Mécanique + environnement = une équation durable
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    Mécanique + environnement = une équation durable Mécanique + environnement = une équation durable Document Transcript

    • La Fédération desIndustries Mécaniques
    • Innovation et développement durable sont deux notions étroitement liées. L’enjeu essentiel quese fixe aujourd’hui notre industrie est de produire en respectant les ressources limitées de laplanète et en assurant au maximum de personnes un confort matériel dans les domaines dulogement, du transport, de l’alimentation, de la communication, de la culture…La mécanique est le « rouage » central de cette démarche environnementale. Au cœur de toutesles industries, elle s’est sentie très tôt concernée et convaincue du fait que progrès technique etrespect de l’environnement sont indissociables.Aussi, la Fédération des Industries Mécaniques et ses syndicats membres ont souhaité rédigercet ouvrage pour sensibiliser les pouvoirs publics à cette réalité méconnue : la mécanique plusque toute autre industrie est au cœur des enjeux environnementaux. Son action est double. Ellemet en œuvre pour son usage des procédés propres et elle fournit des solutions innovantes pourl’ensemble de l’industrie.Autant dire que la mécanique a le développement durable dans ses gènes. Très tôt, elle développedes procédés spécifiques d’écoconception de ses produits, travaille sur des procédés pluspropres, étudie comment réduire son propre impact sur l’environnement, optimise ses procédésde fabrication, innove dans des produits moins énergivores…Non exhaustif, ce document étudie plus particulièrement trois grands axessur lesquels les industries mécaniques sont particulièrement actives :la réduction de la consommation d’eau et d’énergie, la réduction desémissions polluantes et le développement des énergies renouvelables.D’autres sujets plus sociétaux tels la maîtrise de la santé et de la sécuritéau travail sont également abordés.C’est une certitude : aujourd’hui nos entreprises accordent une parttoujours plus importante de leur budget en R&D à la performanceénergétique et environnementale. Néanmoins, nous constatons que lesenjeux deviennent de plus en plus pressants, les contraintes réglementairesde plus en plus prégnantes. Indispensable, le train des nouvellesréglementations doit cependant respecter le rythme deconceptionetdemisesurlemarchédenouvellessolutions.Il faut du temps pour substituer une technologie par uneautre. Définir des objectifs trop ambitieux et précipiter leschoses sans tenir compte de ces évidences risqueraitde fragiliser nos entreprises déjà soumises à uneconcurrence internationale féroce.Nos entreprises ont bien compris et depuislongtemps que l’enjeu environnemental souventpris comme une contrainte peut être transforméen une formidable opportunité. Pour cela, elles ontbesoin de reconnaissance voire pour certaines d’unaccompagnement dans leur démarche d’innovation. Jeme fais donc leur porte parole pour que les pouvoirspublics aient confiance dans leur inventivité, dansleur foi en l’homme et en ses capacités à trouver dessolutions durables pour notre société.TribuneJérôme Frantz,Président de la FIM« La mécanique plus que toute autre industrie est au cœur desenjeux environnementaux. »
    • Sans roulement, pas d’éolienne, sans turbine pas d’hydraulique, de nucléaire ou de productiond’électricité tirée de la biomasse*, sans technologies propres, pas damélioration de notre environnement.Plus que toute autre industrie peut-être, la mécanique a une implication naturelle en matière dedéveloppement durable. En effet, elle se trouve placée au cœur des innovations technologiques quipermettront de connaître une croissance durable.Par ailleurs, depuis plusieurs années, les entreprises de la mécanique travaillent à rendre les procédésindustriels de leurs clients plus propres et plus économes en énergie et en eau. Elles étudient égalementcomment réduire leur propre impact sur l’environnement, avec notamment des avancées dans ledomaine de l’usinage. Et la mécanique compte parmi les quelques secteurs industriels à s’être dotésd’une méthode spécifique d’écoconception* de ses produits, qui a fait lobjet dune norme**.Nous vous proposons de découvrir comment la mécanique contribue au développement durable autravers de trois grandes thématiques environnementales : développer les énergies renouvelables,réduire la consommation d’eau et d’énergie, réduire les émissions polluantes.Pour élargir notre vision, nous vous présenterons également trente actions exemplaires menées par desprofessions et des entreprises mécaniciennes en matière décoconception, de revalorisation des déchetsindustriels, doptimisation de lefficacité énergétique et de la maîtrise de la sécurité et de la santé autravail.Une implication naturelleSommaireI. Développer les énergies renouvelables 3Bosch Rexroth 4SKF 5Thermodyn 6Mondragon Assembly 7II. Réduire la consommation d’eau et d’énergie 8Clextral 9Poclain Hydraulics 10Salmson 11Ateliers des Janves 12III. Réduire les émissions polluantes 13Ponticelli 14Alstom Power 15Hytec Industrie 16Delta Neu 17IV. 30 actions exemplaires 18Ecoconcevoir 19Revaloriser les déchets industriels 20Optimiser l’efficacité énergétique 21Maîtriser la santé et la sécurité au travail 23V. Et demain ? 24Relever le défi de lénergie 25Gérer les matières premières 26Concevoir propre 26Produire propre 27Réduire les risques 27Lexique 28*cf. lexique page 28**cf. page 20, Norme NFE 01-005
    • Environ 80 % de la production énergétique mondiale est d’origine fossile. Face à ce constat, le défi des énergiesrenouvelables est double : d’une part, lutter contre l’effet de serre ; d’autre part, offrir des solutions alternatives àl’énergie fossile dont les réserves (pétrole et gaz) commencent à s’épuiser.Des politiques ambitieuses concernant les énergies renouvelables se développent à travers le monde. Ainsi, lEuropesest fixée un objectif de 20 % d’énergies renouvelables dans la consommation d’énergie finale d’ici 2020. En France,le Grenelle de l’Environnement prévoit un pourcentage de 23 %, à la même échéance.Le secteur de l’énergie est un débouché naturel de la mécanique. Celle-ci est ainsi présente dans la fabrication desturbines utilisées dans l’hydroélectricité, le solaire ou la production d’énergie par biomasse.Elle joue aussi un rôle essentiel dans le développement des éoliennes, notamment au travers des roulements etdes réducteurs/multiplicateurs, mais également dans les hydroliennes, ces « éoliennes sousmarines » qui utilisentl’énergie des courants marins.Enfin, la mécanique est présente dans l’énergie solaire, avec par exemple la fabrication des panneauxphotovoltaïques*.Entretiens avec :• Olivier Welker, directeur de la division Hydraulique Industrielle pour la France de Bosch Rexroth.• Jean-Luc Gardelle, directeur du développement produits sur le marché énergie de SKF.• Bernard Dienne, directeur commercial de Thermodyn.• Patrick Munini, directeur général de Mondragon Assembly.Entreprises adhérentes de la FIMI. Développer les énergies renouvelables*cf. lexique page 28
    • Bosch RexrothQuel est l’apport de Bosch Rexroth dans le domaine de l’hydroélec-tricité ?Nous équipons les plus grands barrages du monde, notammentcelui des Trois Gorges en Chine.Nous fournissons des équipements autour de laturbine. Il s’agit de vannes et de vérins d’entréeet de sortie, de robinets en amont et en aval de laturbine dont ils assurent la régulation. En fonctionde paramètres tels que la hauteur de l’eau dans lelac ou le débit, la turbine admet plus ou moins d’eaupour tourner à la puissance recherchée. C’est unpeu l’équivalent de la pédale d’accélérateur de lavoiture.Nous fournissons également des équipements autour du barrage,tels que les évacuateurs de crue.L’industrie hydroélectrique connaît-elle de grands changements ?Le secteur de l’hydroélectricité est assez conservateur. Nous avonsla conviction que nous pourrions augmenter le rendement des turbi-nes avec certains de nos produits. Si l’on augmente ce rendementd’un dixième, vous imaginez la quantité d’énergie supplémentaireau bout de trente ans !Les évolutions sont très lentes. Ce qui se comprend : les questionsde sécurité sont omniprésentes et les investissements se chiffrenten centaines de millions d’euros. Il ne faut pas oublier qu’une cen-trale hydroélectrique s’amortit sur au moins un demi siècle.Pouvez-vous nous donner un exemple d’innovation qui permettraitd’augmenter le rendement ?Par exemple, nous avons mis au point une commande individuellede turbine utilisée pour les moyennes chutes (entre 20 et 50 mè-tres). Cette commande actionne des vérins qui entraînent la piècecirculaire chargée de faire bouger les pales pour remplir la turbine.Elle permet d’ajuster plus finement suivant les besoins.D’une manière générale, sur les barrages, les nouvelles techno-logies sont liées à une amélioration des écoulements et de larentabilité des turbines, avec les servo-systèmes qui permettent deles piloter de façon plus précise.Quelles sont vos perspectives de développement ?Les perspectives existent moins dans les constructions nouvellesque dans la rénovation. Par exemple, dans la centrale de Waldecken Allemagne, nous avons remplacé les régulateurs existants pardes blocs commande avec servodistributeurs.Un axe de développement de l’hydraulique résidedans l’hydrolien, qui utilise l’énergie des vagues.Trois projets sont à l’état de maquette.Dans le domaine des énergies renouvelables, nousavons d’autres perspectives à commencer par l’éo-lien. Nous concevons et fabriquons des réducteurset des multiplicateurs chargés d’orienter la tourelleet les pales de l’éolienne. Nous disposons de deuxusines (en Allemagne et en Chine) spécialisées dans ces équipe-ments.Pièce d’identitéFiliale de Bosch, Bosch Rexroth estle leader mondial sur les marchésde l’automatisation industrielle etdes applications mobiles. Présentdans le monde entier, il compteplus de 35 000 salariés. Forte dedeux sites de production, sa filialefrançaise est spécialisée dans lescommandes et entraînements élec-triques, l’hydraulique industrielle etmobile, les techniques de transla-tion et de montage, le pneumati-que, la fonderie et les services.« Un axe dedéveloppement delhydraulique résidedans l’hydrolien quiutilise l’énergiedes vagues. »« Nous avons des perspectives dans les énergiesrenouvelables »Bosch Rexroth fournit des équipements qui permettent de réguler le fonctionnement de laturbine. Entretien avec Olivier Welker, Directeur de la division Hydraulique Industrielle pourla France.
    • SKFSKF est présente sur le marché des énergies fossiles et sur celuides énergies renouvelables. N’est-ce pas contradictoire ?Pas du tout. D’abord, parce qu’il ne faut pas oublier que l’énergiefossile représentera encore 70 % de la consommation dans lesdécennies à venir. On peut donc contribuer à larendre plus propre à défaut de la transformer enénergie verte.Ensuite, parce que les avancées dans un domainepeuvent servir à l’autre. Par exemple, la surveillancedu process que l’on commence à introduire sur leséoliennes vient du secteur de l’énergie traditionnelle. Inversement,les roulements avec revêtement de surface ou les roulements hybri-des, développés pour les éoliennes afin d’éviter les dommages liésau passage de courant, commencent à faire leur apparition dansdes générateurs de centrales électriques traditionnelles.Concernant les éoliennes, dans quels domaines intervient SKF ?Nous intervenons essentiellement dans quatre domaines : lessystèmes de lubrification, les roulements, les étanchéités et lessystèmes de maintenance conventionnelle. Nous proposons ainsidifférents systèmes de réservoir avec pompes qui apportent de lagraisse régulièrement. Les systèmes les plus perfectionnés analy-sent la qualité de la lubrification pour n’injecter le produit qu’au justenécessaire et au bon moment.Concernant les roulements, une éolienne en compte plus d’unesoixantaine. Certains sont très classiques comme ceux que l’ontrouve sur les moteurs réducteurs qui orientent les pales. Ceuxdans les boîtes de vitesse sont fabriqués avec des aciers trèspropres pour augmenter leur durée de vie. Enfin, il existe de trèsgrands roulements – certains dépassent 2,5 m de diamètre –,notamment entre la boîte de vitesse et le moyeu sur lequel sontconnectées les pales.S’agit-il de roulements spécifiques aux éoliennes ?Oui, nous avons d’ailleurs déposé un brevet. À mesure que lapuissance des éoliennes augmente, la notion de roulement rigidedevient obsolète. En utilisant des outils de simulation, nous noussommes aperçus que la forme du roulement pouvait devenir ovale.Nous avons donc conçu une cage – la partie qui maintient les billes– souple pour pouvoir supporter des déflexions.Le bruit constitue l’une des nuisances des éoliennes. Pouvez-vouscontribuer à le réduire ?Après le visuel, le bruit est la principale critique for-mulée par ceux qui vivent à proximité des éoliennes.Nous agissons sur le bruit mécanique des billesqui tournent. Nous avons développé une nouvellegénération de roulements, le « quiet running », en optimisant lagéométrie de la pièce et en changeant les spécifications en matièrede vibration. Nous avons réduit le bruit mécanique d’un facteur10. Nous venons de décrocher les premières commandes de cesnouveaux roulements.Quels sont vos défis à venir ?Le premier porte sur la fiabilité de nos produits. Pour cela, nousutilisons des outils de simulation, ce qui dans le domaine de l’éolienn’est pas courant, car cette industrie est peu mature.Par ailleurs, nous cherchons à rendre nos produits de plus en plusrecyclables, par exemple en reconditionnant les roulements pourleur donner une deuxième vie.Enfin, nous travaillons sur des systèmes de maintenance préven-tive qui intègrent de plus en plus d’intelligence.Pièce d’identitéLe groupe SKF est le premier four-nisseur mondial de produits et desolutions sur les marchés des rou-lements, des systèmes de lubrifica-tion, de la mécatronique*, de l’étan-chéité et des services. En France,le groupe compte 4 000 collabo-rateurs. Il est impliqué dans qua-tre pôles de compétitivité : MTA,EMC2, Techtera et Viameca.« Nous avons réduit lebruit mécanique d’unfacteur 10. »« Une éolienne compte plus d’une soixantainede roulements »La lubrification et les roulements : tels sont les deux grands apports de SKF à l’industrieéolienne. Interview de Jean-Luc Gardelle, directeur du développement produits sur le marchéénergie.*cf. lexique page 285
    • ThermodynComment Thermodyn est-il impliquée dans les énergies renouvela-bles ?Nos turbines qui entraînent les alternateurs pour produire de lélec-tricité peuvent être utilisées pour les énergies renouvelables.Nous avons ainsi fourni une turbine pour la première centralesolaire mise en service en Espagne. Par ailleurs,nous équipons des incinérateurs dordures ména-gères qui produisent de la vapeur. Le débat estouvert, mais on peut considérer que la valorisa-tion énergétique des déchets constitue une formedénergie renouvelable, puisque nous produironstoujours des ordures ménagères.Enfin, nous intervenons dans des installationsde production délectricité qui utilisent la biomasse comme sourceénergétique.En quoi, lénergie produite par la biomasse est-elle verte, puisque lacombustion dégage du gaz carbonique ?Certes les déchets issus de la biomasse produisent du gaz carboni-que au moment de leur combustion. Mais avant dêtre déchets, cesvégétaux ont absorbé le gaz carbonique. Le bilan carbone* de labiomasse est donc proche de zéro.De quel type de déchet sagit-il ?Ce sont des déchets issus de lindustrie du bois, des fabricants depapier (plaquettes forestières), de lindustrie agroalimentaire (paille,grain, etc.). Nous avons ainsi travaillé sur plusieurs projets enEspagne pour des fabricants dhuile qui récupèrent les noyaux doli-ves pour les brûler. Chaque installation a une puissance de lordrede 16 MW.Dans les pays tropicaux, les restes de canne à sucre, la bagasse,utilisée par les sucriers font également un excellent « carburant ».Près de la moitié de la production délectricité de lIle Maurice estainsi produite avec des turbines Thermodyn qui tournent grâce à labagasse.Quelle est la puissance de ces installations ?Notre gamme de machines va de 5 à 45 MW. Chaque turbine estspécifique. Elle doit sadapter au type de déchet issu de la biomas-se et à la quantité de vapeur produite. A ce jour, dans le monde,41 usines utilisant la biomasse produisant 940 MW sont équipéesdune turbine Thermodyn.Qui sont les clients finaux ?Il peut sagir de producteurs délectricité, maiségalement dindustriels qui utilisent lénergie pro-duite pour leur procédé et revendent le surplus auréseau. Cest notamment le cas de la papeteriequi consomme beaucoup dénergie.Le marché de la production dénergie par la biomasse est-il appeléà se développer ?Durant les trois dernières années, la croissance a été forte. Mêmesi la crise financière a donné un coup darrêt, dans nos pays déve-loppés, tout ce qui concerne les énergies renouvelables est appeléà se développer.Pièce d’identitéFiliale de General Electric Oil &Gas, Thermodyn est spécialiséedans la conception, la fabrication etles services de machines tournan-tes : compresseurs centrifuges etturbines à vapeur.Située au Creusot, elle emploie550 employés et réalise 250 mil-lions deuros de chiffre daffairesdont les deux tiers à lexport.« À ce jour, dans le monde,41 usines utilisant labiomasse produisant940 MW sont équipéesdune turbine Thermodyn. »« Le bilan carbone de la biomasse est prochede zéro »Les déchets végétaux de lindustrie forestière, papetière ou agroalimentaire peuvent être brûléspour produire de lélectricité. Thermodyn fournit les turbines. Interview de Bernard Dienne, sondirecteur commercial.* cf. lexique page 28
    • Mondragon AssemblyComment Mondragon-Assembly est arrivée sur le marché du pho-tovoltaïque ?À la suite dune décision du groupe dorienter ses activités indus-trielles vers le développement durable, nous avons organisé, uneréunion de réflexion avec quelques cadres du Groupe y comprisceux des filiales (Mexique, Allemagne, Catalogne, Pays Basque,Inde, États-Unis). Nous avons décidé de noustourner vers le photovoltaïque. Avec le partena-riat de BP Solar, nous avons conçu une machinede gravage laser animé par de la robotique pouraugmenter la productivité des cellules photovol-taïques.Quelles innovations avez-vous introduites ?Nous avons déposé un brevet sur un système de soudage. Léner-gie photovoltaïque provient de la transformation directe de la lu-mière en électricité, par lintermédiaire de cellules à base de siliciumfixées sur un support neutre. En général, sur un panneau standard,on compte 5 rangées de dix cellules. Il faut rassembler toutes lesconnexions électriques de chaque cellule en un point. Nous avonsdonc conçu un système de soudure à induction avec robot et visionautomatique pour réaliser toutes ces connexions. Ce procédé amé-liore la qualité des soudures d’interconnexion du panneau.Que représente le photovoltaïque dans votre activité et commentvous situez-vous sur le marché ?Le photovoltaïque représente 42 % de notre chiffre daffaires etnous estimons notre rang mondial à la troisième place dans lesfabricants de machine dassemblage.Les Chinois ont envahi le marché avec des prix très compétitifs.Nous avons donc abandonné les produits standards pour nousconcentrer sur la conception et la fabrication de lignes d’assembla-ge pour des produits plus spécifiques comme : les petits panneauxpour léclairage public ou les relais de télécommunication, notam-ment en Afrique ; les tuiles en photovoltaïque pour toiture ;les panneaux pour alimenter la climatisation des voitures station-nées au soleil… Nous adaptons nos machines aux cahiers descharges de nos clients par rapport aux dimensions des panneaux.Sur quels développements travaillez-vous ?Aujourdhui, lenjeu, cest daugmenter la productivité du panneau.Nous travaillons donc dans deux directions. Dabord sur les filsconducteurs que lon trouve sur les cellules. À ce jour leur épais-seur est d’environ 5/10ede millimètre, en réduisant celle-ci aumicron, nous pourrions gagner environ 10 % de productivité.Ensuite nous développons sur les lignes desmachines capables de vérifier la qualité despanneaux. Cest ainsi que nous appliquons desflash de lumière sur les cellules – léquivalent delaction de la clarté du soleil – pour évaluer leurproductivité. Ceci nous permettant de finaliser enfin de ligne des panneaux ayant la meilleure productivité donc unemeilleure qualité.« Aujourdhui, lenjeu,cest daugmenterla productivité du panneau. »« Nous nous concentrons sur les lignes dassemblagesde panneaux photovoltaïques spécifiques »Alors que les Chinois ont envahi le marché avec des panneaux à bas coût, Mondragon-Assemblyfait le pari de la qualité, sur des produits très spécifiques. Explications de Patrick Munini,directeur général de Mondragon Assembly.Pièce d’identitéMondragon Assembly est une filialedu groupe Mondragon (98 000 sa-lariés), une coopérative fondée en1945 par un prêtre ouvrier basqueespagnol. Le groupe compte troisdivisions : la banque (Caja Labo-ral), les hypermarchés (Eroski) etl’industrie (sous la marque Fagor).Mondragon Assembly appartient àcette dernière division. Son métier :concevoir et fabriquer des lignes etdes équipements pour assemblerpar l’automatisation des process.Forte de 200 salariés, elle comp-te quatre secteurs dapplication :le photovoltaïque, le cosmétique,le médical et l’électrique (plus lesautres secteurs en voie de déve-loppement).7
    • La consommation mondiale des énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon) ne cesse de croître. Le développementaccéléré des pays émergents tels que la Chine, l’Inde, le Brésil… y participe. Les ressources ne sont pas éternelles,il faut donc limiter la consommation.Autre ressource naturelle critique : l’eau. En effet, le cycle de l’eau est menacé par le réchauffement climatique :inondations à certains endroits, sécheresse à d’autres, modification du débit des rivières, pollution…Outre l’aspect écologique, il devient donc important de maîtriser la consommation d’eau et d’énergie. Comment lesmécaniciens y parviennent-ils ? D’abord en optimisant leurs propres procédés de fabrication, comme dans certainesforges qui réfléchissent à d’autres solutions que le traitement thermique.Ensuite, en proposant à leurs clients des procédés économes, à l’image de ceux proposés aux grands consom-mateurs d’eau que sont l’agroalimentaire et la papeterie.Enfin, les mécaniciens innovent en mettant sur le marché des produits moins énergivores, à l’instar de latransmission hydrostatique et des circulateurs de chauffage ou de climatisation.Entretiens avec :• Georges Jobard, Président de Clextral.• Laurent Bataille, P-dg du groupe Poclain Hydraulics.• Corinne Arpin, responsable prospectives chez Salmson, en charge des relations institutionnelles.• Patrick Sergeant, Président des Ateliers des Janves et de la l’Association Française de Forge.Entreprises adhérentes de la FIMII. Réduire la consommation d’eau et d’énergie
    • ClextralComment la mécanique peut-elle répondre aux enjeux du dévelop-pement durable ?Les industriels doivent apporter des réponses technologiques pourmaintenir le niveau de vie compatible avec lexplosion démographi-que et la préservation de lenvironnement.Comment Clextral répond-elle à ces enjeux ?Clextral, qui en 1956 était une division de la Compa-gnie des Forges et Aciéries de la Loire, a acheté latechnologie bivis, un brevet de mélangeur à doublevis pour extruder des matières plastiques.Notre originalité, cest davoir imaginé que cettetechnologie puisse être utilisée dans lagroalimen-taire. Ce procédé a permis de créer de nouveauxproduits (cracottes, céréales cuites pour enfants,corn flakes, croquettes pour chien et chats,…).Et ce, en une seule étape, tout en consommantmoins deau et moins d’énergie.Initialement, cest la flexibilité du procédé et sa capacité à créerde nouveaux produits qui intéressaient nos clients. Aujourdhui, lasobriété en eau, en énergie et en matières premières devient latoutmajeur.En quoi consiste ce procédé et quel est son intérêt pour lagroali-mentaire ?Il sagit dun fût intégrant deux vis de forme complexe fonction dela réaction physicochimique que lon veut obtenir. On introduit lesingrédients et en 20 à 30 secondes, on obtient le produit fini avec laforme, la cuisson et la texture désirées.Par ailleurs, la bivis a permis de remplacer la cuisson industrielleclassique qui utilise leau comme fluide caloriporteur, par une cuis-son confinée dans un réacteur sous pression élevée qui travaille encontinu. Les vis obligent les particules à se frotter les unes contreles autres, ce qui chauffe leau résiduelle du grain de farine etproduit la cuisson.Existe-t-il dautres applications ?Tout à fait. Nous avons appliqué cette technologie à un autre poly-mère naturel : la cellulose. Dans les années 80 avec le Centre tech-nique du Papier et la Banque de France, nous avons co-développéun procédé de fabrication de pâte à papier pour billet de banque. LaBanque de France la adopté en 1990, suivie des banques dAngle-terre, de Chine, de Russie, dEspagne, d’Inde,…Le procédé consomme dix fois moins deau que les méthodes clas-siques. Nous estimons que depuis 1990, la bivis papetière a permisdéconomiser 250 millions de m3deau sur la planète !Aujourdhui, nous nous tournons vers les produits poreux, no-tamment les poudres pour lagroalimentaire. Nousavons déposé un brevet en 2006 qui permet deréduire de 30 % la consommation dénergie par rap-port aux technologies actuelles. Clextral a signé unaccord de partenariat avec un partenaire australienpour installer une plate-forme dessai au FSA (FoodScience Australia), lorgane de recherche de lÉtatAustralien sur lalimentaire.Nous nous intéressons également aux matériauxhaut de gamme pour y intégrer des fibres naturelles.Nous travaillons ainsi sur un projet pour inclure dulin, moins consommateur d’énergie fossile que la fibre de verre,dans des plastiques et créer des produits plus légers et recyclables.Enfin, nous participons au pôle IAR (Industries et Agro-Ressources)de Champagne Ardenne pour produire des molécules de substitu-tion à partir de la biomasse.« Les industriels doiventapporter des réponsestechnologiques pourmaintenir le niveau devie compatible aveclexplosion démographi-que et la préservationde lenvironnement. »Pièce d’identitéLeader mondial notamment delextrusion bivis en agroalimentaireet papeterie, Clextral compte troiscentres de recherche (à Firminy,aux États-Unis et en Australie) ain-si que des filiales aux Etats-Unis,en Chine, en Amérique Latine, enAlgérie, en Russie, au Danemark,et en Australie pour être proche deses clients. Lentreprise a installé13 000 équipements dans 87 paysdifférents et exporte 85 % de sonactivité.« Depuis 1990, la bivis papetière a permis déco-nomiser 250 millions de m3deau sur la planète »Initialement, les clients de Clextral étaient intéressés par la flexibilité du procédé bivis.Aujourdhui, développement durable oblige, ils recherchent sa sobriété en eau et en énergie.Entretien avec Georges Jobard, Président de Clextral.9
    • Poclain HydraulicsQuelle est lactivité de Poclain Hydraulics et en quoi permet-elledéconomiser de lénergie ?Nous sommes le numéro un mondial de la transmissionhydrostatique. Toute transmission comprend des organes situésentre le moteur et les roues qui permettent detransmettre lénergie aux roues motrices. Latransmission hydrostatique consiste à entraînerune pompe hydraulique dans le moteur thermique,placer des petits moteurs dans les roues, etassurer la régulation entre les deux par delélectronique. Principal intérêt : la puissanceest élevée pour un poids faible, alors que lestransmissions mécanique et électrique procurentdes puissances faibles pour un poids élevé. Celapermet déconomiser de lénergie.Par ailleurs, la gestion de la transmission, cest-à-dire l’optimisa-tion du fonctionnement des composants entre eux, s’effectue demanière simple par un pilotage électronique.La réduction des consommations dénergie est donc un moteur devos innovations ?Tout à fait. Nous avons ainsi conçu un système qui permet de rem-placer une transmission mécanique par une transmission hydrosta-tique. Ce système équipe les camions Man entre autres. A la clé :un gain de poids de 400 kg et une réduction de la consommation de15 à 20 %.Autre innovation : lénergie de freinage est récupérée dans desaccumulateurs pour être réinjectée au démarrage dans les moteursplacés dans les roues. Sur un prototype Iveco, nous gagnons 30 %de consommation dénergie.Pour les véhicules qui sarrêtent et démarrent fréquemment (bus,bennes à ordures…), nous avons développé le CleanStart, undémarreur hydraulique fixé sur le villebrequin du moteur thermique,ce qui permet de redémarrer très rapidement sans vibration et sansbruit, tout en réduisant la consommation de 15 à 20 % lors de larrêtdu moteur thermique.Autre exemple, nous avons étudié des solutions pour les enginstravaillant à très basse vitesse, en intégrant un moteur hydrauliquedirectement sur larbre de transmission, pour faire tourner le moteurthermique au meilleur régime, sans user l’embrayage et les freins,d’où une réduction d’émission de particules.Quels sont vos principaux marchés ?Nos systèmes intéressent les fabricants denginsde travaux publics, de matériels agricoles, ou demanutention, mais aussi des véhicules qui circulentsur les routes, tels que les camions, les autobus,les petits camions de livraison, etc. Ainsi des effortsparticuliers seront demandés sur les véhiculesurbains pour limiter la pollution des villes. Je pensenotamment aux bennes à ordure, ces engins de 10 à 20 tonnes quisarrêtent tous les trente mètres. Poclain Hydraulics fabrique desproduits à haut rendement pour des marchés de niche, mais lesapplications deviennent de plus en plus larges, y compris dans lesecteur des énergies propres tels que le recyclage ou l’éolien.Pièce d’identitéPoclain Hydraulics est spécia-lisé dans la conception, fabricationet commercialisation de transmis-sions hydrostatiques. Son exper-tise, mondialement reconnue, luipermet de se développer sur desmarchés très diversifiés tels quel’agriculture, le BTP, la manuten-tion, les secteurs industriel et rou-tier, l’environnement… Disposantde plus de 1 400 collaborateursà travers le monde, le dévelop-pement de Poclain Hydraulicsrepose sur sa capacité d’innova-tion et sur l’internationalisation dugroupe qui constituent des leviersmajeurs de croissance.« Poclain Hydraulicsfabrique des produits àhaut rendement pour desmarchés de niche, maisles applications devien-nent de plus en pluslarges. »« La transmission hydrostatique permet déconomiserlénergie »Une puissance élevée pour un poids faible : la transmission hydrostatique permet de réduirela consommation dénergie des engins de BTP aux bus en passant par les chariots élévateurs.Explications de Laurent Bataille, P-dg du groupe Poclain Hydraulics.
    • SalmsonQuel est lintérêt du label énergétique des circulateurs instauré en2006 par les fabricants européens de pompes ?Nous souhaitions promouvoir lefficacité énergétique de nos pro-duits, en faisant œuvre de pédagogie. Cest pourquoi nous avonsadopté la classification de A à G, référentiel connu au traversnotamment des appareils électroménagers. Elle concerne lescirculateurs à rotor noyé utilisés dans les installations de chauffageou de climatisation qui font circuler leau chaude ouglacée. Cette initiative nous a permis de faire valoirauprès de notre clientèle dinstallateurs les amélio-rations en termes de performances de nos produits.Cela peut également apporter plus de clarté à leursclients maîtres douvrage (collectivités territoriales,office de HLM…), exploitants ou particuliers.Pourquoi cette labellisation porte seulement sur lescirculateurs ?Parce quils sont compacts, il est plus facile dedéter-miner leur rendement et leur performance énergé-tique. Par ailleurs, ils représentent 6 % de la consommation totaledélectricité dans le secteur résidentiel et comptent parmi les touspremiers postes de consommation électrique dun foyer. Pour lesbâtiments plus importants, lorsquon additionne pompes et circula-teurs, leur consommation atteint 13 % de la consommation délectri-cité du secteur collectif.Dailleurs, la Commission Européenne sest inspirée de nos travauxpour la directive EUP (Energy Using Product), qui conforte le critèrede performance EEI (Energy Efficiency Index). Dici 2013, tous lescirculateurs devront avoir un EEI inférieur à 0,27, ce qui correspondau niveau A de notre label, puis en août 2015 un EEI inférieur à0,23.Quest-ce que cela représente comme économie dénergie ?Globalement, le label A correspond à une économie dénergie deplus de 60 % par rapport à celle dun circulateur de label D.Si lon considère le secteur résidentiel, le parc installé de circula-teurs dune puissance inférieure à 250 W se situe en moyenne auniveau D, soit une consommation annuelle à lunité de 550 kWh,contre 174 kWh pour les produits de classe A. Si lon remplaçaittout le parc par ces derniers, on économiserait plusde 5,6 TWh, soit la consommation totale délectricitédans le résidentiel de la ville de Paris.Dans le collectif, la moyenne des appareils, dunepuissance supérieure à 250 W, se situe au niveauC, soit une consommation annuelle de 2 500 kWh.Avec 950 kWh par an le niveau A consommeraitdeux fois et demi moins.Dici 2013, vous devez donc renouveler toutevotre gamme ?Sur le marché de lindividuel, 5 à 8 % de nos pro-duits sont de label A. La proportion monte à 15 %pour le marché du collectif. Cest donc un effort important que nousdevons mener en matière de développement.Il est indispensable pour nous de maintenir nos efforts de com-munication auprès de nos clients pour leur montrer lintérêt de telsproduits, notamment en matière de retour sur investissement.Pièce d’identitéCréée en 1890 par Emile Salmson,lentreprise est spécialisée dansla conception et la fabrication desystèmes de pompage et compteparmi les leaders sur le marchéfrançais des pompes et circula-teurs. Salmson intervient dans 5grands secteurs : le captage et lasurpression, le génie climatique, lerelevage et lassainissement, lin-dustrie et les OEM (Original Equip-ment Manufacturer).« Si lon remplaçait toutle parc par des produitsde classe A, onéconomiserait plusde 5,6 TWh, soit laconsommationtotale délectricité dansle résidentiel de la villede Paris. »« Un label pour promouvoir lefficacité énergétiquede nos produits »Dici 2013, tous les circulateurs installés devront atteindre le niveau A du label énergétiqueinstauré volontairement par les fabricants européens de pompes. À la clé des économiesimportantes dénergie. Entretien avec Corinne Arpin, responsable prospectives chez Salmson,en charge des relations institutionnelles.11
    • Ateliers des JanvesVos installations consomment-t-elles beaucoup dénergie ?Oui, elles consomment beaucoup délectricité car nous travaillons lemétal à 1 200°C. Autant dire que réduire la consommation déner-gie est un casse-tête pour nous. Les solutions alternatives de typecogénération, biomasse, éolien ou photovoltaïque sont sans rapportavec nos besoins.Pourtant vous avez réussi à réduire votre consom-mation dénergie ?Cest exact. Nous utilisons des aciers microalliésbainitiques. La composition de ces aciers permetune transformation métallurgique dite à la chaleur des forges, cest-à-dire en milieu ambiant, ce qui évite le traitement thermique aprèsle travail du métal.Concrètement, les pièces forgées circulent dans des bains sur destapis dont la vitesse de défilement est programmée en fonction despropriétés mécaniques que nous souhaitons obtenir.Est-ce une innovation récente ?Dans le monde de la métallurgie, les innovations napparaissentpas tous les ans, comme dans la téléphonie. Ce procédé date dunevingtaine dannées. A lorigine, il a séduit les entreprises parce quiloccupait moins de place et permettait de réduire le coût de la piècede 10 à 20 %, ainsi que les délais, puisquon ne dépend plus descycles des installations de traitement thermique.Dans le contexte de développement durable actuel, la réduction dela consommation dénergie est évidemment devenue une priorité.Pourquoi ce procédé nest-il pas généralisé ?Dabord, le poids de lhistoire compte : on ne change pas ses pro-cédés et ses savoir-faire du jour au lendemain. Ensuite, le procédénest pas adapté à toutes les applications. Nous avons choisi denous spécialiser dans les produits permettant lutilisation de cesaciers. Aujourdhui, nous sommes la seule forge française à ne plusrecourir du tout au traitement thermique.Quelles sont vos autres actions dans le domaine du développementdurable ?Nous avons beaucoup travaillé sur nos déchets :matière, eaux usées, résidus de boues délectro-lyse… Aujourdhui, 99 % de nos déchets sont valori-sés et nous avons été la première forge française àobtenir la certification ISO 14001.Globalement, la profession est-elle sensibilisée au développementdurable ?Absolument. En témoignent les thèmes qui sont traités dans notrejournal “La Forge” : dans chaque numéro, nous abordons au moinsun sujet lié au développement durable. Et il existe de réels effortsdes forges, notamment pour réduire les quantités de déchetsproduites.Pièce d’identitéLes Ateliers des Janves sont ungroupe comprenant deux sociétés :lune de 230 salariés spécialiséedans la forge, avec notammentla fabrication de bielles ; lautrecomptant 95 employés usinant despièces moteur. Le groupe travaillepour des motoristes des secteursautomobile, poids lourds, travauxpublics, engins agricoles et “offroad”.« Réduire la consom-mation dénergie est uncasse-tête pour nous. »« La seule forge française à ne plus recourir du toutau traitement thermique »Les aciers microalliés bainitiques permettent dobtenir des qualités mécaniques sans traitementthermique. A la clé : des économies dénergie. Entretien avec Patrick Sergeant, Président desAteliers des Janves.
    • La lutte pour la protection de l’environnement est lancée depuis longtemps en France. La réduction des émissionsdes gaz à effet de serre compte parmi les priorités. Ainsi, la France est lun des rares pays à respecter les objectifsdu Protocole de Kyoto. Lindustrie française a réduit de près de 30 %* ses émissions depuis 1990.Dans le domaine de leau, il sagit de respecter la directive cadre qui vise au bon état écologique et chimique desmasses deau dici à 2015, en limitant les rejets des substances dangereuses.La diminution des déchets par valorisation fait partie des préoccupations des mécaniciens (mise en place de filièreset de recyclage des produits sous la responsabilité élargie du producteur).Les mécaniciens sont fournisseurs de technologies-propres, d’écotechnologies** et écoconçoivent. Le projet decaptage et de stockage du gaz carbonique qui servira aux industries fortement consommatrices dénergie (sidérurgie,pétrochimie, papeterie…) est un moyen de limiter les émissions dans l’air. Des dispositifs de production sontaménagés pour limiter les rejets deffluents** et des unités de traitement de lair intérieur sont installées pour assainirles ambiances de travail.Les technologies propres interviennent également sur les process. Objectif : travailler en amont pour que les rejets àtraiter soient les plus limités possibles.Autant de domaines dans lesquels agissent les entreprises de la mécanique.Entretiens avec :• Christophe de Amorim, chef de projet chez Ponticelli.• Philippe Paelinck, directeur du développement captage et stockage de CO2chez Alstom Power.• Louis-Marie Girard, P-dg dHytec Industrie.• Jean-François Merle, directeur du marketing et du développement chez Delta Neu.Entreprises adhérentes de la FIMIII. Réduire les émissions polluantes*Source : Citepa (inventaire CCNUCC, Format "plan climat" -décembre 2009)**cf. lexique page 28
    • Ponticelli« La première expérimentation de captageEn quoi consiste le projet Total de captage/stockage du gaz carbo-nique à Lacq ?Depuis une cinquantaine dannées, le groupe Total (ex-ELF)exploite les gisements de gaz naturel de Lacqet sa région. Cette exploitation est appelée à seterminer d’ici 2012. Le groupe a décidé de convertirà l’oxycombustion lune des cinq chaudières deproduction de « vapeur sous pression » existantesde la plate-forme, pour pouvoir capter plusfacilement le gaz carbonique, le comprimer et letransporter jusquà un lieu de stockage. La vapeurproduite par ce pilote est revendue par Total auxentreprises utilisatrices présentes sur le site. Ilsagit de la première expérimentation de ce type en France.Pouvez-vous nous décrire le procédé ?Loxycombustion permet de récupérer de leau et du gaz carboni-que à partir de la combustion de gaz naturel et de di-oxygène pur.Ce dernier est nettoyé, séché, puis comprimé à 25 bars, avantdêtre acheminé vers le puits. A proximité de la tête de puits, il est ànouveau comprimé pour être enfoui à 4 500 mètres de profondeur àune pression de 55 bars.Quels risques présente le stockage du gaz carbonique ?Ils sont minimes comparés à ceux dun stockage de gaz. Dabordla pression est nettement inférieure : 80 bars (en fin d’expérimenta-tion) contre 500 pour le gisement de gaz à lorigine. Ensuite parceque le gaz carbonique est beaucoup moins dangereux que lhydro-gène sulfuré contenu dans le gaz naturel brut.En cas de rupture de la tête de puits, il faudrait rester dix minutes àmoins de dix mètres pour ressentir les premiers symptômes.Quel a été le rôle de Ponticelli ?Pour Ponticelli, ce projet « pilote » est une première. Il sagit dunprojet clé en main, mené avec deux entreprises de Lacq. Nousavons intégré les 4 brûleurs fournis par Air Liquide R&D dans lachaudière revampée par Alstom. Il sagit dune innovation technolo-gique majeure, puisque jamais un brûleur 100 % oxygène de cettetaille et de cette puissance navait été utilisé en conditions indus-trielles.Nous avons également réalisé la plate-forme de traitement et decompression du gaz carbonique ainsi que les travaux daménage-ment et linstrumentation de la conduite qui transporte le gaz carbo-nique jusquau lieu de stockage. Ce qui a posé desdifficultés puisque le puits de stockage est situéà 25 kilomètres de linstallation de captage. Tousles travaux ont été menés en respectant la chartesécurité environnement du groupe.Pourquoi Total vous a-t-il retenu ?Outre notre expertise, nous avions déjà travaillé surle site en 2005, dans le même schéma d’entreprisegénérale à lintégration de modules préfabriquésdans une unité en fonctionnement. Une opération réalisée en res-pectant les délais.Les installations ont-elles démarré ?Les travaux sont terminés, les premiers tests ont été réalisés avecsuccès. À ma connaissance, il ne manque plus que le feu vertadministratif pour laspect stockage.Pièce d’identitéAvec 5 000 salariés, Ponticelli estprésente partout dans le monde. Àlorigine spécialisée dans le mon-tage et lentretien des cheminéesindustrielles, lentreprise a évoluévers la tuyauterie industrielle et lamécanique pour devenir lun desprincipaux acteurs des servicesà lindustrie dans le domaine dupétrole, de la pétrochimie et de laproduction dénergie. Ponticelli estégalement reconnue pour ses acti-vités dingénierie.« Une innovation techno-logique majeure, puisquejamais un brûleur 100 %oxygène de cette taille etde cette puissance navaitété installé. »Alors que la part des énergies fossiles dans la consommation mondiale devrait se maintenirà environ 80 % et que la réduction des gaz à effet de serre devient indispensable, le captageet le stockage du gaz carbonique est promis à un bel avenir. Un premier projet a démarré en
    • Alstom Power/stockage du gaz carbonique en France »Pour Alstom Power, dans quel contexte sinscrit le projet de Lacq ?Ce projet sinscrit dans le développement des solutions de cap-tage et de stockage de gaz carbonique. AlstomPower participe déjà à six pilotes aux États-Unis, en France, en Suède et en Allemagne.Sagit-il dun axe de développement importantpour Alstom Power ?Cest un axe de développement très importantpour Alstom Power, même sil est encore troptôt pour estimer le marché potentiel dans la mesure où la techno-logie est en cours de développement.On peut penser que, à partir de 2020, toutes les nouvelles centralesau charbon devront être équipées dun système de captage et destockage. Cela dépendra bien sûr des accords internationaux. Mais,dune part, les experts du GIEC (Groupement Intergouvernementalsur lEvolution du Climat) estiment quà lhorizon 2050, il faudraavoir réduit de 80 % les émissions de gaz à effet de serre ;dautre part, la part des énergies fossiles devrait se maintenir à70 %. Le captage et le stockage du gaz carbonique apparaissentcomme lune des solutions pour atteindre les objectifs dedécarbonation*.Quelles sont les contributions dAlstom Power dans ce domaine ?Alstom Power est leader dans la fourniture de centrales clés enmain. Nous avons donc développé des solutions de captage surtoute la chaîne de production, jusquà la compression du gazcarbonique.Par ailleurs, nous avons établi un partenariat avec Schlumbergerqui soccupe de la caractérisation des réservoirs ainsi que ducontrôle de linjection et de létanchéité des réservoirs.Quel a été votre apport sur le projet de Lacq ?Nous avons transformé une ancienne chaudière pour quelle fonc-tionne en oxycombustion, cest-à-dire en utilisant loxygène commeagent de combustion. Nous en avons revu létanchéité et optimiséléchange de chaleur.Nous maîtrisons également une autre technologie de captage : lapostcombustion. Cette dernière consiste à traiter les fumées ensortie dune chaudière normale avec dessolvants pour récupérer le gaz carbonique.Quels sont vos projets ?Le premier pilote démarré aux États-Unis a étérécemment arrêté après deux années de testsintensifs. Les cinq autres fonctionnent.Nous validons maintenant la technologie à uneéchelle 30 à 60 MW. Nous envisageons de passer à 250 MW etnous prévoyons une première installation commerciale à lhorizon2015.Pièce d’identitéPrésent dans 70 pays, le groupeAlstom compte 80 000 salariés etréalise un chiffre daffaires de 18,7milliards deuros.Alstom Power est leader sur lemarché des infrastructures et desservices de production délectricité.Le groupe est numéro 1 mondialdans lhydroélectricité, dans la par-tie conventionnelle des centralesnucléaires, dans les systèmes decontrôle de la qualité de lair, dansles centrales gaz et charbon clésen main et dans le service aux pro-ducteurs délectricité.« On peut penser que, à partirde 2020, toutes les nouvellescentrales au charbon devrontêtre équipées dun système decaptage et de stockage. »France sur le site Total de Lacq auquel participent Ponticelli et Alstom Power. Explications deChristophe de Amorim, chef du projet chez Ponticelli et de Philippe Paelinck, directeur dudéveloppement captage et stockage de CO2chez Alstom Power.*cf. lexique page 2815
    • Hytec IndustrieQuel est le poids de la réglementation dans le traitement deseffluents industriels ?La réglementation reste le support principal aux actions de dépol-lution.Au-delà de la mise en conformité de l’activité et dubénéfice en termes d’image, la démarche d’anti-pollution préventive et de recyclage présente unimpact positif en matière de qualité et d’économied’eau.Comment le traitement des eaux industrielles a-t-ilévolué ?La majorité des installations de traitement d’effluentsest configurée de manière à respecter les valeurslimites de rejet auxquelles l’établissement est assu-jetti.Cependant, la notion de recyclage, en particulier de recyclage total(rejet zéro), oblige à se référer à d’autres critères. Dabord ladé-quation de la qualité de l’eau recyclée avec l’usage attendu, cettequalité pouvant être différente en fonction de l’utilisation. On peutcomprendre que les exigences seront plus importantes pour unrinçage de finition sur pièces sensibles que pour un rinçage aprèsdécapage ou dégraissage.Ensuite, dans une étape de rejet zéro liquide, une attention particu-lière doit être apportée à une réduction du volume de déchets nonvalorisables, à éliminer.Dans ce cas, le principal objectif n’est plus le respect d’une valeurréglementée de polluants dans l’effluent traité, mais plutôt la dimi-nution de la salinité du milieu. Il s’agit là de réduire la quantité desels issus du process, tout comme ceux apportés par les réactifsde traitement.Cela veut-il dire que lon traite la question beaucoup plus en amont ?La première démarche consiste à retirer la salinité de l’eau bruteentrant dans le process, en privilégiant les solutions sobres enconsommation de réactifs.A cela s’ajoute la nécessité d’aménager les dispositifs de produc-tion pour diminuer les quantités d’eau utilisées (aménagements derinçage, sélectivité de la collecte pour faciliter le recyclage…).Quelles sont les avancées technologiques dans ce domaine ?En matière de traitement d’effluents, les avancées technologiquessont très progressives, et passent souvent par une combinaison desolutions. Les procédés de plus en plus sollicitéssont, à des titres différents : la séparation mem-branaire*, l’évapoconcentration* et le traitementbiologique.Ces solutions ont toutes en commun le faible re-cours à l’adjonction de réactifs chimiques.Les ruptures les plus pertinentes sont celles appor-tées par des procédés de substitution au niveau del’activité générant de la pollution.Exemple : le remplacement du décapage chimiquepar le décapage mécanique.Ces opportunités de ruptures technologiques sontrares, soit pour des raisons économiques, soit pour des raisons dequalité insuffisante.Pièce d’identitéCréée en 1988, Hytec Industrie estspécialisée dans la conception, laréalisation, la maintenance et laideà l’exploitation d’unités de traite-ment des eaux industrielles. Certi-fiée ISO 9001 et 14001, l’entreprisea mis en œuvre plus de 450 instal-lations, dont une trentaine à l’in-ternational. Elle intervient sur troisaxes principaux : traitement deseaux de process et d’utilités (filtra-tion, échange d’ions, osmose in-verse…) ; prévention des pollutionsau travers d’unités de recyclage(échange d’ions, séparation mem-branaire, évapoconcentration…) ;épuration des effluents liquides parvoie physico-chimique, biologiqueou par une association des techni-ques précédemment citées.« En matière detraitement d’effluents,les avancéestechnologiques sonttrès progressives, etpassent souvent parune combinaison desolutions. »« Lobjectif est de limiter la quantité de déchetsultimes »Rejet zéro liquide sur site : cest vers cet objectif que tend lindustrie en matière deffluentsindustriels. Ce qui suppose de traiter les problèmes très en amont, nous explique Louis-MarieGirard, P-dg dHytec Industrie.*cf. lexique page 28
    • Delta NeuComment votre entreprise contribue-t-elle au développement durable ?Nos produits contribuent à améliorer les conditions de travail dessalariés de nos clients, en éliminant les poussières, les déchets, lescopeaux, les chaleurs excessives, les vapeurs oules odeurs, au sein dateliers, dentrepôts ou sur dessites à ciel ouvert.Par ailleurs, nos solutions visent à diminuer, voiresupprimer les nuisances qui pèsent sur lenviron-nement. Par exemple, notre application de trans-fert pneumatique des déchets permet de capter,déchiqueter et transporter les déchets pour mieuxles éliminer.Les préoccupations croissantes en matière de déve-loppement durable ont-elles modifié votre stratégie ?Dabord nous nous appliquons à nous-même lesprincipes du développement durable. Ensuite, lessolutions que nous vendons à nos clients, à basede moteurs électriques, de variateurs de vitesse, dair compriméconsomment de lénergie et émettent des gaz à effet de serre.Nous utilisons donc lécoconception pour développer tous nosnouveaux produits, et nous retravaillons notre gamme.Enfin, nous avons une nouvelle approche de la consommationénergétique de nos installations pour optimiser lefficacité de nosproduits de manière à produire un air le plus sain possible. Il sagitde conjuguer efficacité et développement durable.Concrètement, comment cela se traduit-il pour vos clients ?Je vais vous donner quelques exemples. En employant des mo-teurs à haute performance et des variateurs, nous leur permettonsde réduire leur consommation dénergie. Cela peut donner droità des certificats déconomie dénergie qui permettent dobtenirdes subventions. Autre exemple pour les circuits dair comprimé,lutilisation de séquenceurs électroniques permet de nettoyer lesépurateurs de façon intelligente, cest-à-dire uniquement lorsquilssont colmatés.Le concept de développement durable vous ouvre-t-il de nouveauxmarchés ?De nouveaux marchés sont en train de souvrir à mesure queprogressent les normes, les réglementations ou lesincitations fiscales. De plus en plus de clients nousréclament des diagnostics énergétiques et, pourchaque offre, nous indiquons la consommation éner-gétique de base, avec les options possibles pourréduire encore plus cette consommation.Faut-il sattendre à des innovations technologiques ?Il ne sagit pas de révolutions technologiques. Noustravaillons, dune part, sur nos matériaux (peinturecontenant moins de produits chimiques, acier conte-nant au minimum 30 % de matières recyclables…)et, dautre part, sur notre méthode dinstallation,avec notamment la position du ventilateur, pourobtenir de meilleurs rendements.Nous innovons également dans le rafraîchissement dair avec unsystème déchangeur cellulosique mouillé. Lair passe à traversce qui le refroidit, sans utiliser les gaz nocifs dune climatisationclassique tout en divisant le coût de linvestissement par 3 et celuidexploitation par 8.Pièce d’identitéSpécialiséeàloriginedanslecondi-tionnement dair, la filtration et ledépoussiérage, notamment danslindustrie textile, Delta Neu portetoujours le nom de son créateur :Henri Neu. Spécialiste de laérau-lique, lentreprise compte quatredomaines dactivités : ventilation in-dustrielle, transfert pneumatique dedéchets, dépoussiérage, filtration.Elle emploie 220 personnes répar-ties dans 13 agences en France etdes filiales ou des bureaux partoutdans le monde.« Notre nouvelleapproche de la consom-mation énergétique denos installations vise àoptimiser lefficacité denos produits de manièreà produire un air le plussain possible. Il sagit deconjuguer efficacité etdéveloppementdurable. »« Améliorer les conditions de travaildes salariés »Améliorer la qualité de lair en milieu industriel. À son activité originelle, Delta Neu ajoute unimpératif defficacité énergétique. Entretien avec Jean-François Merle, directeur du marketinget du développement.17
    • Pour répondre aux défis de demain sur la réduction des émissions (eau, air, bruit), de la consommation d’énergiemais aussi sur la valorisation des déchets, les entreprises de mécanique accordent une part de plus en plusimportante de leur budget à la R&D directement liée à la performance énergétique et environnementale. Leurssyndicats professionnels soutiennent activement leur démarche participant à la création de labels et à la signaturede chartes en faveur de la protection de l’environnement. Lintégration des évolutions réglementaires constitueégalement l’une de leurs priorités.L’écoconception est lun des moyens mis en œuvre pour notamment limiter les rejets de gaz à effet de serre lors dela fabrication ou de lutilisation des équipements, réduire la consommation de matière…La mise en place de systèmes de collecte et de traitement des équipements en fin de vie ou encore le traitement desrejets et des effluents sont autant d’exemples d’actions mises en place pour revaloriser les déchets.La performance énergétique est au cœur de la stratégie des entreprises mécaniciennes tant pour réduire leurconsommation dénergie propre que celle consommée par leurs clients, industriels ou particuliers.Outre ces trois grands thèmes, l’aspect sociétal et humain constitue également un enjeu majeur du développementdurable au travers de la maîtrise de la santé et de la sécurité au travail par les entreprises.Démonstration au travers de trente actions exemplaires.IV. 30 actions exemplaires
    • Ecoconcevoiret développer destechnologies propresArtemaLa démarche « Impact Environnementdes Produits »Artema, Association des roulements, destransmissions, de létanchéîté et de lamécatronique associée, a mis en placeune démarche stratégique « Impact En-vironnement des Produits ». Un comitéde pilotage a été constitué et travailleplus particulièrement sur la performanceénergétique. Pour atteindre l’optimisa-tion environnementale d’une machine oud’une ligne de produit, l’approche compo-sant par composant souvent inadaptéedoit être remplacée par une démarche deconception et de fabrication d’ensemble.Ainsi, Artema élabore une méthodologieprofessionnelle globale pour permettreà l’ensemble des utilisateurs, quelle quesoit la technologie utilisée, de suivre unparcours qui les aide à dimensionner defaçon systématique leurs besoins et àmaintenir la performance tout au long del’exploitation.Association Française de ForgeDownsizing, produits blancs,thixoforgeage…Pour protéger l’environnement, les forge-rons poursuivent des actions de R&D surdifférents secteurs. Les techniques deforge permettent le « downsizing » descomposants visant à alléger les équipe-ments grâce à des composants mécani-ques plus performants et plus légers. Lesproduits dits « blancs » facilitent la miseen forme du métal dans les outillages etleurs vapeurs, moins nocives protègentl’environnement et la santé humaine. Lesprocess sont réétudiés pour réduire lescycles de production et préserver les res-sources. Les traditionnels traitementsthermiques des aciers ont évolué avecleur composition chimique pour supprimerle revenu qui s’effectue dans la chaude deforge par refroidissement contrôlé. Lethixoforgeage, qui consiste à rendre pâ-teux le cœur de lopins de métal encore «fermes » à l’extérieur, connaît égalementdes développements prometteurs par lehaut rendement matière et les nouvellesformes réalisables sans enlèvement dematière.CoventyaRéduire les émissions de CO2desinstallations de traitement de surfaceL’entreprise Coventya mène divers tra-vaux pour développer des solutions deréduction des émissions de CO2des ins-tallations de traitement de surface. Denombreuses initiatives peuvent s’adapterà nombre d’entreprises. Exemple : Lesdégraissages basse température qui enréduisant de 20°C la température d’utili-sation permettent de réduire de 50 % lesémissions lors du chauffage et 36 % desémissions pour le maintien en tempéra-ture. La diminution des températures deséchage des finitions  et l’utilisation desécheur à forte ventilation réduisent cestempératures et donc les émissions deCO2. D’autres technologies ont permisd’améliorer les rendements énergétiquesdes installations de traitement de surfaceet prochainement les pompes à chaleurremplaceront les groupes réfrigérants.Dufieux Industrieinvente lusinage écologiqueZéro émission, zéro produit nocif, 100 %des déchets recyclables et valorisés :tel est le bilan écologique de la solutiond’usinage mécanique pour panneaux finsdouble courbure, baptisée MMS (MillingMirror System). MMS est né dun projetcommun dAirbus et de Dufieux Indus-trie soutenu par le programme Life de laCommission Européenne, pour rempla-cer lusinage chimique. En service depuis2007, 6 machines produisent en 3 x 8,7 jours sur 7 pour Aerolia, offrant de nou-velles perspectives en termes de designdes pièces avec un très haut niveau deproductivité, disponibilité et qualité.Meyer FranceLadiabatique, la découpe propreCette innovation est en passe de boule-verser la technique du découpage indus-triel : le découpage adiabatique (décou-page à grande vitesse) permet de réduirede 10 % la consommation matière et desupprimer tous les lubrifiants, les produitsde dégraissage requis pour les procédéstraditionnels. Rappelons que le principede la découpe adiabatique repose sur unphénomène physique connu depuis lesannées 40 résultant dune forte élévationde température dans un laps de tempstrès court et dans un volume de matièretrès limité.PCM EcoMoineauUne pompe écoconçueUne pompe moins encombrante, néces-sitant moins de matières premières poursa fabrication, moins d’énergie pour sonutilisation et à la maintenance simplifiée :EcoMoineau est la première pompe à visexcentrée née dune démarche décocon-ception. Un outil parfait pour les appli-19
    • cations industrielles en espace restreint,puisquil nécessite un dégagement deseulement 70 mm.La pompe est 40 % plus légère que sessœurs de la précédente génération.Enfin, elle anticipe la Directive européen-ne concernant les produits utilisateursd’énergie (European Energy-using Pro-ducts - EuP).ProfluidLa robinetterie bâtiment-sanitaireécoconçoitL’Association française des pompes etagitateurs, des compresseurs et de larobinetterie, Profluid, réalise une veilletechnique sur l’ensemble des projets rela-tifs à l’écoconception. En tant que produitde construction dit « du second œuvre »,les industriels du secteur de la robinet-terie bâtiment-sanitaire font l’objet dedemandes fortes en produits écoconçus,aux performances environnementalesoptimisées, notamment dans la réponseaux appels d’offres pour des bâtimentsHQE®(Haute Qualité Environnementale).Profluid a sollicité le Cetim pour appliquerla méthodologie d’écoconception aux or-ganes de robinetterie bâtiment-sanitaire.Des lignes directrices d’écoconceptionont ainsi été définies pour chaque aspectenvironnemental. Ces résultats ont étéformalisés dans une charte qui engageles adhérents à écoconcevoir certains deleurs produits et à les évaluer au moyend’indicateurs pertinents.SleeverDes solutions d’emballage durableLe groupe Sleever propose le BIOSLEE-VE®une solution d’emballage entièrementbiodégradable et recyclable réalisé à par-tir de PLA (polyacide lactique) issu dematières premières végétales. D’originenaturelle, ces emballages ont l’avantaged’être complètement compostables.Par ailleurs, le groupe contribue à la poli-tique active de recyclage des emballagesPET (polyéthylène téréphtalate) au planmondial avec le PETSLEEVE®une famillede films TPE-G qui révolutionne le recy-clage valorisé des bouteilles PET.PETSLEEVE®est aujourd’hui la seule so-lution d’habillage PET au monde dont lerecyclage soit homologué. Ainsi, Sleeverest référencé par plusieurs organismesofficiels de recyclage en Suède, Allema-gne, Royaune Uni…Tournus ÉquipementSensibiliser les installateurset les utilisateursSpécialisée dans les équipements en inoxpourlescuisinesprofessionnelles,TournusÉquipement a conçu cinq fiches sur sadémarche écoresponsable en directiondes installateurs, des prescripteurs et desutilisateurs en collectivités publiques. Ony apprend que lentreprise a réalisé sonbilan carbone et quelle intègre dans sesproduits un acier entièrement recyclableet dont la fabrication limite les rejets degaz à effet de serre. En outre, les fichesdonnent des conseils à leurs destinatairessur les méthodes pour moins consommeret bien recycler les produits de TournusÉquipement.UNMNorme NFE 01-005 : La premièrenorme sur l’écoconception adaptée àla mécaniqueIssue d’une méthodologie développée parle Cetim, la norme « Produits mécaniques- Méthodologie décoconception » permetaux industriels de la mécanique d’intégrerl’environnement dans la conception deleurs produits. Grâce à cet outil pragmati-que les mécaniciens peuvent s’interrogersur leurs produits, leur composition, laconsommation d’énergie qu’ils génèrent,leur taux de recyclage… Cette normeapporte des gains non négligeables enmatière d’impact sur l’environnement,tout en respectant les contraintes tech-nico économiques. Prochaine étape : letransfert de la norme au plan européen.Revaloriserles déchets industrielsArtemaValoriser les meuluresde rectificationL’environnement tient une place stratégi-que chez les industriels du roulement. Enplus d’être certifiées ISO 14000, les en-treprises de la profession travaillent à lavalorisation des « meulures de rectifica-tion » aux côtés d’Artema, Associationdes roulements, des transmissions, del’étanchéité et de la mécatronique asso-ciée. Grâce aux résultats de cette étude,la profession a pu obtenir que les meulu-res soient classées en « déchets nondangereux ». Résultat : les meulures sontvalorisées dans les industries utilisatricesafin que des solutions écologiques et éco-nomiquement viables soient trouvéespour participer à l’effort global pour l’envi-ronnement.BWT France (Permo)Des écosolutions pour traiter leau
    • Spécialisée dans le traitement de leau,Permo, filiale de Best Water Technology,développe des écosolutions qui permet-tent de réduire les quantités de réactifs etde produits consommables, de recyclerdes rejets ou de réduire le coût de trai-tement. Ainsi, Ecovap est un procédé detraitement des eaux de chaudières vapeurbasse et moyenne pression permettant,outre une économie de 10 à 40 % descoûts de traitement, de diminuer les rejetsen produits chimiques. Parmi les autresécosolutions de Permo : le recyclage derejets dosmose, lutilisation de floculants,la régénération à contre-courant, les dé-gazeurs membranaires, le traitement parfiltration des eaux pluviales.FFMIUn label et une chartepour le matériel d’incendieParmi les différentes actions, la Fédéra-tion française du matériel d’incendie asigné une charte environnementale vi-sant à assurer une gestion responsabledes produits issus de la maintenance desextincteurs. Elle encadre les activités derécupération, stockage, recyclage et des-truction dans le respect de l’environne-ment et de la réglementation.Second exemple en matière de détectiond’incendie ; les professionnels du secteuront créé le label de qualité « Qualdion »qui couvre les opérations des sociétés dedépose des détecteurs ioniques. Objectif :apporter une seconde garantie à l’utilisa-teur final en encadrant l’élimination de cesdéchets radioactifs tout en satisfaisantaux critères du développement durable.Comité mécaniqueGecoddem : « écotechnologieset gestion collective des déchetsdangereux de la mécanique »L’opération Gecoddem lancée par le Co-mité Mécanique Nord - Pas-de-Calais(UIMM, FIM, Cetim) vise à accompagnerles entreprises depuis le traitement desdéchets dangereux jusqu’à leur réduc-tion à la source. Comment ? : en orga-nisant des opérations de sensibilisationau respect de la réglementation et à laconnaissance des technologies existan-tes en matière de réduction et de valori-sation des déchets. Une opération qui sedéroule en deux étapes : un état des lieuxet suivant le volume de déchets constaté,l’organisation d’une gestion collective oul’intégration de technologies propres ausein même de l’entreprise.LarocheRecycler les textilesLaroche fabrique des machines pour re-cycler des textiles (déchets de matièrespremières, fils, tissus ou vêtements), oùil occupe une place de leader mondialpour cette technologie. Première étape,l’effilochage effectué par un procédé mé-canique dont la consommation d’énergiedépend du diamètre des rouleaux de tex-tiles. L’entreprise a, ainsi, développé unprocédé qui permet de réduire le diamètreet d’optimiser la force mécanique par desvariateurs de vitesse. Seconde étape, unefois la matière recyclée, Laroche la valo-rise par la fabrication de nontissés auxutilisations variées dans le secteur auto-mobile ou le bâtiment. Exemple : Larocheorganise avec Célio et Emmaüs France,une collecte de jeans qui sont effilochéspuis recyclés sous forme d’isolants ther-mo-acoustiques pour le bâtiment.SNAS – FIM-ACRecycler les abrasifs usagésen fin de vieLes abrasifs usagés ne sont pas classésDéchets Industriels Dangereux, mais uneétude récente a montré que ces déchetssont non inertes. Ainsi, leur stockage enmilieu naturel risque d’entraîner à termedes pollutions. Les fabricants de produitsabrasifs proposent une filière fiable per-mettant aux utilisateurs industriels d’abra-sifs de répondre à leurs obligations envi-ronnementales (ISO 14000 et code del’environnement). En assurant une reva-lorisation des matières abrasives, cettefilière redonne une seconde vie aux grainset contribue à préserver les ressourcesnaturelles.SymopLe Collectif soudage traiteles équipements en fin de vieDans le cadre de l’application de la direc-tive 2002/96/EC du 27 janvier 2003 relati-ve aux déchets déquipements électriqueset électroniques (DEEE), les producteursd’équipements électriques de soudage,réunis au Symop (Syndicat des entrepri-ses de technologie de production), ontmis en place un système de collecte etde traitement de leurs équipements enfin de vie : le Collectif soudage. Basé surleur réseau de distributeurs, ce systèmefavorise la prise en compte par les four-nisseurs de matériels eux-mêmes des as-pects environnementaux tout au long ducycle de vie de ces équipements.UITSRéduire les concentrationsen métaux lourds dans les effluentsL’Union des industries de traitementsde surface (UITS) prend part depuis denombreuses années à des programmesde recherche dans le domaine du déve-loppement durable. Elle a ainsi piloté, enpartenariat avec le CEA, le programme derecherche CENEC ou Chaîne d’Epurationpar Nanofiltration et Electro Capture.Ce programme innovant, dont l’objectifest de réduire les concentrations en mé-taux lourds dans les effluents, combine21
    • une étape de nanofiltration et une étapede capture sélective des métaux sur poly-mères fonctionnalisés.Optimiser l’efficacitéénergétiqueAllianceRéduire la consommation d’eaudes procédés de teintureAlliance, constructeur de machines deteinture de tissus, a imaginé, avec lesoutien d’OSÉO, une technique moinsconsommatrice d’énergie pour les tissusd’ameublement. Objectif : réduire le rap-port entre le poids du tissu et le volumed’eau utilisé et chauffé. Cette techniqueconsiste à enrouler le tissu sur un ma-drier qui tourne dans la cuve de teinture.Celle-ci peut être remplie à moitié, le tis-su venant par son mouvement circulairetremper dans le bain. Quant à l’énergienécessaire pour faire tourner le madrier,elle est extrêmement faible. Grâce à ceprocédé, une entreprise a, par exemple,pu réduire la quantité d’eau utilisée de1 500 à 500 litres pour teindre 150 kilosde tissus. Par ailleurs, l’énergie consom-mée a été réduite proportionnellement demoitié.Atlas CopcoLes premiers compresseurs« carbone zéro »Cest une première mondiale : les com-presseurs d’air exempts d’huile refroidispar eau avec système de récupérationd’énergie intégré dAtlas Copco sont lespremiers à bénéficier de la certificationTÜV « consommation énergétique nettezéro ». En effet, jusquà 100 % de la puis-sance électrique consommée pendant lacompression peut être récupérée sousforme d’eau chaude.Ces compresseurs « carbone zéro » inté-ressent tout particulièrement les indus-tries utilisant d’importantes quantitésdeau chaude et de vapeur, telles quel’agroalimentaire, la pharmacie, la chimie,la pétrochimie ou l’industrie textile.BonfiglioliAugmenter le rendementd’une installation photovoltaïqueBonfiglioli, entreprise de la mécanique detransmission de puissance et de la mé-catronique intervient sur l’une des plusgrandes installations photovoltaïques dumonde.Sur le site de Puertollano en Espagne,les 475 onduleurs Vectron RPS 450 d’unepuissance de 46 Mw transforment le cou-rant continu produit par 350 000 panneauxphotovoltaïques en courant alternatif. Laproduction annuelle du site est de plus de66 gigawatt/heure.Grâce à des motoréducteurs et des va-riateurs de fréquence, les systèmes de« tracking » développés par Bonfigliolipermettent de suivre les mouvements dusoleil pour augmenter le rendement del’installation photovoltaïque.FayatUn enrobé plus vertLa production des 40 millions de tonnesannuels denrobés en France consommebeaucoup d’énergie lors des phases deséchage et de chauffage des granulats.En effet ceux-ci contiennent de 2 à 5 %d’eau en général, ce qui rend impossiblel’enrobage avec du bitume qui est hydro-phobe.Le groupe FAYAT a développé des équi-pements qui diminuent les émissions deCO2et la consommation d’énergie delordre de 30 à 40 %. La production deces enrobés devrait connaître une rapidecroissance pour que les entreprises deconstruction respectent les engagementsambitieux signés entre la Fédération desTP et le MEEDDM en mars 2009.FestoLair comprimé sous haute surveillancePartant du principe que 15 à 40 % descoûts indirects dune unité de productionsont imputables à la maintenance et auxréparations, Festo a mis au point un sys-tème qui mesure la pression, le débit et laconsommation dair comprimé par cycledune installation industrielle, pour repé-rer les dérives et optimiser son efficacitéénergétique. Un système quelle utilisedans son unité de fabrication de distribu-teurs. Par ailleurs, la société construit leplus grand système solaire en Europe deconditionnement dair pour son siège àEsslingen (Allemagne).Siam RingspannLa mécatronique au servicede la performance énergétiqueAssocier mécanique, électromagnétismeet électronique : cest ainsi que SiamRingspann a conçu un frein mécatroni-que de sécurité. Ce dernier pèse moinsde 7 kg et le serrage par ressort intervienten 130 ms. En ouverture statique, il neconsomme que 12 W et il supporte 600fermetures à lheure. Parmi les nombreu-ses applications : le maintien des chargessuspendues dans le domaine de la manu-
    • tention, la sécurité des fours de cimente-rie ou le blocage des éoliennes.SMLe comptage individualisédes frais de chauffageL’individualisation des frais de chauffa-ge permettrait de réaliser environ 15 %d’économies d’énergie. Le Syndicat dela Mesure travaille activement avec leMEEDDM à l’extension de la mise enplace de la répartition des frais de chauf-fage dans les bâtiments. D’importantsefforts industriels ont été réalisés dans laconception des appareils de mesure desorte que la nouvelle génération soit plusperformante et permette la « télérelève ».Le Syndicat de la Mesure participe éga-lement aux travaux réglementaires dansle but de faire évoluer les textes jugésobsolètes et de développer des normesadaptées dans ce domaine.SMCDétecter les fuites d’air compriméLa production d’air comprimé représenteenviron 20 % de la consommation éner-gétique dans une usine. Les audits réali-sés par des spécialistes de SMC ont révé-lé qu’en moyenne 20 % de l’air compriméutilisé était perdu dans les fuites. Stopperles machines pour procéder à des opéra-tions de maintenance et de surveillancede fuites n’est pas la priorité des entrepri-ses. C’est pourquoi SMC a développé desservices, outils et solutions pour optimiserl’efficacité des équipements de productionet réduire la consommation d’énergie. Parexemple, un système d’embase compo-sée dun débitmètre et dun distributeurest installé sur le conduit dalimentationdair principal de la machine. Grâce à unlogiciel, le distributeur interagit sur la ma-chine et les circuits d’air comprimé sontsurveillés individuellement.Maîtriser la santéet la sécurité au travailCetimLes clés d’une bonne préventionen matière de TMSEnjeu économique et social d’importanceles TMS (troubles musculo-squelettiques)sont, en France, la première cause demaladie professionnelle reconnue. A lademande des industriels mécaniciens,le Cetim sest mobilisé sur ce thème eta rédigé un ouvrage pratique sur l’ergo-nomie au poste de travail. Il propose auxindustriels concepteurs ou utilisateurs demachines, les éléments pratiques néces-saires à une démarche participative deprévention et recense des solutions ergo-nomiques.Cet ouvrage sert de guide pour analyserles situations de travail, en déduire les im-pacts sur la santé des collaborateurs.CismaErgonomie des machines :limiter les vibrations des engins demanutentionLes fabricants d’équipements mobiles demanutention portent une attention parti-culière à l’ergonomie des machines. Dèsleur conception, les bureaux d’études in-tègrent les paramètres ergonomiques etconçoivent la machine autour de l’opéra-teur.En plus d’appliquer la norme EN 13059relative à la mesure des vibrations àl’ensemble du corps, des fabricants duCisma, syndicat des équipements pourla construction, les infrastructures, la si-dérurgie et la manutention ont collaboréà l’étude INRS sur la comparaison duniveau vibratoire des machines d’unemême gamme pour permettre aux entre-prises utilisatrices d’envisager les mesu-res nécessaires pour limiter les sourcesde vibration, cause des troubles musculo-squelettiques chez les travailleurs.FivesUne action pour l’environnementet le management de la santé sécuritéSur les chantiers de ses clients commesur ses propres sites, Fives a mis au cœurde sa stratégie et de sa gestion de projetla maîtrise des enjeux environnementaux,de santé et de sécurité.La sécurité est undes axes prioritaires du groupe au titre dela Responsabilité Sociale d’Entreprise.Fives a intégré dans son programmed’actions le déploiement d’outils et depratiques pour maîtriser la sécurité et mi-nimiser l’impact de ses activités sur l’envi-ronnement. L’organisation Santé SécuritéEnvironnement est décentralisée dans lessociétés du groupe et adaptée aux spéci-ficités de chacune.Ainsi, un chantier de plus de 6 millionsd’heures travaillées en Egypte a pu êtreréalisé sans aucun accident de travailavec arrêt.SFS IntecLa maîtrise du risque chimiqueLa maîtrise du risque chimique constitueun axe prioritaire du travail HSE de SFSIntec, fabricant de fixations mécaniquesqui traite simultanément les différentsaspects en termes de responsabilité so-ciétale et de réglementation. Outre lestravaux déjà menés et rassemblés dansle Document Unique d’Evaluation desRisques de l’entreprise, le personnel seraformé sur la nouvelle classification dessubstances et le risque chimique immé-diat et en différé sera pris en compte dansles fiches d’exposition des salariés. Lessystèmes de protection à la source et in-dividuels seront également améliorés.23
    • Le défi climatique apparaît comme le plus urgent à relever. La question de la production dénergie estposée. A cela sajoute la raréfaction des matières premières qui va obliger les mécaniciens à repenserleurs produits et leurs procédés. Cest tout lenjeu de lécoconception et de lécoproduction qui doiventégalement intégrer la gestion des risques. Tour dhorizon des grands défis environnementaux que doitrelever la mécanique.V. Et demain ?
    • Relever le défi de lénergie« Dès quil existe un mouvement, des masses sont en jeu et donc de lénergie cinétique.Science du mouvement, la mécanique a un rôle déterminant à jouer sur la question delénergie. » Pour Michel Combarnous, membre de lacadémie des technologies, la méca-nique se trouve placée au cœur dun défi énergétique qui apparaît comme lun des enjeuxmajeurs du développement durable. Et ce, à plusieurs titres. Si dans les trente prochai-nes années les énergies fossiles restent dominantes dans la consommation énergétiquemondiale, il devient indispensable de réduire les émissions de gaz à effet de serre danslatmosphère. Doù lintérêt de « la capture et du stockage du carbone, qui appellentdes analyses mécaniques de la tenue et de l’étanchéité à long terme des réservoirssouterrains de stockage du gaz carbonique et du comportement des aquifères profonds,indispensables à l’acceptabilité sociale du procédé », remarque Jean Salençon, de lAca-démie des Sciences.La mécanique est impliquée dans le développement des énergies renouvelables. Ainsi,« elle est très présente dans le domaine de léolien», remarque Pierre Devalan, anciendirecteur de lagence de programme du Cetim. « Ce secteur implique notamment desdéveloppements en mécatronique, car lhybridation des technologies est importante, afinde gagner en fiabilité et faciliter la maintenance à distance ». Par ailleurs, « l’énergieéolienne suscite, par la taille de ses équipements, des recherches en aérodynamique,aéraulique, fatigue des matériaux, stabilité des structures afin d’en accroître la disponibi-lité et pour une meilleure acceptabilité sociale », explique Jean Salençon.Autre énergie renouvelable en plein essor, lhydrolien qui exploite lénergie cinétique de lamarée ou des courants océaniques en eaux peu profondes. « Une technologie qui a re-cours à une mécanique assez fine, proche de ce quon voit dans laéronautique », estimeMichel Combarnous. Le potentiel européen est évalué entre 8 et 10 GW, de 2,5 à 3,5 GWen France. LAdeme participe à un certain nombre de projets, notamment en Bretagne.De plus en plus de produits intègreront des énergies renouvelables. Les transports sontparticulièrement concernés. « Les recherches, un temps mises en sommeil chez lesconstructeurs automobiles, concernant les véhicules électriques ou les véhicules hy-brides retrouvent toute leur importance, note Jean Salençon. La remise en cause del’origine de l’énergie motrice peut conduire à un véritable “re-engineering” du véhicule.Un exemple en est fourni par le concept de roue active, “Active Wheel” de Michelin quiconsiste à loger les freins, la suspension et le moteur électrique dans le volume des rouesou le “wheel motor” de Volvo. Les organes mécaniques traditionnels tels que le différen-tiel, l’embrayage, la boîte de vitesses sont ainsi remplacés par la mécatronique. »Pour Pierre Devalan, l’avenir est au mix energétique. « Outre la puissance hydrauliquetrès utilisée, les machines de travaux publics peuvent introduire d’autres sources d’éner-gie telles que l’air comprimé, ou l’hydrogène. » C’est tout l’enjeu des projets de CETH deproduction d’hydrogène pour alimenter les véhicules à hydrogène d’un écosite (automo-biles pour une station service, machines de levage pour un site industriel…). Ce projets’inscrit pleinement dans le développement de l’écologie industrielle, chère à MichelCombarnous qui consiste à « considérer des sites industriels avec leurs entreprisescomme un écosystème, pour pouvoir agir plus globalement ».La production d’énergie ne sera plus dominée par une seule source (comme le pé-trole aujourdhui) mais assurée par leur multiplication (le mix énergétique). PierreDevalan en est persuadé : « Les énergies renouvelables sont donc appelées à sedévelopper : une nouvelle opportunité pour la mécanique. »Des chèques éco-innovation pourles PMELe programme Remake permet auxPME, grâce à des chèques innova-tion, de financer leurs besoins enaide et conseil pour éco-innover. Unobjectif qui rejoint ceux du grand pro-jet Ecotec mis en œuvre par le Cetimdepuis plusieurs années et qui vise àinitier et favoriser le développementde technologies propres et innovan-tes. Les partenaires français du projetcoordonné par ZVO en Allemagnesont OSÉO, Technofi, la FIM (Pro-meca) et le Cetim. Pendant les troisans du projet REMake, OSÉO dis-tribuera 80 chèques innovation pourun montant total denviron un milliondeuros aux PME sélectionnées.Iter : en route vers la fusionnucléaireReproduire une énergie qui ressembleà celle créée naturellement au cœurdu soleil : tel est lobjet du projet Iterde fusion nucléaire. Iter est un projetscientifique unique au monde par sadimension internationale (34 paysrassemblés), son financement et sonorganisation. Cest à Cadarache quele premier réacteur expérimental seraconstruit. Une opportunité pour tousles mécaniciens qui travaillent pour lenucléaire.La fusion nucléaire mise en œuvre dans le réacteur ITER nécessite derelever des défis technologiques. Nombre d entre eux mettent en jeules savoir-faire mécaniciens.25
    • Gérer les matières premièresIl ny a pas que les réserves de pétrole qui samenuisent. Les ressources minérales seréduisent également à lheure de la montée en puissance de pays comme la Chine,lInde ou le Brésil dont la consommation explose.Même sil faut prendre ces chiffres avec précaution, on estime que, au rythme actuelde consommation, il existe des réserves de fer pour environ 80 ans, de cuivre pour unevingtaine dannées, dargent pour dix ans. Pour Daniel Froelich, professeur aux Arts etMétiers ParisTech Institut de Chambéry, « sil nexiste pas de risque de pénurie danslimmédiat, il faut sattendre à une flambée des cours. Lenjeu pour la mécanique, cestde trouver des solutions pour maintenir, voire étendre, le service rendu par le produit enutilisant moins de ressources. »Lune des solutions consiste à optimiser les produits et les procédés pour diminuer lesépaisseurs, substituer des métaux, ou utiliser des métaux recyclés. 30 % des matériauxutilisés dans lautomobile sont ainsi issus du recyclage. Au passage, la diminution dupoids, notamment dans les transports permet de réduire la consommation dénergie duproduit.Autre piste : travailler sur la durabilité des produits et notamment des machines-outils.« Non seulement on peut faire durer les machines plus longtemps, souligne DanielFroelich, mais il faudra envisager de les maintenir avec des pièces usagées ou recy-clées. Létape ultime, mais plus futuriste, étant de refaire du neuf avec du vieux. » Aveclà encore un double intérêt : réduire la consommation de matières premières et limiterles déchets.Les matériaux constituent lun des grands enjeux de la mécanique en matière de dé-veloppement durable. Et le défi pourrait être relevé par les nouvelles techniques das-semblage de matériaux qui, selon Gérard Maeder, Vice-Président de lAssociationFrançaise de Mécanique, « représentent la possibilité de rupture technologique la plusvraisemblable dans le domaine de la mécanique ».Concevoir propreLimiter les impacts des produits et des procédés de la mécanique sur lenvironnementsuppose de les appréhender en amont : cest tout le principe de lécoconception. Loindêtre une contrainte, cette méthode qui consiste à intégrer la dimension environnemen-tale au développement dun produit peut devenir un atout.« La mécanique couvrant des champs très différents, les enjeux environnementaux sonteux-mêmes très variés, estime Pierre Devalan. Par exemple, la consommation dénergiesera la préoccupation essentielle dun frigoriste, tandis que les questions de désassem-blage de matériaux pour le recyclage intéresseront davantage un fabricant déquipementcomposé de matériaux différents. »Doù lintérêt de disposer dune méthode commune, notamment adaptée aux PME telleque Mapeco, méthodologie dédiée aux PME/PMI pour la prise en compte de lenviron-nement dans la conception des produits.Très pragmatique, elle propose au mécaniciende sinterroger sur ses produits, leur composition, la consommation dénergie quils génè-rent, leur taux de recyclage, etc. Avec lUNM (Union de Normalisation de la Mécanique),elle fait lobjet dune nouvelle norme : la première portant sur lécoconception adaptée àla mécanique.Faire du neuf avec du vieuxLa Fondation Cetim et lAdemesoutiennent le projet MACPMR (Mé-thodologie daide à la conception deproduits mécatroniques remanufactu-rables). Ce projet vise à concevoir unoutil pour créer des architectures deproduits remanufacturables, utilisantdes systèmes de désassemblageinnovants. Deux applications sontenvisagées : une machine à affran-chir et une machine à café expressoprofessionnelle.
    • Reste que les techniques de conception virtuelles doivent intégrer lécoconception :« dimportants efforts restent à fournir, notamment dans les PME, estime Gérard Maeder.La simulation doit être capable de prendre en compte une multitude de critères et mêmedintégrer la méconnaissance, par exemple sur la résistance dun matériau. »Produire propreGlobalement, la mécanique est peu polluante. De longue date, des secteurs tels quele traitement de surface travaillent à produire plus propre. Le nettoyage des pièces oulusinage à sec sont également lobjet détudes. Le Cetim poursuit des programmes derecherche dans ces directions. Concernant le nettoyage des pièces, « nous travaillonssur des technologies de substitution, explique Philippe Lubineau, responsable R & Dsur le développement durable au Cetim. Il existe des perspectives intéressantes surlutilisation de gaz carbonique et de vapeur sèche. Nous étudions la faisabilité indus-trielle. »Du côté du traitement de surface, le Cetim, en liaison avec lUITS a établi un partenariatavec Le CIRIMAT, un institut Carnot, pour se pencher sur lutilisation de sol-gel pour lestraitements anticorrosion. Ces derniers savèrent en particulier adaptés à la protectiondes hydroliennes immergées. « À plus long terme, nous étudions également la piste desliquides ioniques », indique Philippe Lubineau.Autre voie de recherche importante : « lusinage vert ». Les travaux portent sur destechnologies dusinage à sec et sur lutilisation de biolubrifiants.Réduire les risquesParmi les produits de substitution à introduire dans les procédés certains visent à rem-placer des substances dangereuses. « En matière de développement durable, Reachapparaît comme le défi le plus difficile à relever dans les années à venir », estime DanielFroelich.À la demande de la FIM et de ses professions, le Cetim a engagé un programme dedeux ans (2008-2010) pour dresser létat des lieux et mesurer les impacts, substancepar substance. « Nous concevons les scénarii dexposition pour que les fournisseurspuissent rédiger les dossiers de demandes dautorisation », indique Philippe Lubineau.Au-delà, il faut identifier les substances les plus critiques pour lindustrie mécanique,soit parce quelles présentent des risques, soit en raison de leur forte valeur ajoutée, àlimage du chrome 6.Attention un débat peut en cacher un autre, derrière Reach se profile la question crucialede linnocuité des nanomatériaux.Ecotec : 7,5 millions pourrenforcer les actions de recherche,dinnovation et de transfert dansles écotechnologiesLe Cetim affecte 7,5 millions deurosdans un programme de R&D pourpermettre aux entreprises de la méca-nique de sapproprier un ensemble detechnologies propres et innovantes.Parmi les enjeux : lutilisation de subs-tances propres pour la lubrification, ledégraissage ou lapport de propriétésde surface aux pièces (propreté, anti-corrosion, tribologie, etc.). Le pilotageest assuré avec le partenariat desdonneurs dordres de lautomobile etde laéronautique ainsi que des orga-nismes chargés de lenvironnement.7 technologies en quête de déve-loppement durableLe Cetim a dégagé, sept technologiesprioritaires en matière de développe-ment durable :- lappropriation des méthodes déco-conception,- le formage et lusinage écologiques,- les procédés propres de préparationet traitement de surface,- la réduction de la consommationdénergie,- les bioproduits,- la réduction de lexposition auxagents physiques,- lintégration du facteur humain etlergonomie.27
    • LexiqueBiomasse : Ensemble des matières organiques pro-venant des plantes qui peuvent devenir des sourcesdénergie, soit directement (bois), soit après méthani-sation (biogaz) ou transformation chimique (biocarbu-rant).Bilan carbone : Outil permettant de comptabiliser lesémissions de gaz à effet de serre de son activité.Décarbonation : Procédé visant à éliminer les rejetsde carbone.Ecoconception : Conception d’un produit, d’un bienou d’un service, qui prend en compte, afin de les ré-duire, ses effets négatifs sur l’environnement au longde son cycle de vie, en s’efforçant de préserver sesqualités ou ses performances.Ecotechnologie : Ensemble de méthodes et de tech-niques permettant de prévenir, réduire ou mesurer lesatteintes à l’environnement ou permettant, à servicerendu équivalent, une réduction de celles-ci au regarddes conditions techniques et économiques du moment.Effluent : Rejet liquide ou gazeux.Evapoconcentration : Procédé permettant de con-centrer une solution par évaporation d’une partie dusolvant, en l’occurrence de l’eau.Mécatronique : Combinaison dans un système de lamécanique, de lélectronique et de linformatique.Photovoltaïque : Energie électrique produite à partirdu rayonnement solaire. La cellule photovoltaïque estun composant électronique fonctionnant suivant leffetphotoélectrique, cest-à-dire lémission délectrons parun matériau soumis à laction de la lumière et une mo-dification de la conductivité de ce matériau.Séparation membranaire : Procédé dépuration deleau au travers de membranes dultrafiltration, capablede retenir jusquà des bactéries.La Fédération des Industries Mécaniques remercieses syndicats professionnels affiliés et leurs entreprises adhérentespour les nombreuses photographies qui illustrent cet ouvrage.Couverture : Fives, iStockphoto, SabellaPage 1 : Stéphane LarivenPage 3 : iStockphotoPages 4-5 : Bosch Rexroth, SKFPages 6-7 : Thermodyn, Mondragon AssemblyPages 8-9 : Clextral, MixelPages 10-11 : Poclain Hydraulics, SalmsonPages 12-13 : Alstom Power, Ateliers des JanvesPages 14-15 : Alstom Power, PonticelliPages 16-17 : Hytec Industrie, Delta NeuPages 18-19 : iStockphoto, Cetim, Dufieux Industrie,M. Moineau/Kuhn-Huard, PCMPages 20-21 : Laroche, NTN-SNR Roulements, Permo,Tournus Equipement, Sleever, Sleti, Slip NaxosPages 22-23 : Alliance, Fayat, Festo, Fives, ManitouPages 24-25 : iStockphoto, CetimPages 26-27 : CetimCrédits photos :
    • Syndicats membres de la FIMSyndicat d e la MesureMeasure m e nt A ssociationUsinage,Machines spéciales, Procédés IndustrielsSyndicat des équipementspour ConstructionInfrastructuresSidérurgie et ManutentionEnergétiqueFIMPromecaCommunication-11/2010Direction de la Communication92038 Paris La Défense cedex • 39-41, rue Louis Blanc - 92400 CourbevoieTél. : +33 (0)1 47 17 60 27 - Fax : +33 (0)1 47 17 64 37 - ppoisson@fimeca.comSite internet : www.fim.net • Site extranet : www.extranet.fim.net