MécaSphère 24 - Décembre 2012

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MécaSphère 24 - Décembre 2012

  1. 1. International112 ACTIONS COLLECTIVESEN 2013 P.8Zoom sur l’AlsaceLA MÉCANIQUE, 1ERSECTEURINDUSTRIEL DE LA RÉGION P.10-11L’environnement au cœurde la conceptionLe magazine des chefs d’entreprise mécaniciens N°24 - Décembre 2012ZoomL’Alsace
  2. 2. 2 // MÉCASPHÈRE // DÉCEMBRE 2012 DÉCEMBRE 2012 // MÉCASPHÈRE // 3SI VOUS SOUHAITEZRECEVOIR MÉCASPHÈRE :Écrivez à mecasphere@fimeca.com en mentionnantvos coordonnées (nom, prénom,société, fonction, adresse complète,téléphone, fax, e-mail)MAGAZINE ÉDITÉ PAR LA FIMEN PARTENARIAT AVEC LESORGANISMES SUIVANTSLes articles sont rédigéssous la responsabilité de leur auteur etleur contenu n’engage que ce dernierCMGM39-41 rue Louis Blanc92400 CourbevoieTél. : +33 (0)1 47 17 60 27Fax : +33 (0)1 47 17 64 37E-mail : mecasphere@fimeca.comÉDITEUR : PROMECAPRÉSIDENT ET DIRECTEUR DE LAPUBLICATION : Fabien CHIZELLERÉDACTEUR EN CHEF :Isabelle DOUVRYRÉDACTION : Alain LAMOURCONSEIL ÉDITORIAL ET CRÉATIONGRAPHIQUE : Sophie REINAULD etClémentine ROCOLLECRÉDIT PHOTO COUVERTURE :Illustration Promeca Communication /Istockphoto, KuhnTirage : 20 600 exemplairesRÉGIE PUBLICITAIREE.R.ITél. : +33 (0)1 55 12 31 20IMPRESSIONCALLIGRAPHY PRINTChâteaubourg- CS 8217135538 Noyal-sur-VilaineN° ISSN : 1957-2921Papier certifié PEFCEncre à base d’huilevégétaleLabel imprim’vertSupplément duCetim Infos n° 220 -Décembre 2012«Permettreauxjeunesdes’approprierlemondeindustrielqu’ilsconnaissentmal»Ilestgrand temps de présenter aux jeunes la mécaniquesous son vrai visage, de leurfaire comprendre toute ladiversité de ses métiers et de laresituerdanssonenvironnement,bref de la montrer telle qu’elleest, moderne et chaleureuse.C’est tout le sens de la conventionsignée en mars dernier entre laFIM et l’Onisep (Office nationald’information sur les enseignements et les professions).Pour faire saisir aux adolescentsl’intérêt des métiers de l’industrie,nous devons d’abord dépoussiérernotre communication, trouver lesmots qui les toucheront, utiliserles médias qu’ils affectionnent,privilégier le lien direct aveceux. Dans cet esprit, avec la FIMet en liaison avec le ministèrede l’Éducation nationale nouslançons un site Internet baptisémonindustrie.com, à l’occasion dela Semaine de l’Industrie qui setiendra du 18 au 24 mars 2013. Celancement s’accompagne d’unconcours « Je filme mon industrie ». Les jeunes sont invités àtourner des petites vidéos surl’industrie mécanique danslesquelles ils ringardisent lesstéréotypes. Il s’agit de leur faireappréhender la part de vérité dutravail industriel d’aujourd’hui autraversdel’imageviveetdutémoiTribune à… Pascal Charvet, directeur de l’Onisepgnage fort de leurs pairs, pourleur permettre de s’approprierce monde qu’ils ne connaissentpas ou mal et casser les idéesreçues sur l’industrie. Certes,il existe déjà de nombreusesinitiatives locales pour rendrela mécanique plus attractive.Le partenariat entre la FIM etl’Onisep vise aussi à fédérer, surle nouveau site, ces différentesapproches afin de mieux lesharmoniser et toucher efficacement les équipes pédagogiques.En effet, les enseignants sontsouvent à l’origine de démarchesoriginales vers l’industrie, maisil faut les aider à relier leur discipline aux métiers proposés auxjeunes d’aujourd’hui, en associantculture économique permettant aux adolescents d’aller versune orientation qui se donne lesmoyens d’un vrai choix. C’est làune belle nouveauté, un grandpas en avant qui exprime unprofond changement d’état d’esprit dont je me réjouis vivement.Il n’est pas de grand pays etd’économie solide sans uneindustrie forte. Cet enjeu mesemble aujourd’hui partagé parles chefs d’entreprise commepar l’Éducation nationale, aupoint de donner aux enseignantsles moyens de faire découvrirl’entreprise à leurs élèves. Unclimat différent est en trainde s’instaurer qui doit nouspermettre de rapprocher l’écolede l’entreprise de manière plusvivante et plus partenariale. Ceprofond changement culturelqui s’amorce aujourd’hui estessentiel pour l’avenir de notreindustrie, comme pour celui denotre système éducatif.©StéphaneLariven« Il n’est pas de grand pays et d’économiesolide sans une industrie forte.Cet enjeu me semble aujourd’hui partagépar les chefs d’entreprise comme parl’Éducation nationale. »toujours science, techniqueet métier. Dans les branchesprofessionnelles notamment, ilest possible d’établir de manièretrès concrète ce lien qui existeentre l’enseignement dispensé etles métiers exercés, de manièreà faire anticiper aux adolescentsl’avenir qu’ils auraient dans lamécanique.Le rôle premier de l’Éducationnationale est bien sûr d’enseigneret de transmettre des connaissances, mais il est aussi des’intéresser à l’avenir des jeunespour les accompagner jusqu’àl’emploi. Cela suppose donc deles préparer au monde du travailen leur faisant découvrir ce qu’estune entreprise et dans quelleréalité économique elle évolue.À cet égard, les récentes déclarations du ministre de l’Éducationnationale, soulignant la nécessitéde sensibiliser les collégiens dèsla 6èmeau monde de l’entreprise,me semble traduire une volontéforte d’instiller très jeune uneSommaire MécaSphère n°24 - Décembre 2012CAMPAGNE DE COMMUNICATION«LaMécaniqueenFrance,bienplusqu’uneindustrie»:placeauxassises p.4BANQUE PUBLIQUED’INVESTISSEMENTPatrickGérion(FIM)-«L’offredelaBPIresteàcompléterpourrépondreauxbesoinsdesentreprises» p.5ÉPARGNE SALARIALERappelsdefind’année p.6JURIDIQUEGuidepratiquecontremauvaisespratiques p.6SÉCURITÉL’opérateurhumainetl’automatesontcomplémentaires p.7INTERNATIONAL112actionscollectivesen2013 p.8MARCHÉSVersungroupementdemarchédelafilièreferroviaire p.9ZOOM L’ALSACE•Lamécanique,premiersecteurindustrieldelarégion p.10-11•LeComitéMécaniqueAlsaceenactions p.10-11MÉTIERS•LaFIMetlesprofessionsdelamécaniquesemobilisent p.18-19•L’AFPAàl’heuredudéveloppementdurable p.19•Deuxnouvellesformationsd’ingénieurenprojet p.19FINANCEMENTLesAteliersLaumoniersediversifientdanslemédical p.20TECHNOLOGIEEchanges franco-canadiensp.21FICHE PRATIQUECautiondemarché:ungagedeconfiancedonnéparlefournisseur p.22AGENDA p.22-23B.P. 223F-47305 Villeneuve-sur-Lot CedexFRANCEwww.industrie-expo.comT +33 (0)5 53 36 78 78F +33 (0)5 53 36 78 79industrie@gl-events.comInnoverConcevoirProduireles solutions de demain16-19 AVRIL 2013 - EUREXPO LYON20 3 9 ,5x266mm p een egis re ent ddL’environnementaucœurdelaconceptionp.13 à 17DOSSIER
  3. 3. DÉCEMBRE 2012 // MÉCASPHÈRE // 5«LoffredelaBPIresteàcompléterpourrépondreauxbesoinsdesentreprises.»MécaSphère : Globalement quepensez-vous de la Banque PubliquedInvestissement ?PatrickGérion:La BPI devrait rassembler au moins trois acteurs qui fonctionnent déjà plutôt bien : Oséo pourles prêts et les garanties, le FSI et CDCEntreprises pour l’investissement encapital. On parle aussi d’Ubifrancepourl’export.Simpleregroupementdesacteurs ou bien « usine à gaz » ? Le faitestquel’offredeceguichetuniqueresteà compléter pour répondre aux besoinsdes entreprises. C’est le financementdu besoin en fonds de roulement quiest aujourd’hui crucial pour l’industrie.Aucun outil concret ne vient couvrir cebesoin depuis l’arrêt du crédit de trésorerie d’Oséo. L’interrogation demeureégalement quant au financement desprocess industriels et des dépensesde mise aux normes réglementaireset environnementales que les banquesclassiques financent difficilement.À notre avis, la BPI pourrait aussiavoir un effet d’entraînement, enimpulsant une organisation structurée des relations bancaires, commeles « banques maison » en Allemagne,ou les « banquierschefsdefile »connusparlepasséenFrance,quipermettaientdesécuriserle« tourdetable »bancairede l’entreprise.M : La capacité de financementvous paraît-elle suffisante ?P.G. : Avec 42 milliards d’euros, laBPI annonce une force de frappeconséquente. Mais la question de sonmode de refinancement reste entière.La mobilisation des fonds du livretde développement durable paraît peuadaptée. En effet, Oséo, doté du AAApar les agences de notation, peut serefinancer sur les marchés à des tauxbien plus compétitifs. Ce sont pourtantles sources de financement de la BPIqui conditionneront ses taux de créditset donc son périmètre d’intervention, àsavoir soit le soutien à l’innovation surdes projets de qualité, soit l’appui auxentreprises en difficulté.M : Que pensez-vous du système degouvernance ?P.G. : L’égalité à 50/50 dans son capitalentre l’État et CDC pose un problèmeévident. Comment la puissancepublique peut elle mettre sur piedun tel montage ? Quel entrepreneuraccepterait un tel schéma dans sonentreprise ? La présidence, confiéeau directeur de CDC, sans pouvoirde gestion, laissant ce champ à unetête nommée par le gouvernement? N’oublions pas que si les gouvernements passent, CDC, elle, reste.Le niveau d’intervention des régionsinquiète également. Le rôle des régionsdoit se limiter à celui d’orientation,aux côtés des représentants des entreprises. Si un pouvoir décisionnel leurétait confié cela nous replongerait dansle schéma d’échec des SDR (Sociétésde Développement Régional), quantau pouvoir de l’État tout le monde sesouvient du Crédit Lyonnais…LaBPInécessiteunegouvernanceclaireavecenchefdefilelaCaissedesdépôts,véritable professionnel du crédit. Pource qui est de son offre, étant donnée laconjoncture, elle doit de toute urgencese préoccuper du financement du cycled’exploitation de nos entreprises et desdépenses contraintes non productives.Tout le reste, les banquiers savent aussile faire.Jérôme Frantz,président de laFIM et ChristopheLecouturier,directeur générald’Ubifrance.©MinistèreduCommerceextérieur©AxelSaxe©StéphaneLarivenLe 6 février 2013, la FIM et le Cetim organisent les premières AssisesSo mécanique à la Chambre de Commerce et dIndustrie de Paris, avenuede Friedland. En avant première, MécaSphère vous dévoile les thèmesabordés.« LaMécaniqueenFrance,bienplusquuneindustrie »:placeauxassisesLINNOVATIONNESTPASSEULEMENTTECHNOLOGIQUEFacteuressentieldecompétitivité,linnovationesttropsouventassociéeàlatechniquealorsquellenenreprésenteque20%,leresteprovenantdusocial,ducommercial,delorganisation,delafinance…Linnovationnesortpastoujoursdeslaboratoiresderecherche.Lesclients,lesfournisseurs,lespersonnelspeuventenêtrelasource.IlfautdoncdéverrouillerlinnovationenFranceetcréerdavantagedepasserellesentrelesdisciplines,lescréateurs,leschercheursetlesentrepreneurs.Lamécaniqueestsourcedinnovationsquinapparaissentpastoujoursdanslesstatistiques.Elledéveloppeetmetenplacedenombreuxmécanismesderechercheetd’échanges.Lamécaniquefrançaisen’estpasàcourtd’idéespourinnoveretanticiperlesbesoinsdesesclients.RÉSEAUX,TERRITOIRESETINTERNATIONALDansunmondeglobalisé,laquestionduterritoireredevientcentrale.Sonattractivitéestunfacteurclédesondéveloppement.Sarichessedépenddesacapacitéàmettreenréseaulesacteurs,àorganiserlarecherche,lesfinances,lessystèmesdeformationetlapuissancepublique.Cesontcesréseaux,loptimisationdeleurséchangesetdeleurcommunicationquipermettentdattirerdesinvestisseursetdedévelopperlemploi.L’ancrageavecleterritoirefrançaisn’estpasincompatible,bienaucontraire,avecuneperspectivededéveloppementinternational :lamécaniquefrançaiseasumettreenplacedesréseauxetdeslogiquescollaborativesquiluipermettentdesoutenirsacompétitivité,autraversnotammentdepôlesdecompétitivité,deréseauxdesous traitants,departenariatspublicsetpara publics,desuniversités,descentresdeformation…Ledialogueentrelelocaletl’internationalestaujourdhuipermanent:lescoopérationsterritoriales,l’accompagnementdesentreprisessontautantd’atoutspourrenforcerlapositiondesentreprisesàl’international.CONCEVOIRETPRODUIREENFRANCEArnaudMontebourg,ministreduRedressementproductif,concluralesassisesetprésenteralesgrandeslignesduplangouvernementalvisantàpromouvoirlesatoutsdel’industrieetnotammentdelamécaniquefrançaiseetàaiderlesentreprisesàcontinuerdeconcevoiretproduireenFrancedansuneéconomieglobalisée.TROIS QUESTIONS À… Patrick Gérion, directeur du financement des entreprises de la FIMRenforcer laccès de la mécaniqueà linternational2«Jesuisfanadelamécanique. »NicoleBricq,ministreduCommerceextérieurnapascachésonenthousiasme,le16octobredernier,àloccasiondelasignatureduneconventiondepartenariatparJérômeFrantz,présidentdelaFIMetChristopheLecouturier,directeurgénéraldUbifrance.Objectif:renforcerlaccèsdesentreprisesdelamécaniqueauxmarchésinternationauxparuneparticipationaccrueauxsalonsétrangers,lamiseenrelationavecdesacheteurs,lorganisationdemissionsdansdespaysporteursetlutilisationdeVIE(VolontairesInternationauxenEntreprise).En2013,prèsde112actionscollectivessontprévues(voirarticlep.8).AucœurdesenjeuxenvironnementauxLe 24 octobre dernier, dans le cadrede leur campagne de communication,la FIM et le Cetim organisaient uneconférence de presse sur le thème :« Lindustrie durable : quelle mécaniqueà lœuvre ? ». À cette occasion, JérômeFrantz, président de la FIM a rappelé que« la mécanique est au cœur des enjeuxenvironnementaux. »En effet, elle met en œuvre pour sonpropre usage des procédés propres etelle fournit des solutions innovantes pourl’ensemble de l’industrie ».De son côté, Michel Laroche, présidentdu Cetim a souligné que le conceptde développement durable est « uneopportunité d’innovation et decroissance. En contribuant à gagner enconsommation de matière et d’énergie,tant dans la phase de fabrication quedans l’utilisation d’un produit, il constitueun moyen de s’assurer d’un avantageconcurrentiel ». Des exemples concretsdactions menées par KSB, Alstom,Fives et SKF sont venus appuyer cesaffirmations.LESHOMMESETLESFEMMESRetrouverlasignificationdutravail,attirerlesjeunesgénérations,promouvoirlamourdutravailbienfaitetredonnerdusensàléconomie:autantderaisonsquiconduisentàsinterrogersurlaplacedelêtrehumaindanslentreprise,surlatransmissiondunehistoire,desavoir faire,desgestesetsurlutilitésocialedutravail.Lamécaniqueestlefruitdunehistoire,lerésultatdutravailpassionnédhommesetdefemmessoucieuxdetransmettreleursavoir.Cestcesocleculturel,historiqueettechniquequiconstituelundesesgrandsatouts.Deplus,lamécaniqueproposeetapporteauxautressecteursdel’économiedessolutionspourpermettreàl’hommedemieuxpréserversonenvironnementetderespecterlepactegénérationnel.« C’est le financement dubesoin en fonds de roulementqui est aujourd’hui crucial pourl’industrie. Aucun outil concretne vient couvrir ce besoindepuis l’arrêt du crédit detrésorerie d’Oséo. » JournaldecampagneJérôme Frantz, président de la FIM et Michel Laroche,président du CetimCONTACT ASSISES Pascale Poisson (FIM)ppoisson@fimeca.comwww.bienplusqu1industrie.comNews
  4. 4. DÉCEMBRE 2012 // MÉCASPHÈRE // 76 // MÉCASPHÈRE // DÉCEMBRE 2012Comment évaluer et combiner barrières techniques et barrières humaines pour garantir un niveau optimum de sécurité ?L’INERIS propose des référentiels d’évaluation et la prise en compte de l’organisation.L’opérateur humain et l’automate sontcomplémentairesSécuritéParce qu’elles ont peur de perdre leur client, nombre d’entreprises n’osent pas lutter contre les mauvaises pratiques d’achats.Pourtant l’arsenal juridique se révèle très fourni.GuidepratiquecontremauvaisespratiquesLes journalistes appellentcela un « marronnier » : unsujet qui revient périodiquement,tels la rentrée des classes ou lesalaire des cadres. Les mauvaises pratiques d’achat sont le« marronnier » du service droitdes affaires de la FIM. Ce dernierrédige actuellement un guideà l’usage des entreprises sur cesujet qui, avec les délais de paiement, s’apparente à un sportnational. Le document comprendune fiche pour chaque mauvaisepratique, avec le rappel de la loiqui s’applique et les référencesaux documents de la médiationou aux codes de bons usages.LESTEXTESNEMANQUENTPAS« Pour l’essentiel, la structure dutissu industriel français explique,au moins pour partie, la multiplication des mauvaises pratiques,estime Yves Blouin, chef du service droit des affaires de la FIM.Notre pays compte beaucoup dePME souvent en position d’infériorité économique face auxgrands groupes, et peu d’ETIcapables de leur résister ».Remise de fin d’année imposée commedanslagrandedistribution  ,versement de sommes d’argentpour accorder une commande,détournement de la propriétéintellectuelle et rupture de laconfidentialité, diminution de lafacture pour cause de pseudosretards ou défauts…, les mauvaises pratiques sont multiples.Pourtant les textes ne manquentpas pour protéger les entreprises.Par exemple, la loi prévoit queles conditions générales de ventesont sujettes à négociation. Lesimposer n’est donc pas légal. « Lecontrat est un accord de volonté,souligne Yves Blouin. Les tribunaux retiennent parfois la notionde violence économique pourdénoncer des accords sous lacontrainte. »La loi de modernisation de l’économie complète le dispositifen condamnant les conditionsmanifestement déséquilibrées,par exemple des pénalités imposées pour des performancesexagérées ou des délais impossibles à tenir.CONSULTERSONSYNDICATOULAFIMPour Yves Blouin, « nombred’entreprises ont tellement peurde perdre leur client qu’ellesacceptent des conditions quipeuvent mettre leur avenir enpéril. Il faut résister et ne pasbaisser les bras en s’appuyant surla loi, sans pour autant atteindrele point de rupture. » Yves Blouinincite également les entreprisesà consulter leur syndicat professionnel ou la FIM. La Fédérationest ainsi intervenue avec succèsauprès d’un donneur d’ordre del’automobile qui avait repousséses délais de paiement en scindant le contrat en plusieursphases de façon excessive. Autreexemple, la FIM a accompagnédevant les tribunaux une PMEvictime d’une rupture brutale decontrat, sans préavis suffisant.L’entreprise a obtenu de substantiels dommages et intérêts.CONTACT Yves Blouin (FIM)0147176037yblouin@fimeca.comJuridiqueQu’appelle-t-on barrières desécurité ?Également appelées mesures de maîtrise desrisques, les barrières de sécurité se définissentcomme un ensemble d’éléments nécessaireset suffisants pour assurer une fonction desécurité au sein d’une installation. Elles sontde trois ordres : barrières techniques, barrièreshumaines et barrières faisant intervenir à la foisune activité humaine et un élément technique.Participation, forfait social et affectation de jours de congés au Perco : toutes les dispositions à prendre avant la fin de l’annéeen matière d’épargne salariale, rappelées par le Crédit Coopératif.Épargnesalariale:rappelsdefind’annéeCONTACT Patrice Juliard (Crédit Coopératif)0147248360patrice.juliard@credit-cooperatif.coopNewsPARTICIPATION:UNEOBLIGATIONLÉGALEAVANTLE1ER JANVIER2013La loi portant réforme desretraites a modif ié l’articleL3323 2 du Code du Travailen rendant obligatoire l’adossement de tout accord departicipation à un plan d’épargnesalariale : PEE (Plan d’ÉpargneEntreprise), PEI (Plan d’ÉpargneInterentreprises) ou Perco (Pland’Épargne pour la RetraiteCollective). Toutefois, la gestionde la participation en comptescourants bloqués reste possible.Les entreprises doivent mettreleur dispositif d’épargne salariale en conformité au plus tardle 1er janvier 2013 en concluantun avenant à l’accord de participation et en mettant en place unplan d’épargne salariale.Sans cette mise en conformité,l’entreprise contrevient à unedisposition législative et, en l’absence d’une clause obligatoiredans l’accord, perd le bénéfice des exonérations fiscaleset sociales. Elle pourrait ainsis’exposer à un risque de requalification des sommes distribuées.LEFORFAITSOCIALPASSEÀ20%Depuis le 1er août 2012, le forfaitsocial dû sur les sommes verséesau titre de la participation de l’intéressement et de l’abondementest passé à 20 % au lieu de 8 %.AFFECTATIONDE5JOURSDECONGÉSAUPERCODans les entreprises qui ne disposent pas de CET (Compteépargne Temps), les salariéspeuvent affecter au Perco ou à unrégime « art. 83 » leurs jours decongés non pris au 31 décembre,dans la limite de 5 jours par an(RTT, congés payés au delà de24 jours ouvrables soit à partir dela 5ème semaine). Ces jours sontexonérés de cotisations salarialeset de cotisations employeur autitre des assurances sociales etfamiliales. Le même dispositifexiste pour les entreprises ayantconclu un CET. Dans ce cas, letransfert peut porter sur dix joursmaximum.« JE FILME MON INDUSTRIE »Une vidéo de deux minutes qui chasse les idées reçues sur l’industrie. Voilà ce que devront proposer les col-légiens et lycéens qui participeront au concours lancé par la FIM, 6 syndicats et l’Onisep dans le cadre de leurconvention de partenariat. Les prix qui récompenseront les meilleurs vidéastes seront remis au cours de laSemaine de l’Industrie le 20 mars 2013 à la Maison de la Mécanique. www.fim.netConcepteur, fabricant Français doléo-hydraulique.Solutions standards et sur-mesurePlus de 25 ans dexpertise !• BLOC-FONCTION• Composantso Distributeurso Régulateurso Limiteurs• Valves en cartouche• Pompes HP (1300bar)• Micro Mini-Centrales• Pressostats• Electronique de pilotageFP HYDRAULIQUEBP 9 Thyez / 74311 CLUSES cedexTél. : 04 50 34 57 77 / Fax : 04 50 34 04 20info@fphydraulique.com / www.fphydraulique.com1 1compte de la situation de travail dansl’évaluation de la barrière humaine desécurité : la tâche est elle bien identifiée, la présence des informationsutiles à la détection, le diagnostic etl’action sont ils garantis, commentla compétence et la disponibilité del’opérateur sont elles assurées ?« Les barrières techniques ethumaines sont complémentaires,indique Bernard Piquette. Considérantque le système de sécurité est techniquement performant, le risque estde rendre l’être humain totalementdépendant de lui. L’opérateur peutperdre alors l’habitude de gérer desdérives techniques. » Un peu à l’imagedu chauffeur d’un véhicule bardé desystèmes d’aide à la conduite qui perdLe 15 novembre dernier, l’INERIS organisait un séminaire sur lesméthodes d’évaluation des barrières(voir encadré) techniques et humaineschargées d’assurer la sécurité des ICPE(Installations Classées pour la protection de l’Environnement). Objectif :faire le point sur les deux référentielsexistants en la matière, l’Omega 10pour les barrières techniques, l’Omega20 pour les barrières humaines.« Édités par l’INERIS, ces référentielspermettent d’évaluer les dispositifstechniques et humains de sécurité enanalysant leur efficacité, leur temps deréponse et leur niveau de confiance »,explique Bernard Piquette, directeuradjoint de la direction des risquesaccidentels. Le séminaire a permis deprésenter des cas concrets de mise enœuvre de ces référentiels et de débattreentre utilisateurs : industriels, collaborateurs de bureaux d’études,inspecteurs de la DREAL (DirectionRégionale de l’Environnement, del’Aménagement et du Logement)…PRENDRE EN COMPTE LA SITUATIONDE TRAVAILConcernant l’Omega 10 qui est encours de révision (nouvelle version prévue en 2013), certaines perspectivesd’évolutions ont été abordées : comment intégrer les évolutions récentesdes standards internationaux en lamatière (les normes de sécurité fonctionnelle CEI 61508 et CEI 60511),comment prendre en compte certainesapproches ou guides reconnus parl’industrie, comment considérer qu’unéquipement est éprouvé par l’usage ?L’objectif étant de rester en cohérence avec ces standards dédiés auxsystèmes instrumentés de sécuritétout en apportant une méthodologieapplicable pour tous types de barrières techniques de sécurité et facile àmettre en œuvre par tous les acteurs dela sécurité dans tous types d’industries(des PME/PMI aux grands groupesinternationaux).Du côté de l’Omega 20, le principalenjeu tourne autour de la prise enpeu à peu sa vigilance et sa capacité àréagir. Trouver la meilleure répartitiondes rôles possible entre automate etopérateur humain : tel est l’enjeu.
  5. 5. DÉCEMBRE 2012 // MÉCASPHÈRE // 98 // MÉCASPHÈRE // DÉCEMBRE 2012International MarchésUbifrance, la FIM et ses syndicats ont concocté un programme d’actions collectives ambitieux. Il va permettre d’accompagneren 2013 plus de 1 000 entreprises dans 40 pays différents.112actionscollectivesen2013 Versungroupementdemarchédelafilièreferroviaire112 actions collectives, soit plusdu triple par rapport à 2011 : laconvention entre la FIM et Ubi-france porte ses fruits. Dès le moisd’avril 2012 les deux partenaireset les syndicats membres de laFIM se sont concertés pour éta-blir ce programme. Il va permettred’accompagner plus de 1 000 entre-prises dans 40 pays, sur différentsmarchés applicatifs, notammentl’automobile, l’énergie, l’agroali-mentaire, la chimie, le ferroviaire,l’agriculture et l’environnement.LAFIMPARTENAIREDELAFOIREDEHANOVRENeuf actions collectives reflètentplus spécialement la diversité de ceprogramme d’actions proposées auxPME et ETI de la mécanique fran-çaise. Parmi les pavillons France,la FIM sera comme en 2012 un par-tenaire fort dans l’organisation dela présence française sur la Foirede Hanovre. Le Cisma (Syndicatdes équipements pour construc-tion, infrastructures, sidérurgie etmanutention) apportera son soutienà l’organisation du Pavillon Francesur le SITP (Salon International desTravaux Publics) en Algérie. Le choixde l’UCMTF (Union des construc-teurs de machines textiles de France)s’est porté sur le premier rendez-vous mondial du textile technique :Techtextil Francfort en juin 2013.Pour Axema (Union des industrielsde l’agroéquipement), directionl’Algérie avec le grand rendez-vousDjazagri dédié au machinisme etaux équipements agricoles. Le Viet-nam reste un marché cible pourFabrilabo (Chambre syndicale desfabricants et négociants d’appareilsde laboratoire) qui sera le partenaireactif d’Ubifrance sur le salon Ana-lytica.Les PME et ETI membres del’UCMTF et du Symop (Syndicat desmachines et technologies de produc-tion) apprécient particulièrementle format du colloque techniquepour faire la promotion de leurséquipements et technologies respec-tivement auprès du secteur textilemembres ont plébiscité les actionsde type « vendre à des grandscomptes », à l’instar de celle réali-sée en 2012 avec le constructeurjaponais Yanmar. Pour 2013, deuxgrands comptes sont d’ores et déjàsélectionnés : le cimentier suisseHolcim et le pétrolier chinois Sino-pec. Enfin, à noter que ce programmeambitieux n’empêche pas Ubifrance,la FIM et ses syndicats affiliés d’étu-dier en cours d’année tout nouveauprojet d’action collective qui pourraitse révéler utile aux entreprises.Le programme complet des actionscollectives est disponible sur l’Ex-tranet de la FIM (www.extranet.fim.net, rubrique international).ou des industries du papier que cesoit en Inde pour l’UCMTF ou enIndonésie pour le Symop.VENDREÀDESGRANDSCOMPTESLe programme comporte égalementdes « missions découverte » quipermettent une première approchecollective de nouveaux marchés.Ainsi Profluid (Association fran-çaise des pompes et agitateurs,des compresseurs et de la robinet-terie) se positionne en partenaireactif sur la mission d’entreprisesprogrammée en Afrique du Sud enseptembre 2012 sur les différentsmarchés applicatifs de l’environne-ment. Enfin, la FIM et ses syndicatsGagner des marchés publics avec Ubifrance2DifficilepourunePMEdeseteniraucourantetderépondreauxappelsd’offresdesmarchéspublicsinternationaux.Ubifranceproposeauxentreprisesquisouhaitentconquérircesmarchésunaccompagnementpersonnaliséentroistemps.Premiertemps,undiagnosticdel’entreprisepouridentifierlesmarchéspublicsquipeuventl’intéresser.Deuxièmetemps,l’accèsàunebasededonnéesrecensanttouslesprojetsetappelsd’offrespublicsémisparlesorganisationsinternationales,lesbanquesdedéveloppement,lesbanquespubliquesd’investissements,l’Unioneuropéenneetlesacteurspublicsinternationaux.Enfin,troisièmetemps:uneformationd’unejournéepourapprendreàrépondreàcesappelsd’offres.Cetteformationpeuts’accompagnerd’unemissiondelobbyingàl’étrangerpourrencontrerlesdécideurspublics. Contact :xavier.chatte-ruols@ubifrance.frUn groupement de marchécommun à la FIM et à la FIF(Fédération des Industries Ferro-viaires) pour fédérer les PME/PMI.L’idée est sur les rails. Il faut direque, « le ferroviaire concerne environ700 entreprises relevant de la méca-nique, comme la transformation desmétaux, les biens d’équipement et laprécision,typiquementdesPME/PMI,souligne Francis Martin, directeurdu développement de la FIM. Noussommes très complémentaires de laFIF qui rassemble des entreprises detaille plus importante ».UNMARCHÉDE5MILLIARDSD’EUROSLe marché français du ferroviaireest estimé à 5 milliards d’eurosrépartis entre 1 200 entreprises :constructeurs de matériels rou-lants, de signalisation, de matérielsd’infrastructures et entreprises depose des voies. « Nous avons connuces dernières années une très fortecroissance sur le matériel roulant,explique Jean-Pierre Audoux, délé-gué général de la FIF. En particulier,le transfert de la compétence « trans-port  »verslesrégionsagénérélaplusgrosse activité sur le marché françaisavec un milliard d’euros par an pourle seul TER. » Pour autant, « nousavons atteint un plateau et au-delà de2016, c’est l’incertitude qui règne »,remarque Jean-Pierre Audoux. Ducôté des infrastructures, les pers-pectives de nouvelles lignes à grandevitesse s’amenuisent et l’horizon durenouvellement par la SNCF du parcLa FIM et sessyndicats serontpartenaires d’unedizaine de pavillonsFrance.©DRPSE 1ère génération (TGV) est incer-tain (2017 ? 2022 ?). Quant au projet duGrand Paris qui pourrait constituer unénorme ballon d’oxygène pour la filière,il est lui-même remis à plat. Les lignesde tramway (entre 200 à 400 millionspar an) sont également menacées pardes difficultés de financement, bienqu’à un moindre niveau. Ils font l’objetd’une discussion dans le cadre du 3èmeappel à projet TCSP (Transport CollectifenSitePropre)instauréparleGrenelledel’Environnement. Du côté des matérielsroulants,outrelecasdesTGV,l’avenirserévèletoutaussiincertainpourlesautressegments. Quid du remplacement destrains corail dont le parc est obsolète ?QuantauxTER,lesrégionsn’ontprisdescommandesfermesquepour275ramessur un potentiel de 1 860. Auront-ellesles ressources suffisantes pour levertoutes les options ?FACILITERL’ACCÈSDESPMEAUGRANDEXPORTDans ce contexte, l’exportation offredes débouchés. La Chine présente desbesoinsentransportsurbainsetpériur-bains illimités (métro, tramway), maiselle exige des transferts de technologie.Les perspectives majeures se situent enRussie et dans sa périphérie. Ainsi, endeux ans, Alstom et ses équipementiersont décroché 3,5 milliards d’euros decommandeenRussieetauKazakhstan.Enfin,leBrésilserévèleprometteuravecses projets de métro dans les grandesmétropoles et la ligne à grande vitesseentre Rio et São Paulo.Faciliter l’accès des PME/PMI à l’expor-tation, c’est justement l’un des objectifsdu projet First, initié dans le cadre duCS2F (Comité Stratégique de la FilièreFerroviaire), piloté par la FIF et auquella FIM apporte sa contribution. Outrele développement de l’exportation, ceprojet vise à financer des actions à des-tination des PME/PMI pour partagerles connaissances des marchés, renfor-cer la cohésion de la filière, développerdes outils d’interface entre clients etfournisseurs, et favoriser l’accès auxcompétences complémentaires indis-pensables, notamment l’électronique.De co be 1 Q Mecas è 3 /10/1 8 ag700entreprisesrelevantde la mécaniquesont concernéespar le marché duferroviaire.Après une très forte croissance, le marché français du ferroviaire a atteint un palier. L’exportation pourrait compenserles incertitudes hexagonales.
  6. 6. 10 // MÉCASPHÈRE // DÉCEMBRE 2012Machine Liebherr(àgauche),leconstructeurallemanddisposed’uneimportantefilialeenAlsaceetSchaeffler(àdroite)spécialiséedanslesproduitsdeprécision.L’AlsaceLamécanique,premiersecteurindustrieldelarégionLe 21 novembre dernier, la FIMorganisait une conférence de presseà Strasbourg pour présenter la campagne « La mécanique en France, bienplus qu’une industrie », en présencede quatre industriels : Stein Énergie,Liebherr, Adecut, NSC Schlumberger.Le choix de la capitale de l’Alsace nedoit rien au hasard. Comme le souligne Jacques Le Dosseur, représentantde la FIM en Alsace, « c’est une régiontraditionnellement mécanicienne ».En effet, avec le textile et la chimie,la mécanique compte parmi les premières activités industrielles qui sesont implantées dans la région auXIXème siècle.32 000 SALARIÉS DANS LAMÉCANIQUED’une manière générale, l’industrieest très présente. Selon l’Insee, ellereprésente 10,7 % des établissements(2,1 % de moyenne nationale), et32,1 % des effectifs. Sa situation géographique et la présence du Parlementeuropéen à Strasbourg place la régiondans une position particulière dansl’Union européenne. Une positionqui explique peut être qu’elle exportebeaucoup : l’Alsace est la premièrerégion exportatrice française parhabitant, les machines industrielleset agricoles atteignant 13,6 % del’ensemble. Avec 760 entreprises quiemploient environ 32 000 personnes,la mécanique constitue le principalsecteur industriel de l’Alsace et représente environ 5 % de la mécaniquefrançaise. Les biens d’équipement(51 % de l’ensemble) sont bien plusprésents que dans le reste de l’Hexagone (37 % pour l’ensemble de laFrance), avec une part prépondérantedes roulements, des machines agricoles, du matériel ferroviaire et detravaux publics. En revanche, la transformation des métaux (41 %, contre52 % de moyenne nationale) est moinsactive de même que la sous traitance(10 % contre 24 %), malgré la présencede grands donneurs d’ordre, commePeugeot, Alstom Transports, GeneralMotors ou Messier Bugatti.« La mécanique constitue un atoutessentiel de l’économie régionale avecune main d’œuvre qualifiée et unsavoir faire reconnu, estime JacquesLe Dosseur. Elle bénéficie en outre dufort potentiel de recherche et développement implanté localement. » Ainsi,La mécanique compte parmi les premières industries qui se sont implantées en Alsace. Aujourd’hui, elle rassemble 760entreprises, dont des filiales de groupes étrangers leaders dans leur secteur d’activité.« Nous exportons 98 %de notre production. »JEAN- BAPTISTE SCHAFFHAUSER,DIRECTEUR INDUSTRIEL N.SCHLUMBERGER(BIENS D’ÉQUIPEMENTS POUR L’INDUSTRIETEXTILE ET L’EMBALLAGE), 200 SALARIÉS©DR« Nous sommes implantés en Alsace depuis 1810. Lafabrication de machines textiles est une activité traditionnelle de larégion. Nous exportons 98 % de notre production. Il reste très peud’acteurs dans le monde qui maîtrisent la transformation des fibreslongues. Nous disposons d’un réseau de fournisseurs en Alsace,mais également en Franche-Comté, en Rhône-Alpes et dans le nordde l’Italie. Depuis peu, le groupe s’est diversifié vers le secteur del’environnement, avec la création de NSC Environnement, spécialiséedans le traitement des déchets solides et la production d’énergie. »« Liebherr est installé en Alsace depuis 1961 et poursuitses investissements : une nouvelle usine a été construite voilàtrois ans pour les pelles hydrauliques de plus de 100 tonneset un autre site de production de composants est en chantier.La stratégie du groupe consiste à s’implanter sur les marchésqui présentent un fort potentiel. La situation géographiquede l’Alsace au centre de l’Union européenne, ses importantsmoyens de communication et le fait que de nombreux Alsacienscomprennent l’allemand ont également joué un rôle.À cela s’ajoutent les compétences dans le domaine de lamécanique, nées du passé industriel textile de la région. »« La stratégie du groupeconsiste à s’implanter surles marchés qui présententun fort potentiel. »ALAIN BOHRER, DIRECTEUR GÉNÉRAL LIEBHERR-FRANCE (MATÉRIEL DE TRAVAUX PUBLICS),2 000 SALARIÉS SUR LES 4 SITES ALSACIENS©DR32000SALARIÉS DANSLA MÉCANIQUE 760ENTREPRISESMÉCANICIENNESZoomRenforcer la compétitivité des PME/PMI et développer leur activitécommerciale. Pour atteindre ces deux objectifs, le Comité mécaniqueAlsace multiplie les actions. Panorama.FondéparlaFIM,l’UIMM,leCetim,le Cetim Cermat et la Chambre deCommerce et d’Industrie d’Alsaceen 2009, le Comité Mécanique Alsaceest chargé de concevoir et mettreen œuvre un programme d’animations technique et économique pourrenforcer la filière mécanique. Unequarantaine d’entreprises ont ainsibénéficié de ses initiatives.« Depuis trois ans, des plans d’actionsont été mis en place pour accroître lacompétitivité des PMI alsaciennes,souligne Gilbert Fischer, présidentdu Comité. Nous avons notammentengagé un rapprochement avec lesdonneurs d’ordre que sont Peugeot,Messier, Alstom ou Liebherr. »UNPLANDEMODERNISATIONDESPMILes PMI mécaniciennes d’Alsace sonten effet très dépendantes des donneursd’ordre qui, après avoir externaliséleur production, tendent à privilégierla proximité. D’où l’idée de mettre enplace des plans régionaux de modernisation des entreprises dans troissecteurs de leur organisation : ledéveloppement des savoir faire et desle Cetim est bien implanté, avec leCetim Cermat, un important centreassocié qui emploie une quarantainede collaborateurs. Spécialisé dans lacaractérisation physique et chimiquedes matériaux, le centre dispose également d’une solide expertise en essaisvibratoires et en analyse de défaillancedes matériaux métalliques et des polymères.•1,84MILLIOND’HABITANTS,SOIT2,9%DELAPOPULATIONFRANÇAISE•221,9HABITANTSAU KM2 (101,1DE MOYENNENATIONALE)•62,1%DE 15–59ANS(60,1 %POURLAFRANCE)•PIBPARHABITANT:27986EUROS(25913EUROSDEMOYENNENATIONALEHORSÎLE-DEFRANCE)•3,7%DUPIBNATIONAL•PRÈSDE 810000ACTIFSAYANTUNEMPLOI•PLUSDE135000SALARIÉSDANSL’INDUSTRIE• 8,7%DETAUXDECHÔMAGE(10,6%POURL’ENSEMBLEDELAFRANCE)•PRÈSDE15000APPRENTIS•PRÈSDE 68000ÉTUDIANTSDANSL’ENSEIGNEMENTSUPÉRIEUR(Source : CCI Alsace)Chiffres clésDESFILIALESDEGROUPESÉTRANGERSParmi les grands noms de la mécanique, on trouve des Français, tels lesOutils Wolf (matériels agricoles ettondeuses), Kuhn (machines agricoles)ou Sotralentz (chaudronnerie tunneliers), mais également nombrede filiales de groupes étrangers leaders mondiaux de leurs secteurs, àl’image des Américains Timken (roulements) ou Emerson (matériels derégulation), et surtout des AllemandsSchaeffler (roulements), Sew Usocome(motoréducteurs) ou Liebherr (pelleshydrauliques). Des filiales qui se sententbienici,puisqu’ellesyinvestissent :Liebherr vient d’ouvrir un site de production à Colmar et « Sew Usocomeenvisage une nouvelle implantation,souligne Georges Meyer, délégué duCetim dans la région. Du fait de saproximité, l’Allemagne constitue unmarché potentiel important. Maisl’accès reste difficile, car les industrielsallemands font appel en priorité à leurindustrie locale. »Pour Jacques Le Dosseur, « l’influencede l’Allemagne est évidente, ne seraitce que par la présence des filiales degroupes d’outre Rhin. Elle se fait sentir également au niveau de l’emploi : augré de la croissance, l’Alsace se transforme en réservoir de main d’œuvrequalifiée pour les entreprises allemandes. » Mais la faible démographieoutre Rhin peut devenir une chance :les industriels allemands pourraienten effet sous traiter une partie de leurproduction aux PME françaises.Pour l’heure, l’Alsace, à l’instar du restedu pays, souffre d’un certain ralentissement de l’activité. « Nous avionsenregistré une croissance de 8 % en2011, souligne Jacques Le Dosseur.Nous devrions tourner autour de 2 à3 % en 2012 grâce à l’élan que nousavions pris. Mais les carnets de commandes se dégonflent et la situationdevrait être étale en 2013. » Parmiles secteurs qui souffriraient figurentl’automobile et les sous traitants, lescomposants, la visserie, alors que lesroulements et les équipements industriels résisteraient davantage. Malgrécela, « la mécanique recrute toujoursdans des métiers très qualifiés »,conclut Jacques Le Dosseur.Le Comité Mécanique Alsaceenactionscompétences (acquisition de nouvellestechnologies, renouvellement desmoyens de production, automatisationdes procédés, formation et embauchede jeunes) ; la mise en place d’organisation orientée vers le client ; la créationd’un service marketing/commerciald’observation des besoins des clientset des nouvelles offres et prestationsdes concurrents. Et Gilbert Fischer deplaiderpour«l’établissementd’unplanÉtat/RégiondemodernisationdesPMIde la mécanique ».Deuxième axe de l’action du comité :développer l’activité commerciale.C’est ainsi que 12 entreprises ont faitle déplacement au Midest (du 6 au 9novembre 2012 à Paris) sous la bannière de l’Alsace. Le comité mécaniqueétait également présent sur Swisstech(du 20 au 23 novembre 2012) à Bâle(Suisse) et se rendra à Industrie Electronik (du 24 au 26 janvier 2013) àFribourg en Brisgau (Allemagne).Par ailleurs, une action visant à développer la présence commerciale desPMIsurInternetsera relancéeen2013.Enfin, de mai à septembre, 15 PME ontparticipé,avecunedizainededonneursd’ordre allemands à une initiative pourdévelopper les ventes dans le BadeWurtemberg. En effet, cette granderégion industrielle d’outre Rhin estconfrontée à une pénurie de maind’œuvre. Elle pourraitdoncsous traiterunepartiedesaproductionàdesindustrielsfrançais.Uneinitiativereconduiteen 2013. DÉCEMBRE 2012 // MÉCASPHÈRE // 11©Liebherr©Schaeffler©KuhnCONTACTS JacquesLe Dosseur (FIM)j.ledosseur@wanadoo.fr Georges Meyer(Cetim)georges.meyer@cetim.fr(Estimations réalisées parle Comité mécanique Alsace)
  7. 7. L’écoconception permetd’améliorer l’image de sonentrepriseVRAI. À mesure que la sensibilité àl’environnement se développe dansle public, toute démarche écologiquevalorise son auteur. C’est d’autant plusvrai lorsqu’il s’agit de produits grandpublic. Le respect de l’environnementfait désormais partie des critèresd’achat des consommateurs, même sile prix reste déterminant. C’est l’unedes raisons qui a poussé Ronis, fabricant de barillets de serrure qui vendune partie de sa production en grandessurfaces, à « écoconcevoir » sa nouvelleDOSSIERgamme. Une démarche qui lui a permis en outre de réduire de 40 à 50 %son investissement initialement prévupour renouveler sa gamme, notammenten divisant par deux le nombre de composants.Mais les clients industriels ne sont pasen reste : certains sondent leurs fournisseurs sur leurs démarches environnementales. « Nous travaillons pour lesacteurs de l’eau qui sont très sensiblesaux aspects environnementaux »,illustre Pascal Moreau, directeurgénéral de Saint Germain Straub,spécialisée dans la conception et lafabrication de matériel de branchementet de comptage pour la distributiond’eau.L’écoconception coûte cherFAUX. La démarche en tant quetelle ne coûte pas plus cher qu’unprogramme classique de rechercheet développement. « Il faut concevoirdifféremment, indique Pascal Moreau.Au début les personnes qui travaillentdans les bureaux d’études peuventconsidérer l’écoconception comme untravail supplémentaire. Mais, après lesavoir formées, l’écoconception rentretrès vite dans les mœurs. Elle faitaujourd’hui partie de la culture•••DÉCEMBRE 2012 // MÉCASPHÈRE // 13Vérités et idées reçues surl’écoconceptionDans le mot écoconception, le préfixe « éco » est autant emprunté au mot écologie, qu’au terme économie. En effet,concevoir un produit qui présente moins d’impact sur l’environnement, revient aussi à réduire son coût de production etd’utilisation. C’est si vrai que l’écoconception devient un moyen de se différencier sur des marchés très concurrentiels.Pour aider les entreprises, et notamment les PME, à concevoir autrement, une norme française existe. Elle est aujourd’huiportée au niveau européen. Plus simple à mettre en œuvre que l’analyse du cycle de vie, elle vise à hiérarchiser lesactions à mettre en place pour mettre sur le marché un produit respectueux de l’environnement. Un outil qui permet auxmécaniciens de devancer la réglementation européenne sur le sujet.L’environnementaucœurdelaconceptionFédérerExportAppuiCroissanceStructurerPortageETIEtude de marchéSalonImplantationMarchésMondeNetworkOpportunitéAccueillirStratégieInnovation850 collaborateursRendez-vousCommuniquerProspecterFormerAiderInternational MondialiserEtudierConcurrenceAnalyses30 000EntreprisesEvènementsReprésenterAccompagnerExpertiseCréation de filialeBusinessCentersFinancement77 paysPorte dentrééExport107 CCIFE VIEHébergementDomiciliationConférencesSéminairesFormationsinterculturellesWebinarProspectionDéveloppementCommercialMissions deprospectionContactsRéseauCréationFilialeTestIDEGRHProduitLobbyingBRICPartenairesSemaines FrançaPromotionDiagnosticNetworkUnionPMEIncubateursavec les CCI et les CCI Françaises à l’EtrangerAccédez au mondePréparer votre développement à l’internationalEtude et diagnostic de marchéIdentification de la concurrenceDiagnostic exportGestion des formalités et certificationsConseil juridiqueApproche stratégiqueRendez-vous experts paysFormation au commerce internationalS’implanter à l’étrangerCommerciaux à temps partagéDomiciliation - HébergementAppui administratif et financierCroissance externeCréation d’une structure localeDévelopper son activité internationaleRecrutement et gestion RH déléguéeFormation des équipes localesRéalisation de supports de communicationEvènementiel et relations publiquesLancement de produitNos services pour votre succès à l’internationalUCCIFE et CCI International - 01 40 69 37 25 - contactinternational@ccifrance.frwww.francemondexpress.fr/cci-internationalProspecter le mondeSélection de contactsTest produit marchéMissions de prospection commercialeIdentification de contacts clésProspection commercialeConventions d’affairesAccompagnement sur les salonsPlanification de rendez-vous d’affaires
  8. 8. L’ENVIRONNEMENT AU CŒURDE LA CONCEPTIONDOSSIERDÉCEMBRE 2012 // MÉCASPHÈRE // 1514 // MÉCASPHÈRE // DÉCEMBRE 2012Avec son procédébivis, Clextral aconquis les 3/4 d’unmarché mondialsur lequel la sociétén’était pas présenteen 1990.Atelier de KSB :l’écoconceptions’applique à tous lesnouveaux produits.Le Symop a misà la disposition desconstructeurs demachines outils unecharte professionnellesur la performanceenvirronnementale.••• de notre entreprise. » L’écoconceptionconsiste à ajouter le paramètre environnement à la phase de conception.Par exemple, le dimensionnementd’une pièce doit être analysé auregard de son encombrement et de safonction dans le produit, mais aussien tenant compte de la quantitéde matière et de la consommationd’énergie nécessaires pour la fabriquer, du volume des copeaux généré,des substances dangereuses rejetées,de sa recyclabilité…La solution trouvée peut se révélerplus onéreuse que dans une démarchede développement classique. Ainsi, onpeut être conduit à choisir un matériau plus cher pour pouvoir recyclerle produit en fin de vie. Mais pourPhilippe Contet, directeur techniqueet innovation de la FIM, « en général,ce surcoût est largement compensépar tous les apports de l’écoconception, en termes d’économie dematière, de réduction de la consommation d’énergie et de gains de valeurajoutée ». Nombre d’entreprises sesont d’ailleurs lancées dans l’écoconception sans le savoir, en partant del’analyse de la valeur de leurs fabrications, pour chercher à réduire leurfacture énergétique ou leur consommation de matière, donc les prix derevient de leurs produits.« La force de l’écoconception résidedans sa capacité à impliquer l’ensemble des services de l’entreprisepour rationaliser les coûts et l’organisation autour d’un objectif, soulignait Guy Babolat, pdg de Bourgeois,le fabricant de fours de cuisson pourla restauration (voir MécaSphèren° 18). Elle touche au cœur du métier,induit et facilite le changement et participe à l’amélioration de la compétitivité. Ainsi, nous avons réduit nosdélais de fabrication de 50 %, ce quiest capital. » Reste que pour optimiser les solutions et trouver le meilleurcompromis entre l’impact sur l’environnement et le coût, il s’avère nécessaire de disposer d’outils permettantde faire des arbitrages, par exempledes bases de données pour comparerdifférents matériaux.L’écoconception permetde gagner des marchésVRAI. En réduisant à la fois l’impactsur l’environnement et les consommations d’eau, d’énergie, de matières,le coût de traitement des déchets…,l’écoconception peut améliorer lacompétitivité de l’entreprise et cellede ses clients. Ce qui lui ouvre desmarchés.Une croissance des commandes de20 % entre 2010 et 2011, 83 % duchiffre d’affaires réalisé à l’exportation, dont 72 % hors de l’Union européenne, Georges Jobard, président deClextral l’affirme : « La sobriété énergétique de nos machines et de nosprocédés respectueux de l’environnement nous ont permis de conquérir des marchés. Et ce partout dansle monde, y compris les pays émergents ».Au cœur de l’activité de Clextral, leprocédé bivis, un mélangeur à doublevis pour extruder des matières plastiques que Clextral a transféré enagroalimentaire où elle est devenueleader mondial (pains plats, céréalespetit déjeuner, snacks apéritifs, croquettes pour animaux…), puis dansla pâte à papier. « En consommantdix fois moins d’eau que les technologies classiques, ce procédé nous apermis de conquérir les trois quartsdu marché mondial alors que nousn’étions pas présents sur ce segmenten 1990 », constate Georges Jobard.Le procédé est également utilisé dansla fabrication de papier pour billets debanque.L’entreprise vient de déposer un brevetd’extrusion porosification qui permetde fabriquer des poudres poreuses(le lait en poudre par exemple) enconsommant entre 20 et 40 % d’énergie de moins qu’avec les procédéstraditionnels. Autre innovation encours : le remplacement de la fibre deverre dans le plastique par de la fibrede lin, qui nécessite beaucoup moinsd’énergie.La notion du coût du produit tout aulong de sa vie devient une donnéeessentielle. Souvent, l’impact du produit sur l’environnement et son coûtsont liés : écologie rime alors avecéconomie. Ainsi, la consommationd’énergie représente 98 % de l’impact environnemental d’une pompe.Réduire ce dernier revient à diminuerla facture énergétique. Ce qui peutcréer un double avantage concurrentiel pour conquérir des marchés.KSB a ainsi conçu des pompes pourcirculateur de chauffage à haute performance énergétique ou une pompede relevage pour eaux usées innovantequant à ses tracés hydrauliques. Cesderniers permettent de réduire lespertes de charge internes. La pompeest donc plus compacte grâce à unmeilleurrendement.Aupassage,autantd’économies en volume de stockage etde transport.« Sur un marché très concurrentielcomme le nôtre, les économies d’énergie et la protection de l’environnementconstituent deux critères essentielsde notre développement, soulignePascal Vinzio, responsable rechercheet innovation de KSB. Depuis plus dedix ans, nous cherchons à fabriquerdes produits plus efficaces pour nousdémarquer de nos concurrents. »Il n’existe aucune normed’écoconceptionFAUX. Non seulement, il existe unenorme en matière d’écoconception(NF E 01 005), mais elle a été spécialement conçue pour les mécanicienspar l’UNM (Union de Normalisationde la Mécanique), à la demande dela FIM. « À l’origine, il s’agit d’unethèse d’un étudiant de l’Ensam(École nationale supérieure d’artset métiers), financée par le Cetimqui a débouché sur une méthodologie d’écoconception », rappellePhilippe Contet. Maieco (Méthoded’apprentissage organisationnelpour l’intégration de l’éco conception) est devenue une norme française. L’objectif est aujourd’hui de laporter au niveau européen. D’où lacréation d’un comité technique (CENTC 406), présidé par Pascal Vinzio.Le texte est actuellement en phased’enquête. Les commentaires quivont remonter de l’ensemble des payseuropéens seront pris en compte,avant une relecture finale pour trouver un accord. La norme européennesera donc issue de « la volonté française de proposer aux mécaniciens,une méthodologie plus simple quel’analyse de cycle de vie très lourdeet qui nécessite des bases de données importantes », souligne PascalVinzio. La norme répond aux besoinsdes PME et des ETI qui ne disposentpas de moyens suffisants pour appliquer les méthodes plus lourdes. Sonprincipe : elle met en évidence lesaspects (matières premières, fabrication, utilisation, fin de vie, substances dangereuses, transport etlivraison, emballage) qui présententle plus d’impact sur l’environnement,afin que l’entreprise se concentre surces points les plus sensibles et agissesur les paramètres déterminants(voir article p.16).Seules les grandes entreprisespeuvent pratiquer l’écoconceptionFAUX. La politique de la FIM et duCetim consiste justement à développerdes outils pour que les PME s’approprient l’écoconception.Ainsi, la norme a été conçue spécialement pour elles. D’ailleurs Maieco aété testée avec succès par quatre PME(SIL, Méca Fonction, SKF Aeroengineet Aereco), avant d’engager toutedémarche de normalisation.Il existe des moyens definancer l’écoconceptionVRAI. Mis en place par l’État dansle cadre des Investissements d’Avenir, le Prêt Vert Bonifié vise à financerdes investissements compétitifs quiprennent en compte les enjeux de laprotection de l’environnement.En partenariat avec le Cetim et avecle soutien d’Oséo, le Symop (Syndicatdes machines et technologies de production) a mis à la disposition desconstructeurs de machines outils,une « Charte professionnelle sur laperformance environnementale desmachines outils ». Très pratique, cettedernière vise à mesurer les efforts environnementauxportéssurlesmachinesoutils modernes. Elle fonctionne selonle principe d’un engagement volontairedu signataire et donne aux fabricantsde machines outils un cadre communqui leur permet de réaliser une évaluation de la performance environnementale des équipements qu’ils proposent.Les efforts effectués (réduction desconsommations énergétiques et delubrifiant, optimisation de la durabilité des machines, diminution desmasses...) sont également mis en avant.Surlabasedecettecharte,desélémentsquantifiés (en termes de performanceenvironnementale), sont fournis auxclients qui peuvent ainsi les utiliserdans leur demande de Prêt Vert Bonifiéauprès d’Oséo. Signataire de la charte,la société EGA a ainsi vendu unemachine à une entreprise normandespécialisée dans le domaine de laconstruction bois. Cette dernière réalisant d’importants investissements afinde faire face à la forte augmentation dessolutions bois dans la construction a puainsi répondre aux besoins de son marché tout en bénéficiant d’un accompagnemet Oséo pour son financement eten profitant de moyens de productionplus économes, donc plus rentables.Par ailleurs, l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie)soutient des opérations de recherche etdéveloppementenmatièred’écoconception, notamment à travers des appels àprojets,afindedévelopperlesméthodologies et les outils d’écoconception. Ellepropose aussi un soutien financier auxentreprises qui ont recours à une expertise extérieure pour réaliser l’évaluationenvironnementale de leurs produits,dans le cadre du « diagnostic management environnemental, approcheproduit ».« À l’évidence les ressourcesde la planète sont limitées,l’énergie devient de plus en pluschère, et il nous faut préserverles matières premières, l’eauet la qualité de l’air. Nosclients sont donc de plus enplus sensibles à l’impact surl’environnement des machinesque nous leur vendons.L’écologie a fait son entréedans l’économie : le coût desmatières, le traitement de l’eau,de l’air et des déchets entrentdans le coût de production.Écoconcevoir, c’est proposer ànos clients des machines sobresen énergie ou en consommationd’eau et recyclables. En cesens, elles améliorent leurcompétitivité.Par ailleurs, l’émergencedes énergies renouvelablesouvre aux mécaniciens  desopportunités de développement.Les éoliennes, les hydroliennes,le traitement de la biomasse…,autant d’applications quinécessitent des procédésinnovants et donc des machinesnouvelles.Mais, écoconception bienordonnée commence par soi-même avec la mobilisation deson personnel. C’est pourquoi,l’écoconception doit tousnous inciter à réfléchir auxmoyens de réduire nos propresconsommations d’énergie etd’eau, nos productions dedéchets, nos utilisations dematières dangereuses, et àétudier les possibilités derecyclage. » ©StéphaneLarivenPOINT DE VUE « La relation entreprise/banque doit êtreemprunte d’un espritd’équilibre. »GEORGES JOBARD, VICE-PRÉSIDENT DE LA FIM EN CHARGE DEL’INNOVATION ET DU DÉVELOPPEMENT DURABLE ET PRÉSIDENT DECLEXTRAL©Clextral©Symop©KSB
  9. 9. L’ENVIRONNEMENT AU CŒURDE LA CONCEPTIONDOSSIERDÉCEMBRE 2012 // MÉCASPHÈRE // 1716 // MÉCASPHÈRE // DÉCEMBRE 2012KSB s’appuie sur la norme NF E 01-005 pour mener sa politiqued’écoconception. Elle permet de hiérarchiser les actions visant àdiminuer l’impact environnemental du produit. Illustration avec unepompe et un clapet anti retour.La directive ErP impose l’écoconception pour les produits qui présentent un impact surla consommation d’énergie. Objectif : réduire cette dernière de 20 % d’ici 2020. Petit àpetit, l’écoconception devient la règle.Dubonusagedelanormed’éconceptionÉtatdeslieuxréglementaireSimplifier la démarche d’écoconception des PME mécaniciennes qui nedisposent pas toujours de moyens suffisantspourselancerdansdesanalysesde cycle de vie. C’est dans cette optiquequ’a été conçue la norme NF E 01 005.Spécialisée dans les pompes et la robinetterie, KSB l’applique pour concevoirses nouveaux produits.Hiérarchiser les actionsLa première étape consiste à identifierclairement le produit et à en dresser lanomenclature, c’est à dire l’ensembledes données qui permettent de ledécomposer en pièces élémentaires.Certaines sont regroupées lorsqu’ellessont identiques, par exemple unensemble de vis. En effet, il est important de disposer de masse de piècessuffisantes pour passer à l’analysed’un certain nombre de paramètres. Ils’agit notamment d’évaluer les matériaux en présence et le taux de matièrerecyclable par rapport à la masse totaledu produit. « Un questionnaire permetde déterminer le profil environnemental du produit avec un classement paralgorithme, de sept aspects environnementaux, indique Pascal Vinzio,responsable recherche et innovationde KSB : matières premières, fabrication, utilisation, fin de vie, substancesdangereuses, transport et livraison,emballage. Ce qui permet de hiérarchiser les priorités et les actions à menerpour diminuer l’impact du produit surl’environnement. »Ainsi, les priorités pour une pompe serévèlent différentes de celles pour unclapet anti retour. La partie consommation d’énergie s’avère prépondérantepour la première (utilisation), alors qu’ilconvient de porter l’effort sur la quantité matière (matières premières) pourle second. La méthode permet doncd’identifierlesactionsprioritaires.Pourchacune d’elles, des lignes directricesd’amélioration et des indicateurs sontdéfinis, afin de suivre, tout au long dela conception ou de la reconception, sil’on va dans le bon sens.Le besoin du marchéa tranchéPar exemple, on peut décomposer leclapetendifférentesmatièresetréduirela quantité d’inox, en le remplaçant parun matériau plus léger protégé par unrevêtement. Par ailleurs, en optimisantles dimensions des pièces, le bureaud’études réduit la masse totale.Pour la pompe, augmenter le rendement améliore l’efficacité énergétiqueet donc réduit la consommation d’énergie par mètre cube de fluide transporté.Telle était l’option choisie. Comment yparvenir ? Les ingénieurs de KSB ontdécidé de travailler sur le profil hydraulique de la pompe. Avec des outils desimulation et de modélisation, ils ontétudié les formes de la roue et de lavolute, la position de l’une par rapport à l’autre, les rayons de courbure…Résultat : le rendement de la pompeest supérieur de 25 % à celui de lagamme précédente. Une fois ce résultat obtenu, « deux solutions s’offraientL’écoconceptioninvite égalementà réfléchir sur sonprocédé.Extrudeuses,presses à injecter,machines soufflageet thermoformagedevront réduirele consommationénergétique de 20 %d’ici 2020.répond parfaitement aux attentes du Grenelle delEnvironnement, et aux conclusions des Etats Généraux de lIndustrie,qui recommandent « quà travers une véritable dynamique dinvestis-sement et dinnovation, lindustrie française effectue sa mutation versune industrie durable : durable sur le plan économique, social etenvironnemental ».a l’ambition d’être auprès de ses parties prenantes uneentreprise « world class », que ce soit pour ses produits, ses services, sesprocessus internes ou ses organisations humaines.Le groupe s’efforce de mettre en place des actions visant à promouvoir uneplus grande responsabilité environnementale et à encourager ledéveloppement de technologies respectueuses de l’environnement.Dans ce cadre, nous développons des standards groupé au niveau Sécuritéet Environnement afin de généraliser les bonnes pratiques, quel que soit lepays de production.Certains de nos sites industriels ont même intégré les standards ISOhygiène, sécurité et environnement, pour poser les bases d’un système plusglobal de management.Les processus du groupe Poclain Hydraulics saméliorent constamment etassurent aux clients de recevoir des produits répondant auxspécifications approuvées et conformes aux normes en vigueurs. Lesprocessus de conception, de fabrication et de commercialisation desproduits Poclain Hydraulics garantissent également une prise en comptemaximale des aspects sécuritaires.En tant que fournisseur, nous renseignons les demandes de nos clients poursatisfaire l’identification des substances ciblées par « REACH » :- Réduction de l’utilisation de solvants (solvants organiques pour le dégraissage,trichloréthylène)- 0 trichlo + 0 solvant organique, 0 chlore, 0 formaldéhyde, 0 bore : utilisationde produits de type lessive (silicates)- Concernant les peintures : 85% des peintures utilisées par Poclain Hydraulicssont hydro solubles (5-7% de solvants au lieu de 100% précédemment).Poclain Hydraulics répond aussi à des demandes spécifiques, commepar exemple celles liées au secteur automobile.Le Chrome hexa valent Cr6 : Poclain Hydraulics utilise des revêtements àbase de chrome Cr3 pour satisfaire à ces exigences.Evaluation poussée des fluides disponibles sur le marché répondant auxcritères européens Ecolabel.Collaboration avec le CETIM (Centre Technique des Industries Mécaniques)pour des développements dans le domaine de la mécatronique etdéveloppement d’outils de mesure de la performance environnementale desproduits.Participation à un groupe de travail ARTEMA visant à mesurer l’attente etles besoins des clients de la profession en termes d’impact environnementalde ses produits.Partie prenante dans le programme de recherche Engineering ResearchCenter for Compact and Efficient Fluid Power, initié en 2006 aux USA parle syndicat professionnel NFPA et financé par la NSF (National ScienceFoundation), les meilleures universités américaines et les grands acteursindustriels de l’hydraulique de puissance.L’objectif étant d’optimiser les rendements et de limiter la consommation desvéhicules de demain, avec des conséquences positives sur lesémissions polluantes.POCLAIN HYDRAULICS INDUSTRIERoute de Compiègne - 60411 VERBERIE CEDEX – FranceTel : +33 (0)3 44 40 77 77 - www.poclain-hydraulics.com©KSB©DRà KSB pour utiliser cette améliorationdu rendement, explique Pascal Vinzio.Soit fournir une pompe plus puissante,soit proposer un produit plus compact,ce qui permettait de réduire la consommation de matière, l’encombrement, lataille de l’emballage, donc le volume àtransporter. » L’entreprise a choisi laseconde option : c’est le besoin du marché qui a tranché.La méthode d’utilisation simple permetde confirmer des a priori ou de l’expérience. Elle propose une démarchestructurée pour valider et confirmerles priorités et aller plus loin dans lesaméliorations. « À terme, tous les produits serontconcernés par la directive européenne sur l’écoconception. » ViolaineDaubresse, directeur de l’environnement de la FIM en est persuadée :l’écoconception est appelée à se généraliser pour l’ensemble des produitsindustriels et domestiques. Ce conceptexiste depuis plusieurs années et n’apourtant été introduit que récemmentdans le droit européen. La directiveEuP (Energy using Products) de 2005est la première à fixer un cadre enmatière d’écoconception. Initialement,elle concernait les produits consommateurs d’énergie. Dans le cadre de sapremière révision, elle a été élargie auxproduits liés à l’énergie, dite directiveErP (Energy related Products) du 21octobre 2009.Les exigences portent sur toutes lesphases du cycle de vie des produits « duberceau à la tombe ».Le champ d’application de la directivemodifiée est beaucoup plus large : ilvise tous les produits liés à l’énergie,c’est à dire ceux qui peuvent avoir unimpact sur les consommations d’énergie. « On peut fort bien imaginer qu’unencadrement de fenêtre pourrait êtresoumis à la directive, parce qu’il favorise les économies d’énergie », illustreViolaine Daubresse.Un plan de travail sur trois ans fixe laliste des produits concernés, les économies d’énergie attendues, les lignesdirectrices pour revoir la conception etles délais d’application. Il établit également la liste des produits qui serontétudiés au cours du plan de travailsuivant. La sélection s’effectue sur desanalyses du cycle de vie et des meilleures techniques disponibles menéespar des bureaux d’études mandatéspar la Commission européenne. Cesderniers consultent les différentesparties prenantes, dont les fabricants,par le biais des comités européens quiles représentent. « Le plan de travail2012 2014 en cours d’élaborationdevrait être très ambitieux, souligneViolaine Daubresse. Il est donc important que les syndicats professionnelsconcernés soient impliqués auprès de« À l’horizon 2020, toutes lesmachines de transformation deplastique et de caoutchouc devrontafficher un bilan énergétique inférieurde 20 %. Pour respecter la directiveeuropéenne, Euromap, qui regroupeles syndicats européens du secteur,a d’abord engagé des négociations,via un cabinet spécialisé, pour sortirnos équipements de l’appellation« machine-outil », car nos process detransformation sont différents.Quatre types de machinesreprésentatives du marché ontété retenues : les extrudeuses,les presses à injecter, le soufflageet le thermoformage. Après avoirréalisé un inventaire du parcmachines existant, il a été établiun « bilan enthalpique* », cœur del’écoconception . La Commissiontechnique d’Euromap qui rassembleles constructeurs européens, seréunit régulièrement pour partagerles solutions et les expériencesnous permettant de répondre auxexigences de la directive. À ce journous sommes certains, pour notreprofession, de pouvoir répondre àla directive à l’horizon 2020. Maisle plus difficile reste à faire. Nousdevons travailler à l’élaboration d’une« charte » pour la mise en place desmoyens et procédés de contrôle pourchaque activité. De notre point de vue,nous pensons que l’écoconceptiondans le milieu mécanicien ne  peutpas se traiter globalement.Chaque profession doit faire son« bilan enthalpique » et en tirer lesconséquences et stratégies pourrépondre à l’objectif fixé en 2020. »* Relatif à l’enthalpie, la somme del’énergie interne et du produit de lapression multiplié par le volume.©DRPOINT DE VUE « À ce jour nous sommes certains de pouvoirrépondre à la directive à l’horizon 2020.  »CHRISTIAN BILGER, DÉLÉGUÉ GÉNÉRAL DU SYMACAP (SYNDICAT DES CONSTRUCTEURSFRANÇAIS DE MATÉRIELS POUR LE CAOUTCHOUC ET LES MATIÈRES PLASTIQUES)leurs comités européens qui négocient avec les bureaux d’études de laCommission européenne. »©KSB
  10. 10. DÉCEMBRE 2012 // MÉCASPHÈRE // 1918 // MÉCASPHÈRE // DÉCEMBRE 2012Devant recruterde 40 à 50 000personnes d’ici 2020,la mécanique est unefilière d’avenir pourles jeunes.MétiersLa mécatronique, les équipe-ments de manutention et detravaux publics, les équipementsénergétiques, la chaudronnerietuyauterie, la maintenance industrielle et les machines et technologiesde production : cette année, cinq professions se sont réunies, avec SUPiiMécavenir, sur l’espace « Industriesmécaniques » du salon Aventure desMétiers. Organisé par l’Étudiant, cetévénement s’est déroulé du 22 au 25novembre à Paris.Selon l’Observatoire Prospectif etAnalytique des métiers et des qualifications de la Métallurgie, le secteurde la métallurgie devrait embaucherentre 115 et 128 000 personnes paran d’ici 2020, dont 40 à 50 000 dansla mécanique. Les départs en retraiten’expliquent pas à eux seuls ce phénomène. Il faut également tenir comptedes mobilités liées à l’évolution descompétences et des métiers généréepar les bouleversements technologiques dans un secteur ouvert à lacompétition internationale.L’APPRENTISSAGE, UNE FILIÈRE DERECRUTEMENTSi tous les métiers sont concernés, lesrecrutements devraient néanmoinsse concentrer sur les opérateurs qualifiés, les cadres techniques et lesingénieurs. Trois fonctions sont enpasse de se développer fortement : laconception marquée par la capacité àtravailler et à collaborer avec plusieursdisciplines ; la production qui nécessite des compétences de plus en plusimportantes notamment au niveaudes opérateurs ; la vente avec un fort« Tous les métiers sontau vert ». Tel était le thèmedu colloque organisé parl’AFPA, les 15 et 16 novembreau Parlement européen deStrasbourg avec le soutien duFonds social européen. Uncolloque qui s’inscrivait dansle projet Devin Vert engagépar l’AFPA en juillet 2010.Par nature, le développement durable, et notammentle volet RSE (Responsabilitésociétale des entreprises), faitpartie des gènes de l’AFPA.C’est tout naturellement doncque l’association a passé auxcribles du développementdurable 160 de ses formations. Objectif selon ChantalSartorio, directrice de l’innovation de l’AFPA : « Adapterles parcours de formation enintégrant les compétenceset les gestes professionnelsnécessaires pour répondreaux exigences du développement durable. » Un travailde fourmi concrétisé par laréalisation de 150 clips pourprésenter des métiers souscet aspect. Dans le domaineindustriel, « nous abordonsnotamment les questions deconsommation énergétique,de recyclage, de sécurité duposte de travail », illustreHervé Fulbert, directeuringénierie secteur industrie etBTP de l’AFPA. Par exemple,dans la formation d’usineurl’apprentissage des différentsmétaux favorise les réflexesde tri et de recyclage.L’AFPA s’est interrogée surses formations mais également sur ses pratiques. Ainsi,« nous reconsidérons notredispositif afin d’accueillir despublics en situation de handicap, précise Hervé Fulbert. Àcela s’ajoute la formation despersonnels et notamment desformateurs qui interviennentdans l’industrie. »Enfin, le projet Devin Vertcomprend un volet transfertd’expérience illustré par lecolloque de Strasbourg.En 2012, SUPii Mécaveniret l’Institut des Sciences etTechniques des Yvelines(ISTY), école d’ingénieursinterne de l’Université deVersailles Saint Quentin,ont mis en place un premierpartenariat dans le cadred’un nouveau diplôme d’ingénieur « Génie Industriel »,délivré par le ConservatoireNational des Arts et Métiers.Ce partenariat a été confortéavec la préparation de deuxnouveaux projets de créationde diplômes d’Ingénieur en« Systèmes ÉlectroniquesEmbarqués » et « Génie Énergétique et Environnement »en apprentissage. Objectif :répondre aux besoins actuelset futurs des entreprises,notamment celles du tissuindustriel de Seine Aval. Cesprojets s’inscrivent également dans la perspective du« Grand Paris ».Ces cursus répondent àl’évolution des métiers del’ingénieur dans toutes sesdimensions à la fois scientifique, technique et économique. Ils sont égalementadaptés à la qualificationrequise au niveau Ingénieuren termes d’innovation, decréativité et de développementdurable dans une multitudede domaines tels que : l’écoconception, l’écoproduction,l’énergétique, l’électronique,le f luvial, le maritime, lenucléaire et l’agroalimentaire.Ces projets de création ont étésoumis à l’habilitation de laCommission des Titres d’Ingénieur pour une ouvertureprévue en septembre 2013.D’ici à 2020, la mécaniquedevrait embaucher de 40 à50 000 personnes par an. Dessalariés de plus en plus qualifiéspour répondre aux exigencesdes marchés largement ouvertsà l’international. Pour attirerles jeunes vers l’industrie, laFIM, 5 syndicats* et le Centrede formation SUPii Mécavenirétaient présents sur le salonAventure des Métiers.LaFIMetlesprofessionsdelamécaniquesemobilisent L’AFPAàl’heuredudéveloppementdurableDeuxnouvellesformationsd’ingénieurenprojetbesoin de technico commer‌ciaux pourétoffer les portefeuilles clients.Si 89 % des salariés actuels de lamétallurgie sont embauchés en CDI,l’apprentissage semble devenir l’unedes filières de recrutement les plusprisées, d’autant qu’il s’élargit à tousles niveaux de qualification et à tousles domaines : maintenance, production, finance, ingénierie, logistique…Pour attirer les jeunes vers l’industrie, la FIM et ses syndicats multiplient les actions : convention entrela Fédération et l’Onisep pour promouvoir les métiers de la mécanique(voir tribune p. 3), participation à laSemaine de l’Industrie, permettantde sensibiliser 1 000 collégiens etlycéens, campagne grand public pourpromouvoir l’image et les atoutsdes entreprises mécaniciennes (voirarticle p. 4).Sur le salon Aventure des Métiers, lesjeunes ont pu découvrir la technologieau travers d’une machine de simulation de soudage, d’une machine laserde marquage, d’un kart motorisé àair comprimé et d’un simulateur depannes de matériels de manutention. Enfin les professions et SUPiiMécavenir ont organisé deux conféSensibiliserl’Éducationnationaleauxenjeuxdelamaintenanceindustrielle2Àl’occasiondesjournéesd’études«Placedelamaintenanceindustrielledanslafilièrechaudronnerieettuyauterie»,unecinquantained’inspecteursdel’Éducationnationaleavisité,le18octobrematin,laraffineriedeNormandieauHavreen« grandarrêt »pourmaintenance.L’après-midietlelendemainétaientconsacrésàdesconférencesetdesdébatsentrefabricants,donneursd’ordreetreprésentantsdel’Éducationnationale.Objectif :sensibiliserlesinspecteursauxbesoinsdesentreprisesreprésentéesparleSNCT(Syndicatdelachaudronnerietuyauterieetmaintenanceindustrielle)enleurmontrantlesenjeuxtechniques,financiersethumains(l’effectifpassede1000à4000personnes)d’ungrandchantierdemaintenance.LeSNCTœuvredepuislongtempsauxcôtésdel’Éducationnationale,notammentpouraméliorerlesréférentielsdeformation.L’agroéquipementse mobilise2Du22au24novembre2012,àl’appeld’Axema,lesindustrielsdel’agroéquipementsesontmobiliséspourprêterdesmatérielsetparticiperàladéfinitiondesépreuvesdes42èmesfinalesnationalesdesOlympiadesdesMétiersquisesontdérouléesàlaGrandeHalled’AuvergneàClermont-Ferrand.14lauréatsissusdessélectionsrégionalesontconcourupourlepodiumnationalsurunespacedédiéàlamaintenancedesmatérielsagricoles,d’espacesverts,detravauxpublicsetdemanutention.Autotal,cesolympiadesontrassembléplusde800jeunesissusde50métiersdifférentsetattiré75000visiteurs.rences sur les thèmes : « Industriesmécaniques : qui sont ces passionnésqui construisent notre avenir ? » et« Parcours court ou long : trouve ta voiedans les industries mécaniques ! ».*Artema, Cisma, FIM Énergétique, SNCTet Symop.89 %des salariés de lamétallurgie sontembauchés en CDI.©DRAVENTURE DES MÉTIERSFORMATIONCOLLOQUECONTACT Nelson Guerreiro(SUPii Mécavenir)n.guerreiro@supii.fr
  11. 11. DÉCEMBRE 2012 // MÉCASPHÈRE // 2120 // MÉCASPHÈRE // DÉCEMBRE 2012Financement TechnologieLesAteliersLaumoniersediversifientdanslemédicalPour investir dans le capital de Limmed, un laboratoire spécialisé dans les outils chirurgicaux dorthopédie, les AteliersLaumonier ont investi 1,5 million deuros. Spécialisée dans la mécanique de précision, lentreprise a bénéficiéde 300 000 euros sous forme de prêts participatifs Croissance PMI Île de France*. Un projet industriel à long terme.Cette innovation pourrait chan-ger la vie des personnes atteintesdostéoporose ou de fractures desos. « Block and break » constitue unsaut technologique dans le domainede lostéosynthèse**. Par exemple, cesystème de plaque vissé sur los permet à une victime de fracture du tibiade se relever au bout dune journée, cequi limite le séjour à lhôpital, tout enaccélérant la calcification et en réduisant la douleur. Objet de six brevets,linnovation de Limmed (Laboratoryimplant medical device) a été jugéesuffisamment intéressante par lesAteliers Laumonier pour quils décident dinvestir 1,5 million deurosdans lentreprise, dont ils détiennentaujourdhui 45 % du capital.UNVÉRITABLEPROJETINDUSTRIELPour financer cette augmentation decapital, le spécialiste de la mécaniquede précision a apporté 600 000 eurosde fonds propres, les 900 000 eurosrestants se répartissant par tiersentre Oséo, Croissance PMI Île deFrance et le Crédit Coopératif. PourRémi Laumonier, directeur généraldes Ateliers Laumonier, « sansCroissance PMI Île de France, je nesais pas si nous nous serions lancésdans laventure, du moins nousaurions été obligés de limiter notreLa stratégie desAteliers Laumonierrepose sur lacapitalisation dessavoir-faire.Les rencontresd’affaires étaientau programme duvoyage au Canada.©DR©OmégaSystèmesÉchangesfranco-canadiensDu 24 au 28 septembre 2012,EMC2 et Élastopôle, deux pôles deMécafuture, ont traversé l’Atlantiquepour se rendre au Canada. Le premierpourunemissionautourdesmatériauxcomposites, le second pour approfondir les premiers contacts noués, avecle cluster québécois Vallée des Élastomères en 2011.UNPAYSCIBLE« Le Canada compte parmi les payscibles d’EMC2, puisqu’on y trouvedes leaders du transport terrestre etde l’aéronautique, note Benoît SagotDuvauroux, directeur adjoint du pôle.Cette mission avait un double objectif : commercial pour développer desaffaires avec des entreprises canadiennes ; et technologique en montantdesprojetsderecherchecollaborative. »Outre EMC2, l’IRT Jules Verne et leCetim, sept entreprises ont participé àla mission : Loiretech, Saiplast, Cero,Omega Systèmes, Gebe2, Axiome,Lifco. Au programme : deux jours àToronto, trois à Montréal, avec visitesd’entreprises et de laboratoires derecherche ainsi que des rencontresd’affaires. À Toronto, la découverte deMagna, un équipementier leader dansl’automobile, a particulièrement intéressé les outilleurs et les moulistes.À Montréal, les contacts étaient plusavancés.Chacunyatrouvésoncompte :Gebe2 qui effectuait son premiervoyage au Québec a noué des relationsavec une société locale, tandis queLoiretech a franchi un pas supplémentaire vers une implantation locale. Deson côté, Saiplast, une PME de SaintGéréon (Loire Atlantique) a concrétiséun projet de transfert de technologiesurlerhéomoulaged’aluminium.Deuxautres partenariats de recherche sonten cours de formalisation.Enfin, « nous avons concrétisé lepartenariat d’EMC2 avec le Criaq(ConsortiumderechercheetinnovationenaéronautiqueauQuébec)sousformed’un échange de chargés de mission »,indique Benoît Sagot Duvauroux.DESCONTACTSCOMMERCIAUXETTECHNOLOGIQUESDe son côté, la mission d’Élastopôlecomptait quatre adhérents : l’Ifoca(Institut de formation aux technologiesdu caoutchouc) et les sociétés EFJM,Caoutchoucs Manufacturés de l’Oise(CMO) et Sacred.Les trois premières journées àSherbrooke, ville siège de la Vallée desÉlastomères,ontétémisesàprofitpourvisiter des entreprises. Une matinée aété consacrée à une séance de travailau Centre intégré de formation industrielle de Magogetàune rencontre avecle Comité sectoriel de la main d’œuvredu caoutchouc (CSMO). L’occasion dedécouvrir un outil informatique de formation à distance pour les opérateursdu secteur du caoutchouc que « nousespérons pouvoir partager et mettreau service des entreprises françaises »,souligne Olivier Gille, directeur opérationnel du pôle. Enfin la mission apermis de rencontrer l’Université deSherbrooke, sa faculté de génie et sondépartement de chimie.LadélégationaensuiterejointMontréalpour participer aux côtés du pôleEMC2 à la réunion inter entreprisesComposites Meeting et à un échangeavecl’ÉcolePolytechniquedeMontréal.« Au final, cette mission a permis denouerd’intéressantscontactscommerciaux et technologiques qu’Élastopôleva s’attacher à concrétiser », conclutOlivier Gille.À cela s’ajoute le renforcement desrelations entre PME françaises. « Leprogramme de la mission est intensemais l’ambiance décontractée, insisteClothilde Petitjean, coordinateur deprojet au pôle EMC2. Les entreprisesapprennent à mieux se connaître etprévoient même de travailler ensembleau retour de la mission. »EMC2 et Élastopôle, deux pôlesde Mécafuture, se sont rendusau Canada pour développer deséchanges commerciaux et despartenariats technologiques.Compte rendu de voyage.La Fédérationdes Industries MécaniquesParticiper à la viede votre secteur,être défendu,informé et accéder àdes solutions concrètes danstous les domaines de votreactivité mécanicienne :juridique, environnement,marchés, technique,fiscalité, international,financement…Le syndicat de votre profession est sur www.fim.netPour plus d’informations contactez Francis MARTIN (FIM) : fmartin@fimeca.comc’est adhérer à un syndicatmembre de la FIMÉquipementsTransformationsdes métauxPrécisioninvestissement. Les garanties offertessont bien sûr le principal atout dece prêt participatif. Par ailleurs, ledifféré de paiement laisse le tempsà lentreprise de réaliser du chiffredaffaires avant de commencer àrembourser. Enfin, les analysesfinancières dOséo et de CroissancePMI Île de France se sont révélées trèscomplémentaires, ce qui nous a permisde balayer lensemble du projet et desavoir exactement où nous allions. »Car cest bien le projet industriel quiintéresse les Ateliers Laumonier.Toutes les pièces mécaniques sontréalisées dans latelier de Pontoise(Val dOise), alors que ce secteurdactivité est dominé par de grandsgroupes étrangers. Rémi Laumonieren est persuadé : « Limmed pouvaitcertainement intéresser des financiersqui auraient délocalisé la production etcherché une rentabilité à court terme.Notre stratégie est inverse. Elle sefonde sur la durée, sur la rechercheet développement et sur la capitalisation des savoir faire. Le businessplan que nous avons conçu permet deconstruire une activité économique àlong terme. À travers cette opération,nous cherchons à porter une innovation qui apporte du bien être, tout engarantissant lemploi local. » Daucunparlerait dinvestissement durable.* Le programmeCroissance PMIÎle de France aété créé et dotépar la FIM et laCMGM, avec laparticipation duSymop et du CréditCoopératif.** Lostéosynthèseregroupe lesprocédés quipermettent detraiter les fracturesou les problèmesdordre mécaniquesur le squeletteavec des vis, desplaques, desclous, des tiges...,positionnés eninterne, à mêmelos ou en externeavec des fixateursexternes.Microtechnics Alliance : la référenceinternationale des microtechniques2MicrotechniquesetMinalogic,deuxpôlesdecompétitivitéfrançais,etdeuxclusters,MicroTECSüdwestenAllemagneetMicronarcenSuisse,s’unissentauseindeMicrotechnicsAlliance,pourimpulserunevéritabledynamiquetransrégionaleetélargirlescompétencesdansledomainedesmicrotechniques.Lesclusterscollaborentensembledéjàdepuisplusdedeuxans.Enfranchissantcettenouvelleétape,ilsveulentcréerle«centredegravité»desmicrotechniquesenEurope.Plusd’innovationetplusdecroissance:MicrotechnicsAlliancevaoffrirunlevierdedéveloppementauxmembresdesquatreclustersquis’avèrenttrèscomplémentaires,toutenoffrantuneexcellentevisibilitéinternationaleauxmicrotechniques.MÉCAFUTURE

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