Stendhal, Le Rouge et le noir, part. I, chap. 9

  • 11,324 views
Uploaded on

Commentaire littéraire de la scène où Julien Sorel part à la conquête de la main de Mme de Rênal, dans Le Rouge et le noir (Stendhal - 1830)

Commentaire littéraire de la scène où Julien Sorel part à la conquête de la main de Mme de Rênal, dans Le Rouge et le noir (Stendhal - 1830)

More in: Travel , Education
  • Full Name Full Name Comment goes here.
    Are you sure you want to
    Your message goes here
    Be the first to comment
No Downloads

Views

Total Views
11,324
On Slideshare
0
From Embeds
0
Number of Embeds
2

Actions

Shares
Downloads
74
Comments
0
Likes
1

Embeds 0

No embeds

Report content

Flagged as inappropriate Flag as inappropriate
Flag as inappropriate

Select your reason for flagging this presentation as inappropriate.

Cancel
    No notes for slide


































































Transcript

  • 1. Le Rouge et le noir Stendhal - Henri Beyle 1830
  • 2. La conquête de la main • Ière partie - Chapitre IX
  • 3. Introduction 1. Situation du passage (J. précepteur chez Mme de Rênal, etc...) • à Vergy, un an après leur rencontre • les 2 pers. attirés l’un par l’autre • J. a déjà touché la main de Mme de R qui l’a retirée ; il souhaite mener à bien son entreprise de séduction 2. Problématique : Scène de conquête amoureuse • Comment Julien conquiert cette main ? • Qu’est-ce qui fait l’originalité de cette scène ? • En quoi préfigure-t-elle l’incapacité du héros à trouver le bonheur ?
  • 4. Le soleil en baissant, et rapprochant le moment décisif, fit battre le cœur de Julien dʼune façon singulière. La nuit vint. Il observa, avec une joie qui lui ôta un poids immense de dessus la poitrine, quʼelle serait fort obscure. Le ciel chargé de gros nuages, promenés par un vent très chaud, semblait annoncer une tempête. Les deux amies se promenèrent fort tard. Tout ce quʼelles faisaient ce soir-là semblait singulier à Julien. Elles jouissaient de ce temps, qui, pour certaines âmes délicates, semble augmenter le plaisir dʼaimer. On sʼassit enfin, Mme de Rênal à côté de Julien, et Mme Derville près de son amie. Préoccupé de ce quʼil allait tenter, Julien ne trouvait rien à dire. La conversation languissait. Serai-je aussi tremblant, et malheureux au premier duel qui me viendra ? se dit Julien, car il avait trop de méfiance et de lui et des autres pour ne pas voir lʼétat de son âme. Dans sa mortelle angoisse, tous les dangers lui eussent semblé préférables. Que de fois ne désira-t-il pas voir survenir à Mme de Rênal quelque affaire qui lʼobligeât de rentrer à la maison et de quitter le jardin ! La violence que Julien était obligé de se faire était trop forte pour que sa voix ne fût pas profondément altérée ; bientôt la voix de Mme de Rênal devint tremblante aussi, mais Julien ne sʼen aperçut point. Lʼaffreux combat que le devoir livrait à la timidité était trop pénible pour quʼil fût en état de rien observer hors lui-même. Neuf heures trois quarts venaient de sonner à lʼhorloge du château, sans quʼil eût encore rien osé. Julien, indigné de sa lâcheté, se dit : Au moment précis où dix heures sonneront, jʼexécuterai ce que, pendant toute la journée, je me suis promis de faire ce soir, ou je monterai chez moi me brûler la cervelle. Après un dernier moment dʼattente et dʼanxiété, pendant lequel lʼexcès de lʼémotion mettait Julien comme hors de lui, dix heures sonnèrent à lʼhorloge qui était au-dessus de sa tête. Chaque coup de cette cloche fatale retentissait dans sa poitrine, et y causait comme un mouvement physique. Enfin, comme le dernier coup de dix heures retentissait encore, il étendit la main et prit celle de Mme Rênal, qui la retira aussitôt. Julien, sans trop savoir ce quʼil faisait, la saisit de nouveau. Quoique bien ému lui-même, il fut frappé de la froideur glaciale de la main quʼil prenait ; il la serrait avec une force convulsive ; on fit un dernier effort pour la lui ôter, mais enfin cette main lui resta. Son âme fut inondée de bonheur, non quʼil aimât Mme de Rênal, mais un affreux supplice venait de cesser. Pour que Mme Derville ne sʼaperçût de rien, il se crut obligé de parler ; sa voix alors était éclatante et forte. Celle de Mme de Rênal, au contraire, trahissait tant dʼémotion, que son amie la crut malade et lui proposa de rentrer. Julien sentit le danger : si Mme de Rênal rentre au salon, je vais retomber dans la position affreuse où jʼai passé la journée. Jʼai tenu cette main trop peu de temps pour que cela compte comme un avantage qui mʼest acquis.
  • 5. I - Une étrange scène de séduction amoureuse
  • 6. I - Une étrange scène de séduction amoureuse 1. Un cadre propice à la rencontre
  • 7. I - Une étrange scène de séduction amoureuse 1. Un cadre propice à la rencontre Jardin + crépuscule
  • 8. I - Une étrange scène de séduction amoureuse 1. Un cadre propice à la rencontre Jardin + crépuscule ce soir-là ... la nuit vint...
  • 9. I - Une étrange scène de séduction amoureuse 1. Un cadre propice à la rencontre Jardin + crépuscule ce soir-là ... la nuit vint... caractère exceptionnel de ce moment
  • 10. I - Une étrange scène de séduction amoureuse 1. Un cadre propice à la rencontre Jardin + crépuscule ce soir-là ... la nuit vint... caractère exceptionnel de ce moment moment décisif
  • 11. I - Une étrange scène de séduction amoureuse 1. Un cadre propice à la rencontre Jardin + crépuscule ce soir-là ... la nuit vint... caractère exceptionnel de ce moment moment décisif Atmosphère de suspense soulignée par la brièveté de la phrase «La nuit vint»
  • 12. I - Une étrange scène de séduction amoureuse 1. Un cadre propice à la rencontre Jardin + crépuscule ce soir-là ... la nuit vint... caractère exceptionnel de ce moment moment décisif Atmosphère de suspense soulignée par la brièveté de la phrase «La nuit vint» nuit obscure, propice aux scènes amoureuses cachées
  • 13. I - Une étrange scène de séduction amoureuse 1. Un cadre propice à la rencontre Jardin + crépuscule ce soir-là ... la nuit vint... caractère exceptionnel de ce moment moment décisif Atmosphère de suspense soulignée par la brièveté de la phrase «La nuit vint» nuit obscure, propice aux scènes amoureuses cachées ciel chargé de nuages... vent très chaud
  • 14. I - Une étrange scène de séduction amoureuse 1. Un cadre propice à la rencontre Jardin + crépuscule ce soir-là ... la nuit vint... caractère exceptionnel de ce moment moment décisif Atmosphère de suspense soulignée par la brièveté de la phrase «La nuit vint» nuit obscure, propice aux scènes amoureuses cachées ciel chargé de nuages... vent très chaud tension avant la tempête
  • 15. I - Une étrange scène de séduction amoureuse 1. Un cadre propice à la rencontre Jardin + crépuscule ce soir-là ... la nuit vint... caractère exceptionnel de ce moment moment décisif Atmosphère de suspense soulignée par la brièveté de la phrase «La nuit vint» nuit obscure, propice aux scènes amoureuses cachées ciel chargé de nuages... vent très chaud tension avant la tempête
  • 16. I - Une étrange scène de séduction amoureuse 1. Un cadre propice à la rencontre Jardin + crépuscule ce soir-là ... la nuit vint... caractère exceptionnel de ce moment moment décisif Atmosphère de suspense soulignée par la brièveté de la phrase «La nuit vint» nuit obscure, propice aux scènes amoureuses cachées ciel chargé de nuages... vent très chaud tension avant la tempête Atmosphère qui correspond à l’ébullition intérieure du héros (paysage état d’âme)
  • 17. Le soleil en baissant, et rapprochant le moment décisif, fit battre le cœur de Julien dʼune façon singulière. La nuit vint. Il observa, avec une joie qui lui ôta un poids immense de dessus la poitrine, quʼelle serait fort obscure. Le ciel chargé de gros nuages, promenés par un vent très chaud, semblait annoncer une tempête. Les deux amies se promenèrent fort tard. Tout ce quʼelles faisaient ce soir-là semblait singulier à Julien. Elles jouissaient de ce temps, qui, pour certaines âmes délicates, semble augmenter le plaisir dʼaimer. On sʼassit enfin, Mme de Rênal à côté de Julien, et Mme Derville près de son amie. Préoccupé de ce quʼil allait tenter, Julien ne trouvait rien à dire. La conversation languissait. Serai-je aussi tremblant, et malheureux au premier duel qui me viendra ? se dit Julien, car il avait trop de méfiance et de lui et des autres pour ne pas voir lʼétat de son âme. Dans sa mortelle angoisse, tous les dangers lui eussent semblé préférables. Que de fois ne désira-t-il pas voir survenir à Mme de Rênal quelque affaire qui lʼobligeât de rentrer à la maison et de quitter le jardin ! La violence que Julien était obligé de se faire était trop forte pour que sa voix ne fût pas profondément altérée ; bientôt la voix de Mme de Rênal devint tremblante aussi, mais Julien ne sʼen aperçut point. Lʼaffreux combat que le devoir livrait à la timidité était trop pénible pour quʼil fût en état de rien observer hors lui-même. Neuf heures trois quarts venaient de sonner à lʼhorloge du château, sans quʼil eût encore rien osé. Julien, indigné de sa lâcheté, se dit : Au moment précis où dix heures sonneront, jʼexécuterai ce que, pendant toute la journée, je me suis promis de faire ce soir, ou je monterai chez moi me brûler la cervelle. Après un dernier moment dʼattente et dʼanxiété, pendant lequel lʼexcès de lʼémotion mettait Julien comme hors de lui, dix heures sonnèrent à lʼhorloge qui était au-dessus de sa tête. Chaque coup de cette cloche fatale retentissait dans sa poitrine, et y causait comme un mouvement physique. Enfin, comme le dernier coup de dix heures retentissait encore, il étendit la main et prit celle de Mme Rênal, qui la retira aussitôt. Julien, sans trop savoir ce quʼil faisait, la saisit de nouveau. Quoique bien ému lui-même, il fut frappé de la froideur glaciale de la main quʼil prenait ; il la serrait avec une force convulsive ; on fit un dernier effort pour la lui ôter, mais enfin cette main lui resta. Son âme fut inondée de bonheur, non quʼil aimât Mme de Rênal, mais un affreux supplice venait de cesser. Pour que Mme Derville ne sʼaperçût de rien, il se crut obligé de parler ; sa voix alors était éclatante et forte. Celle de Mme de Rênal, au contraire, trahissait tant dʼémotion, que son amie la crut malade et lui proposa de rentrer. Julien sentit le danger : si Mme de Rênal rentre au salon, je vais retomber dans la position affreuse où jʼai passé la journée. Jʼai tenu cette main trop peu de temps pour que cela compte comme un avantage qui mʼest acquis.
  • 18. 2. Une émotion intense chez Julien •la focalisation interne •le lexique de l’émotion
  • 19. 2. Une émotion intense chez Julien •la focalisation interne •le lexique de l’émotion Tout est perçu à travers Julien (pt de vue interne qui traduit sa sensibilité) ; il ne retient des circonstances que ce qui favorise son entreprise
  • 20. 2. Une émotion intense chez Julien •la focalisation interne •le lexique de l’émotion Tout est perçu à travers Julien (pt de vue interne qui traduit sa sensibilité) ; il ne retient des circonstances que ce qui favorise son entreprise il observa qu’elle serait fort obscure
  • 21. 2. Une émotion intense chez Julien •la focalisation interne •le lexique de l’émotion Tout est perçu à travers Julien (pt de vue interne qui traduit sa sensibilité) ; il ne retient des circonstances que ce qui favorise son entreprise il observa qu’elle serait fort obscure Concentrati° de J. sur sa volonté d’agir, même la scène des femmes lui semble étrange «tout ce qu’elles faisaient...singulier»
  • 22. 2. Une émotion intense chez Julien •la focalisation interne •le lexique de l’émotion Tout est perçu à travers Julien (pt de vue interne qui traduit sa sensibilité) ; il ne retient des circonstances que ce qui favorise son entreprise il observa qu’elle serait fort obscure Concentrati° de J. sur sa volonté d’agir, même la scène des femmes lui semble étrange «tout ce qu’elles faisaient...singulier» Percept° du temps : On s’assit enfin
  • 23. 2. Une émotion intense chez Julien •la focalisation interne •le lexique de l’émotion Tout est perçu à travers Julien (pt de vue interne qui traduit sa sensibilité) ; il ne retient des circonstances que ce qui favorise son entreprise il observa qu’elle serait fort obscure Concentrati° de J. sur sa volonté d’agir, même la scène des femmes lui semble étrange «tout ce qu’elles faisaient...singulier» Percept° du temps : On s’assit enfin ➙ impatience de Julien : ttes les indicat° temporelles traduisent l’impatience de J. qui s’est fixé un ultimatum
  • 24. 2. Une émotion intense chez Julien •la focalisation interne •le lexique de l’émotion Tout est perçu à travers Julien (pt de vue interne qui traduit sa sensibilité) ; il ne retient des circonstances que ce qui favorise son entreprise il observa qu’elle serait fort obscure Concentrati° de J. sur sa volonté d’agir, même la scène des femmes lui semble étrange «tout ce qu’elles faisaient...singulier» Percept° du temps : On s’assit enfin ➙ impatience de Julien : ttes les indicat° temporelles traduisent l’impatience de J. qui s’est fixé un ultimatum chaque coup de cette cloche fatale...poitrine
  • 25. 2. Une émotion intense chez Julien •la focalisation interne •le lexique de l’émotion Tout est perçu à travers Julien (pt de vue interne qui traduit sa sensibilité) ; il ne retient des circonstances que ce qui favorise son entreprise il observa qu’elle serait fort obscure Concentrati° de J. sur sa volonté d’agir, même la scène des femmes lui semble étrange «tout ce qu’elles faisaient...singulier» Percept° du temps : On s’assit enfin ➙ impatience de Julien : ttes les indicat° temporelles traduisent l’impatience de J. qui s’est fixé un ultimatum chaque coup de cette cloche fatale...poitrine ➙ Paliers d’anxiété marqués par les notations temporelles
  • 26. Le soleil en baissant, et rapprochant le moment décisif, fit battre le cœur de Julien dʼune façon singulière. La nuit vint. Il observa, avec une joie qui lui ôta un poids immense de dessus la poitrine, quʼelle serait fort obscure. Le ciel chargé de gros nuages, promenés par un vent très chaud, semblait annoncer une tempête. Les deux amies se promenèrent fort tard. Tout ce quʼelles faisaient ce soir-là semblait singulier à Julien. Elles jouissaient de ce temps, qui, pour certaines âmes délicates, semble augmenter le plaisir dʼaimer. On sʼassit enfin, Mme de Rênal à côté de Julien, et Mme Derville près de son amie. Préoccupé de ce quʼil allait tenter, Julien ne trouvait rien à dire. La conversation languissait. Serai-je aussi tremblant, et malheureux au premier duel qui me viendra ? se dit Julien, car il avait trop de méfiance et de lui et des autres pour ne pas voir lʼétat de son âme. Dans sa mortelle angoisse, tous les dangers lui eussent semblé préférables. Que de fois ne désira-t-il pas voir survenir à Mme de Rênal quelque affaire qui lʼobligeât de rentrer à la maison et de quitter le jardin ! La violence que Julien était obligé de se faire était trop forte pour que sa voix ne fût pas profondément altérée ; bientôt la voix de Mme de Rênal devint tremblante aussi, mais Julien ne sʼen aperçut point. Lʼaffreux combat que le devoir livrait à la timidité était trop pénible pour quʼil fût en état de rien observer hors lui-même. Neuf heures trois quarts venaient de sonner à lʼhorloge du château, sans quʼil eût encore rien osé. Julien, indigné de sa lâcheté, se dit : Au moment précis où dix heures sonneront, jʼexécuterai ce que, pendant toute la journée, je me suis promis de faire ce soir, ou je monterai chez moi me brûler la cervelle. Après un dernier moment dʼattente et dʼanxiété, pendant lequel lʼexcès de lʼémotion mettait Julien comme hors de lui, dix heures sonnèrent à lʼhorloge qui était au-dessus de sa tête. Chaque coup de cette cloche fatale retentissait dans sa poitrine, et y causait comme un mouvement physique. Enfin, comme le dernier coup de dix heures retentissait encore, il étendit la main et prit celle de Mme Rênal, qui la retira aussitôt. Julien, sans trop savoir ce quʼil faisait, la saisit de nouveau. Quoique bien ému lui-même, il fut frappé de la froideur glaciale de la main quʼil prenait ; il la serrait avec une force convulsive ; on fit un dernier effort pour la lui ôter, mais enfin cette main lui resta. Son âme fut inondée de bonheur, non quʼil aimât Mme de Rênal, mais un affreux supplice venait de cesser. Pour que Mme Derville ne sʼaperçût de rien, il se crut obligé de parler ; sa voix alors était éclatante et forte. Celle de Mme de Rênal, au contraire, trahissait tant dʼémotion, que son amie la crut malade et lui proposa de rentrer. Julien sentit le danger : si Mme de Rênal rentre au salon, je vais retomber dans la position affreuse où jʼai passé la journée. Jʼai tenu cette main trop peu de temps pour que cela compte comme un avantage qui mʼest acquis.
  • 27. le lexique de l'émotion
  • 28. le lexique de l'émotion L’émoti° de J. se traduit physiquement :
  • 29. le lexique de l'émotion L’émoti° de J. se traduit physiquement : tremblant...malheureux...mortelle angoisse...excès d’émotion...hors de lui
  • 30. le lexique de l'émotion L’émoti° de J. se traduit physiquement : tremblant...malheureux...mortelle angoisse...excès d’émotion...hors de lui Ce ch. lexical se confond avec celui de la souffrance
  • 31. le lexique de l'émotion L’émoti° de J. se traduit physiquement : tremblant...malheureux...mortelle angoisse...excès d’émotion...hors de lui Ce ch. lexical se confond avec celui de la souffrance affreux supplice...force convulsive...mortelle angoisse
  • 32. le lexique de l'émotion L’émoti° de J. se traduit physiquement : tremblant...malheureux...mortelle angoisse...excès d’émotion...hors de lui Ce ch. lexical se confond avec celui de la souffrance affreux supplice...force convulsive...mortelle angoisse Cette première aventure amoureuse se transforme en torture morale ; c’est le pt de vue omniscient qui permet ici de sonder l’intimité de Julien :
  • 33. le lexique de l'émotion L’émoti° de J. se traduit physiquement : tremblant...malheureux...mortelle angoisse...excès d’émotion...hors de lui Ce ch. lexical se confond avec celui de la souffrance affreux supplice...force convulsive...mortelle angoisse Cette première aventure amoureuse se transforme en torture morale ; c’est le pt de vue omniscient qui permet ici de sonder l’intimité de Julien : Son âme fut inondée de bonheur, non qu’il aimât Mme de Rênal, mais un affreux supplice venait de cesser.
  • 34. le lexique de l'émotion L’émoti° de J. se traduit physiquement : tremblant...malheureux...mortelle angoisse...excès d’émotion...hors de lui Ce ch. lexical se confond avec celui de la souffrance affreux supplice...force convulsive...mortelle angoisse Cette première aventure amoureuse se transforme en torture morale ; c’est le pt de vue omniscient qui permet ici de sonder l’intimité de Julien : Son âme fut inondée de bonheur, non qu’il aimât Mme de Rênal, mais un affreux supplice venait de cesser. Alternance de pt vue interne et omniscient qui permet de resituer le bouillonnement intérieur de Julien : «il» «je» monologue interne on ne sait rien de ce que ressent Mme de rênal (façon de mieux montrer deux pers. distants)
  • 35. Le soleil en baissant, et rapprochant le moment décisif, fit battre le cœur de Julien dʼune façon singulière. La nuit vint. Il observa, avec une joie qui lui ôta un poids immense de dessus la poitrine, quʼelle serait fort obscure. Le ciel chargé de gros nuages, promenés par un vent très chaud, semblait annoncer une tempête. Les deux amies se promenèrent fort tard. Tout ce quʼelles faisaient ce soir-là semblait singulier à Julien. Elles jouissaient de ce temps, qui, pour certaines âmes délicates, semble augmenter le plaisir dʼaimer. On sʼassit enfin, Mme de Rênal à côté de Julien, et Mme Derville près de son amie. Préoccupé de ce quʼil allait tenter, Julien ne trouvait rien à dire. La conversation languissait. Serai-je aussi tremblant, et malheureux au premier duel qui me viendra ? se dit Julien, car il avait trop de méfiance et de lui et des autres pour ne pas voir lʼétat de son âme. Dans sa mortelle angoisse, tous les dangers lui eussent semblé préférables. Que de fois ne désira-t-il pas voir survenir à Mme de Rênal quelque affaire qui lʼobligeât de rentrer à la maison et de quitter le jardin ! La violence que Julien était obligé de se faire était trop forte pour que sa voix ne fût pas profondément altérée ; bientôt la voix de Mme de Rênal devint tremblante aussi, mais Julien ne sʼen aperçut point. Lʼaffreux combat que le devoir livrait à la timidité était trop pénible pour quʼil fût en état de rien observer hors lui-même. Neuf heures trois quarts venaient de sonner à lʼhorloge du château, sans quʼil eût encore rien osé. Julien, indigné de sa lâcheté, se dit : Au moment précis où dix heures sonneront, jʼexécuterai ce que, pendant toute la journée, je me suis promis de faire ce soir, ou je monterai chez moi me brûler la cervelle. Après un dernier moment dʼattente et dʼanxiété, pendant lequel lʼexcès de lʼémotion mettait Julien comme hors de lui, dix heures sonnèrent à lʼhorloge qui était au-dessus de sa tête. Chaque coup de cette cloche fatale retentissait dans sa poitrine, et y causait comme un mouvement physique. Enfin, comme le dernier coup de dix heures retentissait encore, il étendit la main et prit celle de Mme Rênal, qui la retira aussitôt. Julien, sans trop savoir ce quʼil faisait, la saisit de nouveau. Quoique bien ému lui-même, il fut frappé de la froideur glaciale de la main quʼil prenait ; il la serrait avec une force convulsive ; on fit un dernier effort pour la lui ôter, mais enfin cette main lui resta. Son âme fut inondée de bonheur, non quʼil aimât Mme de Rênal, mais un affreux supplice venait de cesser. Pour que Mme Derville ne sʼaperçût de rien, il se crut obligé de parler ; sa voix alors était éclatante et forte. Celle de Mme de Rênal, au contraire, trahissait tant dʼémotion, que son amie la crut malade et lui proposa de rentrer. Julien sentit le danger : si Mme de Rênal rentre au salon, je vais retomber dans la position affreuse où jʼai passé la journée. Jʼai tenu cette main trop peu de temps pour que cela compte comme un avantage qui mʼest acquis.
  • 36. II. Action militaire et parodie 1 - Un devoir militaire
  • 37. II. Action militaire et parodie 1 - Un devoir militaire Lexique de l’héroïsme :
  • 38. II. Action militaire et parodie 1 - Un devoir militaire Lexique de l’héroïsme : (gloire)... les dangers...un duel...affreux combat...la lâcheté
  • 39. II. Action militaire et parodie 1 - Un devoir militaire Lexique de l’héroïsme : (gloire)... les dangers...un duel...affreux combat...la lâcheté + Lexique du devoir
  • 40. II. Action militaire et parodie 1 - Un devoir militaire Lexique de l’héroïsme : (gloire)... les dangers...un duel...affreux combat...la lâcheté + Lexique du devoir l’affreux combat que le devoir livrait à la timidité...
  • 41. II. Action militaire et parodie 1 - Un devoir militaire Lexique de l’héroïsme : (gloire)... les dangers...un duel...affreux combat...la lâcheté + Lexique du devoir l’affreux combat que le devoir livrait à la timidité... Le futur, marque de détermination (volonté d’agir)
  • 42. II. Action militaire et parodie 1 - Un devoir militaire Lexique de l’héroïsme : (gloire)... les dangers...un duel...affreux combat...la lâcheté + Lexique du devoir l’affreux combat que le devoir livrait à la timidité... Le futur, marque de détermination (volonté d’agir) j’exécuterai...monterai...
  • 43. II. Action militaire et parodie 1 - Un devoir militaire Lexique de l’héroïsme : (gloire)... les dangers...un duel...affreux combat...la lâcheté + Lexique du devoir l’affreux combat que le devoir livrait à la timidité... Le futur, marque de détermination (volonté d’agir) j’exécuterai...monterai... J. se fixe un ultimatum
  • 44. II. Action militaire et parodie 1 - Un devoir militaire Lexique de l’héroïsme : (gloire)... les dangers...un duel...affreux combat...la lâcheté + Lexique du devoir l’affreux combat que le devoir livrait à la timidité... Le futur, marque de détermination (volonté d’agir) j’exécuterai...monterai... J. se fixe un ultimatum Succession de verbes d’action qui marque le triomphe de sa volonté ➙ pas de satisfaction sensuelle à prendre la main, mais un contrôle permanent de sa position :
  • 45. II. Action militaire et parodie 1 - Un devoir militaire Lexique de l’héroïsme : (gloire)... les dangers...un duel...affreux combat...la lâcheté + Lexique du devoir l’affreux combat que le devoir livrait à la timidité... Le futur, marque de détermination (volonté d’agir) j’exécuterai...monterai... J. se fixe un ultimatum Succession de verbes d’action qui marque le triomphe de sa volonté ➙ pas de satisfaction sensuelle à prendre la main, mais un contrôle permanent de sa position : J’ai tenu cette main trop peu de temps pour que cela compte comme un avantage qui m’est acquis
  • 46. II. Action militaire et parodie 1 - Un devoir militaire Lexique de l’héroïsme : (gloire)... les dangers...un duel...affreux combat...la lâcheté + Lexique du devoir l’affreux combat que le devoir livrait à la timidité... Le futur, marque de détermination (volonté d’agir) j’exécuterai...monterai... J. se fixe un ultimatum Succession de verbes d’action qui marque le triomphe de sa volonté ➙ pas de satisfaction sensuelle à prendre la main, mais un contrôle permanent de sa position : J’ai tenu cette main trop peu de temps pour que cela compte comme un avantage qui m’est acquis + présence d’ennemis :
  • 47. II. Action militaire et parodie 1 - Un devoir militaire Lexique de l’héroïsme : (gloire)... les dangers...un duel...affreux combat...la lâcheté + Lexique du devoir l’affreux combat que le devoir livrait à la timidité... Le futur, marque de détermination (volonté d’agir) j’exécuterai...monterai... J. se fixe un ultimatum Succession de verbes d’action qui marque le triomphe de sa volonté ➙ pas de satisfaction sensuelle à prendre la main, mais un contrôle permanent de sa position : J’ai tenu cette main trop peu de temps pour que cela compte comme un avantage qui m’est acquis + présence d’ennemis : Mme Derville et ...Mme de Rênal
  • 48. Le soleil en baissant, et rapprochant le moment décisif, fit battre le cœur de Julien dʼune façon singulière. La nuit vint. Il observa, avec une joie qui lui ôta un poids immense de dessus la poitrine, quʼelle serait fort obscure. Le ciel chargé de gros nuages, promenés par un vent très chaud, semblait annoncer une tempête. Les deux amies se promenèrent fort tard. Tout ce quʼelles faisaient ce soir-là semblait singulier à Julien. Elles jouissaient de ce temps, qui, pour certaines âmes délicates, semble augmenter le plaisir dʼaimer. On sʼassit enfin, Mme de Rênal à côté de Julien, et Mme Derville près de son amie. Préoccupé de ce quʼil allait tenter, Julien ne trouvait rien à dire. La conversation languissait. Serai-je aussi tremblant, et malheureux au premier duel qui me viendra ? se dit Julien, car il avait trop de méfiance et de lui et des autres pour ne pas voir lʼétat de son âme. Dans sa mortelle angoisse, tous les dangers lui eussent semblé préférables. Que de fois ne désira-t-il pas voir survenir à Mme de Rênal quelque affaire qui lʼobligeât de rentrer à la maison et de quitter le jardin ! La violence que Julien était obligé de se faire était trop forte pour que sa voix ne fût pas profondément altérée ; bientôt la voix de Mme de Rênal devint tremblante aussi, mais Julien ne sʼen aperçut point. Lʼaffreux combat que le devoir livrait à la timidité était trop pénible pour quʼil fût en état de rien observer hors lui-même. Neuf heures trois quarts venaient de sonner à lʼhorloge du château, sans quʼil eût encore rien osé. Julien, indigné de sa lâcheté, se dit : Au moment précis où dix heures sonneront, jʼexécuterai ce que, pendant toute la journée, je me suis promis de faire ce soir, ou je monterai chez moi me brûler la cervelle. Après un dernier moment dʼattente et dʼanxiété, pendant lequel lʼexcès de lʼémotion mettait Julien comme hors de lui, dix heures sonnèrent à lʼhorloge qui était au-dessus de sa tête. Chaque coup de cette cloche fatale retentissait dans sa poitrine, et y causait comme un mouvement physique. Enfin, comme le dernier coup de dix heures retentissait encore, il étendit la main et prit celle de Mme Rênal, qui la retira aussitôt. Julien, sans trop savoir ce quʼil faisait, la saisit de nouveau. Quoique bien ému lui-même, il fut frappé de la froideur glaciale de la main quʼil prenait ; il la serrait avec une force convulsive ; on fit un dernier effort pour la lui ôter, mais enfin cette main lui resta. Son âme fut inondée de bonheur, non quʼil aimât Mme de Rênal, mais un affreux supplice venait de cesser. Pour que Mme Derville ne sʼaperçût de rien, il se crut obligé de parler ; sa voix alors était éclatante et forte. Celle de Mme de Rênal, au contraire, trahissait tant dʼémotion, que son amie la crut malade et lui proposa de rentrer. Julien sentit le danger : si Mme de Rênal rentre au salon, je vais retomber dans la position affreuse où jʼai passé la journée. Jʼai tenu cette main trop peu de temps pour que cela compte comme un avantage qui mʼest acquis.
  • 49. II. Action militaire et parodie 2 - La parodie, le burlesque
  • 50. II. Action militaire et parodie 2 - La parodie, le burlesque L’ironie de Stendhal est présente tout au long du passage
  • 51. II. Action militaire et parodie 2 - La parodie, le burlesque L’ironie de Stendhal est présente tout au long du passage ➙ J. est un piètre héros ; Stendhal se moque de sa lutte perpétuelle entre l’héroïsme et le peur
  • 52. II. Action militaire et parodie 2 - La parodie, le burlesque L’ironie de Stendhal est présente tout au long du passage ➙ J. est un piètre héros ; Stendhal se moque de sa lutte perpétuelle entre l’héroïsme et le peur cf «affreux combat», comme s’il s’agissait d’un combat de Titans
  • 53. II. Action militaire et parodie 2 - La parodie, le burlesque L’ironie de Stendhal est présente tout au long du passage ➙ J. est un piètre héros ; Stendhal se moque de sa lutte perpétuelle entre l’héroïsme et le peur cf «affreux combat», comme s’il s’agissait d’un combat de Titans ➙ décalage entre l’objet de la conquête et les moyens déployés (arsenal militaire)
  • 54. II. Action militaire et parodie 2 - La parodie, le burlesque L’ironie de Stendhal est présente tout au long du passage ➙ J. est un piètre héros ; Stendhal se moque de sa lutte perpétuelle entre l’héroïsme et le peur cf «affreux combat», comme s’il s’agissait d’un combat de Titans ➙ décalage entre l’objet de la conquête et les moyens déployés (arsenal militaire) ➙ décalage entre les paroles héroïques et l’émotion qui le submerge
  • 55. II. Action militaire et parodie 2 - La parodie, le burlesque L’ironie de Stendhal est présente tout au long du passage ➙ J. est un piètre héros ; Stendhal se moque de sa lutte perpétuelle entre l’héroïsme et le peur cf «affreux combat», comme s’il s’agissait d’un combat de Titans ➙ décalage entre l’objet de la conquête et les moyens déployés (arsenal militaire) ➙ décalage entre les paroles héroïques et l’émotion qui le submerge ➙ décalage entre ce qu’il voudrait être et le garçon timide, voire timoré, qui n’ose pas rester face à Mme de Rênal. ➙ dédoublement qui crée du burlesque
  • 56. II. Action militaire et parodie 2 - La parodie, le burlesque L’ironie de Stendhal est présente tout au long du passage ➙ J. est un piètre héros ; Stendhal se moque de sa lutte perpétuelle entre l’héroïsme et le peur cf «affreux combat», comme s’il s’agissait d’un combat de Titans ➙ décalage entre l’objet de la conquête et les moyens déployés (arsenal militaire) ➙ décalage entre les paroles héroïques et l’émotion qui le submerge ➙ décalage entre ce qu’il voudrait être et le garçon timide, voire timoré, qui n’ose pas rester face à Mme de Rênal. ➙ dédoublement qui crée du burlesque ➙ décalage entre la situation bucolique et le traitement militaire de la narration
  • 57. II. Action militaire et parodie 2 - La parodie, le burlesque L’ironie de Stendhal est présente tout au long du passage ➙ J. est un piètre héros ; Stendhal se moque de sa lutte perpétuelle entre l’héroïsme et le peur cf «affreux combat», comme s’il s’agissait d’un combat de Titans ➙ décalage entre l’objet de la conquête et les moyens déployés (arsenal militaire) ➙ décalage entre les paroles héroïques et l’émotion qui le submerge ➙ décalage entre ce qu’il voudrait être et le garçon timide, voire timoré, qui n’ose pas rester face à Mme de Rênal. ➙ dédoublement qui crée du burlesque ➙ décalage entre la situation bucolique et le traitement militaire de la narration ➙ dérision du personnage qui n’a pas l’étoffe d’un héros
  • 58. III - Amour ou ambition ? On ne sent jamais le fluide amoureux entre J. et Mme de Rênal 1 - Analyse psychologique
  • 59. III - Amour ou ambition ? On ne sent jamais le fluide amoureux entre J. et Mme de Rênal 1 - Analyse psychologique Extrêmement approfondie, elle permet de mettre à jour les motivation profondes des actes.
  • 60. III - Amour ou ambition ? On ne sent jamais le fluide amoureux entre J. et Mme de Rênal 1 - Analyse psychologique Extrêmement approfondie, elle permet de mettre à jour les motivation profondes des actes. ➙ Julien apparaît dans toute son ambivalence :
  • 61. III - Amour ou ambition ? On ne sent jamais le fluide amoureux entre J. et Mme de Rênal 1 - Analyse psychologique Extrêmement approfondie, elle permet de mettre à jour les motivation profondes des actes. ➙ Julien apparaît dans toute son ambivalence : émotif et froid calculateur
  • 62. III - Amour ou ambition ? On ne sent jamais le fluide amoureux entre J. et Mme de Rênal 1 - Analyse psychologique Extrêmement approfondie, elle permet de mettre à jour les motivation profondes des actes. ➙ Julien apparaît dans toute son ambivalence : émotif et froid calculateur L’amour est totalement étouffé par l’ambition ;
  • 63. III - Amour ou ambition ? On ne sent jamais le fluide amoureux entre J. et Mme de Rênal 1 - Analyse psychologique Extrêmement approfondie, elle permet de mettre à jour les motivation profondes des actes. ➙ Julien apparaît dans toute son ambivalence : émotif et froid calculateur L’amour est totalement étouffé par l’ambition ; J. ne peut se laisser à être heureux, il cherche toujours à se contrôler (lexique du devoir et égotisme)
  • 64. III - Amour ou ambition ? On ne sent jamais le fluide amoureux entre J. et Mme de Rênal 1 - Analyse psychologique Extrêmement approfondie, elle permet de mettre à jour les motivation profondes des actes. ➙ Julien apparaît dans toute son ambivalence : émotif et froid calculateur L’amour est totalement étouffé par l’ambition ; J. ne peut se laisser à être heureux, il cherche toujours à se contrôler (lexique du devoir et égotisme) il calcule les effets de ses actes sur son avancement dans la société. Ce cynisme égocentrique apparaît ds la phrase : «...non qu’il l’aimât, mais un affreux supplice venait de cesser»
  • 65. III - Amour ou ambition ? On ne sent jamais le fluide amoureux entre J. et Mme de Rênal 1 - Analyse psychologique Extrêmement approfondie, elle permet de mettre à jour les motivation profondes des actes. ➙ Julien apparaît dans toute son ambivalence : émotif et froid calculateur L’amour est totalement étouffé par l’ambition ; J. ne peut se laisser à être heureux, il cherche toujours à se contrôler (lexique du devoir et égotisme) il calcule les effets de ses actes sur son avancement dans la société. Ce cynisme égocentrique apparaît ds la phrase : «...non qu’il l’aimât, mais un affreux supplice venait de cesser» En voulant s’avancer socialement, J. s’interdit tout accès au bonheur.
  • 66. III - Amour ou ambition ? 2 - Impossible communication
  • 67. III - Amour ou ambition ? 2 - Impossible communication Prendre la main devrait être un symbole de communion entre les êtres ; or ici, la main est une cible, un trophée.
  • 68. III - Amour ou ambition ? 2 - Impossible communication Prendre la main devrait être un symbole de communion entre les êtres ; or ici, la main est une cible, un trophée. Les personnages n’ont jamais été si proches physiquement et si éloignés sentimentalement (aucun partage d’émotion) «mais Julien ne s’en aperçut pas»
  • 69. III - Amour ou ambition ? 2 - Impossible communication Prendre la main devrait être un symbole de communion entre les êtres ; or ici, la main est une cible, un trophée. Les personnages n’ont jamais été si proches physiquement et si éloignés sentimentalement (aucun partage d’émotion) «mais Julien ne s’en aperçut pas» Cette distance est marquée par l’emploi du «ON», vidé d’identité «cette main lui resta»
  • 70. III - Amour ou ambition ? 2 - Impossible communication Prendre la main devrait être un symbole de communion entre les êtres ; or ici, la main est une cible, un trophée. Les personnages n’ont jamais été si proches physiquement et si éloignés sentimentalement (aucun partage d’émotion) «mais Julien ne s’en aperçut pas» Cette distance est marquée par l’emploi du «ON», vidé d’identité «cette main lui resta» cf aussi la froideur de la main, comme détachée du corps
  • 71. III - Amour ou ambition ? 2 - Impossible communication Prendre la main devrait être un symbole de communion entre les êtres ; or ici, la main est une cible, un trophée. Les personnages n’ont jamais été si proches physiquement et si éloignés sentimentalement (aucun partage d’émotion) «mais Julien ne s’en aperçut pas» Cette distance est marquée par l’emploi du «ON», vidé d’identité «cette main lui resta» cf aussi la froideur de la main, comme détachée du corps opposit° entre Julien, tout à sa gloire, et Mme de Rênal, émue et tremblante.
  • 72. III - Amour ou ambition ? 2 - Impossible communication Prendre la main devrait être un symbole de communion entre les êtres ; or ici, la main est une cible, un trophée. Les personnages n’ont jamais été si proches physiquement et si éloignés sentimentalement (aucun partage d’émotion) «mais Julien ne s’en aperçut pas» Cette distance est marquée par l’emploi du «ON», vidé d’identité «cette main lui resta» cf aussi la froideur de la main, comme détachée du corps opposit° entre Julien, tout à sa gloire, et Mme de Rênal, émue et tremblante. ➙Son orgueil lui donne accès à une main froide, mais non à l’âme.
  • 73. Conclusion Julien se comporte en double de Napoléon... de pacotille (= qui se voudrait héroïque, mais qui est très vite envahi par la panique). Il confond champ amoureux et champ de bataille, mais cette confusion burlesque est tragique : Julien ne saura pas profiter de l’amour de Mme de Rênal. Il ne comprendra que fort tard que le bonheur ne réside pas dans la conquête sociale ➙ annonce des échecs futurs