Mécasphère 23 - Octobre 2012

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Mécasphère 23 - Octobre 2012

  1. 1. CAHIER CENTRAL«ACTIONS DE SYNDICATS»DANS CE NUMÉROTurquie :la petite Chine d’EuropeZoom sur la TurquieLA PETITE CHINED’EUROPE P.10NewsJÉRÔME DELABRE, PRÉSIDENTDU MIDEST P.5Le magazine des chefs d’entreprise mécaniciens N°23 - Octobre 2012DossierÉtatdeslieuxdelamécanique
  2. 2. 2 // MÉCASPHÈRE // OCTOBRE 2012 OCTOBRE 2012 // MÉCASPHÈRE // 3Faisons de la renaissance industrielleune grande cause nationaleLa situation de l’industriefrançaise en Europe estextrêmement préoccu-pante et constitue, à l’évi-dence, une contre-performancenationale.Endixans,notreindus-trie a perdu 750 000 emplois ; ledécrochageindustrieldelaFranceest considérable, y compris dansdes domaines encore récemmentconsidérés comme des prés car-rés de l’industrie française tels lenucléaire ou les trains à grandevitesse… La théorie de « la Francesans usine » portée par des géné-rationsdedirigeantséconomiqueset politiques a conduit à sacrifiernotre appareil productif.Le redressement productif que leGouvernement veut porter c’estd’abordleredressementdel’imagede l’industrie. C’est un équilibredes responsabilités dont l’Étatdoit être le garant : une industriepropre, une industrie innovante,une industrie consciente de saresponsabilité sociale, environne-mentale, économique des parte-naires sociaux et enfin de saresponsabilité des consomma-teurs. Je veux réconcilier lesFrançais avec leur patrimoineindustriel et les mobiliser autourde la reconquête industrielle.Cette politique, que j’ai qualifiéede « colbertisme participatif »,est une mobilisation de toutes lesTribune à… Arnaud Montebourg, ministre du redressement productifforces économiques et sociales denotre pays dans laquelle chacuna une responsabilité : l’État,les entreprises, les salariés, lesbanques, les consommateurs.Elle est une forme de « patrio-tisme économique » qui est notreréponse à la crise. Pour cela, l’Étatdoit redevenir stratège et ne pasavoir peur d’intervenir dans l’éco-nomie réelle. Cela veut dire porterune ambition industrielle et fairedes choix, en promouvant desfilières, des technologies d’avenir.Le ministère du redressementproductif est le ministère dupatriotisme économique. Nousunissons, dans chacun de nosactes et chacune de nos déci-sions tous les Français, autourles PME n’est pas toujours équi-libré. Non seulement les grandsgroupes font souvent porter àleurs sous-traitants les coûtsd’ajustement en période de crise,mais ils contribuent insuffisam-ment au développement et à lastructuration des filières. Il estnécessaire de revoir la naturedes relations entre les donneursd’ordre et les PME en organisantdes liens de sous-traitance et decoproduction plus équilibrés. Laquestion du partage des risques,industrielsettechnologiques, tropsystématiquement reportés surles prestataires, doit par exemplefaire partie de la réflexion toutcomme le partage des brevets etdes bénéfices de la recherche.Il est donc aujourd’hui essentiel depoursuivre ou d’engager le travailde restructuration des filièresliant grands comptes et PME.La mécanique française, avec unchiffre d’affaires de 109 milliardsd’euros en 2011 et 620 000 sala-riés, a un rôle éminent à y jouer.Présente au sein de toutes lesgrandes filières industrielles, ellecontribue à leur performance et àleur compétitivité. Elle exporte,crée de la valeur et de l’emploi,dans un contexte difficile, et joueun rôle stratégique de ce secteurporteur d’espoir et de dynamismeéconomique pour la France.©CWALTER« Je veux réconcilierles Français avecleur patrimoineindustriel et lesmobiliser autourde la reconquêteindustrielle »SI VOUS SOUHAITEZRECEVOIR MÉCASPHÈRE :Écrivez à mecasphere@fimeca.com en mentionnantvos coordonnées (nom, prénom,société, fonction, adresse complète,téléphone, fax, e-mail)MAGAZINE ÉDITÉ PAR LA FIMEN PARTENARIAT AVEC LESORGANISMES SUIVANTSLes articles sont rédigéssous la responsabilité de leur auteur etleur contenu n’engage que ce dernierCEMECASommaire MécaSphère n°23 - Octobre 201239-41 rue Louis Blanc92400 CourbevoieTél. : +33 (0)1 47 17 60 27Fax : +33 (0)1 47 17 64 37E-mail : mecasphere@fimeca.comÉDITEUR : PROMECAPRÉSIDENT ET DIRECTEUR DE LAPUBLICATION : Fabien CHIZELLERÉDACTEUR EN CHEF :Isabelle DOUVRYRÉDACTION : Alain LAMOURCONSEIL ÉDITORIAL ET CRÉATIONGRAPHIQUE : Sophie REINAULD etClémentine ROCOLLECRÉDIT PHOTO COUVERTURE :Illustration Promeca Communication/ PSA Peugeot Citroën Direction de lacommunicationTirage : 23 000 exemplairesRÉGIE PUBLICITAIREE.R.ITél. : +33 (0)1 55 12 31 20IMPRESSIONCALLIGRAPHY PRINTChâteaubourg- CS 8217135538 Noyal-sur-VilaineN° ISSN : 1957-2921Papier certifié PEFC et FSCEncre à base d’huilevégétaleLabel imprim’vertSupplément du CetimInfos n° 219 - Octobre2012JOURNAL DE CAMPAGNE«LamécaniqueenFrance,bienplusqu’uneindustrie»:lancementréussi p.4MIDESTJérômeDelabre(Midest)« Lessous-traitantsrestentcombatifsetmotivés,maislalassitudecommenceàgagner» p.5POLLUTECLamécaniquefaitstandcommun p.6LAMECANIQUE.COMLeréseaudetouslesacteursdelamécanique p.7SANTÉ AU TRAVAILDétecterl’expositionauxnanomatériaux p.9ZOOMLATURQUIE•LapetiteChined’Europe p.10•Carnetsdevoyage p.11FORMATIONL’apprentissage,unvivierdecompétencespourl’entreprise p.12FORMATION PROFESSIONNELLE•VAE:reconna trelescompétencesparl’expérience p.13-15•Desrecrutementspourfairefaceaupapyboom p.16ENVIRONNEMENTPasdegarantiesfinancièresICPEpourletravaildesmétaux p.23NORMALISATIONValoriserlesexpertstechniques p.24FINANCEMENTGloballianceProjectsCover:lapolicesurmesure p.24JURIDIQUECommentprotégersesinformationsstratégiques? p.25COMPÉTITIVITÉUnlabelpourmieuxsedifférencier p.26AGENDA/OUVRAGE p.27Le N°1 mondial des salons de sous-traitance industrielle*Travaillerensemble+ LESALONDETOUTESLESSOLUTIONSDEMAINTENANCE6 9 NOVEMBREParis Nord Villepinte - France - www.midest.comMIDEST + Maintenance Expo,Une étape essentielle pour un sourcing rapide et efficace :v Rencontrezplusde1700exposantsdont 38% d’étrangers venus de 40 pays.v Identifiez vos nouveaux partenaires parmi les sous-traitants et lesfournisseurs de maintenance.v Explorez la variété des savoir-faire, des matériaux, des procédésalternatifs et des applications.Des exposants de haut niveau dans tous les secteursde la sous-traitance industrielle et de la maintenance :• Transformation des métaux• Transformation des plastiques, caoutchouc, composites• Transformation du bois• Transformation des autres matières et matériaux• Électronique et électricité• Microtechniques• Traitements de surfaces• Fixations industrielles• Services à l’industrie• Maintenance industrielleDemandezdès maintenantVOTRE BADGEGRATUIT(code invitation PZ) surwww.midest.com !FOCUS 2012vLe Piémont, invité d’honneurvLe Marché automobilevLe plateau TVvLes rendez-vous d’affairesvL’application mobile…Restez connectéwww.midest.comMidest 2012-95x270-visiteurs_Mise en page 1 05/09/12 14:59 Page1DOSSIERÉtatdeslieuxdelamécaniquep.17 à 22de l’entreprise créatrice d’em-plois, autour de l’entrepriseproductrice de richesse sur leterritoire national. Ce patriotismeappelle l’effort de chacun : petites,moyennes, grandes entreprises, laFranceabesoindepouvoircomptersur des compétences de tousordres et des entreprises patriotes.Les enjeux sont à la fois d’ordretechnologique et de nature orga-nisationnelle. Il convient, d’unepart, d’accentuer notre effort derecherche-développement, en leconcentrant sur les segments lesplus porteurs : l’État soutiendral’innovation, en particulierau travers de son soutien à larecherche industrielle et au déve-loppement,parexempleautraversdespôlesdecompétitivité.Mais,sichaque entreprise doit améliorersa performance individuelle, ilnous faut aussi améliorer notre« jeu collectif » : le rapport entreles grands groupes français et
  3. 3. De bonnes retombées presse suiteà la conférence de presse de lancement. Un site Internet riche et fréquenté.Un démarrage sur Twitter remarqué. La campagne de communication de laFIM et du Cetim démarre sous de bons auspices.LamécaniquevueparlesFrançaisÀ loccasion du lancement de leurcampagne de communication, la FIM etle Cetim ont commandé une enquêteà lInstitut de sondage Opinion Wayréalisée auprès dun échantillon de1 015 personnes représentatif de lapopulation française.2 1 français sur 3 avoue ne jamaisavoir entendu parler de la mécanique.Seuls 2 % la citent spontanément parmiles secteurs industriels.2 87 % ont une perception positive dela mécanique appréciée pour sa culturede linnovation (16 %), ses débouchésen termes demploi (13 %) et la qualitéde ses produits (12 %).2 95 % jugent les métiers de lamécanique utiles, 84 % en constanteévolution, 84 % davenir et innovants,79 % créateurs demplois.Lagenda de la campagne• 24octobreàParis :conférence de pressesur la mécanique etlenvironnement« LaMécaniqueenFrance,bienplusquuneindustrie » :lancementréussiCONFÉRENCEDEPRESSE :60ARTICLES« Lesmécaniciensontenviedefairebougerleschoses. »Expriméele26juinàloccasiondelaconférencedepressedelancementdelacampagnedecommunication« LaMécaniqueenFrance,bienplusquuneindustrie »,cettevolontédeJérômeFrantz,présidentdelaFIM,sembleavoirtrouvéunécho.Unesoixantainedarticlesdepresseadéjàétéconsacréeàcetévénement.CLUSES :1ÈRE ÉTAPEDELACAMPAGNEDEPRESSERÉGIONALELorsdelaconférencedepresseorganiséeencoopérationaveclesyndicatnationaldudécolletage(SNDEC)àClusesle17septembre,JérômeFrantz,présidentdelaFIM,aprésentéauxjournalistesdelarégionlacampagnedecommunication« LamécaniqueenFrance,bienplusquuneindustrie »auxcôtésdeLionelBaud,présidentduSNDECquiadesoncôtéexposésonplanpourledécolletage«Expansion2020 ».MANIFESTE :22000EXEMPLAIRESDévoiléàloccasiondelaconférencedepressedelancementdelacampagne,leManifeste« PourquoiconcevoiretproduireenFrancedansuneéconomieglobalisée »souligneledynamismedelamécaniqueetsonrôlecentraldansléconomienationaleetproposedespistesderéflexionpourlavenir.«JIRAIPRODUIRECHEZVOUS» :PLUSDE600VISIONNAGESLawebsérie«Jiraiproduirechezvous»aattiré625personnessurYouTube.Sousleregardnaïfetcurieuxdunjournaliste,cespetitsclipsautondécalédonnentlaparoleàdifférentsacteursdelafilière.KSB,poursonengagementenmatièredenvironnement,etCMD,poursacompétitivité,ontouvertlebal.SITEINTERNET :1400VISITESEntresonouverturele25juinetlafinseptembre,lesiteInternet (www.bienplusqu1industrie.com)aenregistréprèsde2500visiteursuniques.«Cesrésultatssonttrèsencourageants,estimeIsabelleDouvry,directeurdelacommunicationdelaFIM.Dautantquelesinternautesconsultentdenombreusespagesetpassentbeaucoupdetempssurlesite. » Ilfautdirequecedernieraétéconçupourfairedécouvriràunelargecibletantprofessionnellequegrandpubliclesmétiersetlarichessedelafilièremécanique.Aucœurdecettecommunication,laproblématiquedu« ConcevoiretproduireenFrance »estconstante.Lesiteestréactualisérégulièrementavecauminimumunarticleparsemaineetdéjàprèsde60articlespubliés.TWITTER :224ABONNÉS«LelancementsurTwitteradémarréau-delàdenosespérances»,seréjouitIsabelleDouvry.LecompteFIMaenregistré224abonnéset183tweetsontétéémis.Lenombredabonnéscroîtdemanièreimportante.Cesontengrandepartiedescomptesliésàlindustrieengénéraletàlamécaniqueenparticulier,ainsiquedesjournalistes.Lobjectifestmaintenantdeconsolidercesocleetdelétendresurladurée.Nouveauté 2012 : la FIM au cœurdu Midest !Sous une bannière commune « Industriesmécaniques : vecteurs de votre compétitivité », laFIM et le Cetim sont réunis sur un espace dédiéaux professions de la mécanique. La FIM se trouvecette année au cœur du salon et des villages de sesprofessions de la sous-traitance. À cette occasion,elle organise des rendez-vous individuels avecses experts juridiques, financiers, techniques etses correspondants à l’étranger, et assurera lapromotion de sa campagne de communication« La mécanique en France, bien plus qu’uneindustrie » lancée en juin dernier.Les industriels sont également conviés sur lestand pour des rencontres informelles avec leursclients, fournisseurs et partenaires en touteconvivialité (stand 6K78). Un cocktail est prévupour les prospects de la sous-traitance afin de leurprésenter les organisations professionnelles.«Lessous-traitantsrestentcombatifsetmotivés,maislalassitudecommenceàgagner  »N°1 mondial des salons de sous-traitance industrielle, le Midest tiendra sa 42ème édition du 6 au 9 novembre au Parc desExpositions de Paris-Nord Villepinte. Loccasion de faire le point sur la sous-traitance et le salon, avec son président JérômeDelabre, également pdg des Établissements Delabre, de Delabre France Tôlerie et de Ningbo Delabre Metal Products.MécaSphère : Dans quel contextesinscrit lédition 2012 du Midest ?Jérôme Delabre : Entre la criseéconomique, la désindustrialisationrampante de la France ou la flambéedes cours des matières premières,nous navons guère de raisons de nousréjouir. La sous-traitance est à limagede lindustrie en général, durementtouchée par la crise de 2008. La légèrerelance de 2011 a commencé à fléchiraupremiertrimestre2012et,depuis,lefléchissement ne cesse de saccentuer.En 2011, nous étions persuadés que2012 serait lannée de la reprise, cestenfaitlannéedela« recrise ».Jepeineàvoirlhorizonséclairciràmoyenterme.M. : Dans quel état desprit setrouvent les sous-traitants ?J. D. : Les sous-traitants restentcombatifs et motivés, mais la lassi-tude commence à gagner. La crisefrappe tout le monde, même si certainssecteurs dactivité se défendent mieuxque dautres. Mais la France souffre dehandicaps supplémentaires. Je nai paslesentimentquelespremièresmesuresgouvernementales nous aident, noussupportent ou nous accompagnent.Le retour partiel sur la réforme desretraites et la hausse des cotisationsalourdissent le coût du travail. La finde la défiscalisation des heures supplé-mentairessupprimeleseulmoyendontnousdisposionspourmotivernossala-riés à travailler plus. À défaut de flexi-bilité, la loi TEPA offrait une certainesouplesse indispensable pour sadapteraux évolutions du marché. Entre lacrise et les charges supplémentairesqui pèsent sur nos épaules, cela devientcompliqué. Et le gouvernement espèresauver lindustrie avec les 22 commis-saires du redressement productif. Cestun peu comme si vous jetiez quelquunà leau au milieu dune tempête et quevous lui envoyiez un maître nageur.M. : Les relations avec les donneursdordre saméliorent-elles ?J. D. : La loi de modernisation de léco-nomie a permis daméliorer la questiondes délais de paiement. La pressionsur les prix reste forte dautant quenos donneurs dordre naffichent pasle même patriotisme que leurs collè-gues allemands. Mais la question defond nest pas là : quand lactivité desgrands donneurs dordre se réduit, lessous-traitants trinquent. Lexemple delautomobile est éclairant.M. : Quelles sont les innovations duMidest 2012 ?J.D. : Le salon met tout d’abord à l’hon-neur l’automobile, secteur ô combiensous tension mais qui demeure lepremier marché client pour les sous-traitants. Aussi semble-t-il judicieuxde dresser un panorama des dernièresévolutions tant économiques que tech-niques.Par ailleurs, et cest une première, leMidest met en avant non pas un pays,mais une région, le Piémont. Il béné-ficiera d’un pavillon spécial avec unepartie institutionnelle qui présenteral’industrie et la sous-traitance régio-nales et des stands rassemblant sous-traitantsetindustriels.Desconférenceset des tables rondes dévoileront égale-ment leur savoir-faire, leurs forces etleurs perspectives.Autres nouveautés, la création dunnouveau village informatique indus-trielle et un renforcement de la portéeinternationale de l’événement. Pour lapremière fois, le Midest accueille unpavillon national de l’Afrique du Sudet une conférence internationale duréseau de Bourses de Sous-traitanceet de Partenariat de l’Onudi*. Enfin, enplusdesrendez-vousd’affaires,b2fair–BusinesstoFairs® créeraetanimeraunplateau télé qui accueillera les grandsacteurs de l’industrie et de la sous-traitance présents dans les allées.M. : Quattendez-vous de cette édi-tion du Midest ?J.D. :En tant que sous-traitant, jespèrerencontrer de nouveaux donneursdordre pour conquérir de nouveauxmarchés. Le président du salon, lui,souhaite que le nombre et la qualitédes exposants et des visiteurs soientau rendez-vous. Pour les exposants,je peux vous dire que cest acquis : ilsseront sensiblement le même nombrequen 2011.* Organisation des nations unies pour ledéveloppement industrielJérôme Delabre, président du Midest©DREnpratiqueDates : du 6 au9 novembre 2012Lieu : Parc desExpositionsde Paris-NordVillepinte - Hall 6Exposants 2011 :1 724 exposantsde 36 paysVisiteursattendus :plus de 40 000professionnelsvenus de 70 paysSite Internet :www.midest.comRéseaux sociaux : Présent sur Viadeo,Twitter, Facebooket LinkedInInformations :01 47 56 21 66info@midest.comMIDEST1Pourquoiconcevoiret Produireen France dansune économieglobaliséeNews• 21novembreàStrasbourget20décembreàLyon :déjeuner de presse pour présenterla campagne et valoriser les actionsrégionales• 6février2013àlaCCIPàParis :les assises so mécanique4 // MÉCASPHÈRE // OCTOBRE 2012 OCTOBRE 2012 // MÉCASPHÈRE // 5Journaldecampagne
  4. 4. * Cisma (Syndicat des équipements pourconstruction, infrastructures, sidérurgie etmanutention), Profluid (Association françaisedes pompes et agitateurs, des compresseurset de la robinetterie), Artema (Association desroulements, des transmissions, de l’étanchéité etde la mécatronique associée), FIM Énergétique(Association syndicale des équipementsénergétiques).75 000 visiteurs,2 400 exposants :Pollutec est le rendez-vous incontournabledes professionnels delenvironnement.©PollutecNews2Desdémonstrateurs,dessimulateurs…,lespace« Industriesmécaniques »proposeradenombreusesanimationsauxjeunesquiserendrontsurlesalonAventuredesMétiers,du22au25novembre,parcdesexpositionsdelaPortedeVersaillesàParis.Objectif :promouvoirlesmétiersdelamécanique.Pourcefaire,Artema,leCisma,FIMÉnergétique,leSNCT,leSymopetlecentredeformationSUPiiMécavenirontunileursefforts,souslégidedelaFIM.Desindustriels,desenseignants,desapprentisserontprésentsenpermanencesurlespace« Industriesmécaniques »pourguiderlesjeunes.
Lespartenairesanimerontdeuxconférencesquisetiendrontlesvendredi23à11h30etsamedi24novembreà16hrespectivementsurlesthèmes :« Industriesmécaniques :quisontcespassionnésquiconstruisentnotreavenir »et« Formationscourtesoulongues :trouvetavoiedanslesindustriesmécaniques ».Guider les jeunes sur le salon Aventure des Métiers 20122 Attirer les collégiens, les lycéens et lesétudiants vers les formations techniquesou technologiques industrielles. Cestlobjectif du site Mecalive (www.mecalive.com) porté par le PôleMécanique Nord-Pas-de-Calais (FIM,UIMM, Cetim, CCIR). Il permet dinformerles jeunes sur les métiers de la filièremécanique, et de mettre en avant lescursus de formation existants pour lesdivers métiers.Piliers du site : le challenge Meccanoet le concours « 24 heures de ma vie ».Le premier propose aux collégiens derivaliser d’ingéniosité en développantune construction innovante.Le second vise à valoriser ces formationsau travers de clips vidéos de 3 minutesréalisés par les adolescents. Plus de900 élèves se sont inscrits aux deuxconcours, dont la remise des prix sestdéroulée le 6 juin dernier dans un IUTde Villeneuve d’Ascq.www.mecalive.comMecalive pour attirer les jeunes vers la techniqueLunion fait la force, cest bienconnu. La FIM adopte cet adage pourlappliquer aux salons. « Sur certainssalons à thématique transversale ouregroupant plusieurs secteurs méca-niciens, il a été décidé avec les profes-sions de rassembler les syndicatsde la fédération sur un même stand,explique Vincent Schramm, respon-sable de la coordination des salons etdes manifestations de la FIM. Nousaurons ainsi davantage dimpact etnous pourrons relayer nos messagesplus facilement. »UNEÉQUATIONDURABLEParmi ces salons : Pollutec, dont la25ème édition se tiendra à Lyon du 27au 30 novembre. Pour la première foisdonc, quatre syndicats*, deux centrestechniques (le Cetim et le Cetiat) etl’UNM (Union de Normalisation dela Mécanique) se rassemblent sur unespace commun autour du thème« Mécanique + environnement =une équation durable ». Fabrilabo(Chambre syndicale des fabricants etnégociants d’appareils de laboratoire)disposera de son propre stand.« Il sagit de montrer comment lamécanique apporte des réponsesaux défis du développement durable,indique Vincent Schramm. Aussi bienAnalyse de défaillances, fabrica-tion mécanique, fatigue, Reach,lean manufacturing, stratégie PME… :autant de thèmes provenant de sitesfiltrés et fédérés par « lamecanique.com », LA plateforme des acteurs de lafilière mécanicienne développée parle Cetim avec le soutien de la FIM. Lesmeilleurs experts du domaine fontbénéficier chaque thème et chaquerubrique de leurs apports, qualité etpertinence des contenus garantis.Cette plateforme est destinée à vivredes échanges et du partage de l’ex-pertise de chacun. Entièrement para-métrable par l’internaute, ce dernierpeut se l’approprier en choisissantles thèmes et les sources qui corres-pondent le mieux à ses centres d’in-térêt, en participant, commentant,et partageant les meilleures infor-mations, en proposant ses propresinformations ou flux d’actualités aureste de la communauté.IDENTIFIER LA BONNE INFORMATION600 millions de sites et 2,5 milliardsd’internautes recensés par Netcraft en2011. Le volume d’information dispo-nible sur le web connaît une crois-sance exponentielle et infinie. L’enjeun’est plus de détenir la bonne infor-mation mais de lidentifier, et doncd’optimiser le temps et l’effort néces-À linitiative de la FIM et sous sa bannière, quatre syndicats de la Fédération*, le Cetim, le Cetiat et lUNM regroupentleurs forces sur un même stand à Pollutec : une première. Objectif : montrer comment la mécanique sinscrit au cœurdes préoccupations du développement durable. Développée par le Cetim avec lappui de la FIM, « lamecanique.com » est LA plateforme des acteurs de la filièremécanicienne. Un moyen de partager ses expertises.Lamécaniquefaitstandcommun Leréseaudetouslesacteursdelamécaniqueen termes de conception et de fabrica-tion de produits que de procédés. Lamécanique offre à lindustrie des solu-tions durables en leur permettant demieux produire, avec moins de rejetsou de déchets, en utilisant moinsde matières premières, dénergie etdeau. »Les acteurs de la mécanique anime-ront le Forum Industrie durable surlequel seront organisées des confé-rences dédiées à l’éco-performance desprocédés industriels. Parmi les thèmesabordés : Reach, l’écoconception, lesalternatives au dégraissage, l’usine dufutur, le tri et le recyclage des déchets,les hottes d’aspiration dans les labo-ratoires, la récupération d’énergiehaute et basse température, le comp-tage et les mesures des énergieset des fluides, la mise en œuvre desgaranties financières pour les instal-lations classées ICPE, le traitementdes eaux usées de BTP ou d’effluentsindustriels…Les interlocuteurs de la professionseront accueillis sur un espace atte-nant au forum. Sur ce dernier serontprésentés un démonstrateur decompactage des copeaux du Cetim etla maquette dune usine écoperfor-mante du Cetiat.lamecanique.comestencoursdedéploiementauprèsdesentreprisesAcamasd’île-de-Francequivontainsipouvoirprolongerleursrelationsviaunevéritableplateformecollaborative.saires afin d’en vérifier la pertinence.Dans ce contexte, le partage de l’infor-mation et la confrontation de l’exper-tise, en particulier dans un domaineprofessionnel, deviennent une clé.Cest tout lobjet de « lamecanique.com ».Le visiteur peut réagir, proposerdes compléments et partager. Créerson compte. Sélectionner les sujetsqui lintéressent en priorité parmiles rubriques et les thèmes (topics).Chacun peut alors bénéficier d’un fild’actualités sélectionnées sur lequel ilpeut réagir et partager… directementsur « lamecanique.com » ou via lesréseaux sociaux (LinkedIn, Twitter…).Cette plateforme est destinéeà vivre des échangeset du partage de l’expertisede chacun.©DR©DR Pollutec27 au 30 novembre 2012Eurexpo LyonEspace « Industries mécaniques » : Hall 6.1 - D1-50 Aventure des métiers22 au 25 novembre 2012Paris Porte de VersaillesEspace mécanique : ADM 3« MON MÉTIER À VENIR » SAISON 2La série « Mon métier à venir » revient sur M6 à partir du 5 novembre, en partenariat avec les IndustriesTechnologiques. Partagez la première grande aventure de 4 jeunes professionnels du lundi au vendredivers 20h30, ou retrouvez-les sur le web : www.les-industries-technologiques.fr.POLLUTEC PLATEFORME6 // MÉCASPHÈRE // OCTOBRE 2012 OCTOBRE 2012 // MÉCASPHÈRE // 7
  5. 5. OCTOBRE 2012 // MÉCASPHÈRE // 98 // MÉCASPHÈRE // OCTOBRE 2012On estime àune dizainede milliersles personnespotentiellementexposées auxnanomatériaux.Santé au travailComment savoir si un salarié est exposé aux nanomatériaux ? L’INERIS publie un guide pour aider les entreprises àrépondre à cette question.Détecterl’expositionauxnanomatériauxUNE MÉTHODE EN CINQ PHASESLes recommandations portent toutd’abord sur les critères de mesure àconsidérer en termes de taille desparticules, fraction de l’aérosol etconcentration dans l’air. La démarchecompte cinq phases : l’étude dite desituation permet de détecter ou nonla présence de nanomatériaux dans leprocédé ; l’étude d’évaluation initialedétermine, elle, s’il existe une expo-sition à un aérosol cible ; la troisièmephase vise à s’interroger sur la néces-sité d’une campagne de mesures plusfine ; la quatrième phase concerne lacampagne proprement dite ; enfin, ladernière phase porte sur l’analyse desrésultats.« Cette méthode ne mesure pas leniveau d’exposition des salariéset n’évalue pas les risques, insisteOlivier Le Bihan. Elle permet de savoirs’il existe - ou non - une « source » denanomatériaux et si les travailleursy sont exposés. Dans ce dernier cas,elle donne des outils pour mieuxExiste-t-il un risque que messalariéssoientexposésàdesnano-matériaux ? Pour aider les labora-toires et les entreprises à répondreà cette question, l’INERIS, le CEA etl’INRS (Institut national de rechercheet de sécurité) ont rédigé un guideméthodologique pour évaluer lesémissions et les expositions poten-tielles aux aérosols lors de travauxmettant en œuvre des nanomaté-riaux. La question commence à seposer dans l’industrie avec leur déve-loppement : on estime à une dizainede milliers les personnes poten-tiellement concernées (industrie etrecherche confondues).L’UN DES DIX PRINCIPAUX RISQUESSANITAIRES ÉMERGENTSLes nanomatériaux suscitent desinterrogations quant aux risquesqu’ils peuvent engendrer pourl’homme et pour l’environnement dufait de leurs propriétés chimiques et/ou physiques. L’Agence européennepour la sécurité et la santé au travailles considère comme l’un des dixprincipaux risques sanitaires émer-gents sur les lieux de travail.Le risque pour la santé humainerésulte de la combinaison d’un dan-ger (la toxicité) et de l’exposition. Unebonne connaissance de cette dernièreconstitue donc un élément essentielde la gestion du risque, ainsi que dela mise en place d’actions de préven-tion. Elle est également capitale pourles études épidémiologiques.L’inhalation est considérée commela voie d’exposition la plus pro-bable. Aussi, il s’avère important deconnaître les propriétés physico-chimiques caractéristiques des aéro-sols auxquels peuvent être exposésles travailleurs. D’où l’intérêt duguide. « Nous avons privilégié uneapproche par consensus, un peu à lamanière de la normalisation, indiqueOlivier Le Bihan, ingénieur études etrecherche à la direction des risqueschroniques de l’INERIS. Chacun apartagé ses expériences de mesure, àpartir desquelles nous avons cherchéun dénominateur commun. »caractériser la source. » Les indus-triels peuvent ainsi disposer d’unepremière approche du problème,quitte à faire appel à des experts pourdes campagnes de mesure plus pous-sées.« Nous avons privilégiéune approche parconsensus, un peuà la manière de lanormalisation. » OLIVIER LE BIHAN, INGÉNIEUR ÉTUDESET RECHERCHE À LA DIRECTION DESRISQUES CHRONIQUES DE L’INERIS©MichelChanterelle/INERISCONTACT Olivier Le Bihan(INERIS)olivier.le-bihan@ineris.fr03 44 55 65 88La société SUHNER crée en 1914 dans sa forme actuelle est devenue au fil des années le leader Mondial des activités de traitement de surfaces pour les professionnels.Avec 4 usines dans le monde (Suisse, Allemagne, Etats-Unis et Inde) les produits n’ont pas cessé d’évoluer pour apporter un confort et une qualité d’utilisation qui satisfontaujourd’hui des milliers de clients à travers le monde.Nos clients vont du tailleur de pierre à l’industrie de pointe aérospatiale (des flexibles SUHNER se trouvent par exemple dans les robots qui travaillent sur la Lune).Pour l’obtention des meilleurs résultats, le choix de la bonne machine est d’une importance capitale ; c’est pourquoi SUHNER propose dans sa gamme lestechnologies électriques, pneumatiques et flexibles ainsi qu’une large gamme d’abrasifs adaptés à chaque besoins.Le concept de vente SUHNER étant basé sur la démonstration chez le client à travers nos Démo Van, nos conseillers techniques qui couvrent maintenant l’ensemble de l’hexagonesont à votre disposition pour une démonstration gratuite.Depuis 2011, SUHNER distribue en France la marque allemande JOKE, numéro 1 mondial du traitement de surfaces de micro précision.De nombreuses références de premier plan ont rejoint ainsi les clients nous faisant déjà confiance.SUHNER France3 Ter rue Parmentier94143 ALFORTVILLETél : 01.49.77.62.90Fax : 01.49.77.62.39Email : info.fr@suhner.comwww.suhner.comwww.joke.deSUHNER FRANCE 1-2Q_MEGASPHERE 24/09/12 17:10 Page1Descombes 1-4Q_Mecasphère 24/09/12 17:08 Page1 METALCONTROL 1-4PQ_Mecasphère 24/09/12 17:09 Page1
  6. 6. 10 // MÉCASPHÈRE // OCTOBRE 2012L’automobile,l’activité pharedelaTurquieavecletextile.La TurquieLa petiteChined’Europe Carnetsdevoyage« Une petite Chine à nos portes. »L’expression de Frédéric Farré, fonda-teur de Turnkey et correspondant de laFIM en Turquie, traduit bien le dyna-misme de ce pays émergent. D’ailleursla Turquie est le seul État non membrede l’Union européenne à être liée aveccettedernièreparuneuniondouanière.UNECROISSANCEDEPRÈSDE20%POURLAMÉCANIQUE«LesTurcs ont su prendredesmesurespour assainir leur économie », estimeÉvelyne Cholet, directeur internatio-nal de la FIM. Avec une croissance deprès de 8 % en 2011, c’est l’une desmeilleures performances des pays del’OCDE*.De sous-traitants à bas coûts dans lesannées 90, les Turcs sont devenus desexportateurs de produits industrielsavec deux activités phares : l’automo-bileetletextile.Sansoublierl’industrielourde (10ème producteur mondiald’acier), les matériels électroniques oules produits blancs et bruns (seul pro-ducteur européen de téléviseurs). Cequi fait dire à Véronique Priour, res-ponsable Ubifrance du départementindustrie, transport et infrastructuresdanscepays:«LaTurquieestungrandpays industriel. Aujourd’hui, le gouver-nement travaille à créer davantage devaleur ajoutée dans l’industrie ».La mécanique y occupe une place dechoix. Sur 300 000 sociétés indus-trielles, on compte 25 000 entreprisesmécaniciennes, avec un tissu trèsdense de PME. Un secteur mécaniquequi a cru de 20 % en 2011.Les entreprises s’appuient sur unmarché intérieur important etbénéficient d’une main-d’œuvre dequalité. Particularité de la Turquie,les meilleures universités formentprincipalement des ingénieurs. Si bienque les Turcs attendent davantage deséchanges de savoir-faire et des par-tenariats avec les étrangers que desproduits finis, ce qui passe souvent parune implantation locale.UNMARCHÉTRÈSACCESSIBLESi les opportunités existent donc, lesFrançais souffrent d’une moins bonneimagequelesAllemandsoulesItalienspour des raisons historiques. Pourautant, « la Turquie est un marché trèsaccessible, bien plus que la Russie, parexemple, estime Frédéric Farré. LesTurcs sont très accueillants, toujoursprêts à rendre service. » Pour déve-lopper la mécanique française dansce pays, les entreprises du secteur tra-vaillent avec Frédéric Farré et le bureauUbifrance en Turquie, dont le respon-sable, Éric Fajole, connaît bien lesentreprises mécaniciennes pour avoiraccompagné un certain nombre d’entreelles sur le difficile marché brésilien.Ubifrance a ainsi monté la mission dedécouverte du Gimef sur le découpage-emboutissageenjuindernieràIstanbulet Bursa (cf. page suivante).Par ailleurs, le bureau d’Ubifrance aorganisé deux colloques à la demandede deux professions de la FIM : l’undans le secteur des machines textiles(à Gaziantep), l’autre dans le secteurdes technologies pour l’industriepapetière (à Istanbul). De son côté, leLe taux de croissance le plus élevé du Vieux Continent, un marchéproche, ouvert et facilement accessible, une culture industrielle forte.Et si la Turquie était l’Eldorado européen des mécaniciens ? AvecUbifrance et le correspondant de la FIM, la Fédération et les syndicatsmultiplient les actions.Début juin 2012, six adhérents du Gimef (Groupement français des industries transformatrices des métaux en feuilles) sontpartis à la découverte du secteur automobile et de ses sous-traitants. Trois d’entre eux témoignent.correspondant de la FIM s’est occupéde la Mission Éco-Construction, les11 et 12 octobre, à Istanbul. FrédéricFarré accueille régulièrement dans seslocaux des représentants d’entreprisesfrançaises (volontaire internationalen entreprise (VIE) et/ou personnellocal...) qui souhaitent disposer d’unpointd’appuienTurquie.Danscecadre,depuis décembre 2011, il héberge unVIE de la FIM, Mustafa Bulut, qui tra-vaille pour trois sociétés des domainessuivants : fixations pour l’automobile,cutters industriels, roues et jantespour matériel agricole. Ce franco turcde 25 ans s’est fait remarquer par leComitéRhône-AlpesdesConseillersduCommerce Extérieur puisqu’il a reçu le2ème prix 2011 pour sa thèse de master2 sur le processus de développement àl’international des PME et les modesd’entrée sur les marchés émergents.« Je prospecte pour ces entreprises,explique-t-il. Les opportunités nemanquent pas notamment dans lesecteur de l’automobile et l’énergie. »Ubifrance organise également despavillons français sur certains événe-ments tels Automechanika à Istanbul,le salon des équipementiers automo-bile, et Eurasia rail, dans le secteur duferroviaire.Autant d’efforts pour aider les indus-triels français à prendre pied sur cemarché qui peut en ouvrir d’autres :à cheval sur les continents européenet asiatique, la Turquie est aussi unerampe de lancement idéale pour abor-der certains pays du Moyen-Orient etles républiques turcophones de l’exUnion Soviétique.L’œil de la CofacePoints forts• Dynamisme dusecteur privé etqualité de la main-d’œuvre.• Position régionalepivot du pays,qui renforcel’attractivité dumarché turc.• Vitalitédémographique.• Finances publiquesmaîtrisées.• Secteur bancaireassaini et résilient.« Je reste très frappé par ledynamisme qui se dégage deces industries. »JÉRÔME GIRAUD, RESPONSABLE INDUSTRIALISATIOND’AIM« Nous vendons des pièces àdes clients turcs. Nous voulionsvoir comment aborder à terme lesmarchés de ce pays. On nous asûrement présenté les plus bellesvitrines, mais je reste très frappépar le dynamisme qui se dégage deces industries. Nous avons visitédes entreprises flambant neuvesavec des investissements récentsen matériels haut de gamme (pressehyper moderne, équipement decontrôle high tech…), un niveau depropreté et d’organisation impres-sionnant. Le contraste est saisissantentre les investissements dans lesusines et le niveau médiocre desinfrastructures de ce pays. »•SUPERFICIE:780580km2•275MILLIONSD’HABITANTS,DONT65%ÂGÉSDEMOINSDE35ANS•PIB2011:763,1MD$SOITTROISFOISLEPIBDESTROISPAYSDUMAGHREB.•PIB/HABITANT:14600$•TAUXDECROISSANCE2011:7,8%(PRÉVISION2012:3%)•2èmePRODUCTEURMONDIALDEVERREPLAT• 6èmePRODUCTEURMONDIALDECIMENT•6 ème PRODUCTEUREUROPÉENDETÉLÉVISEURS•2èmeFABRICANTEUROPÉEND’ÉLECTROMÉNAGER•5 èmePRODUCTEUREUROPÉEND’AUTOMOBILES•12MD€D’ÉCHANGESCOMMERCIAUXENTRELAFRANCEETLATURQUIEPoints faibles• Épargne domestiqueinsuffisante.• Forte dépendance auxcapitaux étrangers.• Augmentation del’endettement extérieurdes entreprises quiaccroît leur expositionau risque de change.•Instabilité sociale etpolitique du fait de laquestion kurde.• Faible perspectived’avancée desnégociations avecl’Union européenne,notamment en raison dela question chypriote.LES SECTEURS PORTEURS ET LA PRÉSENCE FRANÇAISE :principauxproduitsimportésparlaTurquieen2010(horsénergie)etpoidsdel’offrefrançaiseSecteurs Poidsdel’offrefrançaise1. Bien d’équipements et machines(35,9 Mds USD d’importation)5,2 %2. Produits métallurgiques et métalliques(16,1 Mds USD d’importation)5,9 %3. Véhicules automobiles et produits del’industrie automobile (13,4 Mds USDd’importation)23,1 %4. Pharmacie (4,4 Mds USD d’importation) 13,8 %5. Chimie (4,4 Mds USD d’importation) 24,3 %Source : Institut turc des statistiques/Douanes françaises/Calcul : Mission économique Ubifrance en Turquie« Je n’ai jamais vu d’usinesaussi efficaces propres etorganisées, même pas auJapon. »JACQUES DE SAINT GILLES, PRÉSIDENT DU CONSEILDE SURVEILLANCE DU GROUPE DELTA©DR« Des usines ultra modernestotalement automatiques, avecaffichage de performanceset structures de contrôleperfectionnées : je n’ai jamais vud’usines aussi efficaces, propres etorganisées, même pas au Japon. Jecomprends mieux cette informationlue dans la presse, indiquant quele coût de production de la Clio 4est inférieur de 1 200 euros dansl’usine Renault de Bursa que danscelle de Flins. Certains collèguesont choisi de s’installer dans cepays. Ils n’ont rencontré aucunedifficulté, car il dispose d’une forteculture industrielle, notamment dansl’automobile puisque les premièresusines remontent aux années 60.Aujourd’hui, vendre des pièces degrande série à l’industrie automobileturque passe par une implantationlocale. La Turquie est en traind’émerger avec des entrepreneursdéterminés qui se lancent dans lavie économique, et des salariés trèsimpliqués qui veulent gagner del’argent pour grimper dans l’échellesociale. »« Sur lecontinenteuropéen, personne n’a connuune telle croissance. Bien sûrle coût de la main-d’œuvre estbien plus faible que chez nouset le temps de travail supérieur.Mais cela n’explique pas tout. Lesinvestissements sont importantsavec des taux qui peuvent atteindre10 % du chiffre d’affaires. Lesentrepreneurs turcs se révèlenttrès volontaires et manifestentune agressivité commercialeimpressionnante. Ces gensregardent devant et, petit à petit, lepays se hisse à notre niveau. Dessociétés françaises de découpagese sont installées avec succès enTurquie. Les opportunités existentpour s’implanter, ce qui ne signifiepas diminuer l’activité en France.Au contraire, il est possible deprofiter du développement local dela Turquie pour faire travailler lesbureaux d’études français. »« Les opportunités existentpour s’implanter. »ÉRIC MOLEUX, PRÉSIDENT D’EM TECHNOLOGIES ETPRÉSIDENT DU GIMEF©StéphaneLariven©DR©PSAPeugeotCitroënDirectiondelacommunicatiion7,8 %DE TAUXDE CROISSANCE 65 %DE LA POPULATIONÂGÉS DE MOINS DE 35 ANSChiffres clésZoom*Organisation deCoopération et deDéveloppementÉconomique quiregroupent 34pays parmi les plusavancés.OCTOBRE 2012 // MÉCASPHÈRE // 11
  7. 7. Formation12 // MÉCASPHÈRE // OCTOBRE 2012À 20 ans, Kevin Jamshidi est si bienintégré chez Renault qu’il se consi-dère comme un salarié à part entière.Sa particularité : Kevin Jamshidi estapprenti ingénieur en mécanique etproduction chez SUPii Mécavenir.Après avoir passé son BTS Moteur àcombustion interne par un cursusclassique, il intègre SUPii Mécaveniret décroche une licence profession-nelle « Groupe motopropulseur etson environnement » par forma-tion en alternance. « Pendant queje préparais ma licence, j’ai remar-qué que le métier d’ingénieur meconviendrait mieux, explique-t-il. Enparticulier parce qu’il procure davan-tage de responsabilités. » C’est doncla confrontation avec le monde du tra-Une centaine d’étudiants de SUPii Mécavenir recherche une entreprise d’accueil pour signer un contrat d’apprentissage.L’opportunité pour les PME/PMI de recruter des jeunes motivés par les métiers industriels.L’apprentissage, un vivierde compétences pour l’entreprisevail et sa réalité qui a éveillé sa vocationet l’a déterminé à aller plus loin dansses études.IMMÉDIATEMENTOPÉRATIONNELPour l’entreprise, « l’apprentissage estun moyen de prendre le temps de voirévoluer un jeune avant de l’embaucher,estime Daniel Santos, chargé de rela-tions entreprises de SUPii Mécavenir,lui même formé par alternance. Auterme de sa formation, il connaît bienla culture d’entreprise, ce qui le rendimmédiatement opérationnel. »Une cinquantaine d’étudiants de SUPiiMécavenir est encore à la recherched’uncontratd’apprentissage.Uneréelleopportunité pour les entreprises, car ilexiste un point commun entre tous lesSTOCKINDUS 1-4PQ_MECASPHERE 24/09/12 17:07 Page13 500 jeunes formés dans lesindustries technologiquesSUPii Mécavenir compteactuellement près de600 apprentis répartissur 3 spécialités de BTSindustriels (Bac +2),3 spécialités de LicencesProfessionnelles(Bac +3), 5 diplômesd’Ingénieurs (Bac +5),1 Master 1ère et 2èmeannée (Bac +5).À fin 2011, 3 500 jeunesont déjà été formés parSUPii Mécavenir. Lecentre de formation desapprentis travaille enpartenariat avec plus de600 entreprises autantde PME-PMI que degrands groupes.« La motivation estindispensable pour réussir uneformation en alternance quiréclame un investissement trèsimportant. » DANIEL SANTOS, CHARGÉ DE RELATIONS ENTREPRISESjeunes recrutés par SUPii Mécavenir :la motivation. Cette dernière est« indispensable pour réussir une for-mation en alternance qui réclame uninvestissement très important, insisteDaniel Santos. Il nous arrive d’acceptercertains étudiants dont le dossier serévèle un peu juste, parce qu’ils fontpreuve de beaucoup de sérieux et demotivation ». Pour les licences et lesBTS, un profil scientifique est exigé.L’admission s’effectue sur entretien.Pour les élèves ingénieurs, des testsde connaissance permettent de vérifierleur niveau.Tout au long de la formation, unconseiller assure le lien entre l’entre-prise et le centre de formation desapprentis. Il accompagne l’entreprisedans les démarches administrativesdu contrat et reste un interlocuteurpermanent du maître d’apprentissagedurant le parcours de formation dujeune.Et ça marche ! En témoignent les résul-tats en 2012, avec un taux de réussiteaux examens supérieur à 90 %.OCTOBRE 2012 // MÉCASPHÈRE // 13Treize caristes et agents magasiniersen 2009 ; un technicien supérieur de main-tenance industrielle, deux techniciens deproduction industrielle, un conducteurd’installations et de machines automatisées,et trois caristes d’entrepôt en 2010 ; troisassistantes de direction, quatre caristesd’entrepôt, deux conducteurs d’installationset de machines automatisées, un techni-cien supérieur de maintenance industrielleen 2011. Dans le cadre de sa politique deGPEC (Gestion prévisionnelle des emploiset des carrières), le groupe Seb a engagé desdémarches de VAE dans son usine de Rumilly(Haute-Savoie). L’AFPA a accompagné ces 30salariés qui ont tous obtenu un titre profes-sionnel.DES PARCOURS INDIVIDUALISÉSCréée voilà dix ans, la VAE permet à toutepersonne ayant trois ans d’expérience dans ledomaine concerné de faire valider les acquisde son expérience pour obtenir une certifica-tion professionnelle, et ce, quels que soientson âge, son niveau d’études ou son statut.Pour l’entreprise, c’est un moyen de qualifierdes compétences en vue d’accompagner deschangements, de favoriser les évolutions etles parcours de ses salariés ou de les motiver.Elle peut également permettre d’optimiserses coûts de formation.Il existe deux formes de VAE. La première,individuelle, se met en place à l’initiatived’un salarié ou d’un demandeur d’emploi.La seconde, la VAE collective, résulte d’unedemande d’une entreprise ou d’une collecti-vité. Elle rassemble des personnes exerçantla même activité et qui se trouvent position-nées sur un même titre professionnel ou surplusieurs titres correspondants au mêmemétier. « Quelle que soit la forme de la VAE,les parcours sont tous individualisés en fonc-tion du projet des candidats et des objectifsde chacun, insiste Céline Guyot, directrice del’accueil et de l’accompagnement de la VAE àl’AFPA. Ils se fondent sur la base du volon-tariat. »VAE:reconnaîtrelescompétencesparl’expérience•••CARTE D’IDENTITÉAvec plus de 170 000personnes forméeschaque année, l’AFPA(Association nationale pourla formation professionnelledes adultes) est depuis plusde 60 ans, la 1ère entreprisede formation des actifs enFrance. Elle propose unelarge gamme de formationsadaptées aux besoinsde tous les actifs. Acteurmajeur de l’alternance,l’AFPA accompagne dela formation à l’emploi :insertion, reconversion,professionnalisation. L’AFPAest égalementle 1er organisme deformation pour lestravailleurs handicapés.Plus d’informationssur www.afpa.frQualifier des compétences pour accompagner un changement et favoriser l’évolutionprofessionnelle de ses salariés. La VAE (Valorisation des acquis de l’expérience) est une démarcheindividualisée fondée sur le volontariat, qui suppose un climat de confiance entre le salarié,l’entreprise et l’organisme de formation.©DR« Quelle quesoit la formede la VAE,les parcours sonttous individualisésen fonction duprojet des candidatset des objectifsde chacun. Ils sefondent sur la basedu volontariat. » Céline Guyot,directrice del’accueil et del’accompagnementde la VAE à l’AFPAFORMATIONPROFESSIONNELLE
  8. 8. OCTOBRE 12 // MÉCASPHÈRE // 1514 // MÉCASPHÈRE // OCTOBRE 2012INFORMER LES SALARIÉSUne démarche en deux étapes. La premièrevise à analyser le besoin exprimé, informerles salariés et monter les dossiers de recevabi-lité. Il s’agit d’abord d’expertiser le(s) métier(s)concerné(s) afin de définir si une VAE estenvisageable et, si oui, comment. Cette ana-lyse permet de repérer les éventuels écartsentre les activités exercées au sein de l’entre-prise et celles qui doivent être maîtrisées pourobtenir le titre professionnel.Une fois le projet stabilisé, il faut informerles salariés pour trouver les volontaires. Unphase décisive selon Céline Guyot : « Une VAEcollective mal expliquée dans une entreprise,notamment en difficulté, peut semer un ventde panique et faire renoncer nombre de sala-riés ». À Rumilly, Isabelle Poensin, formatriceréférente VAE de l’AFPA Haute-Savoie, a orga-nisé une réunion collective pour expliquer aupersonnel le principe de la démarche, sesobjectifs et son intérêt. « J’ai ensuite rencon-tré chaque salarié intéressé afin de mesurerles écarts entre le titre professionnel viséet les compétences acquises », précise-t-elle. Reste à rédiger le livret de recevabilitéprésenté au certificateur choisi (Éducationnationale, réseau consulaire, branche pro-fessionnelle…).VALORISER L’IMAGE DE SOILa deuxième étape, l’accompagnement com-mence alors. Il s’agit d’aider chaque salarié àconstituer son dossier présenté le jour de lavalidation et, le cas échéant, à le remettre àniveau pour certaines activités exercées dansle passé mais qu’il est nécessaire de connaître« Après 10,15 ou 20 ansd’exercice dans sonmétier, se remettreen question estsouvent difficile.Et lorsqu’il fautpasser son premierdiplôme à 50ans, c’est tout unbouleversement devie qui s’opère pourlequel l’entouragede la personnea également unrôle important desoutien et d’appui. » Céline Guyot,directrice del’accueil et del’accompagnementde la VAE à l’AFPA©Afpa©DR©DRMécaSphère : Dans quel contexte s’ins-crivait la VAE collective que vous avezengagée ?Caroline Fabre : Cette démarche s’inscri-vait dans le cadre de la politique globalede renforcement et de développement del’employabilité, suite à un accord au niveaudu groupe en matière de GPEC (Gestion pré-visionnel des emplois et des carrières). L’undes objectifs consistait à donner la possibilitéà chaque salarié de pouvoir construire unprojet professionnel en phase avec l’évo-lution de son métier et des compétencesassociées, notamment en faisant reconnaîtreofficiellement son savoir-faire par une VAE.M. : Pourquoi avoir choisi l’AFPA ?C. F. : La VAE à l’AFPA repose principa-lement sur une mise en situation pro-fessionnelle. Un jury de professionnelsvalide les compétences acquises par lesalarié qui est évalué sur l’exercice decompétences professionnelles requisespour la certification. L’évaluation à l’AFPAest donc essentiellement pratique et nonthéorique, nul besoin de concocter undossier fastidieux pour décrocher le titre.Par ailleurs nous avons pu organiser lessessions de validation dans l’entreprise.M. : Qu’est-ce que la VAE aapporté à votre entreprise,aux salariés concernés ?C. F. : La mise en place d’une politiquevolontariste de promotion de la VAE viseà favoriser l’employabilité de nos salariéscar elle permet de mettre en adéquationle poste occupé par rapport au niveau dequalification de chacun. De plus, lorsqueles partenaires sociaux s’impliquent euxaussi dans la démarche, tout le mondedevient l’acteur d’un même projet ; cequi permet de maintenir un lien socialdans l’entreprise. Tout le monde n’a pasla chance d’avoir fait des études, ou dumoins en rapport avec la carrière qu’il aeffectuée. La VAE permet de compenser cemanque. Les salariés se sentent valoriséset motivés. Pour eux, c’est une reconnais-sance personnelle et professionnelle.M. : Selon vous, quelles sont les condi-tions pour réussir une VAE collective ?C. F. : Il faut définir les métiers concernéspar la validation des acquis, en fonctiondes besoins de l’entreprise. Une fois lespublics ciblés, il s’agit de cerner au mieuxles différentes certifications auxquelles ilspeuvent aspirer. Le rôle de l’organisme cer-tificateur est déterminant dans cette étape.La communication interne est égalementun élément essentiel de ce processus.Car la VAE reste une démarche volontairedes salariés. L’objectif est donc de lesconvaincre du bien-fondé de l’opération.Pour y parvenir, il faut informer la hiérarchieavant de s’ouvrir au personnel visé.Pour que ce dernier soit tenté par cettedémarche, il est essentiel qu’il y trouve sonintérêt. Tout au long du cursus, un réfé-rent doit être désigné pour être à l’écoutedes salariés qui pourront évoquer avec luileurs difficultés dans leur parcours VAE.Enfin, la remise des titres et diplômesdoit faire l’objet d’une véritable opéra-tion de communication interne afin devaloriser ceux qui parviennent à aller aubout d’un parcours somme toute longet compliqué. Cette cérémonie peutégalement motiver d’autres salariés.ENTRETIEN AVEC …Caroline Fabre, chargée de mission ressourceshumaines à l’usine Tefal de Rumilly« Une reconnaissancepersonnelle et professionnelle » ©DRpour obtenir le titre professionnel. « Tefalm’avait mis des salles équipées (téléphone,vidéoprojecteur, ordinateur…) à disposition ettoutes les heures d’accompagnement étaientprises sur le temps de travail », témoigneIsabelle Poensin.L’AFPA propose également un module devalorisation de l’image de soi dans un métier.C’est un moyen de prendre conscience qu’unmétier même banalisé, est un métier à partentière, avec des compétences et que la per-sonne qui l’exerce a une vraie place dansl’entreprise. Dans le cas d’un plan social, «ce module est souvent nécessaire, car il per-met de faire le deuil de son ancien métier etde positiver le départ », indique Céline Guyot.Pour Isabelle Poensin, « l’implication de lahiérarchie de Tefal a été décisive pour la réus-site de ce projet. Elle a notamment permis demaintenir la motivation. » Établir un climatde confiance entre le salarié, l’entreprise etl’organisme de formation se révèle essentiel.En effet, l’entreprise doit accepter le regardextérieur sur ses postes de travail. Quant ausalarié, « après 10, 15 ou 20 ans d’exercicedans son métier, se remettre en question estsouvent difficile, souligne Céline Guyot. Etlorsqu’il faut passer son premier diplôme à 50ans, c’est tout un bouleversement de vie quis’opère pour lequel l’entourage de la personnea également un rôle important de soutien etd’appui. »6 800titres par la voie de la VAE78 %de taux de réussite6 500 conseils4 050 accompagnements73 000prestations conseil45 000personnes accompagnéesdepuis la création de la VAE voilà 10 ansDepuis dix ans43 000personnes présentéesFORMATIONPROFESSIONNELLE•••En 2011
  9. 9. 16 // MÉCASPHÈRE // OCTOBRE 2012professionnel) afin d’êtrecapable de régler les machineset de contrôler les pièces réa-lisées. Et bien sûr un voletpratique dispensé par des for-mateurs techniquement trèscompétents. Certains sont même spéciali-sés : ainsi, l’un d’entre eux est référencé chezSiemens pour intervenir sur les machines àcommande numérique du groupe allemand.« Les technologies sont en perpétuelle évolu-tion, mais pour les formations de base commeles nôtres, les techniques restent relativementstables, estime Éric Buccio. En revanche, lapédagogie a beaucoup changé, nous sommesorganisés pour accueillir des parcours de plusen plus individualisés et réalisés en partie enautoformation. »Point fort de l’AFPA : 70 % de la formationest réalisée sur machine : machines conven-tionnelles pour l’apprentissage de baseet machines à commandes numériques.« L’AFPA s’attache à faire évoluer son parc demachines en fonction des progrès techniquesréalisés dans le secteur industriel, remarqueÉric Buccio. Même s’il est parfois difficile desuivre l’évolution de tous les matériels. »UNEFORMATIONÀLALOUPEUSINEUR DANS LA MÉCANIQUE INDUSTRIELLEDes recrutementspour faire faceau papy boomFraiseur, tourneur, opérateur régleur, technicien d’atelier :en 30 semaines, l’AFPA forme aux métiers de l’usinage dans lamétallurgie. Un apprentissage qui s’effectue essentiellement sur machine.70 % des 600 personnes qui passentchaque année par l’AFPA pour suivre uneformation à l’usinage dans le secteur de lamécanique de précision trouvent un emploi.Il faut dire que, après une petite dépressiondes embauches entre 2009 et 2010, les pro-fessionnels qualifiés sont à nouveau trèsrecherchés par les entreprises, pour faire faceaux nombreux départs en retraite. « Sur toutela France, nous formons à quatre métiersessentiels, indique Éric Buccio, ingénieurde formation à l’AFPA : fraiseur, tourneur,opérateur régleur en usinage, techniciend’atelier en usinage. À cela s’ajoutent desmodules pour des niches professionnelles :régleur/décolleteur sur le centre de forma-tion d’Annecy, fraiseur/mouliste sur ceuxde Bourg-en-Bresse, de Laval et Fontenay-le-Comte, ajusteur/outilleur à Besançon etmonteur/mécanicien à Rillieux, Limoges,Belfort, Soultz-sous-Forêts et Liévin. »30SEMAINESDEFORMATIONToutes ces formations sont accessiblesen alternance ou par cursus classique, etdébouchent sur la délivrance d’un titre pro-fessionnel de niveau VI ou V. En moyenne,la formation dure 30 semaines. Elle com-prend une partie théorique (apprentissagede la lecture de plan, de la technologie, de laprogrammation des machines et au calcul©DRFORMATIONPROFESSIONNELLE©DRMécaSphère vous dévoile enexclusivité les résultats del’enquête sur la structurefinancière et le bilan desentreprises de la mécanique réaliséepar le Crédit Coopératif à partir de labase de données du cabinet Altares (cf .p.19). Cette étude qui porte sur l’année2010 nous donne une photo reflétantassez bien la mécanique. Elle pourraservir de base de comparaison pourles années à venir.B comme besoin en fondsde roulementSchématiquement, le besoin en fondsde roulement (BFRG) en jours dechiffre d’affaires reflète l’état de lapression de l’activité sur la trésoreriede l’entreprise : il croît avec l’activité,notamment en cas de reprise ; mais ilpeut également refléter un surstockagedes créances litigieuses ou un encoursDOSSIERLes entreprises de la mécanique sont-elles en bonne santé ? Quel est leur état d’endettement, leur rentabilité ou le niveaude leurs immobilisations ? Analyse de Renaud Buronfosse, directeur des études stratégiques de la FIM et d’Alain Henriot,directeur délégué de Coe-Rexecode, à partir d’une étude financière du Crédit Coopératif.de production trop lourd. Globalement,la situation de l’industrie mécaniquese révèle un peu tendue, notammentpour les PME les plus importantes.« Il s’agit d’un point de fragilité aprèsdeux années difficiles (2008 et 2009)au cours desquelles les entreprises ontvécu sur leur trésorerie, estime RenaudBuronfosse. Leur structure financièrepourrait se révéler insuffisante pourabsorber de fortes variations d’activité,tant à la baisse qu’à la hausse. »En effet, pour honorer un afflux decommandes, il faut disposer desréserves financières suffisantes pours’approvisionner en matières, parexemple ou être en bonne relationavec une banque qui connaît bienl’industrie. Une bonne nouvelle mal-gré tout, 2011, année très dynamiqueen termes d’investissement, a permisde reconstituer en partie les fonds deroulement.D comme délaide paiementLa LME (Loi de modernisation de l’éco-nomie) du 4 août 2008 instaure un délaide paiement de 60 jours, ou de 45 joursfin de mois. Globalement, cette loi aporté ses fruits, les délais s’étant plutôtréduits. Le secteur des biens d’équi-pement apparaît, dans certains cas,comme le mauvais élève de la classe.Il faut dire que certaines professions,à l’image des matériels de parcs etjardins, bénéficient d’accords déroga-toires. Par ailleurs, plusieurs profes-sions travaillent sur les marchés publicsréputés pour payer très tardivement.EcommentendettementLa mécanique est une industriecapitalistique. Elle nécessite desinvestissements importants no-tamment en outils de production.•••OCTOBRE 2012 // MÉCASPHÈRE // 17L’état financier de la mécaniqueÉtat des lieuxde la mécanique©Cetim-Istockimage-KSB-Siemens
  10. 10. ÉTAT DES LIEUX DE LA MÉCANIQUEDOSSIEROCTOBRE 2012 // MÉCASPHÈRE // 1918 // MÉCASPHÈRE // OCTOBRE 2012Les entreprisesde biensd’équipement etde précision sontcelles qui exportentle plus. Ci-dessus,atelier de Redex.••• Le taux d’endettement par rap-port aux capitaux propres (DMLT/Capitaux propres) indique le niveaud’endettement des entreprises et, acontrario, leur capacité à emprunter.Naturellement, les banques apprécientcet indicateur au regard du groupe for-mel ou informel d’entreprises ayant lesmêmes actionnaires.Globalement, on constate une tendanceau désendettement bancaire des ETI(entreprises de taille intermédiaire) etdes PME, l’endettement des PME res-tant significatif. Et pour cause, com-mente Renaud Buronfosse : « Depuisune dizaine d’années, l’endettement aeu tendance à diminuer, pour une rai-son essentielle : les banques ont durciles conditions d’attribution de prêtssuite à la montée des risques de créditconsécutive à la crise. »Le problème se pose pour les entre-prises comprises entre 10 et 50 sala-riés qui se sont fortement endettéespour réaliser les investissementsnécessaires à leur développement.« Leur capacité d’endettement étantlimitée, elles pourraient avoir du malà répondre à des demandes supplé-mentaires de la part de leurs clients »,estime Renaud Buronfosse. Sauf àrenforcer leurs fonds propres parun apport de leurs actionnaires, enrecherchant des quasi fonds propresou en introduisant des investisseursfinanciers.EcommeexportationCe n’est pas une surprise, plus la taillede l’entreprise est importante, pluselle exporte. Ce sont les secteurs desbiens d’équipement et de la précisionqui franchissent le plus les frontières.Mais attention, une bonne part del’activité de la sous-traitance relève del’exportation indirecte. En effet, leursproduits peuvent être intégrés dansdes équipements qui sont ensuite ven-dus à l’étranger. Le travail des métauxdemeure une activité plus locale.Pour Alain Henriot, « la mécaniqueest un secteur très diversifié, avecnombre d’entreprises tournées versl’international. Cette vocation exporta-trice explique en partie que le secteurait plutôt bien résisté à la crise. Maisjusqu’en 2009, les échanges commer-ciaux restaient encore assez polariséspar grandes zones géographiques.Aujourd’hui l’émergence de la Chinecomme un acteur majeur du secteur,au moins sur certains segments (lesbiens d’équipement notamment), peutchanger la donne. »IcommeimmobilisationLe fort pourcentage des immobilisa-tions brutes par rapport au total dubilan montre combien la mécanique estun secteur capitalistique qui nécessitedes investissements importants. C’estnotamment vrai pour la sous-traitanceet la précision. Bien sûr, ce pourcentageest d’autant plus élevé que l’entrepriseest grande, ce qui témoigne de l’impor-tance d’atteindre un certain seuil pourêtre présent sur le marché.Le pourcentage des amortissementspar rapport aux immobilisations per-met de savoir si l’entreprise consacreune part correcte de sa valeur ajoutéeaux investissements. Il doit se situeraux alentours de 50 %. S’il est supé-rieur, cela signifie que l’entreprisen’investit pas assez. « Le ratio appa-raît comme trop élevé, hormis le sec-teur de la précision, souligne RenaudBuronfosse. Ce dernier compte desentreprises plus jeunes et qui pro-duisent des biens de consommation. »RcommerentabilitéAppelé également bénéfice brut d’ex-ploitation, l’EBE (Excédent brut d’ex-ploitation) est, selon l’Insee, le soldedu compte d’exploitation des sociétés(voir lexique p.19). Rapporté au chiffred’affaires, le pourcentage mesure larentabilité brute de l’entreprise. Selonl’Insee,larentabilitémoyennedansl’in-dustrie hors énergie avoisine les 7 %. Silesecteurdelaprécisiontiresonépingledu jeu parce qu’il vend des produitsde consommation, dont les margessont plus élevées, les biens d’équipe-ment et la sous-traitance affichentdes rentabilités plus modestes entre5 et 6 %. En particulier, souligneRenaud Buronfosse, « les ETI de lasous-traitance se trouvent dans unesituation de fragilité. Dans ce secteur,plus la taille augmente, plus la renta-bilité est faible, ce qui n’est pas sain ».Encore faut-il distinguer « les marchésde produits standardisés des marchésde niches, quasiment apparentés danscertains cas à du travail à façon, estimeAlain Henriot. Pour les produits demasse, la concurrence s’exerce essen-tiellement par les coûts et les prix,d’où des rentabilités très faibles. Pourles produits différenciés, la capacitéd’adaptation aux besoins des clientss’avère, en revanche, fondamentale, cequi nécessite d’adopter des solutionstechniques appropriées ». Les équipe-ments spécifiques qui nécessitent unesolution propre, permettent d’amélio-rerlarentabilité,etlaproximitéentrelefournisseur et son client devient alorsun atout.Vcommevaleur ajoutéeLe rapport de la valeur ajoutée par rap-port au chiffre d’affaires diminue avecla taille de l’entreprise, car, à mesurequ’elle traite des marchés importants,elle a davantage recours aux compé-tences extérieures et intègre des fonc-tions support.Pour Alain Henriot, l’un des axes stra-tégiques « porte sur la capacité desentreprises mécaniciennes à accroîtrela part de l’immatériel dans la valeurajoutée industrielle. La capacité à offrirdes services innovants peut à la foisêtre une source de chiffre d’affairespour l’entreprise mécanicienne et êtreun atout majeur de compétitivité pourla vente de biens industriels ».De fait, plus de la moitié des entre-prises des biens d’équipement méca-nique fournit des prestations deservices, contre seulement un peuplus d’un quart pour l’ensemble del’industrie. Près de 80 % procèdentà l’installation et à la mise en routedes machines qu’elles livrent à leursclients, leur fournissant ainsi des solu-tions globales : produits sur-mesure,installations, maintenance, formation.ÉLÉMENTS D’ANALYSE FINANCIÈRE DES INDUSTRIES MÉCANIQUES« Pour une banque, il existedeux points clefs pour apprécierune PMI de l’industrie. D’abord, leniveau de valeur ajoutée déterminela densité technique intrinsèqued’une entreprise, la profondeur deson savoir-faire et, par conséquent,son aptitude à le vendre auprèsde clients et donneurs d’ordreexigeants. Ensuite, le niveaud’autonomie financière d’une PMIdoit apparaître suffisant pourfaciliter son développement et unaccompagnement bancaire bienlégitime est nécessaire. Dans cecadre, la bonne adaptation entre lefonds de roulement et le besoin enfonds de roulement est un facteurimportant, motivant la mise enplace de financements bancairescourt-terme multiples. De même,la capacité d’autofinancementconstitue un mode d’accélérateurde croissance en ce sens qu’ellepermet de bien structurer à la foisl’autofinancement des programmesd’investissement et la capacitéde l’entreprise à s’endetter et àrembourser ensuite ses dettesbancaires. Au final, la relationentreprise/banque doit êtreemprunte d’un esprit d’équilibre,basé sur la dynamique dedéveloppement de l’entreprise et sacohérence technique et financière. »©DRPOINT DE VUE « La relation entreprise/banque doit être emprunted’un esprit d’équilibre. »CHRISTIAN MAMET, DIRECTEUR DES RISQUES DU CRÉDIT COOPÉRATIF©DavidDelporte2 CA : Chiffre d’affaires horstaxes. Ensemble des ventesréalisées par l’entreprise.2 VA : Valeur ajoutée.Richesse produite parl’entreprise. Elle estégale à la valeur de laproduction diminuéedes consommationsintermédiaires (matièrespremières, sous-traitance…).2 EBE : Excédent brutd’exploitation. C’est le soldedu compte d’exploitationpour les sociétés. Il est égal àla valeur ajoutée, diminuée dela rémunération des salariés,des autres impôts sur laproduction et augmentée dessubventions d’exploitation.L’EBE peut être assimilé à lamarge.2 RN : Résultat net aprèsimpôt sur les sociétés. Ilmesure les ressources nettesrestant à l’entreprise à l’issuede l’exercice : bénéfice ouperte.2 CAF : Capacitéd’autofinancement. Ellereprésente les ressourcesbrutes restant à l’entrepriseà l’issue de l’exercice.L’entreprise peut choisir deles réserver au financementde ses investissements,soit par autofinancement,soit comme capacité àrembourser des emprunts.2 FdR : Fonds de roulement.Il est égal à la valeur descapitaux permanentsdiminués des actifsimmobilisés. Le fonds deroulement est une ressourcedurable que les actionnairesmettent à disposition del’entreprise à long terme ouque l’entreprise dégage elle-même via l’argent venu del’exploitation.2 BFRG : Besoin en fonds deroulement. Il représente ladifférence entre les créancesclients et la valeur des stocksavec les dettes fournisseurs.2 DMLT : Dettes bancaires àmoyen et long termes (horscrédit bail).RappelSource : Crédit Coopératif - Juillet 2012•••
  11. 11. ÉTAT DES LIEUX DE LA MÉCANIQUEDOSSIEROCTOBRE 2012 // MÉCASPHÈRE // 2120 // MÉCASPHÈRE // OCTOBRE 2012L’A 350 entre enproduction en 2013.•••Ce sont les perspectives des secteurs clients qui tracent l’avenir de la mécanique. Exemple des 4 secteurs clés pour lamécanique : l’automobile, la chimie, l’agroalimentaire et l’aéronautique.Quelles perspectives pour quatresecteurs clients de la mécanique ?Automobile : horsl’international point de salutSelon les perspectives de la directiondes études stratégiques de la FIM quis’appuient sur les chiffres de l’Insee,l’automobile est le secteur client de lamécanique qui devrait le plus souffrir àcourt et à moyen termes.« Il est difficile d’analyser les chiffresd’un secteur qui mêlent activités indus-trielles et commerciales, et qui comptenombredefilialesétrangèresenFrance,indique Franck Fontanesi, responsabledes études économiques et statistiquesà la FIEV (Fédération des industries deséquipements pour véhicules). Mais glo-balement,noussommesdépendantsdela production de véhicules. » À ce jeu là,les PME dont les capacités de rechercheet développement sont réduites ou quisont positionnées sur des produits àfaible valeur ajoutée se trouvent dansune situation difficile.Depuis quatre ans, le marché euro-péen a perdu 3 millions de voitures.En 2012, il devrait chuter de 5 à 6 %.Seul le marché de la rechange se portecorrectement, du fait du vieillissementdu parc automobile, mais il ne repré-sente que 15 % du secteur. Du côté desgrands groupes qui travaillent à l’inter-national, la tendance se révèle pluspositive. En effet, le marché automobilemondial croît de 3 à 4 % par an, portépar les pays émergents, notammentles BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine).« Les groupes fondent leur croissancesur les volumes et la montée en gammedans les pays émergents et sur l’ac-croissement des équipements de hauteL’automobile estle secteur client quidevrait le plus souffrir.LASER CHEVAL 1-2PQ_MECASPHERE 24/09/12 17:09 Page1climat d’attentisme. » La chimie étantun secteur aux activités très variées, letableau des perspectives se révèle trèscontrasté. Selon le dernier scénario del’UIC et les résultats de l’Insee du 2èmetrimestre, l’activité reste bien orientéedans les engrais et les produits phyto-pharmaceutiques, du fait des bonnesperspectives des marchés agricoleset de l’agroalimentaire, et dans lesproduits cosmétiques. En revanche,l’horizon paraît plus sombre pour lachimie lourde et la pharmacie, baissede la consommation des médicamentsoblige.Agroalimentaire : laprogression continueL’agroalimentaire continue sur sa lan-cée : la production devrait continuerà progresser selon l’Insee (+ 1,1 % en2012, + 2 % en 2013). La démographieporte bien sûr cette industrie : plusd’êtres humains sur la planète, c’estdavantage de bouches à nourrir.Si l’agroalimentaire française restedans le peloton de tête, la batailledevient rude avec l’arrivée de nouveauxMécaSphère : Quelle estvotre vision de l’industriemécanique pour l’annéeprochaine ?Renaud Buronfosse : Après uneprogression de 3,4 % sur les sixpremiers mois de l’année, nousmaintenons notre prévision decroissance de 3 % pour 2012.En revanche, nous tablons surune stabilité pour l’année 2013.Avec des différences suivant lessecteurs de la mécanique : - 1à - 2 % pour la transformationdes métaux, + 2 % pour lesbiens d’équipement, + 3 % pourla précision.M. : Quels sont les pointsnégatifs qui pèsent surl’industrie mécanique ?R. B. : L’environnementmacroéconomique est moinsporteur, en France comme àl’international, avec notammenttoutes les incertitudes qui planentsur la zone euro. Par ailleursle TUC (Taux d’Utilisation desCapacités de production) estfaible. En clair, les capacités deproduction sont sous-utilisées,ce qui ne favorise pas bien sûrl’investissement. Heureusement,pour résister à la concurrence età l’alourdissement de la fiscalitésociale, entre autres, les clientsde la mécanique peuvent avoirbesoin de moderniser leur outil deproduction.M. : Quels sont les pointspositifs ?R. B. : L’action de la BCE poursoutenir l’euro va dans le bonsens, de même que la stabilisationdu prix des matières premières. Eneffet, à l’exception du prix du barilde pétrole brut qui reste élevé, laplupart des matières premièresnécessaires à la fabrication deséquipements mécaniques ontbaissé depuis plusieurs mois.Aujourd’hui, une stabilisationsuivie d’une légère appréciations’amorce sans amoindrir larentabilité. Par ailleurs, lesentreprises ne disposent plus destock, contrairement à la situationde 2008. Ceci est vrai chez lesindustriels, mais aussi chez leursconcessionnaires ou dans lenégoce. Il est important de noterégalement que les marchés despays proches qui connaissentune situation économique plusgrave que la nôtre, ont venduleurs stocks. Enfin, les entreprisespoursuivent leurs investissementsen recherche et développement.« Nous maintenons notre prévision de croissancepour la mécanique de 3 % pour 2012. »©AIRBUS/P.PIGEYRE©PSA-DIRECTIONDELACOMMUNICATION©AntoineBertaudtechnologie dans les voitures euro-péennes », estime Franck Fontanesi. Cequi profite aux sous-traitants locauxou à ceux qui se sont internationalisésnotamment en accompagnant les don-neurs d’ordre à l’étranger.Chimie : l’attentisme« Nos activités se situent en amontd’autres secteurs et sont donc touchéespar la baisse actuelle de la demandede grands clients, indique CatherineHerrero, responsable des études écono-miques et statistiques de l’UIC (Uniondesindustrieschimiques).Parexemple,le ralentissement de l’automobile va serépercuter sur la chimie. Cela génère unconcurrents au savoir-faire et aux com-pétences reconnus, issus notammentde pays européens. La pression sur lesmarges devient donc très forte.Néanmoins, les opportunités pour lesmécaniciens se révèlent nombreuses,notamment parce que la mécanisa-tion et l’automatisation du secteurdemeurent très soutenues.Aéronautique : carnets decommandes pleinsLes carnets de commandes sont pleinssur quatre ans. De nouveaux avions,tel l’A 350, entrent en productionl’année prochaine. Bref, l’aéronautiqueest au beau fixe et il n’existe aucunproblème d’activité.Seul bémol pour les fournisseurs dusecteur : arriver à suivre la demandesuppose un fonds de roulement suf-fisamment important pour pouvoirinvestir – pour cela, ils doivent vendreleur production à un prix correct, outrouver des banques qui acceptent deprendre le relais –, et à maîtriser lesdélais de rotation des stocks et descréances sur les clients.TROIS QUESTIONS À…Renaud Buronfosse, directeur des études stratégiques de la FIM
  12. 12. OCTOBRE 2012 // MÉCASPHÈRE // 2322 // MÉCASPHÈRE // OCTOBRE 2012ÉTAT DES LIEUX DE LA MÉCANIQUEDOSSIERTrois industriels passent les chiffres de l’enquête du Crédit Coopératif au tamis de leurs activités. Les moyennesstatistiques peuvent cacher des réalités industrielles.Les chiffres à l’épreuve du terrain« La part du chiffre d’affaires àl’exportation est corrélée à la taillede l’entreprise. Et la capacité à exporterfait grandir l’entreprise. Il faut donc unetaille critique pour devenir une « petitemultinationale ». C’est ce que nous développonschez Redex avec un service marketing capabled’assurer notre présence sur différents salons.Il faut dire que l’international est égalementinscrit dans nos gènes, puisque, dès lesannées 60, notre produit phare de l’époque la« poulie Redex » était exportée en Italie et enGrande- Bretagne. Quand je suis arrivé à la têtede Redex, ayant fait mes études à l’étranger,j’ai développé cette culture internationale. Parailleurs, les secteurs des biens d’équipementet la précision dans lesquels nous travaillonssont traditionnellement plus exportateursparce que nous vendons des produits à plusforte valeur ajoutée. En termes de rentabilité,nous sommes au-delà des 5 % (RN/CA), alorsqu’en-dessous de 3 % il devient impossibled’assurer la vie de l’entreprise. Notre rentabilitéest meilleure dans nos activités de précisionoù nous dégageons davantage de marges.Pour les biens d’équipement, nous avonschoisi délibérément de nous situer sur le hautde gamme pour préserver une rentabilitécorrecte. Malgré tout, nos concurrents –allemands notamment – dégagent des margessupérieures et autofinancent plus facilementleur développement. D’où un décalage decompétitivité qui s’accroît. Pour l’instant, nouscomblons en partie cette différence par lacréativité et l’innovation, mais nous voyons bienque les plus compétitifs grignotent petit à petitles parts de marché.Je suis désagréablement surpris de constaterdans l’étude du Crédit Coopératif combien l’EBE(Excédent Brut d’Exploitation,cf. p. 19) se révèle globalement faible pourles industries mécaniques. L’un de meschevaux de bataille, c’est justement de luttercontre les prélèvements sur notre valeurajoutée, qui nous empêchent d’investir avecnotre autofinancement. Pour autant, je suisrelativement optimiste, car les besoins enéquipements augmentent dans le monde.Mais le carnet de commandes s’est beaucoupcontracté et notre visibilité s’est réduite.En 2008, mon carnet de commandes étaitplein pour deux ans. Aujourd’hui, avec sixmois de visibilité, la situation est beaucoupmoins confortable. Sans tomber dans lecatastrophisme ambiant, il est clair que noussommes moins à l’aise. »« Toute enquête statistique traduit des moyennesqui parfois cachent des réalités industrielles différentes.Ainsi, la part de l’exportation chez les sous-traitants trèsfaible selon les statistiques se révèle beaucoup plusimportante. Ainsi 60 % de notre activité se trouve dansdes produits vendus à l’international. Nous sommes unepetite entreprise qui alimente le grand export. L’analysestatistique ne montre pas cet apport des PME.Même commentaire pour les chiffres sur la rentabilité.Certes leur faiblesse montre bien que notre industrie setrouve au point fixe et qu’une petite variation du chiffred’affaires peut nous faire basculer soit vers les bénéfices,soit vers les pertes. Dans le domaine automobile quireprésente 25 % de notre chiffre d’affaires, la rentabilitéest très faible du fait de la pression des donneurs d’ordresur les coûts. Mais attention, il faut également tenir comptede la diversité des entreprises et des secteurs d’activité.Ainsi, notre stratégie consiste à nous positionner sur desmarchés de niche. Un tiers de nos 90 000 commandesportent sur des lots de moins de 10 kg. Les petites sériesintéressent peu nos concurrents chinois, ce qui nouspermet d’augmenter nos marges. L’une des forces de lamécanique française, c’est de se placer sur ces marchés deniche, même s’il y est difficile de gagner en productivité. »« J’ai reprisSupermetal en2000 au moment où l’entreprise setrouvait au bord de la liquidation après unepremière phase de redressement judiciaire.Il était donc urgent de dégager des marges.Nous avons réalisé un tri dans le fondsde commerce pour ne conserver que lesclients rentables : un exercice difficile maisindispensable. Dans le décolletage, on estimequ’il faut investir 7 à 10 % du chiffre d’affairespar an. Nous sommes obligés de travailleravec des secteurs qui permettent de dégagerdes marges. Ce ciblage impose aussi desinvestissements très soutenus en formationtechnique, management et maîtrise de laqualité. Cela en exclut certains qui tirent lesprix vers le bas. La profession du décolletagesouffre parce que certains acteurs sont tropdépendants de certains clients. En nousrecentrant vers l’aéronautique, le médicalet l’énergie, des secteurs sur lesquels nouspouvons faire la différence par la qualité etle respect des délais, nous avons augmentéla valeur ajoutée par salarié. Nous pouvonsainsi poursuivre nos investissementspour répondre aux exigences de qualitéde nos clients. Dans cet exercice, nousn’avons pas été soutenus par les banqueslocales. Il existe bien peu d’organismesfinanciers prêts à aider les entreprises quisortent de difficultés. Ainsi, la Banque deFrance manque cruellement d’audace et deperspicacité. Elle attribue systématiquementune mauvaise note aux sociétés enredressement judiciaire, sans tenir comptede l’amélioration progressive des ratiosfinanciers. Cela les pénalise et ne facilite pasleur redressement. »©Dahmane©DR©DR« Il faut une taille critique pour devenirune petite multinationale. »BRUNO GRANDJEAN, PDG DE REDEX, INGÉNIERIE ET FABRICATIONMÉCANIQUE DE HAUTE PRÉCISION, 270 SALARIÉS« Notre stratégieconsiste à nouspositionner sur desmarchés de niche. »JEAN-CLAUDE MONIER, PDG DE THERMI-LYON,TRAITEMENT THERMIQUE ET REVÊTEMENT SOUS VIDE,PLUS DE 220 SALARIÉS« Nous devons travailler avec des secteurs qui permettent dedégager des marges. »BRUNO DE CHAISEMARTIN, PRÉSIDENT DE SUPERMETAL, RÉALISATION ET ASSEMBLAGE DE COMPOSANTSMÉCANIQUES, 80 SALARIÉSDepuis longtemps, la FIM récla-mait que la réglementation sur lesICPE (Installations classées pourla protection de lenvironnement)soit adaptée à la réalité industrielle(voir MécaSphère n°21) pour le tra-vail mécanique des métaux. Larévision entamée il y a presque deuxans maintenant devrait débouchersur la suppression du seuil d’auto-risation. L’arrêté fixant la liste desinstallations soumises à « garan-ties financières » ne vise donc plusl’activité 2560 qui du coup est sor-tie du champ. La FIM a obtenu gainde cause. Le travail des métauxnest désormais plus concerné. Enrevanche, le traitement de surfaces yest assujetti, dans un premier tempslorsque le volume des bains est supé-rieur à 30 m3, et en 2017 toutes cellessoumises à autorisation.De même sont exemptés les ins-tallations dont le montant de lagarantie financière sélève à moins de75 000 euros TTC.UN FONDS POUR MUTUALISERLES RISQUESLes décrets en la matière ont étépubliés en juillet dernier. Selon leseuil de classement, les garantiessappliquent dès le 1er juillet 2012 oule 1er juillet 2017. Mises en œuvreen cas de défaillance de lentreprise,elles visent la mise en sécurité et nonla remise en état.Pour aider les industriels concernésen mutualisant les risques, la CMGM(Caisse mutuelle de garantie desindustries mécaniques) propose decréer une section spécifique de sonfonds de garantie ouvert aux adhé-rents de la FIM. Exemple : pour unecaution délivrée par la CMGM de100 000 euros sur deux ans renouve-lables autant de fois que nécessaire,les adhérents souscrivent au fonds deLe fonds degarantie de laCMGM pourraitêtre élargi àlaéronautique.PasdegarantiesfinancièresICPEpourletravaildesmétauxDans le cadre de la révision des activités ICPE (Installations classées pour la protection de lenvironnement), letravail mécanique des métaux ne serait pas soumis à garanties financières pour la mise en sécurité des sites en findexploitation. La CMGM (Caisse mutuelle de garantie de la mécanique) envisage donc délargir son fonds de garantiemutuelle à dautres fédérations industrielles.la CMGM envisage délargir le fondsà dautres fédérations dont lesentreprises sont concernées par lesgaranties financières. Les pourparlersont commencé avec la Fédération de laPlasturgie, lUIC (Union des industrieschimiques), le Gifas (Groupement desindustries françaises aéronautiques etspatiales) et les Fondeurs de France.garantie et règlent une commissionannuelle. La souscription peut êtrerestituée à ladhérent au terme de lagarantie. Cette dernière est examinéepar le comité dagrément de la CMGMqui accorde ou non la caution, aprèsavis du syndicat professionnel.Comme lactivité travail des métauxnest plus soumise aux garanties,EnvironnementSubstancesdangereusesdansl’eau:uneétudedebranchepourlamécanique2Afind’aiderlesentreprisesdelamécaniquedanslecadredel’actionnationaleduministèredelÉcologiesurlarecherchedessubstancesdangereusesdansl’eau,leCetimetlaFIMmènentuneétudedebranchepourlessecteursmécanique,métallurgieettraitementdesurfaces,enpartenariataveclesagencesdeleauquienfinancentunepartie.L’étudebibliographiqueetlesfichesde33substancessontdéjàdisponiblessurlesiteinternetduCetim.L’identificationdel’originedesémissionsdesubstancesdangereusesparcorrélationentrelessubstancesetlesprocédésesttoujoursencours.Lexploitationdesrésultatsdesanalysesréaliséesparlesindustrielssestrévéléeplusdifficilequeprévue.Néanmoins,lesinvestigationssursitesparétudesdecassontencours.Lesrésultatspermettrontdemutualiserlesconnaissancesetdediminuerlescoûtsdecesétudes.Ilssontattendusfin2012.©AIRBUS/H.GOUSSÉCONTACT  PhilippeBourillon (CréditCoopératif)01 47 24 86 01philippe.bourillon@credit-cooperatif.coop
  13. 13. OCTOBRE 2012 // MÉCASPHÈRE // 2524 // MÉCASPHÈRE // OCTOBRE 2012©VelanNormalisationValoriserlesexpertstechniquesIl ny a pas que le mana-gement ou le commercialpour réussir une carrière danslindustrie. Cest en subs-tance le message que FrançoisDaubenfeld, maître experten métrologie et maîtrise desprocessus et essais au sein dugroupe PSA, a voulu faire passeraux participants de lassembléegénérale de lUNM (Union deNormalisation de la Mécanique)qui sest tenue le 26 juin dernier.Un message relayé par PhilippeChoderlos de Laclos, directeurgénéral du Cetim qui valorise desexperts, notamment à travers laparticipation à des commissionsde normalisation.CONSTRUIREUNEVISIONPROSPECTIVEPour renforcer sa compétitivité,le groupe PSA motive ses colla-borateurs à sengager dans desparcours de spécialisation etdexpertise. Cette valorisationde carrières dans des domainesstratégiquespourlentreprise per-met doffrir une reconnaissancede lexpertise et donc de fidéli-ser des collaborateurs à fortescompétences techniques. En sixans, PSA a identifié 46 domainesdexpertise, avec une commu-nauté de 13 maîtres experts,110 experts et 260 spécialistes,périodiquement évalués.Parmi les critères pour évaluerle collaborateur, la participationà des travaux de normalisationoccupe une place de choix. Eneffet, elle permet de consoliderses connaissances au meilleurniveau mondial, de construireune vision prospective, de repré-senter le groupe à lextérieur, dese constituer un réseau interna-tional de relations.LARECONNAISSANCEDUNECERTAINEMATURITÉLe Cetim sest également lancédans cette voie avec la recon-naissance en son sein de 13experts référents sélectionnéssur la base de dix critères parmilesquels figure lengagementLa participation aux commissions de normalisation est lun des critères clés pour sélectionner des experts techniques. Objectif :valoriser et fidéliser des collaborateurs spécialisés dans des domaines stratégiques pour lentreprise. Le groupe PSA ou le Cetimse sont engagés dans cette voie.dans les instances de norma-lisation. « Ce sont nos têtes defile sur lesquels nous pouvonsnous appuyer, par exemple pouraccompagner les jeunes embau-chés, insiste Philippe Choderlosde Laclos. La participation àune commission de normali-sation prouve leur maîtrise deleur domaine technique et delanglais. Mais cest égalementla reconnaissance dune certainematurité. Une commission denormalisation suppose bien sûrune compétence scientifique,mais également la capacité à pré-senter des arguments de manièreposée et convaincante. »FinancementEn juillet dernier, Velan a sous-crit un contrat dassurance-créditGloballiance Projects Cover : lepremier contrat de ce type signépar une entreprise avec Cemeca(Service dassurance-crédit desindustries mécaniques, éléc-triques et électroniques).Spécialiste de la robinetteriehautes performances, Velan réa-lise 90 % de ses 80 millions dechiffre daffaires dans le secteurnucléaire, dont 60 % à lexpor-tation. Pour cette activité, lesclients sont peu nombreux etbien connus, et donc lassurance-crédit classique à moyen termeGloballianceProjectsCover:lapolicesurmesureComment couvrir le risque fabrication de ses affaires dans le secteur de la cryogénie ? Velan a choisi de souscrire une policeGloballiance Projects Cover auprès de Cemeca.suffit. Ce nest pas le cas pour les10 % de chiffre daffaires prove-nant de la cryogénie (terminauxméthaniers ou gaziers). Sur cemarché, la concurrence est plusvive que dans le nucléaire et lesclients moins établis. « Notrepolice Globalliance gérée parCemeca nous assure pour lerisque crédit mais sa durée dedeux ans est trop courte pourcouvrir le risque fabrication,explique Dominique Bénévise,directeur financier de Velan. Cequi est dangereux, car nos pro-duits sont très spécifiques. Si leclient annule sa commande avantSpécialiste de larobinetterie hautesperformances, Velanréalise 90 % de sonchiffre daffaires dansle nucléaire.la fin de la fabrication, nous nepouvons pas vendre le produit àun autre client. Et il sagit de mon-tant unitaire important. »Lassurance-crédit GloballianceProjects Cover répond à cebesoin. Son objectif : couvrir desmarchés ponctuels de vente debiens d’équipements, services…réalisés avec des acheteurspublics et privés sur une duréeallant jusqu’à 36 mois, ce qui per-met à Velan de couvrir le risquefabrication.« Nous avions le choix de sous-crire cette police directementauprès de Coface, reprendDominique Bénévise. Nousavons préféré passer par Cemecaqui, en mutualisant les contratspeut offrir des conditions intéres-santes. »De fait, Cemeca nimpose pas deverser une prime minimum, ni deprésenter plusieurs dossiers paran. Par ailleurs, le montant desfrais de dossier est calculé sur lemontant de la garantie réelle etnon pas sur le montant total dumarché. Autant darguments quiont convaincu Velan de signerla première police GloballianceProjects Cover de Cemeca.CONTACT  AntoineAlopeau (Cemeca)01 47 17 67 41,a.alopeau@cemeca.comCommentprotégersesinformationsstratégiques?JuridiqueLasociétéXfabriquedesmachinesrobotisées. Elle consacre beaucoupd’efforts et d’investissements en pré-études afin de répondre au mieuxà la spécificité de chaque affaire.Récemment, elle a été consultée surla base de ses propres plans. Le clientn’a pas hésité à réutiliser sa pré-étude,en ôtant son nom, afin de consulterà nouveau un panel de fournisseurspotentiels, espérant obtenir des offresmoins chères sur cette base.DESTEXTESTRÈSDISPARATESCet exemple traduit la nécessité etla difficulté pour toute entreprise depréserverlaconfidentialitédecertainesinformations:étudestechniques,plansde fabrication, compositions matière,projet d’implantation, pourparlerscommerciaux, fichier client… Un sujetsuffisamment important pour que laFIM organise une conférence sur cesujet le 20 septembre dernier, avecl’IRPI(Institutderechercheenpropriétéindustrielle). « Les lois protégeant lesecret et la confidentialité sont trèsdisparates, indique Yves Blouin, chefdu service droit des affaires de la FIM.D’ailleurs, la Commission européennevient de reconnaître l’utilité d’un texteunique sur le sujet. » Pour l’heure,une loi punit de sanctions pénales lessalariés qui détournent des secretsde fabrique. Pour le reste, seuls lesbrevets protègent efficacement lesinnovations–etencore!Maisvoilà,toutn’est pas brevetable et les innovationsinterviennent souvent au fil des appelsd’offres. Pour autant, il convient de seprotéger. Pour Yves Blouin, « il fautprendre conscience de l’importance desinformations qui constituent le cœurde l’entreprise, les identifier et pouvoirle prouver, par un acte d’huissier ouune enveloppe Soleau. » Cette dernièrepermet d’attester la date de créationd’une idée, d’une innovation ou d’unprojet, au prix de formalités de dépôttrès peu contraignantes auprès del’INPI (Institut national de la protectionindustrielle).UNGUIDEPRATIQUEPOURLESENTREPRISESDu côté des salariés, les notes de serviceet le règlement intérieur permettent derestreindre l’accès aux informationssensibles. Du côté des clients et desfournisseurs, il est possible de signerdes accords de confidentialité oud’introduire cette notion dans lesconditions générales de vente. La FIMpropose des modèles de ce type d’accordaux niveaux français et européen,ainsi qu’un petit guide pratique pourles entreprises. Reste à faire appliquerces accords. Le service juridique dela FIM accompagne les entreprisesadhérentes de ses syndicats dans desprocédures, parfois avec succès. C’estle cas de ce fournisseur de l’automobile,qui collaborait depuis plusieurs annéesavec un client plasturgiste afin dedévelopper un produit. Alors qu’elleavait pris soin de signer un accord deconfidentialité, la PME découvre queson partenaire a transmis une copie deses plans à un autre fournisseur à qui il aconfié la commande. Contrairement auxaffirmations du plasturgiste, la PME estseuleauteurdecesplansquireprésentent2 000 heures d’études et sont biencouvertsparunaccorddeconfidentialité,visant à protéger son savoir-faire. Leclient-partenaire a commis une faute ets’est comporté de façon déloyale : ainsien a décidé le tribunal de commerce deLyon,quil’acondamnéàpayerleprixdesétudes soit 130 000 euros, et à publier ladécision dans la presse.Des études techniques, des plans de fabrication, un projet d’implantation, un fichier client… Difficile de protéger certainesinformations sensibles pour une entreprise. Mais les moyens existent.«Lesloisprotégeantlesecretetlaconfidentialitésonttrèsdisparates.D’ailleurs,laCommissioneuropéennevientdereconnaîtrel’utilitéd’untexteuniquesurlesujet.»  Yves Blouin,chef du servicedroit des affairesde la FIM

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