Compte-rendu voyage d'étude Espagne 2011
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Compte-rendu voyage d'étude Espagne 2011

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Compte-rendu du voyage d'étude de la 27e Région en Espagne du 18 au 20 octobre 2011. Thème : jeunesses, politiques publiques et innovation sociale

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Compte-rendu voyage d'étude Espagne 2011 Document Transcript

  • 1. La 27e Région > Retour sur le voyage d’étude des 18, 19 et 20 octobre 2011Imagina!Jeunesse et innovation en Espagne
  • 2. La 27e Région> Retour sur le voyage d’étude des 18, 19 et 20 octobre 2011
  • 3. La 27e Région poursuit son tour d’Europe de l’innovation sociale et publique. Après Londres(2009), Malmö et Copenhague (2010), nous avions envie de retrouver la culture latine et d’ouvrirgrands nos radars au cœur de l’Espagne. Direction Madrid et Mérida, respectivement capitale dupays et capitale de l’Estrémadure, région rurale proche de la frontière portugaise.Baptisé «Imagina ! Jeunesse et innovation en Espagne», notre déplacement avait pour objectif depermettre aux Régions présentes (Pays de la Loire, Bourgogne, Champagne-Ardenne, Bretagne,Limousin et l’Association des Régions de France) et aux autres participants d’étudier de plusprès quelques projets innovants menés vers la jeunesse - tout particulièrement la démarche trèsinspirante entreprise par le cabinet régional «Iniciativa Joven» (initiative jeune) lancé en 2005.Comment les institutions espagnoles tentent-elles de transformer leur rapport à la jeunesse ?Quelles méthodes mettent-elles en œuvre concrètement, mais aussi, quelles sont les valeurs quisous-tendent leurs initiatives ? Quelles sont les méthodes les plus créatives aujourd’hui mises enœuvre par les associations, les agences spécialisées et les collectivités locales ? Le déplacementa permis de fournir des premières réponses très concrètes à ces questions, mais également demieux comprendre ce qui anime la jeunesse espagnole aujourd’hui, grâce à une rencontre pro-voquée avec des représentants de mouvement du 15M ou «15 mai», le fameux mouvement des«indignados» (les indignés).Les visites ont également permis de découvrir des espaces et des lieux peu conventionnels, telUtopic_us à Madrid, l’agence Iniciativa Joven à Mérida ou encore les lieux créatifs conçus avecles jeunes dans un quartier de Mérida, au sein du lycée de Badajoz ou encore de l›Universitéd›Estrémadure.Au travers de ce document, nous essayons de témoigner au mieux de ce que nous avons vu, maisaussi de vous faire vivre les débats qui ont animé le groupe de participants, et les écueils ren-contrés par les acteurs sur le chemin exigeant de l’innovation sociale et de la transformation despolitiques publiques... Un très grand merci à l’agence Iniciativa Joven. Un bien triste paradoxeveut qu’après 7 fructueuses années d’exercice, la nouvelle majorité de la Région Estremadurevient tout juste de décider de mettre fin aux activités de l’agence. Ce qui n’empêche nullementIniciativa Joven de rester une source d’inspiration inestimable pour tous les promoteurs de lacréativité et du changement en Europe. Nous souhaitons bon vent à toute l’équipe d’IniciativaJoven ! Merci aussi à tous les participants et à ceux qui nous ont ouvert leurs portes durant cetteédition 2011 particulièrement intense et inspirante.Stéphane Vincent, pour l’équipe de la 27e Région.
  • 4. 01Le voyageen résumé
  • 5. 18 oct MADRID 20 19 oct oct BADAJOZ MERIDALISBONNE
  • 6. Cela faisait quelques temps déjà que la 27e Région souhaitait rendrevisite à ses homologues espagnols d’Iniciativa Joven. Est-ce la moro-sité ambiante qui l’a poussée à aller chercher soleil et inspiration enEspagne ? A-t-elle senti le vent tourner pour Iniciativa Joven au len-demain des élections de mai (et l’urgence de les rencontrer) ? Est-ce le parallèle tentant entre l’Estrémadure et son initiative pour lesjeunes et la Transfo en Champagne-Ardenne « Une Région pour lesjeunes » qui a fait basculer la décision de la 27e Région sur son choixde voyage d’étude ? Un peu de tout ça sûrement… Et la voilà partie,les 18, 19 et 20 octobre 2011, accompagnée d’une quinzaine de parti-cipants - élus et agents régionaux, représentants de la société civile,designers…- direction l’Espagne.Au programme de ce voyage, co-conçu avec le Gabinete Iniciativa Joven, rencontres, visites et interventions au-tour du thème de la jeunesse. Il fallait lire ces interventions à la lumière d’un contexte politique et économiqued’où émane l’indignation, contexte que nous avons notamment cherché à mieux comprendre en rencontrantquatre de ces « indignés ».Le voyage d’étude s’est organisé en deux temps. Un premier temps de rencontre à Madrid avec des acteursvenus de différentes régions du pays et un second temps d’immersion sur les terres d’Iniciativa Joven en Estré-madure.18 octobre, MadridL’idée de cette journée était de présenter aux participants des initiatives et des méthodes d’intervention inspi-rantes sur les questions de la jeunesse, de la citoyenneté, de la participation, dans des environnements urbains(citilab) comme ruraux (Extremadura).Pour organiser cette journée de présentations et d’échanges, nous avons été accueillis par Utopic_us, usine detransformation créative située à deux pas de la Puerta del sol à Madrid. Ce tiers-lieu ouvert depuis peu est àla fois un espace de co-working pour les professionnels de la création (designers, graphistes, artistes…) et unlieu accueillant conférences, ateliers, évènements. Un cadre propice pour partager avec les divers intervenantsde la journée.Des projets très différents se sont succédés, notamment dans leur façon d’aborder les thématiques et leursméthodes de travail.Valoriser les talentsNous avons entamé cette journée par une présentation de TEDx Youth Madrid, par Antonella Broglia, membrede l’équipe organisatrice des conférences TEDx à Madrid. Depuis 25 ans aux Etats-Unis, la conférence TED(Technology, Entertainment, Design) rassemble des esprits brillants dans leur domaine pour partager leursidées avec le monde. Dans cet esprit, des conférences sont organisées de façon indépendante au niveau local:ce sont les conférences TEDx. Ce qui nous intéresse ici est la conférence TEDx dédiée spécialement aux jeunes(TEDx Youth Madrid) et organisée à Madrid le 20 novembre pour la première fois. Cette intervention avait, eneffet, vocation a réinterroger les formats de valorisation des initiatives des jeunes, interventions que souhaitentsouvent mettre en place les acteurs publics. Le format TEDx est-il réappropriable ou pour le moins inspirant ?
  • 7. Antonella a donné les clés de la mise en place de ce type d’événement. Ce type de show très marqué par laculture américaine a pu en séduire certains, en agacer d’autres par son esprit élitiste. Retenons qu’il permetde sortir des formats classiques de forum, qu’il renvoie à la culture libre (les vidéos des interventions sont par-tagées en ligne) et que ses codes parlent certainement aux plus jeunes.Encourager la participation…Voilà le point commun des trois présentations suivantes. Participation démocratique, dans un premier temps,avec le projet Magik Politik présenté par Asier Perez de Funky Projects, une des rares agences de design deservices espagnoles. Réalisé en 2010 pour Innobasque et EUDEL dans la localité de Mungia (Pays Basque),ce projet, développé avec et pour les jeunes, vise à changer les relations entre la mairie et les habitants, et enparticulier les jeunes. L’idée est de les intéresser et de les impliquer davantage dans la vie citoyenne et politiquede leur ville. La présentation d’Asier a cela d’intéressant qu’elle remet en question la relation commanditaire/opérateur dans ce type de démarche (y a t-il instrumentalisation ?) et interroge de façon globale la relation àl’acteur public. Les articles d’Hubert Guillaud ci-après reviennent sur cette intervention.Arrivée de Barcelone le matin, Laïa Sanchez est venue nous présenter sa structure Citilab et le projet qu’elledirige : le Social Media Lab. L’hypothèse de départ de ce projet est que le citoyen, via l’utilisation des nouveauxmédias sociaux, passe d’un rôle passif à un rôle créatif et peut dès lors devenir un acteur clé de l’innovationsociale. Si au départ ce lab n’a pas pour public cible les jeunes, il se trouve que ces derniers sont très réceptifset s’approprient aisément ces nouveaux outils. Le Social Media Lab a mis en place plusieurs expérimentationsdans la banlieue de Barcelone avec les jeunes afin de les rendre acteurs de la société et de faire en sorte qu’ilspartagent leur point de vue sur celle-ci. Laia Sanchez nous a présenté quelques unes de ces initiatives autourdu sport, de la musique et des nouveaux médias citoyens.Dernière présentation de cette riche matinée, David Pérez du collectif d’architectes madrilènes PKMN (pac-man) nous a présenté leur projet Ciudad crea Ciudad qui réinterroge le rôle des citoyens dans la constructionde la ville et notamment de son identité. Moins axé jeunesse et faisant davantage écho à la Transfo que la 27eRégion met en place en Région Bourgogne sur les villages du futur, David a présenté plus en détail le projetExtremadu[RA] développé à Benquerencia sur la ruralité et les TIC ou comment reconnecter des citoyens àtravers la réalité augmentée.S’indignerNous ne pouvions organiser un voyage d’étude en Espagne sur le thème de la jeunesse sans chercher à com-prendre ce mouvement qui bouscule l’Espagne depuis le 15 mai dernier, les « indignés ». Difficile, par ailleurs,de faire venir des « représentants » de ce mouvement, aucun de ses participants ne souhaitant mettre en avantsa parole plus que celle du collectif. Nous avons finalement réussi à faire venir quatre personnes impliquéesdans cette aventure : Raimond Garcia, Oscar Rivas coauteur de Nous les indignés, Marga Padilla et StéphaneGrueso, journaliste et vidéaste. Cette discussion nous a permis de comprendre un peu mieux ce mouvement,de constater qu’il n’avait pas de frontière d’âge, de sexe ou de situation sociale et qu’il condamnait avant toutce système politique dans lequel plus personne ne croit. Nous avons pu, le temps d’une discussion, partagerune expérience.19 et 20 octobre, Merida, BadajozNous avons passé deux journées en immersion chez Iniciativa Joven à Mérida en Estrémadure pour tenterde mieux comprendre ses fondements, son organisation, ses projets depuis le terrain. Interventions, ateliers,visites, rencontres… partagées et détaillées plus loin dans les articles d’Hubert Guillaud.
  • 8. 18 octMADRID
  • 9. LAIA SANCHEZ | Social Media LabLe Citilab c’est quoi ? Le Citilab est un centre de recherche, un espace pour mener des projets,qui doit répondre à deux objectifs : développer l’innovation et surtout développer une innova-tion qui soit menée avec les usagers. Dans notre cas, ces usagers sont des citadins. Sous desformes très différentes, nous développons donc de nouveaux produits, de nouveaux services.Nous tentons d’initier des changements qui puissent être portés par un réseau d’entreprises,par l’administration, par l’université, par ces différents types d’acteurs, mais toujours avec laparticipation des habitants.Comment nous y prenons-nous ? Au Social Media Lab les projets d’innovation sont conçus avecles nouveaux médias, des nouveaux médias que les habitants s’approprient. Notre stratégies’inscrit dans la continuité du design thinking ou de démarches utilisant le design pour implé-menter les projets en réalisant des prototypes de services avec les habitants.Ce sont des projets menés avec une démarche de co-création. On fait en sorte que l’usager,le citadin, celui à qui s’adresse le service, soit impliqué dès le début du projet. Il y a plusieursdegrés de participation, et pour obtenir l’implication des usagers nous avons besoin que lamotivation soit très forte. Le seul moyen d’obtenir une motivation importante est que l’intérêtde l’usager pour le projet puisse être entretenu dans un environnement créatif. Il s’agit de voirla participation comme un dialogue à valoriser : de la simple intervention dans une discussion,du simple commentaire, à la co-création du projet, qui est le degré maximum d’implication quel’on puisse attendre de l’usager.Innover signifie changer les choses car ça implique une critique radicale. Bien que cette cri-tique radicale soit parfois «destructive», bien qu’elle amène à rompre des choses, elle peut êtreconstructive dans un process de co-création.Ce n’est plus le modèle Do It Yourself, c’est le modèle du Do It With Others. Nous devons menerces projets, ces changements dans un process d’innovation ouvert, ce qui implique d’inviter dif-férents types d’acteurs, de différentes provenances, aux compétences différentes, pour déve-lopper les projets ensemble, et tenter de voir ce que chacun peut apporter à son niveau.Notre rôle est de veiller et accompagner ce process de médiation. Ensuite nous faisons en sorteque cette expérience ne soit pas seulement un «pilote», qu’elle n’ait pas lieu qu’en notre pré-sence, ce qui peut arriver et que nous avons déjà observé dans certains projets. Au contraire,nous devons composer avec les contraintes de chaque acteur impliqué (l’administration, l’uni-versité, l’entreprise, la société civile) pour que ces changements perdurent dans le temps,qu’ils se transmettent. Pour que ces changements soient adoptés et se réalisent. Il faut donctravailler à l’échelle locale d’une part, mais il faut également travailler avec ces grandes struc-tures pour que le transfert soit possible, et que ces changements, ces innovations, puissentréellement toucher l’ensemble du réseau.
  • 10. ASIER PEREZ | Funky ProjectJe suis Asier Perez, directeur de Funky Project.Nous sommes une agence basée à Bilbao faisant du design de serviceNous avons beaucoup travaillé avec l’administration publique : entre autres nous avons réaliséle projet Magic Politik pour l’agence d’innovation du Pays basque espagnol.«Magic Politik»On a mis en place un système pour encourager la participation au dialogue avec la mairie. Ona fait une recherche pour comprendre comment approcher les jeunes, qu’est-ce qu’un jeune,etc. À partir de là, on a mis en place un processus pour arriver à avoir cette rencontre entre lesélus, les jeunes travaillant à la mairie et les jeunes.Comment faire du design paraît simple mais c’est très compliqué de réaliser un projet dans uncontexte réel. Les gens de la mairie ont souvent peur de parler ouvertement avec les jeunesde la ville.Pour moi l’échec était le suivant : on ne doit pas commencer un process de participation si onsait que l’on ne mettra pas en place ce qui sortira du débat participatif. On est tombé sur ceproblème à plusieurs reprises dans le projet. Ça rejoint une partie du débat que nous avonseu qui est très intéressante : la relation client-prestataire avec un acteur public n’est pas lameilleure pour développer un projet de valeur.
  • 11. DAVID PEREZ GARCIA | PKMNPKMN est un collectif d’architectes. Actuellement, nous sommes quatre dans le collectif, maisdepuis cinq ans la proportion est variable : nous avons été jusque onze personnes sur certainsprojets.Nous avons tous fait nos études à l’école d’architecture de Madrid. Nous avons commencé àtravailler de manière spontanée au sein de l’université qui favorise le travail collectif.De là, on a commencé par des petits projets, et progressivement le collectif s’est consolidéjusqu’à devenir ce qu’il est aujourd’hui.CIUDAD CREA CIUDAD est une démarche de travail incluant des projets très différents. Cequi les rassemble, ou qui semble les rassembler, est cette tentative de développer des outilspour impliquer les habitants dans la construction active de leur ville, au travers d’actions ou demicro-projets.Souvent ces outils impliquent un travail sur l’identité individuelle des participants, même sinous tentons depuis de développer des outils à l’échelle de la communauté. Il s’agit d’implé-menter ces projets dans les collectivités.L’autre point important, c’est le travail d’architecte dans l’espace public pour organiser desinterventions dans la ville ; ce qui implique souvent la modification éphémère et spontanée demessages urbains.
  • 12. 19 octMERIDA
  • 13. FEDERICO CAMPOS | Iniciativa JovenLe Gabinete est une organisation publique qui s’attache principalement à essayer de transfor-mer la société en favorisant un modèle de développement basé sur les personnes, ce qui estfondamental à nos yeux.Nous pensons pouvoir aider les gens à être mieux «outillés» et plus actifs au travers d’uneimplication «entrepreneuriale» : pas uniquement un «entrepreneuriat» d’entreprise mais éga-lement un «entrepreneuriat» social, associatif, culturel, sportif.Nous tentons de changer la société en formant les personnes et en les « rendant capables»d’être les protagonistes de ce changement.> Peux-tu évoquer votre rôle auprès des écoles ?Dans le pari ambitieux de transformation que mène le Gabinete, une partie de l’activité estcentrée sur le système éducatif.Le système éducatif est la première étape où les gens commencent à se former et se transfor-mer. Nous menons donc différents projets pour favoriser «l’entrepreneuriat» tout au long dusystème éducatif.De la primaire ; avec des enfants de 7-8 ans ; puis au collège avec un cours spécifique ; au lycéeet au lycée professionnel, avec un concours de création d’entreprise ; et enfin à l’université, oùnous menons des programmes centrés sur la création de projet d’entreprise.
  • 14. 20 octBADAJOZ
  • 15. 02 Le regardd’Internet Actu
  • 16. Nous avons la chance chaque année d’être accom-pagnés par Hubert Guillaud, rédacteur en chef de In-ternet Actu, média de la Fing autour des technologiesde l’information et de leurs usages. Sa présence nousassure un retour extérieur et critique sur les sujetsabordés pendant ces voyages : innovation publique,innovation sociale, design de services, créativité, co-conception…A l’issu de ces 3 jours en Espagne, Hubert a publiétrois articles sur Internet Actu que nous reprenons ici.
  • 17. VOYAGE DANS L’INNOVATION SOCIALE ESPAGNOLEDes modèles économiquesà la question économiquePour son troisième voyage d’études annuel (voir le compte rendu du premier en Angleterreet du second en Scandinavie), la 27e Région nous a emmenés découvrir l’innovation socialeibérique, autour du thème de la jeunesse, nouvel axe de travail de la 27e Région. Quellesrelations inventer avec les jeunes et/ou les structures qui travaillent avec eux ? Commentencourager leurs projets, répondre à leurs besoins, trouver de nouvelles façons de les ac-compagner ?…Nous étions restés, lors du précédent voyage, sur breuses déclinaisons locales (Save our services àune question relative à l’articulation de deux mo- Lambeth, Leeds against the Cuts…) ou internatio-dèles politiques de participation des citoyens fina- nales. Des manifestations qui utilisent fortementlement relativement différents : celui de l’innovation les méthodes créatives et les réseaux sociaux poursociale (définition) et celui de l’action politique, sans communiquer, faciliter et organiser la mobilisation.être sûr de pouvoir les faire se rejoindre. Pourrions-nous trouver un peu d’espoir chez notre voisin espagnol ? Pas si sûr. La crise économiqueLes précédents voyages ont illustré pourtant com- et la défiance politique des citoyens envers leursment l’innovation politique et citoyenne cherchaient élus (liés à de nombreuses affaires de corruptionà se relier, via des projets et des méthodes qui qui gangrènent la démocratie espagnole, commeavaient pour but de transformer l’action publique. le rappelait déjà Arte en 2009) a plutôt tendance àMais la crise est passée par là. En Grande-Bre- prolonger et amplifier les à-coups budgétaires bri-tagne, les coupes budgétaires massives dans les tanniques qu’autre chose. Les promesses de l’inno-services publics britanniques mettent en difficultés vation sociale pour nous sortir de la crise n’ont pascertaines agences d’innovations (ces consultants de été couronnées de succès, tant s’en faut.la transformation méthodologique et sociale). Cellesqui demeurent doivent faire moins de projets avec Politiques de transformationmoins d’argent. Comme nous le confie l’anthropo- participatives : Où sont les réus-logue et vidéaste Ivo Gormley, consultant chez ThinkPublic, “les coupes budgétaires sont un test pour sites ?l’innovation sociale, qui n’est plus un plus à avoir,mais s’avère maintenant nécessaire”. Asier Perez est à la tête d’une agence de design établie à Bilbao et Madrid qui s’est lancée dans leReste que la Big Society de David Cameron en s’ins- design de services ces dernières années, en suivantpirant de l’innovation sociale souhaitait développer les principes établis par ses pairs (processus d’ob-la participation des Anglais aux services publics servation ethnographique des usagers, ateliers depour améliorer l’efficacité de ceux-ci. La brutalité et cocréations, développement de prototypes concep-la force des coupes budgétaires a réduit le projet à tuels…). Mais après avoir lancé quelques projets,sa pire expression : le simple démantèlement des aujourd’hui, l’agence Funky Projects n’a plus aucunservices publics. Un démantèlement qui provoque projet avec les services publics : et pour cause, tousd’ailleurs une réaction assez vive des Britanniques, les financements publics ont disparu, nous confiesouligne Basta!, notamment via le collectif citoyen Asier, à l’écho de ce que nous répèterons bienUK Uncut et la Coalition de résistance et leurs nom- d’autres.
  • 18. Asier se demande si en fait, il n’a pas été instru- mentalisé (sans succès), juste parce que son agence était “cool”. Finalement, conclut-il, peut-être qu’une part de l’échec de ce projet est lié au fait qu’on ne sait finalement pas très bien comment fonctionne une mairie. Le besoin exprimé par l’institution est certainement mal formulé. Cet échec n’est finalement pas le seul. De nombreux projets d’innovation sociale dans le champ de la par- ticipation ont du mal à dépasser les prototypes. IlsS’inspirant de la réussite de Chris Hugues, cofon- peinent à se transformer, à devenir des instancesdateur de Facebook et organisateur de la campagne et des formes de participations. Ils demeurent desd’Obama My.BarackObama.com en 2008, et cher- microprojets, certes souvent stimulants, mais dontchant à lever la désaffection des plus jeunes envers les effets demeurent trop limités pour avoir un im-la politique, en 2010, l’agence d’innovation du Pays pact. Les nombreux projets britanniques ou scan-Basque lui a passé commande d’un système pour dinaves dont nous avons pu parler sont un peu dufaire participer les jeunes à la vie politique munici- même acabit. On a l’impression bien souvent d’unepale. Restait à comprendre pourquoi les jeunes de- intervention et puis s’en va.vaient participer ? Quel dialogue instaurer ? Modèles économiques :En se référant aux 9 principes de l’engagement déli-bératif public, émis par Involve, l’un des cabinets de l’innovation sociale en ses limitesdesign britannique spécialiste de l’engagement ci-toyen, Asier Perez souligne les limites de l’exercice. La raison est peut-être à chercher dans le modèleBien souvent, les processus d’implications des gens économique même de l’intervention sociale. Commevisent plus à faire de la communication qu’à écouter nous le confiait Asier Perez, son agence a pris le pro-vraiment les gens. Quelle place reste-t-il aux gens jet tel qu’il était spécifié par le cahier des charges.pour influer sur la décision ? Qui initie les initiatives “On a toujours une relation faible avec le client, carde crowdsourcing et dans quel but ? Les services ? elle est économique”, se désole le consultant. Com-Les citoyens ? Dans quel but ?… ment remettre en cause un cahier des charges pro- posé par le commanditaire parce qu’il est mal fichu,L’agence d’Asier Perez a créé un premier prototype mal pensé, mal organisé ? La prestation est-elleconstitué d’un formulaire d’enquête que les jeunes compatible avec l’innovation par le design ? On voitdevaient faire tourner entre eux pour comprendre bien qu’il faudrait être partenaire de la collectivitéce qui les démotivait, de kits et d’espaces de jeux plutôt que prestataire, ou que la question de l’inno-pour animer les ateliers (voir les livrables sur le vation soit intégrée au dispositif même d’interven-site Magik Politik). Les ateliers ont montré la dif- tion des services publics comme le propose le labo-ficulté qu’avaient les élus à discuter sans prendre ratoire du Silk, le laboratoire d’innovation du comtéleur casquette d’élus. Le retour des jeunes s’est de Kent, le MindLab du ministère danois de l’éco-avéré assez banal finalement : pour eux, les élus nomie ou, à leur mesure, la 27eRégion ou l’Inicia-ne prêtent pas attention à leurs propositions. Asier tiva Joven du gouvernement d’Estrémadure. QuandPerez évoque cette expérience avec amertume. Son l’innovation sociale n’est qu’une prestation de ser-commanditaire avait peur de ces discussions avec vice de consultants, force est de constater qu’elleles plus jeunes… la municipalité a préféré mettre conduit plus souvent à l’échec.de côté beaucoup des idées avancées par l’agence(comme celle de vouloir construire des métriques Changer les termes économiques de la relationpour mesurer la distance entre citoyens et élus). semble primordial. Mais cela nécessite de trouver
  • 19. des modèles économiques plus hybrides, construire Des modèles à la questionun terrain neutre permettant de chercher et d’ap- économique : “Nous ne sommesporter des financements multiples. De proposerplutôt que de répondre à des commandes. Dans pas contre le système, c’estle design classique, il n’est pas rare que le maître le système qui est contre nous”d’oeuvre retenu soit celui qui ait le mieux réinter-rogé la question posée. Le prestataire doit souvent En Espagne, la crise économique est bien là. Tousremettre en question la commande qui lui est faite, les acteurs nous font le même récit de la disparitioncar le plus souvent la réponse à la question dépend des financements publics. Le Social Media Lab duplus des paramètres du problème que de sa solu- CitiLab de Barcelone se tourne désormais unique-tion. Comme le soulignait récemment Adil Abrar, ment vers les financements privés. Même l’Inicia-la question du modèle économique de l’innovation tiva Joven, l’agence régionale dédiée à l’innovationsociale explique en grande partie son relatif échec, sociale créée par le gouvernement autonome d’Es-son absence de passage à l’échelle. Tant qu’elle trémadure, ne sait pas quel sera son avenir à troissera cantonnée à des microcommandes, à des mois.prestations spécifiques, elle ne pourra certainement Dans ce contexte de crise économique, il était im-pas engendrer de transformation à grande échelle, portant d’entendre ceux qui, depuis le 15 mai 2011,comme elle en fait la promesse. s’opposent au système sur la place Puerta del Sol àComme le disait Asier, ce n’est pas le design du Madrid : les Indignés ! Quatre d’entre eux sont venusprojet qui est difficile, c’est son “espace réel”, c’est- à notre rencontre dans les locaux d’Utopic_Us, unà-dire sa mise en oeuvre, sa pérennité… Le risque espace de coworking madrilène : Raimond Garcia,est sinon d’avoir toujours une dissonance entre le Oscar Rivas coauteur de Nous les indignés, Margacommanditaire et le maître d’oeuvre, sans savoir Padilla et Stéphane Grueso, journaliste et vidéastetoujours lequel des deux préside à la sauvegarde de auteur de Copyright ou le droit de copier, qui depuisl’intérêt général, dont ils se revendiquent. plusieurs mois raconte sur son blog ce qu’il se passeCe qui semble certain, c’est que pour obtenir des sur la place de la Puerta del Sol à Madrid.changements de comportements, il est nécessaired’engager les gens sur le long terme, ce qui est par-fois peu compatible avec des budgets épisodiques.L’avenir de l’innovation sociale ne se joue pas uni-quement sur les méthodes, mais également sur lesmodèles économiques. Les méthodes innovantes, ledesign, les prototypes peuvent produire les mêmeséchecs que les méthodes traditionnelles. Avec unrisque de surenchère dans les méthodes : chaqueagence produit ses jeux et ses kits, ses prototypes,bénéficiant finalement assez peu des enseigne-ments précédents.Ce qui est sûr, c’est que le modèle du conseil, dela prestation, de l’appel d’offres peine à créer de Le mouvement du 15 mai (Wikipédia) est né suitela stabilité, des programmes sur le long terme, de à un appel à manifester dans 58 villes espagnolesl’identification des acteurs… et au final, peine à ins- lancé par l’organisation citoyenne ¡Democracia Realtaurer un cadre de confiance suffisant. Alors même Ya!, pour réclamer un changement dans la politique“qu’il faudrait pouvoir aller là où les gens ne vous espagnole, gangrénée par la corruption locale. Ceuxattendent pas. Alors même qu’il faudrait faire des qui se rassemblent ont en commun un désaveu en-expérimentations sur le développement durable là vers la classe politique, le bipartisme espagnol et laoù il n’y a pas les moyens d’en faire.” corruption. Suite à cette journée, des manifestants décident de rester sur place et, à Madrid, s’ins-
  • 20. tallent à la Puerta del Sol. Soutenus par les réseaux ceux qui fassent les lois les respectent. “Nous nesociaux, les citoyens s’auto-organisent et assurent sommes pas contre le système, c’est le système quila logistique pour la petite ville en train de naître à est contre nous” Le système nous appauvrit, nousla Puerta del Sol. Comme nous le confie Raimond fait souffrir psychologiquement et physiquement,Garcia : “Je ne savais pas quoi faire pour aider. J’ai explique encore Marga Padilla. “Le mouvement dunettoyé la place avec un balai, alors que je ne nettoie 15M n’est contre rien. Il souhaite juste un systèmejamais chez moi !” qui fonctionne pour les personnes plutôt que contre“Longtemps, j’ai pensé qu’il n’y avait pas de recettes elles.”pour changer les choses”, explique Marga Padilla. Et les Indignés de souligner que les politiciens es-“Les faits m’ont montré que j’avais tort”. Le mou- pagnols n’ont fait aucun effort pour les comprendrevement des Indignés est né d’un grand éventail de et dialoguer avec eux, alors que les Indignés le fontrevendications dont il faut aller chercher l’origine quotidiennement sur l’internet, entre eux. Les mé-dans le soutien espagnol à la guerre en Irak et les dias espagnols n’ont évoqué le mouvement seule-attentats du 11 mars 2004, estime celle qui a tenté ment une fois que le New York Times en a parlé.d’en dresser la carte. “La politique détruit la vie et “Le fait que notre réaction soit émotionnelle estla vie a besoin de créer une politique capable de très important pour ce mouvement”, explique Oscarchanger la vie entière”. Les causes, il faut d’abord Rivas. “Jusqu’au mouvement du 15M, beaucoup deles trouver dans la situation économique et sociale réponses sociales s’appuyaient sur la conscienceque traverse le pays, explique-t-elle. Les motifs de et l’idéologie. Mais aucune n’a été efficace pour ré-la protestation sont à chercher chez les 5 millions soudre les catastrophes éthiques, planétaires, éco-de chômeurs espagnols, dans une situation immo- logiques et économiques auxquelles nous sommesbilière qui rend le logement impossible. confrontés. Le mouvement du 15M peut-être vuLes Indignés n’ont pas de revendications : ils veulent comme une dépolitisation de ce que nous sommesdes changements. Nous ne sommes pas au XVIIIe vraiment. Car nous sommes aussi et avant tout dessiècle, nous n’avons pas de doléances précises à personnes, avant que d’être des idées ou un raison-présenter, expliquent-ils. “Quand un bébé a mal nement. Nous sommes les 99 %. Nous ne sommeset qu’il ne parle pas, il faut comprendre de quoi il pas des idées, sur les idées nous serions forcémentsouffre. Nos élus doivent faire pareil. Le peuple a tous en désaccords. Nous sommes l’expressionmal et pleure.” Le problème du logement en Es- d’une émotion et notre lien émotionnel a acquis unepagne, la corruption politique ou le chômage sont dimension transformatrice très importante.”complexes et ne peuvent pas être résolus d’un coupde baguette magique. Pour autant “on a le droitd’exiger un changement sans avoir de solutions”,clament les Indignés.A la Puerta del Sol, les citoyens ont cherché à for-muler un consensus à minima comme point dedépart de leurs revendications. Parmi celles-ci, ontrouve une demande de révision de la loi électoralequi favorise la représentation des grands partisau détriment des petits, ainsi qu’une demande deséparation des pouvoirs judiciaire et politique, quin’est pas actée en Espagne. “Etre indigné, c’est unerevendication globale contre les problèmes sociauxdont nous souffrons tous. Le système capitaliste estau-dessus des personnes. Or, nous n’arrivons plusà vivre dans ce système en Europe.” Les IndignésEspagnols réclament une démocratie plus parti-cipative, plus de transparence politique afin que
  • 21. VOYAGE DANS L’INNOVATION SOCIALE ESPAGNOLEStimuler et accompagnerl’esprit d’initiativeLe coeur du voyage organisé par la 27e Région en Espagne nous a emmenés à Merida (56000 habitants, Wikipédia), ancienne colonie romaine située au coeur de l’Estrémadure, l’unedes régions les plus rurales d’Espagne (1 million d’habitants dont 35 % de jeunes). L’objetde notre visite était d’aller découvrir l’Iniciativa Joven (l’initiative jeune), une agence régio-nale dédiée à l’innovation sociale créée par le gouvernement autonome d’Estrémadure et quidepuis 7 ans poursuit un travail de terrain pour soutenir et accompagner l’esprit d’entrepriseauprès de la jeunesse d’Estrémadure.Iniciativa Joven : stimuler l’initiative “Nous avons une manière de travailler très horizon- tale, nous vivons et croyons en nos méthodologiesA l’origine, explique Annabelle Favreau, chargée des pour les appliquer tous les jours. Nous ne pouvonsrelations internationales d’Iniciativa Joven, la mission pas promouvoir un nouveau modèle d’entreprena-du “Cabinet pour l’initiative jeune” était de développer riat, nous ne pouvons pas demander à d’autres del’esprit d’entreprise et l’esprit d’imagination, comme prendre des risques, sans en prendre nous-mêmes,l’expliquait sa déclaration d’intention fondatrice, sans être créatifs. Nous devons donner l’exemple.”le Manifeste de la société de l’imagination. Depuis2004, l’agence offre donc un soutien technique et unaccompagnement à l’innovation, plus particulière-ment auprès des jeunes entrepreneurs entre 18 et 35ans. L’agence dispose d’un budget total de 4 millionsd’euros dont la moitié sert au soutien des projets etl’autre à ses missions et à l’emploi de 25 personnes. Ici, on développe et accompagne l’entreprena- riat créatif, via de la formation, du réseautage, un accompagnement personnalisé, une aide à la re- cherche de financement et des actions de promo- tion autour des projets et de l’esprit d’entreprendre. Les méthodes créatives, le design, sont donc auLes locaux d’Iniciativa Joven sont le reflet de l’es- coeur de l’action de l’agence régionale.prit qui souffle sur ce service du Conseil régional: culte de la marque et des couleurs vives, multi- En Espagne, les compétences en matière d’édu-tudes de petits espaces de créativité, open space… cation sont toutes déléguées aux Régions. C’est ainsi que l’Estrémadure a inscrit l’enseignement de
  • 22. l’esprit d’entreprise créatif dans les programmes Redonner l’initiative… aux lycéensscolaires, de la maternelle à l’université. L’agencea conçu les contenus des programmes scolaires Luis Miguél Alvarez est professeur d’économie auavec des professeurs. Pour les élèves de l’école Collège Virgen de Guadalupe à Badajoz (150 000primaire, le programme Imaginar para emprender habitants). C’est un collège privé, qui accueille des(Imaginer pour entreprendre) se résume en un jeu enfants de la maternelle jusqu’au lycée profes-de cartes qui permet en quelques heures de lister sionnel, implanté dans un quartier très populaire.les compétences nécessaires à la prise d’initiative. Depuis 6 ans, le collège est partenaire des pro-Les élèves du secondaire sont quant à eux invités à grammes de l’Iniciativa Joven, auprès des élèvesimaginer et défendre un projet, via un guide d’exer- de secondaires et des lycéens. A ce titre, le collègecices remis à chaque enfant. Au lycée, le cours à la donne des cours optionnels sur l’entrepreneuriatforme d’un concours régional Imagina tu empresa et participe notamment aux concours “Imagine(Imagine ton entreprise) auquel participe chaque ton entreprise”. Luis est particulièrement fier queannée un millier de lycéens. plusieurs de ses élèves aient reçu plusieurs fois le premier prix à ce concours. Il y a 3 ans, un de sesPlus que “l’esprit d’entreprise”, il faut bien voir que élèves a ainsi imaginé un service de transport pourles objectifs de l’agence auprès des plus jeunes les jeunes baptisé Pilicall, qui se propose de venirsont plus modestes. Il faudrait plutôt évoquer le chercher les gens qui ont trop bu après une soirée.développement de l’esprit d’initiative auprès de po- Pour bénéficier du service, les gens doivent laisserpulations qui n’ont pas l’habitude d’en prendre. Le une caution de 30 euros qu’ils peuvent récupérerbut n’est pas de transformer tout jeune en entre- en participant au service, ou perdre au bénéfice depreneur, mais bien de leur montrer qu’ils peuvent l’association. L’élève qui a lancé cette idée était l’unêtre maîtres de leurs vies et qu’ils peuvent porter des pires étudiants du collège, raconte Luis Miguélet défendre leurs idées pour en faire un projet, qu’il Alvarez, mais il s’est avéré le plus entrepreneur desoit associatif, culturel ou évènementiel… tous. Pour Luis, la démonstration est claire : cette formation concrète permet de stimuler et dévelop-L’Iniciativa Joven a pour but de faire changer les per des compétences que l’école ne sait pas mettrementalités par rapport à l’entrepreneuriat dans une en valeur. L’entreprenariat doit être un élémentrégion où celui-ci est assez inexistant. Ce qui sti- fondamental de la formation des jeunes. Ici, nonmule la participation de plus en plus active de pro- seulement la région et le quartier sont défavorisés,fesseurs, c’est qu’ils pensent que cela permet de mais nul n’inculque aux élèves l’esprit d’initiative.développer chez certains élèves, d’autres capacitésque celles qu’inculque et évalue l’école, notam- Ici, chaque année, les élèves de 3e présentent 20 àment auprès d’élèves qui ont parfois du mal avec 30 projets au concours. Un autre élève, qui n’étaitle cursus scolaire normal. “L’objectif de ce pro- pas non plus très brillant, a émis l’idée de dévelop-gramme est de montrer que les gens peuvent choi- per des signaux routiers configurables. Il a reçu unsir, peuvent décider d’être acteur, de s’organiser.”Le but n’est pas de développer l’esprit de compéti-tion ou l’individualisme, au contraire. Le projet pro-meut l’esprit d’équipe notamment en demandantaux lycéens de travailler en petits groupes de troispour proposer un projet. Le travail avec les enfantsse concentre aussi sur l’identification de besoins,de manques, pour les amener à réagir à leur envi-ronnement.
  • 23. prix au concours Imagine ton entreprise pour déve- universitaire à tout étudiant en faisant la demande.lopper son projet, se former. Beaucoup de projets Il s’agit à la fois d’un espace et d’une formation pra-ont un ancrage social dans les réalités quotidiennes tique pour les accompagner à faire de leur idée unedes élèves, souligne le professeur. Trois filles ont entreprise.créée une association pour l’accueil de jeunes tri-somiques hébergés en foyers dans les familles du Dans cette région essentiellement agricole où 75 %quartier, pour les sortir le week-end des centres de la population vit en dessous du seuil de pau-où ils passent l’essentiel de leur vie et leur faire vreté européen, les jeunes d’Estrémadure sont peudécouvrir d’autres façons de vivre en société, tant ouverts à la culture économique. Le lieu dispensepour les jeunes trisomiques que pour les familles des formations très courtes (appelées “pilules for-d’accueil. matives” pour “guérir là où on a mal”) de marketingToute l’année, les élèves planchent sur leurs pro- ou d’expression. A Caceres, 25 étudiants sur 25 000jets. Ils doivent formuler leurs idées, en com- élèves sont venus suivre un module cette année. Unprendre et en faire comprendre les bénéfices. Ils résultat qui demeure un peu décevant. Il y a 3000travaillent avec leurs professeurs, mais aussi avec étudiants en économie dans cette université, se dé-des gens de l’Iniciativa Joven et des professionnels sole une prof de marketing, mais il y a une barrièrequi viennent des agences municipales ou de la vie d’usage à venir franchir la porte de cet espace pour-civile. “Trouver un modèle de financement pour tant placé juste à côté de la cafeteria. “On voudraitleur idée est un très bon moyen de leur faire com- impliquer plus de monde bien sûr, mais il est diffi-prendre l’économie concrètement”, estime le pro- cile de faire changer les comportements”. L’univer-fesseur d’économie. Le fonctionnement en projet sité dispose aussi de services d’aides à la créationpermet de dynamiser les groupes. Le but n’est pas d’entreprise plus traditionnelle, mais visiblement,qu’ils créent concrètement une entreprise, même les services ne travaillent pas ensemble. “On ap-si certains vont jusque-là, mais surtout qu’ils com- prend aux étudiants à être professeurs, ingénieurs,prennent qu’ils ont tous un potentiel dont ils doivent médecins, mais pas à entreprendre”, explique l’unprendre conscience. C’est un travail sur l’estime de des animateurs du lieu…soi avant toute chose, et dans le milieu où ils vivent(ici, 50 % des élèves ne terminent pas l’enseigne- La formation dispensée ici est devenue une forma-ment secondaire), ce n’est finalement pas anecdo- tion validée universitairement et l’équipe souhaite-tique. rait ouvrir un master pour l’année prochaine.… aux étudiants… … aux jeunes !Sur les campus de Caceres et Badajoz, l’iniciativa L’institut de la jeunesse de l’Estrémadure a construitJoven a ouvert deux espaces depuis 2005 dédié à la 4 “usines à jeunes” (littéralement “factorias joven”)promotion de l’entrepreneuriat. EmprendeLab est en Estrémadure et une trentaine d’espaces de créa-un programme proposé en complément du cursus tion jeune (dont un mobile), versions rénovées des
  • 24. MJC d’antan. Ces espaces, comme celui, modèle “Les entrepreneurs sont des gens qui ont déjà desde Merida (vidéo) ont associés les jeunes à leur idées et qui souvent savent clairement ce qu’ils vontconception. faire, mais ils ont souvent besoin de réponses immé- diates à des doutes ou des questions. A Iniciativa Jo- ven, on s’intéresse à la personne avant le projet”. LeLes jeunes du quartier populaire où est implantée premier contact avec un entrepreneur passe par un“l’usine à jeune” de Merida ont ainsi été nombreux à psychologue, comme c’est le cas de Carolina. En tantdemander un espace pour faire du skate et le lieu, au que coach, elle les aide à concrétiser leurs objectifs.final, consacre l’essentiel de son espace aux sportsde glisse urbaine. Ces espaces scénarisés, avec des Chaque année, Iniciativa Joven rencontre 300 entre-modules ouverts, multiples et configurables per- preneurs. Il en forme tout autant, via 28 formationsmettent de s’adapter aux activités des jeunes d’au- spécifiques, souvent extrêmement courtes (quelquesjourd’hui, explique Montse Tudela, responsable des heures) qui concernent la mise en relation, la com-espaces pour la création jeune. Dans ces espaces, munication sur son projet, le peaufinage du businessles jeunes peuvent venir faire les activités qui les plan et bien sûr la recherche de financements.concernent : de la danse, du skate, de la scène, du L’agence dispose d’ailleurs d’une enveloppe pourmultimédia, des graffitis sur des murs dédiés et ré- soutenir les projets en amont de leur création (àgulièrement repeins… L’idée était d’introduire un es- hauteur de deux millions d’euros par an, elle sou-pace différent entre l’école et le centre social, où les tient environ 200 projets sur les 1000 qu’elle a éva-jeunes sont invités à faire le programme plutôt qu’à lués). “30 % de ceux qui ont bénéficié de ces aides ontle subir. “Ici, tout repose sur une autre approche des reconnu qu’ils n’auraient pas monté leur entreprisejeunes. Les animateurs ne proposent rien. On de- sans l’accompagnement que nous leur avons appor-mande aux jeunes de proposer. On leur demande, tu té”, explique Inma Falero, responsable du serviceveux faire quoi ? De quoi as-tu besoin ? Quoi qu’il en projet à l’Iniciativa Jovent. Petit à petit, le service s’estsoit, le contraire ne marche plus. Tout ce qu’on ima- imposé : l’agence reçoit désormais 830 sollicitationsgine faire sans eux, sans les impliquer est le plus d’accompagnement contre 188, cinq ans plus tôt.souvent un échec.” L’Estrémadure n’a pas une grande histoire entrepre-Reste une drôle d’impression à visiter le lieu. Toute neuriale, explique Rebeca Jean Jiménez, chargéeautre forme de culture autre que populaire semble de projets. D’où l’importance de mettre en valeur etl’avoir déserté. rendre publics les projets et les profils des entre- preneurs. L’agence s’est organisée et à construit sesAccompagner les projets outils d’une manière souple, créative et agile. Les entretiens d’orientation permettent de reformulerL’autre fonction de l’Iniciativa Joven est bien sûr d’ac- le projet et d’apporter des réponses personnali-compagner les entrepreneurs, nous explique Caro- sées selon son état. Les CoffeeBreak ou les Pastalina Apolo, chargée de mission orientation à l’agence. sont des évènements organisés par l’Iniciativa Jo- ven pour mettre en réseaux les entrepreneurs, leur permettre d’échanger entre eux, de se soutenir les uns les autres, et également de trouver des finance- ments. Les kits de formations, le tutorat personna- lisé et le travail sur la communication des projets les aident à reformuler et baliser leur projet. L’une des manières de mettre en valeur l’entrepre- neuriat a consisté à éditer de courtes histoires où les entrepreneurs étaient conviés à mettre en avant leur expérience. Ces histoires rédigées à la pre-
  • 25. mière personne ont pour but de créer des modèlesde référence, de donner des visages aux projets, dedonner de la personnalité aux services que tout unchacun peut-être amené à utiliser. Une douzaine de“contes” ont été rédigés et 10 000 exemplaires dechaque ont été distribués gratuitement. Ici, expliqueFernando Sanchez, responsable de ce projet à Incia-tiva Joven, le but était de transformer le langage del’entreprise pour le rendre plus humain. “L’entrepre-neur en Estrémadure est perçu comme une entitéétrange, artificielle. Nous voulions faire passer lemessage que c’est seulement une personne nor-male, qui canalise son énergie vers un projet.” Carla Boserman a développé deux projets avec l’Ini-Gabriel Cabrera et Carmen Moreno, nos traduc- ciativa Joven qui lui a apporté le financement néces-teurs, ont ainsi eu leur portrait de réalisé (.pdf) via ce saire pour peaufiner son projet et lancer une expé-programme, un portrait dont ils se servent comme rience pilote. En 2009, la jeune femme a reçu uneGoodies pour présenter ce qu’ils font et se présenter bourse de création pour le projet Siberia (du nomet qu’ils offrent en cadeau avec toute facture. Ga- d’une région peu connue et très isolée d’Estréma-briel avec sa société de traduction, Atriex, a été l’un dure) qui a consisté à inviter les habitants à mettredes premiers porteurs de projets à être soutenu, en valeur le patrimoine local en les invitant à parti-il y a 7 ans, par l’agence régionale de l’innovation ciper à des ateliers de création de cartes postales,d’Estrémadure. L’apport du cabinet est encore assez de guides de voyages et de livres de coloriage surprésent, explique-t-il. Le cabinet l’a aidé à formuler, leur région. Son second projet, Robocicla.net est unprésenter et préciser son projet. projet d’ateliers créatifs pour les plus jeunes afin de leur faire toucher l’électronique, de les familiariserQuels projets ? avec la culture libre, le recyclage pour les aider à concevoir des robots. L’iniciativa Joven a permis deIl était important bien sûr d’essayer de percevoir la trouver le financement pour développer l’expériencediversité des projets que l’Iniciativa Joven avait sou- pilote, a apporté un soutien technique permanent,tenus en 7 années d’existence. Et ceux-ci sont vrai- a aidé à améliorer la présentation du projet et ament très différents les uns des autres. Le centre même permis de trouver un espace pour faire desd’innovation sportif en milieu naturel, Elanillo est un réunions, explique la jeune femme.projet institutionnel soutenu par le département dela jeunesse et des sports, qui a utilisé des fonds Fe- Gloria Ramirez, a lancé une petite entreprise de car-der pour développer un superbe bâtiment en forme rosserie spécialisée dans l’adaptation de véhiculesde cercle construit sur une île isolée du Sud de l’Es- techniques. Elle est entrée en 2006 à l’Iniciativa Jo-trémadure dédié au soutien et au développement ven en a suivi les formations ce qui lui a permis dedes entreprises du sport. trouver des financements, de rédiger son business plan. Elle a monté son entreprise en 2007 et, selonA l’inverse, DandoCalor, porté par le psychologue les périodes, emploie entre 2 et 4 personnes. ElleJosé Antonio Rosa, est un réseau de jeunes volon- est allée à plusieurs rencontres avec des financeurstaires pour accompagner des familles dont l’un des organisées par l’agence d’innovation, les Pasta, quienfants est traité en oncologie à l’hôpital infantile lui ont permis de trouver des compléments finan-de Badajoz. Cette association a pour but d’apporter ciers. L’agence l’a aidé à faire de la publicité pourune respiration familiale aux familles confrontées son activité, à construire sa stratégie. Elle l’a guidéau cancer, en invitant des jeunes étudiants à venir dans le labyrinthe des institutions et des aides. “Jefaire du babysitting ou du soutien scolaire sur leur suis là dès qu’ils font quelque chose avec les entre-temps libre pour aider les autres. preneurs, à la fois pour partager mon expérience et
  • 26. pour aider les autres. Ce travail de mise en relation d’entrepreneuriat, même chez les politiques. J’ai euest indispensable pour combler l’absence d’un tissu beaucoup de chance de participer de ce processus,d’entreprise en Estrémadure.” alors qu’il est aujourd’hui sur la sellette.”Pedro Delgado est le seul des jeunes entrepre- Effectivement, le changement de majorité aux der-neurs qui nous sont présentés qui ressemble à un nières élections régionales, a ramené la droite aprèsentrepreneur. Plutôt fort, il débarque nous voir de 28 ans de politique socialiste. L’agence d’innovation,son gros 4×4 avec un costume impeccable. Depuis qui portait pourtant un discours sur l’entrepreneu-7 ans, il a lancé Aquaphytex, une entreprise d’épu- riat qui n’est pas forcément très prisé à gauche,ration soutenable qui utilise les particularités de risque de fermer dans les prochains mois.certains végétaux pour construire des stationsd’épuration naturelle. Pedro Delgado, y va franco : Iniciativa Joven : un modèle pour“En Estrémadure, on ne pouvait travailler que si on une ingénierie créative ?avait de l’argent. Moi, je n’en avais pas, mais j’avaisdes idées. J’ai reçu des prix pour Aquaphytex. La “Nous avons trop tendance à penser l’ingénierie ter-Région m’a fait crédit et m’a permis de développer ritoriale, comme une question de gestionnaire. Or,mon entreprise. Le Gabinete m’a permis d’affiner créer une agence tournée vers la créativité, c’est unmon discours. J’étais menuisier et je viens d’un saut culturel qu’il nous faut faire en France. L’ingé-village de 1300 habitants, et aujourd’hui, grâce au nierie publique ne doit pas être seulement gestion-Cabinete, je parle de l’innovation dans le monde naire et administrative : elle doit être égalemententier.” Aujourd’hui, Aquaphytex est implanté au créative”, estime Florent Duval, chargé de missionMali, au Gabon, au Kenya, au Burkina, en Bolivie… Il politiques territoriales pour le Conseil général dey développe des stations d’épurations de l’eau, sans Bourgogne. “Or en France, on a encore tendance àchimie. Chaque station apporte de l’eau potable à se demander si on doit faire de l’ingénierie”.8000 personnes permettant de réduire la malaria, L’intérêt de l’approche d’Iniciativa Joven est de pro-le choléra et la mortalité infantile. Sur chaque site, poser de nouvelles formes d’accompagnements. Or souvent, “dans les structures d’aides on n’aide pas !” “Ici, il y a une attitude proche de la maïeutique. On voit que les projets ont besoin d’empathie, de ma- quettage, d’arrosage pour donner confiance à leur porteur même”, souligne Stéphane Vincent, direc- teur de la 27e Région. “Le Business Plan ne suffit pas”. “Je me sens satisfaite si la personne qui passe un entretien avec nous sort avec des idées plus claires”, explique encore Carolina Apolo. “Notre but est d’aider l’entrepreneur à avancer, à faire un pas de plus, même si désormais nous programmonsune coopérative est créée pour vendre l’eau, afin que notre tutorat avec des délais et des objectifs pourle système profite à tous et génère son modèle éco- mieux délimiter le chemin que nous ferons avecnomique. chaque porteur de projet.”Rares sont les porteurs de projets qui soient aussilouangeurs sur les systèmes d’aides publics. Pedro Parmi les nombreux dispositifs mis en place parDelgado souligne l’action du Gabinete. “Avant, tout l’agence, le Coffee Break, lancé en 2006, est un évè-marchait au piston. Personne ne misait sur les nement pour faciliter la rencontre et le réseautagejeunes qui n’avaient pas d’argent. Aujourd’hui, tout entre porteurs de projets. Le but de cette “pausele monde en Estrémadure parle d’innovation et
  • 27. café” était de développer des contacts informels etgénérer des opportunités, entre les entrepreneurseux-mêmes, car, comme le signale le dossier depresse de l’initiative : “partager les projets est lameilleure façon de les réussir”.Une illustration de cette ingénierie nous a été don-née par la visite de l’atelier. A iniciativa Joven, il ya un logisticien qui s’implique très en amont dansles projets et 2 techniciens en charge de l’ingénierie.C’est dans cet atelier que sont conçus et construitsles supports physiques des actions. C’est là quel’ameublement des Coffee Break ou des Pasta a étépensé, avec leurs mobiliers adaptés, leurs couleurschoisies pour transmettre les sensations voulues.“Quand on met en place une agence, on met des bu-reaux, des chaises, des ordinateurs. Or cet endroitest la partie physique de notre philosophie qui esttransmise à chacun de nos évènements”, expliqueencore Annabelle Favreau. Alors que le plus sou-vent l’ingénierie est sous-traitée, ici, elle est inté-grée, pour mieux projeter les idées sur les objets.Le matériel sort plusieurs fois par semaine et estfréquemment réutilisé d’opération en opération.L’Atelier de l’Iniciativa Joven est assurément un belexemple pour montrer qu’on peut penser l’adminis-tration et le soutien aux initiatives publiques autre-ment.
  • 28. VOYAGE DANS L’INNOVATION SOCIALE ESPAGNOLEDe l’innovation sociale à la transformationdes politiques publiquesSuite et fin de notre voyage dans l’innovation sociale espagnole en compagnie de la 27e Ré-gion. L’occasion de nous poser des questions sur l’évolution de l’innovation par les usagerset par les services publics et de nous interroger pour savoir comment les faire se rejoindre…Transformer les politiquespubliques !“Iniciativa Joven est un modèle pour penser l’admi-nistration autrement (voir la seconde partie du dos-sier). On retrouve d’ailleurs des éléments marquantsde l’innovation sociale : l’importance du design, de lamarque, du rôle de l’animation… Rien n’est improviséici. Les boîtes à outils sont nombreuses et toute ini-tiative repose sur un énorme travail de préparation.Mais fait-on suffisamment ce travail de préparationdans l’action publique ? S’interroge-t-on suffisam-ment sur le processus, sur la façon de faire ?”, ques- De juin à octobre, l’agence a investi un local com-tionne Stéphane Vincent, directeur de la 27e Région. mercial de la vieille ville pour le transformer en vi-“Trop souvent, la sphère publique est sous-équipée trine ouverte afin de recueillir les questionnementsen terme de méthodologie, alors qu’ici, on porte une de la population. Mi-octobre, l’espace a aussi serviattention très forte sur ce que les gens vont percevoir, à animer des ateliers pour identifier les défis quesur la narration des projets, leur scénographie, les la ville avait à relever, tout en offrant via ses vitrinestraces qu’ils laissent, l’accessibilité à la documen- un espace d’exposition pour assurer la transpa-tation… L’iniciativa Joven montre qu’il faut parfois rence nécessaire au processus. Le collectif PKMNchanger de processus pour changer de politique.” a donné une unité graphique à l’espace, pour favo- riser le processus d’identification des participants. Au final, ces rencontres ont produit plusieurs scé-Des initiatives pour transformer narios recensant des pistes pour redynamiser le lienla ville social portant sur l’innovation ouverte, le finance-Longtemps dédiée aux entrepreneurs, l’agence pour ment collectif, l’identité collective, la responsabilitél’initiative jeune, a décidé, en 2010 de transformer le sociale collaborative ou le conseil par les pairs. EllesCoffee Break en un processus de participation plus s’articulaient autour de plusieurs grandes lignes :relié à son territoire. Le Coffee Break 2010 initié avec notamment, promouvoir la participation citoyenne,la ville de Badajoz a consisté à transformer l’évène- améliorer l’image de la ville, dynamiser l’emploi etment (des rencontres créatives pour entrepreneurs) le commerce local.en un processus plus ouvert (associant égalementdes commerçants et des personnalités de la vie Ces pistes paraissent d’autant plus fructueuseslocale comme de simples citoyens) pour réfléchir à qu’elles sont illustrées d’expériences prises ailleurs,l’avenir du centre ancien de Badajoz, qui se vide de permettant d’apporter un catalogue de bonnes pra-commerces et d’entreprises. tiques auxquelles se référer pour construire des so- lutions. Par exemple, le scénario sur la responsabi-
  • 29. lité sociale collaborative rappelle combien le citoyen gens d’en vivre ? Comment ? L’action publique se vitdoit être un acteur primordial de la construction via les objets qu’elle produit, à savoir des rapportsidentitaire de la ville. D’où de multiples références et des notes, plutôt que des goodies ou des installa-à des initiatives très différentes comme les petits tions. Ici on voit bien que le but est de construire desdéjeuners avec les piétons de Valence (pour recons- lieux, d’offrir des objets identitaires autour desquelstruire du lien social), les villes abeilles américaines les gens vont pouvoir se rassembler et discuter,(qui proposent aux citadins d’accueillir des ruches avant que de produire du rapport. Au final, il se dé-de façon distribuée dans la ville), les telemadre (qui gage d’Iniciativa Joven une cohérence d’ensemble.permet à des femmes sans emplois de cuisiner pour L’équipe ressemble à sa manière de communiquer.ceux qui n’en ont pas le temps)… Les actions menées ressemblent à ce qu’ils font. La seule chose qu’Initiativa Joven n’atteint pas, c’estLes scénarios sur l’innovation ouverte se sont inspi- l’autonomie dans le financement. La sempiternellerés des travaux de Youcoop, un laboratoire de R&D question des modèles économiques !”de Platoniq, un groupe de producteurs culturels,qui s’est lancé, via des problématiques de diffu-sion libre de la culture, dans des projets de plus enplus éloignés de la production culturelle tradition-nelle, notamment en lançant le projet de Banquede connaissances communes (explications) fondéen 2006 comme un laboratoire de l’enseignementcitoyens à citoyen. Goteo, un autre de leurs projets(explications) est une plateforme de financementparticipatif appliquée à l’entrepreneuriat social.Comme l’a rapporté la presse, les participants àcette “pause café pour Badajoz” ont fait plusieurspropositions pour revitaliser le centre-ville, notam-ment en le transformant en centre de création pour Pour autant, l’initiative pour les jeunes risque de seles jeunes et les artistes ou en trouvant les moyens refermer en décembre prochain. L’alternance poli-de créer une plateforme de financement collectif tique régionale s’apprête à mettre fin au programmedestiné exclusivement aux initiatives citoyennes qui Iniciativa Joven ou a profondément le transformer.y prendront place. Les suites à donner au projet sont Pourtant, dire qu’une région s’occupe de l’imagi-encore en discussion. naire de ses jeunes est une idée ambitieuse, voire même déroutante, pour une politique publique.“Trop souvent, la manière dont les services publics Peut-être l’a-t-elle trop été ? L’inciativa Joven nese racontent est liée au rapport d’autorité”, explique peut d’ailleurs pas être qualifiée d’échec, même parencore Stéphane Vincent. “Les projets d’Iniciativa l’alternance politique.Joven, en changeant la narration ont pour effet debriser le rapport d’autorité. On raconte aux gens pour La limite du programme n’est pas à chercher dansles gens et non plus pour l’autorité publique. Ici, on ses résultats. Peut-être que son échec est lié àraconte, on narre, on documente, on trace les pro- autre chose. “Iniciativa Joven, finalement, n’a peut-ductions de l’action publique autrement… A l’heure être pas su suffisamment essaimer”, estime encoreoù les codes de compréhension du public sont basés Stéphane Vincent. Après huit ans d’expérimentation,sur ceux de la téléréalité, qui est une approche très l’initiative semble être restée unique. Elle n’a certai-particulière de la communication, on voit ici des ap- nement pas assez travaillé avec les fonctionnaires,proches qui passent d’abord par la narration vidéo est restée trop autonome, trop distante du reste deavant le texte. A l’heure où les gens veulent vivre des l’administration dont elle était pourtant un pilote.expériences, les Régions doivent-elles proposer aux L’absence de travail avec les autres départements
  • 30. régionaux explique peut-être aussi l’isolement de confiée à d’autres… D’ailleurs, bien souvent l’admi-l’agence. Finalement, elle a peu travaillé à renouve- nistration a du mal avec ceux qui n’ont pas “l’espritler la vision des politiques publiques, en dehors de fonctionnaire”. Est-ce à croire que l’innovation estson propre exemple. antinomique avec le service public ? Le moule du management public, notamment via l’Institut supé-Innovation sociale ou innovation rieur des études territoriales (Wikipédia), développe un fort sens de la hiérarchie et laisse peu de placepublique ? au collaboratif. Elle a du mal à créer des processus différents, des espaces de confiance…“Bien souvent”, estime François Jégou, animateurde Sustainable Everyday et du réseau Desis, direc- Mais à l’heure où la crise gèle les budgets publics, ilteur de l’agence Solution Design spécialisée dans va pourtant falloir, structurellement trouver de nou-la conception sociale du développement durable, “le velles façons de travailler. Il va falloir que les acteurssocial n’est pas pris en compte par l’acteur public publics deviennent ingénieux, et pour cela, savoir: le social est confié à la société civile. L’innovation sortir des instruments publics traditionnels commesociale consiste à faire travailler les communautés la commande ou les marchés publics qui sont ina-créatives citoyennes pour monter des initiatives de daptés à la coopération, puisqu’ils sont, par es-rues, de quartiers, des circuits courts, redonner sence, des processus de compétition. On comprendcorps au lien social. Ce qui donne lieu à des projets alors que ce qu’il reste de l’innovation publique, cepleinement autonomes des politiques publiques. Ils sont des projets. Des projets capables de stimuler lane sont pas à la recherche de financements publics société en lui posant des questions de fond, plutôtet n’attendent pas après l’action publique. Les grou- que de réussir à transformer les gens…pements d’achats solidaires, les monnaies locales,n’ont pas besoin de l’action publique pour se créeret se multiplier.” Transformer les comportements ?Ne sommes-nous pas passés finalement de l’ob- “A l’origine, l’iniciativa Joven est un projet politiqueservation de l’innovation sociale à celle de l’innova- fondé sur des valeurs liées à la créativité, l’imagina-tion publique ? Iniciativa Joven parle-t-il plus de la tion et l’adaptabilité des individus, comme le racontetransformation de la société ou de la transformation bien le “manifeste de l’imagination“. Puis le projetdes politiques publiques ? Les deux formes se sont- s’est tourné vers l’innovation appliquée à l’entre-elles disjointes – pour autant qu’elles se soient un preneuriat : peut-être que cette option se discute.jour rejointes ? Au-delà des méthodes et des pro- Devons-nous tous être entrepreneurs ? Le mondecessus communs, y’a-t-il un dialogue entre la trans- doit-il être innovant ? Le modèle de l’entrepreneurformation des politiques publiques et celles des ini- n’est-il pas trop univoque ?”, interroge Stéphane Vin-tiatives citoyennes ? Le système public est tellement cent, directeur de la 27e Région. Certainement. Enétabli qu’au final, il a tendance à rejeter l’innovation même temps, il faut prendre en compte le contexteplutôt que l’intégrer, à la fois pour perdurer et à la social et économique de la région Estrémadure, etfois parce que nous avons naturellement tendance voir que celle-ci part de loin.à repousser la créativité. Le jeu politique et admi-nistratif a tendance à saper l’innovation plutôt que Le programme européen Jeunesse en action avaitd’être mis en difficulté par elle (un constat que nous au départ pour objectif la citoyenneté européenne. Ilfaisions également récemment dans le domaine promeut désormais le leadership et l’entrepreneu-de la démocratie représentative). Finalement, il est riat, rappelle Clément Dupuis de Kaleido-scop, unétonnant de voir que l’Inciativa Joven s’est détour- consultant spécialisé dans l’accompagnement à lanée des fonctionnaires pour faire bouger les choses participation. “Or n’y a-t-il pas d’autres manières,(leur préférant des psychologues, des architectes, d’autres logiques pour favoriser l’autonomisationdes designers). La mission d’intérêt général est des jeunes ? Nous sommes plus dans une logique de compétition que de coopération. Le risque est
  • 31. d’entrer dans une logique d’intervention sociale En 2007, quand Madrid s’est déclarée candidatequi risque surtout de déstructurer le tissu social comme ville olympique pour les Olympiades de 2016comme on l’a fait en Afrique. Va-t-on faire pareil (finalement remportée par Rio de Janeiro), le serviceavec les pauvres d’Europe ? Ne sommes-nous pas de communication de la ville a développé une iden-là, face à une politique de réassurance pour endi- tité sous forme de logo et de marque : “Madrid 2016,guer la crise par le développement personnel ? Est- ville inspirante”. Pouvait-on utiliser ces marques dece là les capacités que l’on attend pour faire demain prestiges urbaines pour développer un autre regarddes individus durables ?” sur d’autres villes ? D’où l’idée du collectif PKMN de détourner cette identité collective pour l’appliquer àComme on l’a vu, il n’est pas si sûr que l’Iniciativa d’autres villes, d’autres régions. Mais ces détour-Joven privilégie le leadership et l’entreprenariat. Les nements n’étaient pas suffisants, car ils avaient duprojets qui nous ont été présentés étaient sociaux mal à se distinguer de la réalité : les expositionsavant que d’être économiques, et les travaux auprès universelles, capitales européennes de la culture,des plus jeunes montraient que ceux-ci étaient en- évènements sportifs d’ampleur mondiale disputentcore bien loin d’être tous devenus de jeunes cadres l’attention de l’image des villes. Ils manquaientsupérieurs aux dents longues. Donner envie de l’essentiel, c’est-à-dire réussir à impliquer l’identitéprendre des initiatives, d’agir sur son existence, ne personnelle dans l’identité collective. D’où l’idée dusignifie pas pour autant transformer chaque individu Madrilène de l’année (blog) qui a consisté à organi-en agent de la mondialisation et du capitalisme. En ser un concours à l’occasion de l’édition 2010 desEstrémadure, changer l’état d’esprit de la société, Nuits blanches Madrilènes pour élire le Madrilènecomme le propose l’Inciativa Joven, revient d’abord de l’année. Ici, la participation se résumait à un sen-à combattre le fatalisme d’une société fermée sur timent d’appartenance, à construire l’identité d’uneelle-même, en crise et sans grand espoir. ville indépendamment de la célébrité. L’idée était de transformer un citoyen lambda en représentant deEnfin, il faudrait parvenir à mesurer l’impact de cette sa ville. Après avoir traversé différents quartiers depolitique sur les mentalités et sur l’ensemble de la la ville avec un système de prise de vues, les Ma-population. Vu le nombre de projets soutenus, la dif- drilènes étaient invités à voter sur un site web pourficulté à convaincre les étudiants… il n’est pas sûr élire celui qui allait représenter l’image de leur ville.que la transformation amorcée ait suffi à convaincre. Après la victoire d’un citoyen comme les autres, le collectif PKMN a chercher à utiliser le masque deDes projets pour interroger ce Madrilène de l’année, pour permettre à chacun de le devenir un peu et générer un nouveau paysagele monde urbain par la répétition d’une identité unique, celui d’un protagoniste citoyen anonyme pour nous repré-C’est peut-être finalement bien cela qu’il faut rete- senter tous. Un Guy Fawkes du quotidien.nir de l’innovation publique : sa capacité à créer des http://www.scribd.com/doc/73668919/PKMN-Pre-projets pour interroger le monde. Une fois encore, sentationnous n’en sommes pas encore à des transforma-tions systémiques pour le changer, mais à des pro- Le collectif PKMN travaille depuis longtemps à cejets qui l’interrogent et le remettent en question. qui fait l’identité des villes. Dans leur projet les villes créent les villes, qui s’est décliné dans plusieursDavid Pérez est architecte et travaille pour le cabi- municipalités de la péninsule ibérique, l’idée est denet PKMN (prononcez PacMan) qui s’est établi voici chercher des formes d’implications citoyennes. Ca-5 ans à Madrid. Le cabinet suit des projets d’archi- ceres, une petite ville historique d’Estrémadure, étaittecture traditionnelle, mais a également une ligne candidate comme ville européenne de la culture.de projets plus originaux qui interrogent la partici- A cette occasion, le collectif PKMN a proposé auxpation active des citoyens à l’identité collective (voir citoyens de participer à un vaste casting photo quisa présentation). a permis de créer un catalogue d’identités (blog).
  • 32. L’idée était de démultiplier les identités en installant montrent bien ce que l’innovation publique et socialedes portraits géants d’habitants sur les immeubles peuvent interroger. Ca ne fait pas système certes, çaclassés ou des portraits grandeur nature dans les ne fait pas solution… Mais peut-être que cela parti-espaces publics, pour générer de la réappropriation. cipe d’un monde meilleur.Le temps d’une fête, tous les habitants de Caceressont revenus dans le centre historique déserté pourse retrouver eux-mêmes et par là même, retrouverles autres.Autre projet encore toujours autour de l’identité, ce-lui du Plan E[xtinction] qui vise à faire vivre l’identitédes derniers habitants ruraux des Asturies, en voied’extinction. Le projet consiste à prendre en photoles derniers habitants des villages pour les afficherà leur entrée et faire réfléchir celui qui n’y passe quel’été, au processus de dépeuplement et de désertifi-cation de la campagne ibérique, où des villages quiont compté jusqu’à 80 maisons ne sont plus habi-tées que par deux familles.Le projet ExtremaduRA (Estrémadure en Réalitéaugmentée) prolonge le fil de la réflexion du cabinetPKMN. Lors de la fête de l’internet, le 17 mai der-nier, le collectif a invité les habitants du village deBenquerencia (74 habitants) à venir se faire prendreen photo. Là encore, l’idée était d’établir un registredes habitants de la ville. Chacun a été transformé enavatar et à chacun a été associé un code 3D permet-tant de télécharger l’avatar des habitants en réalitéaugmentée. Les habitants et leur famille pouvaientainsi se démultiplier dans la ville, jouer avec leursavatars et convoquer ainsi leurs identités dansd’autres réalités (blog).Bien sûr, les projets de PKMN proposent une visionplus artistique que celle qu’expose l’innovation so-ciale généralement, en travaillant plus la participa-tion identitaire que la participation citoyenne. Maiscomme l’explique David Pérez, les changementséphémères, évènementiels, nous invitent à nous po-ser la question de comment réaliser un travail plusspécifique que symbolique. Pour David Pérez, cesformes de participation permettent aux gens d’êtreacteurs de leur ville, de se dire à la fois que la villefait partie de leur vie et que leur vie fait aussi par-tie de la ville. C’est aussi une manière de prendreconscience de sa mémoire, de son passé et doncégalement du temps présent et du futur. Ces projets
  • 33. 03 Le retourdes participants
  • 34. François Jégou,Solutioning Design
  • 35. Clément Dupuis (Kaléido’Scop)le 21 octobre 2011Questions de base sur l’objet du voyage d’étudePérimètre problématique « jeunesse » : de quoi parle-t-on ? Qu’est-ce qu’une politique jeunesse ?Quelles sont les parties prenantes ? Qu’entend-t-on par innovation ? Peut-elle être une finalité ?Quelques idées générales…Parler de jeunesse aujourd’hui impose de ne pas parler à un groupe social constitué :il existe de multiples jeunesses. La notion de jeunesse est donc un piège catégoriel.l’enjeu, c’est de ne pas isoler ce groupe mais de créer du lien avec d’autres générations.Quelle démarche pour une amélioration des politiques publiques ?• Enjeu de la réflexivité.Il faut mettre en place dès le début un format d’évaluation continue (monitoring). Cela permet de testerdes prototypes avec un souci d’amélioration des pratiques/outils...• Enjeu de l’horizontalitéComment passer d’un paradigme verticalisé où les instructions venaient d’un/une supérieur(e) à unedémarche horizontalisée issue d’une réflexion collective ? Comment aussi passer d’une logique concur-rentielle (inter-institutions, inter-élus, inter-métiers, inter-organisations…) à un format coopératif ?Quelles modalités d’intervention sur les territoires ?L’indépendance des structures est une nécessité pour envisager une action durable sur un territoire.Reste que la gouvernance de cette structure doit associer des acteurs clés locaux, en lien avec la pro-blématique abordée, avec une réelle responsabilité.Quelle relation entre prestataires (en particulier acteurs intermédiaires) et collectivités dans lechangement de paradigme des politiques publiques ?Comment créer une relation de confiance ? Comment se rendre indispensable pour ne pas sauter auchangement de législature ? Comment faire prendre conscience que la forme/les méthodes sont pri-mordiales ?Les enjeux principaux d’une politique jeunesse ?Selon moi, cela se situe dans le renforcement des capacités relationnelles/émotionnelles et la confianceen soi. Il s’agit de muscler l’individu pour évoluer dans un monde mouvant et pluriel (globalisation…).Cet enjeu se situe donc dans une actualité nouvelle.La problématique de la diversité (culturelle) - tous différents, tous égaux selon le conseil de l’Europe- permet de travailler sur ces compétences, dans un souci d’inclusion.C’est ensuite que l’on peut travailler sur l’innovation, l’initiative et l’entreprenariat.1Comment aussi gérer l’enjeu du développement de politique territoriale via une démarche de concer-tation des acteurs impliqués. Comment mettre en place des logiques de « plateformes » d’intervention1 Sur les questions de compétences, je vous recommande la lecture d’Edgar Morin sur les « sept savoir nécessaires ».
  • 36. et d’expérimentation sur les territoires ?Il existe notamment un lien à approfondir entre acteurs « jeunesse » (éducation non formelle) avecméthodes actives et dynamiques et acteurs de l’éducation (éducation nationale, supérieure et éducationprofessionnelle…). Comment intervenir auprès de publics captifs ? Dans quel cadre ?Quelques retours sur les acteurs rencontrésUtopic-us : hyper pertinent. J’aurais aimé visiter les lieux et mieux apprécier la logique de l’espace et lelien avec la problématique jeunesse.TEDx : ?! Un lien vers le site m’aurait suffit.Magik Politik : hyper pertinent. J’aurais aimé approfondir la réflexion sur leurs méthodes de mobilisation.Social média lab : bien pour les geeks…Ciudad : sa timidité a limité la pertinence de son intervention. Dommage. Ils ont l’air d’avoir un vraiprocessus créatif.Le mouvement du 15M : j’ai plus appris à la radio. J’aurais préféré passer plus de temps à questionnerMagik Politik et Utopic_us sur le perception de ce mouvement et leur manière de l’appréhender.Iniciativa Joven : hyper pertinent de A à Z (factoria, lycée, université).Présentation des projets : l’objectif était-il de nous présenter leur projet ou de questionner les modali-tés d’intervention de Iniciativa Joven ?Regard généralComposition du groupe français équilibrée et pertinente (métiers, postures, géographie, personnali-tés…). Comment exploiter ce réseau de personnes motivées ?Densité du programme très bien gérée (mis à part la répétition d’ « on est en retard » qui n’a pour seuleconséquence de nous mettre dans une situation de stress comme des souris dans une cage).Quelques interventions (voir au dessus) auraient pu être enlevées pour laisser plus de place à uneréflexion et un échange sur les autres. Ambiance très agréable, avec influence forte de la bienveillancedes 3 de la 27ème. Importance du débriefing sur la route de Lisbonne.Sentiment personnelCa a parlé à mes tripes ! Déjà, en Espagne, j’étais encore jeune (34 ans)!!!En tant que créateur d’entreprise, ya eu un effet miroir. Un double effet miroir, car je me sens forte-ment concerné par différents éléments clés de la visite : problématique générale jeunesse, innovation,participation des jeunes, politiques publiques et Europe. J’ai pris beaucoup de plaisir à participer et melaisser porter (cela faisait pas mal de temps que je n’avais pas été dans cette posture !). N’ai pas assezexploiter mon rôle du participant relou, malgré la crève et quelques moments au fond du groupe.Sentiment Kaléido’ScopienJe vois des axes de coopération clairs, sur différentes modalités d’intervention :évaluation : nous sommes évaluateurs d’expérimentations sociales et avons, par l’expérimentationHirsch, clarifié notre posture et précisé nos pratiques. Nos approches qualitatives et notre souci dumonitoring ont leur place dans une démarche centrée autour de l’innovation dans les politiques pu-
  • 37. bliques. L’intérêt est d’intégrer un regard tiers dans le processus de travail afin de garantir une dé-marche réflexive.Animation et facilitation : par nos différentes techniques (venues de New-York city, San Francisco et laFouillouse), nous facilitons la participation de tous dans un séminaire et le croisement des expertises.Aussi, nos partenariats au sein de la région Rhône Alpes (mais aussi Auvergne et Aquitaine) pourraientconsolider un lobbying pour faciliter la mise en place de démarche prospective et participative, à grandeou à petite échelle. Aussi, d’autres collectivités (Grand Lyon, CG 93, ville de Vienne et Dijon…).Enfin, nos idées, nos valeurs, notre engagement et notre motivation…Idées- Approfondir le format de visite d’étude avec une logique de recherche/action.- Pourquoi pas une visite d’étude en Tunisie (ou autres endroits du bassin méditerranéen) avec ac-compagnement des élus dans leur réflexion avec ARF, mais aussi ADF et association des maires deFrance ? Soutien du BAT du programme Euromed-Jeunesse (que Kaléido’Scop gère). De nombreuxcontacts sur place.Ateliers européens de créativité.Rencontre de 4 à 6 potentiels partenaires européens qui ont développés des outils « innovants » surdes problématiques spécifiques et des publics identifiés (par exemple, la notion de compétences avecles 10-12 ans).Programme : jour 1 et jour 2 : chacun fait expérimenter des activités avec retour sur les outils. Jour 3 :journée de créativité avec obligation de créer quelque chose.Mise en place de projets Interreg sur le pays basqueEt utilisation de fonds européens régionaux au sein des régions pour travailler sur la question de laprospective.Projet Kaléido’Scop en lien avec Innovation et JeunesseNous sommes en cours d’organisation d’une expérimentation sur un CFA de la région Rhône Alpes (àLyon, la SEPR) sur l’accueil des nouveaux arrivants et un travail sur les compétences relationnelles etcommunicationnelles des élèves.Cette expérimentation impliquerait la SEPR, la région Rhône Alpes, l’ACFCI et Kaléido’Scop.Utopie ?Bus -au colza- avec salle de réunion dedans, vidéoprojecteur, Internet et paperboard afin de visiter lesterritoires de manière efficiente, et faciliter les débriefing pour évaluer, transférer…
  • 38. Olivier Laulanié (ARF) le 21 octobre 2011Un voyage d’études organisé par la 27ème région a permis de comprendre la dynamique suivie par larégion Estremadure pour stimuler la créativité et l’envie d’entreprendre des jeunes.Le Cabinet d’Initiative Jeunes, service régional actif depuis 10 ans, soutient les projets innovants desjeunes entre 18 et 35 ans. L’agence est aussi laboratoire d’innovation publique.Le cadre légal : la nécessité de former les esprits à la créativité est inscrit dans la loi sur l’éducation (àpartir du manifeste de l’Imagination – signé à Mérida le 6 avril 2005). Un programme officiel est déclinéde la maternelle à l’Université :imagination et créativité en maternelle et primairematière obligatoire « Imagine et Entreprend » au niveau collègeprise en charge des jeunes en décrochage scolairespécialisation « Création d’entreprises » au lycée et à l’universitécréation (en cours) d’un Master « Entreprenariat et Création »Concerne en 2010 : 16 écoles primaires / 33 collèges / 61 lycées / 100 étudiants + 300 étudiants sur lepré-master.L’objectif général : stimuler les aptitudes. Il s’agit d’améliorer les savoirs-faire et d’apporter les outilspour développer les projets innovants, commerciaux, sociaux, culturels …Une approche centrée sur la personne, des économistes, des spécialisations business plan et com-munication, un suivi pour les financements (banques, capital-risque, financement privé et public), unfonds de capital public/privé, une aide au financement (fiscalité 0, taux réduits, remboursable sur béné-fices), un fonds de soutien à la formation et à la mobilité. Le fonds de capital-risque régional est fléché« jeunes » à hauteur de 1M€.Evolution probable : dispositif peu soutenu par la nouvelle majorité régionale, réorganisation des activi-tés « jeunesse » en réflexion et hypothèse de ré-orientation du cabinet sur une approche « laboratoired’innovation publique ».Ma perception : inscrire officiellement les notions de « créativité – innovation – entreprenariat » dansle programme éducatif régional peut influer à terme sur une conception trop académique des savoirs,permettre à la région de se développer en s’appuyant sur toutes les compétences, moins se polarisersur la formation des élites et de « l’excellence ». En matière de gouvernance, la région ose se doterd’une ingénierie créative, distincte de l’habituelle ingénierie administrative. Un regard innovant sur laculture et l’organisation traditionnelle de la fonction publique pour répondre aux enjeux actuels : opti-miser les dispositifs existants, repenser les politiques publiques et notamment la relation à l’usager,améliorer la lisibilité, anticiper les évolutions et réformes en cours.
  • 39. Olivier Ryckewaert (Région Pays de la Loire)le 9 novembre 2011Si j’ai participé à ce voyage d’étude, c’est dans le but de nourrir ma réflexion sur la mise en placeconcrète d’un laboratoire d’innovation publique en Pays de la Loire. C’est aussi la raison pour laquellela Région des Pays de la Loire s’est engagée dans le programme de la Transfo de la 27° Région.Ce n’est donc pas tant les questions liées au design des politiques publiques qui m’intéressaient (mêmesi à Madrid comme à Mérida, nous avons vu des choses passionnantes), que de nourrir ma réflexion surles conditions à réunir pour réussir le lancement d’un labo régional…A ce titre, le dialogue avec Asier, de Funky Projects, qui nous a parlé de ses questionnements vis-à-visde la commande publique, de son appréhension à être instrumentalisé, de la difficulté à questionner laquestion posée – ce qui me semble à la base même de la réflexion de l’innovation publique – dès lorsqu’il est un prestataire extérieur, soumis par ailleurs à un cahier des charges qui encadre fortementson intervention, me donne à penser qu’un laboratoire d’innovation publique doit absolument apparte-nir au champ public, ou parapublic pour ne pas être soumis à ces contraintes.Et en pendant à cette réflexion, la situation d’Iniciativa joven, après 6 ans de travail de fond, des résul-tats évidents, une créativité forte, me laisse penser que le principe d’un donneur d’ordre unique met endanger le laboratoire d’innovation publique. Initiative forte, née d’une réflexion politique approfondie, etde cet incroyable Objet Politique Non Identifié qu’est le manifeste de la société de l’imagination adoptépar la Région Estrémadure, le gabinete Iniciativa joven est un symbole de l’équipe qui vient de perdreles élections, et c’est parce qu’il est ce symbole qu’il court des risques, même si nous souhaitons tousune issue heureuse au dialogue avec les nouveaux élus de la Région. Tout le monde a compris qu’uneanalyse rationnelle conduirait à faire perdurer le gabinete. C’est le besoin de marquer une transition, cequi est courant en politique, à défaut d’être naturel, qui le met en danger.Nécessité de multiplier les donneurs d’ordre public donc, mais aussi devoir de grisaille. Ou encorede normalité. L’innovation publique ne doit pas être un gadget de marketing territorial, mais bien unevoie (parmi d’autres) pour bâtir des politiques publiques. Ce qui lui ôte de facto le danger d’être uneicône à brûler quand les temps changent. Mais il est bien difficile pour un écosystème qui invite quoti-diennement la « folie » créatrice, l’imagination ou le décalage à le nourrir, que de se recommander undevoir de grisaille. Le Mindlab, présent au sein de 3 ministères Danois (au passage, il n’a pas un don-neur d’ordre unique, ce qui confirmerait mon intuition), nous en donne une illustration. Cartésianisme,rigueur, implacabilité, même, tels sont les impressions que l’on peut retirer d’une rencontre avec sondirecteur, comme la 27° Région nous en a donné l’opportunité l’an passé au « off » du Congrès desRégions. Et bien sûr une forte admiration, mais aussi comme le sentiment que cela ne correspond paspleinement à la société française. Il nous faut trouver notre voie.Il y a deux éléments de réponses qui me viennent donc à l’esprit.Juridiquement, la création des sociétés publiques locales en mai 2010 nous donne un cadre propiceà l’activité d’un laboratoire régional d’innovation publique. Les Spl sont des sociétés anonymes régiespour l›essentiel par le droit privé. Elles ont un capital exclusivement public, détenu par au moins deux
  • 40. collectivités locales ou leurs groupements, et se voient attribuer leurs missions sans mise en concur-rence. Elles allient donc souplesse du privé (indispensable pour mobiliser simplement des réseaux telsque ceux qui existent autour de l’innovation sociale) et éthique du service public. Et l’objectif assignépar la loi aux Spl est de « moderniser la gestion des services publics locaux. ». Nous sommes donc enplein dedans.Mais pour arriver à faire prendre une telle décision politique à plusieurs collectivités, il faut leur don-ner la preuve qu’elles en ont besoin. D’où l’intérêt d’une expérience comme la Transfo, qui peut nouspermettre de préfigurer un laboratoire sur une durée de vie suffisante pour « lever les lièvres » qui nemanqueront pas de survenir en mettant en place une telle structure. D’où aussi l’obligation de ne passe rater pour les animateurs locaux des Transfo. Pour eux-mêmes comme pour tous ceux qui, au-delàdes 5 régions engagées dans l’aventure, portent le projet de l’innovation publique.
  • 41. Florent Duval (Région Bourgogne)le 14 novembre 2011Funky ProjetPrésentation, valeurs, méthode :Agence composée de 7 personnes avec des profils très divers (architectes, designers, ingénieurs, so-ciologues, historiens…).Clientèle de plus en plus privée et moins publique : question de survie économique de l’entreprise (??!!)Pas de mission si l’action de concertation demandée n’est là que pour acter ou servir de caution à desdécisions politiques déjà prises.L’agence ne vend pas un produit clé en main aux clients mais un processus en perpétuelle expérimen-tation avec une phase finale de test (prototypage)Processus de création et de design de type incrémentation et surtout critiquable à tout momentExemple appliqué à la jeunesse :Exemple d’une mission menée pour l’Agence Développement du Pays Basque : Comment faire pour queles jeunes s’investissent dans la gestion municipale ?Comment dois-je dialoguer ?Quelle motivation pour dialoguer ?Quelle confiance dois-je accorder à l’institution publique ?Les bonnes idées :Mise en place de méthodes ludiques de dialogue et d’échange (ex : avoir des crédits temps et pouvoirles utiliser directement ou les donner à des personnes qui expriment le même point de vue que moi)Réfléchir à la forme du livrable final d’une étude qui souvent est trop stéréotypée et souvent inexploi-table et inexploitée : prototypage et maquettage d’action pour test et mise en situationCity LabPrésentation, valeurs, méthode :Ancien cite industriel reconquis dans une démarche citoyenne (cf : site autogéré des Tanneries deDijon ?)Création d’un véritable lieu d’activité et de vieExemple appliqué à la jeunesse :Mettre le médiateur en position de faire s’exprimer les jeunes et ne pas fausser la parole.Passer à une forme de dialogue et d’échange et non à des simples postures l’un face à l’autreLe travail de construction de l’identité avec les jeunes est essentiel.Travailler avec les outils NTIC mais bien en définir les objectifs, les règles, les limites.
  • 42. PKMN (pacman)Présentation, valeurs, méthode :Structure composée de 4 architectesConstruction de la ville via la participation active des citoyens-habitants en les rendant protagonistesChaque projet est abordé de manière quasi « artisanale » : intervention « sur mesure » et non « prêt-à-porter ».Exemple applicable à la démarche « village du futur »3 concepts fondamentaux : identité, marque et ville- Identité : celle des citoyens, représenter les identités différentes de citoyens et sortir du conformisme- Marque : chaque territoire veut se donner une image de marque, une signature- Ville : intervention directe sur la place publique et de manière spontanée (ex : détourner des espacessymboliques d’une ville pour faciliter l’échange et la co-production)Démarche souvent utilisée comme appui à des dossiers de candidatures d’un territoire ou d’une ville(ex : Caceres capitale européenne de la culture)Bonnes idées :en milieu urbain« Recherche du Madrilène de l’année » : sorte de jeu de piste « chasse à l’homme » pour parler de laville, de sa marque de fabrique, des différentes identités de la population et investir les lieux publics dela ville.En milieu rural :Utilisation des outils de la réalité augmentée pour démultiplier les habitants d’un village et montrerainsi la richesse du village via les habitants actuels et aussi les générations passées et donc faire res-sortir l’image de marque d’un territoire riche de son passé et de son présent.Appel à casting pour faire participer les habitants et démultiplication des habitants par « clonage » etinvestissement des espaces publics du village.Rq : la limite de ces démarches se trouve dans le côté éphémère de l’évènementConclusion de la première journéeConstat d’une certaine « défaillance » des autorités publiques pour traiter la question des jeunes demanière objective et efficace.Crainte des structures supports d’expérimentations en la matière ne servent de caution ou de bonneconscience à des choix politiques déjà arrêtés.Une solution serait d’aborder la question des jeunes en se tournant et en développant des partenariatsavec et vers le secteur privé mais là aussi sans véritable assurance de réussite et de « dévoiement » dela démarche.
  • 43. Beaucoup d’expérience, beaucoup de matière.Travail essentiellement basé sur du spontané, de l’éphémère, du ponctuel.Mais au final peut de matière véritablement capitalisée, diffusable, transposable.De plus, peu de recul sur les expériences menées car encore trop récentes.Se pose inévitablement la question de la reproductibilité et de la mise en œuvre à grande échelle de cesexpérimentations.Mouvement 15M : les indignés espagnols« On n’est pas anti système, c’est le système qui est anti nous : il t’appauvrit, t’annihile… »INICIATIVA JOVENPrésentation, valeurs, méthode :Création en 2004 par le gouvernement régional d’Estrémadure.Missions : soutien technique, contact, recherche de financement, accompagnement de projets d’inno-vation visant à développer l’esprit d’initiative et d’entreprenariat.L’objectif est de diffuser un model positif d’entreprenariat (pas uniquement au sens économique maiségalement social et sociétal) : valoriser les bonnes expériences et valorisation des capacités de chacunà prendre part au développement de son territoire.L’Estrémadure c’est 1 million d’habitants et 35% de jeunes : en 2007 la cible jeune (15 -35 ans) a étédéfinie comme cible prioritaire dans l’action d’Iniciativa Joven.Forte évolution des projets de jeunes accompagnés par Iniciativa Joven : de 200 demandes en 2005et plus de 1000 en 2011. Iniciativa Joven développe et propose des programmes et des outils intégrésallant de l’école maternelle et le primaire (en temps scolaire et extra scolaire) jusqu’à l’université.Pour les plus jeunes, il s’agit de découvrir et se familiariser avec des notions telles que la créativité,l’esprit d’équipe, l’esprit d’initiative (capacité à développer des projets). Il s’agit pour les plus grandsd’une prise de conscience de leur environnement et d’identifier leurs manques pour les inciter à déve-lopper des projets y répondant.Ex dans le primaire : Jeu de carte pour faire découvrir certaines valeurs, qualités ou compétences. Exdans le secondaire : dès le collège, un cours optionnel sur la créativité et l’esprit d’initiative est proposéaux élèves. Ex dans l’enseignement supérieur : création prochaine d’un Master « créativité – espritd’entreprises ».Rq : l’Espagne quasi pays fédéral permet aux Régions d’influer directement sur l’enseignement et doncles programmes éducatifs.
  • 44. L’équipe d’Iniciativa Joven travaille étroitement avec les équipes techniques et d’animation localespour dynamiser leur action. Si au départ il ya a eu des réticences et résistances des organismes « clas-siques et historiques » de l’accompagnement des initiatives économiques, aujourd’hui le partenariatlocal est bien ancré. Le travail de fond depuis 7 ans consiste à être exemplaire, pédagogue et à gagnerla confiance pas à pas, individu par individu, organisme par organisme. « Le meilleur ambassadeur dela méthode c’est le bénéficiaire »Bonnes idées : zoom sur l’accompagnement proposéDonner aux jeunes une vision ouverte et large de l’esprit d’entreprise : approche économique, socialeet culturelle.Iniciativa Joven propose des outils de formation collectifs et individuels.Un axe fort de cet accompagnement porte sur la capacité à présenter et soutenir son projet auprèsd’organismes financeurs (rq : un taux de réussite important : 70% des projets trouvent un financement).Trois types d’aide :aides techniques : recours à un consultant techniqueaides aux activités déjà en fonctionnement : unité d’animation créée au sein de l’entrepriseéchange d’expérience, capitalisation, diffusionLes points forts :- une expérience d’ingénierie publique territoriale mise 100% au service de l’imagination- Fort investissement sur l’immatériel, le visuel, l’identité, la marque « Iniciativa Joven »- Prise de risque assumée par l’institution régionale de parier sur sa jeunesseLes points faibles :- Des méthodes et démarches d’accompagnement très innovantes mais au final pour des projets trèssouvent classiques voir basiques-Un processus d’externalisation de l’agence Iniciativa Joven la coupant trop fortement du reste de l’ad-ministration régionale : « nous ne sommes pas des fonctionnaires ! »- La fin programmée au 31/12/2012 de l’agence suite à un changement de majorité politique : de posela question du portage politique d’une telle initiative et de sa pérennité.Principaux enseignements du voyage d’étudeQuelle pérennité pour les démarches expérimentales de design des politiques publiques territoriales ?L’importance de l’appropriation par les fonctionnaires territoriaux, éviter la scission entre l’institutionterritoriale traditionnelle (élus + agents) et une sorte de « nouvelle armée » composées de « ni ni » (niélu ni fonctionnaires) : designers, architectes, sociologues, ethnologues, sociologues…
  • 45. Quel visage d’une nouvelle administration territoriale ?Il s’agit de travailler sur 3 champs complémentaires :les fonctions : ciblées et prioriséesles outils : sortir des classiques, notes, rapports, règlement d’interventionles profils : diversifiés et mélangésComment travailler en direction et avec le public jeune ?interpénétration entre éducation formelle et non formelleimportance du travail amont de construction d’une narration autour du projet : construction d’uneimage, des valeurs, d’outils pédagogiques et ludiques,importance du processus d’exploration et d’expérimentation : maquettage et prototypageLes démarches mises en place doivent produire du changement et non servir de caution.La simple juxtaposition ou la mise bout à bout de projets et d’initiatives avec un simple effort de « si-glage » ne constitue pas une démarche de transformation.Il ne s’agit pas d’apporter de réponse aux jeunes mais de les mettre au cœur du processus de définitiondes politiques publiques en faveur de la jeunesse. La Région gestionnaire ou créative ?Les limites de l’externalisation des démarches de design des politiques publiques territoriales ?Il convient sans doute de repenser :la place et le rôle central devant être joué par les élus dans le portage des démarches et structuresle modèle économique des structures d’innovation en période de crisecomment donner et faire admettre une valeur (autre que monétaire) de l’apport qualitatif de démarchesinnovantes s’intéressant au « bien être collectif » et au vivre ensembleQuel récit de l’action publique territoriale : l’importance de la narrationOn ne vend pas de l’action publique comme un produit marchand classique.Comment faire « vibrer » les usagers ? Cela passe nécessairement par la qualité de la narration. LesNTIC peuvent être un médian de cette narration.Aujourd’hui, les gens (notamment les jeunes) veulent vivre des expériences (c’est le modèle de narra-tion proposé par la télé réalité).Aujourd’hui, les outils de l’action publique (délibération, règlements, conventions, communication ins-titutionnelle) sont totalement obsolètes et leur degré de compréhension et d’utilité pour l’usager sontnuls voir même négatif. Il convient donc d’injecter une forte dose d’innovation dans ces outils mais cetteinnovation ne doit pas se limiter aux méthodes, elle doit également rejaillir sur la qualité des produitsfinis c’est à dire sur les résultats (notamment qualitatifs) des politiques publiques.
  • 46. LES INTERVENANTSRafael de Ramon Federico CamposCo-fondateur d’Utopic_us Chargé de mission Imagination Iniciativa JovenAntonella Broglia Fernando Óvilo,Membre de l’équipe organisatrice de TEDx à Madrid Responsable de l’espace El Anillo Iniciativa Jovenantonella.broglia@gmail.com Carla Boserman Projet RobociclaAsier PerezFunky Projects Pedro Delgadoasier@funkyprojects.com Projet aquaphytexLaia Sanchez José Antonio RosaResponsable du Social Media Lab, citilab Projet Dando Colorlaia.sanchez@citilab.eu Maika Diaz,PKMN Projet FUNDHEXMembre du collectif PKMN (prononcer Pacman)pkmn.es@gmail.com Montse Tudela, Responsable des espaces pour la création desGuillermo Varela jeunesResponsable général, Iniciativa Joven Luis Miguél ÁlvarezInma Falero Professeur d’économie, entrepreneur et expert deResponsable du service Projets d’Iniciativa Joven l’entreprenariat dans le monde éducatifAnnabelle Favreau Fátima TrigoResponsable du département Imagination d’Inicia- Projet «Ayudamos» (projet primé par Emprende-tiva Joven, Iniciativa Joven Lab)annabelle@iniciativajoven.org Juan Jesus FraireCarolina Apolo, Projet «Estudiantex»Chargée de mission Orientation d’Iniciativa Joven Lidia Andrades,Salud Galán Professeur et collaboratrice du cours de perfec-Chargée de mission Imagination d’Iniciativa Joven tionnementRebeca Jaen JiménezChargée de mission Projets Iniciativa Joven
  • 47. LES PARTICIPANTSLoranne Bailly Nicolas Marandondirectrice de l’aménagement, Conseil Régional de Bre- conseiller régional/ Président de la commission jeu-tagne nesse, Conseil Régional de Champagne-Ardenneloranne.bailly@region-bretagne.fr nicomarandon@gmail.comSylvie Chappelet Charlotte Rautureauchargée de mission, Conseil Régional du Limousin chargée de mission Europe, la 27e Régions-chappelet@cr-limousin.fr crautureau@la27eregion.frOlivier de Laulanié Olivier Ryckewaertconseiller jeunesse, Association des Régions de France chargé de mission présidence/DGS, Conseil Régionalolaulanie@arf-regions.org des Pays de la Loire olivier.ryckewaert@paysdelaloire.frYann Djermounchef de cabinet, Conseil Régional de Champagne-Ar- Romain Thévenetdenne chargé de mission design, la 27e Régionydjermoun@cr-champagne-ardenne.fr rthevenet@la27eregion.frClément Dupuis Franck Tuotassocié-salarié, Kaléido’Scop conseiller régional, Conseil Régional de Champagne-Ar-c.dupuis@kaleido-scop.eu denne, franck.tuot@sfr.frFlorent Duvalchargé de mission politiques territoriales, Conseil Ré- Stéphane Vincentgional de Bourgogne directeur, la 27e Régionfduval@cr-bourgogne.fr svincent@la27eregion.frHubert Guillaud Nisrine Zaïbijournaliste, Fing - Fondation Internet Nouvelle Généra- vice-présidente jeunesse, Conseil Régional de Bour-tion gognehguillaud@fing.org nisrine.zaibi@gmail.comFrançois Jégou Xavier Figueroladirecteur, Strategic Design Scenarios designer, Talking Thingsfrancois.jegou@solutioning-design.net xavier@talkingthings.fr
  • 48. La 27e Région> Retour sur le voyage d’étude des 18, 19 et 20 octobre 2011
  • 49. Avec le soutien de cofinancé dans le cadre d’Europ’act, programme national d’assistance technique