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Meurtre en haute montagne

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Nouvelle policière écrite par Jean-Marie Giraud, élève de 1ère bac professionnel Productions aquacoles du Legtpa Louis Pasteur de La Canourgue, dans le cadre d'un atelier d'écriture mené en novembre …

Nouvelle policière écrite par Jean-Marie Giraud, élève de 1ère bac professionnel Productions aquacoles du Legtpa Louis Pasteur de La Canourgue, dans le cadre d'un atelier d'écriture mené en novembre 2012 par C. Estevenon, M. Fouché et l'écrivain Sergueï Dounovetz.

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  • 1. Meurtre en haute montagne Par Jean-Marie Giraud - Debout ! fait une voix forte qui me fait sursauter.Moi, cest Thomas, jeune étudiant, à peine 17 ans et me voilà assis sur une chaise,derrière une table dans cette salle d’interrogatoire. Lhomme qui vient de rentrer dans lapièce, après mavoir fait mariner pendant dinterminables minutes, pourrait avoir unetrentaine dannée. Il dispose devant moi plusieurs photos de cadavres différents, avecune certaine aisance qui me fait froid dans le dos.Puis il me dit, avec un certain dégoût : - Tu as à peine 17 ans et te voilà déjà accusé de deux homicides. - Je ny suis pour rien ! Je réponds, tout en me levant et en renversant la chaise. - RASSIEDS-TOI ! mordonne-t-il en tapant du poing sur la table, puisque tu ny es pour rien tu vas mexpliquer ce qui sest passé, OK ? - OK, alors voilà comment ça sest passé : Tout a commencé au mois d’août, pendant les vacances dété, ma mère mavait payé un séjour de pêche aux Lacs Noirs qui durait trois nuits et quatre jours. Puis le jour du départ est arrivé, on était cinq pêcheurs au total. Durant les dix heures de marche pour rejoindre le refuge, jen ai profité pour faire connaissance avec le reste du groupe : Philippe, une personne de taille moyenne, la trentaine, un avocat (et il sen cachait pas). Il ma expliqué quil avait gagné ce séjour à une loterie. Ensuite il y avait André, un retraité dune soixantaine dannées, plutôt petit et assez trapu. Lui cétait sa femme qui lui avait offert ce séjour, sûrement pour se débarrasser de lui. Puis il y avait Élise, sa beauté était loin de me laisser indiffèrent, elle avait des yeux de la même couleur que les pierres d’émeraude, des cheveux bruns et bouclés qui lui tombaient jusquen bas des hanches. Sa bouche à elle seule représentait la sensualité. A vue d’œil, je dirais quelle mesurait environ un mètre soixante-dix tout au plus. Pour elle, cétait sa mère qui lui avait payé le voyage pour fêter son dix-septième anniversaire. Et après, il y avait Stephan, lencadrant de cette 8
  • 2. session. D’après ce que jai compris, il avait une renommée internationale. Jai remarqué un détail particulier : il avait un léger accent russe et je mamusais à limiter.Au bout de dix heures et trente longues et épuisantes minutes, nous sommes arrivésdevant le refuge. Ici nous étions coupés du monde, pas une seule habitation à plus devingt kilomètres, aucune trace de réseau sur nos portables. Le seul moyen decommunication était un téléphone cellulaire qui servait uniquement à appeler lessecours en cas de problème.Mais le cadre était magnifique, des lacs et des montagnes à perte de vue et de temps entemps on pouvait voir des isards ou des marmottes. Tout dabord nous avons installétout notre matériel dans le refuge puis nous avons dû aller chercher du bois sec pour lefeu car en pleine nuit les températures chutent énormément. Au bout de quelquesdizaines de minutes, Stephan est arrivé les bras surchargés de bois mort ce qui a pu mepermettre de constater quil connaissait bien le coin. Cétait dix-sept heures, il nousrestait quelques heures devant nous avant que la nuit tombe alors nous avons décidéd’aller faire le coup du soir. Nous nous sommes séparés en deux groupes, un groupe detrois et un groupe de deux, pour ma part je métais arrangé pour être avec Élise. Nousnous rendions au bord du lac Liliana . Durant la partie de pêche, une certainecomplicité et compétition se sont installées entre Élise et moi, cétait celui qui faisait lemoins de poisson qui finissait à leau. On utilisait la technique du poisson mort-manié : leprincipe est dutiliser un poisson loché sur une monture drachkovitch* et de donner descoups irréguliers de scion* dans le but de lanimer comme un poisson mort ou en fin devie ou malade pour déclencher l’agressivité.*Monture drachkovitch : monture qui permet de maintenir le poisson mort tout en le « hérissant »dhameçons et tridents*scion : extrémité la plus fine de la canne à pêche. 9
  • 3. Mais à mon plus grand soulagement les résultats étaient égaux : trois truites Fario dontune de plus de trente centimètres ce qui est énorme car la croissance des poissons estralentie suite aux température froides des eaux en lac de montagne et quatre saumonsde fontaine dont le plus gros faisait vingt-six centimètres. La nuit est tombée et on sesttous retrouvés au refuge.Le lendemain matin, on sest levés aux aurores pour faire le coup du matin, mais javaisune sensation bizarre, comme si quelquun nous observait. Nous avons repris le systèmede groupe de la veille, sauf que là Stephan était absent pour aller tester un autre lacavant de nous y amener. Élise et moi, nous nous sommes dirigés vers le lac Fourcat .Nous étions à peine arrivés sur les berges du lac quun bruit sourd a retenti dans lesmontagnes, comme un coup de feu. Aussitôt on sest précipités vers lautre groupe. Unefois arrivés sur les lieux, nous avons vu Philippe qui gisait dans son propre sang , avecAndré qui faisait un poing de compression sur son artère jugulaire : la balle avaitlittéralement traversé son cou. Durant son agonie, Philippe avait essayé de nous direquelque chose mais jai compris juste deux mots : mafia,tueurs. A peine ces motsprononcés, un autre bruit sourd a retenti, il a fallu attendre trois interminables secondesavant quune autre balle percute à nouveau Philippe sauf que là, la balle a traversé lecrâne. Une exécution, voilà à quoi nous avons assisté, nos corps étaient tétanisés, on nepouvait plus bouger à cause de la peur, le temps était comme figé. Jétais recouvert desang suite au dommage que la deuxième balle avait fait. Jusquau moment où Élise mamis une claque qui ma fait aussitôt redescendre sur terre .Dans les quelques secondes qui ont suivi, on sest mis à courir dans le refuge pour semettre à labri du tireur. Une fois à l’intérieur, on sest mis à chercher le téléphone maisaucune trace de celui-ci.Et à partir de là, je me suis mis à réfléchir aux deux mots que Philippe avait prononcésMafia, tueurs et jai compris que ce séjour était un traquenard pour Philippe, que laloterie avait été truquée pour quil gagne ce séjour mais la question restait : pourquoi ?Un jour était passé sans sortir dehors puis on a commencé à manquer de bois pour le feualors jai décidé daller en chercher. A peine sorti du refuge, j’ai aperçu un reflet juste surla colline en face du refuge. Je suis alors rentré en panique dans le refuge. Les autres, 10
  • 4. tout affolés, sont venus me demander ce que javais pu voir. Après de longues heures deréflexion, jai pris la parole et dit : De toutes façons, soit cest lui qui y passe, soit cestnous. Une fois ces paroles dites, un grand silence a suivi, jusquà ce quÉlise medemande ce que je voulais faire … Une fois mon plan exposé, on commença à le mettreen œuvre. Je commençais à sortir par une fenêtre à larrière du refuge pendant queAndré ouvrait la porte pour faire diversion puis je suis entré dans les bois qui bordait lelac. Une fois dans les bois, il ne me restait plus que la colline où était posté le tireur. Aubout dune heure et demi, jarrivais au pied de la colline, je tremblais comme une feuillemais je devais me reprendre car les autres comptaient sur moi.Jai commencé à monter la colline et une fois en haut, j’ai aperçu un homme en tenue decamouflage avec un M82A1. Je suis arrivé derrière lui, jai sorti mon couteau de survieque jai mis sous sa gorge. Il a lâché son arme, son fusil et jai saisi son arme de poingsituée sur sa jambe droite. Le menaçant avec sa propre arme, je lui ai ordonné de retirersa cagoule et là, à ma plus grande surprise, jai vu Stephan. Surpris par cette découverte,je lui ai demandé qui il était et pourquoi il avait fait ça. Il ma répondu quil s’appelaitVictor Sakaev et quil avait fait ça car il y avait un contrat sur la tête à Philippe parce quilavait mal protégé un client, qui se trouvait être le fils dun des grands de la mafia russe,et que à cause de lui, il avait été condamné à plusieurs années d’emprisonnement. Justeaprès quil ait fini d’expliquer, il sest jeté sur moi et un coup de feu parti du pistolet, cethomme s’est écroulé devant moi. Il trempait dans son sang. La balle lui avait touché lespoumons, son agonie a duré quelques minutes puis il a fini par succomber à sa blessure.Choqué par cet enchaînement dactions, je me suis assis à côté du corps en ayant du malà réaliser que cétait moi qui avait tué cet homme, moi qui avais à peine dix-sept ans etqui était classé en tant que meurtrier, jétais terrifié par cette idée… Puis une main estvenue se poser sur mon épaule, cétait Élise qui, suite au coup de feu était venue voir cequi sétait passé.Elle ma déposé un doux baiser sur mes lèvres, puis André a suivi en me chuchotant cesmots : Tu navais pas le choix, soit c’était lui, soit cétait toi, comme tu nous las dit toutà lheure. Il sest dirigé vers le corps dans le but de rechercher le téléphone cellulaire.Une fois cela fait, on vous a appelé et vous connaissez la suite… 11
  • 5. - Alors pour le premier corps, si jai bien compris tu plaides non coupable et pour lesecond, tu plaides la légitime défense ?, reprend-il.- Oui, je réponds avec une certaine arrogance.Puis une femme entre dans la pièce, tend un dossier au brigadier et sort aussitôt. Il lefeuillette avec vitesse et tourne les pages avec une certaine violence, puis il dit :- Ce document prouve que le deuxième corps était bien Victor Sakaev, un tueur à gagerecherché depuis plusieurs années par Interpol. Cela prouve entièrement ton innocencedans ces crimes. Tu seras quand même jugé mais je peux te garantir que tu vas tensortir intact.Les mois passent en attente de mon jugement, puis le jour J arrive. Après deux jours deprocès, le brigadier avait raison, je suis acquitté de toutes les charges qui pèsent contremoi. A la sortie du tribunal, à ma plus grande surprise, j’aperçois Élise ce qui mapporteun grand réconfort. Mais après cette histoire, je ne serai jamais le même. 12

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