Your SlideShare is downloading. ×
Intention
Upcoming SlideShare
Loading in...5
×

Thanks for flagging this SlideShare!

Oops! An error has occurred.

×

Saving this for later?

Get the SlideShare app to save on your phone or tablet. Read anywhere, anytime - even offline.

Text the download link to your phone

Standard text messaging rates apply

Intention

9,423
views

Published on

Published in: Health & Medicine, Technology

0 Comments
0 Likes
Statistics
Notes
  • Be the first to comment

  • Be the first to like this

No Downloads
Views
Total Views
9,423
On Slideshare
0
From Embeds
0
Number of Embeds
5
Actions
Shares
0
Downloads
5
Comments
0
Likes
0
Embeds 0
No embeds

Report content
Flagged as inappropriate Flag as inappropriate
Flag as inappropriate

Select your reason for flagging this presentation as inappropriate.

Cancel
No notes for slide

Transcript

  • 1. Impact d’un traitement de l’intention chez des patients aphasiques non-fluents
  • 2. Objectifs de la présentation
    • Qu’apporte la littérature à ce sujet ? Nous allons parcourir différents articles pour comprendre l’intérêt d’un tel traitement.
    • Plus concrètement, dans quels cas ce type de traitement pourrait prendre place dans une rééducation et comment s’y prendre ?
  • 3. PLAN
    • Théorie
    • Illustration avec des cas exposés dans la littérature
    • 1. Activation of intentional mechanisms through utilization of nonsymbolic movements in aphasia rehabilitation. Richards et al. (2002).
    • 2. Treatment of naming in nonfluent aphasia through manipulation of intention and attention : A phase 1 comparison of two novel treatments. Crosson et al. (2007).
    • 3. Role of the Right and Left Hemispheres in Recovery of Function during Treatment of Intention in Aphasia. Crosson et al. (2005).
    • Conclusion. Pour la pratique : que doit-on retenir ?
    • Références
  • 4.
    • Théorie
    • Les mécanismes intentionnels (= habileté à sélectionner une action parmi d’autres en compétition pour son initiation et son exécution) jouent un rôle important dans les actions complexes (langage, gestes…).
    • Plus précisément, les systèmes intentionnels soutiennent la production du langage en facilitant la sélection des mots et l’initiation de la parole.
  • 5. Avant de commencer, quelques repères neuro-anatomiques
    • Les mécanismes de l’ intention : cortex frontal médian (SMA Supplementary Motor Area (mouvements simples) ; pré-SMA (mouvements complexes -> impliquent la sélection d’un programme moteur) ; zone cingulaire rostrale). Implication des structures frontales latérales et des noyaux gris centraux (= « basal ganglia loops ») (Heilman, Watson & Valenstein, 2003).
    • Production du langage : cortex frontal latéral de l’H gauche.
  • 6. Influence de l’intention sur le langage
    • Il existe une boucle « pré-SMA/noyau caudé dorsal/thalamus antérieur ventral » impliquée dans l’activation et la sélection des représentations lexicales préexistantes lors de la génération de mots. Cette boucle ne s’active pas lors de la génération de syllabes dénuées de sens ou pendant la répétition de mots (Crosson, Benefield, et al. 2003 ; Crosson, Sadek, et al. 2001 ; Moore et al.).
  • 7.
    • Plus spécifiquement, la pré-SMA crée un biais automatique et rapide vers la sélection d’un mot et les noyaux gris centraux maintiennent ce biais de réponse dans le but d’influencer le comportement (Copland, 2003 ; Copland, Chenery & Murdoch, 2000
    • = processus top-down de la sélection des mots.
  • 8. L’intention et l’aphasie non fluente
    • L’aphasie non fluente résulterait d’une déconnexion entre l’intention et la production du langage au sein de l’hémisphère gauche. L’implication de la pré-SMA dans l’initiation du langage pourrait expliquer pourquoi des lésions dans cette aire produisent une forme d’aphasie non fluente (pauvre génération de mots mais relativement bonne compréhension et répétition).
    • Dans les années 50, de nombreux auteurs ont remarqué que des lésions frontales médianes provoquaient un mutisme akinétique. Ils ont défini ce trouble par un déficit de l’intention et non du langage vu le peu de comportements spontanés observés (Barris & Schuman, 1953 ; Tijssen et al., 1984 ; …).
  • 9.
    • Il en sort deux possibilités :
    • Au mieux, l’activité frontale latérale droite combinée à l’activité frontale médiane gauche est un moyen inefficace pour la sélection des mots et l’initiation du langage.
    • Au pire, les structures frontales médianes gauches (pré-SMA) peuvent supprimer l’activité frontale latérale droite via les noyaux gris centraux droits afin de prévenir des interférences avec les processus de l’H gauche. Il en résulterait une diminution de l’efficacité des processus de production de mots (Crosson, Benefield, et al. 2003).
    Etat des lieux : hypothèses à propos de l’organisation des processus langagiers suite à une aphasie non fluente
  • 10.
    • Cette 2ème possibilité concorde :
    • avec le fait que les noyaux gris centraux facilitent les comportements désirés et suppriment ceux qui ne le sont pas (par ex., Mink, 1996),
    • et avec les projections bilatérales de la pré-SMA gauche vers les noyaux gris centraux (Inase et al. 1999).
  • 11. Et concrètement…
    • Ce traitement veut amorcer les mécanismes de l’intention dans l’hémisphère droit pour favoriser la production du langage, dans les aphasies non fluentes chroniques.
    • Ceci puisqu’il a été démontré que dans l’aphasie non fluente chronique (sévère), les lésions des mécanismes de production du langage de l’hémisphère gauche modifieraient les régions homologues dans l’hémisphère droit (ex. Karbe et al. 1998).
  • 12.
    • De fait, les mécanismes d’intention sont manipulés par le biais de mouvements non symboliques complexes effectués par la main non dominante , puisque ces mécanismes sont situés dans la pré-SMA droite, adjacente à la région facilitant les mouvements complexes de la main gauche (Picard & Strick, 1996).
    • Les études d’imagerie indiquent que la pré-SMA s’active lors des mouvements complexes de la main et lors de la production de mots, mais la localisation des pics au sein de la pré-SMA diffère (Picard & Strick, 1996).
    • L’activité de la pré-SMA pendant la génération de mots se chevauche avec la région impliquée dans les mouvements complexes de la main (par ex., Crosson et al., 1999, 2001, 2003).
    • C’est pourquoi nous entendons par
    • « thérapie gestuelle », la manipulation des mécanismes d’intention.
    Lien entre l’intention et le mouvement ?
  • 13.
    • Ainsi, vu la connexion existante entre la pre-SMA et le cortex préfrontal latéral (par ex, Picard & Strick, 1996), l’augmentation résultante de l’activité de la pré-SMA droite pourrait accentuer l’activité frontale latérale droite.
    • De plus, le fait que l’activité médiane (pré-SMA) précède l’activité fronto-latérale (Abdullaev & Posner, 1998) supporte également l’influence de la première sur la dernière.
  • 14.
    • Importance de la réalisation du mouvement en même temps que la tâche de production de mots (dénomination d’images) (par ex., Rose & Douglas, 2001).
    • Le mouvement est NON SYMBOLIQUE.
    • Par ex., le langage des signes indien américain qui combinait simultanément un geste symbolique représentant l’objet et la dénomination de cet objet. Amélioration des performances ++.
    • L’interprétation actuelle serait de dire que c’est l’activation des mécanismes intentionnels droits plus que la composante symbolique du mouvement (pendant la dénomination) qui aurait menée à une amélioration.
  • 15.
    • Autrement dit, il est question d’amorcer l’activité de la pré-SMA droite pendant la génération de mots avec un mouvement complexe de la main gauche,
    • ce qui en retour rendrait plus efficace l’engagement des régions fronto-latérales droites dans la production de mots chez le patient aphasique.
    En résumé…
  • 16. De manière générale, l’intérêt de la thérapie
    • Au sein de cette problématique, la thérapie de l’intention pourrait optimiser la complémentarité et l’efficacité des structures cérébrales pour aboutir à une meilleure production du langage.
  • 17.
    • Illustration avec des cas exposés dans la littérature
    • Présentation de 3 études :
    • Activation of intentional mechanisms through utilization of nonsymbolic movements in aphasia rehabilitation. Richards et al.(2002).
    • Treatment of naming in nonfluent aphasia through manipulation of intention and attention : A phase 1 comparison of two novel treatments. Crosson et al. (2007).
    • Role of the Right and Left Hemispheres in Recovery of Function during Treatment of Intention in Aphasia. Crosson et al. (2005).
  • 18.
    • Activation of intentional mechanisms through utilization of nonsymbolic movements in aphasia rehabilitation. Richards et al. (2002).
    • Le traitement de cette étude comprend 3 phases :
    • Tâche de dénomination d’images ; une étoile apparaissait au centre de l’écran et un son était émis. Le patient appuyait sur un bouton avec sa main gauche pour stopper ces 2 stimuli et 2 secondes après, l’image à dénommer apparaissait. Quand la production orale du mot cible était correcte, le thérapeute relevait le temps. En cas de réponse erronée, le thérapeute produisait oralement le mot cible et effectuait simultanément un mouvement circulaire de la main gauche. Le sujet devait répéter la réponse correcte tout en exécutant le même mouvement de la main gauche. Les sujets étaient entraînés avec le même ensemble d’images chaque jour pour la 1ère phase.
    • Phase identique, excepté l’émission du son qui était retiré. 50 nouvelles images étaient proposées.
    • L’étoile était présentée au centre de l’écran et il était demandé au sujet d’exécuter 3 fois le mouvement circulaire de la main gauche. Seulement après ceci l’image apparaissait. 50 nouvelles images.
  • 19.
    • Population : 3 patients droitiers avec une lésion de l’H gauche causée par un traumatisme (6 mois post-trauma minimum, plus d’évolution en rééducation logopédique).
    • Les 3 phases du traitement se constituaient de 10 sessions chacune. Des mots cibles de basse/moyenne et haute fréquence étaient proposés.
    • Une ligne de base pré-traitement était construite (9 sessions), pour laquelle le score en dénomination et le temps de réponse étaient les 2 mesures relevées. La ligne de base était constituée de 40 items (10+10+10 images des 3 phases et 10 images non entraînées).
    • D’autres tests (figure de Rey et le sous test « Block Design » du Wechsler) étaient passés avant et après le traitement et entre chaque phase. Ceci de manière à vérifier que le traitement mis en place améliore sélectivement les fonctions du langage et non les fonctions cognitives générales.
  • 20.
    • L’hypothèse de travail était donc que les patients montreraient une amélioration de leurs performances en tâche de dénomination d’images après le traitement (= déno. + mouvements non symboliques de la main non dominante).
  • 21. Résultats
    • J. S. : Amélioration significative des performances. S entraînés > S non entraînés. Le geste a été appris avec aisance. Il a permis de diminuer l’hésitation du patient et d’aider à la planification motrice pendant la production du mot cible.
    • Testing 3 mois post-traitement : le patient profite encore des gains du traitement ; il continue à utiliser ce geste au quotidien. Sa communication fonctionnelle semble s’être significativement améliorée.
    • C. W. : Amélioration significative pour les S entraînés et non entraînés. Les réponses du type « je ne sais pas » et le manque du mot ont diminué.
    • Testing 6 mois post-traitement : diminution considérable des capacités de déno. ( ± score de la ligne de base pré-traitement). Manque de motivation du patient à entretenir les performances post-traitement et arrêt de l’utilisation du geste.
    • R. B. : Amélioration significative pour S entraînés et non entraînés .
    • Testing 6 mois post-traitement : diminution des performances, arrêt de l’utilisation du geste également.
  • 22. Remarque à propos de la généralisation des résultats
    • Les progrès obtenus pour les items non entraînés suggèrent que l’activation des mécanismes intentionnels facilite la dénomination et l’initiation du langage plus globalement, sans lien avec la spécificité des items.
  • 23.
    • Treatment of naming in nonfluent aphasia through manipulation of intention and attention : A phase 1 comparison of two novel treatments. Crosson et al. (2007).
    • Cette étude présente un traitement de l’intention et un autre de l’attention. Le 1er implique une déno. d’images accompagnée d’un mouvement non symbolique complexe de la main gauche. Le 2ème consiste à placer les images dans l’hémi-espace gauche du patient, lors de la déno.
    • Le traitement de l’intention comprend 3 phases (phases similaires à Richards et al. (2002), exposées précédemment ; idem aussi pour la ligne de base).
    • Les manipulations seraient progressivement réduites afin qu’il puisse y avoir un transfert dans la vie quotidienne des patients.
    • Population : 34 patients aphasiques chroniques non fluents ; ordre aléatoire des 2 traitements.
  • 24.
    • D’une part, les mouvements de la main g. activeraient les mécanismes de l’intention dans l’H d., qui faciliteraient le transfert de la production du langage dans le cortex frontal droit.
    • D’autre part, la vision des images dans l’hémi-espace g. activerait les mécanismes de l’attention dans l’H d., qui faciliterait l’activité des processus langagiers dans le cortex périsylvien postérieur droit.
  • 25. Pourquoi une thérapie de l’attention ?
    • L’attention comme l’intention sont des processus de base qui supportent toute la cognition, et donc influencent le langage (Crosson, 2000a, 2000b). C’est pourquoi ces deux aspects sont affectés dans l’aphasie (par ex. petry et al. 1994).
    • Selon de nombreux auteurs (Anderson, 1996 ; Coslett, 1999 ; Coslett et al., 1993), on peut manipuler ces deux processus pour améliorer les fonctions langagières.
  • 26.
    • Hypothèses :
    • Les 2 traitements amèneraient des progrès significatifs en tâche de déno. d’images.
    • La réponse au traitement sera plus importante pour le traitement de l’intention que pour celui de l’attention.
    • L’amélioration en déno. porterait sur les items entraînés et se généraliserait aux items non entraînés.
  • 27. Résultats
    • Groupe présentant un manque du mot modéré à sévère :
    • Les 3 hypothèses se vérifient.
    • Groupe présentant un profond manque du mot :
    • Meilleures performances mais effets moins robustes.
    • Pas de traitement plus efficace que l’autre.
    • Généralisation aux items non entraînés pour le traitement de l’attention seulement.
  • 28.
    • Le traitement de l’attention a eu plus d’effet qu’attendu ; quelques interprétations possibles :
    • - Coslett (1999) a trouvé que les patients avec des lésions pariétales amélioraient leurs performances langagières avec une manipulation similaire. Or les patients présentant une aphasie non fluente chronique montrent le plus généralement des lésions étendues au sein du lobe pariétal (Alexander, 2003).
    • - Le traitement de l’attention implique un élément de l’intention (tourner la tête et les yeux à gauche) qui pourrait expliquer l’effet thérapeutique obtenu.
    • - Les structures de base des 2 thérapies pourraient être plus puissantes que ce qui a été estimé.
    • - La longueur des traitements (30 sessions) était plus longue que la majorité des études dans la littérature et ceci pourrait avoir accentué l’effet du traitement.
  • 29. Pourquoi le 2ème groupe (profond manque du mot) obtient un effet moins important ?
    • Pour que l’H droit assume les fonctions de la production de mots, il pourrait être nécessaire de préserver un code lexical dans une certaine forme au sein de l’H gauche.
    • Bien que certains pensent que la production et la compréhension sont soutenues par différents lexiques, il y a une raison de croire que les codes pour la compréhension et la production sont partagés.
    • Par exemple, si nous pensons à une idée en utilisant des mots, nous pouvons « entendre » ces mots même si nous ne les prononçons pas, ce qui indique que les mots que nous produisons sont compris. Sans prononcer les mots, cette sorte de compréhension devrait nécessiter l’apprentissage du code de production. Ainsi, la préservation des codes linguistiques pour la compréhension pourrait être nécessaire pour une modification optimale des fonctions de production dans l’H droit.
    • Cette idée est consistante avec des études antérieures : les patients avec une meilleure compréhension montrent une meilleure réponse au traitement de l’intention (Cato et al., 2004b).
  • 30.
    • Role of the Right and Left Hemispheres in Recovery of Function during Treatment of Intention in Aphasia. Crosson et al. (2005).
    • Cette étude présente également 2 types de traitement en tâche de dénomination d’images : l’un portant sur l’intention (méthode déjà exposée ci-dessus) et l’autre sur l’attention. Celui de l’attention (proposé en temps 2) ne suscite pas le composant de l’intention…
    • La nouveauté de cette recherche est le suivi de l’évolution des patients par imagerie (IRMf) (ici en tâche de production de mots).
    • Population : 2 patients aphasiques non fluents présentant une anomie modérée reçoivent ces traitements. Ils présentent tous deux une aphasie chronique non fluente et une anomie.
    • Le traitement consiste aussi en une tâche de dénomination d’images, couplée à l’exécution d’un mouvement complexe de la main gauche dans leur hémi-espace gauche.
  • 31.
    • Hypothèses :
    • Parce que l’aphasie non fluente est un trouble intentionnel, ces patients montreraient une amélioration de leurs performances avec le traitement de l’intention mais pas avec celui de l’attention.
    • Des modifications de la pré-SMA et de l’activité frontale latérale de l’H gauche vers l’H droit devraient être visibles par IRMf, entre la période pré-traitement et post-traitement, concernant la production du langage.
  • 32. Résultats
    • Patient 1 :
    • Amélioration des performances pour le traitement de l’intention mais pas pour celui de l’attention => Hypothèse 1 OK.
    • Activité frontale et sub-corticale (IRMf) :
    • Mesures pré-traitement : activité de la pré-SMA gauche > à pré-SMA droite ; activité semblable des lobes frontaux latéraux gauche et droit.
    • Mesures post-traitement : une importante augmentation de l’activité frontale médiane droite et surtout de l’activité frontale latérale droite ( pré-SMA gauche (+) et droite (++) , lobe frontal latéral, noyaux gris centraux, thalamus, noyau caudé dorsal g. et d.). L’activité du lobe frontal latéral gauche a légèrement diminué alors que celle du lobe frontal latéral droit a plus que doublé => Hypothèse 2 OK.
    • Activité paralimbique et corticale postérieure (IRMf) :
    • Mesures pré-traitement : 2 régions postérieures sont actives (gyrus parahippocampique droit, cortex associatif visuel gauche)
    • Mesures post-traitement : Activité dans les cortex associatifs visuels gauche et droit. Activité paralimbique gauche et droite. D’autres aires traditionnelles du langage sont actives dans l’H gauche : gyrus supramarginal, gyrus angulaire, sulcus temporal supérieur et gyrus temporal supérieur. Activité relevée dans le sulcus temporal supérieur droit. Constat d’une activité post-traitement dans le precuneus gauche qui n’était pas présente en période pré-traitement.
  • 33.
    • Patient 2 :
    • Amélioration des performances du patient pour les 2 types de traitement => Hypothèse 1 non valide.
    • Activité frontale et sub-corticale (IRMf) :
    • Mesures pré-traitement : activité relevée dans le lobe frontal latéral et médian droit .
    • Mesures post-traitement : légère diminution (!!) de l’activité des structures droites (pré-SMA droite et lobe frontal latéral droit) et apparition d’une activité dans la pré-SMA gauche. Mais latéralisation à droite malgré la diminution d’activité. Activité relevée dans le noyau caudé droit (post-traitement seulement). L’activité des noyaux gris centraux est surtout gauche .
    • Activité paralimbique et corticale postérieure (IRMf) :
    • Mesures pré-traitement : l’activité corticale postérieure domine dans le système visuel (pas de latéralisation significative). Activité dans les lobes pariétaux gauche et droit. Régions paralimbiques gauches et droites actives.
    • Mesures post-traitement : Après le traitement, présence d’une activité dans les aires traditionnelles du langage de l’H dominant (gyrus angulaire et gyrus supramarginal gauches, gyrus temporal supérieur gauche). Bien qu’une petite activité se présente dans le gyrus supramarginal droit, il y a une nette latéralisation à gauche. L’activité du cortex visuel gauche et droite est réduite et s’est latéralisée à droite post-traitement. Pas d’activité paralimbique post-traitement, activité dans le lobe pariétal droit.
  • 34. Interprétations
    • Les auteurs ont conclu que les deux patients ont mis en place différents mécanismes sous-jacents pour améliorer leurs performances langagières lors du traitement proposé.
    • 3 nouvelles hypothèses pourraient rendre compte de ces résultats :
    • Le traitement de l’intention repose sur 2 phénomènes. D’une part, le transfert des procédures de production du langage vers le lobe frontal droit. D’autre part, la formation d’associations entre les procédures nouvellement établies pour la production des mots dans le cortex frontal droit et l’existence de connaissances lexico-sémantique dans l’H gauche postérieur.
    • Si les noyaux gris centraux de l’H gauche sont intacts, ils peuvent participer à la suppression de l’activité frontale latérale gauche ; ce qui facilite le transfert des procédures de production du langage dans le lobe frontal droit.
    • Le traitement de l’intention proposé aux patients aphasiques non fluents demanderait nécessairement un savoir lexico-sémantique préservé dans les structures de l’H gauche postérieur.
  • 35.
    • Concernant le patient 2, les auteurs ont pensé que ses performances étaient représentatives du 2ème phénomène (Hypothèse 1), dans lequel des associations se sont formées entre les patterns moteurs de la région frontale droite et le savoir lexico-sémantique. Selon eux, la réduction de l’activité frontale latérale droite et de la pré-SMA droite pourrait indiquer une augmentation de l’efficacité des mécanismes de production du langage au sein de l’H droit. En effet, l’utilisation du savoir lexico-sémantique de l’H gauche (préservé) s’est manifestée à la période post-traitement par l’engagement des mécanismes péri-sylviens postérieurs gauches (= gyrus temporalsupérieur, gyrus angulaire et gyrus supramarginal (par ex. Alexander, 2003)).
  • 36.
    • Les résultats pré-traitement de cette recherche ainsi que ceux de l’étude réalisée par Kim, Ko, Parrish, and kim (2002) (citée par Crosson et al., 2005) montrent que la latéralisation de la production du langage vers l’H droit se produit chez les patients qui présentent des lésions du cortex fronto-temporal gauche alors que cette latéralisation de l’activité frontale ne se produit pas lorsque les lésions incluent les noyaux gris centraux gauches.
    • Par conséquent, la préservation des noyaux gris centraux gauches pourrait permettre le transfert naturel des mécanismes de production du langage vers le lobe frontal droit (sans le recours à un traitement spécifiquement désigné à promouvoir ce transfert).
    • Or le patient 1 présentait une lésion des noyaux gris centraux gauches et du thalamus, ce qui explique l’utilité d’une telle rééducation dans ce cas. De plus, l’importante activité des mécanismes frontaux latéraux droits peut donc diminuer les interférences de l’activité frontale gauche résiduelle lors de la production de mots.
  • 37.
    • Conclusion Pour la pratique : que doit-on retenir ?
    • Avant tout, nécessité d’un regard critique vis-à-vis des études exposées : limites quant à la répétition au matériel, du peu de travaux réalisés à ce sujet…
    • Notons que les substrats exécutifs pour l’élaboration d’un langage plus complexe (habiletés discursives, syntaxiques) pourraient être différents de ceux responsables de la récupération du mot.
    • => Cependant, Raymer et al. (2002) ont montré qu’un mouvement de la main gauche facilitait la production de phrases.
    • => Lien entre l’aire de la main du cortex moteur (H d.) chez les patients aphasiques et l’activité de lecture (Meister et al., 2006).
    • Les objectifs thérapeutiques concordent avec ce type de rééducation ? (pour la thérapie, se fixer des étapes et construire des lignes de base).
  • 38.
    • Motivation du patient et du thérapeute.
    • Localisation des lésions :
    • Régions fronto-temporales gauches, noyaux gris centraux gauches … atteints ?
    • Préservation des connaissances lexico-sémantiques (manifestées par les scores en compréhension auditivo-verbale (Cato et al., 2004)) : structures pariétales inférieures gauches, gyrus temporal supérieur gauche.
    • Et donc, sévérité de l’aphasie (généralisation moins évidente).
    • Plasticité cérébrale.
    • Choix personnalisé des items de la rééducation selon les besoins du patient au quotidien (amélioration que pour les items entraînés chez certains).
    • Capacité de répétition ? D’exécution du mouvement ?
    • Impact des fonctions exécutives et/ou attentionnelles déficitaires ?
    • L’intérêt d’une rééducation « multi-modale » (peut avoir un effet négatif en mobilisant trop de ressources attentionnelles) .
  • 39.
    • Références
    • 3 articles principaux :
    • Role of the Right and Left Hemispheres in Recovery of Function during Treatment of Intention in Aphasia , Crosson, B., Bacon Moore, A., Gopinath, K., White, K., D., Wierenga, C., E., Gaiefsky, M., E., Fabrizio, K., S., Peck, K., K., Soltysik, D., Milsted, C., Briggs, R., W., Conway, T., W. and Gonzalez Rothi, L., J. (2005). Journal of Cognitive Neuroscience , 17:3, pp. 392-406.
    • Treatment of naming in nonfluent aphasia through manipulation of intention and attention : A phase 1 comparison of two novel treatments , Crosson, B., Fabrizio, K., S., Singletary, F., Cato, M., A., Wierenga, C., E., Parkinson, R., B., Sherod, M. E., Moore, A., B., Ciampitti, M., Holiway, B., Leon, S., Rodriguez, A., Kendall, D., L., Levy, I., F. & Gonzalez Rothi, L., J. (2007). Journal of the International Neuropsychological Society , Vol. 13, p. 582-594.
    • Activation of intentional mechanisms through utilization of nonsymbolic movements in aphasia rehabilitation , Richards, K., Singletary, F., Gonzalez Rothi, L.J., Koehler, S. & Crosson, B. (July/August 2002). Journal of Rehabilitation Research and Development , Vol. 39, No. 4, p. 445-454.
  • 40.
    • Autres références :
    • Functional connectivity between cortical hand motor and language areas during recovery from aphasia , Meister, I., G., Sparing, R., Foltys, H., Gebert, D., Huber, W., Töpper, R. & Boroojerdi, B. (2006). Journal of the Neurological Sciences , 247, pp. 165-168.
    • Nonsymbolic movement training to improve sentence generation in transcortical motor aphasia : A case study , Raymer, A., M., Rowland, L., Haley, M. & Crosson, B. (2002). Aphasiology , 16 (4/5/6), pp. 493-506.
    • The utility of arm and hand gestures in the treatment of aphasia , Rose, M., L. (June 2006). Advances in Speech-Language Pathology , 8(2), pp. 92-109.
    • The comparative effectiveness of gesture and verbal treatments for a specific phonologic naming impairment , Rose, M., Douglas, J. & Matyas, T. (2002). Aphasiology , 16 (10/11), 1001-1030.