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La véritable nature du régime de ben
 

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La Véritable Nature Du Régime De Ben

La Véritable Nature Du Régime De Ben

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    La véritable nature du régime de ben La véritable nature du régime de ben Document Transcript

    • La Véritable Nature Du Régime De Ben AliPublié le 15 janvier 2011 par autoreflexionL’immolation par le feu du jeune Mohamed Bouazizi a déclenchéen Tunisie une révolte sans précédent. L’immolation n’est pas unsuicide, il s’agit d’un acte de courage destiné à montrer à la foulele rejet absolu des pratiques d’un pouvoir qui vous empêchelittéralement de vivre et c’est bien la raison pour laquelle lepeuple a décidé une fois pour toutes d’en finir avec la dictature.Ce document est destiné à informer le lecteur de la véritablenature du régime mis en place par Ben Ali, un homme qui adistribué à son entourage immédiat les ressources du pays et qui jouele rôle d’arbitre entre les différents détenteurs des richesses, retirantaux uns et donnant aux autres dans une valse des allégeances qui l’acomplètement éloigné des réalités de la Tunisie.Cette logique du pouvoir a entraîné une si grave déliquescence desvaleurs que la société dérive rapidement et sûrement vers la décadenceou alors l’intégrisme religieux, considéré comme le dernier refuge dela dignité.Outre les mouvements de foule spontanés comme les révoltes deRedeyef en 2009 et de Sidi Bouzid qui se sont étendues à toute larépublique et où les slogans scandés par la foule sont dirigés contre lacorruption de la famille de Ben Ali, une multitude d’écrits et d’articlesont condamné depuis 1988 les dérives du régime, qu’elles soientpolitiques ou financières.Concernant les dérives politiques, il suffit de lire la déclaration du 7novembre 1987 pour être convaincu de l’absence totale de volontépolitique et cette absence est confirmée par le fait que Ben Aliaccepte et couvre les pratiques mafieuses de son entourageimmédiat, et ce, au vu et au su de tout le monde et avec la complicitéde plusieurs membres de tous les corps de l’État.Le dossier que nous présentons cible les opérations réalisées parl’entourage immédiat de Ben Ali. La liste n’est évidemment pas 1
    • complète car quelques proches du pouvoir opèrent par l’intermédiairede prête-noms et le suivi des opérations devient plus difficile.Bien que l’ensemble des secteurs de l’économie du pays ait ététouché par la rapacité des proches de Ben Ali, ce sont évidementles gros marchés et les meilleures entreprises du pays qui ont étévisées en premier. Ainsi, les privatisations ont toutes été opérées dansl’illégalité totale et en contradiction flagrante avec la loi et lesrèglements.La première grande victime de ces opérations est l’État tunisien, unÉtat qui a été complètement vidé de sa substance par Ben Ali et sonentourage, et ce, pour s’assurer de sa main-mise sur le pays enéliminant toute voix discordante et en allant jusqu’à créer de toutespièces une opposition fantoche.Le Comité de Salut PublicConcernant les « affaires » qui sont devenues la principale activité deBen Ali et de son entourage, nous vous présentons ci-dessous unepremière liste des richesses accumulées par Ben Ali et ses proches, etce, avec une arrogance qui nous éclaire sur la mentalité de cesindividus qui n’ont aucune conscience politique, qui sont convaincusque la Tunisie leur appartient et qui se substituent à l’État.Comme nous le verrons ci-dessous, le poids de Ben Ali et de sesproches dans l’économie du pays est de plus en plus important, ce quifait que le jeu économique en est lourdement affecté.Le vérouillage de l’économie empêche tout investissement et touteévolution dans les secteurs clés, ce qui entraîne un nivellement del’économie par le bas. En clair, la gestion opaque de l’économie et laphagocytation des instruments économiques entraînent le pays vers undésastre sans précédent dans l’histoire de la Tunisie, surtout que ladénonciation de cet état de fait est impossible à cause du verrouillagetotal de l’information et du blocage – organisé par AbdelwahabAbdallah – de toute émergence d’une société civile.Cette dynamique concourt très rapidement à la désintégration de lasociété tunisienne et à l’émergence des extrêmes.LE SECTEUR BANCAIRE 2
    • Le clan Ben Ali a commencé son enrichissement par l’entremise descrédits sans garanties accordés par les banques nationales dedéveloppement. Ces pratiques, poussées à l’extrême, ont mis à mal cesinstitutions. Alors, pour avoir les coudées franches, le clan a décidé des’approprier des institutions financières.LA PRISE DE CONTRÔLE DE LA BANQUEINTERNATIONALE ARABE DE TUNISIE.La prise de contrôle de la BIAT a été opérée d’une façoncomplètement opaque par une famille proche du pouvoir. Les frèresMabrouk ont opéré une prise de contrôle musclée de ladite banque,l’un des fleurons du secteur bancaire tunisien. La famille Mabrouk,qui était déjà fortunée sous l’ancien régime, et même avantl’Indépendance, s’est toujours assuré des liens privilégiés avec lepouvoir en place. Elle possède aujourd’hui un empire commercial etfinancier qui a été bâti, depuis l’union avec les Ben Ali, sur des passe-droits et des coups de pouce « venus d’en haut ».LA PRISE DE CONTRÔLE DE LA BANQUE DE TUNISIELa Banque de Tunisie, l’une des plus anciennes institutions bancairesdu pays, connue pour son professionnalisme et son excellente gestion,est tombée dans l’escarcelle de Monsieur Belhassen Trabelsi, frère deMme Ben Ali. La prise de contrôle de la banque a été faite d’unefaçon qui s’apparente à un véritable hold-up. Plusieurs grandsactionnaires ont été mis devant le fait accompli et la direction de labanque a été accordée à Mme Abdallah, femme de AbdelwahabAbdallah, qui, avec Abdelaziz Ben Dhia, est l’un des deux piliers durégime, et qui est, comme nous le verrons plus loin, l’homme qui abloqué toute émergence d’une société civile en Tunisie.DEUX NOUVELLES BANQUESAlors que la Banque Mondiale et le FMI dénoncent dans leursrapports envoyés aux autorités tunisiennes le « surbanking » du pays(trop de banques par rapport aux besoins de l’économie) et évoquentla nécessité d’opérer des concentrations et des fusions des institutionsbancaires, le gouvernement, par l’intermédiaire du gouverneur de labanque centrale, délivre deux licences de banque à deux gendres duprésident, la Banque Zitouna pour M. Matri et la MEDIOBANCApour M. Slim Zarrouk. 3
    • la privatisation de la banque du sudIl ne s’agit pas ici de la prise de contrôle d’une banque, mais d’un délitd’initié qui a privé l’Etat d’un revenu considérable au profit de lafamille. Il faut rappeler que la vente de la Banque du Sud au groupehispano-marocain ATTIJARI BANK s’est faite à travers un délitd’initié coopté par l’État : Sakhr el Matri, gendre de Ben Ali a acheté àbas prix une part des actions de la Banque du Sud et les a revendues,avec une grosse plus value, au moment de l’OPA lancée par le groupehispano-marocain.Commision de contrôle des transferts a la banque centraleD’énormes abus ont été constatés en matière de transfert d’argent àl’étranger, des mouvements de fond de plusieurs centaines demilliards sont effectués en totale contradiction avec la loi tunisiennedes transferts de devise.Une commission d’enquête doit être organisée pour arrêter ce fléau defuite de devises dont bénéficient Ben Ali et ses proches.L’Effacement des dettes, un privilège du princeComme nous allons le voir dans cet exemple, le pouvoir utilise lesinstitutions bancaires nationales pour des raisons purement familiales.C’est ainsi qu’après le refus des parents Mhenni de voir leur filleépouser un membre de sa famille, Ben Ali, pour les « forcer » àaccepter ce mariage, a annulé toutes les dettes de M. Raouf Mhenni,qui a aussitôt admis l’alliance !Le secteur des transportsla société ennakl :Volkswagen – audi – porsche – seat – KIALa société nationale Ennakl a été quasiment offerte au gendre de BenAli, Sakhr el Matri, qui sans aucun apport personnel, parl’intermédiaire de crédits accordés (sans aucune garantie) par la BNA,s’est retrouvé à la tête de cette entreprise. Aux dernières nouvelles, lechèque de 17 millions de dinars déposé par Sakhr el Matri en garantieau ministère des Finances n’aurait pas été versé à ce jour.Il faut également mentionner le fait que selon les experts, la valeurréelle de l’entreprise serait au minimum de 300% supérieure à lavaleur de la transaction. 4
    • Dès la prise de contrôle de cette société par M. Matri, les licencesd’importation de véhicules, qui étaient accordées au compte-gouttesselon les besoins du pays, ont été données à tour de bras et on en estmême arrivés à importer des Porsche qui coûtent un peu moins de 500mille dinars ! Ce qui constitue une absurdité absolue dans un payscomme la Tunisie.Concernant KIA, des industriels coréens sont venus pour monter enTunisie une industrie de fabrication de pièces détachées, et encore unefois, c’est un proche de Ben Ali, Sakhr el Matri, qui s’est approprié lalicence d’importation et de distribution des véhicules.LA SOCIÉTÉ LE MOTEURmercedes – fiat…La Société LE MOTEUR, l’un des fleurons de l’État, propriétaire des« cartes » MERCEDES et FIAT, entre autres, a été privatisée dans desconditions très obscures au bénéfice de Cyrine Ben Ali et de sonépoux Marouane Mabrouk.La décision de privatisation a été suivie par la mise à l’écart duSecrétaire d’État a la privatisation à cause du fait qu’il ait défendu unprix de cession beaucoup plus élevé.PeugeotEn décembre 2008, la fille cadette de Ben Ali a été promise à un jeunegarçon de la famille Ben Gaied. Le jeune homme a alors étéimmédiatement coopté comme P.D.-G. de la Société STAFIMPEUGEOT, dont les actions ont été achetées au rabais, sinon aunominal, auprès de la BIAT, banque du groupe Mabrouk, allié à BenAli.FORD – range rover – jaguar – hyunday – manLa privatisation à très bas prix de la société étatique qui détenait lalicence Ford a été réalisée par Belhassen Trabelsi, frère de Mme BenAli, et son ami Hamadi Touil.Ils ont réussi à imposer à tout le secteur public l’achat de leursvéhicules.Plusieurs « cartes » de marques leurs sont attribuées, comme RangeRover, Jaguar et Hyundai, sans compter l’assemblage des véhiculesMAN. 5
    • Les seules taxes qui baissent sont celles des voitures !Le marché automobile étant trusté par les familles proches de Ben Ali,les seules taxes qui baissent sont celles des voitures.Ces baisses des taxes ne concernent pas seulement les voiturespopulaires, mais aussi des voitures de luxe dont le montant dépasseparfois le prix d’une usine.TUNISAIRLa compagnie Tunisair, fleuron historique de l’aérien tunisien, a subisous l’ère Ben Ali un harcèlement sans précédent de la part de lafamille.La Présidence de la République, comme si elle n’avait pas d’autreschats à fouetter, s’est immiscée dans toutes les décisions de laCompagnie, et ce, de la désignation des hôtesses à l’achat d’avions,principalement depuis l’arrivée à la tête de la Compagnie dutristement célèbre Rafaa Dekhil qui s’est donné corps et âme à lafamille.Parmi les scandales, deux sont d’une dimension légendaire. L’unconcerne l’achat par la compagnie, pour le compte de la Présidence,d’un Boeing 737/600 comportant salons, chambres à coucher, bureaux(on se demande pourquoi).Nonobstant le fait que ces achats pèsent très lourd sur les comptes dela compagnie, on se demande pourquoi Ben Ali a besoin d’un luxepareil alors que, depuis l’Indépendance, un simple réaménagement desavions existants était suffisant pour les voyages officiels.Si M. Ben Ali avait développé une diplomatie active, cet achatsurdimensionné par rapport à la taille du pays aurait pu à la limite sejustifier, mais la politique internationale de la Tunisie s’estcomplètement désintégrée durant le règne de Ben Ali qui n’est plusreçu que par des dictateurs ou, au meilleur des cas, des présidentshonorifiques.Or, cet avion gouvernemental sert surtout pour les voyages privés dela famille qui part régulièrement calmer son avidité au Boulevard StHonoré et va frimer aux frais de l’État à St Tropez ou ailleurs.Comme si cela ne suffisait pas, voici que Ben Ali décide de faireacheter par Tunisair un nouvel avion, un A340 qui coûte, au prix 6
    • catalogue d’Airbus, 280 millions d’euros ; auxquels il faut ajouter lesfrais de réaménagement qui font que cet avion coûtera, à sa livraison,à peu prés 600 milliards. De quoi relancer le développement deplusieurs régions du pays et donner du travail à des dizaines demilliers de chômeurs.Pour comparaison, l’achat par le gouvernement français d’un A320usagé a provoqué un tollé général en France. Or, l’avion de M. BenAli coûtera le prix de 8 (huit) A320, et ce, pour un pays dont le PIBest des centaines de fois inférieur à celui de la France.Il faut également ajouter qu’à la suite de cet achat noyé dans unegrosse commande de Tunisair, messieurs Sakhr el Matri et BelhassenTrabelsi ont acheté deux avions privés.carthago airlines & nouvelairConcernant les licences accordées aux compagnies aériennes :Licence accordée à Slim Chiboub et Aziz Miled pour Nouvelair.Licence accordée à Belhassen Trabelsi pour Carthago-airlines etfusion de Carthago et de Nouvelair après la disgrâce de Slim Chiboub.LA GESTION DES SERVICES DE L’AEROPORT DE TUNISLa concession du premier opérateur privé pour la gestion de lalogistique des services de l’OPAT a été accordée dans une opacitétotale à la société MAS. Encore une fois, c’est un gendre de Ben Ali,M. Slim Zarrouk, qui en est le bénéficiaire. Dans quelles conditionsfinancières et pourquoi lui ?Appel d’offreS pour la privatisation des free-shopsLa société qui a été retenue pour l’attribution de la licence des Free-Shops est la Sté Weitnauer qui était chapeautée par Sofiene Ben Ali etAbderahmane Tlili. Ce dernier a ensuite été mis hors-circuit.La Compagnie Tunisienne de NavigationLa CTN, compagnie de navigation historique, qui a joué depuisl’Indépendance un rôle exceptionnel dans l’économie du pays, estaussi visée par les proches de Ben Ali, surtout depuis que le jeuneSakhr el Matri a ouvert son village pour croisiéristes.Avant la privatisation prévue de la CTN, la compagnie a reçu l’ordrede commander à coup de centaines de milliards de nouveaux navires 7
    • qui ne seront livrés qu’une fois la CTN privatisée, et ce, pour lebénéfice des futurs preneurs qui sont déjà choisis par le pouvoir.Imed trabelsi et la CTNImed Trabelsi, connu pour ses frasques dont le vol et recel de yachts etune multitude d’opérations douteuses, a également créé à lui tout seulune nouvelle ligne pour la CTN reliant Sfax à Tripoli. Il a laissé uneardoise de plusieurs centaines de milliers de dinars à la CTN.téléphonietunisianaL’État tunisien se fait voler des centaines de millions de dinars par les« Premières Dames » de Tunisie et de Palestine.Pourquoi la deuxième concession de téléphonie mobile a-t-elle étéaccordée à El Sawiress, un ami de Mme Arafat ? Parce que MmeArafat a demandé à son amie, Mme Ben Ali d’intercéder en sa faveurcontre une somme faramineuse.Encore une fois, dans cette affaire, c’est l’État tunisien qui s’est faitvoler une somme d’à peu près 400 millions de dinars.L’ouverture des offres pour la licence de téléphonie mobile a révéléque VIVENDI était le mieux placé pour l’emporter. Mais pour leurpropre intérêt, les proches de M. Ben Ali ont averti ORASCOM pourqu’il fasse une contre-offre supérieure à celle de VIVENDI.Six mois après avoir obtenu la licence, ORASCOM n’avait toujourspas réglé le gouvernement tunisien. Après plusieurs menaces duministère des Télécoms pour annuler la transaction, les proches deBen Ali et à leur tête Mongi Safra ont concocté une solution miraclequi restera dans les annales de l’histoire des détournements de bienspublic de la planète : un groupe de financiers s’est réuni pour accorderà Orascom un crédit avec un pool bancaire 100% tunisien. Et lalicence, accordée à une société étrangère, a donc fini par être payéeavec un chèque en dinars tunisiens ! Ce sont donc les banquestunisiennes qui ont offert Tunisiana à Orascom !Cette affaire a provoqué des remous jusqu’à la Banque Mondiale qui,constatant ces irrégularités flagrantes, a décidé d’annuler un créditbancaire à long terme de 250 millions de dollars au bénéfice de laTunisie. Cette institution financière internationale qui depuis 8
    • l’Indépendance a toujours soutenu le développement de la Tunisie, seméfie désormais de toute opération concernant notre pays.L’affaire TUNISIANA n’est qu’un épisode des frasques des deux «Premières Dames » qui ont également défrayé la chronique par lacréation de l’ISC.L’AFFAIRE WATANIA-QTEL / SAKHR EL MATRILa téléphonie mobile étant une activité délicate pour la sécurité dupays, la Tunisie n’a pas manqué, comme cela se fait partout ailleurs,de conditionner la vente de parts des entreprises de téléphonie àapprobation préalable.Watania-Qtel, propriétaire de 50% de Tunisiana, a décidé d’acquérirles 50% restants. Or, pour obtenir l’aval du gouvernement tunisien,Watania Qtel a« offert »à Skhar el Matri 25 % de l’affaire encontrepartie de l’aval du gouvernement et de la promesse d’obtentiond’une licence 3G.Tout le montage financier dont on parle dans les médias tunisiens estpur mensonge, nous publierons ultérieurement les documents prouvantla malversation.ORANGELes opérations se suivent et se ressemblent, la licence du troisièmeopérateur téléphonique a été accordée à la fille du président, CyrineBen Ali, qui est également, à travers Planet Tunisie, le principalfournisseur d’accès Internet du pays.ORANGE, suite :Le contrat signé entre ORANGE et l’État tunisien prévoyait uneclause de non concurrence d’une année concernant la licence 3G.Ce contrat stipulait que si la licence 3G était accordée dans l’année àun autre opérateur, l’État se verrait obligé de rembourser 70 millionsde dinars du montant de la licence.Il est étonnant que l’État n’ait pas su attendre une année avantd’accorder à un autre opérateur une licence 3G. La Tunisie a ainsiperdu 70 millions de dinars.MEDIAS 9
    • La famille Ben Ali est aujourd’hui à la tête d’un empire médiatiquesans précédent dans l’histoire. Cet empire couvre tous les secteursmédiatiques, de la presse écrite à la télévision.RADIO MOSAIQUE FMIl était clair que les médias aussi allaient subir la razzia de la famillede Ben Ali. Non seulement pour des raisons économiques, mais aussipour des raisons d’influence politique. En effet, dans leur folie desgrandeurs, les proches de Ben Ali se sont crus aptes à prendre lepouvoir, c’est ainsi qu’ils ont investi à tour de bras dans les médias.Radio, journaux, agences de publicité. Nous nous en tiendrons ici auxgrands médias.C’est ainsi que la licence de la première radio privée a été accordée àun groupe d’hommes d’affaires dont Belhassen Trabelsi, majoritaire,est comme par hasard le frère de Mme Ben Ali.Pour couper court aux rumeurs, la licence a été accordée au nom deM. Boutar, prête-nom et P.D.-G. de ladite radio.CHAMS FMAutre radio privée, mais même système : la licence de CHAMS FM aété accordée à la fille Ben Ali épouse Mabrouk. Le prête-nom estFathi Bhouri, ancien directeur général de Planet Tunisie, dont elle estégalement propriétaire.ZITOUNA FML’imagination ne fait pas partie des proches du régime : la licence deZITOUNA FM a été accordée à Sakhr el Matri, gendre du présidentqui, à travers cette radio « islamisante », veut se faire passer pour un «véritable musulman » et acquérir les faveurs du peuple.JAWHARA FMPour ne pas être en reste, évoquons la radio FM du Sahel. La licence aété donnée à M. Néji Mhiri, ami personnel de Ben Ali etadministrateur à la Banque Centrale de Tunisie alors qu’il doit environ600 millions de dinars aux banques tunisiennes !EXPRESS FMQuant à la toute nouvelle radio économique, EXPRESS FM, elleappartient au frère de Mme Ben Ali, Belhassen Trabelsi, encore lui, 10
    • associé à M. Ben Rayana, de la société MAC, qui a présidé à l’entréeen bourse de Carthage Cement, l’un des plus gros scandales du pays,nous y reviendrons.Toujours dans le paysage audio-visuel tunisien, évoquons :CARTHAGE TVNon content d’avoir, avec leur société de production CACTUS,complètement phagocyté la télévision nationale avec la vente deprogrammes achetés clé en main et la production de séries vendues àl’avance avec l’appropriation des plages publicitaires, BelhassenTrabelsi et Sami Fehri décident de créer leur propre chaîne detélévision.Il faut noter que Cactus production s’est approprié, ces dernièresannées, 60 % des revenus de la chaine nationale TV7. Les directeursde la chaîne ont ainsi contribué à l’effacement de toute une générationde producteurs en achetant au seul Cactus l’écrasante majorité desprogrammes.HANNIBAL TVMême procédé complètement illégal d’accord de licence que pour lesradios.Monsieur Mohamed Nasra, époux d’une proche de Mme Ben Ali aobtenu la première licence privée de télévision. Il a d’ailleurscontribué de façon exceptionnelle à l’abêtissement de la sociététunisienne en présentant des débats nerveux qui ne concernent jamaisles questions essentielles que tous les Tunisiens se posent.Il faut également mentionner qu’Hannibal TV doit au fisc tunisienplus de 5 millions de dinars et que les ordres de laisser faire partentdirectement de la Présidence de la République !D’autre part, comme si tout ceci ne suffisait pas, le patron d’HannibalTV jouit d’une immunité de fait devant les tribunaux. Il ne paie aucunfournisseur de sa chaîne et ne verse aucun droit de retransmission à laFédération tunisienne de football, privant ainsi les clubs de footballd’une source de revenus très importante.groupe dar assabahA la suite d’une dispute au sein de la famille propriétaire du groupe depresse Dar Assabah, Sakhr el Matri a racheté l’affaire. 11
    • Le groupe Assabah publie, entre autres titres, les journaux Assabah etLe Temps.Le contrôle des médias en Tunisie est complété par le système mis enplace par l’un des piliers du régime, M. Abdelwahab Abdallah, quicontrôle tout le reste des médias grâce à une agence d’État :L’ATCEL’Agence Tunisienne de Communication Extérieure estl’organisme mis en place par Abdelwahab Abdallah pour mettre aupas les médias qui aspireraient à une quelconque liberté d’expressionet contrôler ainsi toute émergence d’une société civile.L’ATCE gère le budget publicitaire de toutes les entreprises étatiqueset l’utilise pour soumettre les médias à l’autorité de M. AbdelwahabAbdallah.Exemple : un média tunisien s’exprime d’une façon qui ne plait pas aurégime. Immédiatement, le service des commandes publicitaires del’ATCE est averti et retire à ce média toutes les publicités étatiquesqui lui sont dévolues. Il ne reste alors qu’un seul choix au responsabledu média en question : se limiter aux insertions du secteur privé. Or,Abdelwahab Abdallah et ses sbires vont jusqu’à influencer les choixpublicitaires des entreprises privées en appelant les responsables pourleur conseiller de retirer leur budget au média en question.Mais il ne faut pas croire que l’essentiel de cet argent va aux médiasamis. Plusieurs millions d’euros de l’ATCE (donc des entreprisespubliques) sont destinés à financer la communication extérieure de M.Abdelwahab Abdallah en payant à tour de bras :• des médias réputés indépendants (Jeune Afrique, Arabies, TunisiePLUS…)• des responsables politiques étrangers.• des auteurs de livres qui font l’apologie du régime, comme ceux dujournaliste-mercenaire Salvatore Lombardo qui présente Ben Alicomme une grande personnalité politique internationale, porteuse d’ungrand message humanitaire.En même temps, l’ATCE compte, partout dans le monde, desprotégés, des agents qui, à la première alerte politique, écrivent desarticles et produisent des reportages soulignant l’excellente 12
    • gouvernance de la Tunisie. Il est utile de préciser que ce ne sont queles médias nationaux qui reproduisent l’essentiel de ces articles etreportages, et ce, pour mieux tromper les Tunisiens en voulant leurfaire croire que les médias internationaux parlent de la « réussite de laTunisie de Ben Ali » alors qu’il ne s’agit que de journalistes payés.La communication politique de M. Abdallah s’évertue également,envers l’opinion publique étrangère, à présenter Ben Ali comme unbouclier contre l’islamisme radical. A chaque crisette ou crise, sesjournalistes-agents véreux crient au loup : « Les islamistes veulentprendre le pouvoir » ! Or la population tunisienne dans son écrasantemajorité a toujours renié l’islamisme radical. Seul le comportementindigne et irresponsable des proches du régime pousse les Tunisiensvers l’extrémisme.D’ailleurs, nous avons appris que face à la révolte actuelle, lesconseillers politiques de Ben Ali ont évoqué la nécessité d’une grandemanipulation destinée à détourner la population de ses revendicationslégitimes. En effet, une action terroriste islamiste commanditée par lepouvoir serait en gestation. C’est tout ce que ces conseillers de BenAli auraient trouvé pour salir cette révolte non violente et légitime.Cette recette consistant à brandir l’épouvantail de l’islamisme radicalest une recette vieillotte qui ne trompe plus personne et qui renvoie àchaque fois aux calendes grecques les réformes nécessaires au pays.Les manœuvres de désinformation à grande échelle sont subies parla Tunisie depuis les premières années du régime de Ben Ali. Mais lanullité de la communication politique tunisienne a détournél’ensemble de la population vers les chaînes étrangères, Al Jazera enpremier lieu.En fait, la politique de communication dirigée par M. Abdallah est unvéritable désastre national : l’ensemble de la population ne fait plusaucune confiance aux médias nationaux qui ont par ailleurs étédurement visés par les slogans des manifestants de l’hiver 2010/2011qui font l’apologie d’Al Jazeera.Il faut aussi rajouter à l’actif de M. Abdelwahab Abdallah l’une desplus stupides opérations de censure de toute la planète. En effet, à lafin des années 90, un livre dénonçant les dérives de Ben Ali étant paruà Paris, Monsieur Abdallah donna l’ordre d’acheter tous les 13
    • exemplaires. C’est ainsi qu’il propulsa ce livre au top des ventes, luidonnant un succès et une notoriété inespérés.Cette leçon n’a même pas servi à Monsieur Abdallah, car une autreversion de la même bêtise a été renouvelée une décennie plus tardconcernant le livre « La Régente de Carthage ». La plainte déposéesans base juridique devant le tribunal des référés à Paris par Me SamiaMaktouf, dont l’habileté s’est limitée à l’obtention des faveurs deMme Ben Ali, a donné au livre un coup de pouce publicitaire sansprécédent puisque tous les journaux en ont parlé. Autre conséquencedes limites intellectuelles de ces deux conseillers politiques de Ben Ali: la campagne de fouilles opérée durant des mois aux aéroportstunisiens à la suite de la publication de « La Régente de Carthage »restera dans les annales : les douaniers et policiers avaient reçu l’ordrede demander à tous les arrivants en Tunisie : « Avez-vous des livresdans vos bagages ? ». Beaucoup ont dû croire que les livres, comme ladrogue ou les explosifs, étaient interdits en Tunisie.Triste résultat pour l’un des rares pays au monde ayant 3000 ans decivilisation.l’immobilierFaire une liste des biens et opérations immobilières concernant lafamille élargie de Ben Ali est une opération de longue haleine.Nous citerons, dans le tas, la razzia opérée par Belhassen Trabelsi surles maisons de Sidi Bou Said et l’acquisition au dinar symbolique duvillage touristique construit autour du port de Sidi Bou Said et legroupe des hôtels Carthago vendu dernièrement au libyen Leico.A Gammarth, Slim Chiboub et Aziz Miled ont construit une marina.La zone « Les Côtes de Carthage » a été presque entièrementdistribuée par l’Agence Foncière Touristique aux Ben Ali, Trabelsi,Mabrouk, etc…La plupart des opérations immobilières du pays sont aux mains de lafamille. Ben Ali leur distribue des zones entières. Il l’a fait pourMontassar Maherzi (époux de la sœur de Mme Ben Ali)à Gabès, pourlui-même à la Baie des Anges au Kantaoui, il a distribué à tour de brasdes dizaines de milliers d’hectares de terres agricoles à ses proches(Utique, Zagouan etc…). 14
    • L’agence fonciere d’habitationL’AFH, agence étatique qui a garanti, durant des décennies, auxfoyers tunisiens à revenu faible ou moyen l’accès à la propriété estdevenue une véritable pompe à fric au bénéfice des proches dupouvoir qui en usent pour soudoyer tous ceux qui les soutiennent.C’est ainsi que les proches du pouvoir mettent en danger l’un desmeilleurs acquis de l’histoire sociale de la Tunisie : l’accession à lapropriété.LES TERRAINS DE LA SATPEC A GAMMARTH.La SATPEC, organisme fondé pour la promotion du cinématunisien, a été concédée à une société appartenant à Tarak BenAmmar. Mais là où le bât blesse, c’est qu’avant cette opération, tousles terrains compris dans la concession ont été retirés et vendus pourpromotion immobilière, toujours en faveur de la famille.les TERRAINS De la stegSuite à la privatisation de la Société Ennakl, celle-ci s’est illégalementapproprié un terrain public de plusieurs hectares rendu accessible suiteà la fermeture de la centrale électrique de La Goulette. Sur ce mêmeterrain qui possède une berge sur les rives du Canal de Tunis, àquelques centaines de mètres du port, M. Matri a fait construire unvillage touristique comprenant un quai destiné aux bateaux decroisières et un centre commercial de plusieurs dizaines de boutiques,le tout bâti sur un terrain appartenant à l’État et concédé au HoldingPRINCESS (appartenant à hauteur de 90% à Ben Ali et 10% à Matri)sans aucune consultation ni appel d’offres.Cette véritable razzia sur les croisières, dont profitait auparavant l’Étatpar l’intermédiaire de l’OPAT, touche également l’ensemble descommerçants du tourisme qui voient petit à petit les croisiéristeslimiter leur visite au port touristique de M. Matri.Drôle de façon de promouvoir le tourisme tunisien en limitant la visitedes touristes aux berges du canal de Tunis, alors que le parcarchéologique de Carthage, l’un des plus prestigieux de laMéditerranée, est juste à côté.les terrains de la sonede 15
    • Le même M. Matri n’a pas trouvé mieux pour élever un palais des1001 nuits que de le bâtir à Sidi Bou Said, sur un terrain appartenant àla Compagnie tunisienne des Eaux : la SONEDE.Comment ce terrain est-il sorti du patrimoine de la SONEDE pouraboutir dans celui de M. et Mme Matri, les Tunisiens aimeraient bienle savoir. Mais le vol manifeste des biens de l’État ne suffit pas, carpar la construction de ce palais, la famille de M. Ben Ali, certainementfrustrée par la richesse des familles royales du Golfe, a exposé à tousles regard sa folie des grandeurs car cette habitation de 8 000m2construits contient – outre une mosquée et un garage de plusieursmilliers de m2 – une chambre à coucher de 700m2, sans compter lesfauves dans le jardin. L’ambassadeur des USA n’a pas manqué de lepréciser avec un humour moqueur dans un câble révélé par Wikileaks.Bref, la bêtise et l’avidité sont telles que la famille de M. Matri – unedigne famille tunisienne dont un ancêtre est un héros del’Indépendance du pays – renie les frasques du rejeton qui s’estacoquiné avec un pouvoir dont les pratiques doivent faire se retournerdans sa tombe le grand et digne Mahmoud el Matri.jardin public au bénéfice de la familleLa Tunisie compte peu de lieux de loisirs mythiques. Il a fallu raser ledernier d’entre eux, une boîte de nuit qui a fait la notoriétéinternationale de l’ambiance nocturne tunisienne. On a détruit cetendroit pour construire un jardin public parsemé de lieux de loisirstout à fait privés. En effet, un club privé et un centre dethalassothérapie gérés par Mme Ben Ali et sa sœur ont été édifiés surce terrain public. L’investissement a été financé par le frère de MmeBen Ali, Belhassen Trabelsi, et son associé Hamadi Touil.On se demande une nouvelle fois comment les mairies – qui sont sisouvent tatillonnes sur leurs privilèges – accordent avec autant depasse-droits des concessions et des permis de bâtir sur leurs propresdomaines sans aucune consultation ni appel d’offres.En fait, il s’agit encore du phénomène de deux poids, deux mesures ».Les biens de la communauté sont entièrement dévolus aux proches deBen Ali en faveur desquels aucune loi ne s’applique, à part celle duplus fort.La grande distribution 16
    • CarrefourLicence obtenue par l’entremise de Slim Chiboub qui a conditionnéson intervention contre une somme faramineuse.GéantLicence obtenue par la famille Mabrouk grâce à Mme Mabrouk, fillede Ben Ali.MonoprixEgalement entré dans le patrimoine des Mabrouk.BricoramaAffaire entièrement réalisée par M. Mahbouli puis carrémentconfisquée par Imed Trabelsi.INDUSTRIEOutre les briquetteries qui ont fait l’objet d’une concentration auxmains du discret mais néanmoins actif Slim Zarrouk, époux deGhazoua Ben Ali, il est utile de mentionner le plus grand scandale del’histoire financière de la Tunisie :Carthage cementEn matière de détournement de biens publics, l’affaire CarthageCement est celle où les excès les plus incroyables ont été réalisés.Un pool industriel international mené par des Italiens a proposé àl’État tunisien l’achat de la cimenterie de Tunis. Après plusieurs moisde travail et après avoir obtenu l’essentiel des autorisationsnécessaires, au moment de signer le contrat définitif avec l’Étattunisien, les industriels sont contactés par Belhassen Trabelsi quiconditionne l’accord de l’État à 20% de l’affaire (80 millions dedinars).Choqués par ces pratiques, les industriels se retirent, laissant àBelhassen Trabelsi l’affaire qu’ils avaient montée.Celui-ci procède alors à l’appropriation de plus de 400ha de terrain(acquis au dinar symbolique) appartenant à l’État et en flagranteirrégularité avec toutes les règles, fait entrer en bourse CarthageCement qui n’a aucun bilan, et ce, grâce à des banquiersirresponsables. Pour couronner le tout, la Société Tunisienne desChemins de Fers se permet de financer, pour Carthage Cement, 15 17
    • kms de voies de chemin de fer. Le ministère des Transports etl’Assemblée Nationale n’y voient aucun inconvénient. Ne citons pasla Cour des Comptes, la Commission de contrôle des opérations debourse ni tous ces organismes de contrôle mis en place par le régimepour mieux tromper son monde et qui harcèlent tous les Tunisienssauf ceux qui mettent le pays sous leur coupe réglée.Carthage Cement constitue certainement le plus gros scandale de l’èreBen Ali, et ce, avec la complicité active de plusieurs hautsresponsables.DIVERSES AFFAIRESL’International School of Carthage.Un terrain et une subvention d’à peu près 2 millions de dinars duministère de l’Education nationale accordés gracieusement à MmesBen Ali et Arafat pour la création d’une école privée !Alors que les écoles tunisiennes subissent un manque flagrant debudget de fonctionnement, alors que les classes sont dans un état dedélabrement avancé, un budget national est alloué à une école élitisteprivée !Comme si tout cela ne suffisait pas, pour obliger les Tunisiens àinscrire leurs enfants dans son école, Mme Ben Ali a usé de tout sonpouvoir pour fermer la principale institution concurrente. Le fondateurde cette institution, M. Bouabdeli, a été obligé de mener une véritablecampagne de presse internationale, ponctuée par la publication d’unlivre, pour pouvoir recouvrer ses droits. Sans succès.Comme l’a révélé Wikileaks, Mme Ben Ali s’est même frottée àl’Ecole américaine de Tunis en ordonnant au ministère des Financesd’annuler le régime de faveur fiscale dont bénéficiait l’institutionaméricaine. Il faut préciser que suite à la petitesse de ces pratiques, legouvernement américain a revu à la baisse ses aides économiques à laTunisie.Les bananes de la républiqueComme cela devait se faire dans une république devenue bananière,l’importation des bananes a été retirée à l’une des plus prestigieusessociétés de développement tunisienne, la STIL, qui avait lancé, audébut de la Tunisie indépendante, un exceptionnel plan de 18
    • développement du Sud et qui bénéficiait de plusieurs monopolesd’État. L’un de ces monopoles concernait l’importation de bananesqui été soustrait à cette société nationale de développement pour êtreaccordé aux membres de la famille Trabelsi, Moncef, ancienphotographe de rue et M. Jaraya, son acolyte.Il faut préciser que les ministres du Commerce se pressaient pour leursigner les licences d’importation et obtenir ainsi les faveurs dupouvoir.La sucrerie de BizerteL’importation du sucre était un monopole d’Etat, mais pour mieux sesucrer, M. Belhassen Trabelsi, frère de Mme Ben Ali, a décidé de sesubstituer à ce monopole d’Etat en créant sa propre usine à Bizerte. Ils’est même approprié une partie du port de Bizerte pour y installer sessilos. Et ce, avec l’homme d’affaires prête-nom Lotfi Abdenadher.LES ALCOOLSComme tout État en développement, les monopoles juteux avaient étéaccordés, comme nous l’avons vu plus haut, à des Sociétés deDéveloppement destinées à mettre à niveau l’économie tunisienne.C’est ainsi que le monopole d’importation et de distribution desalcools appartenait, lui aussi, à la STIL. Mais la liquidation de cetteentreprise particulièrement juteuse ne s’est pas fait attendre et lesTrabelsi ont immédiatement mis la main sur ses divers monopoles etmême sur le marché noir de l’alcool, dont la distribution passeobligatoirement par Imed Trabelsi.Et c’est ainsi que l’œuvre de développement de la Tunisie a étéabandonnée au profit de quelques personnes sans envergure, pour leurseul profit.Des régions entières sont ainsi tombées en désuétude, complètementabandonnées par un État devenu soucieux du seul enrichissement deBen Ali et de ses proches qui à leur tour récompensent les agentsvéreux de l’État en leur accordant des postes en haut lieu.L’explication de la déchéance de tout un pays apparaît alors dans toutesa simple vérité.Les trabelsi et Les Ben ali se substituent à la douane 19
    • Une multitude de sociétés officient depuis des années au vu et au sude tout le monde pour permettre à certains commerçants tunisiensd’importer des produits sans droits de douane avec un prix fixe aumètre cube importé.Les conteneurs passent la douane sans aucun contrôle. Cette pratiqueavait créé un scandale en décembre 2006 à la suite d’une attaqueintégriste à Soliman. Tout le monde se demandait si les intégristesn’avaient pas fait entrer les armes dans ces conteneurs non contrôlés.Cette pratique d’importation sauvage contribue à appauvrir tout letissu industriel tunisien, alimente le marché parallèle de produits etd’objets volés et provoque la faillite des honnêtes commerçants.Les principaux bénéficiaires de ce trafic sont Jalila Trabelsi, sœur deMadame Ben Ali, et Hayet et Kaies Ben Ali, sœur et neveu duprésident et d’autres membres de la famille que nous citerons laprochaine fois.Imed trabelsi kidnappeurUn homme d’affaires tunisien opérant en Libye ayant étéapproché par Imed Trabelsi à propos d’un gros contrat avec laLibye a refusé de partager l’affaire avec lui. Imed a promis qu’ilse vengerait et c’est ainsi que quelques jours plus tard, le petit-filsde l’homme d’affaires a été enlevé.L’affaire – grandement médiatisée – a pris des proportion nationales,mais l’intervention de Mme Ben Ali a sauvé son neveu du scandale.LE THON TUNISIEN, MONOPOLE DE M. MOURADTRABELSI, FRERE DE MME BEN ALIL’exportation du thon est depuis quelques années devenue monopolepersonnel de Mourad Trabelsi qui est également le seul individuautorisé en Tunisie à en faire l’élevage et à l’exporter.Pêche au Lac de TunisLe même Mourad Trabelsi a obtenu, par l’intermédiaire d’un Italienprête-nom, le monopole de la pêche au Lac de Tunis. Son uniquecontrepartie : nettoyer les algues du Lac.Quel est le prix de la concession ; comment a-t-elle été accordée ?Mourad Trabelsi paye-t-il des impôts en contrepartie de ces énormesprivilèges ? 20
    • La friperieMême système, mêmes bénéficiaires. La friperie n’a pas échappé auxproches de Ben Ali, dont elle est devenue une chasse gardée !ConclusionCette énumération est rébarbative tellement le manque d’imaginationdes proches de Ben Ali est éprouvant en matière de détournement debiens publics et autres enrichissements illégaux.Nous préparons un second dossier où nous poursuivronsl’énumération de ces scandales qui ne doivent jamais être oubliés pourque ces gens qui ont mis le pays à genoux puissent payer un jour tousleurs méfaits.Nous tenons également à avertir les Tunisiens des arnaques qui sontdéjà en cours de préparation, tel le déclassement du terrain de l’ IHECà Carthage. En effet, les proches du Président considèrent que ceterrain, merveilleusement placé sur le versant de l’historique Carthage,conviendrait bien mieux à la construction de dizaines de villas pourleur compte. La même logique a été adoptée pour le stade Zouiten,situé sur les hauteurs du Belvédère et de Mutuelleville. La mêmelogique a été adoptée pour le versant sud de la colline de Gammarthoù les constructions vont très bientôt être entamées par un certainImed, clone de son homonyme trabelsien et prête-nom de certainsmembres de la famille et qui a déjà loti un terrain archéologique entreCarthage et La Marsa, terrain déclassé par un ancien dirigeant del’Institut du Patrimoine et par des complicités au sein du ministère dela Culture, nous y reviendrons aussi.Nous parlerons également du neveu de Ben Ali, Monsieur MehdiMlika, et de sa politique d’embellissement de l’environnement quis’est soldée par la simple exécution d’une « Avenue del’environnement » dans chaque ville de Tunisie. L’embellissement deces artères, qui a consisté en quelques bacs à fleurs et terre-pleinsgazonnés et quelques horreurs artistiques, a coûté des fortunes dont lesprincipaux bénéficiaires sont Mehdi Mlika et Ben Ali, parl’intermédiaire d’entrepreneurs véreux qui n’ont ramassé que desmiettes. Bref ce sont les budgets des municipalités et du ministère del’Environnement qui en ont pâti. 21
    • Nous évoquerons aussi le hold-up réalisé au profit de Sakhr el Matri etdu fils de Ben Ali par l’achat au nominal des actions du groupe Nestlédétenues par la Banque Nationale Agricole depuis une cinquantained’années. Nestlé International a violemment réagi devant ces pratiquesdignes des pires républiques bananières.Nous évoquerons aussi l’acharnement avec lequel la famille de BenAli se réserve tous les marchés publics du pays, contribuant ainsi àappauvrir l’État en imposant des prix qui n’ont rien à voir avec laréalité des offres.Nous parlerons du monopole accordé à Moncef Trabelsi dans letransport des produits pétroliers dans tout le pays, nous évoquerons lesmalversations ayant eu lieu autour des projets immobiliers géants deSama Dubai et de Boukhater et qui ont engrangé de tellescommissions qu’ils ont fini par couler malgré des terrains acquisparfois au dinar symbolique et alors que nos propres entrepreneurssont écartés de ces projets juteux.Sans oublier la résidence de St Tropez, acquise par Ben Ali et safemme sous la médiation de Sakhr el Matri et François Benaceur.Nous n’évoquerons pas la saga Imed Trabelsi/Faouzi Mahbouliconcernant Bricorama car elle est étalée en large et en travers surInternet.Par contre, nous reviendrons sur l’affaire de l’aéroport des pèlerins,construit sans appel d’offres ni consultation et ayant coûté 10 fois sonprix.Nous parlerons aussi de l’aéroport international d’Enfida et de laconcession remportée par la Société turque TAV. Cette société,représentée par Belhassen Trabelsi et Youssef Zarrouk, n’était pas enmesure de payer la concession. Belhassen Trabelsi leur a concocté,avec l’intervention de Ben Ali, un concours bancaire en dinarstunisiens alors que le paiement était prévu en dollars. Comment cecrédit sera remboursé alors que l’aéroport reste désespérément désert ?Nous dévoilerons également dans le prochain dossier d’autresdétournements de milliards de dinars à l’OACA, à la Poste, à TunisieTélécom, au groupe chimique, au ministère de l’Environnement, etc. 22
    • Nous appelons les responsables honnêtes, s’il en demeure, de réagir leplus vite possible en désignant une commission d’enquêteindépendante qui devra faire la lumière sur toutes ces affaires.Nous appelons également tous les responsables politiques à saisir lagravité de la situation et à s’entendre pour déposer Ben Ali et procéderà l’arrestation de toute la clique qui a procédé à un véritabledépècement du pays.Il faut avoir présent à l’esprit que ces personnes sans scrupules sontprêtes à mettre le pays à feu et à sang pour glaner encore quelquesmois au pouvoir, de quoi leur permettre de finaliser leurs opérationsen cours.Il faut que les consciences s’éveillent, que les responsables politiqueset ceux de la sécurité du pays, militaires compris, cessent de faireallégeance à des individus sans foi ni loi qui utilisent le prestige dupouvoir pour faire ce que bon leur semble sans aucun sens desresponsabilités ni même de la mesure.Tous les responsables savent que tout ce qui est écrit ici est vrai etnous tenons à les avertir que s’ils continuent à faire la sourde oreille,ils se mettrons dans la position définitive de complices de la mise àsac du pays.Nous appelons également les responsables de la sécurité du pays derefuser de s’engager dans des complots qui visent à faire changerl’opinion des Tunisiens et à les garder sous un régime qui ne peutaboutir qu’à la désintégration du pays.Nous remercions de tout cœur tous ceux qui nous ont permis deréaliser ce dossier, ils ne l’ont fait sans aucun calcul, simplement parnationalisme, pour défendre ce pays qui ne mérite pas ses dirigeantsactuels.Nous tenons encore une fois à évoquer ceux qui se sacrifient pour quela Tunisie ne soit plus jamais à la solde de tristes individus. Tous ceuxqui défilent, se battent, parlent et écrivent sont le fer de lance de notrepays car ils le font tout en sachant qu’ils se battent contre l’une despires dictatures de notre temps.Nous appellons tous les Tunisiens à continuer à manifesterpacifiquement leur ras le bol, à ne pas toucher aux biens communs. 23
    • Nous appelons enfin une nouvelle fois les responsables à se comporteravec force et honneur et à réagir à la mise à sac du pays en déposantBen Ali, le premier responsable de cette situation.Nous proposons comme alternative politique l’élévation du premierministre actuel, M. Mohamed Ghanouchi, au poste de Président de laRépublique pour une période d’une année pendant laquelle aura lieu laconsolidation de la société civile née des événements actuels etl’organisation d’un tribunal spécial.Nous appelons la convocation d’une Assemblée NationaleConstituante pour un changement constitutionnel relatif au rôle et aumandat du chef de l’État dans le sens de leur réduction pour que plusjamais aucun individu ne confisque aux Tunisiens leur pays.Plus d’un demi-siècle de dictature et de culte de la personnalitésuffisent. Nous proposons que chaque futur dirigeant de la Tunisien’ait la possibilité de gouverner que durant un unique et court mandat,pour laisser à la société civile tunisienne, qui durant ces dernièressemaines a merveilleusement résisté au terrible système de Ben Ali, lapossibilité d’émerger définitivement.Au nom de tous les Tunisiens dignes. 24