Questions educ2

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Questions educ2

  1. 1. Les bons rythmes ? N°2 Les bons rythmes ? Confirmation d’une annonce de campagne, première bourde médiatique du nou- veau ministre de l’Éducation nationale ou sujet à polémique, la question des rythmes des enfants et des jeunes dépasse de loin la seule École. Elle est avant tout une manière d’appréhender les temps et les activités, de penser leurs articulations, de concevoir une vie harmonieuse et respectueuse – autant que faire se peut- des besoins de chacun. Questions d’Éduc se penche donc sur la manière dont se construisent les temps des enfants et des jeunes, met en évidence les évolutions, les reculs, les ruptures et interroge les pistes intéressantes à explorer dans l’avenir. Plus de renseignements, retrouvez-nous sur : http://www.unsa-education.orgSnia-ipr SOMMAIRE • Laménagement du temps de lenfant : un consensus difficile à trouver ! p.2-3 • Conférence nationale sur les rythmes scolaires : quelles propositions ? p.4 • La complémentarité des temps p.5 • Rythmes scolaires, rythmes de vie ? p.6-7 • Les rythmes en Europe p.8-9 • L’étudiant salarié p.10 • Quel temps d’écrans ? - Bibliographie p.11-12
  2. 2. Les bons rythmes ? Laménagement du temps de lenfant : un consensus difficile à trouver !Dès les lois de Jules Ferry sur lécole, le calendrier scolaire a été élaboré en fonction des contraintesde la société. Les vacances dété permettaient aux enfants deffectuer les travaux agricoles et lins-tauration dune coupure le jeudi autorisait la pratique de la catéchèse en dehors de lécole.Par la suite, durant les « Trente Glorieuses », le prendre en compte des activités éducatives com-développement dune société du temps libre et plémentaires à lécole.du tourisme a influé sur linstauration de troiszones pour les vacances scolaires. Il en fut de Cette politique publique daménagement desmême pour la disparition des cours le samedi et temps de lenfant pose la question du « commentlinstauration de la semaine des quatre jours. éduquer lenfant ? ».Dans ces différents schémas, lintérêt de lenfant Les modalités des dispositifs et les partenairesest peu pris en compte. peuvent différer, mais lobjectif du développe- ment et de lépanouissement de lenfant seraÀ la fin des années 60 et dans les années 70, la réaffirmé. Les projets doivent permettre dequestion de lorganisation pédagogique des ap-prentissages est posée. Il est fortement préconisé mieux équilibrer la journée, dadapter les activi-dinstaurer des dispositifs laissant plus de place tés au rythme des enfants, de libérer du tempsaux activités dites « déveil » ou à « léducation pour pratiquer des activités non scolaires et dephysique ». Différentes expérimentations comme promouvoir une politique déducation globalecelle du tiers temps pédagogique sont conduites intégrant les activités scolaires et périscolaires.par lÉducation nationale. Lidée que dautres acteurs issus des collectivitésÀ partir des années 80, des associations de jeu- locales ou des associations peuvent contribuer ànesse et déducation populaire comme les FRAN- la réussite scolaire fait son chemin.CAS, défenseurs dune éducation globale quiassocie à lécole des activités éducatives hors Les communes sont le nouvel acteur majeur detemps scolaires, vont se faire entendre. cette politique : grâce aux lois de décentralisa- tion, linvestissement des collectivités localesPar ailleurs, les recherches sur la chronobiologie dans les activités éducatives complémentaires àet la chrono-psychologie des chercheurs com- lécole sera encouragé. En 1990, dans le cadre demencent à porter leurs fruits. La question de la circulaire Bambuck-Jospin, les communesléducation et des apprentissages est alors posée. pourront signer avec lÉtat des contrats damé-Léducation sarrête-t-elle à lécole ? Doit-elle nagement du Temps de lEnfant (CATE), quiprendre en compte les temps périscolaires ?Comment mieux organiser le temps scolaire ? deviendront par la suite des contrats de ville- enfant (CVE). Elles pourront cofinancer des acti- La recherche dun nouvel aménagement vités périscolaires et participer au choix damé- du temps de lenfant nagement du temps sur la semaine ou la journée,De 1984 à 2000, malgré les changements de gou- en accord avec linspecteur dacadémie et lesvernements et de ministres, différentes circu- conseils décole.laires vont se succéder. Tous, avec des degrésdifférents, traduisent une volonté politique dor- Cest ainsi que la semaine de quatre jours seraganiser différemment les temps de lécole et de expérimentée. 2 N°2 - Juin 2012
  3. 3. Les bons rythmes ? Une expérimentation jamais généralisée Mais peu à peu, les moyens gérés par le minis- Pourtant, la mise en œuvre de cette politique res- tère de la Jeunesse et des Sports pour les tera expérimentale et liée à la volonté et contrats éducatifs locaux (CEL) vont diminuer lengagement des partenaires. Le volontarisme sensiblement, laissant les collectivités décider de de départ du ministère de la Jeunesse et des leur projet et lécole revenir au centre du jeu. Sports qui pilote les dispositifs pendant plusieurs La question de la semaine de quatre ou cinq jours années ne reçoit pas le même écho du côté des ne cessera dêtre posée. services de lÉducation nationale. Linvestisse- ment des collectivités diffère dune commune à Après 2007, lÉducation nationale se recentrera une autre. Les intervenants extérieurs à lécole, sur ses propres dispositifs avec « laccompagne- notamment associatifs, même avec un agrément, ment éducatif » mis en œuvre dans les établis- ne seront pas toujours bien accueillis. sements scolaires par les enseignants, avec ou sans les partenaires associatifs, sans pour autant Selon les territoires, la mise en œuvre des circu- laires se limitera à une juxtaposition dactivités y consacrer les moyens nécessaires. scolaires et non scolaires. Dans dautres cas, no- tamment là où les collectivités décideront de sin- Toutes les études et rapports démontrent quun vestir à partir dune réflexion globale, on pourra aménagement du temps est bénéfique pour voir apparaître de véritables projets éducatifs lo- lépanouissement et la réussite scolaire de len- caux (PEL) intégrant lensemble des partenaires fant. Néanmoins cette politique bouscule les pra- (État, collectivités, CAF, FAS), des dispositifs et ac- tiques et positionnements mais aussi les intérêts tions éducatifs en faveur des enfants. et les enjeux des différents acteurs.L’avis de la fédération UNSA Éducation !Pour réussir, une politique de laménagement du temps de lenfant suppose un certain nombrede conditions :• lentente de tous les acteurs sur une nouvelle conception de lÉducation ;• lacceptation de la coéducation ;• la reconnaissance des acteurs comme partenaires à égalité ;• la co-construction dun projet éducatif ;• la professionnalisation et la qualification des acteurs extérieurs à lécole au même niveau que les enseignants ;• les moyens financiers ;• la mise en œuvre dune gouvernance avec lensemble des partenaires, le projet devenant le pilote ;• laccompagnement des acteurs en termes notamment de formations ;• la concertation entre les différentes parties prenantes qui nont pas toutes les mêmes intérêts. 3 N°2 - Juin 2012
  4. 4. Les bons rythmes ? Conférence nationale sur lesrythmes scolaires : quelles propositions?Suite au constat dun taux élevé de jeunes en les devoirs à la maison et développer des acti-échec scolaire, de décrocheurs et de sorties de vités culturelles, sportives favorisant épanouis-lÉcole sans diplôme, le précédent ministre a sement et égalité des chances ;commandé une étude sur la question des • le retour à la semaine de 5 jours ;rythmes scolaires. • 38 semaines de travail au lieu de 36 et une alternance de 7 semaines denseignement avecLe rapport met laccent sur le nombre dheures 2 semaines de congé ; 6 semaines de vacancesdenseignement globalement plus élevé en dété ;France que dans les autres pays européens : jour- • un total de 190 jours de classe contre 144nées plus longues, semaines plus courtes etmoins nombreuses. aujourdhui.Les propositions prévoient de découper le temps Par ailleurs le rapport prévoit de redéfinir :scolaire en trois temps : enseignement, accom- • le rôle des différents partenaires (enseignants,pagnement et périscolaire. parents, collectivités, CNAF, associations) ;Sappuyant également sur des études concer- • la place des différents dispositifs extérieurs ànant la chronobiologie et la chrono-psychologie, lécole.la conférence nationale a établi un certain nom-bre de préconisations : Dautres préconisations sont faites sur le plan• des journées moins lourdes : 5 heures densei- pédagogique : gnement en primaire et collège jusquen cinquième, 6 heures en quatrième et troisième • une réorganisation pédagogique avec un mais 8h30 de présence au total dont la pause accroissement des temps personnalisés et des méridienne ; temps en petits groupes ;• l’obligation dune pause méridienne de 1h30 au • le développement de lusage des nouvelles moins ; technologies dans lenseignement ;• une journée moins dense, mieux consacrée à • une évolution du lycée en véritable lieu de vie, des nouveaux apprentissages avec de nou- ouvert en-dehors des heures scolaires stricto- velles méthodes ; sensu ;• un temps daccompagnement éducatif pour • une meilleure répartition des travaux à rendre tous afin daider les élèves en difficulté, limiter par les élèves.L’avis de la fédération UNSA Éducation !Les préconisations rejoignent un certain nombre de propositions de la Fédération.Néanmoins, rien nest dit des moyens qui seront affectés, notamment à laccompagnementéducatif ou à louverture des établissements en-dehors du temps scolaire.Le rapport ne précise pas comment sera mise en œuvre la concertation entre les différentspartenaires pour créer les conditions dun véritable projet éducatif partagé.Par ailleurs, il ne suffit pas de réformer lorganisation pour que léchec scolaire disparaisse :une meilleure formation des enseignants et de tous les acteurs éducatifs est nécessaire. 4 N°2 - Juin 2012
  5. 5. Les bons rythmes ? Garder le rythme ou donner un nouveau tempo éducatif ?Une année se compose de plus de 8700 heures. peut être leur apprentissage en classe, lesUne grosse moitié est consacrée au sommeil et découvertes et les pratiques d’activités artis-aux repas. Pour les enfants et les jeunes scolari- tiques, culturelles, socioculturelles et sportives.sés, le temps scolaire ne représente qu’un quart L’ensemble de ces activités, souvent caractéri-du temps disponible. Selon les niveaux, le temps sées « d’éducation non formelle » parce qu’ellesde classe varie environ de 850 à 1050 heures ne s’inscrivent pas dans le cadre formalisé etannuelles. Le reste est leur temps de loisirs, leur normé de l’École (des locaux, des niveaux, destemps libre en quelque sorte ! programmes, des manuels, un cadre légal…), participe activement à la mission d’Éducation enCertes, avec quelques 900 heures de classe ou de proposant d’autres approches, d’autres pédago-cours en moyenne par an, le système scolaire gies, d’autres modes de relations aux autres etinflue considérablement sur l’organisation des aux savoirs, d’autres regards sur le monde.journées, des semaines et de l’année, pour lesélèves et les personnels d’abord mais plusglobalement pour l’ensemble de la société La question des rythmes est révélatrice d’unepuisque chacun est appelé à se caler et à s’orga- nécessaire approche plurielle. Les temps et lesniser en fonction du calendrier scolaire (début et activités des enfants et des jeunes forment unfin des cours, jours de classe ou non, vacances tout auquel il convient de donner de la cohé-scolaires…). rence. Les différents acteurs éducatifs participent à la formation de l’esprit critique, de la coopéra-Pour autant, le temps libéré par l’École n’est tion, de l’émancipation de tous. Articuler lespas forcément vide de toute activité. En effet, temps, organiser au mieux les rythmes revientil permet, entre autres et différemment de ce que donc à penser la complémentarité édu-cative.L’avis de la fédération UNSA Éducation !Articuler les temps n’est certes pas affaire aisée. De nombreux paramètres sont à prendre enconsidération qui concernent tant les enfants, les jeunes et leurs familles, que les professionnelsde l’Éducation, mais aussi des secteurs économiques comme celui du tourisme. Les territoiresne sont ni tous égaux, ni tous identiques face à cette question qui nécessite à la fois innovationet souplesse. Peut-être d’ailleurs qu’il conviendrait de s’interroger d’abord sur quelle éducationnous souhaitons pour quelle société.En répondant collectivement à cette question, nous serions alors plus à même d’en déduire saplace, ses articulations et la gestion de ses différents temps dans leur cohérence et leur complé-mentarité. 5 N°2 - Juin 2012
  6. 6. Les bons rythmes ? Rythmes scolaires, rythmes de vie ? Interview Questions d’Éduc : Au sujet des rythmes sco- Questions d’Éduc : Les temps dapprentis-laires, certains axes semblent faire consensus : sage sont-ils les mêmes pour tous ?des journées moins longues, des trimestres équi- SNMSU : Les temps dapprentissage sontlibrés avec des vacances de 14 jours toutes les 6- aussi à différencier en fonction des niveaux8 semaines, des vacances dété raccourcies et un (préélémentaire, lécole élémentaire ainsi que lesnombre de journées de classe plus élevé. Lob- sixième et cinquième, les classes de quatrièmejectif est de mieux respecter les rythmes chrono- et troisième, et enfin le lycée).biologiques de lenfant et de permettre unemeilleure régularité des apprentissages pour en De toute façon, à tout âge, les temps dapprentis-favoriser la réussite. Qu’en pensent les médecins sages ne doivent pas débuter trop tôt : un dé-de l’Éducation nationale ? marrage à 9 heures est une bonne solution, laissant place auparavant si besoin aux temps SNMSU(*) : Dans les préconisations de la daccueil ou de transport. La durée de ce dernierConférence nationale sur les rythmes scolaires, devrait dailleurs se limiter à 30 minutes, ce quiil est reconnu que la capacité dattention dun en- implique une meilleure organisation des trans-fant de 6 ans nest pas la même que celle dun ports scolaires.adolescent de 14 ans et le temps denseignementest différent : la conférence préconise 5h en élé-mentaire et 6h en cinquième, quatrième et troi- Questions d’Éduc : Plutôt que des rythmessième. Actuellement, la question de la semaine scolaires, ne devrait-on pas parler des rythmesde 4 ou 5 jours fait débat, sachant que la semaine de vie de lenfant ?dite de 5 jours serait dailleurs plutôt de 4 SNMSU : On sait limportance de léquilibrejours1/2... de la vie familiale, de la part du temps dappren-Ce schéma organisationnel est en effet plus fa- tissage, mais aussi du besoin de repos, de jeuxvorable aux apprentissages et permet dautant et de socialisation chez lenfant. Et chez l’adoles-mieux un soutien aux enfants les plus fragiles. cent, si la capacité dapprentissage augmente enPar ailleurs, si les enfants sont spontanément temps et en puissance, cet équilibre est toujoursplutôt matinaux, les adolescents ont également à respecter. Laspect chronobiologique nest évi-des besoins spécifiques de sommeil, avec un en- demment pas le seul facteur positif sur le déve-dormissement spontanément plus tardif et un loppement dun enfant ; on ne peut oublier lestemps global de sommeil encore important : à éléments psychoaffectifs.ladolescence, on "récupère" plutôt le matin ! À ce titre, il apparait raisonnable de tenir compteLibérer le mercredi matin pour privilégier les de lévolution sociétale avec laugmentation ducours laprès-midi ne pourrait-il permettre de di- nombre de parents séparés, la recomposition desminuer la dette de sommeil trop souvent obser- familles. Le samedi matin libéré permet plus fa-vée et accumulée jusquà la fin de semaine chez cilement le double maintien du rôle maternel etl’adolescent ? paternel auprès des enfants. 6 N°2 - Juin 2012
  7. 7. Les bons rythmes ? Questions d’Éduc : Pouvez-vous nous donner Comme chez ladulte, lorganisation du travailquelques illustrations de ces rythmes de vie ? permet déviter les phénomènes de saturation ou de fatigue : y contribuent la limitation du temps SNMSU : En maternelle, lorganisation dutemps et du lieu de sommeil devrait permettre de forte concentration, lespacement desde répondre au besoin variable des enfants pour contrôles scolaires, la répartition des disciplineséviter un effet d’hyperstimulation analogue au avec intrication des cours déducation physiquesurmenage chez l’adulte. Ainsi la scolarisation et sportive, de matières culturelles et artistiques.des tout-petits ne peut être envisagée qu’avec Il serait intéressant dévaluer, dans certaines fi-une prise en compte spécifique de leur dévelop- lières de lycée général ou professionnel, lapement dans des conditions vraiment adaptées charge de travail hebdomadaire demandée auxet libérées des apprentissages scolaires : accueil élèves au regard des emplois du temps et du tra-rassurant, approprié à l’enfant n’ayant pas acquis vail personnel.la propreté, encadrement par un plus grand nom- Dans les classes préparatoires aux grandesbre d’adultes, respect du rythme individuel de dé- écoles, on peut s’interroger sur un système qui,veloppement, socialisation au premier plan... de principe, met en difficulté l’équilibre individuelSe pose globalement la question du "travail" des élèves par l’importance de la charge de tra-demandé à lenfant ou à ladolescent : ne fau- vail, la pression induite, la rupture sociale... Endrait-il pas y inclure les temps dapprentissage, effet, ces jeunes seront amenés, dans le futur, àdaide éducative reçue, de devoirs ? Car tous ces occuper des fonctions d’encadrement : quelle ap-moments sollicitent la capacité de concentration, proche auront-ils alors des méthodes de mana-les fonctions cognitives et mentales. gement et des risques psychosociaux ?(*) le SNMSU est le syndicat national des médicins scolaires et universitaires de la fédération UNSA Éducation. 7 N°2 - Juin 2012
  8. 8. Les bons rythmes ?Quels rythmes scolaires en Europe ?Au moment où notre pays se réinterroge sur l’efficacité de son système éducatif, la question desrythmes scolaires ressurgit. Considérée souvent à ce sujet comme « la mauvaise élève de l’Europe »,la France souhaite une évolution de ses temps scolaires. Organisation des journées, temps devacances, effets sur la réussite des élèves…Comment cela se passe-t-il chez nos voisins européens ?Existe-t-il un « modèle » à suivre ?Les élèves français travaillent-ils plus que les pause déjeuner peut varier entre 20 mn et 1h enautres ? fonction de l’amplitude de la journée.Les heures de cours sont nombreuses et répar- En Angleterre où chaque établissement est libreties sur un nombre limité de journées dans de son organisation, la journée débute générale-l’année, ce qui amène les élèves français à déte- ment vers 9h et se termine vers 15h30/16h avecnir le record du temps passé sur les bancs de une pause déjeuner d’une heure et une récréa-l’école. En maternelle et en primaire, la journée tion de 15mn le matin et/ou l’après-midi.est en effet la plus longue d’Europe. En Finlande, les cours du lundi au vendredi seQuelles vacances ailleurs ? déroulent entre 8h et 15h (parfois 16h) avec 15mnContrepartie de ce rythme très soutenu, souvent de battement entre chaque séance de 45 mn. Ladénoncé par l’OCDE, les périodes de vacances loi interdit que les élèves aient une heure de libresont dans la moyenne haute de l’ensemble des entre deux cours. La pause déjeuner dure 30mn.pays et, surtout, plus nombreuses au niveau desvacances intermédiaires. En Espagne, chaque communauté autonome établit le calendrier scolaire pour l’année suivantQuelle organisation des journées ? des critères établis par l’administration centrale afin de garantir l’homogénéité au niveauL’Allemagne est en train d’abandonner le modèle national. Il existe deux types de journée scolaire :du cours le matin et du sport l’après-midi pour continue ou partagée entre matin et après-midi.développer les écoles à plein temps… En effet, Chaque établissement choisit celle qu’il préfère.les après-midi sportifs ont été rendus Les cours ont lieu 5 jours par semaine (lundi auresponsables du mauvais classement de l’Alle- vendredi). Chaque journée est composée de 5 oumagne à PISA. Depuis 2004, plus de 4 milliards 6 cours, en fonction du niveau, variant entred’euros ont été investis pour permettre à 1/3 des 45 et 60 mn. Une récréation d’une demi-heureécoles primaires et 1/4 des collèges d’offrir une vers 11h permet une collation.journée complète de classe. Les cours commen-cent toujours à 7h50 mais la fin peut varier enfonction des tranches d’âge entre 13h05 et 16h45. Au Portugal, les cours ont lieu du lundi au ven-L’amplitude maximum est de 10 heures de cours. dredi. La durée d’un cours est de 50 minutes enLa durée d’un cours est de 45 mn avec 4 récréa- préscolaire et cycle 1, et de 90 minutes dans letions obligatoires au cours de la journée. La secondaire. La pause déjeuner doit être d’1h30. 8 N°2 - Juin 2012
  9. 9. Les bons rythmes ?En Italie, selon les établissements, la semaine Aux Pays-Bas, la durée de la semaine est dedure 5 à 6 jours. Ce sont les parents qui, au 5 jours, mais les établissements peuvent 7 foismoment de l’inscription, choisissent le nombre dans l’année la réduire à 4 jours. Dans lehebdomadaire d’heures de cours. En Primaire : primaire, pas de cours le mercredi après-midi ;27H mais depuis 2009-2010, le modèle 24h est in- dans le secondaire, 5 jours pleins. L’organisationtroduit dans les petites classes. Les parents peu- est laissée au choix des établissements, en géné-vent demander que leur enfant bénéficie de 3h ral 8h30-15h ou 16h avec 1h de pause le midi. Dehebdomadaires supplémentaires facultatives plus en plus d’écoles primaires optent pour la(musique, cinéma, informatique…). Ils peuvent journée continue. Les cours se terminent alorsaussi opter pour 40h qui correspond à la prise vers 14h ; les élèves mangent dans la classe,des repas à l’école. Au secondaire : 30h (collège). le repas étant considéré comme une activité édu-École matin et après-midi, mais les écoles pri- cative.maires peuvent ne prévoir que 6 matinées.L’avis de la fédération UNSA Éducation !Existe-t-il une corrélation entre rythmes et réussite des élèves ?Si l’on excepte l’Italie, les rythmes scolaires constituent un sujet de préoccupation commun àtous les pays étudiés, les réformes tentant de les adapter au mieux au travail des mères et à ladémocratisation de l’enseignement.S’il faut certainement les prendre en compte pour l’équilibre de l’élève, il faut toutefois se garderde leur conférer une responsabilité trop excessive : « L’aménagement des rythmes scolaires estun levier d’action parmi d’autres mais ne peut pas suffire à expliquer à lui seul les performanceséducatives d’un pays. Il y a d’autres facteurs à prendre en compte comme la formation desenseignants » (Éric Charbonnier-OCDE- Août 2010).La question des rythmes scolaires est une des composantes de la politique éducative. Lesdifférentes expériences de nos voisins européens, si elles enrichissent la réflexion, ne permettentpas vraiment de tirer des leçons. Dans chacun des pays, les rythmes scolaires s’insèrent dansun contexte spécifique où système scolaire dans son ensemble et culture du pays sont à prendreen compte. 9 N°2 - Juin 2012
  10. 10. Les bons rythmes ? Peut-on être étudiant et salarié ?En théorie, la chose est possible et peut même Le contrôle terminal, l’organisation d’épreuvesêtre reconnue par un statut spécifique(1). Dans spéciales ou l’enseignement à distance restentles faits, selon lOVE (Observatoire de la vie étu- des possibilités qu’offrent certaines universités,diante), huit étudiants sur dix déclarent exercer certaines filières, certains diplômes. Pour autant,au cours de leurs études une activité profession- ce cumul de deux activités, cette « double vie »nelle pour financer leurs études, leur logement d’étudiant et de salarié est souvent lourde à géreret/ou leurs loisirs. Les situations sont évidem- et influe sur les résultats. "Une activité rémuné-ment très diverses entre ceux qui occupent un rée coupée des études, régulière et exercée auemploi à plein temps en suivant des cours du soir moins à mi-temps accroît dun tiers les risqueset ceux qui font quelques heures de baby-sitting déchec", estime lOVE. Et selon un rapport dudans la semaine. Conseil économique et social sur le travail étudiant, au-delà de quinze heures travaillées par semaine, limpact négatif sur la scolarité estFinancièrement, plus de 40% des étudiants évident.doivent travailler régulièrement au cours de lan-née afin de financer leurs études. Or le tempsn’est pas extensible. Si un job étudiant (moins de 15 heures hebdomadaires) savère souvent une expérience bienSi des dispenses dassiduité, des vécue, à savoir celle dun appren-aménagements dhoraires ou un tissage de lautonomie et de dé-régime long détudes (aussi ap- couverte du monde du travail, ilpelé "étalement d’études" permet- devient un handicap lorsqu’il setent aux étudiants salariés de transforme en un boulot long, fa-suivre la dernière année de licence tigant, parfois peu gratifiant,ou la première année de master sur mais indispensable pour pouvoirdeux ans en répartissant les cours vivre et étudier à la fois.et les examens) sont possibles, ilexiste très peu de textes prévoyantun cursus adapté pour les étudiantssalariés(2).L’avis de la fédération UNSA Éducation !Tout en militant pour une révision du système actuel des aides (bourses) aux étudiants afin demieux assurer leur autonomie financière, l’UNSA – avec d’autres confédérations syndicales – acontribué à la rédaction du « guide des étudiants salariés » de l’UNEF.(1) Pour bénéficier du statut d’étudiant salarié. Il faut justifier durant toute l’année universitaire (du 1er octobre au 30 septembre) d’au moins 60 heures de travail par mois ou 120 heures partrimestre (ce qui représente entre 10 à 15 heures par semaine). Ce régime spécial offre une adhésion gratuite au régime de la sécurité sociale.(2) Arrêté du 23 avril 2002 relatif aux études universitaires conduisant au grade de licenceArticle 18 : Le Conseil dAdministration fixe, sur proposition du Conseil des Etudes et de la Vie Universitaire, les modalités pédagogiques spéciales prenant en compte les besoins particuliersdes étudiants engagés dans la vie active ou assumant des responsabilités particulières dans la vie universitaire, la vie étudiante ou associative, des étudiants chargés de famille, des étudiantsengagés dans plusieurs cursus, des handicapés et des sportifs de haut niveau (aménagements des emplois du temps et des rythmes détudes, choix du mode de contrôle, etc.) 10 N°2 - Juin 2012
  11. 11. Les bons rythmes ? Quel temps d’écrans ?Télévisions, ordinateurs, consoles de jeux vidéo, tablettes numériques, téléphones portables…autant d’écrans qui sont omniprésents dans nos vies et sur lesquels, petits et grands, nous pas-sons un certain temps d’écrans ! Temps perdu ? Temps gagné ? Temps éphémère du virtuel et del’immédiateté ? Lien permanent qui abolit le temps ? Temps court ? Temps qui court d’individus pres-sés ? Temps connectés, reliés, branchés ? Tendance ? Temps différents ! Un temps passé sur les écrans, d’échange, de lien, de socialisation comme pour- diversifié et en augmentation voyeurs d’apports, de contenus, de connais- sances. La spécificité de ces outils numériques, àEntre 2 et 4 heures par jour. C’est le temps que la différence de leurs prédécesseurs, est qu’ilsl’on consacre en moyenne chacun à nos écrans. articulent, souvent dans un même temps,Avec un système de vases communicants. Ainsi, plusieurs de ces fonctions : échange d’informa-dans un volume horaire global, le temps passé tion et socialisation, apprentissage et jeux,…devant la télévision (ce fameux petit écran de- parfois en grand nombre dans un mêmevenu le plus grand !) est plus important pour les échange. L’interactivité offre surtout le choix deenfants et personnes âgées, alors que les adoles- ne pas être passif : sur le Web, on peut produirecents et jeunes adultes passent davantage de des contenus, agir, échanger, collaborer… C’esttemps sur les ordinateurs et consoles. Difficile donc beaucoup plus qu’un simple accès.pour le moment d’en dire beaucoup plus sur lestablettes (trop récentes) et sur les téléphones mo-biles dont les usages ont énormément évolué. Un apprentissage du tri,De fait, si le temps d’écran est en permanente du choix, des prioritésévolution, son augmentation est faible. Un usage Parce que les activités sur les écrans sont multi-vient se substituer à un autre. Un support en rem- ples, elles nécessitent des choix, des tris,place un autre. des hiérarchisations. Si le zapping est devenu un mode de fonctionnement, voire de pensée, il entraîne deux démarches différentes. D’une Des fonctions diversifiées et articulées part un rapport à l’immédiateté, au temps court,Le temps passé sur les écrans ne peut se résumer au changement rapide et permanent d’activités.à une fonction unique. Davantage que la télévi- Mais il conduit aussi à une gymnastique intellec-sion qui permet d’apporter informations, culture, tuelle, une capacité à faire des liens, à mettre en synergie, en relation des éléments qui peuventdivertissements, les autres médias TIC facilitent, faire sens ensemble ou s’éclairer mutuellement.comme leur nom l’indique, l’accès à l’informationet à la communication. En cela, ils sont des outils 11 N°2 - Juin 2012
  12. 12. Les bons rythmes ?Fonder une nouvelle politiquede la jeunesse dans les médiasC’est l’appel lancé, sur le site lemonde.fr ce 24 février 2012, par les Ceméa avec la Ligue del’enseignement, les Francas et la FCPE, avec le soutien de chercheurs et autres acteurs de lasociété civile concernés par cette question de culture et d’éducation... Parmi les priorités de cettepolitique, pour donner un signal fort :• une politique d’offre publique de contenus destinés à la jeunesse (notamment en termes d’information) sur tous les médias y compris l’Internet, mobilisant des partenariats éditoriaux ;• une éducation aux médias digne de ce nom, bien plus large que des dispositifs comme le B2I, articulée notamment à l’histoire des arts comme à l’éducation à la citoyenneté, promue comme une opportunité pour le monde éducatif et non une contrainte, avec des ressources propres (en personnel, en formation, en matériel) exercée dans le cadre du service public de l’Éducation ;• un forum multi-acteurs pérenne, avec des représentants des pouvoirs publics, du secteur privé et des associations reconnues pour leurs professionnels de l’enfance et de l’adolescence organisant la co-régulation des médias français, y compris de l’Internet ;• un dispositif signalétique clair, cohérent et en continuité sur tous les médias ;• la construction de justes rétributions des droits d’auteur, en prenant en compte l’apport culturel que constitue, notamment pour les jeunes, l’accès aux œuvres sur Internet. À noter les incontournables travaux de : BIBLIOGRAPHIE • Hubert MONTAGNER : • L’enfant, la vraie question de l’école - Paris, éditions Odile Jacob, 2002 . • L’arbre enfant. Une nouvelle approche du développement de l’enfant - Paris, éditions Odile Jacob, 2006. • François TESTU : • Rythmes de vie et rythmes scolaires : aspects chronobiologiques et chronopsycho- logiques - Issy-les-Moulineaux : Elsevier Masson, 2008. • « Attention et rythmes à l’école » in LIEURY A, Psychologie pour l’enseignant - Paris, Dunod, 2010. et de nombreux autres comme l’ouvrage Autres temps, autre école : Impacts et enjeux des rythmes scolaires de Roger Sue et Marie-Françoise Caccia publié chez Retz en 2005 ainsi que les textes que l’on peut trouver sur le site du Café pédagogique http://www.cafepedagogique.net ou sur celui de la JPA http://www.jpa.asso.fr 12 N°2 - Juin 2012

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