Livre libres contributions economiques tome 1

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Tome 1 du livre : " Libres contributions économiques "

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Livre libres contributions economiques tome 1

  1. 1.                                                                            Préface  de  Edouard  SALUSTRO                                                                              Président  honoraire  de  l’Ordre  des  Experts-­‐Comptables                                Président  honoraire  de  la  Compagnie  Nationale  des  Commissaires  aux  Comptes   Président  honoraire  de  la  Section  Professions  Libérales  du  Conseil  Economique  et  Social     Crise                                                                 et  libres  contributions   économiques              
  2. 2.   2   PREFACE  DE  MONSIEUR  EDOUARD  SALUSTRO  :     Définir un ouvrage aussi riche que celui que nous propose aujourd’hui Jean-Yves Archer relève de la gageure. Au fond, je dirais pour tenter de le résumer, qu’il s’agit là de l’œuvre combinant la recherche de sagesse de l’honnête homme du Grand Siècle et la faim de savoir(s) des Encyclopédistes. Rassemblée autour d’un thème ô combien important, la portée de la crise actuelle, cette série d’essais fixe, par touches successives, le portrait d’une société et d’une économie occidentales qui commencent seulement à prendre conscience aujourd’hui qu’elle sont entrées, vers 2007, dans une crise structurelle dont elle ont du mal à saisir la portée et l’amplitude réelle. Sans doute n’y a-t-il rien que de très normal, et l’histoire économique des deux derniers siècles, au moins, nous montre que la myopie est un mal commun à l’histoire économique comme à l’histoire tout court. Dès lors, une mise en perspective comme nous l’offre ici Jean-Yves Archer est-elle un vademecum indispensable, non seulement pour comprendre l’histoire des cinq dernières années, mais aussi pour anticiper, a minima, les cinq années qui viennent. Le thème de la régulation apparait en filigrane dans cet ouvrage. Ce thème, devenu un mantra de nos gouvernants, montre ici toute son ambivalence et la nécessité de le replacer dans le cadre plus large de la légitimité politique. En effet, un régulateur ne tire pas de lui-même sa légitimité mais des pouvoirs politiques qui l’ont mis en place. Ceux qui l’oublient tendent d’ailleurs à perdre rapidement le sens du réalisme et de la réalité (notamment économique) et perdent ainsi toute efficacité. La régulation est donc le thème cher à la plupart des politiques, européens (beaucoup), américains (un peu) et asiatiques (pas encore). Régulation des marchés, régulation des comportements sociaux, la notion est séduisante. Pour autant, la longue mutation dans laquelle nous sommes entrés depuis 2007 a démontré également les limites d’une régulation qui avait pourtant été un leitmotiv de toutes les réformes économiques menées depuis le milieu des années 1980 : le seul exemple français atteste de la prolifération des autorités de régulation, parfois les plus surprenantes (régulation des jeux en ligne ou régulation de la publicité). Or ces mêmes autorités de régulation , depuis 2007, n’ont pas anticipé les bouleversements issus des crises successives du secteur bancaire et de la dette publique, voire ont contribué à les amplifier ou à rendre inopérant une partie de leur traitement. Ainsi, les superviseurs bancaires européens n’ont-ils pas anticipé la révolution qu’allait introduire la réforme des ratios prudentiels, véritable bombe à retardement qui oblige les établissements à une mutation inédite, comparable à celle des années de crise des années 30 ou de prospérité des années 60. En matière comptable, l’émergence tardive des instances d’auto-régulation et de normalisation en Europe en général et en France en particulier, n’a pas permis là non plus d’anticiper le choc que constituaient les IFRS, en particulier pour le secteur financier où leur entrée en vigueur se combinait avec les nouveaux ratios prudentiels mentionnés plus haut.
  3. 3.   3   En quelque sorte, même si la comparaison est osée, la régulation financière et comptable a manqué, comme la dette publique européenne, d’une instance de gouvernance qui préexiste à l’instauration des disciplines : le Mécanisme européen de stabilité est arrivé trop tard, comme va l’être l’émergence d’un régulateur comptable et financier européen (à travers l’ESMA). L’intérêt de l’ouvrage de Jean-Yves Archer est certes de nous inviter à cette analyse rétrospective. Il est aussi un appel à restaurer l’efficacité et donc la légitimité de l’action publique. Loin des libertariens dont la pensée est limitée, il nous incite à nous demander comment améliorer l’intervention de l’Etat et comment la repenser dans un cadre de refonte radicale de nos structures économiques. L’Etat « modeste » dont M. Crozier s’était fait le chantre, n’est pas l’Etat minimal, pas plus qu’il n’est l’Etat Gargantua dont l’action se résume à produire de la dépense publique et (mais on s’en est aperçu un peu tard) de la dette publique. C’est un Etat qui s’affirme, qui agit, mais qui assume sa vocation de stratège. En ce sens, la réflexion de Jean-Yves Archer est véritablement gaullienne car elle remonte à l’essentiel : que doit faire l’Etat, c’est-à- dire le pouvoir politique, qui ne se résume pas à l’action technocratique. Le manque d’efficacité de la Commission européenne dans la gestion de la crise, la reprise en main par les politiques (même si on a critiqué le couple Merkel-Sarkozy) démontrent que, contrairement à l’idéal saint-simonien ou marxiste, l’administration des choses ne peut pas se substituer au gouvernement des hommes. En ce sens, l’ouvrage de Jean-Yves Archer, très réaliste sur les « années d’angoisse » qui nous attendent, est aussi une leçon d’optimisme et de volontarisme : l’action collective, publique ou citoyenne, est la condition de l’émergence d’un modèle nouveau, au terme de ce qui s’annonce déjà comme une « très longue crise ». Mais c’est justement par la lucidité sur la profondeur du mal que se mesure la capacité à rebondir. Edouard SALUSTRO – 14/09/2012                    
  4. 4.   4   En  guise  d’introduction  :       La  crise  économique  qui  sévit  actuellement  présente  des  points  de  similitude  avec  un   concert  dont  les  instruments  seraient  tenus  par  des  personnages  aux  gestes  erratiques.   La  cacophonie  de  la  crise  a  un  coût  social  que  nous  déplorons  et  que  nous  sommes  dans   l'envie  de  dénoncer  tant  les  souffrances  sont  omniprésentes  et  multiples.   Que  la  crise  atteigne  les  plus  fragiles  de  nos  sociétés  occidentales  semblent  hélas  d'une   certaine   normalité   et   les   mécanismes   d'amortisseurs   sociaux   sont   là   pour   parer   aux   urgences  et  grandes  détresses.   Mais   la   crise   de   2008   a   des   prétentions   de   destruction   sociale   plus   établies   :   elles   attaquent  sans  détours  ni  ambages  les  classes  moyennes.   L'Insee  a  instauré  le  concept  de  travailleurs  pauvres  et  qui  ne  saurait  oublier  les  dizaines   de  salariés  qui,  faute  de  pouvoir  honorer  un  loyer,  dorment  dans  leur  voiture  sur  des   aires  de  stationnement  pour  forains  ou  sur  des  parkings  de  supermarchés.   L'humiliation   sociale   et   le   peu   d'hygiène   la   nuit   à   deux   pas   de   rayons   richement   achalandés  le  jour.   Tel  est  le  constat.   A  l'échelle  de  l'Union  européenne,  si  laborieusement  construite,  nous  voilà  confrontés  à   une  crise  monétaire  (  fragilité  de  la  zone  €uro  et  situations  grecque  et  espagnole  :  retour   au   bullionnisme   ?   ),   à   un   tassement   sérieux   de   la   croissance   accompagné   de   délocalisations  (  crise  économique  )  et  bien  évidemment  à  une  crise  sociale  (  pouvoir   d'achat,  chômage,  développement  du  temps  partiel  mal  rémunéré,  mouvements  de  lutte   contre  l'austérité  :  les  Indignés  ).   Nulle  personne  ayant  accompli  quelques  bribes  de  scolarité  économique  ne  peut  rester   indifférent  à  cet  ensemble  de  mines  dérivantes  qui  encerclent  notre  Europe.   Nul  ne  peut  ignorer  l'histoire  de  notre  Continent  :  il  y  a  nettement  moins  de  cent  ans,  ce   fût  autant  Lord  Keynes  que  le  réarmement  qui  ont  eu  raison  de  la  crise  alors  venue  des   Etats-­‐Unis  d'Amérique.   La  crise  plurielle  que  nous  connaissons  est  une  fabrique  à  exclusion  sociale  et  sociétale  :   elle  déclenche  de  sourds  et  diffus  phénomènes  de  jalousies  sociales,  de  rejets  ethniques,   de  découragements  individuels.   Par  la  crainte  de  l'avenir  qu'elle  déclenche,  cette  crise  nous  fait  voir  des  taux  d'épargne   hors-­‐norme  :  on  remplit  autant  son  livret  d'épargne  que  son  armoire  de  pharmacie  qui   regorge  d'anxiolytiques.   Le  cadre  supérieur,  pris  dans  son  jet-­‐lag,  l'opérateur  pris  dans  une  restructuration  suite   à   un   LBO   (   Leveraged   Buy   Out   ),   la   caissière   d'hypermarchés   exténuée   ont   un   point   commun  :  l'angoisse  voire  la  peur.   Il  n'est  pas  crédible  d'envisager  vivre  dans  une  société  au  sein  de  laquelle  5  millions  de   gens  sont  précaires  et  dix  millions  dans  la  crainte  d'être  déclassés  en  commençant  par  la   perte  de  leur  capacité  à  conserver  leur  logement.   Bien  des  économistes  ont  commis  bien  des  écrits  intéressants  mais  là  il  nous  faut  penser   avec  l'urgence  sociale  comme  carburant  de  la  plume.  
  5. 5.   5   Il  ne  s'agit  pas  de  définir  le  scénario  X  ou  Y  comme  le  faisait  la  Datar  (  "  scénario  de   l'impossible   "   )   mais   il   convient   d'aborder   diverses   questions   économiques   avec   le   compas  dans  l'œil  :  autrement  dit,  avec  précision  et  engagement.   La  crise  étant  partie  du  monde  bancaire,  plusieurs  contributions  de  cet  ouvrage  sont  en   rapport   avec   les   banques.   Avec   leur   situation   générale,   avec   leur   besoin   d'adaptation   pour  les  banques  privées,  avec  un  peu  de  recul  historique  pour  les  banques  d'affaires   par  référence  à  feu  André  Meyer  (  Lazard  Frères  ).   Nous   sommes   en   effet   convaincus   qu'une   des   conséquences   de   cette   crise   quasi-­‐ planétaire  va  être  la  relance  d'un  mouvement  de  concentration  sans  précédent  que  les   vertiges  du  pouvoir  bancaire  sont  loin  d’être  soumis  à  la  moindre  asymptote.   Bnp  et  Fortis,  accord  Peugeot  et  Gm,    Gan  et  Allianz  après  Axa  et  Uap,  etc  vont  être  les   signaux  précurseurs  de  la  constitution  de  firmes  véritablement  transnationales.   Le   capitalisme   ne   sait   sortir   que   par   le   haut   :   que   par   l'incessante   massification   des   moyens   de   production.   Ces   futures   opérations   de   croissance   externe   seront   un   des   leviers  de  la  reprise  conjoncturelle  d'ici  à  5  ans.   D’autant  que  les  acquisitions  de  firmes  venues  des  pays  émergents  (  exemple  Arcelor   Mittal  )  vont  venir  renforcer  cet  état  de  faits.   Notre  réflexion  posée  nous  fait  en  effet  estimer  que  nous  sommes  confrontés  à  une  crise   du  type  de  celles  que  Clément  Juglar  avait  examinées.  Leur  récurrence  est  de  8  à  11  ans.   Autrement   dit,   des   sub-­‐primes   à   l'éclaircie   :   il   faudra   estimer   une   amplitude   de   type   2007  –  2018  dans  la  pire  des  configurations.   Plusieurs  facteurs  militent  pour  cette  durée  (  qui  va  être  un  supplice  pour  le  corps  social   occidental  )  :  il  faut  du  temps  pour  que  le  système  absorbe  le  déplacement  vers  l'Est  des   foyers   de   production   (   Inde,   Chine,   etc   ).     Il   faut   du   temps   pour   les   cigales   étatiques   redeviennent   réalistes   et   tentent   de   faire   entrer   leurs   déficits   publics   dans   des   zones   acceptables  et  keynésiennement  pertinentes.    Il  faut  du  temps  pour  que  nous  absorbions   cette   fantastique   rupture   technologique   de   l'ère   numérique   et   des   autres   volets   du   progrès   technologique   (   voir   écrits   de   Schumpeter   ou   de   Rostow   sur   les   étapes   du   développement   ).   Enfin,   il   faudra   du   temps   pour   atteindre   un   début   de   palier   de   croissance  démographique  car  on  sait  désormais  que  la  nature  ne  pourrait  pas  absorber,   par   exemple,   12   milliards   d'êtres   humains.     (   nourriture,   pollution,   dérèglements   climatiques  et  obligations  géographiques  de  lieux  sûrs  de  peuplement  ).   Ayant  été  formé  par  le  Doyen  Henri  Bartoli,  Juste  parmi  les  Nations,  il  m'est  impossible   d'oublier  la  large  section  de  son  ouvrage  (  Economie  et  création  collective  )  dédiée  à  la   question  terrible  de  la  faim.  Ici,  nous  serons  davantage  focalisés  –  pour  le  moment  –  sur   des  questions  concernant  l'Occident.   L'estimé   et   regretté   Doyen   a   écrit   que   "   l'économie   s'inscrit   au   cœur   d'un   fait   social   infiniment  plus  complexe  "  et  nous  adhérons  pleinement  à  cette  affirmation.  Interpréter   comme  le  Professeur  Alain  Touraine  l'a  fait  certains  mouvements  de  la  Société  a  pour   nous  au  moins  autant  de  pertinence  qu'un  modèle  économétrique  dont  les  fondements   sont  parfois  contestables.   Songeons  aux  stress  tests  des  banques  européennes  effectués  avec  sérieux  et  minutie   par   des   cohortes   d'auditeurs   qui   n'ont   pas   retenu   pour   hypothèse,   dans   un   premier   temps,  le  risque  de  dépréciation  sur  créances  étatiques.    En  étant  un  peu  familier  :  on  se   pince  tellement  on  croit  faire  un  cauchemar.  
  6. 6.   6   Dans   un   entretien   du   18   Mai   2012,   Monsieur   Alain   Minc   évoque   la   campagne   de   vaccination   H1N1   et   indique   avoir   prévenu   le   Président   de   la   République   des   dysfonctionnements.  Il  ajoute  "  La  capacité  d'alerte  du  système  est  très  faible  ".   On  pourrait  risquer  un  sourire  et  rappeler  que  l'urgentiste  Patrice  Pelloux  avait  dit  la   même  chose  lors  de  la  canicule  :  Pelloux  –  Minc,  le  nouveau  duo  improbable....   Plus   sérieusement,   il   est   bien   évidemment   aisé   de   démontrer   à   l'infini   que   l'Etat,   en   France,  a  des  capacités  de  remontées  d'information  très  puissantes  et  qui  s'inscrivent  en   contradiction  avec  les  dires  du    "  visiteur  du  soir  "  de  l'ancien  Président  Sarkozy.   Ainsi,  comment  celui-­‐ci  aurait-­‐il  énoncé  son  exceptionnel  discours  de  Toulon  en  2008   sur  la  garantie  des  dépôts  ?    Il  fallait  bien  que  le  Chef  de  l'Etat  fut  informé,  par  exemple,   par  notre  camarade  le  Gouverneur  Christian  Noyer.   Cette  histoire  d'Etat  qui  n'entend  rien  est  véhiculé  par  des  gens  qui  n'entendent  plus  les   bruits   et   les   vents   du   XXIème   siècle.     Même   le   bon   porto   peut   devenir   vintage   et   madérisé.   L'Etat  entend  mais  est  désormais  face  à  des  complexités  de  choix  publics  que  Messieurs   Crozier  et  Friedberg  ont  démontré  dans  "  L'acteur  et  le  système  ",  il  y  a  trente  ans.   La   décision   publique   nationale   est   contenue   tandis   que   la   décision   européenne   est   complexe   et   souvent   hybride.     Elle   relève   de   compromis   qui   dessine   une   politique   économique  incertaine  ou  étirée  dans  le  temps  tel  l’opportun  projet  d’union  bancaire.   Les  Trente  Glorieuses,  issues  du  mot  célèbre  de  Jean  Fourastié,  ont  été  un  moment  de   forte   intervention   étatique.     Sans   le   plan   Marshall,   l'Europe   n'aurait   atteint   le   même   visage  que  deux  décennies  après.   Sans  l'implication  gaullienne  dans  des  grands  programmes  nationaux,  sans  le  schéma   Delouvrier   pour   Paris,   etc,   les   choses   auraient   été   très   différentes   et   moins   à   notre   avantage.   Notre  parti  pris  pour  un  Etat  qui  intervient  est  établi  :  à  condition  que  les  politiques   disposent  du  bon  périscope  et  sachent  lever  les  yeux  pour  voir  loin.   On  préfère  entendre  un  Président  évoquer  le  futur  technologique  du  plateau  de  Saclay   plutôt  que  de  se  voir  infliger  le  nombre  d'amphores  entourant  la  piscine  de  la  maison  de   l'acteur  Clavier  en  Corse.   Quand  on  préside,  chaque  nano-­‐seconde  compte  sauf  à  savoir  prendre  du  temps  pour   aller  marcher  près  des  forestiers  d'Avallon  ou  de  Château-­‐Chinon.  Ou  encore  pour  relire   tel   ou   tel   Encyclopédiste   pour   accumuler   ce   recul   qui   donne   à   l'homme   politique   les   capacités  d'initiative  que  seuls  les  hommes  d'Etat  –  comme  feu  François  Mitterrand  -­‐ détiennent.   En  France,  il  y  a  une  redéfinition  de  certains  services  d'Etat  à  conduire  car  la  crise  a   démontré  avec  voracité  leur  inertie  et  le  peu  de  portée  des  théories  holistes.  L'approche   par  la  seule  Rgpp  (  Révision  générale  des  politiques  publiques  )  gomme  trop  l'analyse   des  besoins  stratégiques  à  réaliser  en  amont,  l'analyse  par  fine  capillarité  des  attentes   du  citoyen-­‐acteur.   Dans   bien   ces   cas,   la   Rgpp   s'est   trouvée   ravalée   au   rang   de   l'antique   Rcb   (   Rationalisation  des  choix  budgétaires  )  chère  à  Michel  Debré.    
  7. 7.   7   Certains  auteurs  –  parfois  en  mal  d'écritures  sensationnelles  –  laissent  leur  plume  flirter   dangereusement  avec  l'Histoire  et  évoque  33  :  1933  en  Allemagne  et  ses  suites.   Pour   notre   part,   il   nous   semble   que   la   référence   à   l'an   33   suffit.   Elle   est   une   date   fondamentale  pour  les  Chrétiens  mais  elle  est  aussi  une  date  intéressante  en  matière   d'histoire  économique.   C'est   en   effet   en   33   que   survint   à   Rome   un   effondrement   du   prix   des   terres,   une   aggravation   des   conditions   de   crédit   et   une   crise   de   confiance   marquée   par   la   spéculation   et   le   peu   de   monnaie   en   circulation.     L'Empereur   Tibère   est   alors   dans   l'obligation   de   constituer   un   fonds   d'intervention   de   100   millions   de   sesterces   qui   accorde  des  emprunts  à  trois  ans  sans  perception  d'intérêts.   Il  serait  audacieux  d'établir  un  parallèle  avec  les  mois  à  venir  pour  la  zone  euro  mais  il   demeure   étonnant   que   nul   ne   parle   des   mouvements   de   déplacements   d'épargne   qui   voient  des  détenteurs  de  patrimoine  s'alléger  d'emprunts  d'Etat  lambda  pour  acquérir   des  emprunts  d'Etat  allemands.   Selon  certaines  sources,  on  parlerait  en  milliards.   La  confiance  monétaire  en  zone  euro  a  donc  un  barycentre  et  il  faut  ici  se  reporter  à  la   Loi   de   Gresham   qui   expose   que   la   bonne   monnaie   est   thésaurisée   (   le   futur   nouveau   mark   )   et   que   seule   circule   la   "   mauvaise   "   monnaie   (   celle   des   autres   anciens   de   l'euroland  ).   Si   les   coups   de   butoir   finissent   par   emporter   cette   noble   construction   qu'est   cette   monnaie  commune,  nous  considérons  qu'une  thésaurisation  venue  de  plusieurs  pays  se   portera   sur   la   zone   allemande   au   détriment   d'une   ou   plusieurs   autres   monnaies   d'échange  à  valeur  érodée.   Gardons  en  mémoire  la  phrase  de  feu  François  Mitterrand  (  prononcée  le  7  Janvier  1995   lors  de  ses  vœux  à  la  presse  )  :  "  l'argent  circule,  il  fuit  les  places  où  il  ne  se  sent  pas  en   sécurité  ".   De   là,   nous   parvenons   à   plusieurs   pistes   de   réflexion   dont   nous   souhaitons   livrer   au   lecteur  le  cadre  interprétatif.   1   )   Nous   nous   inscrivons,   à   titre   principal,   dans   deux   courants   de   pensée   d'origine   française   :   l'école   de   la   régulation   (   Robert   Boyer   et   Jacques   Mistral   )   et   l'école   des   conventions  (  Robert  Salais  et  Olivier  Favereau,  notamment  ).   2   )   Parallèlement,   nous   respectons   les   sciences   économiques   et   sociales   mais   dans   la   droite  ligne  de  l'interprétation  faite  par  Raymond  Barre  et  surtout  par  Condillac,  nous   raisonnons   en   termes   d'économie   politique   tellement   l'Etat   est   un   acteur   majeur   et   tellement  la  politique  économique  est  une  variable  motrice  de  rang  1.   3  )    Sur  ce  dernier  point,  mais  aussi  avec  les  autres  agents  économiques,  nous  militons   pour  la  poursuite  des  travaux  sur  l'asymétrie  d'informations  qui  détermine  fortement   l'acte  d'échange.   4  )    A  l'heure  où  la  mondialisation  représente  le  même  type  de  bouleversements  que   celui  des  "  enclosures  "  au  XVIIIème  siècle  au  Royaume-­‐Uni,  nous  sommes  inquiets  de  la   prolifération   du   low-­‐cost   qui   masque   une   régression   sociale   dite   des   biens   Giffen.   Autrement  dit,  ces  biens  dont  la  demande  augmente  quand  le  revenu  baisse  et  que  le   consommateur  est  tiré  vers  le  bas.    
  8. 8.   8   5  )  Société  dangereuse  où  le  peu  d'ethos  (  Max  Weber  )  de  certains  les  conduit  à  étaler   un  effet  Veblen  :  celui  qui  concerne  les  biens  dont  la  demande  augmente  d'autant  plus   que  leur  prix  augmente    (  voitures  de  grand  luxe,  produits  Lvmh,  etc  ).   6  )    Société  en  transition  délicate  par  le  brassage  des  populations  survenu  en  30  ans  et   qui   mérite   d'être   lu   à   travers   des   analyses   d'Emile   Durkheim   et   d'autres   tenants   de   l'acculturation.  (  partage  des  cultures  et  mixité  sociale  ).   7  )    Société  démocratique  où  la  "  logique  de  l'action  collective  "  (  Mancur  Olson  )  pousse   certaines  structures  représentatives  à  s'émanciper  du  message  initial  de  leurs  mandants   pour  se  tourner  vers  une  logique  bureaucratique  propre.   8  )      Société  politique  où  il  y  a  plus  de  chances  de  rencontrer  un  disciple  d'Alain  Madelin   ou  Jean-­‐Michel  Fourgous  que  William  Beveridge  ou  Bismarck  (  en  première  période  :   lois  sociales  ).   9  )      Société  d'ensemble  où  le  "  Paradoxe  d'Anderson  "  va  altérer  la  portée  des  mesures   du  Président  Hollande  en  matière  d'éducation.  Rappelons  qu'il  s'agit  de  travaux  réalisés   par  Charles  Anderson  en  1961  qui  avait  démontré  que  le  fait  d'obtenir  un  diplôme  de   rang   supérieur   à   celui   de   ses   parents   ne   garantit   pas   d'acquérir   un   statut   socio-­‐ professionnel  supérieur.  Ce  blocage  de  cette  mobilité  ascendante  est  souvent  nommé  la   panne  de  l'ascenseur  social  et  il  englobe  aussi  bien  les  exclus  du  système  (  qui  sortent   non  diplômés  )  que  ceux  qui  ont  réussi  (  Bac  +  5  travaillant  dans  un  fast-­‐food  ou  en  tant   que  coursier  ).   10  )    Nous  nous  interrogeons  sur  la  pertinence  de  la  Loi  de  Verdoorn  qui  pose  que  la   croissance   économique   est   à   l'origine   des   gains   de   productivité   et   non   l'inverse.   Autrement   dit,   tout   un   pan   de   certitudes   économiques   serait   à   revisiter   comme   l'indiquait  l'article  de  Frédéric  Lemaître  dès  le  5  Septembre  2009  dans  Le  Monde.   11  )    A  l'heure  où  des  formes  spéculatives  attaquent  l'euro,  nous  sommes  très  intéressés   par  les  travaux  rigoureux  de  Richard  Thaler  mais  aussi  de  Daniel  Kahneman  en  matière   de  finance  comportementale  et  d'application  de  l'hédonisme  aux  choix  des  opérateurs   de  marché.   12  )    Enfin,    dans  une  société  de  plus  en  plus  imprévisible  où  l'immaîtrisable  se  dresse   souvent  face  à  nous,  il  convient  de  lire  posément  "  Morale  et  chaos  "  de  Pierre  Caye  dont   certaines  pistes  semblent  –  selon  notre  entendement  –  fructueuses.   Ces  douze  pistes  de  réflexion  permettront  aux  professionnels  de  l'économie  de  situer  le   cercle  dans  lequel  s'insère  notre  volonté  de  recherches  futures  et  notre  réflexion.   En   conclusion   de   ces   prolégomènes,   nous   émettons   une   parole   à   valeur   –   après   d'intenses  réflexions  –  de  postulat  :   La  crise  est  là.  Elle  apporte  détresses  et  difficultés  autant  que  perspectives  d'un  nouveau   monde.   Si  le  cycle  Juglar  se  vérifie,  nous  avons  entre  quatre  à  sept  ans  d'épreuves  :  peut-­‐être  pas   sept  ans  de  malheurs  mais  sept  ans  d'angoisses.   Ce  n'est  jamais  bon  que  des  millions  de  gens  aient  peur  de  demain  et  perdent  la  foi  dans   l'idée  du  progrès  humain  décrit  par  nos  amis  des  Lumières  et  par  leurs  successeurs.   Vite,  que  les  politiques  fassent  jaillir  l'arc-­‐en-­‐ciel  que  le  peuple  espère  tant  !        
  9. 9.   9   Comment  aborder  ce  livre  ?        Par  la  liberté....     Depuis   des   années   la   vie   économique   et   sociale   –   essentiellement   de   notre   Continent   européen  -­‐  m'a  fait  prendre  des  notes  et  griffonner  des  idées  éparses.   Sur   la   suggestion   insistante   de   quelques   amis,   l'écriture   s'est   mise   en   marche   récemment  notamment  du  fait  de  cette  crise  économique,  monétaire  et  sociale  qui  fait   souffrir  tant  de  personnes.   Cette  crise  est  une  inflexion  de  trajectoires  :  elle  brise  les  rêves  du  jeune  ménage  qui   allait  s'installer  et  acquérir  sa  première  maison,  elle  est  un  foyer  de  stress  aigu  pour  le   travailleur  et  pour  l'entrepreneur,  elle  est  un  vecteur  d'inquiétudes  pour  les  anciens  qui   sont   légitimement   soucieux   de   l'avenir   de   leur   descendance   tout   autant   que   de   l'évolution  de  leurs  retraites.   Face  à  cette  crise  qui  érode  tant  de  projets  de  vie,  des  contributions  économiques  ont  été   élaborées  et  diffusées  via  des  sites  web  –  que  je  tiens  à  remercier  pour  leur  confiance.   Beaucoup  réfléchissent  en  matière  de  sciences  économiques  et  sociales  :  notre  option   est  la  fidélité  à  notre  ancien  Professeur,  le  regretté  Raymond  Barre,  qui  parlait  d'abord   d'économie  politique.  Chacun  comprend  qu'il  ne  s'agit  pas  là  d'une  nuance  sémantique   mais  d'une  représentation  différente  des  questions  à  résoudre,  d'un  paradigme  distinct   face  aux  mêmes  faits.   Parallèlement,   nombre   d'études   sont   la   résultante   de   traitements   statistiques   parfois   dignes  du  suivi  d'un  audimat  télévisuel.     Pour   notre   part,   nous   posons   que   l'économie   politique   contemporaine   doit   avoir     l'histoire  triplement  au  cœur  de  sa  démarche.     D'abord,  Fernand  Braudel  et  d'autres  ont  démontré  avec  talent  et  conviction  qu'il  existe   des  séries  longues,  des  faits  pluri-­‐décennaux  et  qu'il  faut  donc  savoir  lever  les  yeux  pour   voir  loin.     Puis,   l'histoire   est   peuplée   de   penseurs   dont   tous   ne   sont   pas   à   écarter   des   problématiques  actuelles.  Certains  livres  ont  vu  leur  papier  jaunir  mais  l'encre  ne  s'est   pas  ternie  et  demeure  parfois  un  lieu  d'interrogations  fertiles.  Relire  Condillac  a  plus  de   portée  que  bien  des  newsletters  d'économistes  réputés  ou  médiatiquement  reconnus.   Enfin,   l'histoire   est   là   sous   nos   yeux   :   cette   crise   est   de   nature   historique   par   son   ampleur,  sa  vigueur  et  sa  durée.  Elle  condamne  à  réfléchir  sur  son  sens  historique  en     gardant  en  mémoire  –  face  aux  souffrances  –  le  mot  de  Victor  Hugo  :  "  L'histoire  a  pour   égout  des  temps  comme  les  nôtres  ".  (  in  Les  Châtiments  ).   Ancien   élève   et   disciple   du   Doyen   Henri   Bartoli   en   Sorbonne,   le   fait   social   imprègne   notre   réflexion   et   ce   Professeur,   de   surcroît   Juste   parmi   les   Nations,   aura   largement   contribué  à  développer  cette  dimension  de  nos  approches.   Ces   libres   contributions   économiques   sont   marquées   du   sceau   de   la   liberté   :   de   leur   auteur  dont  la  plume  est  indépendante  et  du  lecteur.  Chaque  partie  est  détachable  du   moins  en  apparence  car  l'examinateur  attentif  pourra  y  voir  un  fil  rouge,  une  amorce  de   pensée  structurée.   Une  séquence  de  six  premières  contributions  est  dédiée  aux  banques  dont  nul  ne  saurait   vider  de  son  sens  leur  responsabilité  dans  la  crise  de  2008.  
  10. 10.   10   Plusieurs  angles  d'approche  seront  offerts  au  lecteur  qui  pourra  ainsi  prendre  du  recul   face  à  une  question  désormais  polémique  (  "  la  faute  aux  banques  "  ?  )  et  toujours  placée   en  zone  critique.   Si  l'on  devait  interroger  l'homme  ou  la  femme  de  la  rue,  leur  vision  de  la  crise  passerait   essentiellement   par   les   difficultés   du   pouvoir   d'achat,   la   hausse   des   prix   et   les   délocalisations   :   à   cet   effet,   le   lecteur   trouvera   une   contribution   sur   les   salaires   en   France,   une   dédiée   au   "   made   in   France   "   notion   pleine   de   faux-­‐sens   et   deux   autres   contributions  d'ordre  conjoncturel  dont  une  traite  du  retour  inexorable  de  l'inflation.   Trois   autres   contributions   évoqueront   avec   une   certaine   gravité   les   chantiers   de   la   Présidence   de   la   République   de   2012   et   le   nécessaire   réexamen   de   la   politique   économique.   Trois  contributions  traiteront  de  professions-­‐clefs  au  milieu  de  cette  crise  :  les  avocats  et   les  commissaires  aux  comptes.  Elles  sont  en  première  ligne  de  la  gestion  des  difficultés   des  PME  (  difficultés  contractuelles,  plans  sociaux,  procédure  d'alerte  ).   Une  dernière  série  de  trois  contributions  visera  à  aborder  la  situation  de  l'industrie,  de   la   crise   et   de   ses   itérations   et   enfin   de   l'usage   toujours   risqué   des   métaphores   en   Economie.   Il  sera  alors  temps  d’évoquer  des  questions  de  gestion  publique  notamment  le  rôle  du   Parlement  face  à  la  dépense  publique  et  l’effet  boomerang  de  la  ponction  fiscale  décidée   pour  2013.   En  guise  de  conclusion  ouverte  et  provisoire,  il  sera  soumis  au  lecteur  un  texte  qui  traite   de   la   rémanence   de   cette   crise   et   de   son   influence   durable   sur   nos   choix   collectifs   et   individuels  de  demain.   Enfin,  très  sensible  à  la  question  des  Libertés  publiques,  ce  livre  comportera  une  Annexe   unique  concernant  les  lignes  d'alerte  éthique    (  "  whistleblowing  "  )  et  la  C.N.I.L   La  question  des  Libertés  publiques  a  hélas  de  beaux  jours  devant  elle  et  nous  faisons  le   serment   de   nous   y   consacrer   dans   la   mesure   de   nos   moyens   face   aux   risques   des   nouvelles  technologies  ou  autres  paramètres.   "   Au   train   où   vont   les   choses,   bientôt,   la   seule   liberté   qui   nous   sera   tout   à   fait   indispensable  sera  la  liberté  de  la  réclamer  "   Marcel  Jullian,    in  "  Courte  supplique  au  Roi  pour  le  bon  usage  des  énarques  ".  Mazarine.     Avec  l'expression  de  mon  dévouement,    Mars  2013.                
  11. 11.   11   Sommaire  :       LA  QUESTION  BANCAIRE  :     I        Réflexions  sur  la  crise  bancaire  :    les  banques  ne  sont  pas  mortelles  mais  blessées     II      Quatre  ans  après  :    désarroi  et  maintien  de  l'industrie  bancaire     III    L'indispensable  reconstruction  des  banques  privées     IV    Les  banques  d'affaires  :      "  Prendre  un  bouton  pour  en  faire  un  costume  "     V        Banques  :  sérieux  dangers  et  péril  possible     VI    LIBOR  :  Un  îlot  de  pertes  dans  un  océan  de  profits       CINQ  QUESTIONS  D'ACTUALITE  :     VII    La  délicate  question  des  salaires  en  France     VIII    "  Made  in  France  "  :    gare  aux  faux-­‐sens     IX      Conjoncture  économique  :    où  en  sommes-­‐nous  ?     X          Le  boulevard  de  la  Slumpflation     XI      L'inexorable  retour  de  l'inflation         ETAT    ET    POLITIQUE    ECONOMIQUE  :     XII      Le  Président  du  15  Mai  :    labeur  et  épreuves     XIII      Politique  économique  et  attractivité  :    un  duo  gagnant     XIV      Revisitez  d'urgence  la  politique  économique  !     XV      PEUGEOT  et  la  Nation     XVI    Le  Parlement  et  les  milliards  de  l’évaluation  publique     XVII    La  pression  fiscale  de  2013  et  l’effet  boomerang      
  12. 12.   12   DES  INTERVENANTS  AU  COEUR  DE  LA  CRISE  :     XVIII    L'avocat  d'affaires  :    le    vent    en    poupe     XIX      Les  avocats  pénalistes  :    un  bien  pour  le  mal  ?     XX        Le  commissaire  aux  comptes  et  ses  sept  défis       INDUSTRIE,    ITERATIONS  DE    LA    CRISE,    METAPHORES    EN    ECONOMIE  :     XXI      L'Europe  a  tiré  une  balle  dans  le  pied  de  notre  industrie     XXII    La  crise  et  ses  itérations  contradictoires  :  un  vrai  danger  !     XXIII    De  l'usage  risqué  des  métaphores  en  Economie       EN  GUISE  DE  CONCLUSION  :       XIV    Crise  et  rémanence       ANNEXE  :    LIBERTES  PUBLIQUES     La  C.N.I.L  face  à  un  risque  de  QPC  :  où  se  dira  le  droit  ?                                                  
  13. 13.   13             -­‐  I  -­‐   Les  banques  ne  sont  pas  mortelles  mais  blessées  :                                                                           risque  systémique  surévalué,  autres  risques  négligés...       Feu   le   Sénateur   Etienne   DAILLY   –   dont   les   bordereaux   sont   familiers   à   bien   des   employés  de  banque  –  avait  eu  de  nombreuses  occasions  de  répéter  en  grande  sagesse   au  Gouverneur  Bernard  CLAPPIER  (  Banque  de  France  )  que  la  confiance  bancaire  était   une  matière  délicate  :  qu'il  convenait  que  l'architecture  du  système  bancaire  national   soit  en  cohérence  avec  les  besoins  de  l'économie.     Celle  que  l'on  appelle,  selon  un  terme  rapide  et  impropre,  l'économie  réelle.  Comme  si  le   secteur  tertiaire  financier  n'était  pas  une  activité  économique  tangible  comme  pourrait   le  démontrer  un  stagiaire  de  l'I.N.S.E.E.   L'objet  de  notre  propos  est  de  considérer  que  le  risque  dit  systémique  (  de  défauts  en   chaîne  d'établissements  )  est  largement  surévalué  consécutivement  à  la  peur  de  2008   directement  et  légitimement  issue  de  la  faillite  de  LEHMAN  BROTHERS.   Tout   d'abord,   l'enseignement   d'évidence   de   2008   est   qu'aucun   haut   décideur   public   occidental  ne  prendra  le  risque  de  laisser  choir  une  banque  tant  les  entrelacs  des  unes   avec  les  autres  peuvent  engendrer  un  véritable  séisme.  La  leçon  a  été  assez  rude  pour   que  le  coup  de  dés  ne  soit  plus  tenté  même  en  cas  de  conseils  insistants  d'un  concurrent   de  la  future  victime  du  lâchage...   Puis,  le  monde  a  changé  avec  cette  dure  et  satanée  crise  :  les  décideurs  sont  en  passe   d'apprendre   une   certaine   prudence   et   d'éviter   les   engagements   hors-­‐bilan   aux   configurations   incertaines   de   même   que   les   financements   croisés   aux   débouclages   hasardeux.   Enfin,  les  Régulateurs  publics  sont  à  l'œuvre  avec  minutie  et  méthode  ce  qui  est  un  gage   de  dilution  progressive  de  l'intensité  du  risque  systémique.  Incontestablement.   L'espace  nous  manque  pour  un  développement  assez  consistant  mais  nous  suggérons   vivement  aux  lecteurs  de  relire  "  L'Europe  financière  de  demain  "  de  la  très  estimée  Alice   Pezard  (  Cour  de  Cassation  )  et  notamment  les  sections  où  elle  évoquait  les  risques  de  la   titrisation....en  1995.   Par   bien   des   aspects,   le   risque   systémique   en   Occident   nous   semble   dorénavant   un   risque  mais  un  process  de  dimension  maîtrisable.   De  surcroît,  un  détour  par  le  droit  des  affaires  s'impose.   Toute   entité   commerciale   est,   par   essence,   soumise   aux   risques   de   cessation   des   paiements.   Toutes   ?     Est-­‐on   certain   que   lors   de   la   réunion   de   crise   entre   Messieurs  
  14. 14.   14   Bouton  et  autres  et  notre  camarade  le  Gouverneur  Christian  Noyer  lors  de  l'affaire  dite   Kerviel   une   cessation   des   paiements   de   la   Société   Générale   ait   été   sérieusement   envisagée  ?       Il  est  des  moments  dans  l'histoire  des  pays  où  la  notion  de  solidarité  de  Place  existe  et  il   faut   relier   cet   état   de   faits   parfaitement   vérifiable   à   la   quantification   du   risque   systémique.   Les  banques  ont  donc  un  statut  particulier  qui  nuance  la  rédaction  de  leurs  Statuts  au   chapitre  usuel  "  Dissolution  –  Liquidation  ".   Selon  notre  analyse  –  seulement  évoquée  ici  -­‐,  nous  affirmons  que  les  banques  ne  sont   pas  mortelles.    NATIXIS  l'esquisse.  DEXIA  et  sa  future  nationalisation  le  démontre  avec   éclat  et  quelques  fracas.     Si  elles  ne  sont  pas  mortelles  frontalement  comme  un  simple  sous-­‐traitant  de  l'industrie   automobile,  les  banques  n'en  sont  pas  moins  blessées.   En   premier   lieu,   elles   sont   blessées   car   la   confiance   inter-­‐bancaire,   clef   de   voûte   du   système  moderne,  est  atteinte.  Probablement  durablement  ce  qui  n'est  pas  un  facteur  de   croissance  mais  une  grave  déséconomie  externe  dans  l'allocation  du  capital.   Deuxièmement,   les   banques   sont   blessées   par   des   contraintes   de   rentabilité   qui   s'ajoutent  à  la  délicate  question  des  exigences  en  fonds  propres.  Selon  nous,  les  années  à   venir   vont   voir   l'hémorragie   du   produit   net   bancaire   (   notamment   du   fait   de   la   dégradation  de  la  qualité  des  créances  détenues  )  et  la  coagulation  des  regards  vers  les   questions  de  haut  de  bilan  et  questions  Bâlistiques.   Troisièmement,   les   banques   opèrent   ici   ou   là   des   saignées   dans   leurs   effectifs   ce   qui   posera  à  terme  des  questions  de  niveau  de  qualité  du  service  rendu.  Or  la  qualité  de   service   est   primordiale   dans   le   tertiaire   comme   l'a   souvent   démontré   et   écrit   le   publicitaire   David   Ogilvy.   Là   encore,   le   produit   net   bancaire   sera   effrité   après   une   illusion  d'amélioration  liée  à  la  compression  de  personnels.   Quatrièmement,   les   banques   suscitent   une   immense   méfiance   du   public   et   des   réticences  de  leurs  Clients.  Les  frais  sont  jugés  excessifs,  la  sécurité  des  dépôts  est  en   filigrane  de  bien  des  inquiétudes  et  le  produit  de  l'épargne  est  parfois  englouti  –  en  ces   temps  de  bourrasque  sur  les  marchés  –  au  détriment  de  tous  les  profils  de  gestion.   Ce  point  nous  semble  crucial  car  il  conduit  les  Clients  à  être  multi-­‐bancarisés  (  effet  de   protection  )  ce  qui  nuit  à  la  taille  unitaire  de  leur  surface  dans  un  Etablissement  donné   donc  à  leur  rentabilité  nette.   Dernier  point,  les  banques  sont  blessées  dans  leur  noblesse  de  fonctionnement  :  elles   sont  devenues  le  bouc  émissaire  d'un  monde  pressé  et  superficiel  qui  a  oublié  La  Fable   des  Abeilles  de  Mandeville  sur  le  vice  et  la  vertu.   Durablement,  les  banques  vont  se  voir  imputer  un  chapeau  encore  plus  large  que  celui   que  le  Président  Mitterrand  arborait  à  la  Conférence  de  Cancùn  en  1982......   Ce   n'est   pas   satisfaisant   au   plan   de   l'histoire   économique,   c'est   périlleux   pour   qui   cherche  à  retrouver  les  chemins  de  la  croissance  économique.    
  15. 15.   15   Ultime  point  qui  aura  valeur  de  conclusion  provisoire  –  tant  la  matière  est  mouvante  –  il   convient  de  se  poser  une  véritable  question  d'Economie.     La  mondialisation  est  caractérisée  par  la  mobilité  du  facteur  capital  et  par  sa  capacité  à   se  localiser  là  où  la  combinaison  productive  est  sinon  optimale  du  moins  optimisée  en   apparence   (   risque   de   sous-­‐estimation   des   malfaçons,   coûts   complets   de   la   logistique   mal  appréhendés,  etc  ).   Parallèlement,  l'époque  présente  est  caractérisée  par  la  mobilité  intense  et  véloce  des   capitaux   sur   laquelle   le   Président   français   tente   d'avoir   prise   dans   l'intérêt   de   ses   concitoyens.     Suite   à   une   controverse   issue   des   travaux   de   Feldstein   et   Horioka,   l'idée   d'une   intégration  croissante  des  marchés  de  capitaux  nationaux  a  été  remise  en  cause.   A  l'heure  où  des  effets  d'éviction  viendront  des  conditions  du  refinancement    des  dettes   souveraines,   nous   sommes   convaincus   que   le   système   bancaire   va   être   soumis   à   un   mouvement   de   concentration   d'une   véritable   intensité   voire   d'une   brutalité   sans   ambages.   Comme   l'aurait   pensé   Dominique   de   La   Martinière   (   auteur   d'un   raid   avorté   sur   la   Banque  STERN  il  y  a  plusieurs  décennies  ),  il  "  va  y  avoir  des  coups  à  faire  pour  certains   et  des  coups  à  prendre  pour  les  autres  "  (  sic  ).                                                              
  16. 16.   16                 -­‐  II  -­‐   Quatre  ans  après  :  désarroi  et  maintien  de  l’industrie  bancaire.         Quatre   années   après   la   crise   de   2008,   l'industrie   bancaire   rencontre   des   foyers   de   désarroi  (  relations  clients,  normes  comptables,  etc  )  et  une  obligation  de  maintien  car  il   n'est  pas  pensable  de  réaliser  une  réforme  d'envergure  transnationale  et  simultanée.   Le  phasage  calendaire  du  projet  d’Union  bancaire  européenne  le  montre  :  nous  sommes   dans  un  secteur  à  digestion  lente  (  voir  futurs  retards  d’applications  de  Bâle  III  ).       Il   est   usuellement   admis   en   sciences   humaines   que   l'individu   impressionné   par   une   information  d'envergure  garde  un  souvenir  fidèle  et  précis  de  l'instant.  Il  en  va  ainsi  de   l'assassinat  du  Président  Kennedy,  du  premier  pas  sur  la  Lune  et  plus  récemment  des   attentats  de  Septembre  2001,  il  y  a  presque  dix  ans.     En  économie,  cette  capacité  à  mémoriser  notre  localisation  est  un  phénomène  fort  rare   et   généralement   limité   à   la   sphère   monétaire   :   ainsi,   les   citoyens   se   souviennent   généralement  bien  de  ce  qu'ils  "  faisaient  "  au  moment  de  l'annonce  d'une  dévaluation.     Il  n'est  donc  pas  infondé  d'observer  –  à  titre  introductif  -­‐  que  les  évènements  bancaires   de  Septembre  2008  ont  marqué  l'opinion  et  que  le  risque  systémique  a  bel  et  bien  été   perçu   par   des   millions   d'épargnants   et   d'acteurs   économiques   qui   se   sont   quasi-­‐ simultanément  posé  les  mêmes  questions  :  Que  faudrait-­‐il  faire  ?  Que  dois-­‐je  décider  hic   et  nunc  ?     Sans  la  confiance  en  la  signature  des  Etats  dispensateurs  de  garanties,  nous  savons  tous   que  des  milliers  de  gens  n'étaient  pas  loin  de  basculer  vers  l'irrationnel  :  depuis  les  files   d'attente  devant  les  banques  de  dépôt  jusqu'à  des  micro-­‐décisions  qui  auraient  relevé  de   l'absurde.     Par   la   matière   première   qu'elle   a   pour   mission   de   traiter   et   de   pétrir,   l'industrie   bancaire  est  donc  –  qu'on  le  veuille  ou  non  –  une  agrégation  hétéroclite  d'opérateurs   économiques  singuliers.       Par   l'ampleur   des   relations   inter-­‐établissements,   sorte   d'immense   linkage   croisé   cher   aux   biologistes,   elle   constitue   un   réseau   spécifique   érigé   au   rang   mal   nommé   de   "  
  17. 17.   17   système  "  financier  là  où  il  n'y  a  que  suite  et  empilement  de  décisions  aboutissant  à  une   construction  disparate.   Traiter  ce  pan  de  la  question  en  utilisant  la  notion  de  système  revient  à  présupposer  un   ordre,  une  cohérence  là  où  il  n'y  a  en  réalité  qu'une  suite  d'initiatives  privées  (  et  parfois   publiques  )  qui  matérialisent  in  fine  l'existence  d'un  secteur  économique.     Ce  point  n'est  pas  d'ordre  sémantique,  il  est  intrinsèquement  analytique  et  porte  en  lui  –   au-­‐delà   de   ce   rapide   énoncé   –   les   raisons   des   limites   actuelles   des   actions   des   régulateurs  publics.         Comment   contrôler   un   secteur   mal   identifié,   mal   "   détouré   "   sous   prétexte   d'une   taxinomie   erronée   ?   Comment   réguler   un   secteur   objectivement   truffé   d'asymétrie   d'informations  et  de  montages  comptables  à  visée  excessivement  exonératrice  ?     Pourquoi  écarter  les  avancées  de  la  méso-­‐économie  là  où  les  approches  systémiques  ne   sont,  en  réalité,  que  guère  opérantes  ?     Pourquoi  se  fonder  sur  des  présentations  de  comptes  fréquemment  dérogatoires  du  fil   commun  mais  dépassées  par  les  réalités  des  exploitations  ?     Qui  ne  voit  que  le  débouclage  des  positions  de  Lehman  brothers  –  qui  prendront  selon   les  experts,  a  minima,  plusieurs  années  –  ne  sonne  le  glas  des  espoirs  des  contrôleurs   publics  quotidiennement  inondés  par  le  véritable  flot  d'écritures  comptables  et  les  flux   financiers  permanents  que  ceux-­‐ci  sont  censés  refléter  ?     Face  à  ce  besoin  de  refondation  en  amont  du  démarrage  de  l'analyse  (  du  raisonnement   hypothético-­‐déductif  cher  aux  économistes  ),  il  nous  paraitrait  vraiment  approprié  que   les   Pouvoirs   publics   ne   soient   pas   plus   longtemps   abusés.   En   effet,   que   la   profession   bancaire  soit  organisée  pour  la  défense  de  ses  intérêts  immédiats  et  qu'une  pyramide   puisse   être   factuellement   établie   à   la   lecture   des   poids   relatifs   des   bilans   des   grands   établissements  est  un  point  à  concéder.  Ceci  ne  permet  toutefois  pas  intellectuellement  (   ou  statistiquement,  etc  )  de  conclure  à  l'existence  d'un  système.     Cette   première   approximation   –   hélas   fort   répandue   et   commode   –   pollue   l'action   publique  et  altère  la  portée  opérationnelle  de  la  régulation  :  j'en  suis  personnellement   convaincu  depuis  des  années  (  cf.  Tribune  libre  dans  ENA-­‐mensuel  d'Avril  1993  ).     Fort  de  ce  premier  constat  brièvement  énonçé  –  constitutif  de  ce  que  Madeleine  Grawitz   nommait  en  sciences  sociales  une    "  réification  "  -­‐,  il  convient  de  dresser  un  état  des  lieux   à  la  fin  de  2011  suivant  trois  temps  forts.       1  )  Tout  d'abord,  les  banques  sont  pour  longtemps  dans  un  lien  délicat  avec  la   notion   de   confiance.   Les   enquêtes   d'opinion   rapportent   l'ampleur   de   la   césure   et   le   slogan  "  la  crise  c'est  eux  mais  c'est  nous  qui  la  payons  !  "  ne  cesse  de  prospérer  tel  un   poison  dont  l'anti-­‐démonstration  relève  de  la  gageure.     Les  épargnants  –  incontestablement  atteints  –  en  viennent  à  mélanger  un  peu  tout  et   confondent  parfois  leurs  pertes  objectives  sur  les  marchés  boursiers  avec  le  risque  de   banqueroute   financière   que   le   monde   a   sérieusement   croisé   il   y   a   quatre   ans.   Ils  
  18. 18.   18   stigmatisent   leur   conseiller   d'agence   en   omettant   que   le   plus   jeune   étudiant   en   droit   pourrait  leur  confirmer  l'abîme  tangible  qui  existe  entre  l'effective  obligation  de  moyens   et   la   non-­‐contractuelle   obligation   de   résultats.   Confrontés   au   risque   absolu   qu'aurait   représenté   une   crise   d'illiquidité   de   plusieurs   banques,   les   épargnants   désormais   rassurés  par  la  garantie  publique  opportunément  apportée  se  sont  à  nouveau  focalisés   sur  l'évaporation  des  rendements  de  leurs  actifs,  sur  le  "  return  "  qu'ils  escomptaient  de   leurs  stocks  d'épargne.     Si  les  banques  doivent  de  facto  œuvrer  pour  restaurer  la  confiance  de  leurs  clients  (  voir   exemples   espagnols   dont   Bankia   ou   franco-­‐belge   Dexia),   ces   derniers   ne   doivent   pas   céder  à  des  assimilations  de  comptoir  qui  n'ont  rien  à  voir  avec  les  liens  contractuels  et   commerciaux  qui  ont  été  effectivement  tissés.     Sur  ce  sujet  où  le  vent  est  favorable,  le  mutisme  de  l'industrie  demeure  surprenant.     Il  y  aura  des  améliorations  car  le  temps  a  –  ici  comme  ailleurs  –  des  vertus  curatives   mais  les  décideurs  des  établissements  financiers  savent  in  concreto  –  dans  leurs  livres  -­‐   le  coût  du  doute  des  clients  et  leur  appétence  chaque  jour  plus  installée  pour  les  litiges   dans  des  sociétés  occidentales  où  cette  tendance  est  relevée  dans  de  nombreux  secteurs   économiques.       2  )  Par-­‐delà  cette  confiance  émoussée  (  cf.  l'augmentation  d'ores  et  déjà  décelable   des   montants   de   la   monnaie   fiduciaire   :   "   cash   is   back   in   the   race   "   )   et   désormais   soumise  à  forte  conditionnalité,  les  banques  ont  un  quadruple  défi  interne.     Premier  côté  de  ce  carré  pour  l'instant  périlleux,  la  crise  a  révélé  le  véritable  format  de   l'échelle  des  rémunérations  au  sein  des  établissements.  Pour  ceux  des  personnels  qui   sont  en  mesure  de  l'accepter,  cette  échelle  des  gains  demeure  choquante  car  chacun  a   bien  compris  qu'elle  n'est  nullement  couplée  avec  une  échelle  de  responsabilités  en  cas   de  mise  en  péril  de  l'exploitation.       Sur  ce  sujet,  il  faut  avancer  avec  prudence  et  veiller  à  la  méthode  d'analyse.  Ainsi,  il  n'y  a   pas   que   dans   le   secteur   bancaire   que   les   virtuoses   de   l'essor   commercial   sont   très   rétribués   sans   pour   autant   avoir   une   échelle   de   responsabilités   comme   celle   qui   est   usuellement  dévolue  par  le  droit  des  affaires  au  mandataire  social.       Au   prix   de   modifications   de   formes   organisationnelles   évidemment   admissibles   et   gérables,  l'industrie  bancaire  pourrait  aisément  élargir  le  nombre  de  ses  mandataires   sociaux  dans  le  but  avoué  d'une  diffusion  de  la  responsabilité.     Cette   extension   numérique   –   que   les   Pouvoirs   publics   pourraient   quant   à   eux   sans   difficultés   majeures   requérir   –   permettrait   ainsi   d'intégrer   les   rémunérations   –   par   exemple  des  traders  –  sous  le  coup  des  dispositions  de  l'article  L  225  –  102  –  1  du  Code   de  commerce  (  traitant  du  Rapport  annuel  sur  les  rémunérations  et  avantages  )  dont  on   observera   au   demeurant   que   leur   respect   est   soumis   à   attestation   (   en   exactitude   et   sincérité  )  des  commissaires  aux  comptes  depuis  la  promulgation  du  décret  de  2006.  (  D.   2006  –  1566  du  11  Décembre  2006,  article  54  ).    
  19. 19.   19   Notre   proposition   a   certes   un   impact   organisationnel   à   calibrer   (   créations   de   filiales   thématiques   dédiées   entrainant   la   création   de   mandats   sociaux   )   mais   peut   être   déployée  à  strict  droit  constant  ce  qui  constitue  un  atout  au  regard  de  deux  éléments   bien  identifiés  :  d'une  part,  l'encombrement  parlementaire    post-­‐présidentielle...  )  du  fait   d'autres  réformes  à  mettre  en  œuvre,  d'autre  part,  la  nécessaire  recherche  d'une  quote-­‐ part  maximale  de  stabilité  des  situations  juridiques.   Si  décisions  il  y  a  dans  le  secteur  bancaire,  notre  analyse  nous  conduit  à  énoncer  qu'elles   seront   tôt   ou   tard   transposées   à   d'autres   secteurs   ce   qui   n'altère   pas   la   faisabilité   opérationnelle  de  la  proposition.     Une  certitude  demeure  ancrée  :  ce  n'est  pas  le  montant  nominal  des  rémunérations  qu'il   faut   soumettre   à   la   toise,   c'est   l'exposition   au   risque   que   l'exercice   irrationnel   d'un   métier  fait  courir  à  l'ensemble.     Deuxième  côté  du  carré  actuellement  funeste,  la  crise  a  révélé  à  quel  point  la  hiérarchie   la   plus   ultime   des   établissements   bancaires   méconnaissait   le   fonctionnement   concret   des  salles  de  marché  et  leur  évolution  récente.  Pour  ne  pas  dire  plus.     Il  est  hélas  inutile  de  développer  ce  point  car  la  sagacité  du  lecteur  est  ici  présupposée   voire   postulée   et   que   nous   sommes   assez   nombreux   à   conserver   en   mémoire   des   déclarations  publiques  de  dirigeants  qui  suffisent  à  nourrir  notre  affirmation  à  valeur  de   strict  rappel  sur  un  mode  retenu.       Nous  serions  heureux  de  pouvoir  intellectuellement  nous  en  abstenir  mais  comme  se   plaisait  à  le  rappeler  Jacques  Delors  dans  d'autres  circonstances  financières  –  elles  aussi   difficiles  -­‐  :  les  faits  sont  têtus…     D'ailleurs,  il  serait  pour  le  moins  contradictoire  de  nier  cette  réalité  car  cela  reviendrait   à   dire   que   les   dirigeants   avaient   pleine   conscience   des   risques   encourus,   de   ce   que   j'appelle   le   cordeau   Bickford   constitué   par   le   poids   et   le   contenu   mutuellement   sans   cesse  croissants  des  engagements  hors-­‐bilan  des  établissements.     Il   y   a   eu   de   lourdes   erreurs   que   les   soutiens   publics   vont   aider   à   gommer   dans   des   silences  lourds  de  sens  car  les  parties  en  présence  n'ont  guère  d'autres  choix.     La  question  qui  demeure  ouverte  pour  l'acteur  public  et  pour  les  historiens  à  venir  de  la   sphère  financière  est  celle  du  degré  exact  ET  préalable  de  connaissances  du  volume  des   risques.  Par  obligation  et  fort  de  notre  expérience  d'ancien  commissaire  aux  comptes,  il   nous   revient   ici   de   rappeler   que   le   mandataire   social   doit   rechercher   la   continuité   d'exploitation  et  ne  pas  déroger  aux  règles  que  le  Doyen  Pierre  Bézard  a  nommé  avec   netteté  dans  plusieurs  ouvrages  (  et  jurisprudences…)  la  loyauté  du  dirigeant.     Il  serait  de  bonne  intelligence  que  les  décideurs  de  l'industrie  bancaire  gardent  présent   à   l'esprit   le   vaste   soupçon   de   baraterie   qui   plane   sur   leur   gestion   dans   la   dernière   période.  Comme  toute  soupçon,  il  charrie  ses  vérités  et  ses  excès  outranciers.     Troisième   côté   du   carré,   les   banques   sont   en   dernier   ressort   face   à   une   crise   de   rentabilité  que  les  états  de  synthèse  de  leurs  profits  ont  parfois  tendance  à  sous-­‐refléter   voire  à  occulter.    
  20. 20.   20     Pour  le  grand  public,  la  messe  est  dite  et  les  banques  font  à  nouveau  des  "  sous  ".       Pour  qui  prend  le  temps  et  le  soin  de  lire  des  états  comptables  récents,  la  situation  est   nettement  plus  contrastée  ce  qui  a  une  conséquence  méta-­‐sectorielle  que  notre  estimé   ancien  confrère  René  Ricol    a  affronté  durant  de  longues  semaines  dans  ses  fonctions  de   Médiateur   du   crédit.   L'économie   va   être   confrontée   pour   une   période   longue   à   une   sélectivité  accrue  des  banquiers  prêteurs  directement  découlée  de  leur  crise  interne  de   rentabilité.  Ceci  dans  un  contexte  où  le  refinancement  régulier  et  accentué  des  Etats  ne   manquera  pas  de  provoquer  des  effets  d'éviction  (  "  crowding-­‐out  "  )  sur  les  marchés   financiers  d'où  des  tensions  durables  en  matière  de  dettes  souveraines.     A  ce  stade,  j'ignore  si  l'analyse  économique  sera  en  mesure  d'apporter  sa  contribution  à   la   crise   d'efficience   allocative   des   banques   mais   dans   la   mesure   où   l'importance   des   économistes   travaillant   pour   celles-­‐ci   est   connue   et   établie   (   voir   les   éminents   Jean-­‐ Hervé  Lorenzi  ou  Christian  de  Boissieu  )  il  est  légitimement  permis  d'espérer.     Quatrième  et  dernier  côté  du  carré,  les  normes  comptables.       Sur  cette  question  technique  fondamentale,  souvenons-­‐nous  d'abord  avec  stricte   exactitude  et  un  rien  de  malice  entendue  que  ce  fût  Charles  de  Croisset  (  alors  Président   du  C.C.F  devenu  HSBC  France  )  le  premier  à  souligner  deux  faits  d'importance.  D'une   part,  la  sous-­‐représentation  de  la  France  voire  de  l'Union  européenne  dans  les  instances   investies  du  pouvoir  de  validation  de  la  réforme  des  référentiels  normatifs.  D'autre  part,   l'ampleur  du  big  bang  que  constituerait  l'adoption  pleine  et  entière  de  la  "  fair  value  "   alors  en  cours  de  définition  finale.   Il  ne  fût  guère  entendu  des  dirigeants  d'alors  de  notre  pays  dont  la  condescendance  vis-­‐ à-­‐vis  du  chiffre  et  des  comptables  est  historiquement  et  presque  judiciairement  établie.     Le   premier   point   qui   surprend   concernant   les   normes   réside   dans   la   brutalité   du   changement   digne   d'une   "   migration   ",   d'un   basculement   cher   aux   développeurs   de   logiciels  informatiques.       Le  monde  a  accepté  de  quitter  –  telle  une  mue  reptilienne  –  une  rive  pour  une  autre  sans   chercher  à  quantifier  les  vertus  du  panachage  voire  du  régime  transitoire.       En  effet,  nous  étions  quelques  uns  à  avoir  tenté  de  murmurer  qu'il  y  aurait  pertinence  à   ce  que  les  valeurs  au  bilan  fussent  calculées  par  une  exacte  moyenne  entre  la  valeur  de   marché  et  la  valeur  historique.       Si  l'on  songe  aux  aberrations  des  immeubles  totalement  amortis  qui  valaient  un  €uro   symbolique  en  plein  Paris  haussmannien  ou  Londres  victorien,  chacun  comprend  qu'il  y   aurait  déjà  eu  un  immense  progrès  vers  la  notion  pivot  de  toute  comptabilité:  à  savoir,   l'image  fidèle.     Au   lieu   de   fidélité,   le   travail   collectif   des   normalisateurs   –   par   ailleurs   qualifiable   de   considérable   –   s'est   attaché   à   la   notion   d'exactitude   des   comptes   en   remettant   cette   quête  dans  les  seules  mains  de  la  trompeuse  appellation  de  "  fair  value  "  qui  comporte  –  
  21. 21.   21   en  creux  -­‐  en  anglais  une  connotation  subjective  qui  apparaît  lorsque  le  terme  d'unfair   est  utilisé  en  droit  ou  en  économie.     Or  là,  il  y  a  eu  recul  conceptuel  préjudiciable.     En  effet,  le  Code  de  commerce  n'introduit  à  bon  escient  aucun  lien  de  cause  à  effet  entre   les  obligations  de  régularité  et  de  sincérité  comptable  d'une  part  et  l'image  fidèle  d'autre   part.  Si  l'image  fidèle  est  effectivement  présente  (  L  123-­‐14,  alinéa  1er  ),  c'est  bien  parce   qu'elle  est  une  notion  distincte  et  exogène  aux  deux  autres  obligations.     Pour   les   professionnels   du   chiffre,   la   comptabilité   est   intrinsèquement   un   outil   où   la   technicité   va   de   pair   avec   une   dimension   conventionnelle.   Celle-­‐ci   est   quasiment   exponentielle  depuis  l'adoption  de  certaines  normes  qui  aboutissant  à  des  non-­‐sens  en   termes  de  valorisation  obligent  alors  à  des  retraitements  et  à  l'utilisation  de  modèles  par   essence  soumis  à  subjectivité  et  non-­‐universalité.     Sur  ce  point  précis  et  vraiment  décisif,  il  faut  ici  rappeler  que  l'alinéa  3  de  l'article  L  123-­‐ 14  du  Code  de  commerce  énonce  une  disposition  impérative  :  toute  dérogation  rendue   obligatoire  par  la  situation  de  fait  doit  être  explicitée  dans  l'annexe  des  comptes  annuels.     Rappel  du  texte  exact  :     "   Si,   dans   un   cas   exceptionnel,   l'application   d'une   prescription   comptable   se   révèle   impropre   à   donner   une   image   fidèle   du   patrimoine,   de   la   situation   financière   ou   du   résultat,   il   doit   y   être   dérogé.   Cette   dérogation   est   mentionnée   à   l'annexe   et   dûment   motivée,  avec  l'indication  de  son  influence  sur  le  patrimoine,  la  situation  financière  et  le   résultat  de  l'entreprise.  "     Autrement  dit,  le  Code  de  commerce  et  ses  prescriptions  règlementaires  attachées  ne   font  aucune  place  aux  conversations  d'antichambre  dignes  d'un  "  bargaining  "  suspect  et   posent  clairement  les  seules  règles  devant  présider  aux  travaux  d'arrêté  des  comptes   annuels.     L'image  fidèle  est  donc  la  pierre  angulaire  dont  la  pleine  validité  est  à  remettre  au  cœur   des  pratiques  des  acteurs  de  l'industrie  bancaire  et  de  leurs  Comités  d'audit....     Un  exemple  factuel  vient  étayer  cette  affirmation  au  moment  où  des  esquisses  de  quasi-­‐ récession  menacent  :  les  banques  sont  les  seuls  agents  économiques  ayant  obtenu  en   France  une  dérogation  de  facto  au  principe  de  prudence  qui  régit  usuellement  les  règles   comptables.  Ainsi,  il  leur  est  possible  pour  les  seuls  titres  de  transaction  de  tenir  compte   des   moins-­‐values   potentielles   mais   aussi   des   plus-­‐values   potentielles.   Nul   besoin   d'expertise  approfondie  pour  mesurer  l'effet  d'aubaine  au  point  conjoncturel  où  nous   semblons  être.     L'image  fidèle  est  le  seul  concept  dont  la  densité  exogène  pourra  contraindre  l'industrie   bancaire  à  la  rigueur  que  l'essence  de  ses  métiers  rend  obligatoire.     Pour  citer  –  à  fin  de  plus  ample  démonstration  –  un  auteur  reconnu  des  praticiens  :    
  22. 22.   22   "  Une  activité  notable  du  banquier  est  la  prise  ou  réception  d'engagements  significatifs  (   opérations  de  hors-­‐bilan  )  sans  qu'il  y  ait  transfert  de  fonds.  Il  peut  en  découler  que  ces   engagements   ne   génèrent   pas   d'écritures   comptables   dans   les   systèmes   généraux.   La   non-­‐prise  en  compte  de  ces  éléments  peut  être  difficile  à  déceler.  "     Jean-­‐Luc  Siruguet,  in  "  Le  contrôle  comptable  bancaire  ".  (  Revue  Banque  :  page  86  ).     En   peu   de   mots,   l'essentiel   est   rapporté.   En   si   peu   de   temps   de   lecture,   on   mesure   l'ampleur  des  risques  et  la  taille  du  présent  chantier  de  reconformation  qui  va  au-­‐delà   des  renforcements  de  régulation  obtenus  par  la  BCE  et  Monsieur  TRICHET.     L'industrie  bancaire  cumule  des  foyers  d'innovation  vecteurs  de  progrès  mais  parfois   d'ordre  tératogène  :  il  faut  que  les  pratiques  de  présentation  comptable  qui  sont,  à  ce   jour,  parcellaires  reflètent  bien  davantage  l'exhaustivité  des  exploitations  par  essence   toujours  imaginatives.     Le  deuxième  point  concernant  les  normes  appartient  désormais  à  l'histoire  humaine  :   conçues  pour  être  un  mieux,  elles  ont  été  un  moins  dans  les  bilans.     Leur  application  frontale,  hors  sérieux  régime  de  transition  qui  eût  valeur  probatoire,  a   coincidé  avec  une  crise  conjoncturelle  dont  l'impact  sera  profond  et  durable.     L'adoption  un  rien  naïve  et  peut-­‐être  totalitaire  d'un  seul  concept  technique  endogène  (   la  "  fair  value  "  )  représente  ainsi  un  gâchis  collectif  dont  le  chiffrage  ne  se  limite  pas  aux   billets  d'avion  des  membres  de  l'IASB  ou  à  leurs  heures  de  travail.       Selon  moi,  du  fait  des  spirales  baissières  pro-­‐cycliques  que  les  normes  ont  induit  sur  les   trois   dernières   années,   elles   sont   analytiquement   éligibles   au   rang   de   déséconomie   externe  majeure,  d'anti-­‐externalité  sans  précédent  à  occurrence  séculaire.     Face  à  l'importance  des  destructions  combinées  de  valeur,  il  faudrait  les  patiences  et  les   ardeurs  cumulées  de  feu  Edmond  Malinvaud  (  INSEE  )  et  d'un  estimé  Edouard  Salustro   pour  suggérer  à  une  instance  internationale  une  quantification  de  cette  balle  tirée  dans   le  pied  du  monde.       Le   résultat   serait   probablement   effrayant   mais   il   contribuerait   à   ouvrir   les   yeux   en   matière  de  dévoiement  d'intentions.     A   ce   propos   de   quantification,   si   l'information   est   diffusée   (   car   rendue   publique   ),   il   serait   instructif   de   lire   les   travaux   actuellement   en   cours   du   FCAG   (   Financial   Crisis   Advisory  Group  )  qui  doit  poursuivre,  dans  les  mois  à  venir,  un  opération  vérité  vis  à  vis   de  l'IASB  mais  aussi  de  la  FASB  (  US  Financial  Accounting  Standards  Board  )…     On  sait  que  Clémenceau  pensait  avoir  raison  en  énonçant  que  la  guerre  est  une  affaire   trop  sérieuse  pour  être  laissée  aux  seuls  militaires.       On   sait   désormais   que   les   plus   fins   spécialistes   comptables   peuvent   verser   dans   un   isolement  fautif  par-­‐delà  leurs  nobles  intentions  de  départ.      
  23. 23.   23   Madame  Christine  Lagarde  –  incontestablement  déçue  par  la  tournure  des  choses  et  les   réponses   (   fin   Août   2009   )   de   l'IASB   –   avait   alors   posé   avec   quelques   bruits   que   la   myopie  et  la  surdité  de  l'IASB  étaient  établies.       Pour   notre   part,   nous   voyons   dans   l'aboutissement   présent   des   IFRS   une   approche   monaurale  où  certains  Etats  n'ont  pas  assez  initialement  pris  conscience  de  la  révolution   de   papier   qui   était   en   marche.   Des   validations   publiques   sont   par   conséquent   intervenues  dans  des  conditions  imparfaites.  Donc,  regrettables.     Désormais,  il  est  clair  qu'il  faut  un  changement  de  statut  juridique  de  l'IASB  sinon  les   forces  en  présence  joueront  globalement  dans  le  même  sens.       Comme  aimait  à  me  le  dire  vivement  le  Préfet  de  Région  Claudius  Brosse  (  sur  d'autres   sujets…)  :  "  Vous  avez  déjà  vu  quelqu'un  de  puissant  se  déjuger  ?  "…     Selon  notre  entendement  de  la  situation,  il  faut  –  selon  une  voie  minimale  –  élargir  le   nombre  de  trustees  (  et  partant  leur  "  représentativité  "  )  qui  composent  la  Fondation   IASCF,  organe  de  surveillance  de  l'IASB.     Selon   notre   approche   préférée   –   certes   plus   maximaliste   –   il   faut   arrêter   de   s'en   remettre   à   une   simple   association   de   droit   privé   pour   traiter   de   telles   matières   qui   relèvent  –  qui  songerait  à  le  contester  ?  –  de  l'intérêt  général.     Sans   tenir   éloignée   de   notre   pensée   l'expérience   française   dite   de   nationalisation-­‐ sanction   (   Exemple   des   usines   Renault   à   la   Libération   ),   il   nous   paraît   sincèrement   soutenable   de   préconiser   l'adoption   d'un   statut   international   de   type   UPU   :     Union   postale  universelle.     Cette   modification   de   statut   est   probablement   un   point   de   passage   obligé   pour   réorienter   valablement   les   travaux   de   l'IASB   et   ainsi   donner   sa   chance   à   la   notion   d'image  fidèle.     Notre  vive  préconisation  formulée  à  l'aune  de  notre  compétence  forcément  contenue  est   en  effet  d'insérer  la  préoccupation  d'image  fidèle  de  manière  normativement  faîtière  et   de  l'endogénéiser.       Il  en  va  ici  de  la  crédibilité  des  états  comptables  de  toute  entité  et  singulièrement  de   celles  qui  traitent  de  matière  financière.     A  quoi  servirait  –  par  exemple  non  fortuit  –  une  comptabilité  en  "  fair  value  "  largement   dépassée  par  la  réalité  des  opérations  de  titrisation  et  autres  évènements  hors-­‐bilan  là   où  l'image  fidèle  engage  davantage  en  fait  et  en  droit  la  responsabilité  des  opérateurs  et   des  dirigeants.       Sans  responsabilité,  pas  de  solution  normative  crédible.     Comme  la  métaphore  ici  développée  du  carré  le  préfigure,  les  quatre  côtés  sont  égaux  en   intensité  de  question  à  résoudre.    

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