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  • 1. SPÉCIAL DÉVELOPPEMENT DURABLE SOMMAIRE Jocelyn Blériot : « Il faut passer d’une économie de la possession à un modèle de service » PAGE 35 Repenser dans la durée la relation client-fournisseur PAGE 36 France Télécom développe son écosystème en Afrique PAGE 36 Philippe Vasseur : « La RSE ne s’octroie pas, elle se partage » PAGE 37ENJEUX Comment intégrer la responsabilitédans le pilotage stratégique des entreprisesL’un des principaux défis en matière de responsabilité sociale et environnementale (RSE) des entreprises est de créer de la valeursans creuser les inégalités. Comment prendre les bonnes décisions ? De quels outils de prévisions et de suivi se doter ? Retour sur la réflexionet les premières conclusions d’un groupe d’experts mobilisé par le World Forum de Lille, dont l’édition 2011 débute le 15 novembre.L es entreprises ont de plus en de bilan carbone. Chaque service TROIS JOURNÉES plus de comptes à rendre sur dispose d’un quota carbone annuel leurs actions et leurs straté- et les collaborateurs remplissent D’ÉCHANGES À LILLE gies. Comme le souligne Eli- une« notedefraisCO2 »,afindesui- Pour sa cinquième édition, sabeth Laville, présidente vre les émissions liées aux déplace- le World Forum de Lille, s’estd’Utopies, agence de conseil en ments. Les fournisseurs sont égale- donné pour thème « Oser ladéveloppement durable : « Nous ment accompagnés dans cette richesse ». Les participants,sommes passés d’une logique du démarche via une interface Inter- représentants des entreprises,“trust me” (“tu peux me croire”) à net.Enfin,IDGroupetravaillesurles des collectivités et de laune logique du “prove me” (“prou- notions de plaisir et de déplaisir liés société civile notamment,ve-le”). Les parties prenantes jugent au travail et fonde sa réflexion aborderont la création deles intentions affichées à l’aune de la autour d’indicateurs tels que la richesses dans une logiqueperformance constatée et comparée : clarté du système de rémunération d’économie responsable sous90 % des Français pensent que les ou le sentiment d’un traitement les angles les plus divers,entreprises ne s’engagent sur l’envi- équitable des collaborateurs. à travers une série deronnement que pour des raisons conférences, débats et ateliers.commerciales, alors que ce chiffre GETTY IMAGES/DESIGN PICS RF Utiliser les bons indicateursn’est que de 40 % au Japon. » De fait, chaque entreprise a intérêt à Les 15, 16 et 17 novembre, Dececonstatdécoulentdeuxten- se concentrer sur un nombre limité à Lille (Grand Palais).dances essentielles, mises en avant d’indicateurs. Selon les membres www.worldforum-lille.orgpar le think tank du World Forum du think tank, il y en a environ uneLille Institute : tout d’abord, la quinzaine, certains universels (con- RSE Management. Cela ne doit pasnécessité de modifier la présenta- sommations d’eau et d’énergie, seulementserviràvoiroùl’entreprisetion des indicateurs de performan- émissions de CO2), d’autres plus sesitueàuninstantT,maisàconnaî-ces pour se diriger vers un « repor- Les entreprises doivent désormais intégrer leurs performances en matière de développement durable sectoriels. D’après Claude Lenglet, tre sa marge de progression et à fixerting » 360 degrés et permettre ainsi à leur « reporting » financier pour les transformer en outil de création de valeur. copilote du World Forum Lille Insti- de nouveaux objectifs. Trois typesde mieux coller aux attentes de cha- tute, « ces indicateurs ont un rôle d’indicateurs sont alors essentielsque partie prenante ; par ailleurs, le FARID BADDACHE « UN NOUVEL ENJEU, MESURER LA CRÉATION DE VALEUR » dans le pilotage de la démarche, en dansle“reporting”:lesindicateursdebesoin d’intégrer le « reporting » lien avec la stratégie globale de conformité (NRE, Grenelle II), lesdéveloppement durable au « repor- « Avec une palette de 100 indica- les données de manière dynami- gets alloués à une activité RSE l’entreprise. Ce travail de “reporting” indicateurs d’engagement et les indi-ting » financier, pour le transformer teurs concernant la RSE, on ne que, d’analyser plus finement les particulière, taux de formation à doit pouvoir servir les objectifs cateurs de management. Il faut aussien outil de création de valeur. mesure rien. Il faut identifier les impacts financiers et de modifier un outil de devoir de diligence sur d’innovations d’une entreprise. Il savoir aller à l’essentiel. La transpa- Dans ce cadre, trois cas d’école leviers sur lesquels l’entreprise a les allocations de ressources en les droits de l’homme, etc. Les peut influencer ses actions futures, rence pour la transparence n’est pasviennent étayer la réflexion du le plus d’influence. La RSE doit conséquence. La capacité à combi- indicateurs de résultat permettent faire évoluer ses pratiques et pour- utile, certaines entreprises ont ten-groupe d’experts. Par exemple, la être connectée à la stratégie et au ner des indicateurs de moyens et de mesurer l’impact des actions quoi pas son offre. » dance à rapporter trop d’informa-mise en place d’une comptabilité métier, affirme Farid Baddache, de résultats permet de définir une entreprises : amélioration de La bonne mesure de la responsa- tions qui ne sont pas pertinentes. »verte chez McDonald’s a permis au directeur Europe de BSR. Le approche aussi solide que possible, conditions de travail dans une bilité sociale et environnementale C’estenseconcentrantsurcequiestgroupe de restauration d’intégrer “reporting” intégré est un espace mobilisant d’une part les systèmes usine, réduction des risques de (RSE) est aussi la meilleure manière stratégiquequelaréflexionpeutêtredans sa comptabilité classique le en plein développement. Contrai- de management en place, tout en non-respect des droits de l’homme. de s’inscrire dans une logique suivie d’effet. « Aujourd’hui, analysecoût des émissions de CO2 émises rement à il y a quelques années où mesurant l’impact des actions Ces indicateurs doivent démontrer pérenne. « Le “reporting” doit per- Patrick d’Humières, 20 % des entre-par ses restaurants, mais aussi sur la récolte des données était fasti- entreprises afin de rendre compte. de la création de valeur sur diffé- mettre aux entreprises de mettre en prises peuvent être considéréesun périmètre qui intègre toute la dieuse, nous disposons Les indicateurs de moyens permet- rents fronts, par exemple économi- relationlesenjeuxRSEetleurmodèle comme pionnières sur ces questions.filière en amont et en aval. De son aujourd’hui de processus plus tent de mesurer les moyens alloués ques et sociétaux. » économique, explique Patrick 30 % sont clairement en retard et lecôté, Nature et Découvertes a lancé, robustes. Ils permettent de collecter à un effort RSE particulier : bud- PROPOS RECUEILLIS PAR J. R. d’Humières, conseil stratégique en reste est au fil de l’eau. »dès 2005, une ambitieuse politique développement durable à l’Institut JÉRÉMY REBOUL A Madagascar, Air France tente de conjuguerENVIRONNEMENTlutte contre la déforestation et aide au développementLa compagnie aérienne finance sur trois ans, à hauteur de 5 millions d’euros, un projet du WWF et de l’ONG Good Planet.A Durban, dans un peu plus de période de soudure où les greniers prêt de 3 poules à des familles qui lière (aviculture, maraîchage, éle- trois semaines, les négocia- sont vides et où il faut demander de font grandir les poussins et doivent vage), avec l’idée qu’ils seront tions internationales sur la l’aide au Programme alimentaire en échange en rendre 6 à la com- rejoints par d’autres lorsque les pre-lutte contre le changement climati- mondial. munauté. « Aujourd’hui, nous som- miers résultats sont obtenus »,que reprendront dans une atmos- Depuis 2008, cette expérience, mes en mesure de réparer le toit de raconte Maminiaina Rasamoelina,phère morose. La crise économi- financée à hauteur de 5 millions nos maisons », affirme-t-elle, tandis responsable du projet pour leque et la réticence américaine ont d’euros par Air France et mise en que les hommes ont commencé à WWF. Depuis 2008, l’ONG affirmemis un frein au volontarisme des œuvre par WWF international et apprendre les techniques d’utilisa- avoir sensibilisé 9.400 ménagesEtats qui devait permettre de pren- l’ONG française Good Planet, vise à tion de nouvelles ruches plus – notamment par des films – etdre le relais du protocole de Kyoto. créer un nouvel équilibre en per- productives. formé 900 familles volontaires, tan-Mais l’enlisement des discussions suadant les villageois de cesser de dis que 250 autres ont déjà mis ensur le financement des politiques couper la forêt et de développer de Contrat moral œuvre des projets. L’ensemble dude réduction des émissions de CO2 nouvelles activités agricoles géné- A la clef, une sorte de contrat moral pays porte sur 140.000 hectares,et de lutte contre la déforestation ratrices de revenus. Sans oublier de avec le village membre de la com- auquel il faut ajouter la création de BERTHOLD STEINHILBER/LAIF-REAn’a pas fait disparaître les problè- replanter des arbres pouvant servir munauté de base qui s’engage à ne 350.000 hectares d’aires protégées,mes. Non loin de là, au sud de de bois de construction à l’avenir et, plus déforester. Non loin de là, la 20.000 hectares de paysages dégra-Madagascar, près de Fort Dauphin, enfin, de financer sur le long terme fourniture de pompes à pied a per- dés à restaurer et 5.000 autres àune expérience tente de rompre le le reboisement d’espèces locales : misdefaireremonterl’eaudusous- reboiser.cercle vicieux de la déforestation. 70 % de la faune et de la végétation sol pour cultiver des légumes non A plus long terme, les scientifi-Une agriculture de subsistance où de la forêt malgache sont endémi- périssables (oignons, carottes, ques de Good Planet ont mené deles villageois sont contraints, tout ques, avec par exemple l’Alluaudia courgettes) qui sont ensuite trans- nombreuses études sur le terrainles deux ou trois ans, de défricher ascendens, un arbre qui ressemble Depuis 2008, environ 10.000 ménages ont été sensibilisés à la lutte portés par carriole à 70 kilomètres, pour calculer le contenu CO2 de laune nouvelle parcelle de forêt, de à un gigantesque cactus et dont les contre la déforestation et à de nouvelles activités agricoles. au marché de la petite ville voisine. forêt malgache. Ils croisent lesbrûler les arbres pour fertiliser la branches sans feuilles servent à De quoi rapporter dix fois plus sur doigts pour que les négociations deterre ainsi dégagée. Un mode de vie construire les maisons. l’Androy, où plus de 80 % de la récapitulant les 60 volailles don- un petit espace que les plantations Durban soient un succès et que lequi conduit les familles à dépendre Les habitants vivent dans une population vit en dessous du seuil nées par les ONG aux foyers volon- de manioc et de maïs traditionnel- mécanisme de financement de laexclusivement du bois de la forêt misère absolue. Ni eau, ni électri- de pauvreté, sont plus gros qu’un taires réunis en association. Ils sont les. « Nous travaillons avec les lutte contre la déforestationpour cuisiner, construire les mai- cité, ni meubles dans les maisons. 4×4 ! Dans le village de Bebadzi, aujourd’hui à la tête de 250 ani- ménages volontaires en leur propo- (REDD) commence enfin à portersons et espérer, sans y parvenir la Les trous sur la piste menant aux une jeune femme d’une trentaine maux, vendent les œufs et ont sant de se regrouper autour d’une ses fruits.plupart du temps, à éviter la villages éloignés de l’Anosy et de d’années tient un cahier d’écolier inventé un nouveau concept, le association sur une activité particu- JULIE CHAUVEAU

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