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Strategie militaire

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Stratégie militaire et stratégie d'entreprise. Les points communs et les différences. Un éclairage sur la nature de la stratégie.

Stratégie militaire et stratégie d'entreprise. Les points communs et les différences. Un éclairage sur la nature de la stratégie.

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  • 1. De la stratégie militaire à la stratégie d’entreprise Bruno Jarrosson http://www.bruno-jarrosson.com/strategie-militaire-strategie-dentreprise/ www.bruno-jarrosson.com
  • 2. «  Comme la vue d’un p o r t a i t s u g g è r e à l’observateur l’impression d’une destinée, ainsi la carte de la France révèle notre fortune. » ! «  Où qu’elle passe, la frontière franco-allemande est la lèvre d’une blessure. D’où qu’il souffle, le vent qui la balaie est gonflé d’arrière-pensées. » Charles de Gaulle, Vers l’armée de métier
  • 3. Sun Tsu • «  Celui qui excelle à résoudre les difficultés les résout avant qu’elles ne surgissent. Celui qui excelle à vaincre ses ennemis triomphe avant que les menaces de ceux-ci ne se concrétisent. » • « La meilleure stratégie est celle qui permet d’atteindre ses objectifs sans avoir à se battre. » • « La règle, c'est que le Général qui triomphe est celui qui est le mieux informé. » • « Tout l'art de la guerre est basé sur la duperie. »
  • 4. Karl Von Clausewitz • «  La guer r e est la poursuite de la politique par d’autres moyens. » • «  Quand la supériorité a b s o l u e n ' e s t p a s possible, vous devez r a s s e m b l e r v o s ressources pour obtenir la supériorité relative au point décisif. »
  • 5. La liberté de manœuvre « Le 17 juin à 9 heures du matin, je m’envolai, avec le général Spears et le lieutenant de Courcel sur l’avion britannique qui m’avait transporté la veille. Le départ eu lieu sans romantisme et sans difficulté. » Mémoires de guerre, L’Appel De Gaulle lance l’appel du 18 juin depuis Londres parce qu’il est le seul membre du gouvernement français à Londres ce jours-là. Et il est à Londres parce que, par-dessus tout, il a voulu préserver sa liberté de manœuvre, contrairement à Georges Mandel ou Édouard Daladier.
  • 6. 18 juin 1940 • P o u r q u o i d e Gaulle était-il à Londres le 18 juin 1940 ? • Pourquoi Daladier et Mandel n’y étaient-ils pas alors qu’ils étaient o p p o s é s à l’armistice ?
  • 7. Premier postulat : l’information 5 juin 1942 : l’aviation américaine coule quatre porte-avions japonais à Midway. ! «  Une armée sans agents secrets est exactement comme un homme sans yeux ni oreilles. » Sun Tsu Amiral Chester Nimitz
  • 8. Deuxième postulat : la liberté de manœuvre « Pressé fortement sur ma droite, mon centre cède, impossible de me mouvoir, situation excellente, j’attaque. » «  Ne me dites pas que ce problème est difficile. S'il n’était pas difficile, ce ne serait pas un problème. » ! La stratégie de Foch en 1918 consiste à toujours conserver sa liberté de manœuvre.
  • 9. Troisième postulat : concentration des efforts «  La meilleure stratégie est toujours d'être très fort : très fort en général, et très fort au point décisif. » ! «  La concentration des forces doit être considérée comme la norme, et toute division conçue comme une exception qui a besoin d'être justifiée.  » Clausewitz Austerlitz : 2 décembre 1805
  • 10. Transcription de ces principes • Infor mation : veille concurrentielle. Est-ce la clé de la stratégie ? • Liberté de manœuvre : stratégie de haut de bilan et focalisation du bas de bilan. • C o n c e n t r a t i o n d e s efforts : effets d’échelle (cf. BCG).
  • 11. 11
  • 12. Première différence : destruction ou production de valeur ? • La stratégie militaire a pour objectif la soumission de l’ennemi par sa destruction partielle : c’est un jeu à somme négative. • La stratégie d’entreprise vise à la conquête d’un client par la création de valeur : c’est un jeu à somme positive. On ne vise pas la destruction du concurrent.
  • 13. Le doux commerce «  Le commerce guérit les préjugés destructeurs ; et c'est presque une règle générale que partout où il y a des mœurs douces, il y a du commerce ; et partout où il y a du commerce, il y a des mœurs douces. » Montesquieu
  • 14. Deuxième différence : la coopération • La stratégie dans l’univers économique suppose de coopérer en trouvant les convergences d’intérêts et e n m i n i m i s a n t l e s divergences d’intérêts. • La stratégie militaire se construit sur la divergence d’intérêts.
  • 15. Le dilemme du prisonnier A coopère A trahit B coopère 3 3 5 0 B trahit 0 5 1 1
  • 16. Première Guerre mondiale : vivre et laisser vivre La coopération est un investissement, elle consiste à maximiser ses gains à long terme en minimisant ses gains à court terme. La coopération, à long terme, est la position qui maximise les gains (cf. dilemme du prisonnier itératif). La coopération n’est pas fondée sur l’altruisme mais sur l’égoïsme. Les groupes qui pratiquent la coopération en tirent suffisamment d’avantages pour que la coopération s’étende et devienne la règle la plus générale des sociétés humaines. Les groupes qui pratiquent la coopération sont vulnérables aux attaques violentes.
  • 17. Le dilemme du prisonnier La coopération peut s’installer si les acteurs perçoivent le long terme et ont des stratégies lisibles. Les acteurs coopératifs prennent en compte le long terme dans un dilemme du prisonnier itératif. Ils ont en général une stratégie non agressive, non indulgente et lisible. La stratégie donnant – donnant (coopérer le premier coup et reproduire ensuite le coup précédent de l’adversaire) correspond à ces critères, elle est considérée comme la meilleure.
  • 18. 20
  • 19. Les cinq stratégies gagnantes de la Seconde Guerre mondiale 1. Stratégie indirecte : le débarquement en Afrique du Nord, 8 novembre 1942 2. Stratégie réaliste (plutôt qu’idéaliste) : la victoire de Stalingrad, 31 janvier 1943 3. Stratégie de moindre attente : la percée des Ardennes, 10 mai 1940 4. Stratégie de moindre résistance : le débarquement en Normandie, 6 juin 1944 5. Se donner des objectifs larges : la prise de Berlin, 30 avril 1945
  • 20. 22 Stratégie indirecte Réalisme vs idéalisme Moindre attente Moindre résistance Objectifs larges Churchill Oui Oui Oui Oui Non Hitler Oui Non Oui Oui Non Roosevelt Non Oui Non Non Non Staline Non Oui Non Non Oui Cinq stratégies - quatre stratèges
  • 21. Kennedy et la Baie des Cochons Après le désastre de la Baie des cochons le 17 avril 1961, Kennedy a réuni son équipe et lui a dit : ! «  Cette opération a été un désastre et vous me l’avez tous conseillée. Je suis donc entièrement responsable, je n’avais qu’à pas vous écouter. »
  • 22. Cuba : 24 octobre 1962 « Je n’accepte pas que la seule option soit la guerre atomique. » John Kennedy
  • 23. Une guerre réaliste « Aussi, le 23 octobre, déclarai-je à la radio : " Il est absolument normal et absolument justifié que les Allemands soient tués par les Français. Si les Allemands ne voulaient pas recevoir la mort de nos mains, ils n’avaient qu’à rester chez eux… Mais il y a une tactique à la guerre… Actuellement, la consigne que je donne pour le territoire occupé, c’est de ne pas y tuer ouvertement d’Allemands. Cela, pour une seule raison : c’est qu’il est, en ce moment, trop facile à l’ennemi de riposter par le massacre de nos combattants momentanément désarmés. Au contraire, dès que nous serons en mesure de passer à l’attaque, les ordres voulus seront donnés. " » Mémoires de guerre, L’Appel Aux différents moments de ses choix cruciaux, de Gaulle eut toujours à cœur de privilégier le long terme sur le court terme, l’intérêt général sur l’intérêt particulier, la stratégie sur le contrat.
  • 24. 26
  • 25. Roosevelt et Alice au pays des merveilles
 « À vrai dire, les intentions du Président me paraissaient du même ordre que les rêves d’Alice au pays des merveilles. Roosevelt avait risqué déjà en Afrique du Nord, dans des conditions beaucoup plus favorables à ses desseins, une entreprise politique analogue à celle qu’il méditait pour la France. Or, de cette tentative, il ne restait rien. Mon gouvernement exerçait en Corse, en Algérie, au Maroc, en Tunisie, en Afrique noire, une autorité sans entraves. […] Les Alliés ne rencontreraient en France d’autres ministres et d’autres fonctionnaires que ceux que j’aurais instaurés. Ils n’y trouveraient d’autres troupes françaises que celles dont j’étais le chef. Sans aucune outrecuidance, je pouvais défier le général Eisenhower d’y traiter valablement avec quelqu’un que je n’aurais pas désigné. » Mémoires de guerre, L’Unité Dans cette affaire, de Gaulle fait preuve d’un discernement exceptionnel. Le discernement en l’occurrence consiste à se concentrer sur les sujets stratégiques et surtout à ne pas s’occuper de faux sujets. Beaucoup d’autres à sa place auraient consacré l’essentiel de leur énergie à essayer de faire changer d’avis les Américains. Sans succès bien sûr. Faire cela, c’eût été s’affaiblir. Le chef ne discute pas de sa légitimité sans la rendre douteuse.
  • 26. Influence et réalisme Idéologue Lucide Stratège Irresponsable Influent Non influent Irréaliste Réaliste Staline Roosevelt Churchill Hitler
  • 27. Influence et réalisme ! • L’idéologie est l’inverse de la stratégie. • La stratégie se fonde sur la lucidité (perception des enjeux du réel) et sur la responsabilité. • La vision n’est pas la source de la stratégie.
  • 28. Intelligence et courage Incompétent Séducteur Décideur Bureaucrate Courageux Peu courageux Peu intelligent Intelligent Churchill Staline Hitler Roosevelt
  • 29. Voir loin « Je crois que la Russie entrera dans la guerre avant l’Amérique, mais qu’elles y entreront l’une et l’autre. Avez-vous lu Mein Kampf ? Hitler pense à l’Ukraine. Il ne résistera pas à l’envie de régler le sort de la Russie, et ce sera le commencement de sa perte. […] Si Hitler avait dû venir à Londres, il y serait déjà. Maintenant, la bataille d’Angleterre ne se livrera plus que dans les airs, et j’espère que quelques aviateurs français y prendront part. […] En somme, la guerre est un problème terrible, mais résolu. Il reste à ramener toute la France du bon côté. » Jean Lacouture, De Gaulle, 1. Le Rebelle, Seuil, 1984, p. 392. Le visionnaire discerne que l’avenir, même s’il n’est pas connu, doit parler à nos décisions du présent  ; il sait qu’à tout moment le décideur rend des comptes à celui qu’il sera et qu’il ne connaît pas encore.
  • 30. Intelligence et courage • Les deux qualités clés du décideur sont le courage (vertu stoïcienne) et l’intelligence stratégique. • Le courage sans intelligence fait plus de dégâts que l’intelligence sans courage. • Les trois lignes de fuite du stratège sont : l’incompétence, la séduction et la bureaucratie.
  • 31. Soumission ou autonomie ? • L’organisation militaire fonctionne selon l’ordre hiérarchique où la question de la légitimité du pouvoir n’est pas posée. • Les entreprises se posent des questions de performance, le pouvoir est en quête de légitimité.
  • 32. « Notre monde est devenu, pour le meilleur et pour le pire, une société faite d’organisations. Nous sommes nés dans le cadre d’organisations et ce sont encore des organisations qui ont veillé à notre éducation de façon à ce que plus tard, nous puissions travailler dans des organisations. Dans le même temps les organisations ont pris en charge nos besoins et nos loisirs. Elles nous gouvernent et nous tourmentent (et par moment les deux à la fois). Et, notre dernière heure venue, ce sont encore des organisations qui s’occuperont de nos funérailles. Et pourtant, à l’exception d’un petit groupe de chercheurs (auxquels on donne le nom de «  théoriciens des organisations  ») qui les étudient et de quelques rares managers, qui sentent le besoin de saisir plus profondément l’objet même de leur management, bien peu comprennent réellement ces «  animaux étranges » de nature collective, qui exercent une si grande influence sur nos vies de tous les jours. »  Henry Mintzberg : Le Management, voyage au cœur des organisations
  • 33. Henri Mintzberg : notre monde fait d’organisations Les organisations dysfonctionnent. Nous avons un réel besoin de mieux comprendre théoriquement les organisations pour mieux les faire fonctionner. Il n’existe pas un « one best way » pour gérer les organisations. Notre rapport à l’organisation est ambigu, fait de plaisir et de souffrance. Nous cherchons à gouverner les organisations et les organisations cherchent à nous gouverner. L’organisation est un lieu de pouvoir conscient qui se substitue au pouvoir traditionnel. Le pouvoir dans l’organisation va être en quête de légitimité.
  • 34. Un point commun : la décision • La problématique de la décision est commune au chef militaire et au d i r i g e a n t d ’ u n e organisation. ! «  Pour prendre une décision, il faut toujours être un nombre impair et jamais plus de deux. » Anatole France
  • 35. La décision n’a pas d’inverse Il est impossible de ne pas décider. L’inverse d’une décision est une décision. ! Nul n’échappe à la décision. ! Avant que nous prenions des décisions, c’est la décision qui nous prend.
  • 36. Dans votre dernier roman, il apparaît nettement que vous êtes un inquiet et un angoissé. Expliquez-nous cela…
  • 37. La décision est incertaine Les méthodes qui prétendent ramener la décision à un calcul ne font que masquer l’aspect subjectif de la décision. L a d é c i s i o n o b l i g e à comparer ce qui n’est pas comparable. Les matrices de décision sont construites avec des c o e f f i c i e n t s q u i f o n t intervenir la subjectivité.
  • 38. La décision a un très fort enjeu Il existe des décisions meilleures que d’autres. Tout l’avenir dépend du présent. Savoir «  bien  » décider est une des choses les plus importantes qui soit. La volonté est plus forte que la chance (prééminence du locus interne sur le locus externe).
  • 39. Les trois ingrédients de la décision Solitude Incertitude Enjeu ! Challenger 28 janvier 1986
  • 40. Les lignes de fuite du non décideur 1. Fa i r e c h a n g e r d’épaule au singe 2. L ’ i n f o r m a t i o n infinie 3. Le gourou (qui peut se gourer) 4. Le découpage de la décision
  • 41. L’essence de la stratégie • Réconcilier la pensée et l’action • Réconcilier le présent et l’avenir ! «  Je ne crois aux statistiques que lorsque je les ai moi- même falsifiées.  » Winston Churchill

  • 42. Le non plan stratégique type • Nous voulons être les leaders de… • Nous voulons nous dif férencier de nos concurrents. • Nous voulons mettre le client au centre de l’entreprise. • N o u s vo u l o n s ê t r e toujours plus innovants. • Nous visons toujours plus d’excellence.
  • 43. La posture du stratège • Modestie • Réalisme • Cohérence • Articulation de la réflexion et de l’action • Articulation de l’intuition et de l’analyse
  • 44. Neandertal ou Cro-Magnon ? Le moins adapté a survécu. Pourquoi ? Homme de Neandertal Homme de Cro-Magnon
  • 45. Le malheur d’être intelligent « On dit que l’homme intelligent s’adapte à son environnement et que l’imbécile cherche à a d a p t e r s o n environnement à lui. La conclusion que l’on peut tirer de cela est que tous les progrès de l’humanité a été faits par des imbéciles. » Gracchus Cassar   Lequel choisiriez-vous comme gendre ?

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