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Cours sémiotique appliquée à la communication

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Cours sur différents courants sémiotiques appliqués à la communication

Cours sur différents courants sémiotiques appliqués à la communication

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  • 1. Sémiotique appliquée à la communicationAlexandre Coutant, ELLIADD, OUN, Université de Franche-Comté alexandre.coutant@univ-fcomte.fr @acoutant Diffusable sous licence Creative Commons – CC BY-SA 3.0 http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/
  • 2. • Bibliographie : – Adam Jean-Michel, Bonhomme Marc. Largumentation publicitaire. Rhétorique de léloge et de la persuasion. Paris : Nathan, 2003. – Everaert-Desmedt Nicole. Le processus interprétatif. Introduction à la sémiotique de Charles Sanders Peirce. Liège : Mardaga, 1990. – Floch Jean Marie. Sémiotique, marketing et communication. Sous les signes, les stratégies. Paris : PUF, 2003. – Floch Jean-Marie. Identité visuelles. Paris : PUF, 1995. – Hetzel Patrick. Planète conso : Marketing expérientiel et nouveaux univers de consommation. Paris : Editions d’organisation, 2002, 392 p. – Joly Martine. Introduction à l’analyse de l’image. Paris : Nathan, 2000. – Vanoye Francis, Goliot-Lété Anne. Précis d’analyse filmique. Paris : Nathan – Veron Eliseo. L’analyse du contrat de lecture : une nouvelle méthode pour les études des positionnements des supports de presse. IREP : Les médias, expériences, recherches actuelles, applications. 1985, pp.203-229. – Veron Eliseo. La semiosis sociale. Saint-Denis : Presses universitaires de Vincennes, 1987, 230 p.
  • 3. Est-ce une bonnePublicité ?
  • 4. Et celle-ci ?
  • 5. Quelle est la meilleure une ?
  • 6. FNAIM : avec le cube, c’est carréEst-ce une identité visuelle signifiante et cohérente ?
  • 7. Est-ce de l’art ?
  • 8. Quel panneau sera la plus efficace ?Nécessite un grand Bagage culturel moindre : Bagage culturel minimal :bagage culturel : -Code couleur -Association panneau / réel-Langue -Forme du panneau-Code couleur -Signification main tendue-Forme du panneau-Lien entre stop et danger
  • 9. Un postulat erroné : C’est FACILE Constats : -Subjectif peu efficaceCommuniquer - Polysémie intrinsèque à toute communication - Matière à distinction
  • 10. Nombreuses raisons d’échec• Mortalité des messages : – 1000 à 3000 messages par jour, plus de 4000 aux USA : au moins 90 % ne sont pas remarqués – Scores d’attribution souvent médiocres• Nos sens filtrent : on crée notre réalité (physique et culturel)• Certains énoncés encouragent les interprétations multiples, d’autres les dissuadent (exemples : Lynch vs Canet)• Sémiotique appliquée : – Deux visions : immanence et régularités physiologiques et culturelles – Les connaître permet de tenter de maximiser les chances de compréhension (ex : paix, paix + colombe, paix + colombe + armes rayées, etc)
  • 11. Définition• Science qui prend pour objet l’ensemble des phénomènes de signification – Les codes vestimentaires, les panneaux routiers, les parcours d’achat, les logos, etc. – Sémioticien : spécialiste du sens. Analyste et aide à la production. • Intervention : sens (convergence des signes, culture, imaginaire), ergonomie, design, histoire et anthropologie des objets
  • 12. Variété des applications et des courants• Deux traditions : – Linguistique saussurienne – Philosophie anglo-saxonne peircienne• De nombreux domaines d’application. Seront abordés : – Modèles de la communication – Contrat de communication – Sémiologie de l’image – Sémiotique narrative
  • 13. Quelles applications ?
  • 14. Quelles applications ?
  • 15. Quellesapplications ?
  • 16. La modélisation du processus de communication
  • 17. La modélisation du processus de communication• Modèle de Shannon et Weaver SOURCE – MESSAGE - CODAGE – CANAL - DÉCODAGE - MESSAGE - DESTINATAIRE• AVANTAGES : ce modèle va mettre en lumière les facteurs qui vont perturber la transmission de linformation (bruit).• INCONVÉNIENTS: cest un schéma technique qui ne prend pas en compte les situations de communications et le facteur humain. Il ignore la pluralité des récepteurs. Il laisse de coté les éléments psychologiques et sociologiques. Il y a absence de boucle de rétroaction.
  • 18. La modélisation du processus de communication• Modèle de Lasswell « Qui, dit quoi, par quel canal, à qui et avec quel effet ? »• Avantages : opératoires (cf les 5W : who, what, where, when, why en journalisme ou méthode QQOQCPC : Qui, Quand, Où, Quoi, Comment, Pourquoi, Combien), adaptable, pose le problème de l’efficacité• Inconvénients : focalise sur la production du message. Ne s’intéresse pas à la formulation des discours. Peut laisser imaginer une toute puissance des émetteurs
  • 19. La modélisation du processus de communicationFonctions de JakobsonSociété Compendium étude 2012 : taille idéale message sur Linkedin : 25 mots, surTwitter 11 à 15. Point dinterrogation sur Twitter baisserait taux de clics, pointdexclamation l’augmenterait. Hashtag passe bien auprès des professionnels mais peudimpact auprès du grand public.
  • 20. Application• Fonctions expressive et • Fonctions poétique, phatique et conative : stratégie. métalinguistique : – Offre – Support à choisir • Définition générale de l’offre • Média • Plus produit • Hors-média • Informations nécessaires – Matériau linguistique – Cible • Nom de la marque ou du • Marché cible produit/service • Segment de marché • Slogan • Cœur de cible • Texte – Effets recherchés – Matériau iconique • Personnages• Fonction référentielle • Décors – Caractéristiques générales du • Lieux public visé • Vêtements – Type d’étude adapté • Accessoires – Compte-rendu des connaissances • Etc. de notre public
  • 21. Le contrat de communication
  • 22. La sémiotique peircienne• La phaneroscopie : trois catégories pour rendre compte des phénomènes
  • 23. La sémiotique peircienne• Phanéroscopie : • La priméité est la conception de l’être indépendamment de toute chose (qualité) • La secondéité est la conception de l’être relatif à quelque chose d’autre (événement) • La tiercéité est la médiation par quoi un premier et un second sont mis en relation (loi)
  • 24. La sémiotique peircienne1 2 3Qualité/potentialité Fait/événement Pensée/loi/règleEtre Faire direVégétal Animal Humain
  • 25. La sémiotique peircienne InterprétantLe processus sémiotique estun rapport triadique entreun signe ou representamen(premier), un objet (second)et un interprétant(troisième). Representamen/signe Objet
  • 26. La sémiotique peircienne I I O O I OR O
  • 27. Trichotomie de l’objet• Icône : un signe renvoie à son objet de façon iconique lorsqu’il ressemble à son objet• Indice : un signe renvoie à son objet de manière indicielle lorsqu’il est réellement affecté par cet objet• Symbole : un signe est un symbole lorsqu’il renvoie à son objet en vertu d’une règle, d’une loi, d’une association d’idées générales
  • 28. Contrat de communication• Emploi de Peirce par Veron dans une perspective communicationnelle• Message se distingue en deux plans – Énoncé : contenu informatif – Énonciation : position prise par l’énonciateur et donnée à l’énonciataire dans le message • Paul est parti / je prétends que Paul est parti / nous savons bien que Paul est parti / il est de notoriété publique que Paul est parti / etc – Donne lieu à un contrat de communication que l’énonciataire est libre d’accepter ou refuser
  • 29. Contrat de communication• Contrat est identifié par un réseau discursif – ensemble (situé) de règles de formulation des discours (pris ici au sens large) dépassant le simple cadre linguistique en intégrant le contexte entier• Régularité de marques (indices) deviennent des traces constitutives d’un réseau discursif – Pour étudier la grammaire de production du contrat (ce qu’effectue l’énonciateur), la méthode consiste à analyser des corpus importants de discours d’une marque ou d’un univers concurrentiel pour trouver les régularités et les différences témoignant d’un changement de réseau discursif
  • 30. Application au positionnement• Emploi par Eliseo Veron dans le domaine de la presse magazine : – Deux magazines ont la même cible, des rubriques équivalentes, des manières de traiter les sujets semblables mais n’ont pas le même succès, pourquoi ? – Deux individus relèvent des mêmes PCS et motivations ou socio-styles mais ne lisent pas le même journal, pourquoi ? • Les études classiques répondent difficilement à ces questions • L’étude des contrats de communication permet de révéler des positionnements très différents sous ces apparentes similitudes
  • 31. Application au positionnement• Thème récurrent : régimes avant l’été – « Nous mincirons ensemble » – « Les 5 régimes les plus efficaces » – « Cet été, c’est le bikini ! (alors lâche ce cookie) » – « Nos plans minceurs en exclusivité »
  • 32. Sémiologie de l’image
  • 33. La sémiologie binaire• Du linguiste suisse Ferdinand de Saussure – « la science qui étudie la vie des signes au sein de la vie sociale » – « On peut donc concevoir une science qui étudie la vie des signes au sein de la vie sociale ; elle formerait une partie de la psychologie sociale, et par conséquent de la psychologie générale ; nous la nommerons sémiologie. Elle nous apprendrait en quoi consistent les signes, quelles lois les régissent. Puisqu’elle n’existe pas encore, on ne peut dire ce qu’elle sera ; mais elle a droit à l’existence, sa place est déterminée d’avance. La linguistique n’est qu’une partie de cette science générale… »• Développée par d’autres (Hjemselv, Barthes) mais fondée sur les principes qui animent la linguistique saussurienne
  • 34. Le signe• Signe : association d’un signifiant et d’un signifié – Signifiant : image acoustique – Signifié : concept
  • 35. Le triangle sémiotique référentsignifiant signifié
  • 36. Raison du qualificatif « binaire »• Refus d’intégrer le référent à l’étude• Concentration sur le système idéal-typique de la langue• Distinction langage – langue – parole et intérêt exclusif pour la seconde• Binaire (juste signifiant et signifié) par opposition à la sémiotique ternaire qui prend les trois constituants en compte
  • 37. Le structuralisme• Un mouvement influant sur toutes les disciplines durant le siècle• La volonté d’expliquer les choses en faisant appel aux structures qui les déterminent• La tendance à faire découler directement des structures les comportements : déterminisme
  • 38. Arbitraire du signe• Motivé vs arbitraire – Motivé : il existe un lien naturel entre le signifiant et le signifié – Arbitraire : le lien entre le signifiant et le signifié relève d’une norme• Intérêt : ces deux modes de communication vont permettre de toucher des publics différents
  • 39. Linéarité du signifiant linguistique• Linéarité du signe linguistique – Axe syntagmatique (Sujet-Verbe-Complément en français) – Deuxième axe paradigmatique (joli / beau / magnifique / charmant / ou au contraire moche / laid, etc.) = le sens vaut par un système• Intérêt : avoir conscience de ces potentiels peut encourager à établir une liste des formulations possibles et augmenter les choix
  • 40. Deux développements de la sémiologie binaire • Dans un sens restreint : la sémiologie de la communication, reposant sur une intentionnalité de l’émetteur Emetteur – Message – Récepteur • Dans un sens large : la sémiologie de la signification qui s’occupe de la communication intentionnelle mais aussi de celle où il suffit qu’il y ait un récepteur conscient. Watzlawick : « on ne peut pas ne pas communiquer »
  • 41. Différentes formes de signes• Signe : quelque chose de perceptible qui renvoie à autre chose – Signaux : signes avec intention de communication – Indices : signes sans intention de communication
  • 42. Tripartition des indices• Présage (ou augure) : tout ce qui annonce un phénomène à venir (l’exemple des nuages)• Symptôme : tout ce qui indique un phénomène présent (le terme est d’ailleurs utilisé en médecine où il s’agit de découvrir la maladie par les indices qu’elle laisse : le bâillement est symptomatique de la fatigue, etc.)• Empreinte : tout ce qui donne des renseignements sur ce qui est arrivé (les traces de pas indiquant au policier la direction qu’a prise le fuyard)
  • 43. Signes Vs Stimuli• Signe : il y a un récepteur conscient qui interprète• Stimulus : événement du type action/réaction (le fonctionnement de notre système nerveux par exemple)• Faux intérêt : la manipulation pavlovienne, les images subliminales
  • 44. Sémiologie de l’image• Codes sémiotiques ne relevant pas de la langue – Développée par Roland Barthes et utilisée par de nombreux auteurs (Peninou, Joly)• Image : un terme polysémique… Mais qui ne semble pas gêner notre compréhension de ses divers emplois – Part d’un principe simple : interprétation est réductrice (ex : Joconde) – Pour l’éviter, lister les éléments, et seulement ensuite interpréter – Postulat qu’éléments de l’image discrets et listables. Leur addition fait le sens global (principes syntagmatique et paradigmatique) – Grilles d’analyse : exploration des messages complémentaires (dénoté, connoté, linguistique)
  • 45. La sémiologie de l ’image• Modèle de Barthes : – Basé sur la linguistique saussurienne. Poursuit les mêmes buts que Saussure vis à vis de la langue• Langage iconique vs langage symbolique – Icône : “ tout signe ressemblant à ce qu’il représente ”
  • 46. Icône et symbole• Icône est motivée / symbole est arbitraire – Motivation : il y a motivation lorsqu’il y a quelque chose de naturel dans le lien entre le signifiant et le signifié (par exemple, la fumée qui évoque le feu est liée à lui dans le monde réel par un rapport de cause à effet) – La motivation n’est jamais absolue – Peut relever d’une convention, d’un code :
  • 47. Passage du motivé à l ’arbitraire• Pictographes :• Idéographes :• Alphabet :
  • 48. Dimensions du sens• Message dénoté vs message connoté Signe Signifiant Signifié
  • 49. Dimensions du sens• Message dénoté vs message connoté Signe ‘ connoté Signe dénoté / signifiant ‘ Signifié ‘Signifiant Signifié
  • 50. Exemple• Message dénoté vs message connoté Paix Absence de conflit, Colombe de guerre, de violence Animal volant kοιõβ blanc...
  • 51. Trois messages• Message linguistique• Message plastique, littéral, dénoté• Message symbolique, culturel, connoté
  • 52. La sémiologie de l ’image• Ancrage
  • 53. La sémiologie de l ’image• Relais
  • 54. Publicité Marlboro Classsics
  • 55. • Contexte : – Nouvel Observateur du 17 octobre 1991. Description du lectorat du support (partie presse/annonceurs).• Description générale : double page ; pleine page. – Page de gauche : photographie pleine page tons bruns, fond blanc/gris. Représente une partie d’un buste d’homme vêtu d’un blouson cuir. La main droite tient les rênes d’un cheval dont on ne voit que la fourrure, l’encolure et le pommeau de la selle. La photographie se distingue en deux parties selon une diagonale partant du haut à droite vers le bas à gauche : en dessous, il y a le personnage et au dessus il y a le fond. – Page de droite : le tiers supérieur est occupé par une photographie où l’on distingue un paysage enneigé : des barrières de bois avec la forêt et la neige en arrière-plan. La photo est accompagné d’un texte : « l’hiver est proche, nos points de vente aussi » – En dessous de la photo, une liste de points de vente en France est donnée, classée par catégories : boutiques exclusives, corners, points de vente. Les noms des villes sont soulignés. – En bas, la marque et le slogan sont inscrits au centre : « Marlboro Classics » et « fits the man » (traduit en minuscule tout en bas à droite par « habille les hommes »). Tout en bas à gauche et en minuscule, le texte « « un produit de Marlboro Leisure Wear ».
  • 56. Signifiants Sa/Sé page de Sa/Sé page de plastiques gauche droiteCadre Absent, hors-champ : Présent, hors cadre : concret imaginaireCadrage Serré : proximité Large : distanceAngle de prise de vue Légère contre-plongée : Légère plongée : domination hauteur, force du modèle du spectateurChoix de l’objectif Longue focale : flou/net, pas Courte focale : piqué, de profondeur de champ : profondeur de champ : focalisation, généralisation espace, précisionComposition Oblique ascendante vers la Verticale descendante : droite : dynamisme équilibreFormes Masse : molesse, douceur Trait, hachures : finesse Verticale : rigiditéDimensions Grand PetitCouleurs Dominante chaude Dominante froideEclairage Diffus, manque de repères : Diffus, manque de repères : généralisation généralisationTexture Grain : tactile Lisse : visuel
  • 57. Signifiants iconiques Signifiés de premier Connotations de deuxième niveau niveauManche et rabat d’un Blouson Gamme de Vêtements pour blouson vêtements hommePommeau de selle Selle Equitation, nature VirilitéPoils d’animal Encolure de cheval Cheval Troupeau far westCuir souple Produit naturel Chaleur, Résistance, sensualité protectionGant de cuir main, poignet Main d’homme Froid, confort, Fermeté, équilibre souple force souplessePommeau vertical, dur, Point d’appui, selle Force, adresse Phallus, virilité dressé (tressé) physiqueRênes Cheval Nature, maîtrise Far westPaysage sous la neige Froid, rudesse de la natureCorral Far west Cow-boyCorral vide Transhumances Cow-boy
  • 58. Message linguistique• Légende : « l’hiver est proche, nos points de vente aussi » – À mettre en parallèle avec la date de publication de la publicité – Structure de la Phrase : Zeugma : procédé consistant à sous entendre dans une propositions des éléments déjà employés dans une proposition précédente : on ne reprend pas le verbe, alors qu’on devrait dire « nos points de vente le sont aussi ». Permet d’alléger, mais aussi de mettre au même niveau les deux éléments.• Liste d’adresses – L’accumulation des adresses renforce l’impression de proximité en sous-entendant que Marlboro est effectivement partout.• Marque : « Marlboro Classics » – Classique insiste sur le caractère original de la marque et Marlboro convoque l’univers préexistant de la marque• Slogan : « Fits the man » (et sa traduction) – Le slogan en rajoute en proposant une déclaration universelle : fits the man = habille l’humanité de manière générale.• Police classique – Hiérarchie : gras pour marque, capitales pour la légende, petites capitales pour les adresses. Cette hiérarchie invite à une lecture en répétition explicite (on lit quelque chose au début puis on y revient à la fin) – Couleurs : noire, blanc, brun. Évocation indirecte des couleurs de la marque de cigarette : déclinaison. En revanche, les couleurs renvoient à la nature évoquée dans les images et l’imaginaire.• Contenu linguistique : – Légende : ancrage quand confirme que les images évoquent l’hiver, relais quand elle évoque la proximité de la saison hivernale. Relais aussi par l’implication interpersonnelle du « nous » (peut se faire par l’image d’habitude, notamment par l’échange de regards, mais là est impossible). Relais enfin par l’association égalitaire que représente le « aussi » liant Marlboro à l’hiver (un peu comme « les raviolis, c’est Buitoni », on en fait un incontournable)
  • 59. Analyse• Pose du modèle : – Visage hors-champ = construit en rupture avec les codes publicitaires classiques mais invite à la construction par le lecteur d’un hors-champ • on voit cohérence entre absence de cadre, positions, etc : tout se complète pour orienter vers une interprétation – Position de la main supposant force et à la fois protectrice permet d’adoucir l’impression de morcelé.• Figure majeure employée dans l’annonce est l’ellipse – Développe en creux l’argument, lui donnant plus de force que s’il était clairement expliqué (robustesse des vêtements, protection face à la vie sauvage et tout l’imaginaire qui l’accompagne) : elle transfère le cow-boy Marlboro des cigarettes et sa symbolique aux vêtements. – On peut ajouter dans ce jeu l’intérêt de la mise en place d’un rapport de connivence entre la marque et le lecteur : jeu sur du non-dit, de l’implicite commun ; transgression puisqu’on évoque les cigarettes malgré tout sans le faire explicitement. – Ce jeu exclue tous ceux qui ne connaissent pas bien Marlboro, mais par la même occasion propose de tisser un lien plus fort avec ceux qui la connaissent bien. – L’ellipse est enfin un moyen de mettre en place une narration (sinon, est difficile sur une image mais l’ellipse encourage à imaginer un cadre avec un avant et un après) • Cf par exemple transhumance : corral vide suppose qu’il a été ou sera plein.• On voit donc qu’il y a une reconnaissance des éléments de l’image mais aussi une deuxième lecture plus approfondie qui est rendue possible si on maîtrise une culture commune avec Marlboro.
  • 60. Sémiotique narrative
  • 61. Comment mettre en place une narration ?• Pourquoi certaines histoires paraissent crédibles et pas d’autres ?• Existe-t-il une structure de récit sous- jacente à toutes les histoires ?• Peut-on prévoir certaines actions ou certains personnages à intégrer absolument ? – Ex: Némésis des super-héros (cf Incassable)
  • 62. Propp et la «Morphologie du conte »• Conte, réunion d’un certain nombre : – De variables (noms, attributs des personnages) – De constantes (fonctions que ces personnages remplissent)• Conte folklorique russe : – Situation de manque initiale (variable en étant une cause ) – Comblement à la fin du récit • Deux séquences fondamentales dans tout conte.
  • 63. Propp et la «Morphologie du conte »• Structuralisme : – Auteurs considérés comme agents actualisant des règles profondément ancrées par des structures sociales extérieures• 31 fonctions s’enchaînant à l’identique : unicité de la structure sous la variété des histoires disponibles – toutes fonctions pas nécessairement présentes dans chaque conte – guident récit de séquence de manque initiale à séquence de réparation finale.
  • 64. Liste des fonctions• Liste des fonctions : – Le héros réagit aux actions du futur donateur (Réaction du héros)• Prologue qui définit la situation initiale (ce nest – Un auxiliaire magique est mis à la disposition du pas encore une fonction). héros (Transmission). – Un des membres dune famille est absent du foyer – Le héros arrive aux abords de lobjet de sa (désignation abrégée de cette fonction : Absence). recherche (Transfert dun royaume à un autre). – Une interdiction est adressée au héros (Interdiction). – Le héros et le méchant saffrontent dans une bataille – Linterdiction est violée (transgression). en règle (Lutte). – Le méchant cherche à se renseigner (Demande de – Le héros reçoit une marque ou un stigmate renseignement). (Marque). – Le méchant reçoit linformation relative à sa future – Le méchant est vaincu (Victoire). victime (Renseignement obtenu) – Le méfait est réparé (Réparation). – Le méchant tente de tromper sa victime pour – Le retour du héros semparer delle ou de ses biens (Duperie) – Le héros est poursuivi (poursuite). – La victime tombe dans le panneau et par là aide involontairement son ennemi (complicité – Le héros est secouru (Secours). involontaire) – Le héros incognito gagne une autre contrée ou• premières fonctions = section préparatoire. Action rentre chez lui (Arrivée incognito). se noue avec huitième : – Un faux héros prétend être lauteur de lexploit (Imposture). – Le méchant cause un dommage à un membre de la famille (Méfait). – Une tâche difficile est proposée au héros (Tâche difficile). – On apprend linfortune survenue. Le héros est prié ou commandé de la réparer (Appel ou envoi au – La tâche difficile est accomplie par le héros secours) (Accomplissement). – Le héros accepte ou décide de redresser le tort – Le héros est reconnu (Reconnaissance). causé (Entreprise réparatrice) – Le faux héros ou le méchant est démasqué – Le héros quitte la maison (Départ) (Découverte) – Le héros est soumis à une épreuve préparatoire de – Le héros reçoit une nouvelle apparence la réception dun auxiliaire magique (Première (transfiguration). fonction du donateur). – Le faux héros ou le méchant est puni (Châtiment). – Le héros se marie et/ou monte sur le trône.
  • 65. Propp et la «Morphologie du conte »• Personnages récurrents remplissant chacun un certain nombre d’actions : – Le Héros, la Princesse, le Mandateur, l’Agresseur, le Donateur, l’Auxiliaire, le Faux Héros.• Premier travail de compréhension de la structure d’un récit – Mise à jour de « cahiers des charges » explicites ou non – Trop détaillé (surface du récit) mais repris par sémioticiens de l’école de Paris
  • 66. Sémiotique narrative• Dégager les structures valables pour tout récit• Fonctions transformées en « armature relationnelle organisant le récit ». – Linguistique saussurienne : axe syntagmatique axe paradigmatique • Chaque énoncé invoque en creux son inverse. • Fonctions liables et non juxtaposées syntagmatiquement : – Départ / retour, affront / vengeance, création du manque / liquidation du manque  projections paradigmatiques • Structure narrative
  • 67. Schéma narratif• Simplification et mise en cohérence des « fonctions ». Deux formes : – Actants : figures idéal-typiques jouant un rôle dans le récit et appelant paradigmatiquement leur antithèse : pas de Christ sans Judas, de héros sans anti-héros – Prédicats : relations entre les actants, actions• Classification des épreuves que traversent les actants : – Épreuve qualifiante : sujet se rend compétent, apte à faire par des examens, des concours, des rituels d’initiation – Épreuve décisive : sujet s’accomplit en réalisant un certain nombre d’actions – Épreuve glorifiante : sujet obtient reconnaissance de ce qu’il a fait, et par là de ce qu’il est.• Actants / prédicats / projections paradigmatiques : permet de comprendre le fonctionnement d’un récit
  • 68. Exemples• Pretty Woman : • Batman Begins – Qualifiante : diverses – Qualifiante : tour du monde expériences et discussions des bas-fonds puis vécues par Richard Gere entraînement en montagne – Décisive : choix au travail – Décisive : lutte contre ses de ne pas achever anciens frères d’armes professionnellement ses – Glorifiante : à la fin, quand concurrents il répète à son âme-sœur – Glorifiante : scène de la sa philosophie et se fait limousine avec le bouquet reconnaître de rose
  • 69. Schéma narratif• Pourquoi aime-t-on le héros et pas le anti-héros : investissement axiologique – Contrat et sanction à ajouter au schéma pour comprendre leurs parcours et valorisation contraire• Schéma narratif : – Contrat : dans le cadre d’un système de valeurs, proposition par le destinateur et acceptation par le sujet d’un programme à exécuter – Compétence (ce qui fait être) : acquisition de l’aptitude à réaliser un programme, ou épreuve qualifiante – Performance (faire-être) : réalisation du programme, ou épreuve décisive – Sanction : comparaison du programme réalisé avec le contrat à remplir, épreuve glorifiante pour le sujet, reconnaissance pour le destinateur
  • 70. Carré sémiotique• Relations entre actants : le carré sémiotique – Contrariété (bien/mal) – Contradiction (mal/pas mal ou bien/pas bien) – Complémentarité (bien/pas mal ou mal/pas bien) Rachel Contradiction Ras Al Ghul Complémentarité ar iété cont r Bruce Dr. Jonathan Wayne Crane
  • 71. Syntaxe narrative• Identification d’actants récurrents et de liens entre eux – Sujet / objet : relation de visée, de quête • Exemples : une victoire, l’amour, la réalisation de soi, l’accès à son humanité – Enclenche le récit par une tension initiale entre un état et un but à atteindre – Destinateur / destinataire : bénéficiaire de l’objet • Exemples : pour film de guerre, général / pays ou pays / soi – Représente la direction que va prendre la quête – Opposant / adjuvant : • Exemples : frères d’arme, soldat ennemi, traître, civil, etc – Précise le déroulement de la quête
  • 72. Syntaxe narrative• Récit : succession d’états où des objets de valeur circulent entre des sujets – Chaque état entre en conjonction ou disjonction avec l’objet sous l’action d’actants opérants • Exemple : le manque peut être causé par le sujet lui-même ou par un autre – Programme narratif : conjonction / disjonction et sujet d’état / sujet de faire • Passage de disjonction à une conjonction ou l’inverse • Identité des sujets d’état et de faire ou leur différence • Possibilité que l’objet soit conjoint à deux sujets d’état en même temps ou que sa conjonction avec l’un nécessite sa disjonction avec l’autre.
  • 73. Exemple : Le Seigneur Des Anneaux• Sujet donc héros : • Frodon le Hobbit• Objet donc quête : • Destruction de l’anneau• Destinateur (celui qui est • Gandalf quand il à l’origine du contrat à demande à Frodon de remplir) mener cette quête• Destinataire (celui qui va • Les peuples de la terre bénéficier de cette quête) du milieu• Adjuvant (les amis ou • La communauté de aides) l’anneau• Opposant (les ennemis • Soron, ses armées, ou obstacles) L’Ysengard et son magicien, Gollum
  • 74. • Application aux marques : – Schéma narratif distinguant niveaux axiologique, narratif et discursif (Semprini, 1995)

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