVe et XVe siècles. L’hôpital deAutour du cloître, on trouve égale- type d’architecture assez répandu cher) fut enrichie de nouvelles cons- la Santa Creu a des salles gothiquesment des clefs de voûte, des frag- dans le Vallès Oriental et le Maresme. tructions pendant le XIVe siècle, dont qui datent du XVIe siècle. Il reste desments de retables et d’autres pièces Il s’agit de constructions du gothique la plus remarquable est le cloître : parties importantes de la murailledes XIVe et XVe siècles. tardif à croisées d’ogives, dont la commencé vers 1320 sous la direc- bâtie sous Pierre III le Cérémonieux beauté réside essentiellement dans la tion de Ramon Despuig et achevé à ainsi que quelques-uns des pontsSant Joan de les Abadesses. Lo- simplicité des lignes. la fin du siècle, il est remarquable par d’accès à la ville, dont celui d’Encalité formée autour de l’ancien mo- l’élégance des entrelacs de ses ar- Bruguer. Il ne faut pas manquer la vi-nastère de religieuses bénédictines La Seu d’Urgell. Petite ville de la cades et parce qu’il présente une ga- site au musée épiscopal, quide Sant Joan, occupé plus tard par vallée du Segre, chef-lieu de l’Alt lerie extérieure ouverte. Il fut modifié contient un riche fonds roman et go-les chanoines augustins. C’est un Urgell, dans les Pyrénées. Elle est au début du XIXe siècle, lors de la thique. Vic : céramique. MEVimportant monument de l’art roman le siège d’un important évêché de-catalan, qui a une belle abside et qui puis des temps reculés et fut la ca-contient le célèbre groupe de sculp- pitale du comté d’Urgell jusqu’auture du très saint Mystère. À la suite XIe siècle, en remplacement de ladu tremblement de terre de 1428, ville voisine fortifiée de Castell-des travaux furent faits dans le mo- ciutat. La ville actuelle fut construi-nastère, le plus notable étant la ré- te autour de la magnifique cathé-fection du cloître, commencée en drale romane ; dans certaines rues1442 ; les lignes en sont très simples de la vieille ville, comme le Carreret, en même temps, très élégantes. Major ou le Carrer dels Canonges,On peut y voir de beaux échantillons qui remontent au développementde sculpture gothique réalisés pour de la ville des XIIIe et XIVe siècles,le monastère par un groupe d’ar- on trouve d’anciennes demeures àtistes spécialisés dans le travail de vitraux gothiques et de belles ar-l’albâtre (milieu du XIVe s.), notam- cades. Dans la vieille ville se trouvement le retable de sainte Marie la également l’église gothique SantBlanche (1343), celui de saint Domingo (début du XVe s.), quiAugustin et le sépulcre du béat Miró jouxte le couvent dominicain deve-(1345). Le petit musée annexe nu un hôtel Parador. Une chapelleconserve des peintures et des attenante à la cathédrale abrite lesculptures gothiques, des pièces musée diocésain d’Urgell, quid’orfèvrerie et de tissus et une im- contient un riche fonds médiéval.portante collection de broderies. Àcôté, le palais de l’abbé présente un Tavertet. Pittoresque village situépetit cloître du XVe siècle. Le pont sur un spectaculaire escarpementsur le Ter est une belle reconstitution qui domine la vallée du Ter et lede l’ancien pont gothique. barrage de Sau ; il a conservé son Vic : le cloître de la cathédrale
  • 9. 9 De Barcelone au Solsonès par la vallée du Llobregat et retour par les plateaux du centre jusqu’à l’Anoia et le Penedès De la grande ag- L’excellente route C-55 mène, à travers les pinèdes, au plateau du Solsonès et à glomération barce- son chef-lieu, Solsona, dont l’ensemble urbain est très personnel et très évocateur. lonaise aux contre- L’intérêt que présente cet ensemble se centre sur la cathédrale gothique et le palais forts des Pyrénées, épiscopal. En dehors, sur la colline, le Castellvell complète le paysage. cet itinéraire nous Si l’on n’est pas trop pressé, on ira faire un tour vers le nord à Sant Llorenç de offre un chapelet de Morunys pour y voir les intéressants retables gothiques de son église et la chapelle monuments gothi- de La Pietat, mais aussi pour contempler ce village perdu dans un paysage de ques, le long d’un montagne, auquel on accède par une belle route panoramique. parcours agréable, À partir de Solsona commence le chemin du retour vers le sud par la route de varié en paysages et Torà. Il passe par Castellfollit de Riubregós avant d’arriver à Calaf, dans la riche en monu- Segarra, où l’église de facture gothique, pourvue d’un haut clocher, domine la ments. belle et irrégulière place à arcades qui s’étend à ses pieds. Après Copons, en direc- Le départ de Bar- tion d’Igualada, l’embranchement pour Rubió nous invite à aller voir un très Cardona celone se fait par la beau retable du XIVe siècle. route panoramique Plus loin, à Jorba, un détour nous mène à Sant Martí de Tous, où se trouventLe Missel de Sant Cugat (1400) de L’Arrabassada, le belvédère de la ville, une croix gothique et le gisant du noble Bernat. Au-delà d’Igualada, en longeant l’Anoia, un autre détour à partir de La Pobla de Claramunt suit la jolie vallée de Principaux qui mène, à travers Carme pour rejoindre le hameau de Santa Càndia. Là se trouvent un petit bijoules pinèdes, à Sant Cugat del Vallès, où la grande rosace de la façade du monastère d’église gothique qui porte le même nom et, de l’autre côté, montant la garde, monumentsresplendit de toute sa beauté gothique. Puis, en direction d’ El Papiol et de son châ- l’ensemble de ce qui fut le grand château d’Orpí, aujourd’hui centre du village.teau médiéval, elle surplombe la vallée du Llobregat, qu’elle remonte jusqu’à Après La Pobla, on arrive à Capellades, où la route pour Vilafranca del L’Arboç. Localité qui fut pendant leMartorell, où nous accueillent la singulière silhouette du légendaire Pont del Penedès s’ouvre sur un nouveau type de paysages et de monuments plus méditerra- Moyen Âge la deuxième ville la plusDiable et d’intéressants musées de céramique. La route continue, sur les collines, néens. C’est d’abord à Sant Pere de Riudebitlles, le très beau palais gothique de peuplée du Penedès et qui conser-jusqu’à Terrassa, la grande ville du Vallès où il ne faut pas manquer la chartreuse Llo. Vient ensuite un embranchement pour Guardiola de Font-rubí et Cal ve aujourd’hui une belle vitalité cul-gothique de Vallparadís et les exceptionnels retables des églises wisigothico-romanes. Miret, où se trouve l’ensemble monumental de Sant Martí Sarroca, composé turelle et économique. Dans l’ac- tuelle église, qui remonte au XVIe Par la C-16, l’itinéraire nous mène à Castellbell i el Vilar, dont nous admi- d’une église, qui comprend une abside romane exceptionnelle et un splendide re- siècle, sont intégrés des élémentsrerons le pont et le château. Mais, auparavant, nous retournerons à Monistrol table, et d’un château qui présente quelques éléments gothiques. de l’ancienne église gothique, com-pour nous rendre sur la montagne de Montserrat. Là, protégé par les cimes Vilafranca del Penedès, chef-lieu du canton de l’Alt Penedès, est proche : à un me les peintures murales représen-imposantes, s’élève le grand monastère bénédictin présidé par la Vierge noire, ensemble de monuments gothiques de toute première catégorie, il faut ajouter les tant l’arbre de vie ou la vie de saintqui, parmi de nombreuses autres pièces de grande valeur, contient de beaux pièces exposées dans le musée. D’autres lieux méritent aussi une visite, comme le Jean. Elles datent de la premièreéchantillons d’art gothique. musée du vin, qui témoigne de l’importance vinicole de la région, et la pâtisserie moitié du XIVe siècle et correspon- Nous revenons à la vallée du Llobregat, où nous trouvons Sant Vicenç de de Vilafranca, qui jouit d’un prestige bien mérité. La route continue vers l’est, dent à la plénitude du style gothiqueCastellet, puis El Pont de Vilomara et son pont médiéval, et le village de Rocafort, passe par Avinyonet et arrive à Olesa de Bonesvalls où, près de la route, s’élève le linéaire.qui garde une belle tombe dans son église. Un chemin de montagne permet d’ar- remarquable hôpital de Cervelló, de facture gothique.river au petit village pittoresque de Mura, et la route continue jusqu’à Au sud-ouest de Vilafranca, l’église de L’Arboç nous offre ses peintures murales Balsareny. Localité du Bages,Talamanca, où se trouvent un autre sépulcre gothique et un château restauré avec et, un peu plus loin, la forteresse de Castellet, un décor romantique au-dessus des proche du Llobregat, surmontée auune touche de fantaisie. Vient ensuite le monastère roman de Sant Benet de Bages eaux du barrage de Foix. Ce château, en partie gothique, marque le début d’une nord par un vieux château. Il s’agitqui contient des éléments gothiques, et enfin le chef-lieu du Bages, Manresa, où route pittoresque et sinueuse qui s’achève au bord de la mer, à Vilanova i la d’une solide bâtisse du XIVe siècle, à base rectangulaire, et qui, ayant tou-l’on peut admirer la basilique de la Seu, un des monuments les plus représentatifs Geltrú, une agglomération d’une grande vitalité et d’une remarquable tradition jours été habitée, est très bien res-du gothique catalan, parmi d’autres de moindre importance. gastronomique, dont le château de La Geltrú est un monument gothique de gran- taurée et conservée. À l’extérieur, on Vers le nord en remontant le Llobregat, c’est maintenant le tour de Santpedor de valeur. remarque le portail, les vitraux go-et son église Sant Pere, puis de Balsareny, dont le château rectangulaire et doté de Nous ne sommes qu’à huit kilomètres de Sitges. Cette belle localité est la sta- thiques et les murs crénelés. Lescréneaux se voit de loin, et où a lieu chaque année la populaire « Cursa dels tion balnéaire la plus réputée de la Costa de Garraf. Son église paroissiale s’élè- pièces sont disposées régulièrementTraginers » (course de muletiers). L’itinéraire abandonne la vallée du Llobregat ve sur le promontoire où se trouvent également le Cau Ferrat et le Maricel, autour d’une cour entourée d’arca-pour retrouver, vers l’ouest, la vallée du Cardener. La route longe la cité minière deux musées qu’il faut absolument visiter car ils contiennent un fonds riche et des. Dans ce château, Jean Ier goûtade Súria, qui dissimule le charme d’un vieux village médiéval blotti en haut de la varié laissant une place à l’art gothique. Mais, à Sitges, il faut savoir aussi ou- des vins très fins servis par le sei-colline autour de son église et de son château et où l’on peut apercevoir de beaux blier un instant les chefs-d’œuvre de l’art pour se laisser aller à une promenade gneur du lieu, Andreu de Peguera, cearcs en ogive. sur le front de mer et dans les rues toutes blanches de cette ville méditerranéen- dont témoigne une lettre adressée à En remontant le Cardener, on tombe tout à coup sur Cardona et la silhouette ne propre et lumineuse. la reine. On y célèbre chaque annéeagressive de son château. L’ensemble monumental est essentiellement roman, mais De retour vers Barcelone, la C-32 nous permet de passer par Gavà et de visiter la Festa dels Traginers (fête des mule-la ville possède des éléments gothiques de valeur, notamment l’exceptionnelle égli- le sanctuaire gothique de Bruguers et le château d’Eramprunyà, au milieu des tiers).se Sant Miquel. Au visiteur qui s’intéresse aussi aux spectacles folkloriques, nous sables rouges, ainsi que la Torre-roja et la Torre del Baró à Viladecans. Ensuite, Calaf. Bourg connu pour son mar-conseillons une visite au mois de septembre à l’occasion de la Festa Major, quand dans un paysage industriel et horticole, se trouvent les éléments gothiques de Sant ché, qui a lieu traditionnellement surle « corre-bou » (course de bœuf ) et la « cargolera » (fête de l’escargot) remplissent Boi, et sur l’autre rive du Llobregat, le château de Cornellà, dernière visite avant sa belle place à arcades. L’église,la place de gaieté et d’animation. la fin de cet itinéraire. composée d’une grande nef, et son clocher se détachent sur le paysage urbain. Construite au XVIIe siècle (elle fut consacrée en 1639), elle témoigne cependant d’une tradition gothici- sante, avec sa croisée d’ogives et son extérieur qui ressemble aux mo- dèles des XIVe et XVe siècles. Cardona. Ville du Bages, dans la val- lée du Cardener, proche d’un grand gisement de sel gemme, la Muntanya de Sal, exploité depuis l’époque ro- maine. Au-dessus de la ville, sur une haute colline, se trouvent un impo- sant château, aujourd’hui hôtel Para- dor, et l’ancien monastère canonial de Sant Vicenç, dont l’église est l’un des plus beaux spécimens d’art ro- man catalan. Du petit cloître canonial gothique attenant à l’église subsis- tent des arcades restaurées à l’épo- que moderne. Le château, construit en différentes étapes, abrite des sa- lles du palais des Cardona, avec des plafonds en ogives. La ville a maintenu sa configuration médiévale, avec des demeures quiManresa ont conservé des éléments et une
  • 10. 10 Montserrat : le Llibre Vermell deur que donne la nef. On y trouve des pièces remarquables, notam- ment le retable de l’Esprit saint, chef- d’œuvre de Pere Serra (1393), dont la prédelle contient un magnifique panneau qui représente l’Enterre- ment du Christ, de Lluís Borrassà. Signalons aussi le retable de saint Marc, d’Arnau Bassa (1346), une des pièces les plus représentatives du courant italianisant dans la peinture gothique catalane. Dans le Trésor deBalsareny : le château la Seu est conservé un splendide pa- Vilafranca del Penedès : Sant Francesc, détail du retable de Lluís Borrassà rement brodé à Florence par Geristructure gothiques et des murailles thiques superposés. C’est de là que Lapi (XIVe s.). mais l’on n’a pas conservé les Orpí. Petite localité de la valléeavec tours et portes. L’église Sant provient le remarquable retable de Le couvent de Santa Clara et celui œuvres du grand sculpteur Pere d’Òdena, disposée autour de l’an-Miquel est un beau monument go- saint Pierre et saint André, qui rappel- des Caputxines présentent égale- Moragues, notamment un chemin de cien château. Non loin, à Santathique consacré en 1398, qui com- le le style italianisant de Pere Serra ; il ment des éléments gothiques. Le croix, réalisées à l’époque où Jaume Càndia, on peut voir une belle égliseprend une seule nef et des chapelles est conservé au MNAC. Dans une Pont Vell sur le Cardener est un ma- de Vivers (mort en 1375) en était le que l’on a restaurée de façon à fairelatérales, et un remarquable portail salle du château, on peut voir d’inté- gnifique exemplaire de pont go- prieur. La grande bibliothèque du apparaître tout le charme et la sim-sur l’un des cotés : sous le sanctuaire ressantes inscriptions qui remontent thique, malgré les restaurations dont monastère recèle quelques manus- plicité de l’architecture de l’anciennes’ouvre une vaste crypte où l’on vé- au début du XIVe s. il a été l’objet. Au XIVe siècle, Man- crits de l’époque gothique, notam- construction, qui date de la fin dunère la Mare de Déu del Patrocini, resa était un bourg producteur de cé- ment le célèbre Llibre Vermell de XIVe siècle. Un beau portail latéralVierge en albâtre apportée de Mar- Cornellà de Llobregat. Ancienne lo- ramique décorée en vert et violet, Montserrat qui contient, entre autres, est accompagné d’une statue deseille en 1423 par les comtes de Car- calité agricole qui fait aujourd’hui dont le musée cantonal possède de une série de chants accompagnés de sainte Candie.dona. De cette église proviennent partie de la grande agglomération beaux échantillons. chorégraphies. Dans le musée sedes peintures murales du XIVe siècle, barcelonaise. Dans la vieille ville se trouvent des pièces d’orfèvrerie et El Papiol. Petit village proche duconservées au musée de Solsona, trouve l’ancien château : c’est une Martorell. La ville de Martorell est si- une vaste collection de peinture cata- Llobregat, que domine la silhouetteet des retables du peintre de Car- construction gothique disposée au- tuée à un carrefour de chemins, ce lane moderne. d’un château seigneurial restauré.dona Pere Vall, réalisés entre 1403 et tour d’une cour carrée avec des tours dont témoigne le Pont del Diable ; ce- C’est une belle construction qui com-1410 et conservés l’un à Solsona et aux angles, et modifiée après le XVe lui-ci est formé d’éléments romains Olesa de Bonesvalls. Ancien hospi- prend des éléments remontant à plu-l’autre au MNAC. Hors de la ville se siècle. et d’une structure gothique superpo- ce pour voyageurs et pèlerins, situé sieurs époques du Moyen Âge, à par-trouve le pont inachevé sur le Car- sée (restaurée à l’époque moderne). dans un hameau appelé L’Hospital de tir du Xe siècle. Il contient aussi lesdener (XVe s.). Gavà. Ancienne localité agricole, au- Tout près passent les autoroutes. Cervelló et fondé en 1262 par les sépulcres de quelques membres de jourd’hui industrialisée, proche du Une visite dans les musées de la ville Cervelló. Il se trouve au bord de l’an- la lignée Despapiol (XIVe s.). Le pres-Castellbell. Localité proche du Llo- delta du Llobregat. Du côté de la permet d’avoir une bonne vision cien chemin qui menait de Barcelone bytère est aussi une construction go-bregat à son passage sous le massif montagne s’élèvent les ruines du d’ensemble de l’histoire de la céra- au Penedès. Sa structure est celle de thique.de Montserrat, qui appartient à la château d’Eramprunyà, qui fut le cen- mique catalane et espagnole ; on y la plupart des hospices non urbains :commune de Castellbell i el Vilar. tre d’une importante baronnie, avec trouve de beaux spécimens de des salles distribuées régulièrement El Pont de Vilomara i Rocafort.Dans un méandre au-dessus d’une d’imposants pans de murailles de l’époque médiévale. Le musée de autour d’une cour et une chapelle at- Commune du Bages proche dufalaise se trouve la partie conservée deux enceintes. En dessous, se trou- l’Enrajolada (ou musée Santacana) tenante. L’ensemble est très bien Llobregat, formée de deux localités :de l’ancien château, sobre construc- ve le sanctuaire de la Mare de Déu de conserve également des restes de conservé. Pour l’essentiel, il remonte Rocafort, la plus ancienne, et El Ponttion gothique. À ses pieds, le Pont Bruguers, roman avec des éléments bâtiments médiévaux de Barcelone aux XIIIe et XIVe siècles. de Vilomara, disposé autour d’unCastellbell El Pont de Vilomara Martorell : le Pont del DiableVell traverse le Llobregat avec ses gothiques rajoutés, comme la statue détruits au XIXe siècle, qui ont été re-cinq arcades et son profil en dos que l’on y vénère (XIVe s.). cueillis et préservés par son fonda-d’âne ; c’est un des mieux conservés teur.parmi les différents ponts gothiques Manresa. Chef-lieu du Bages, audu Bages (Manresa, Sallent, cœur de la Catalogne, c’est une ville Montserrat. Monastère bénédictinMonistrol, El Pont de Vilomara). qui témoigne d’une grande vitalité où est vénérée la Mare de Déu de économique et culturelle depuis le Montserrat, centre spirituel deCastellet. Ancien château féodal Moyen Âge. Parmi son patrimoine Catalogne et traditionnel lieu de cul-dont il est fait mention à partir du Xe monumental se distingue l’église ture. Il est situé sur une montagne àsiècle ; il appartient à la commune de collégiale Santa Maria, dite « la Seu » la géologie particulière, qui est deve-Castellet i la Gornal et surplombe le bien qu’elle ne soit pas une cathé- nue symbolique. La basilique, situéebarrage de Foix. Il forme un bel en- drale. De sa situation élevée, elle do- au cœur du monastère, est unesemble, bien que reconstruit à partir mine la ville et montre ouvertement construction de facture gothique,de 1925 selon les critères propres à la pureté de ses lignes. Les travaux bien qu’élevée au XVIe siècle et trans-l’architecture romantique du XIXe commencèrent vers 1322 sous la formée au XIXe siècle, avec l’adjonc-siècle ; ses imposantes tours cylin- direction de Berenguer de Monta- tion de l’abside et la réfection de ladriques remontent au XIIe siècle, tan- gut, également maître d’œuvre de façade. L’élément gothique le plusdis que les tours carrées et la barba- la basilique Santa Maria del Mar, à caractéristique est constitué par lescane orientales sont considérées Barcelone. L’essentiel en était termi- galeries qui restent de l’anciencomme d’époque gothique (XIVe s.). né à la fin du XIVe siècle. La façade cloître, dit de Jules II, bâti alors que le est néogothique. C’est un des mo- cardinal Della Rovere, futur pape,Castellfollit de Riubregós. Village numents les plus représentatifs du était abbé commendataire du mo-groupé aux pieds d’une fortification gothique catalan, dans lequel on re- nastère (1476) ; son blason garni dedont il reste d’imposantes ruines. marque la disposition originale des feuilles de chêne y est bien visible.Son prieuré bénédictin roman, bien contreforts, ouverts à l’intérieur, ce Quelques sépulcres gothiques sontrestauré, comporte des éléments go- qui accentue l’impression de gran- conservés à l’intérieur de la clôture, Solsona. Intérieur de la cathédrale
  • 11. 11Sant Martí de Tous Sitges : Cau Ferratpont gothique à neuf arcs, construit partie des murailles qui encerclaientau XIVe et reconstruit au XVIIe siècle à la ville et qui comprennent de bellesla suite d’une inondation. Dans l’égli- portes. L’église paroissiale, qui cor-se paroissiale de Rocafort est con- respond à celle d’un ancien prieuréservé le sarcophage de Pere de Sitjar, bénédictin, est de style roman, maisqui comprend un gisant et un beau recèle de remarquables œuvres d’artrelief, œuvre de Berenguer Ferrer d’époques postérieures. Parmi les(1354). œuvres gothiques, citons le retable de l’Esprit saint, de Pere Serra (versRubió. Hameau pratiquement inha- 1400), et le retable de la chapelle debité, disposé autour du château en La Pietat de Francesc Solives (1450),ruine de Rubió et de l’église Santa où est représenté le donateur, le mar- Sant Cugat del Vallès : le monastèreMaria. Celle-ci est intéressante mal- chand Joan Piquer.gré la simplicité de son architecture. fenêtres à meneaux. L’église présen- bleaux de peinture catalane moder- Talarn (milieu du XVe s.) et des frag-Mais plus remarquable est le retable Sant Martí de Tous. Localité de te un beau portail roman. ne. Non loin de là se trouvent les ments de peintures murales dansqui s’y trouve, attribué à un anonyme l’Anoia proche d’Igualada, que domi- deux bâtiments du musée Maricel, l’abside (vers 1300). Près de cet en-« maître de Rubió », figure majeure du ne un château entouré de jardins et Santpedor. Localité traditionnelle- sur l’emplacement de l’ancien hôpital semble d’églises se trouvent un châ-courant italianisant de la peinture go- une église où se trouve un sarcopha- ment agricole et textile. La vieille ville de Sant Joan (XIVe s.), qui intègre des teau et la chartreuse de Vallparadís.thique catalane. Le retable (dont la ge, avec un beau gisant, de Bernat conserve des portes d’anciennes mu- éléments architecturaux de prove- Cette dernière abrite actuellementprédelle se trouve au musée épisco- de Tous (mort en 1355). Sur la place, railles et une place à portiques. L’é- nances diverses, comme l’escalier du une section du musée de Terrassa ;pal de Vic) présente le blason de la on trouve une croix gothique monu- glise Sant Pere est un monument de château de Solivella. Ce musée abri- c’est une belle bâtisse de l’époquefamille Boixadors et date de la fin du mentale. style gothique tardif avec un portail ro- te la collection Pérez Rosales, qui gothique comprenant des élémentsXIVe s. man et des rajouts plus récents ; on y comprend, entre autres, une Vierge antérieurs et où s’installèrent les Sant Martí Sarroca. Localité agrico- trouve une singulière statue en albâtre en albâtre provenant de Sant Miquel chartreux en 1344. C’est de cetteSant Benet de Bages. Ancienne ab- le au nord de Vilafranca. On y verra représentant saint Michel (XIVe s.). del Fai (XlVe s.), des tableaux de époque que datent le cloître, l’églisebaye bénédictine, située sur le terri- un château très bien restauré (élé- Ramon Destorrents, Pere Serra, et la salle capitulaire, restaurés ré-toire de la commune de Sant Fruitós ments gothiques) et une magnifique Sitges. Jolie station balnéaire du Jaume Cabrera et de la peinture go- cemment.de Bages, qui forme un magnifique église romane qui était celle du châ- Garraf qui, notamment depuis la thique aragonaise.ensemble d’où ressortent l’église et teau, restaurée par Puig i Cadafalch. création de l’école de peinture « lumi- Viladecans. Ancienne localité agri-le cloître romans. Aux XIVe et XVe Elle possède un splendide retable niste » de Sitges – après que San- Solsona. Ville déjà importante au cole, aujourd’hui industrialisée. Danssiècles, la construction s’agrandit de gothique dédié à la Vierge, réalisé par tiago Rusiñol s’y soit installé, en Moyen Âge, siège d’évêché depuis le vieux quartier se trouve la Torre delnouvelles dépendances, comme le le peintre Jaume Cabrera au début 1891 –, se caractérise par une vie 1593. La cathédrale prit la place de Baró ; cette grande maison seigneu-Palauet, premier palais abbatial, et la du XVe siècle. culturelle intense. Rusiñol s’y fit l’église de l’ancien monastère cano- riale fortifiée, de style gothique (XIVenouvelle salle capitulaire. C’est Pierre construire une demeure sur l’empla- nial, construction essentiellement go- et XVe s.), a été restaurée. À l’exté-III le Cérémonieux qui élabora la Sant Pere de Riudebitlles. Petite lo- cement d’anciennes maisons de pê- thique superposée à une église roma- rieur se trouve la Torre-roja, petit châ-structure défensive du monastère. calité agricole et industrielle qui se cheurs en y incorporant des éléments ne antérieure (dont il reste l’abside et teau qui possède une cour centraleDans le cloître se trouvent de nom- trouve au nord de la région vinicole du château de Sitges démoli. Il y ins- le clocher) et avec des éléments pos- entourée d’une galerie et une bellebreuses sépultures de l’époque go- de l’Alt Penedès. Le Palau del talla sa collection de fer forgé, d’où le térieurs. Construite du XIVe au XVIIe tour carrée de quatre étages, avecthique. Un établissement bancaire, la Marqués de Llo est une splendide nom de Cau Ferrat, et l’on y trouve siècle, avec une seule nef et une absi- des vitraux gothiques, égalementCaixa de Manresa, l’a restauré et demeure gothique du XlVe siècle. Sa également quelques sculptures et de polygonale, elle est sombre, ce qui restaurée.transformé en centre artistique et cul- façade, régulière, comprend un por- peintures gothiques, des céramiques est caractéristique du gothique méri-turel. tail à voussures et deux rangées de et un mobilier intéressants et des ta- dional. Dans le palais épiscopal atte- Vilafranca del Penedès. Ville impor- nant, néoclassique avec des éléments tante depuis le Moyen Âge, chef-lieuSant Boi de Llobregat. Ancien bourg gothiques du couvent, est installé le de l’Alt Penedès, riche région vinico-agricole, aujourd’hui très industriali- musée diocésain qui contient un riche le. La basilique Santa Maria est unesé. Dans l’église est conservé un fonds médiéval. La vieille ville conser- construction gothique d’une seulesplendide tableau du peintre Lluís ve une partie des anciennes murailles nef, avec une abside polygonale etDalmau, commandé en 1448, élé- du XIVe siècle, avec de belles portes, des chapelles entre les contreforts,ment central de l’ancien retable dédié quelques fontaines du XVe siècle, de commencée en 1285 et consacréeà saint Baldiri, patron de la ville. Dans remarquables bâtiments de l’époque en 1484 ; des éléments modernes dela vieille ville se trouvent quelques gothique, notamment l’Hospital d’en style néogothique ont été ajoutés,demeures des XVe et XVIe siècles, de Llobera (XVe s.) et la Casa Aguilar comme les finitions de la façade.style gothicisant, comme Can Barra- avec sa vaste galerie. Au-dessus de Devant, se trouve le palais royal oùquer, où est mort le patriote catalan la ville, mais appartenant à Olius, est mort le roi Pierre II le Grand, l’an-Rafael Casanova en 1743. s’élève le Castellvell de Solsona, avec née du début des travaux de Santa sa chapelle et quelques salles go- Maria. Le palais est une constructionSant Cugat del Vallès. Ancienne ab- thiques. sobre, typique de la première périodebaye bénédictine, l’une des plus re- du gothique catalan. Il abrite le mu-marquables de Catalogne. Malgré Súria. Localité du Bages, dans la sée de Vilafranca, le musée du vin etune construction essentiellement ro- vallée du Cardener, très transformée une collection d’objets d’art quimane, c’est le style gothique qui fut actuellement par l’exploitation de comprend quelques pièces gothi-adopté pour terminer l’église, dont mines de potasse découvertes en ques. L’ancien couvent de Sant Fran-les travaux reprirent pendant la se- 1912. Le tracé urbain de la vieille vil- cesc abrite la section lapidaire duconde moitié du XIIIe siècle après une le conserve son aspect médiéval. musée, avec notamment les sé-longue interruption. Ainsi, la tour lan- Les maisons sont construites autour pulcres de Bertran de Castellet,terne est caractéristique de l’archi- de l’ancienne église et du château d’Hug de Cervelló et d’autres nobles.tecture dite de transition et les nefs dont il reste une salle avec des ar- Le couvent, datant du XIVe siècle, futsont surmontées de voûtes en ogive. cades gothiques. le siège de réunions du Parlement,La façade, ornée d’une grande rosa- les Corts Generals de Catalunyace avec des vitraux datant de 1343, Terrassa. Siège du très ancien évê- (1359, 1367) ; il conserve un retableest très significative. Sa structure est ché d’Egara (milieu du Ve s.), restauré dédié à la Vierge et à saint Georges,similaire à celle de l’église d’El Pi, à en 2003. La ville conserve un en- réalisé par Lluís Borrassà (vers 1400).Barcelone, et à celle de la cathédrale semble de trois églises wisigothico- L’église Sant Joan est une construc-de Tarragone. On y trouve aussi romanes d’un intérêt exceptionnel : tion du XIVe siècle, très sobre, ty-quelques sépulcres gothiques et, certains éléments datent des VIe et pique de l’architecture de l’ordredans la salle capitulaire, le retable de VIIe siècles, l’essentiel datant du XIIe hospitalier qui l’a fait construire.tous les saints, belle réalisation de siècle. Dans l’église Santa Maria sePere Serra. trouvent deux chefs-d’œuvre de la Vilanova i la Geltrú. Localité côtiè- peinture gothique catalane, réalisés re, chef-lieu du Garraf, formée desSant Llorenç de Morunys. Localité pour l’église Sant Pere : le retable de deux anciens villages qui lui don-du Solsonès, entourée d’un beau saint Pierre, de Lluís Borrassà (1411), nent son nom. L’ancien château depaysage aux pieds des monts de et le retable de saint Abdon et saint La Geltrú, restauré au début du XXePort del Comte. Son tracé urbain ré- Sennen, de Jaume Huguet (1460) ; siècle, est une solide constructionpond en grande mesure à sa structu- on y trouve aussi le retable de saint gothique avec une grande cour cen-re médiévale, et l’on a conservé une Terrassa : Santa Maria, détail du retable de Jaume Huguet Michel, de Jaume Cirera et Guillem trale.
  • 12. 12Notice biographique des principaux maîtres de l’art gothiqueAloi de Montbray, dit « maître Aloi » Saragosse. Dans son atelier, très actif, service de la cour napolitaine d’Al-(XIVe s.). Sculpteur français (originaire travaillaient de nombreux élèves et col- phonse IV le Magnanime et collaborade Montbray, dans la Manche). Il a laborateurs, dont les esclaves Luc avec le Majorquin Guillem Sagrerabeaucoup travaillé en Catalogne et à (Tartare) et Georges (Africain). Il intro- pour les ouvrages du Castelnuovo.Valence (ouvrages attestés entre 1336 duisit le style gothique international Ses plus belles œuvres, en particulieret 1382). Il réalisa des commandes dans la peinture catalane. les reliefs, révèlent une sensibilitéroyales, telles que l’ouvrage des tom- proche de celle des sculpteurs dubeaux de Poblet (avec Jaume Cascalls) Cascalls, Jaume (XIVe s.). Sculpteur Quattrocento italien.et une série de portraits des membres et maître d’œuvre de Berga. Sa pre-de la Maison de Barcelone pour le mière œuvre connue est le retable de Martorell, Bernat (Sant Celoni, ? -Palau Reial Major (perdus). Pour se rap- Cornellà de Conflent (1345) en Cata- Barcelone, 1452). Peintre, fils de bou-procher des carrières d’albâtre de Beu- logne Nord (P.-O.). Gendre du peintre cher. Il fut longtemps connu sous leda, il s’installa à Gérone où il laissa le Ferrer Bassa et associé au maître Aloi, nom de « maître de Sant Jordi », àmeilleur de son œuvre. À Barcelone, il entreprit avec ce dernier, sur ordre cause de l’exceptionnel panneau quises ateliers se trouvaient à la Font dels de Pierre III le Cérémonieux (1349), se trouve actuellement à l’Art InstituteArcs et dans un lieu appelé « Alipades ». l’ouvrage des tombeaux royaux de of Chicago. Il s’établit à Barcelone, où Poblet, dont il réalisa la majeure par- son atelier (situé dans le quartier desBargués, Arnau (? - Barcelone, 1413). tie. Il alterna cette tâche avec la direc- frères mineurs) devint le plus impor-Architecte, l’un des meilleurs représen- tion des travaux du cloître et du clo- tant de la ville à la mort de Lluístants du gothique catalan. Il participa à cher de la Seu Vella à Lleida (à partir Borrassà. Sa clientèle était constituéela réunion de Gérone au cours de la- de 1360), ville où il laissa une forte par des corporations, des confréries,quelle fut analysée l’opportunité de empreinte. On considère qu’il s’agit des autorités civiles et ecclésiastiquescontinuer la construction de la cathé- de la principale personnalité de l’école de toute la Catalogne. Il fut un excel-drale avec une seule nef. Il fut le maître catalane de sculpture gothique, qui se lent dessinateur et il réalisa aussi desd’œuvre de la cathédrale de Barcelone constitua à partir du milieu du XIVe miniatures.et dirigea la construction du Palau del siècle.Rei Martí, à Poblet, du palais des Ca- Moragues, Pere (XIVe s.). Sculpteur etbrera, à Blanes, et de la façade de l’hô- Dalmau, Lluís (? - apr. 1460). Peintre orfèvre, actif en Catalogne et entel de ville à Barcelone. valencien qui réalisa la dernière étape Aragon. Il travailla d’abord comme de sa carrière en Catalogne. Au service imagier puis réalisa des sculptures enBartomeu, maître (XIIIe s.). Sculpteur, d’Alphonse IV le Magnanime, il se ren- pierre, dont le sépulcre de l’arche-on considère généralement qu’il a in- dit en Flandre sur ordre de ce dernier, vêque de Saragosse, Lope Fernán-troduit le style gothique dans la sculp- sans doute en mission diplomatique. dez de Luna (1379), est le meilleurture catalane. Il travailla à Gérone, sa Son œuvre maîtresse, le retable des exemple. Il est établi qu’à la fin de saville natale, et à Tarragone où il réalisa conseillers (signée et datée en 1445), vie, il se consacra à l’orfèvrerie, réali-les sculptures de la façade de la ca- témoigne d’une connaissance directe sant le reliquaire de Daroca (1384)thédrale, en particulier la magnifique de l’œuvre de Van Eyck qui en fait l’un – qui est l’une des meilleures manifes-Vierge du meneau (1277), d’influence des principaux représentants du cou- tations de l’orfèvrerie médiévale – surfrançaise. Il est aussi l’auteur du des- rant flamand dans le gothique catalan. commande de Pierre III le Cérémo-sin original du monument funéraire de nieux, au service duquel il travaillait. IlPierre II le Grand à Santes Creus Déu, Jordi de (XIVe-XVe s.). Sculpteur fut maître d’œuvre de la cathédrale de(1291-1295). d’origine grecque, connu aussi sous le Tortosa (1382) nom de Jordi Joan. Esclave et élève deBassa, Ferrer (XIVe s.). Peintre et mi- Jaume Cascalls dont il fut le collabora- Mur, Ramon de (? - vers 1435).niaturiste actif à Barcelone, où son ate- teur et le continuateur. Actif entre 1361 Peintre dont l’activité est attestéelier était installé Carrer de la Cucurulla. et 1418, il travailla à Lleida, Poblet, entre 1412 et 1435. Il fut longtempsIl travailla au service de Pierre III le Tarragone (où il avait une maison connu comme « le maître de Guime-Cérémonieux et décora ainsi les cha- Carrer de la Boqueria), Cervera et, à la rà », en raison du retable de cette lo-pelles des palais royaux de Barcelone, fin de sa vie, à Barcelone, où il collabo- calité (MEV) qui est son chef-d’œuvre.Saragosse, Lleida, Majorque et Per- ra avec ses fils Antoni et, surtout, Pere Dans ses ateliers de Tàrrega et depignan. Les peintures de la cellule de Joan, qui fut un excellent sculpteur. Montblanc, il réalisa des œuvres sur-Sant Miquel (1343-1346), dans le mo- tout destinées aux cantons de la ré-nastère de Pedralbes, constituent son Ferrer, Jaume (XVe s.). Nom de deux gion (Conca de Barberà, Urgell, Se-œuvre la plus remarquable ; elles té- peintres, probablement père et fils, garra). Son style s’inscrit dans lemoignent d’une connaissance directe Jaume Ferrer Ier et Jaume Ferrer II. Ils courant gothique international.de la peinture italienne et synthétisent travaillèrent surtout dans la région dele style des grands maîtres de Sienne Lleida, où ils implantèrent le style go- Oller, Pere (XIVe-XVe s.). Sculpteuret de Florence. Il fut à l’origine de l’ex- thique international. Le premier fut le formé avec Pere Sanglada sur l’ouvra-plosion de l’italianisme dans la peinture plus grand peintre de Lleida au cours ge du chœur de la cathédrale degothique catalane. Il collabora avec du premier tiers du XVe siècle ; lesson fils, Arnau Bassa (mort en 1349, œuvres du second, attestés entre Barcelone. Il travailla à Poblet, où ilsans doute à cause de la peste noire), 1430 et 1461, combinent naturalisme réalisa le tombeau de Ferdinand d’An-dont les œuvres maintiennent l’italia- et fantaisie, conformément au goût de tequera (dont quelques fragmentsnisme prononcé de celles de son père. l’époque. dispersés ont été conservés), et dansOn peut les contempler à Manresa et la région de Gérone dont il était pro-dans les musées de Barcelone et de Fonoll, Reinard (XIVe s.). Maître d’œu- bablement originaire. Son œuvre maî-Vic, ainsi qu’à Cambridge, Baltimore et vre et sculpteur anglais actif en Cata- tresse est le retable majeur de la ca-New York, aux États-Unis. logne de 1332 à 1373. Son intervention thédrale de Vic (1420-1426), où l’on dans les travaux du cloître de Santes peut voir de singuliers personnagesBermejo, Bartolomé (? - apr. 1498). Creus et ses réalisations à Montblanc trapus. Son art s’attache plus au dé-Peintre de Cordoue. Il séjourna à et à Tarragone sont attestées, contrai- tail et à l’ornementation qu’à l’expres-Valence et en Aragon, et sans doute rement aux autres ouvrages sculptu- sivité.aux Pays-Bas, car sa peinture est très raux qui lui sont attribués.directement influencée par l’art fla- Sanglada, Pere (XIVe-XVe s.). Sculp-mand. En 1486, il vint à Barcelone où Huguet, Jaume (Valls, vers 1415 - teur actif vers 1400. Il vivait à Barce-il réalisa la dernière étape de sa carriè- Barcelone, 1492). Peintre, son œuvre lone, dans le quartier de Sant Just.re. Il y peint La Pietat Desplà (1490), représente le point culminant de l’évo- Son œuvre majeure est la taille desconsidérée comme son chef-d’œuvre, lution de la peinture gothique catala- stalles du chœur de la cathédrale deet dessina des vitraux pour la cathé- ne. Il adapta les apports de l’art fla- Barcelone (à partir de 1394), pour la-drale. mand et du Quattrocento italien aux quelle il déploya une imagination con- goûts de la société catalane de l’é- sidérable – en particulier pour les mi-Bernés, Pere (seconde moitié du XIVe poque (qui aimait les dorés rutilants et séricordes – et fut assisté par des.). Orfèvre valencien qui travailla au la profusion ornementale). En 1448, nombreux artistes. Il travailla souventservice de Pierre III le Cérémonieux et on trouve sa trace à Barcelone, où il avec l’architecte Arnau Bargués, parlaissa des œuvres dans les principales commença à se faire connaître après exemple pour l’hôtel de ville. Il se ren-villes du royaume de ce dernier (Bar- la mort de Bernat Martorell, dont son dit en Flandre et contribua à introduirecelone, Valence, Majorque, Perpignan, oncle et tuteur, Pere Huguet, était le le gothique international dans laetc.), en particulier les matrices des voisin. Il développa alors une activité sculpture catalane. Son style est raffi-sceaux royaux et l’épée du sacre. Ses de plus en plus intense et influença de né et élégant.plus belles pièces connues sont une nombreux autres artistes.partie du retable majeur de la cathé- Serra, Pere (seconde moitié dudrale de Gérone (1370-1380) et les Joan, Pere (vers 1395 - apr. 1468). XIVe s.) Peintre. Frère de Francesc etcroix du trésor de cette même cathé- Sans doute le plus grand sculpteur de Jaume Serra, on considère qu’il estdrale, qui lui sont attribuées. catalan du XVe siècle. Fils de Jordi de le plus remarquable des trois et son Déu, il travailla à Barcelone, au Palau activité fut certainement considérable.Borrassà, Lluís (? - Barcelone, 1425/ de la Generalitat, où il montra une Il a laissé de nombreuses œuvres en1426). Peintre issu d’une vieille famille grande maturité. Il réalisa le retable Catalogne, mais aussi en Aragon (àd’artistes de Gérone. Installé à Barce- majeur de la cathédrale de Tarragone Saragosse), dans le Pays valencien (àlone à partir de 1383, il exécuta de sur commande de l’évêque Dalmau Segorbe) et en Sicile (à Syracuse). Sesnombreuses commandes provenant de Mur. Lorsque ce dernier fut nommé peintures, peuplées de personnagesde toute la Catalogne, dont celles des à Saragosse, il lui demanda de faire gracieux et menus, suivent un stylerois. Il participa aussi à la préparation aussi celui de la cathédrale de cette italianisant. Il fut le maître de Lluísdes cérémonies du sacre, célébrées à ville. À partir de 1450, il travailla au Borrassà.
  • 13. 13 Patrimoine de l’Humanité Monument gothique Aéroport
  • 14. De Tarragone aux terres de l’Èbre par les vallées du Gaià, du Francolí et du Montsant L’itinéraire proposé dont les portails de la muraille médiévale s’ouvrent sur la place en arcades dominée ici parcourt neuf cont- par son église romano-gothique et sa fameuse fontaine. Notre itinéraire se poursuit rées tarragonaises, dans par le col de L’Albarca et par Cornudella, pour nous permettre d’admirer, à l’abri de un décor de mer et de l’imposant massif rocheux de la chaîne du Montsant, l’empreinte gothique contenue montagne où la présen- dans les ruines historiques particulièrement évocatrices d’ Escaladei, la chartreuse qui ce de l’art gothique s’ac- fut à l’origine de la colonisation de la région du Priorat. compagne de paysages De virages en virages, par des terres ardoisières plantées de vigne et de pinèdes, la et de monuments d’une vallée du Montsant nous mène à un coude où se trouve Cabassers, avec son exception- grande variété qui en nel retable du XVe siècle. L’itinéraire franchit le fleuve après le pont médiéval, puis, font une promenade peu après, grimpe dans un décor sévère de grands pans de roches horizontaux peuplés particulièrement agréa- de vastes grottes, auquel le village de La Palma d’Ebre donne une touche accueillante. ble. À partir de Tarra- Enfin, nous débouchons sur la vallée de l’Èbre dont le méandre prononcé est sur- gone, dont la cathédra- veillé par les ruines du château de Flix, bourg dominé par l’église Santa Maria. Après Escornalbou le est d’un gothique très Flix, l’itinéraire accompagne vers l’aval le cours tranquille du grand fleuve péninsu- représentatif, on longe laire – un peu plus agité lors de la traversée du Pas de l’Ase – jusqu’à la ville de Móra la côte en direction nord-est vers les intéres- la Nova, d’où il serait dommage de ne pas aller visiter Tivissa, à 10 km. Dans ce vil- lage, l’intérêt de l’église gothique, masquée à la suite d’un agrandissement de style PrincipauxLe Missel de Sant Cugat (1400) sants châteaux de Ta- marit et d’Altafulla, où Renaissance, s’accompagne du plaisir de monter à La Baranova pour contempler la verte plaine cultivée de la Ribera d’Ebre. monuments l’architecture ogivale est L’imposante carcasse du château des templiers de Miravet, dominant le village et le souvent assortie des fleuve, constitue une étape gothique incontournable sur la route de Móra d’Ebre à Altafulla. Petite ville de la côte, bâtietours de défense caractéristiques de l’époque. Gandesa par Benissanet et El Pinell de Brai. Ensuite, un paysage farouche nous ac- autour de l’ancien château seigneurial À l’intérieur des terres, en empruntant la route qui passe par Salomó et Montferri, compagne jusqu’au canton de Terra Alta et à la plaine accueillante que domine son qui, très bien conservé, se dresse aula visite du monastère de Santes Creus, monument gothique capital, s’impose. Si l’on chef-lieu, Gandesa, dont certaines demeures, parmi d’autres monuments intéressants, centre du vieux quartier et offre unedispose du temps nécessaire, il est néanmoins conseillé de faire un détour et de passer présentent des éléments gothiques. Puis la route monte par Bot vers Horta de Sant belle perspective avec ses meurtriè-par Valls, où la Mare de Déu de la Candela est d’un gothique remarquable et où les Joan, où l’église paroissiale et, à l’extérieur du bourg, le couvent de Sant Salvador, res, ses tours et ses murs crénelés ;« castellers » composent des tours humaines, manifestation folklorique particulière- s’insèrent, respectivement, dans un cadre urbain et dans un décor rappelant construit à l’époque gothique, il futment attrayante. On peut aussi y déguster les fameux « calçots », savoureux plat à base Montserrat et ne manquant pas de charme. ensuite restauré et refait dans desd’oignons tendres. Notre route, suivant à nouveau l’Èbre vers l’aval, nous conduit à la ville de Tortosa, styles différents. Entourée par les peupleraies de la rive du Gaià, Santes Creus est un ensemble go- dont la cathédrale, extraordinaire joyau gothique, est un des principaux exemplaires dethique d’une importance exceptionnelle et qui exige une visite attentive. Par El Pla de ce style. N’oublions pas, parmi d’autres édifices remarquables, les tours de défense de la Amposta. Commune située près deSanta Maria et le col de Cabra, l’itinéraire pénètre ensuite sur les terres de la Conca région d’Amposta, comme celle de La Càrrova, et, à Ulldecona, plus au sud et l’embouchure de l’Èbre, importantde Barberà pour en rejoindre le chef-lieu, Montblanc, dont le vieux quartier médié- presque à la limite du territoire de Castelló, différents monuments d’un grand intérêt, centre des hospitaliers au Moyen Âge.val, évocateur et bien conservé, dispose de beaux exemples du style gothique et est en- comme l’église paroissiale gothique, qui justifient amplement une visite. Sur le vaste territoire de cette munici-touré de murailles impressionnantes. De retour vers Tarragone, en longeant la Costa Daurada, on peut faire une brève palité, qui comprend une partie du Cinq kilomètres seulement séparent Montblanc de L’Espluga de Francolí qui est halte à L’Hospitalet de l’Infant pour se remémorer l’hôpital qui y fut bâti au XlVe delta de l’Èbre, s’élève, sur la riveaussi un bourg important. Sur sa place, on peut admirer le gothique de l’église Sant siècle, et s’échapper vers Montbrió del Camp et Riudecanyes pour monter vers le mo- droite du fleuve, la Torre de la Carrova,Miquel et celui de l’ancien hôpital, et il est recommandé de goûter les fameux « car- nastère d’ Escornalbou qui présente un gothique modeste mais se dresse sur une colline tour médiévale défensive caractéris-quinyolis » et les « rifaclis », biscuits typiques de cette petite ville. L’Espluga est, en d’où l’on jouit d’une vue panoramique. Ensuite, la route traverse les vergers du Baix tique (XIVe s.) aux baies et aux voûtesoutre, à l’entrée du grand ensemble monumental que constitue le monastère cistercien Camp vers Reus, ville dynamique dominée par le haut clocher de l’église gothique Sant gothiques. De l’autre côté du fleuve,de Poblet, l’un des plus remarquables de tout l’Occident médiéval, où le gothique, Pere. À partir de Reus, on peut aussi faire une escapade vers le bourg voisin de La Selva sur le territoire de la commune ded’une grande majesté, irradie une sérénité et un calme reposants. del Camp, qui abrite d’intéressants témoignages des styles gothique et Renaissance, à Tortosa, se dresse la Torre de Camp- Un peu plus loin sur notre itinéraire, le paysage se transforme pour devenir monta- proximité du fameux sanctuaire historique de la Mare de Déu de Paretdelgada situé redó, datant de la même époque. Lesgneux et la route, sinueuse sur une bonne distance, grimpe jusqu’à une altitude de dans une plaine plantée de noisetiers et autres arbres fruitiers. De retour à Reus, nous deux tours jumelles défendaient l’en-mille mètres pour atteindre la pittoresque « Vila Vermella » (ville rouge), Prades, nous dirigeons vers Tarragone, point de départ et d’arrivée de cet intéressant itinéraire. trée de l’ancien estuaire de l’Èbre. Cabassers. Commune agricole de la vallée de la rivière du Montsant, qu’enjambe l’intéressant Pont Vell (XIVe s.), à trois arches et au profil pointu typiquement gothique. Dans l’église paroissiale est conservée une bonne partie du retable de la Vierge, datant de la première moitié du XVe siècle et attribué à un peintre proche de Lluís Borrassà, dit le « maître de Cabassers ». Escaladei. Ancienne chartreuse, la première qui ait été fondée en Cata- logne et en Espagne (1167), dont les ruines se dressent dans les beaux en- virons de la commune de La Morera de Montsant, dans le Priorat. Parmi les éléments conservés, les plus inté- ressants font partie de l’église romane (XIIe et XIIIe s.), d’autres sont de style néoclassique, mais les ruines des deux cloîtres sont gothiques (XIVe et XVe s.). Escornalbou. Ancien monastère ca- nonial (puis couvent franciscain après 1580) situé sur le territoire de la com- mune de Riudecanyes, près de Reus, et restauré à partir de 1910. La plupart des bâtiments sont de style roman, mais certaines parties, datant des XIIIe et XIVe siècles, présentent des élé- ments d’inspiration gothique. Des ar- tistes tels que les sculpteurs maître Aloi et Pere Oller y ont travaillé. L’Espluga de Francolí. Bourg agricole connu pour ses eaux et parce qu’il est proche de Poblet. Parmi d’autres ves-Tarragone : le cloître et le chevet de la cathédrale tiges du Moyen Âge, nous relèverons
  • 15. 15 Poblet : le cloîtrePoblet : l’intérieur de l’église Santes Creus : le Palau Reial Santes Creus : l’un des chapiteaux du cloîtrel’église Sant Miquel (1294-1365), d’une tégiquement la traversée du fleuve ment restaurée. Au milieu du XVe thique avec des éléments plus tardifsseule nef, avec voûte sur croisées et avant son étranglement dit « Pertuis Poblet. Le monastère de Poblet, situé siècle, Alphonse IV le Magnanime fit (les parties les plus anciennes appar-chevet polygonal entouré de chapelles de Barrufemes ». Forteresse déjà im- dans un bel endroit boisé de la Conca construire la chapelle de Sant Jordi. tenant à la nef). Présence d’une croixet, juste en face, l’ancien hôpital du portante à l’époque des Arabes, il de- de Barberà, entre Vimbodí (commune à Cependant, ce sont les tombes monumentale du XIIIe s.bourg, ouvrage du XIVe siècle doté vint, après la reconquête, le centre laquelle il appartient) et L’Espluga de royales, situées à l’intérieur de l’église,d’une belle cour en arcs de pierre. d’une puissante commanderie de Francolí, est l’un des plus grands en- qui témoignent le mieux des relations Reus. L’une des villes les plus vi- l’ordre des templiers – leur dernier re- sembles monastiques de l’Occident existant entre la Maison de Barcelone vantes et les plus dynamiques de laFlix. Commune située sur un fort fuge en Catalogne – avant d’être cédé médiéval. Il appartient à l’ordre de et le monastère. Pierre III le Céré- Catalunya Nova, surtout à partir duméandre de l’Èbre, dont le château aux hospitaliers. C’est l’un des Cîteaux, qui s’établit en ce lieu vers monieux fut à l’origine de la construc- XVIIIe siècle. Le seul témoignageavait pour fonction, au Moyen Âge, de meilleurs exemples de l’architecture 1150, grâce à un legs du comte Ramon tion des tombeaux, dont la réalisation qu’elle conserve du Moyen Âge (XIIIesurveiller le trafic fluvial. C’est aujour- militaire du Moyen Âge. La plupart des Berenguer IV, qui, avec la présence des s’étendit sur de longues années. Les s) est le Castell del Cambrer (châteaud’hui un centre industriel électrochi- bâtiments datent du XIIIe siècle, moines, souhaitait repeupler des terres sculptures sont l’œuvre des principaux du camérier) dont il reste quelquesmique. Le château, endommagé par époque de transition entre le roman et qu’il venait de reconquérir. L’église et le artistes catalans de l’époque, tels que chambres aux arcs lancéolés. Leles destructions et reconstructions le gothique. Outre les murailles et les réfectoire correspondent au style pro- maître Aloi, Jaume Cascalls, Jordi de prieuré de Sant Pere est un édificesuccessives, conserve quelques élé- puissantes tours qui semblent impre- pre aux cisterciens (XIIe s.). Le cloître et Déu, Pere Oller, etc. Elles ont récem- ambitieux qui, bien que datant du XVIements médiévaux. L’église paroissiale nables, nous mentionnerons l’église ses dépendances, ainsi que la salle ca- ment été refaites par Frederic Marès. siècle, respecte la tradition gothiqueest un bon exemple de la persistance et les salles superposées, la cour pitulaire et l’actuelle bibliothèque, sont Les rois catalans enterrés à Poblet sont avec sa nef unique et des chapellesdes formes architecturales gothiques d’armes et la grande salle dite « salle du XIIIe siècle. Il en est de même pour le Alphonse ler le Chaste (1154-1196), entre les contreforts ; il fut construit, àau XVIe siècle (une partie de l’église du des écuries ». On y jouit d’un beau pa- dortoir des moines, où fut appliqué Jacques Ier le Conquérant (1208-1276), partir de 1512, par le maître lyonnaisXIIIe siècle est conservée). norama. Le gouvernement autonome avec un grand art le système des cou- Pierre III le Cérémonieux (1319-1387), Benet Otger. de Catalogne y a engagé une grande vertures en bois supportées par des Jean Ier l’Amoureux de la gentillesseGandesa. Chef-lieu du canton de campagne de réhabilitation. arcs diaphragme que le gothique cata- (1350-1396), Martin Ier l’Humain (1356- Santes Creus. Ancien grand monastè-Terra Alta et centre de production de lan a fait sien. Au XIVe siècle, la protec- 1410), Ferdinand Ier d’Antequera (1380- re cistercien situé au nord du Camp devins. L’église a un fameux portail ro- Montblanc. Bourg important pendant tion accordée par les rois au monastè- 1416), Alphonse IV le Magnanime Tarragona, sur la commune d’Aigua-man de l’école de Lleida. On peut y le Moyen Âge, situé au centre de la re s’intensifie ; c’est ainsi que fut (1396-1458) et Jean II (1398-1479). Le múrcia, dans une vallée encaisséeadmirer un grand nombre de belles Conca de Barberà, canton dont il est construite la muraille, avec sa magni- retable central de Damià Forment est proche du Gaià. Avec son cloître au-bâtisses présentant des éléments go- le chef-lieu. La muraille qui entoure la fique porte royale flanquée de deux Renaissance et le portail de l’église est tour duquel sont distribuées les dépen-thiques, bien qu’elles aient été modi- vieille ville fut construite pendant la grandes tours polygonales, ainsi que le baroque. La vie monastique y a été res- dances et son église placée à gauche,fiées par la suite, telles La Presó (an- seconde moitié du XIVe siècle sur Palau del Rei Martí (déjà achevé vers taurée en 1940, et le monastère a été sa structure reprend fidèlement le mo-cienne maison des hospitaliers), ordre de Pierre III le Cérémonieux. 1400) et la tour lanterne, remarquable- inscrit sur la liste du patrimoine mon- dèle cistercien. Son architecture évoluel’hôtel de ville, etc. C’est l’une des murailles les mieux dial par l’Unesco en 1991. de ce style cistercien – roman tardif de conservées de Catalogne. La distribu- transition – jusqu’au gothique le plusHorta de Sant Joan. Localité qui, tion de la ville correspond substantiel- Prades. Bourg qui fut le centre d’un achevé. L’église, l’une des parties lespendant le Moyen Âge, fut une pos- lement à la conception médiévale. De vaste comté du Moyen Âge lié à la plus anciennes (1174-1225), présentesession des ordres militaires qu’é- cet ensemble, nous relèverons en par- couronne catalano-aragonaise. Il con- une voûte sur croisées, une grande fe-taient les templiers et les hospitaliers. ticulier certaines maisons nobles serve un ensemble architectural inté- nêtre gothique en façade et une rosaceSa renommée actuelle lui vient de sa (comme celle qui abrite le musée-ar- ressant, construit avec une pierre rou- sur le chevet, dont une partie des vi-relation avec Picasso qui y composa chives de Montblanc). Parmi les édi- ge triasique qui a donné son surnom à traux date du Moyen Âge. Dans ledes toiles du début du cubisme. Il y fices religieux, le plus admirable est la ville : « Vila Vermella » (ville rouge). Il sanctuaire, on peut voir, entourésreste des quartiers pleins de person- l’église Santa Maria, d’une seule nef en reste des pans de muraille, deux d’élégantes constructions gothiques,nalité et une belle mairie Renaissance. dotée de chapelles entre les contre- portes à voussoirs (XIVe s.), une belle les tombeaux de Pierre II le GrandL’église, bâtie entre le XIVe et le XVIe forts et d’une façade déjà baroque. Le place à arcades et l’église, de style (1240-1285) et de Jacques II (1267-siècle dans le style gothique, présente maître anglais Reinard Fonoll participa transitoire entre le roman et le go- 1327) ; le premier est fait dans un grandun beau chevet à remplage. Dans les à sa construction. On peut y voir une Montblanc : Santa Magdalenaenvirons, situé dans un beau paysage, Vierge gothique dite « la Mare de Déuse trouve l’ancien couvent franciscain del Cor » et un retable en pierre (XIVede la Mare de Déu dels Àngels, égale- s.). L’église Sant Miquel, plus ancien-ment appelé de Sant Salvador d’Hor- ne, est d’une structure plus simple ;ta, dont l’église a un portail et un par- elle possède une couverture en boisvis – où l’on peut voir des urnes supportée par des arcs diaphragme.funéraires – de style gothique (XIVe s.). L’église de l’ancien hôpital Sant Mar- çal a une structure identique. À l’exté-L’Hospitalet de l’Infant. Localité pro- rieur des murailles, près de l’ancienneche de la côte sud du Baix Camp, bâ- route de Lleida, se trouve l’hôpital detie aux alentours de l’ancien hospice Santa Magdalena, qui fut le plus im-du col de Balaguer, destiné aux voya- portant de la ville. Le cloître, datant degeurs et fondé pendant la première la fin du XVe siècle, en est l’élément lemoitié du XIVe siècle par la reine plus caractéristique. La route deBlanche d’Anjou et par son fils, l’infant Lleida traverse le Francolí par un vieuxPierre. L’édifice, en très mauvais état, pont gothique. Le couvent de Larépond à la typologie des grands hô- Mercè, ou du Miracle, avec son églisepitaux catalans de style gothique : des du XIVe siècle, est situé un peu plussalles avec des arcs diaphragme et loin. De l’autre côté de la ville, on dé-une couverture en bois, distribuées couvre le couvent de Sant Francesc,autour d’une cour et avec une chapel- dont l’église, bâtie vers 1300, a étéle intégrée à l’ensemble. Il disposait, restaurée. En dehors des remparts, onen outre, de tours de défense dont peut aussi contempler le sanctuairel’une reste debout. de La Serra, dans lequel sont conser- vés divers éléments gothiques. LaMiravet. Village situé au bord de statue de la Vierge dite « la Mare del’Èbre, sous la masse de l’imposant Déu de la Serra », patronne de la ville,château de Miravet, qui domine stra- date du XIVe siècle. Montblanc : les murailles
  • 16. 16Tarragone : détail de la porte de la cathédrale Tarragone : le heurtoir de la cathédrale Tarragone : la cathédrale, détail du retable majeurbloc de porphyre romain sculpté par l’œuvre du premier des grands sculp- une grande salle gothique pour servirmaître Bartomeu (1291-1295), tandis teurs du gothique catalan, maître de résidence royale (annexe du mu-que les gisants de Jacques II et de son Bartomeu (fin du XIIIe s.). Le cloître, éri- sée d’histoire de Tarragone). Enfin, surépouse Blanche d’Anjou sont des gé lors des premiers travaux et doté la longue muraille romaine du Passeigœuvres de Francesc de Montflorit (vers d’une superbe porte d’accès à la ca- Arqueològic, nous trouvons la Torre1315). Le cloître, où se trouvent des thédrale, est clairement d’inspiration de l’Arquebisbe (tour de l’archevêque,tombeaux de familles nobles, fut en romane, alors que les chapelles sur XIVe s.), bâtie sur des fondations ro-majeure partie construit au XIVe siècle ; lesquelles il s’ouvre sont plus tardives. maines.les entrelacs de type flamboyant et la L’ancienne salle capitulaire, où se trou-fantastique décoration sculpturale des ve une partie du musée diocésain, et la Tivissa. Village du massif montagneuximpostes et des chapiteaux, qui sont Mare de Déu del Claustre, une belle qui domine la vallée de l’Èbre, impor-en partie l’œuvre du maître anglais Vierge polychrome, sont particulière- tant au Moyen Âge, où il était entouré MiravetReinard Fonoll, présentent un grand ment remarquables. de murailles (il en reste un portail forti-l’intérêt. Particulièrement intéressants Parmi les œuvres d’art que nous fié). L’église dispose d’un sanctuaireaussi, la salle capitulaire, avec ses sé- pouvons admirer à l’intérieur de la ca- gothique doté d’une voûte sur croiséepultures abbatiales, le dortoir des thédrale, nous remarquerons en parti- d’ogives (XIIIe et XIVe s.) ; elle fut agran-moines de l’étage supérieur, avec ses culier le retable majeur (1426-1433), die en style Renaissance (belle façade)arcs diaphragme, et le palais royal, situé dans le sanctuaire. Cet ouvrage et baroque. Dans la sacristie se trouveprès du cloître situé à l’arrière et bâti à du grand Pere Joan témoigne de la un petit musée où sont présentées despartir de 1276 par Pierre II. Sur la Plaça subtilité de l’art de ce maître, notam- pièces d’orfèvrerie.de Sant Bernat Calbó (abbé sous ment sur la prédelle où sont évoquéesJacques Ier), on trouve le palais abbatial des scènes de la vie de sainte Thècle, Tortosa. Ville située à la pointe du del-(1640), qui conserve un beau petit représentée aussi sur le parement de ta de l’Èbre, capitale des terres méri-cloître intérieur. marbre. Sur la droite, on peut admirer dionales de la Catalogne, déjà impor- la tombe de Jean d’Aragon, l’une des tante sous les Romains et les Arabes.La Selva del Camp. Bourg du Camp plus belles sculptures du XIVe siècle, Elle conserve un ensemble monumen- Altafulla Tamaritde Tarragona, important au Moyen probablement réalisée par un maître tal considérable, de styles gothique etÂge, qui conserve un intéressant en- italien. La chapelle des Sastres (tai- Renaissance en particulier. Évêché. mentation et de figures d’une grande civils de Tortosa, l’ancienne forteressesemble de bâtiments Renaissance. La lleurs) forme un ensemble homogène La cathédrale est l’un des principaux finesse ; les fonts baptismaux, avec les connue sous le nom de La Suda, bâtiedistribution de la vieille ville corres- dominé par le retable du maître Aloi, monuments de l’architecture gothique armoiries de l’antipape Benoît XIII, et par les Arabes puis convertie en rési-pond aux conceptions médiévales et orné de peintures et de statues dans catalane. Commencé en 1347, son les chaires ; la tapisserie de la Cène et dence royale sous Jacques II (XIIIe etune bonne partie des murailles du XIVe sa partie supérieure. Autour du chœur maître-autel fut consacré en 1441. Dès le Christ de Palau en bois. Le cloître a la XIVe s.) ; à cette occasion, de nouvellessiècle reste sur pied. Au nord, on peut se trouve le Saint-Sépulcre, groupe lors, les travaux prirent un rythme plus simplicité du gothique catalan avec ses salles et des structures de défense y fu-voir les ruines du château ; la petite sculpté à la fin du XVe siècle. Les lam- lent. On doit le projet au maître maçon galeries en arc sans décoration. En- rent ajoutées. Il en reste des pans deéglise Sant Pau et la chapelle de bris de la sacristie (XIVe s.) sont, eux Bernat d’Alguaire, mais les archives re- castrées dans les murs du cloître, côté murailles et quelques tours. La forteres-Santa Llúcia i Sant Jaume sont de sty- aussi, très intéressants. cèlent des parchemins évoquant d’au- intérieur, apparaissent de nombreuses se a été convertie en hôtel Parador. Lesle gothique. Aux alentours de la cathédrale, un tres projets, fait inhabituel qui leur don- pierres tombales. À l’extérieur (façade palais Oliver de Boteller (auquel est certain nombre d’édifices méritent ne une grande valeur. Il s’agit d’un baroque) comme à l’intérieur, on peut adossé une fontaine gothique), DespuigTamarit. Vieux château et demeure se l’attention du visiteur ; il s’agit, entre édifice à trois nefs, doté d’un double voir d’intéressants éléments de styles et Oriol sont aussi des édifices remar-trouvant sur une hauteur surplombant autres, de la Cambreria (la maison du déambulatoire et de chapelles entre les postérieurs. quables, d’un gothique tardif dégradéla côte de l’actuel territoire communal camérier), sur le Pla de la Seu, dotée contreforts. Le chevet est d’une facture Non loin se dresse le superbe en- par des reconstructions postérieures.de Tarragone. Les fortifications (mu- d’une belle cour, de l’ancien hôpital de analogue à celle de la basilique (la Seu) semble gothique du palais épiscopal L’ancienne halle dite « Llotja de Mar »,railles et tours de défense) furent éle- Santa Tecla (XIIe au XVe s.), à Les Co- de Manresa, dans laquelle les contre- (début du XIVe s.) ; la cour intérieure se ou « Porxo del Blat » (1369-1373), ac-vées à partir de 1363 pour faire face ques, et de la Casa del Degà (la mai- forts s’ouvrent de façon à ce que les caractérise par son escalier formant tuellement sise dans le parc, est un in-au danger présenté par la piraterie. son du doyen), dans le Carrer de les séparations uniques entre les cha- saillie et menant aux galeries en ar- téressant témoignage de la puissanceL’ensemble, qui comprend une église Escrivanies, ornée de pierres tom- pelles absidiales soient en entrelacs. cades du premier étage ; la chapelle commerciale de la ville à cette époque.romane et des bâtiments plus récents, bales encastrées portant des inscrip- Parmi les œuvres d’art qui la décorent, est un petit chef-d’œuvre dont la por-fut restauré en 1916 par le collection- tions antiques (dont deux en hébreux). nous relèverons en premier lieu le re- te est joliment sculptée. Comme au- Ulldecona. Commune située à l’extré-neur d’art américain C. Deering, sous Dans le Carrer de la Merceria, on peut table majeur, grand triptyque (ouvrage tres édifices religieux présentant des mité sud de la Catalogne ; elle fut lela direction du peintre Ramon Casas. voir des arcades de style gothique, et inhabituel parmi les retables gothiques éléments gothiques, signalons l’an- centre d’une importante commanderieDans les alentours, on peut voir le Carrer Major est bordé de belles de- catalans) datant de 1351 et présentant cien couvent de Santa Clara, situé sur de l’ordre des hospitaliers. Sur uned’autres tours de défense des XIVe, meures. Les édifices anciens de la des sculptures à l’intérieur et des pein- la partie haute de la ville, avec son hauteur proche de la ville, le château,XVe et XVIe siècles, comme celles d’En Plaça d’El Pallol présentent des élé- tures de facture italianisante à l’exté- beau cloître, et l’ancienne église Sant toujours imposant, est un bon exempleSegur, du Mas d’en Sorder, du Mas ments gothiques. Les styles roman et rieur. Signalons aussi le retable de la Domènec, qui abrite aujourd’hui le de l’architecture des ordres militairesCosidor, du Mas de la Creu, ou de la gothique se superposent dans l’an- Transfiguration (seconde moitié du XVe musée-archives municipal. dans le pays, avec ses remparts, saTorre de la Móra, merveilleusement si- cien praetorium ou château du roi mé- s.), qui provient de l’atelier de Jaume Sur un promontoire dominant la ville, tour ronde et, à côté de l’église d’Elstuée sur la pointe du même nom. diéval, aménagé au XIVe siècle avec Huguet et est doté d’une riche orne- s’élève le plus intéressant des édifices Àngels, sa robuste tour-palais du XIIIe siècle. Dans la ville, qui conserve deTarragone. Ville importante dès belles demeures et des édifices inté-l’époque romaine – elle était alors la ressants, se dresse l’église Sant Lluc,capitale de l’Hispanie citérieure – qui bâtie entre 1373 et 1421 en une seuleconserve d’intéressants vestiges de nef de dimensions considérables. Ellecette période (amphithéâtre, théâtre, est dotée d’un beau portail et, selon lamurailles, cirque, etc.). Au Moyen Âge, conception gothique catalane, de cha-son vieil évêché devint l’archevêché pelles entre les contreforts. La Casa demétropolitain de Catalogne. La cathé- la Comanda, toujours à l’intérieur de ladrale, située au sommet de la colline ville, présente une façade gothique.sur laquelle la vieille ville fut édifiée, surl’emplacement qu’occupait le grand Valls. Ville du Camp de Tarragona,temple romain dont elle conserve chef-lieu de l’Alt Camp et centre com-quelques vestiges sous forme de murs mercial et agricole ayant une vieilleou de matériaux, est un des meilleurs tradition industrielle. Malgré l’impor-exemples du gothique en Catalogne. tance qu’elle avait acquise au MoyenCommencée en 1171, elle date donc Âge, la ville a conservé peu de monu-de l’époque de transition (les travaux ments de cette époque. L’église,se poursuivirent jusqu’au XIVe siècle). œuvre de Bartomeu Roig datant de laSa forme est romane, avec trois nefs et fin du XVIe siècle, est l’un des plustransept, mais sa couverture est de clairs exemples de la longue persis-facture gothique, en croisée d’ogives tance des solutions gothiques déve-couronnée par une belle tour lanterne. loppées par l’architecture catalane.Les parties latérales de la façade prin- On y vénère la Mare de Déu de lacipale sont de facture romane, tandis Candela, patronne de la ville, Viergeque la partie centrale, inachevée, est trouvée dont la statue est de factureparfaitement gothique et présente une gothique (restaurée). Jaume Huguet,grande rosace et de belles sculptures : le plus grand peintre gothique catalan,la Vierge du meneau et les apôtres sont Tortosa : la cathédrale est né à Valls vers 1415.
  • 17. De Lleida au Val d’Aran par les plaines de l’Urgell, la Noguera et les montagnes du Pallars Cet intéressant itiné- lorsqu’on descend la douce pente du long Carrer Major jusqu’à la mairie, tout raire présente des pay- comme dans l’exceptionnel monument ogival qu’est l’église Santa Maria. sages fort contrastés, À l’ouest de Cervera, Tàrrega, chef-lieu de l’Urgell, est aussi une étape gothique parsemés de témoi- incontournable, tout comme l’église et le château de Verdú, situé un peu plus au gnages de l’art gothique. sud. Dans les boutiques de ce bourg, on peut encore trouver les fameuses cruches Aux grandes plaines de en terre cuite noirâtre qui permettent à l’eau de garder sa fraîcheur. Lleida, où à de féconds Après une visite d’Anglesola, près de Tàrrega, la route nationale nous mène à vergers succèdent des Bellpuig d’Urgell, où l’on pourra voir deux cloîtres ogivaux. Puis, traversant vers terres plus sèches plan- le nord les terres irriguées par le canal d’Urgell, la route de Tornabous nous tées d’amandiers et conduit à Agramunt, autre étape dont on peut admirer les monuments sans pour d’oliviers, s’opposent, autant dédaigner d’autres agréments plus terre à terre : les fameux tourons (sorte plus au nord, des pay- de nougat) d’Agramunt et le chocolat noir de la région dit « a la pedra ». sages très agrestes et Notre itinéraire se poursuit vers l’ouest jusqu’à Montgai, d’où une route, plein Àger montagneux. nord, nous mène directement à Cubells, où l’on pourra voir une intéressante égli- À partir de Lleida, se gothique. Ce site, qui permettait de surveiller la route reliant Lleida à La Seu qui recèle des monu- ments gothiques excep- d’Urgell, constitue un agréable belvédère donnant sur les terres de la Noguera Pallaresa. Il se trouve à dix kilomètres d’un autre village important : Artesa de Principaux tionnels, notre itinérai- re longe la rive droite Segre, situé au nord du grand fleuve pyrénéen. Avant d’attaquer la montagne, nous ferons un crochet pour faire deux visites intéressantes: l’une, en aval du monuments du Segre en aval vers Segre, à Alòs de Balaguer pour voir le retable de saint Félix ; l’autre, en traver-Le Missel de Sant Cugat (1400) Soses et Seròs. Au ni- sant le fleuve et en passant par Alentorn, à Vilanova de Meià, au centre d’une Àger. Vieux village situé au centre veau de la route de La contrée retirée disposant d’une belle église gothique et située dans un cadre super- d’une lumineuse vallée, au sud du Montsec. De l’ancienne collégiale deGranja d’Escarp, on trouve les ruines mélancoliques du monastère trinitaire de be ; la foire de Sant Martí, en novembre, est l’occasion d’un marché original où Sant Pere, il reste les ruines consoli-Vinganya, aujourd’hui peu à peu restauré. Après avoir traversé le Segre et laissé sur l’on trouve des cailles, des faisans et des perdrix. dées de l’église romane ainsi quenotre gauche le site paléochrétien d’El Bovalar, nous nous dirigeons vers Maials et Il faut parcourir près de 60 km et franchir le col de Comiols, situé à une altitu- quelques éléments du cloître go-les terres broussailleuses des montagnes de Llardecans pour nous rendre à de qui permet de jouir d’une belle vue, pour aller d’Artesa de Segre à Tremp, chef- thique. L’église actuelle est égalementTorrebesses, où l’on peut admirer un beau retable gothique dédié à saint Jean et vi- lieu du Pallars Jussà. Cette ville, qui dispose de beaux éléments gothiques comme de facture gothique. Certaines piècessiter un charmant petit musée ethnographique et folklorique. l’imposante Mare de Déu de Valldeflors (une belle statue de la Vierge), se dresse provenant de ces monuments et Par le chemin qui dessert Granyena, et par la route d’El Soleràs, l’itinéraire se au milieu de la vallée, sur la rive droite de la Noguera Pallaresa. C’est le point de d’autres édifices du village, qui dispo-poursuit vers Castelldans avec une large vue sur les terres cultivées de Juneda. Les départ d’une longue randonnée jusqu’au cœur des montagnes pyrénéennes. Nous sait de remparts et d’un grand châ-arcades et les maisons médiévales de ce village nous offrent un avant-goût de ce nous rendrons d’abord à Salàs de Pallars, où l’on pourra flâner dans des ruelles teau, sont conservées au musée dio-que nous pourrons voir, non loin, dans le chef-lieu du canton, Les Borges médiévales, puis, en remontant la Noguera, nous traverserons le défilé de césain de Lleida et au MNAC.Blanques. Il faut faire un tour sur la pittoresque Plaça Major allongée de cette Collegats, pour aller admirer les monuments romans et gothiques de Sort, chef-ville, capitale d’une région qui produit la meilleure huile d’olive du monde, et où lieu du Pallars Sobirà. Plus loin, au milieu des Pyrénées, après avoir visité le vil- Agramunt. Commune agricole et in-l’air semble imprégné de l’odeur caractéristique du marc d’olive. Non loin aussi, lage de Son, près de València d’Àneu et franchi le spectaculaire col de La dustrielle proche du canal d’Urgell,vers l’est, la grande demeure de La Floresta, adossée à l’église Sant Blai, constitue Bonaigua, le Val d’Aran nous offre les belles églises gothiques de Vielha, Salardú qui fut au Moyen Âge la capitale duun ensemble médiéval qui reste imposant. et Arties. La route est longue, mais le paysage traversé est d’une qualité tout à fait comté d’Urgell. Elle garde de beaux Par la route nationale de Montblanc, on rejoint rapidement Vinaixa, dont la exceptionnelle. témoignages de son passé. Le grandprécieuse église du XIVe siècle abrite de superbes retables. À partir de Vinaixa, il À partir de Tremp, la route de retour vers Lleida s’enfonce très vite entre les pa- portail roman de l’église présente enest recommandé d’aller visiter le village de L’Albi, avec ses charmants sites médié- rois verticales du défilé de Terradets. Sur la vieille route qui longe la grande paroi son centre un bel ensemble sculptévaux. Ensuite, à nouveau par la nationale puis en prenant par Tarrés et Fulleda, calcaire de la chaîne du Montsec, Àger est une étape incontournable ; puis, après dominé par une Vierge et qui, selonnous arrivons à L’Espluga Calba, dont la vieille ville est adossée à la grande faça- le col de haute altitude du même nom, la descente de Fontdepou nous mène aux l’inscription qui y est portée, fut offertde de ce qui fut un château des hospitaliers. Maintenant à la limite entre les portes du monastère de Bellpuig de les Avellanes, remarquable monument go- par les tisserands du bourg en 1283.Garrigues et l’Urgell, nous nous dirigeons vers Maldà pour admirer un autre des thique. Le couronnement du clocher, qui dateprincipaux monuments du gothique catalan : le monastère de Vallbona de les Une longue descente nous conduit à Balaguer, beau chef-lieu de la Noguera, du XIVe siècle, rappelle les tours lan-Monges où, entre les entrelacs des arcades, l’on ressent la paix et le silence mona- avec sa grande Plaça del Mercadal. L’importance des éléments gothiques et de la ternes de Poblet et de Vallbona.caux. ville elle-même justifient une bonne halte, avant de reprendre la route vers l’ouest Vers l’est, en suivant le Corb, notre itinéraire nous conduit à Guimerà, l’un des pour atteindre Castelló de Farfanya où, outre les ruines d’un château et d’une Albesa. Commune agricole du sud deensembles médiévaux ayant la plus forte personnalité de la Catalogne intérieure. église, se trouve l’intéressante église Sant Miquel, restaurée selon des critères nova- la Noguera. L’église recèle un grandDu haut de l’église, le hameau, qui s’étend sur le flanc de la montagne, apparaît teurs. retable marial, sculpté sur pierre etcomme un pittoresque labyrinthe. Ensuite, à nouveau vers l’est, la route passe par Plus à l’ouest, par la route d’Alfarràs, nous rejoignons Algerri pour aller polychrome (fin du XIVe s.), considéré comme un prototype d’un sous-grou-les sources bienfaisantes de Vallfogona pour nous conduire à Santa Coloma de contempler, au bout d’une discrète petite route, le retable d’Albesa. Ensuite, en pe de l’école de Lleida.Queralt. Il faut se promener lentement dans ses vieux quartiers, en flânant par revenant par Alfarràs et en suivant la Noguera Ribagorçana vers l’aval, Almenardes rues et des places à arcades qui rappellent des temps passés. n’est plus loin ; une église gothique domine cette vaste commune et les grands ver- L’Albi. Commune agricole du canton La route principale nous conduit vers le nord, à Talavera, où l’on peut voir une gers environnants, irrigués par le canal de Catalunya i Aragó et par celui de des Garrigues. Les vieux quartiers dubelle tombe gothique, puis à Cervera, chef-lieu de la Segarra, qui s’étend sur le col Pinyana. Entre Almenar et Lleida, fin de cet intéressant itinéraire, la route tra- bourg, dominés par les ruines de l’an-des Savines. La richesse architecturale de ce joli bourg fortifié apparaît clairement verse des vergers et des terrains d’irrigation pendant 20 km. cien château, conservent quelques fragments de la muraille du XIVe siècle ; certains recoins, comme le passage couvert du Carrer del Call, ont gardé leur charme du Moyen Âge. Almenar. Commune agricole du Segrià. L’église, datant du XIVe siècle, est com- posée d’une tour lanterne, de trois nefs avec un chevet octogonal et d’un portail du roman tardif de Lleida. Au XVIIIe siècle, des éléments néoclassiques fu- rent ajoutés à la façade et le clocher fut édifié. Une vieille croix monumentale se dresse sur la Plaça Soldevila. Alòs de Balaguer. Bourg de la No- guera, accroché au flanc d’un coteau couronné par un château dominant le Segre. Du château, il reste des murs imposants, une tour ronde et des ar- cades en ogive. L’église recèle un pré- cieux retable en pierre de saint Félix, typique de l’école de Lleida et proba- blement réalisé par des artistes qui prirent part aux travaux de la Seu Vella à la fin du XIVe siècle. Un second re- table en pierre est conservé à SantaLleida : la Seu Vella Maria de Balaguer.
  • 18. 18Castelló de Farfanya : Sant Miquel, détail du retable en pierreAnglesola. Commune agricole proche ville a gardé une bonne partie de sesdu canal d’Urgell, qui conserve remparts, ainsi que quelques rues etquelques vestiges de ses anciennes des places à arcades caractéristiquesmurailles, de belles demeures et des de la tradition médiévale. Hors de larues à arcades. Dans l’église actuelle, vieille ville, sur l’ancienne tête de pont,datant du XVIIe siècle, on peut voir se trouve le couvent de Sant Domènec,quelques éléments sculptés provenant dont le cloître (du second quart du XIVede l’ancienne église, comme les deux siècle) est particulièrement remar-apôtres romans de la façade ou la sta- quable ; les galeries à arcades sonttue de saint Paul du maître-autel, œuvre d’une facture utilisée pour la premièreen pierre polychrome du début du XIVe fois pour le cloître de Sant Francesc, àsiècle. Le superbe retable en pierre pré- Palma de Majorque. On doit la fonda-sidé par la statue de la Vierge qui s’y tion du couvent de Sant Domènec à la Lleida : la Seu Vella, la Porta dels Apòstolstrouvait est actuellement au Museum of volonté du comte Ermengol X d’Urgell.Fine Arts de Boston. Il est également duXIVe siècle. Bellpuig d’Urgell. Bourg qui fut le mains et les sépultures comtales, qui clocher ; sur le portail, on peut voir les dotée d’une superbe porte du roman centre d’un domaine seigneurial de la constituent une des premières mani- armes de Pierre d’Urgell, qui la fit tardif de l’école de Lleida. L’église SantArties. Beau village du Val d’Aran famille Cardona, dont un membre, festations de la grandeur de l’art go- construire. Dans la ville, qui était forti- Pere (XIIIe et XIVe s.) est gothique, d’unedont l’église, d’un roman simple et Ramon Folc de Cardona Anglesola thique catalan (début du XIVe s.), fu- fiée, se trouve l’église Sant Miquel, da- seule nef avec une voûte en berceau.tardif (XIIe- XIIIe s.), présente des élé- (mort en 1522) fut vice-roi de Sicile et rent vendues (elles sont aujourd’hui tant de la dernière période du roman On peut y voir une Vierge gothique enments précurseurs du gothique, com- de Naples. Son mausolée, situé dans au Cloisters, à New York). L’ensemble (XIIIe s.) mais avec des ajouts posté- albâtre dite « la Mare de Déu de la Llet »me celles de nombreux villages du Val l’église, est une extraordinaire pièce monastique a été récemment restauré rieurs ; elle a été restaurée en 1987. On (XIIIe s.), provenant de la chapelle dud’Aran et du territoire de la commune Renaissance. Ramon Folc fit construi- par les maristes. peut y voir un superbe retable en pierre château, et une belle chaire du XVede Naut Aran ; quelques panneaux de re le couvent de Sant Bartomeu, à de l’école de Lleida, dédié à la Vierge siècle. Elle recelait d’intéressants re-l’ancien retable gothique (XVe s.) ont partir de 1507, avec deux cloîtres : Les Borges Blanques. Chef-lieu des Marie, qui provient de l’église du châ- tables, aujourd’hui dispersés : le re-été conservés, en partie au musée l’un est un exemple intéressant de go- Garrigues, un canton principalement teau et date du dernier quart du XIVe table de saint Pierre (peint), dû à Perediocésain de Lleida. La chapelle de thique tardif, l’autre, beaucoup plus agricole connu pour la grande qualité siècle. Elle recelait d’autres retables Serra et réparti entre plusieurs muséesSant Joan, transformée en gothique simple, possède des arcs lancéolés. de son huile. Outre quelques intéres- peints (dont un de Jaume Ferrer) ou et collections (la statue en albâtre duen 1385, a été restaurée récemment. santes demeures nobles présentant sculptés, actuellement dispersés. saint se trouvant au musée Marès, à Bellpuig de les Avellanes. Ancienne des éléments architecturaux de type Intéressants édifices Renaissance et Barcelone), le retable de sainte Ursule,Balaguer. Chef-lieu de la Noguera stra- abbaye de chanoines prémontrés si- gothique, la ville possède une Plaça baroques. signé et daté par Joan Reixac àtégiquement situé à proximité du tuée au sud du val d’Àger, sur le terri- Major remarquable par ses larges ar- Valence en 1468, actuellement auSegre. Ville déjà importante pendant la toire communal d’Os de Balaguer, qui cades. Cervera. Chef-lieu de La Segarra qui MNAC, ou encore le retable en pierrepériode arabe, elle fut par la suite la ca- eut une grande activité pendant plu- dispose d’un intéressant ensemble de saint Bartolomé, de l’école de Lleidapitale du comté d’Urgell. L’église Santa sieurs siècles : elle fut le lieu d’enter- Castelló de Farfanya. Bourg bâti au- monumental, dont nous retiendrons également, conservé au musée diocé-Maria, qui domine la ville, est un bel édi- rement des comtes d’Urgell (XIIIe et tour d’une importante forteresse d’ori- surtout l’ancienne université, unique sain d’Urgell.fice gothique d’une seule nef avec des XIVe s.) et, au XVIIIe siècle, une impor- gine arabe protégée par les comtes en Catalogne entre 1726 et 1842, do-chapelles entre les contreforts, selon la tante école d’études historiques y fut d’Urgell. Elle a gardé une grande partie tée d’une façade baroque et d’une L’Espluga Calba. Village des Ga-facture habituelle de l’architecture go- installée. Outre le cloître roman, des de son caractère et dispose de beaux structure néoclassique. L’église Santa rrigues qui, à partir du XVe siècle, fut lethique catalane. Le solide clocher poly- éléments gothiques remarquables ont monuments. Le château, qui domine la Maria est un remarquable édifice du centre d’une commanderie de l’ordregonal situé sur l’un de ses cotés est in- été conservés : le dortoir et la salle ca- ville, conserve d’imposantes tours et gothique catalan, composé de trois de Saint-Jean-de-Jérusalem (hospita-téressant. Commencée en 1351 à pitulaire, et l’ample chevet de l’église quelques pans de muraille ; à ses côtés nefs couvertes par une voûte en croi- liers). La façade du château estl’initiative de Pierre III le Cérémonieux, (XlVe s.) qui s’intègre dans l’ouvrage s’élève la vieille église Santa Maria sées d’ogive et d’une abside polygo- presque intacte, avec ses portes àné à Balaguer, elle ne fut achevée que moderne. Après la sécularisation (1340-1400), gothique et dotée d’une nale dotée de chapelles. Sa construc- vousseaux et ses fenêtres (style go-près de deux siècles plus tard. La vieille (1835), elle passa entre diverses abside polygonale et d’une grande tour tion fut entreprise au XIVe siècle et elle thique). fut consacrée en 1358. Au début du siècle suivant, le maître Colí de Maraya réalisa les vitraux du chevet, dont une partie est conservée. Dans les chapelles radiales se trouvent les sarcophages de deux marchands nommés Ramon Serra (l’un de Jordi de Déu et l’autre attribué à Pere Moragues), ainsi que celui de Be- renguer de Castelltort, fondateur d’un hôpital (seconde moitié du XIVe s.) Le clocher est octogonal, comme de nombreuses tours du gothique ca- talan. Il reste quelques intéressants Arties morceaux des murailles que fit construire Pierre III le Cérémonieux. L’hôtel de ville, adossé à l’église, pré- sente une belle façade baroque (XVIIe-XVIIIe s.) ; à l’intérieur sont bien mises en valeur les splendides ar- cades gothiques de l’ancien marché ainsi que la chapelle de Santa Eulàlia, également de style gothique. Cubells. Bourg agricole de la Noguera qui posséda un grand château au Moyen Âge. Il reste des pans de la mu-Balaguer raille et l’église Santa Maria del Castell, Cervera
  • 19. 19Lleida : le cloître de la Seu Vella Lleida : la Paeria GuimeràLa Floresta. Commune des Garrigues rieur, signalons la chapelle des Mont- siècles), est surtout connue pour son arcades. Une forte communauté juive Talavera. Petit village agricole duqui, dès sa formation pendant le cada, dans laquelle se trouvent les exceptionnel Christ roman. Grâce à y vivait. L’édifice le plus remarquable sud de la Segarra. Dans l’église sontMoyen Âge, appartint à la puissante sculptures sépulcrales de la famille du une récente restauration (1994-1999), est l’église Santa Maria, d’une seule conservés deux gisants datant dufamille Cardona. Aux XlIIe et XIVe même nom (XIVe s.), d’autres monu- on peut désormais en admirer les pein- nef avec chapelles entre les contre- XIVe siècle et représentant une damesiècles, celle-ci fit reconstruire l’an- ments funéraires du XVe siècle tures murales du gothique tardif, da- forts. Sa construction fut entreprise en et un chevalier revêtu d’un habit mili-cien château et le convertit en une (Gallart, Barutell), des fragments de tant de la fin du XVIe siècle : le Christ 1331 ; la phase essentielle des tra- taire. Il s’agit probablement degrande maison noble en pierre avec l’ancien retable majeur de Bartomeu glorifié et les quatre évangélistes (au- vaux se déroula au XlVe siècle. On membres de la famille So, qui furentdes fenêtres à meneaux. On peut y Rubió, le calvaire peint sur les murs de tour de l’abside), les pères de l’Église peut y admirer un retable en pierre, seigneurs du lieu.voir une intéressante tour défensive et la chapelle de Santa Margarida, d’un (au milieu du presbyterium) et les saints dédié à saint Laurent, qui est peut-une belle église, Sant Blai. gothique linéaire, etc. (sur les arcs et les colonnes). être la plus belle œuvre du sculpteur Tàrrega. Ville active dans les do- Près de la Seu Vella, toujours sur le Jordi de Déu (1386-1387). En dehors maines économique et culturel ;Guimerà. Commune de l’Urgell, sur la Puig del Castell, il reste une partie de Salàs de Pallars. Bourg du Pallars des murailles se trouve l’église Santa nombre de foires et de marchés serivière Corb, fortifiée au pied de l’an- l’ancienne forteresse médiévale, le Jussà qui dut sa renommée à ses Maria de Bell-lloc, dont l’architecture déroulent dans ce chef-lieu du can-cien château (en ruine). Elle forme un Castell del Rei, bâtie sur l’ancienne foires aux chevaux. La vieille ville a présente des éléments caractéris- ton de l’Urgell. Le palais des marquischarmant et pittoresque ensemble de Suda arabe. C’est de cet édifice, qui gardé son caractère médiéval et tiques du roman tardif (par exemple la de La Floresta, datant du XIIIe siècle,ruelles présentant de beaux témoi- fut construit surtout au XIVe siècle, que conservé une partie de ses remparts, porte, de l’école de Lleida) et d’autres est la plus grande demeure de la vil-gnages d’architecture médiévale. partaient les remparts qui encerclaient avec quelques portes, ainsi que des entièrement gothiques. Le tombeau le. La structure de la façade romaneL’édifice le plus intéressant est la ville. Dans la vieille ville, nous re- tours et de belles demeures. L’église de Pere de Queralt et de son épouse ressemble beaucoup à celle de lal’église, dont la construction fut entre- marquerons en premier lieu l’église contient des éléments gothiques. (XIVe s.), œuvre d’Esteve de Burgos et Paeria, l’hôtel de ville de Lleida. Laprise au XIVe siècle. Elle recèle un Sant Llorenç, édifice roman du XIIIe de Pere Aguilar, y est conservé. Creu del Pati, croix gothique monu-beau retable (actuellement au musée siècle, agrandi au XIVe siècle par de Santa Coloma de Queralt. Principal mentale attribuée au sculpteur Pereépiscopal de Vic) peint par Ramon de nouvelles nefs et un clocher élancé ; bourg du secteur segarrais de la Son. Hameau du Pallars Sobirà, au Joan (vers 1430) y est conservée ;Mur entre 1402 et 1412. Ce peintre fut l’église recèle toujours un bel en- Conca de Barberà, capitale de la ba- nord-est du parc national d’Ai- une réplique se trouve sur la Plaçalongtemps connu sous le nom de semble de sculptures et de retables ronnie de Queralt, qui fut importante güestortes et du lac de Sant Maurici, Major. Signalons aussi l’actuelle égli-« maître de Guimerà ». À l’extérieur du en pierre de l’école gothique de Lleida au Moyen Âge. Elle a gardé quelques dans les environs d’Alt Àneu. Sa ma- se Sant Antoni, ancienne dépendan-bourg, on peut voir les ruines de l’an- de la seconde moitié du XIVe siècle, éléments de ses murailles du XIVe gnifique église romane Sant Just i ce de l’hôpital (XIVe s.) ; sa façadecien monastère de Santa Maria de ainsi qu’une Vierge (la Mare de Déu siècle, en particulier les portes. La ville Sant Pastor abrite un splendide re- présente des sculptures gothiquesVallsanta, et, en particulier, celles de dels Fillols) provenant de la Seu Vella. a gardé sa structure médiévale, avec table gothique datant de la fin du XVe qui proviennent de l’ancienne église.son église gothique. L’église Sant Martí, plus simple, fut ses belles rues et ses jolies places à siècle. elle aussi agrandie aux XIVe et XVeJuneda. Commune agricole et indus- siècles avec des chapelles ; elle abritetrielle qui conserve d’intéressants té- provisoirement la collection Proe-moignages de son passé médiéval. mium, une partie du musée diocésainSignalons les arcades du Carrer et cantonal de Lleida qu’elle partageMajor, la porte de Lamarca, gothique, avec le palais épiscopal. La Paeria, ouet quelques vieilles demeures nobles. hôtel de ville, est un édifice intéres- sant, bâti en plusieurs étapes à partirLleida. Capitale des « terres de du XIIIe siècle (une façade présentel’ouest » ou Catalogne intérieure, si- toujours une galerie à fenêtres ro-tuée sur un promontoire dominant le manes) ; elle recèle un intéressant mu-Segre, d’où se détache la silhouette sée, ainsi qu’un retable, œuvre dede la Seu Vella (la vieille cathédrale), Jaume Ferrer II (1440).qui dispose d’un patrimoine architec- Devant la Catedral Nova (la nouvelletural particulièrement riche, témoigna- cathédrale), néoclassique, se trouve lege du poids de son passé. bel édifice de l’ancien hôpital deLa cathédrale originelle, ou Seu Santa Maria, datant des XVe et XVIeVella, fut un des édifices les plus no- siècles. De plan carré, il répond auxtables de la Catalogne médiévale. Elle critères utilisés par le gothique civilexerça une grande influence sur les catalan. Il dispose d’une cour centralecontrées environnantes, attirant de et ses façades sont austères ; à l’en-nombreux artistes étrangers dans la trée principale, une belle nicherégion. Les ateliers qu’elle suscita se contient une statue de la Vierge. Siègedéveloppèrent par la suite. Les tra- de l’Institut d’Estudis Ilerdencs, il abri-vaux, commencés en 1203, suivirent te aussi la section archéologique duun bon rythme jusqu’au XVe siècle et, musée de Lleida.bien que la facture de l’église soit d’un À l’extérieur de la ville, sur une peti-roman tardif, la tour lanterne et les te hauteur, se dresse le château devoûtes de la nef sont déjà de concep- Gardeny, qui fut le centre d’une impor-tion gothique. La plénitude du go- tante commanderie de l’ordre desthique se manifeste dans le grand clo- templiers (après les hospitaliers) àcher (60 m de haut) des XIVe et XVe partir de la reconquête de la ville parsiècles, et dans le superbe cloître Ramon Berenguer IV (1149). C’est un(XIVe s.), qui est aussi un parvis et un bon exemple d’architecture militaire,belvédère sur la ville et la plaine avec un solide bâtiment crénelé que côtoieses galeries dont l’ampleur des ajours l’église romane de Santa Maria defacilite l’exceptionnel développement Gardeny.des entrelacs. En façade, outre lesportes romanes du XIIIe siècle, de Salardú. Joli bourg du Val d’Aran,l’école de Lleida, on peut voir la Porta chef-lieu du vaste territoire de la com-dels Apòstols gothique, dotée d’une mune de Naut Aran. L’église Santintéressante décoration sculptée (XIVe Andreu, datant de l’époque de transi-et XVe s.), en partie détruite. À l’inté- tion entre roman et gothique (XIIe et XIIIe Santa Coloma de Queralt : Santa Maria de Bell-lloc, tombeau
  • 20. 20TàrregaTorrebesses. Village agricole dont la Vallbona de les Monges. Monastèrepartie dite « La Vileta » a gardé un bel féminin situé au sud du canton deensemble monumental, dont un grand l’Urgell, près de la Conca de Barberà,château bâti dans différents styles, dans un cadre superbe. Il clôt la trilo-avec des éléments gothiques, et plu- gie des grands monastères cister-sieurs belles demeures présentant ciens catalans. Comme Poblet etdes éléments gothiques et d’autres Santes Creus, il était placé sous laRenaissance. Dans l’église romane protection de la Maison de Barcelone.est conservé le retable de saint Jean- L’ensemble architectural présenteBaptiste (XIVe s.), ouvrage en pierre de plusieurs centres d’intérêt. L’église respecte parfaitement le modèle cis-l’école de Lleida. tercien. Construite au XIIIe siècle, elle fut couverte d’une voûte en croiséesTremp. Chef-lieu du Pallars Jussà, au d’ogive au début du siècle suivant,centre de la Conca de Tremp, grande période pendant laquelle fut aussi édi-cuvette autour de la Noguera fiée la tour lanterne, fort ressemblantePallaresa. Déjà importante au Moyen à celle de Poblet. Le cloître témoigneÂge, elle fut entourée de murailles clairement de la succession des Vallbona de les Monges : voûtesous Pierre III le Cérémonieux, avec styles, qu’il s’agisse de ses galènesde grandes tours, dont celle de la romanes à arcades en plein cintre ou buée à Pere Joan (XVe s.). Les nom- noires). Elle est aussi connue pour ses intéressante porte gothique (XIVe s.)Sagristia, contiguë à l’église collégiale de ses fenêtres ogivales ornées d’en- breux tombeaux et sarcophages pré- très anciennes foires aux bestiaux. Le présidée par un groupe sculpté repré-Santa Maria, qui présente des élé- trelacs. Parmi les anciennes dépen- sentent eux aussi un intérêt ; parmi château est une grande demeure do- sentant l’Épiphanie, ainsi que d’autresments de facture gothique bien qu’elle dances, la salle capitulaire est la mieux eux, on trouve ceux des membres de tée de structures défensives de diffé- éléments du même style (chapelle etdate du XVIIe siècle ; on y vénère la su- conservée. Le monastère possède la Maison de Barcelone et de familles rents styles. Il appartenait aux abbés base du clocher) ; la Mare de Déu delperbe statue en bois de la Mare de des œuvres d’art admirables, particu- nobles, ainsi que les dalles funéraires de Poblet, alors seigneurs de la Puig de Meià, une belle Vierge en boisDéu de Valldeflors, Vierge de grandes lièrement des sculptures représentant des abbesses. contrée. À l’intérieur, on peut voir une polychrome, provient de l’ancien châ-dimensions, dotée d’une riche orne- la Vierge, comme la Mare de Déu belle salle gothique. L’église reflète le teau.mentation dorée et polychrome et da- del Cor de Guillem Seguer (XIVe s.), Verdú. Commune agricole possédant passage du roman au gothique ettant de la dernière phase du gothique la Mare de Déu del Claustre ou la une longue tradition dans le domaine contient de remarquables statues go- Mare de Déu de la Misericòrdia, attri- de la poterie (cruches ou gargoulettes thiques. L’intérêt de la façade réside Vinaixa. Village agricole du canton(XVe s.). d’une part dans sa porte, de l’école de des Garrigues. L’architecture de Lleida et, d’autre part, dans sa rosace. l’église Sant Joan Baptista est d’un Deux retables provenant de Verdú, roman tardif. Elle fut pourtant dont l’un est une très belle œuvre de construite, entre 1302 et 1318, par le Jaume Ferrer II (1432-1434), sont maître R. Piquer, de Balaguer, alors conservés au musée épiscopal de Vic. que le gothique était déjà un langage artistique couramment utilisé dans toute la Catalogne. Elle n’a qu’une Vielha. Chef-lieu du Val d’Aran, seule nef et une abside semi-circulaire contrée pyrénéenne tournée vers couverte d’une voûte en berceau lan- l’Atlantique, qui a une personnalité céolée, renforcée par des arcs dou- originale par rapport au reste du pays bleaux. Signalons la porte principale, et une langue propre, dialecte du gas- de facture similaire à celle du cloître con. L’église Sant Miquèu, de transi- de la Seu, à Lleida, avec ses archi- tion, contient des éléments gothiques voltes moulurées. Elle recelait d’im- particulièrement intéressants, comme portants retables peints de Ramon de son beau portail aux archivoltes Mur et Bernat Martorell (actuellement sculptés et lancéolés, son clocher, da- au musée diocésain de Tarragone et tant de 1510, au couronnement lan- au MNAC). Les fragments de céolé caractéristique de la plupart des quelques sculptures du maître tours du Val et le remarquable retable Guillem Seguer (1340) sont conservés de saint Michel de son maître-autel, sur place. La Casa de Poblet – appe- œuvre anonyme de la fin du XVe lée ainsi parce que le village dépen- siècle, liée à Pere Garcia de Benavarri dait du monastère – est aussi un bel et attribuée au « maître de Vielha ». édifice gothique. Les carrières à l’en- Elle a aussi gardé de précieux élé- tour fournirent le matériau nécessaire ments de style roman. Le musée du à la réalisation de certains ouvrages Val d’Aran renferme de belles pièces de Poblet, comme le Palau del Rei gothiques, comme les panneaux du Martí. retable de Vilac du « maître de Vielha ». À Betren, sur le territoire mu- nicipal de Vielha, se trouve une inté- Vinganya. Ancien monastère trinitaire ressante église au portail doté d’archi- de Notre-Dame-des-Anges, le pre- voltes sculptées, proche de celui de mier de cet ordre en Espagne (1201), Vielha (tous deux ont pour thème le situé dans la vallée du Segre, sur la Jugement dernier). commune de Seròs, à la limite ouest des terres de Lleida. On peut y voir les Vilanova de Meià. Bourg de la ruines, toujours imposantes, d’une Noguera, qui jouait un rôle important grande église gothique, avec son clo- au Moyen Âge. Dans la vieille ville, on cher et son cloître, ainsi que des frag- peut voir une des portes gothiques de ments de tombeaux de membres de l’ancienne muraille. L’église, bâtie la famille Montcada et de la Maison deVallbona de les Monges : le cloître et la tour lanterne dans différents styles, présente une Barcelone.
  • 21. De Gérone aux contrées de l’Empordà par la vallée du Fluvià Cet itinéraire facile et agréable tra- numental abrite une fameuse croix orfévrée. Plus loin, de l’autre côté de la verse des terres peu inclinées dans un Muga, l’église gothique du couvent d’El Carme se dresse à l’intérieur du centre décor montagneux. Le charme de ce historique de Peralada ; son très intéressant château a récemment été aménagé parcours réside dans les ondulations en luxueux casino. discrètes du terrain, un habitat bien Une courte route en pente douce nous conduit, au milieu de terres cultivées, intégré, et un camaïeu allant du vert de Peralada à Castelló d’Empúries. L’importance architecturale de cette ville naturel mousseux et lumineux au vert s’explique par le fait qu’elle fut, au Moyen Âge, la capitale d’un grand comté plus clair des terres cultivées. Ici, la souvent belliqueux. Après cette halte, notre route longe vers le sud le parc natu- montagne est une toile de fond qui rel des marais de l’Empordà, peuplé d’une riche avifaune, et nous mène, par complète le paysage sans en faire partie Sant Pere Pescador et Viladamat, à l’église Sant Martí d’Empúries, petit en- de façon directe. droit tranquille où le gothique se marie avec les ruines grecques et romaines du Gérone, dont les grands monu- site archéologique d’Empúries, installé au creux du doux et lumineux golfe de ments sont de facture gothique, est un Roses. Peralada : le cloître du couvent d’El Carme bon point de départ pour prendre la Plus au sud, le château de Bellcaire d’Empordà, situé sur une petite colline au paisible route de Banyoles, chef-lieu du Pla de l’Estany, en quittant la val- milieu du village, nous offre une superbe perspective. Bellcaire se trouve sur la route du gros bourg de Torroella de Montgrí, dont les remarquables éléments go- Principaux lée du Ter à Sarrià. Ici, quel que soit l’intérêt que l’on puisse porter au go- thique, pourtant très bien représenté, thiques sont dominés par la masse du château crénelé qui couronne la steppe gri- sâtre de la montagne de Montgrí. monuments Notre itinéraire nous conduit, vers le sud, à Pals, bourg médiéval situé dans un il est difficile de ne pas se laisser attirer Banyoles. Ville située dans un cadre cadre magnifique. Après avoir admiré les monuments, il faut se rendre sur l’es- par le lac voisin, où le plan d’eaux d’une grande beauté, près du grand planade d’El Pedró, la partie la plus haute de la ville, située hors des murailles, lac auquel elle a donné son nom et qui dormantes et la végétation qui l’en- pour jouir d’une vue sur le Baix Empordà et sur la zone côtière – dont les îles est un important centre de tourisme etLe Missel de Sant Cugat (1400) toure composent un tableau d’une Medes – qui se rapproche de ce que l’on peut concevoir comme un paysage par- de sports nautiques. Le monastère bé- harmonie inégalable. fait. nédictin de Sant Esteve, qui fut à l’ori- En direction de l’ouest, la route sinueuse de Mieres rejoint très vite les terres Par Torrent, quatre kilomètres séparent Pals de la route nationale de La Bisbal gine de la ville, a gardé quelques élé-de la Garrotxa et contourne la chaîne de Finestres pour arriver à Santa Pau, d’Empordà, où se trouve l’ancienne résidence des évêques de Gérone. À l’entrée ments de l’ancien édifice gothique, enensemble médiéval au charme particulier. Bien que ce soit la présence d’élé- particulier un retable dédié à la Viergements gothiques qui justifie notre itinéraire, le détour par Santa Pau pour aller de cette ville, nous prendrons sur la droite, vers le village voisin de Vulpellac, doté dite « Mare de Déu de l’Escala », œuvrevers Besalú présente d’autres avantages, puisque il passe par Olot et ses envi- d’un remarquable château. Continuant sur la même petite route, nous arrivons à du peintre Joan Antigó (1437-1439),rons, où le cadre naturel est si beau qu’il a suscité, à juste titre, une école de Canapost puis à Peratallada, autre exceptionnel ensemble médiéval présentant connu sous le nom de « maître de Ba-peinture. En aval sur le Fluvià, Besalú enrichit l’itinéraire, grâce à la présence, des éléments gothiques de qualité. La cuisine du terroir, excellente et variée, ac- nyoles », qui est l’un des exemples lesparmi d’autres ouvrages gothiques, de l’un des ponts les plus spectaculaires de compagne agréablement cette visite intéressante. plus parfaits du gothique internationalCatalogne. De retour vers Canapost, désormais en direction du nord, notre itinéraire nous en Catalogne. Il renfermait aussi une Nous sommes tout près des carrières de Beuda, qui, exploitées depuis le XIVe permet de visiter la vieille ville médiévale d’Ullastret, autre étape dont la valeur splendide pièce orfévrée, le coffret desiècle, fournirent de l’albâtre pour d’importants ouvrages gothiques, mais nous est renforcée par la proximité d’un village ibère, bien fouillé et bien conservé, d’où Sant Martirià, fortement dégradé lors l’on peut jouir d’une belle vue sur l’ancien étang. Notre itinéraire nous mène en- du vol des représentations en argentcontinuons notre chemin sur une agréable route en pente douce à travers les fin, par Ultramort, au bourg de Verges, doté de tours évocatrices et de pans de la des saints, en 1980. L’église Santa Ma-contrées de l’Empordà jusqu’à la ville de Figueres, chef-lieu de l’Alt Empordà. ria dels Turers et la maison de la Pia Al-Dans cette ville, les éléments gothiques sont d’un grand intérêt mais rares ; rareté muraille qui encerclait la cité. La semaine de Pâques, ses rues sont le cadre d’une moina présentent également un grandlargement compensée par le dynamisme de sa vie culturelle, ainsi que par la pré- antique et émouvante procession au cours de laquelle s’effectue la Dansa de la intérêt pour la connaissance de l’artsence du musée cantonal et du théâtre-musée Salvador Dalí, qui attire de nom- Mort. gothique. La seconde, dotée d’unbreux visiteurs. Depuis Verges, on peut également faire un tour au château de Púbol, situé sur cloître du XIVe siècle, abrite actuelle- Au nord-est de Figueres, la visite de deux villes, situées dans un rayon de 5 la route de Gérone, près de Rupià, que Dalí et Gala ont rendu célèbre. Ici se ter- ment le musée archéologique canto-km, présente un grand intérêt. Tout d’abord Vilabertran, dont l’ensemble mo- mine notre itinéraire gothique à travers les contrées des environs de Gérone. nal ; quant à l’église, elle fut construite entre 1269 et 1333 ; elle n’avait à l’ori- gine qu’une nef avec un chevet poly- gonal, mais deux nefs latérales lui fu- rent ajoutées par la suite. Bellcaire d’Empordà. Petit village qui fut le principal lieu de résidence des comtes d’Empúries de la fin du XIIIe siècle à 1332. Son château, construit par Ponç V vers 1300, comporte des tours défensives installées aux quatre coins de sa structure carrée, et une chapelle d’une extrême simplicité. Aux abords du village se trouve l’égli- se romane Sant Joan de Bellcaire, à ne pas manquer. Besalú. Capitale d’un comté indépen- dant au Moyen Âge (du IXe au XIIe s.), la ville a conservé un intéressant en- semble architectural médiéval, surtout de style roman. Le pont gothique sur le Fluvià est le plus remarquable des ponts médiévaux catalans. Construit au XIVe siècle sur la base d’un ouvra- ge antérieur, il est doté de huit arcs, dont certains ont été restaurés, et de solides éléments défensifs qui le ren- forcent. Parmi les églises de ce bourg, seule l’église Sant Vicenç présente des éléments gothiques, mais plu- sieurs demeures des XIIIe et XIVe siècles valent le détour. Une partie de la synagogue et des bains (mikwé) de la communauté juive a été conservée. La Bisbal d’Empordà. Chef-lieu du canton du Baix Empordà, doté d’un marché actif et d’une longue tradition dans le domaine de la céramique. Son lien avec les évêques (bisbes) de Gé- rone, et l’autorité qu’ils avaient surBesalú elle, lui a donné son nom. Le château
  • 22. 22 Gérone : la nef unique de la cathédrale plexité technique de cette nef a moti- centre Bonastruc Ça Porta soit situé vé une réunion des architectes du sur l’emplacement de l’ancienne sy- pays en 1386 et en 1416). Elle recèle nagogue). des pièces intéressantes comme le Derrière la porte de Sobreportes, de retable et baldaquin en argent et en l’autre côté de la cathédrale, se trouve émail du maître-autel (du XIVe siècle, l’intéressante église Sant Feliu, qui fut avec la participation de Pere Bernès), couvent et collégiale et a été construi- qui est le plus bel ensemble orfévré de te en plusieurs étapes ; sa belle absi- la Catalogne médiévale, ainsi que de de dotée de fenêtres, le caractéris- beaux tombeaux d’évêques (comme tique clocher tronqué (couronné au Bernat de Pau) et de comtes de XVIe siècle) et les voûtes de l’intérieur Barcelone (comme celui de Ramon sont gothiques, la forme étant roma-Gérone : le retable et le baldaquin de la cathédrale Berenguer II et d’Ermessenda, œuvre ne. Un superbe Christ gisant, du de Guillem Morell réalisée en 1385), maître Aloi (1350), et le tombeau go-était résidence épiscopale ; il présente du tympan (épiphanie et apôtres) sont (au XIXe siècle, elle fut un foyer d’idées de superbes vitraux et d’autres tom- thique de saint Narcisse, réalisé audes parties romanes et d’autres go- attribués à Pere de Sant Joan ; les pi- républicaines et fédéralistes). La beaux situés dans le cloître roman qui début du XIVe siècle, peu après le fa-thiques (en particulier du XIVe siècle, liers de la nef sont cylindriques, ce qui conception de la ville et les édifices renferme, en outre, le groupe de la meux « miracle des mouches » contrecomme le donjon) formant un en- n’est pas fréquent dans le gothique sont principalement des XIXe et XXe Mare de Déu de Bell Ull, œuvre du l’invasion française, y sont conservés.semble dont l’extérieur fut modifié au catalan ; le maître-autel en albâtre, in- siècles. L’église Sant Pere est le seul maître Bartomeu (fin du XlIIe s.). Parmi les autres éléments artistiquesXVIe siècle. Il reste l’une des portes de complet, est un bel ouvrage de Vicenç édifice gothique remarquable. Elle n’a Comme le cloître, le magnifique clo- notables de Sant Feliu, signalons l’en-la muraille construite entre 1280 et Borràs (1485). L’église possède qu’une nef, dotée de chapelles entre cher et certains autres éléments sont semble de sarcophages paléochré-1302. Dans la vieille ville, quelques d’autres œuvres d’art, comme celles les contreforts. Elle fut construite à de style roman. La façade principale tiens (IIIe et IVe s.) encastrés dans ledemeures ont des fenêtres et des élé- qui sont exposées dans le petit musée partir de 1378 à l’initiative de Pierre III est baroque. Le Trésor de la cathédra- sanctuaire.ments de facture gothique. Le Pont attenant, ou comme le superbe retable le Cérémonieux. Chevet et clocher le constitue un important musée capi- Près des murailles, au sud de la ca-Vell, sur le Daró, est lui aussi d’origine de saint Michel, peint par le « maître de sont des ajouts néogothiques. La ville tulaire. thédrale, se trouve l’intéressant cou-médiévale ; il a été refait en 1606. Castelló d’Empúries » (MAG) qui date abrite le fameux théâtre-musée Dalí. En sortant de la cathédrale par la vent de Sant Domènec. Son église go- du milieu du XVe siècle. Dans l’une des Porta dels Apòstols, nous trouvons le thique, consacrée en 1339, n’a qu’uneCastelló d’Empúries. Commune si- chapelles du chevet, se trouvent les Gérone (Girona). Cette grande ville palais épiscopal, grand édifice pré- nef et un cloître, gothique lui aussi,tuée près de la partie centrale du golfe tombeaux des comtes d’Empúries conserve de son riche passé un patri- sentant des éléments gothiques (salle dont les colonnes et les chapiteauxde Roses, dans les terres marécageu- (XIVe s.). À côté de l’église, on peut voir moine considérable. Au Moyen Âge, du trône) et d’autres Renaissance ; il ont été réalisés dans les ateliers deses de l’embouchure de la Muga et du les ruines, bien restaurées, d’une gra- elle fut la capitale de l’un des comtés abrite le riche musée d’art de Gérone. Gérone avec une pierre nummulitiqueFluvià. Elle fut la capitale du comté cieuse loge ouverte. Parmi les édifices catalans ainsi que d’un diocèse in- Un peu plus loin, au niveau des esca- dont l’utilisation s’étendit à toute lad’Empúries entre le XIe et le XIVe siècle, gothiques que conserve le bourg, et fluent. La vieille ville est d’ailleurs un liers de La Pera, se trouve la maison Catalogne. Elle fait aujourd’hui partieet aussi un grand centre marchand. La ceux présentant des éléments de ce véritable musée de l’architecture mé- de la Pabordia. Sur la place de la ca- de l’université de Gérone, comme levolonté des comtes de convertir Cas- style, signalons la Llotja de Mar, une diévale. thédrale, à côté du grand parvis, s’im- vieil édifice des Àligues. Les murailles,telló en siège épiscopal, qui se solda ancienne halle actuellement hôtel de Les travaux de l’actuelle cathédrale pose la grande maison de la Pia qui défendaient la ville pendant lespar un échec, explique la splendeur de ville, et la Casa Gran. Citons aussi le (qui remplaça la précédente, romane) Almoina (XVe s.), institution charitable sièges dont elle a souffert, présententla basilique Santa Maria, appelée « la Pont Vell sur la Muga, doté de sept commencèrent vers 1312. Sa nef du Moyen Âge. Le Carrer de la Força, des éléments médiévaux, en particu-cathédrale de l’Empordà ». Commen- arcs (datant du XIVe siècle, refait au unique est la plus spacieuse de tout le qui abritait l’ancien Call ou quartier lier dans leur partie haute; Pierre III lecée dans les premières années du XIVe XVe siècle). gothique européen (22,9 m). Le rejet juif, débouche aussi sur cette place ; Cérémonieux les fit renforcer à partirsiècle (le maître-autel fut consacré en du plan originel en trois nefs témoigne la communauté juive de Gérone était de 1362 et les travaux ne furent ache-1316), la façade était toujours en Figueres. Ville devenue chef-lieu de clairement de la préférence des archi- l’une des plus nombreuses et des plus vés qu’à la fin du siècle, période de la-construction au début du XVe siècle. tout l’Empordà à l’époque moderne, tectes gothiques catalans pour les actives de Catalogne avant son expul- quelle date la tour Cornèlia. La tourLe groupe sculpté de la porte et celui et centre économique et culturel actif grands espaces unitaires (la com- sion en 1492 (il semble que l’actuel Gironella est de 1412.Gérone : une rue du quartier juif Gérone : « Saint Charlemagne ». MCCG Gérone : la Pia Almoina
  • 23. 23 Santa Pau : Firal dels Bous Le château de Torroella de MontgríVilabertran : croix travaillée Figueres : l’église Sant Pere Peratallada PalsAux environs du Carrer dels Ciuta- railles, est romane. Le château possè- Sant Martí d’Empúries. Petit village à arcades, appelée Firal dels Bous. teau de Montgrí est une imposante for-dans, qui fut la plus grosse artère au de des éléments des XIIe et XIIIe siècles, doté d’un intéressant ensemble d’as- L’élément central du village est le châ- teresse aux murs extérieurs solides etMoyen Âge, on peut voir de beaux bâ- et le palais attenant présente des ou- pect médiéval, situé sur la côte, au teau, édifice des XIIIe et XIVe siècles réguliers qui est, néanmoins, restée in-timents dont les plus représentatifs vrages d’un gothique accentué, com- nord de la commune de L’Escala. Le très modifié. L’église a été construite achevée. Jacques II en ordonna lasont la Fontana d’Or (construite sur me les fenêtres de la façade. Signalons rocher sur lequel il est installé était au- entre 1427 et 1430. construction en 1294 pour témoignerdes bases romanes et bien restaurée) aussi la présence de quelques belles trefois une île, au nord des fameuses de sa puissance face à l’attitude rebel-et l’hôtel de ville, profondément modi- demeures nobles, et le bon état de ruines grecques et romaines d’Empú- Torroella de Montgrí. Village situé sur le du comte d’Empúries, mais elle futfié, sur la Plaça del Vi, place aux ar- conservation des trois enceintes de ries. Ce fut la première capitale du la côte empordanaise, dominé par le abandonnée peu après.cades de tradition médiévale. murailles qui, autrefois, protégeaient la comté d’Empúries, pendant le haut massif du Montgrí. Il conserve un patri-D’autres demeures modifiées ou bâ- ville. Moyen Âge (du IXe au XIe s.), avant moine architectural notable, hérité du Ullastret. Village qui a conservé sonties en style Renaissance ou baroque Castelló d’Empúries. Ayant gardé sa Moyen Âge, époque où le village jouis- charme médiéval, également connuont gardé des éléments du gothique Púbol. Petit village du Baix Empordà, fonction de place forte, elle souffrit de sait d’une position dominante dans la pour le site ibère d’Ullastret qui se trou-tardif, et une promenade dans les situé sur le territoire de la commune pillages et de destructions au cours contrée. L’église, belle manifestation ve à proximité. Il s’agit de l’un des plusvieux quartiers de Gérone permet de de La Pera, près de La Bisbal. Il de différents conflits, en particulier en gothique, fut bâtie au cours des pre- intéressants sites ibères de Catalogne.trouver d’innombrables endroits au conserve un remarquable château go- 1468. Elle garde de belles ruines de mières décennies du XIVe siècle ; ce- Bien fouillé, il dispose d’un petit mu-charme médiéval. thico-Renaissance restauré par le ses anciennes murailles et de son pendant, les voûtes ne furent pas sée. Le village a conservé une bonne peintre Salvador Dalí, qui lui a apporté château, et une belle église (1507- achevées avant l’an 1600 ; elle com- partie de ses murailles et des élémentsPals. Bourg situé dans un joli cadre son esthétique particulière et l’a offert 1538) qui a gardé le style caractéris- porte une seule nef et des chapelles défensifs médiévaux (des XIIIe et XIVeprès de l’embouchure du Ter, entre le à sa femme, Gala, qui fut enterrée tique du gothique tardif. entre les contreforts. À ses côtés, se siècles) qui protégeaient le château,massif du Montgrí et le massif de dans la crypte en 1982. Ouvert au pu- trouve l’ancien palais royal, appelé El dont il ne reste que des ruines. LesBegur. Le vieux quartier a un aspect blic depuis 1996 sous le nom de Cas- Santa Pau. Village situé dans la ré- Mirador, dont la galerie gothique a été maisons sont distribuées autour dumédiéval très marqué, qui a été heu- tell Gala-Dalí, ce château constitue gion volcanique d’Olot, belle contrée en grande partie restaurée. On peut château ; quelques-unes conserventreusement respecté. D’intéressants une étape du circuit Dalí, en plus de passionnante pour sa géologie et sa aussi voir les ruines des murailles et de encore de belles fenêtres gothiques etremparts cernent la ville, dans laquelle Cadaqués et Figueres. La chapelle végétation (notamment la fameuse vieilles maisons présentant des élé- Renaissance. La halle gothique (XIVeon remarquera la tour de l’ancien châ- abritait un grand retable, œuvre du hêtraie Fageda de Jordà). Les ou- ments gothiques et Renaissance. s.), destinée à accueillir les foires et lesteau, dite « Torre de les Hores », l’égli- peintre Bernat Martorell, conservé au- vrages du vieux quartier évoquent le Dominant la ville, au sommet de la marchés, présente un grand intérêt.se (dont une bonne partie date du XVe jourd’hui au musée d’art de Gérone. Moyen Âge, en particulier la jolie place montagne de Santa Caterina, le châ-siècle, malgré sa simplicité), quelques Verges. Village de l’Empordà surtoutmaisons nobles et des endroits très connu pour la Dansa de la Mort, repré-caractéristiques de l’ambiance du sentée depuis des temps immémo-Moyen Âge. riaux lors de la procession du jeudi saint. Datant du Moyen Âge, le village aPeralada. Bourg qui conserve un inté- conservé une bonne partie de ses mu-ressant patrimoine architectural d’un railles ainsi que des tours et des élé-riche passé historique. Certains en- ments défensifs qui les renforçaient.droits et édifices ont énormément decharme, comme la Plaça Major, où se- Vilabertran. Ancien monastère cano-rait né, en 1265, le grand chroniqueur nial augustinien de Santa Maria deRamon Muntaner. Le château, profon- Vilabertran, cet ensemble monumentaldément modifié à partir du XVIe siècle est en grande partie de style roman. Lepour être converti en résidence privée, mariage de Jacques II avec Blanchea conservé les bases de ses anciennes d’Anjou s’y déroula en 1295, en pré-tours et les murs de la partie nord du sence de Charles II de Naples, père debâtiment médiéval (XIIIe et XIVe s.). Il fut la reine Blanche, de ses fils (dont le fu-agrandi à la fin du XIXe siècle, dans tur saint Louis de Toulouse) et de nom-une facture entièrement française, et breuses autres personnalités. Selon leabrite actuellement un casino. chroniqueur Muntaner, « les joyaux fu-Néanmoins, l’édifice le plus appré- rent grands que s’échangèrent les unsciable pour une bonne connaissance et les autres ». C’est sans doute à l’unde l’art gothique est le couvent d’El de ces échanges que l’on doit l’excep-Carme, construit à partir de 1347 tionnelle croix travaillée conservée(lorsque l’emplacement d’origine, hors dans l’une des chapelles, l’une desmurailles, fut abandonné). L’église té- plus belles pièces parmi celles qui semoigne parfaitement du style architec- trouvent en Catalogne. Signalons aussitural que le gothique catalan dévelop- le portail, dont l’ouvrage gothique estpa avec originalité : nef unique, chevet inachevé, et la chapelle funéraire despolygonal et couverture en bois sup- vicomtes de Rocabertí. Le magnifiqueportée par des arcs diaphragme. Le palais abbatial et les fortifications sontcloître est de la même époque ; il abri- l’œuvre de l’abbé Girgós (1410-1431).te un musée qui, outre de remar-quables collections de verre, de céra- Vulpellac. Petit village situé dans lamique et de peinture, recèle quelques plaine de l’Empordà, près de La Bisbalexemples de la sculpture gothique. d’Empordà, qui a conservé d’intéres-Une splendide croix travaillée est sants vieux quartiers. Le château dateconservée dans l’église paroissiale. en grande partie du XIVe siècle, mais il fut transformé en palais au XVIe siècle. ÀPeratallada. L’ensemble monumental l’intérieur, on remarquera la grande sallede cette ville, l’un des plus remarquable dont la voûte est supportée par desde l’Empordà pour ce qui est de l’archi- arcs diaphragme (elle abrita de beauxtecture médiévale, fut la propriété de la lambris) et, à l’extérieur, les fenêtres àfamille Cruïlles. Il a un aspect noble et meneaux. Contiguë au palais, l’église,ancien. Les édifices les plus intéres- édifiée au XVIe siècle, présente des élé-sants datent en général des XIIe, XIIIe et ments du gothique tardif et d’autresXIVe siècles. Ainsi, L’église, hors mu- Castelló d’Empúries : la basilique Santa Maria Renaissance.
  • 24. 24 MuséesPeinture murale de la Pia Almoina. MLDC Ramon de Mur : le retable de Guimerà. MEV Jaume Ferrer Ier : La Cène. MDCS émail réalisée par l’orfèvre Pere Ber-Barcelone Gérone nés, les broderies, ou les peintures de Ramon Solà.Musée national d’art de Catalogne Musée d’art de Gérone (MAG). Il est(MNAC). Dans le palais national de installé dans le palais épiscopal ; desMontjuïc. Les collections de peinturegothique sont parfaitement représen- pièces de choix y sont exposées, comme le Calvaire du maître Barto- Solsonatatives de l’école catalane, mais on y meu (XIIIe s.), le Martyrium de Poblet, Musée diocésain et cantonaltrouve également de bons exem- avec de belles miniatures, le sépulcre (MDCS). Dans le palais épiscopal.plaires du reste de l’Espagne. Dans le de Jofre Gilabert de Cruïlles (XIVe s.), Parmi les pièces de la section d’artgothique linéaire, nous relèverons les l’exceptionnel – pour sa rareté – gothique, on retiendra les fresques depeintures barcelonaises représentant « table de vitraillier » du XIVe siècle, et Cardona, la Crucifixion de Lluís Lluís Dalmau : le retable des conseillers. MNACla conquête de Majorque et les les grands ouvrages de Bernat Marto- Borrassà, les panneaux de Pere Vall,œuvres du maître de Soriguerola. Les rell (retable de Púbol, avec les dessins la grande Cène de Jaume Ferrer Ier et pal, monument gothique qui abrite les et au musée de la céramique (dans leœuvres du maître de Baltimore et des qu’il y fit au revers) et de Lluís le sépulcre d’Hug de Copons. On y retables de l’école de Lleida, ceux de Palau de Pedralbes) ; le musée diocé-membres de la famille Serra (retables Borrassà (retable de Cruïlles) ainsi que trouve aussi de beaux exemples d’ou- Castelló de Farfanya et de Corbins, les sain de Barcelone est installé dans lede Sixena, Gualter et Tortosa) datent les retables de Castelló d’Empúries et vrages en fer et en métal. peintures du réfectoire de la Seu Vella bâtiment de la Pia Almoina, près de lade l’époque italianisante. En gothique de Canapost. et les œuvres de Jaume Ferrer Ier, com- cathédrale. Au musée diocésain deinternational, la collection commence me le retable d’Albatàrrec. Tarragone est exposée une bonne sé-avec Lluís Borrassà (retable de SantesCreus), se poursuit avec des pièces Trésor de la cathédrale de Gérone (TCG). On y trouve un excellent choix Lleida lection d’un fonds particulièrement riche. Au musée diocésain d’Urgell, onde Joan Mates (saint Sébastien),Bernat Martorell (retable de saint d’ouvrages comme la chaise épisco- pale réalisée par le maître Aloi en Musée diocésain et cantonal de Lleida (MLDC). En attendant l’ouvertu- Autres musées peut admirer, entre autres, le superbe retable d’Abella de la Conca. MartorellVincent), Jaume Ferrer II, etc., et se 1351, la statue dite de « saint re du musée, une partie des collections À Barcelone, on peut également ad- abrite des collections de céramiquetermine par une forte représentation Charlemagne » (attribuée à Jaume est exposée dans l’église Sant Martí, mirer de beaux ouvrages gothiques, remarquables – dont de beaux exem-de Jaume Huguet (saint Georges, re- Cascalls), les figures du sépulcre de qui accueille actuellement l’exposition en particulier des sculptures, au mu- plaires médiévaux – dans ses deuxtables de Vallmoll, Sarrià, saint Bernat de Pau (XVe s.), la croix en Proemium, ainsi qu’au palais épisco- sée Marès (près du Palau Reial Major), musées.Augustin et « des détaillants »). Onpeut y voir aussi des œuvres de LluísDalmau (retable des conseillers),Bartolomé Bermejo, le maître de LaSeu d’Urgell, etc. Parmi les nom-breuses sculptures, nous pouvons re-marquer le saint Esteve de Tredòs, leretable de Gerb, la Vierge de Sallentde Sanaüja, un magnifique buste defemme du XVe siècle, ou encore lesaint Antoine de la Figuera (attribué àJ. Cascalls).Vic Bernat Martorell : le retable de Púbol. MAGMusée épiscopal de Vic (MEV). Lespièces les plus représentatives de lasection de sculpture gothique sont leretable de Sant Joan de lesAbadesses (œuvre de Bernat Saulet,1341) et la Vierge dite « Mare de Déude Boixadors » (XIVe s.). Le fonds depeinture rassemble des œuvres desgrands maîtres du gothique catalan :Arnau et Ferrer Bassa (retable de saintBernard), Pere Serra, le maître deRubió, Lluís Borrassà (retable de sain-te Claire), Ramon de Mur (retable deGuimerà), Jaume Cabrera (Vierge auxanges musiciens), Bernat Martorell(retable de sainte Eulalie et saintJean), Jaume Ferrer II (retable deVerdú), Jaume Huguet (petit retablede l’Épiphanie), et de nombreuxautres. La section des arts décoratifsmérite également toute l’attention duvisiteur. Lluís Borrassà : le retable de Cruïlles. MAG© Generalitat de Catalunya. Édition : Turisme de Catalunya. Réalisation : Servei d’Informació iDifusió Turística. Textes : Josep Bracons i Clapés i Francesc Gurri i Serra. Graphisme : Saura-Torrente. Traduction : Gloria Bayo. Photographies : Archives du Departament de Comerç,Turisme i Consum, T. Vidal, R. Manenet, F. Gomà, J. Mercader, F. Bedmar, Pérez Reus, J. Tous,J. Pareto i P. Català. Le Missel de Sant Cugat se trouve à l’Arxiu de la Corona d’Aragó, àBarcelone. Impression : Bigsa, Indústria Gràfica. D.L. : B. 19.712-2006. Printed in EU Jaume Huguet : le triptyque de Sant Jordi (détail). MNAC Generalitat de Catalunya Gouvernement catalan Ministère de l’Innovation, des Universités et de l’Enterprise

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