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Textes et documents Dom Juan - Bac 2011
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Textes et documents Dom Juan - Bac 2011

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Textes bac sur le théâtre …

Textes bac sur le théâtre
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  • 1. Texte n° 20 - MOLIÈRE, Dom Juan, 1665 ACTE I, Scène I SGANARELLE Sganarelle, Gusman Eh ! mon pauvre Gusman, mon ami, tu ne sais pas encore, crois!moi, quel homme est Dom Juan.SGANARELLE, tenant une tabatière. GUSMANQuoi que puisse dire Aristote et toute la Philosophie, il nest rien dégal au tabac : cest Je ne sais pas, de vrai, quel homme il peut être, sil faut quil nous ait fait cette perfidie ;la passion des honnêtes gens, et qui vit sans tabac nest pas digne de vivre. Non et je ne comprends point comme après tant damour et tant dimpatience témoignée, tant!seulement il réjouit et purge les cerveaux humains, mais encore il instruit les âmes à la dhommages pressants, de voeux, de soupirs et de larmes, tant de lettres passionnées, devertu, et lon apprend avec lui à devenir honnête homme. Ne voyez!vous pas bien, dès protestations ardentes et de serments réitérés, tant de transports enfin et tantquon en prend, de quelle manière obligeante on en use avec tout le monde, et comme demportements quil a fait paraître, jusquà forcer, dans sa passion, lobstacle sacré dunon est ravi den donner à droit et à gauche, partout où lon se trouve ? On nattend pas couvent, pour mettre Done Elvire en sa puissance, je ne comprends pas, dis!je, comme,même quon en demande, et lon court au!devant du souhait des gens : tant il est vrai après tout cela, il aurait le coeur de pouvoir manquer à sa parole.que le tabac inspire des sentiments dhonneur et de vertu à tous ceux qui en prennent. SGANARELLEMais cest assez de cette matière. Reprenons un peu notre discours. Si bien donc, cher Je nai pas grande peine à le comprendre, moi ; et si tu connaissais le pèlerin, tuGusman, que Done Elvire, ta maîtresse, surprise de notre départ, sest mise en trouverais la chose assez facile pour lui. Je ne dis pas quil aitcampagne après nous, et son coeur, que mon maître a su toucher trop fortement, na pu changé de sentiments pour Done Elvire, je nen ai point de certitude encore : tu saisvivre, dis!tu, sans le venir chercher ici. Veux!tu quentre nous je te dise ma pensée ? que, par son ordre, je partis avant lui, et depuis son arrivée il ne ma point entretenu ;Jai peur quelle ne soit mal payée de son amour, que son voyage en cette ville produise mais, par précaution, je tapprends, inter nos, que tu vois en Dom Juan, mon maître, lepeu de fruit, et que vous eussiez autant gagné à ne bouger de là. plus grand scélérat que la terre ait jamais porté, un enragé, un chien, un diable, un Turc,GUSMAN un hérétique, qui ne croit ni Ciel, ni Enfer, ni loup!garou, qui passe cette vie enEt la raison encore ? Dis!moi, je te prie, Sganarelle, qui peut tinspirer une peur dun si véritable bête brute, un pourceau dEpicure, un vrai Sardanapale, qui ferme loreille àmauvais augure ? Ton maître ta!t!il ouvert son coeur là!dessus, et ta!t!il dit quil eût toutes les remontrances [chrétiennes] quon lui peut faire, et traite de billevesées tout cepour nous quelque froideur qui lait obligé à partir ? que nous croyons. Tu me dis quil a épousé ta maîtresse : crois quil auroit plus fait pourSGANARELLE sa passion, et quavec elle il aurait encore épousé toi, son chien et son chat. Un mariageNon pas ; mais, à vue de pays, je connais à peu près le train des choses ; et sans quil ne lui coûte rien à contracter ; il ne se sert point dautres pièges pour attraper les belles,mait encore rien dit, je gagerais presque que laffaire va là. Je pourrais peut!être me et cest un épouseur à toutes mains. Dame, demoiselle, bourgeoise, paysanne, il netromper ; mais enfin, sur de tels sujets, lexpérience ma pu donner quelques lumières. trouve rien de trop chaud ni de trop froid pour lui ; et si je te disais le nom de toutesGUSMAN celles quil a épousées en divers lieux, ce serait un chapitre à durer jusques au soir. TuQuoi ? ce départ si peu prévu serait une infidélité de Dom Juan ? Il pourrait faire cette demeures surpris et changes de couleur à ce discours ; ce nest là quune ébauche duinjure aux chastes feux de Done Elvire ? personnage, et pour en achever le portrait, il faudrait bien dautres coups de pinceau.SGANARELLE Suffit quil faut que le courroux du Ciel laccable quelque jour ; quil me vaudrait bienNon, cest quil est jeune encore, et quil na pas le courage... mieux dêtre au diable que dêtre à lui, et quil me fait voir tant dhorreurs, que jeGUSMAN souhaiterais quil fût déjà je ne sais où. Mais un grand seigneur méchant homme est uneUn homme de sa qualité ferait une action si lâche ? terrible chose ; il faut que je lui sois fidèle, en dépit que jen aie : la crainte en moi faitSGANARELLE loffice du zèle, bride mes sentiments, et me réduit dapplaudir bien souvent à ce queEh oui, sa qualité ! La raison en est belle, et cest par là quil sempêcherait des choses. mon âme déteste.GUSMANMais les saints noeuds du mariage le tiennent engagé.
  • 2. Texte n° 21 - MOLIÈRE, Dom Juan, 1665Acte I scène 2 (tirade de Dom Juan , dite "Éloge de linconstance")DOM JUAN: Quoi? tu veux quon se lie à demeurer au premier objet qui nous prend, quon renonce au monde pour lui, et quon nait plusdyeux pour personne? La belle chose de vouloir se piquer dun faux honneur dêtre fidèle, de sensevelir pour toujours dans une passion, etdêtre mort dès sa jeunesse à toutes les autres beautés qui nous peuvent frapper les yeux! Non, non: la constance nest bonne que pour desridicules; toutes les belles ont droit de nous charmer, et lavantage dêtre rencontrée la première ne doit point dérober aux autres les justesprétentions quelles ont toutes sur nos cœurs. Pour moi, la beauté me ravit partout où je la trouve, et je cède facilement à cette douce violencedont elle nous entraîne. Jai beau être engagé, lamour que jai pour une belle nengage point mon âme à faire injustice aux autres; je conservedes yeux pour voir le mérite de toutes, et rends à chacune les hommages et les tributs où la nature nous oblige. Quoi quil en soit, je ne puisrefuser mon cœur à tout ce que je vois daimable; et dès quun beau visage me le demande, si jen avais dix mille, je les donnerais tous. Lesinclinations naissantes, après tout, ont des charmes inexplicables, et tout le plaisir de lamour est dans le changement. On goûte une douceurextrême à réduire, par cent hommages, le cœur dune jeune beauté, à voir de jour en jour les petits progrès quon y fait, à combattre par destransports, par des larmes et des soupirs, linnocente pudeur dune âme qui a peine à rendre les armes, à forcer pied à pied toutes les petitesrésistances quelle nous oppose, à vaincre les scrupules dont elle se fait un honneur et la mener doucement où nous avons envie de la faire venir.Mais lorsquon en est maître une fois, il ny a plus rien à dire ni rien à souhaiter ; tout le beau de la passion est fini, et nous nous endormonsdans la tranquillité dun tel amour, si quelque objet nouveau ne vient réveiller nos désirs, et présenter à notre cœur les charmes attrayants duneconquête à faire. Enfin il nest rien de si doux que de triompher de la résistance dune belle personne, et jai sur ce sujet lambition desconquérants, qui volent perpétuellement de victoire en victoire, et ne peuvent se résoudre à borner leurs souhaits. Il nest rien qui puisse arrêterlimpétuosité de mes désirs: je me sens un cœur à aimer toute la terre; et comme Alexandre, je souhaiterais quil y eût dautres mondes, pour ypouvoir étendre mes conquêtes amoureuses.
  • 3. Texte n° 22 - MOLIÈRE, Dom Juan, 1665 - Acte III, scène 2Dom Juan, Sganarelle, un pauvreSganarelle : Enseignez!nous un peu le chemin qui mène à la ville.Le pauvre : Vous navez quà suivre cette route, Messieurs, et détourner à main droite quand vous serez au bout de la forêt. Mais je vous donne avis que vous devez vous tenir sur vos gardes, et que depuis quelque temps il y a des voleurs ici autour.Dom Juan : Je te suis bien obligé, mon ami, et je te rends grâce de tout mon coeur.Le pauvre : Si vous vouliez, Monsieur, me secourir de quelque aumône ?Dom Juan : Ah ! ah ! ton avis est intéressé, à ce que je vois.Le pauvre : Je suis un pauvre homme, Monsieur, retiré tout seul dans ce bois depuis dix ans, et je ne manquerai pas de prier le Ciel quil vous donne toute sorte de biens.Dom Juan : Eh ! prie-le quil te donne un habit, sans te mettre en peine des affaires des autres.Sganarelle : Vous ne connaissez pas Monsieur, bonhomme ; il ne croit quen deux et deux sont quatre et en quatre et quatre sont huit.Dom Juan : Quelle est ton occupation parmi ces arbres ?Le pauvre : De prier le Ciel tout le jour pour la prospérité des gens de bien qui me donnent quelque chose.Dom Juan : Il ne se peut donc pas que tu ne sois bien à ton aise ?Le pauvre : Hélas ! Monsieur, je suis dans la plus grande nécessité du monde.Dom Juan : Tu te moques : un homme qui prie le Ciel tout le jour ne peut pas manquer dêtre bien dans ses affaires.Le pauvre : Je vous assure, Monsieur, que le plus souvent je nai pas un morceau de pain à me mettre sous les dents.Dom Juan : Voilà qui est étrange, et tu es bien mal reconnu de tes soins. Ah ! ah ! je men vais te donner un louis dor tout à lheure, pourvu que tu veuilles jurer.Le pauvre : Ah ! Monsieur, voudriez-vous que je commisse un tel péché ?Dom Juan : Tu nas quà voir si tu veux gagner un louis dor ou non. En voici un que je te donne, si tu jures ; tiens, il faut jurer.Le pauvre : Monsieur !Dom Juan : À moins de cela, tu ne lauras pas.Sganarelle : Va, va, jure un peu, il ny a pas de mal.Dom Juan : Prends, le voilà ; prends, te dis-je, mais jure donc.Le pauvre: Non, Monsieur, jaime mieux mourir de faim. Document 1 : Dom Juan Mise en scène deDom Juan : Va, va, je te le donne pour lamour de lhumanité. Marcel Bluwal - 1965
  • 4. Texte n° 23 - MOLIÈRE, Dom Juan, 1665 - Acte V, scènes 5 et 6Dom Juan, un Spectre, en femme voilée, SganarelleLe Spectre : Dom Juan na plus quun moment à pouvoir profiter de la miséricorde du Ciel ; et sil ne se repent ici, sa perte est résolue.Sganarelle : Entendez-vous, Monsieur ?Dom Juan : Qui ose tenir ces paroles ? Je crois connaître cette voix.Sganarelle : Ah ! Monsieur, cest un spectre : je le reconnais au marcher.Dom Juan : Spectre, fantôme ; ou diable, je veux voir ce que cest.(Le Spectre change de figure et représente le Temps avec sa faux à la main.)Sganarelle : Ô ciel ! voyez!vous, Monsieur, ce changement de figure ?Dom Juan : Non, non, rien nest capable de mimprimer de la terreur, et je veux éprouver avec mon épée si cest un corps ou un esprit. (Le Spectre senvole dans le temps que Dom Juan le veut frapper.)Sganarelle : Ah ! Monsieur, rendez!vous à tant de preuves, et jetez!vous vite dans le repentir.Dom Juan : Non, non, il ne sera pas dit, quoi quil arrive, que je sois capable de me repentir. Allons, suis!moi.La Statue : Arrêtez, Dom Juan : vous mavez hier donné parole de venir manger avec moi.Dom Juan : Oui. Où faut-il aller ?La Statue : Donnez-moi la main. Document 2 : La Madone de Séville Source d!inspiration de Julie Brochen, 2011Dom Juan : La voilà.La Statue : Dom Juan, lendurcissement au péché traîne une mort funeste, et les grâces du Ciel que lon renvoie ouvrent un chemin à sa foudre.Dom Juan : Ô Ciel ! que sens-je ? un feu invisible me brûle, je nen puis plus, et tout mon corps devient un brasier ardent. Ah !(Le tonnerre tombe avec un grand bruit et de grands éclairs sur Dom Juan ; la terresouvre et labîme ; et il sort de grands feux de lendroit où il est tombé.)Sganarelle : Ah ! mes gages ! mes gages ! Voilà par sa mort un chacun satisfait. Ciel offensé, loisviolées, filles séduites, familles déshonorées, parents outragés, femmes mises à mal, marispoussés à bout, tout le monde est content ; il ny a que moi seul de malheureux, qui, après tantdannées de service, nai point dautre récompense que de voir à mes yeux limpiété de mon maître Document 3 : Dom Juanpunie par le plus épouvantable châtiment du monde. Mes gages ! mes gages ! mes gages ! Mise en scène de Daniel Mesguish 2003
  • 5. Doc. 4 Document 4 à 7 : Mises en scène Doc. 6 contemporaines de Dom Juan 4. Patrice Chéreau 1969 5. Julie Brochen 2011 6. et 7. Marcel Bluwal 1965 Doc. 7 Doc. 5
  • 6. Document 8 et 9 : La scène finale de Dom Juan : Armand Delcampe 1999 Document 10 : Document 11 :Le tombeau du commandeur Dom Juan - Acte III, sc.5 (Julie Brochen 2011) Le pauvre de Dom Juan - Acte III, sc.2 (Daniel Mesguish 2003)

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